Vladimir Vissotski, l’écorché vif (2)

Lorsque j’ai débuté ce blog il y a presque deux ans et demi, j’ai écrit un premier article sur Vladimir Vissostski, chantre des souffrances du peuple soviétique sous le joug communiste. A l’époque, je n’avais pas pu mettre de vidéos en ligne sur ce blog, pas seulement parce que je ne savais pas le faire techniquement, mais aussi et surtout parce que je ne connaissais aucun document vidéo sur ce chanteur.

Aujourd’hui, quelques documents nous permettent de découvrir le talent de cet immense artiste qui nous a quitté il y a déjà vingt huit ans. Voici deux de ces vidéos :

9 commentaires pour “Vladimir Vissotski, l’écorché vif (2)”

  1. Bernard dit :

    Pour en savoir plus sur la vie de Vladimir Vissotski :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Vladimir_Vissotsky

  2. Bernard dit :

    Voici ce qu’a écrit l’actrice Marina Vlady qui était l’épouse de Vladimir Vissotski :

    “Vladimir Vissotsli est mort le 25 juillet 1980. mais sa voix continue à fouiller notre âme et pose des questions, auxquelles nous devons trouver des réponses.

    Nous rions derrière le chagrin, car l’humour est là, provoquant. Nous découvrons, comme dans une chronique, la vie quotidienne, les joies, les peines, les espoirs de ses contemporains. Il pose en quelques mots les problèmes les plus divers.

    Il est passé parmi nous comme un météore, mais il a laissé une somme énorme d’informations sur son époque, il a tout pressenti, vécu, souffert, et retransmis, par son art.

    Aucun pilote ne doute qu’il n’ait connu l’ivresse du vol, les marins sont prêts à jurer qu’il connaît toutes les mers de la planète, il n’y a pas un sportif qui ne soit persuadé qu’il n’ait jamais pratiqué justement “sa” discipline, sa tendresse et sa pitié ont infinies pour évoquer le monde paysan. Il nous enchante avec ses contes surréalistes, ses ballades sur l’univers souterrain du “milieu”, des cours, des rues sont passées dans le folklore national, ceux qui ont passé de nombreuses années loin des leurs, dans les camps staliniens, ne peuvent entendre ses longues plaintes, sa révolte sans le prendre pour un des leurs. Vissotski, qui n’avait que sept ans à la fin de la deuxième guerre mondiale, a écrit tout un cycle de chansons sur le sacrifice, l’héroïsme, la fraternité du peuple russe pendant la guerre. Aucun ancien combattant ne doute qu’il n’ait passé plusieurs années sur le front…

    Ces millions de gens écoutent, pleurent et rient, réfléchissent, se sentent interpellés par les chansons de Vladimir Vissotski.

    Il n’y a pas une maison sur le territoire de cet immense pays où l’on n’entende sa voix. Cette voix que l’on ne peut confondre avec aucune autre. Poète violent et rare, les consonances des mots s’entrechoquent et donnent encore plus de force au cri. L’utilisation de termes presque oubliés, les images symboliques, l’emprunt au jargon, aux tournures populaires, les caractères des personnages qui vivent, se battent et luttent, le lyrisme, l’envol de ses textes sont uniques. Il compose une musique qui souligne et colore sa poésie. Ses mélodies s’accrochent à la mémoire et ne la quittent plus. Tout son génie de tragédien, sa verve de comédien, ses dons d’imitation transforment chaque chanson en spectacle complet.

    Il peut hurler comme un loup blessé, puis chanter l’amour avec douceur et tendresse, crier son indignation, sa colère, son désespoir en s’arrachant la glotte, ou passer du ton gouailleur des faubourgs au lyrisme le plus pur. Ceux qui l’ont entendu chanter ne peuvent oublier l’émotion ressentie.

    Il est là, et il chante au présent !”

    Dis Marina, à la mort de ton prochain mari, tu ne pourrais pas écrire un texte plus court à taper ! C’est bien parce qu’il pleut et que je ne peux pas aller au jardin …

  3. Yves dit :

    Ne connaissant pas un mot de Russe je ne peut être interpelé par les textes mais j’aime bien cette voix porter par une belle mélodie !! La voie d’un peuple , j’avais écris dans les années 90 un texte sur Moscow pour le groupe où j’étais chanteur , j’ai visité cette ville en 1986 lors d’une tournée dans les pays de l’est avec un ensemble folklorique Breton , grande expérience dans ces années là que de passer à 18 ans de l’autre côté du mur . Cette image d’hommes en armes aux regards froid qui monte dans le Bus à la frontière car nous rigolions trop fort du haut de nos 18 ans était pour nous surréaliste et effrayant …. Il faudrait des pages pour raconter ce voyage dans un autre temps !!

  4. Oetincelleo dit :

    N’as tu pas de traductions en français de quelques uns de ses textes ?
    La voix est magnifique, qui me fait penser en peu à celle de Paolo Conté, mais ce serait tellement mieux si on comprenait … parce qu’on sent bien que justement, c’est dans ce qu’il chante qu’est l’essentiel.

  5. Robert dit :

    En écho à Vladimir, ses rejetons d’aujourd’hui :
    http://www.dailymotion.com/relevance/search/rage%2Bagainst%2Bmoore/video/x90ry_rage-against-the-machine_music

  6. Robert dit :

    J’ai oublié de mentionner que ce clip a été tourné en live par Michael Moore

    “Sleep Now in the Fire, du groupe Rage Against the Machine alterne des images d’une parodie de Qui veut gagner des millions? où les questions porteraient sur la pauvreté dans le monde, et des images tournées sur le parvis de Wall Street, à New York, où le groupe donna un mini-concert, bravant une interdiction de la mairie. On peut voir à la fin du clip les membres du groupe ainsi que Michael Moore, être emmenés menottes aux poignets par les forces de l’ordre. Un texte dans le clip indique que suite à ce tournage, la bourse de Wall Street a du fermer ses portes avant l’heure habituelle, ce qui n’était pas arrivé depuis le krash boursier du 24 octobre 1929 (le fameux Jeudi noir).”
    Source : Wikipedia

  7. Anne dit :

    Je me souviens avoir entendu Vladimir Vissotski, mais je ne l’avais jamais vu chanter. C’était sans doute le disque dont tu parlais dans ton premier article, « Le vol arrêté » (chez toi ? chez Guy ?) et le souvenir que j’en ai est celui d’un chant plus déchirant que celui des vidéos. Je ne sais pas si mon souvenir est déformé (c’était il y a quelques années) ou si l’image et la moindre qualité de son de mon ordinateur faussent mon écoute.
    En tout cas, l’émotion passe par autre chose que les mots (on a déjà abordé ce sujet)

    Ce disque n’est pas en vente ailleurs que sur des sites d’imports… américains !
    Je peux mettre une option pour te l’emprunter ?

  8. Anne dit :

    Oetincelleo, Bernard nous a bien dit qu’il avait les traductions… mais il nous a aussi dit qu’il avait trouvé le texte de Marina Vlady bien long à taper !

  9. jenofa dit :

    Oui, moi aussi, j’ai lu Vladimir ou le vol arrêté et j’ai été transportée.
    Bernard, tu ne parles pas du texte sur le massacre des loups par hélico.
    Pas trop le temps ni le moral pour aller le rechercher dans mon souk, mais quelle émotion!

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