La jeunesse est l’avenir du monde. Par définition. Mais on essaie quand même de nous faire croire que les séniors sont ce qu’il se fait de mieux. La vieillesse est le nouvel âge d’or. C’est clamé sur tous les toits. Les vieux sont riches (assurément), ils sont en bonne santé (ça reste à vérifier quand même), ils ont du temps (ça c’est sûr), ils sont beaux (ah bon ?) et ils seraient même jeunes (grâce à Monsieur Viagra sans doute !).
Les pubs nous le disent. Les chaînes de télé nous le rabachent. Les journaux et magazines aussi. Y aurait-il un complot général ?
Et bien non, le consensus n’est pas tout à fait partagé. Les manuels scolaires s’opposent à la doctrine du moment et la Halde a décidé d’y remettre de l’ordre. C’est quoi la Halde ? ça rime avec moutarde, mais à part ça ? Et bien justement, la Halde (cette « haute juridiction qui a en charge la lutte contre les discriminations et les inégalités ») me fait monter la moutarde au nez.
La Halde a ainsi chargé une dizaine de chercheurs de l’Université Paul-Verlaine de Metz de recenser tous les stéréotypes des manuels scolaires. Et ces vénérables chercheurs ont fait une découverte accablante. Lisez bien leurs propos : « En Français, le poème de Ronsard Mignonne allons voir sir la rose est étudié par tous les élèves. Toutefois, ce texte véhicule une image somme toute très négative des séniors ». Il faut « chercher d’autres textes présentant une image plus positive des séniors pour contrebalancer ces stéréotypes ». Oui, oui, vous avez bien lu. Ronsard doit se retourner dans sa tombe.

Sous prétexte de politiquement correct, Ronsard risque donc un jour d’être banni de notre culture. Tout comme pourrait l’être Corneille, l’auteur du célèbre :
Ô vieillesse ennemie,
N’ais-je donc tant vécu que pour cette infamie ?
Idem pour Lamartine avec son très désuet « Le lac » :
Ô temps suspends ton vol et vous heures propices
Suspendez votre cours
Laissez-nous savourez les rapides délices
Des plus beaux de nos jours.
Dans son numéro du 13 décembre, Marianne rappelle que les chercheurs en question viennent de l’université Paul Verlaine, Paul Verlaine étant l’auteur du Colloque Sentimental, un autre texte plein de stéréotypes :
Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux formes ont tout à l’heure passé.
Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles
Et l’on entend à peine leurs paroles.
Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux spectres ont évoqué le passé.
Et notre chroniqueur préféré, Alain Rémond, de proposer dans Marianne : « Les séniors, des spectres! Il serait grand temps que Xavier-Darcos prenne les mesures qui s’imposent. Débaptisez-moi cette Université ! Et donnez-lui un nom de vrai sénior, plein de jus, bourré d’authentique senioritude jusqu’à la gueule. Johnny Halliday par exemple. L’université Johnny Halliday, ça aurait de la gueule, non ? « Quoi ma gueule, qu’est-ce qu’elle a, ma gueule ? » Oh, ça va, Johnny … »
Ce que Bernard ne dis pas, c’est le coût faramineux de cette étude menée par la HALDE!
Les vieux sont riches ? oui, c’est vrai pour certains …
D’autres qui ont travaillé toute leur vie n’ont pas plus de 500 euros par mois pour vivre. Le régime des retraites français est la démonstration parfaite de l’inégalité : à cotisations égales, retraites PAS égales.
Tu as raison de dire que certains vieux sont pauvres.
Je parlais de la moyenne … car la génération de nos parents (la génération de ceux qui sont en retraite actuellement) aura été celle dont les retraites auront été les plus élevées, c’est à dire supérieures à celles de la génération d’avant mais supérieures à ce que seront les nôtres.
extrait de » Le vieux trouvère » de Gaston Couté :
L’avenir était devant moi
Comme un jardin couvert de roses
Et, plus riant que pour un roi,
L’avenir était devant moi…
Mais, maintenant, au vieux beffroi
Vont sonner mes heures moroses.
L’avenir était devant moi
Comme un jardin couvert de roses.
Riche et vieux !… las ! m’ont dit adieu
Jeune pastoure* et gente dame
Que mes cheveux blancs tentaient peu.
Riche et vieux !… las ! m’ont dit adieu
Car je n’attends qu’un mot de Dieu
Pour voir, vers lui, voler mon âme.
Riche et vieux !… las ! m’ont dit adieu
Jeune pastoure et gente dame !…
* Pastoure : Petite bergère .
Hou la la, si tu cites Gaston Couté, je suis sûr que Jenofa ne va tarder à intervenir sur le blog. Il y a comme ça des choses qui attirent … ! Moi, c’est le bruit d’un tire-bouchon, mais Jenofa, c’est le mot « Gaston Couté ». Sûr qu’avant ce soir, elle intervient … !
Remarque, moi aussi, le bruit du tire-bouchon—–
Bon, à part ça, derrière cette haine de la vieillesse, on trouve qui? Ben, comme d’ab— au nom du pèze, au nom du fisc—-
les seniors, le troisième âge, les techniciens de surface, les hôtesses de caisse— que de mépris dans ces appellations alambiquées
Ouais, 40 mn (de 13H04 à 13H44), c’est exactement le temps qu’il faut pour que nom de « Gaston Couté » (ou celui de « tire-bouchon » ?) se propage par télépathie (ou est-ce les ondes wimax ?) entre la Franche-Comté et le pays basque. C’est-y pas beau le progrès ?
Tu m’étonnes, avec le vent qui souffle à nouveau comme un maboul!
Le vieillard chaque jour dans plus d’ombre s’éveille
Le vieillard chaque jour dans plus d’ombre s’éveille ;
A chaque aube il est mort un peu plus que la veille.
La vie humaine, ce noeud vil,
Se défait lentement, rongé par l’âme ailée ;
Le sombre oiseau lié veut prendre sa volée
Et casse chaque jour un fil.
Ô front blanc qu’envahit la grande nuit tombante,
Meurs ! tour à tour ta voix, ta force succombante,
Ton oeil où décroît l’horizon
S’éteignent – ce sera mon destin et le vôtre -
Comme on voit se fermer le soir l’une après l’autre
Les fenêtres d’une maison.
Victor Hugo, 1878.
on écoutera avec profit bernard Joyet, chanson numéro 3
http://www.deezer.com/#music/album/47114
Les vieux ne parlent plus ou alors seulement parfois du bout des yeux
Même riches ils sont pauvres, ils n’ont plus d’illusions et n’ont qu’un coeur pour deux
Chez eux ça sent le thym, le propre, la lavande et le verbe d’antan
Que l’on vive à Paris on vit tous en province quand on vit trop longtemps
Est-ce d’avoir trop ri que leur voix se lézarde quand ils parlent d’hier
Et d’avoir trop pleuré que des larmes encore leur perlent aux paupières
Et s’ils tremblent un peu est-ce de voir vieillir la pendule d’argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui dit: je vous attends
Les vieux ne rêvent plus, leurs livres s’ensommeillent, leurs pianos sont fermés
Le petit chat est mort, le muscat du dimanche ne les fait plus chanter
Les vieux ne bougent plus leurs gestes ont trop de rides leur monde est trop petit
Du lit à la fenêtre, puis du lit au fauteuil et puis du lit au lit
Et s’ils sortent encore bras dessus bras dessous tout habillés de raide
C’est pour suivre au soleil l’enterrement d’un plus vieux, l’enterrement d’une plus laide
Et le temps d’un sanglot, oublier toute une heure la pendule d’argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, et puis qui les attend
Les vieux ne meurent pas, ils s’endorment un jour et dorment trop longtemps
Ils se tiennent la main, ils ont peur de se perdre et se perdent pourtant
Et l’autre reste là, le meilleur ou le pire, le doux ou le sévère
Cela n’importe pas, celui des deux qui reste se retrouve en enfer
Vous le verrez peut-être, vous la verrez parfois en pluie et en chagrin
Traverser le présent en s’excusant déjà de n’être pas plus loin
Et fuir devant vous une dernière fois la pendule d’argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui leur dit: je t’attends
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non et puis qui nous attend.
http://www.youtube.com/watch?v=M-nyLvIuHDU
Vieillir se trouve trop souvent réduit à un destin.
Mais cela ne peut-il conduire aussi à un projet ?
Et si le vieillissement est un naufrage, pourquoi, plutôt que de consentir au Radeau de la Méduse, ne pas devenir Robinson Crusoé ?
Vieillir seul ou avec simplement son Vendredi , c’est bien triste mais c’est le lot de tellement de personnes âgées dans ce monde moderne . Il y a beaucoup d’anciens agriculteurs autour de chez moi en « retraite » , Ces Robinson de la vie , seuls invalides , aux revenus très modestes à attendre la fin d’une du chemin et qui finissent souvent oubliés dans un coin d’une maison de retraite …. C’est trop souvent ça aussi la vieillesse !!
Et il y a ceux qui arrivent en car de tourisme dans les rues de Pont-Aven , ces hordes de vieillards pleines de rires et de joie de vivre , heureux , ceux qui font marcher le tourisme de nos villages , ceux qui vont aux bals rétros , ceux qui font marcher les associations , ceux qui font qu’il y ait encore des bénévoles pour s’occuper de nos enfants …. C’est ça aussi la vieillesse !!
Oui, c’est tout ça la vieillesse et, finalement, avant aussi ce peut être tout ça la vie…
Question de choix, question de projet…
La solitude de l’île ou le car de tourisme… chacun son truc !
On vieillit donc comme on a vécu ?
Sans doute, mon camarade, mais en plus compliqué encore.
Il est possible de vieillir pire encore que tel qu’on a vécu. Rien n’est jamais gagné pour l’éternité. La victoire ou la défaite d’aujourd’hui ne dépendent pas des combats d’antan mais de ceux qui se mènent au présent. Les héros d’hier ne sont pas garantis de ne pas devenir des lâches. Les médailles reçues ne suffisent pas à témoigner qu’on les mérite encore. Et avoir à un moment fait preuve d’intelligence n’exonère pas de sombrer un jour dans la connerie.
Aussi, jeune ou vieux, sans cesse et à tout âge, il faut faire très attention à ce que l’on fait de soi, à ce que l’on fait aux autres.
Faute de quoi, on risque de ne plus se voir tel qu’on est (de se perdre littéralement de vue) et de n’apparaître à autrui que comme un pitoyable zombie.
Je viens de tomber sur l’édition numérique de « Napoléon Le Petit », de Victor Hugo, 1862.
Page 238, cette phrase :
« S’il n’y avait pas avant peu un dénoûment [sic] brusque, imposant et éclatant, si la situation de la nation française se prolongeait et durait, le grand dommage, l’effrayant dommage, ce serait le dommage moral ».
Le lien :
http://books.google.fr/books?id=6LfAiAixIb0C&printsec=titlepage&source=gbs_summary_r#PPP9,M1
Robert, il est extrêmement beau le texte que tu as écrit à 15H03. Je partage parfaitement ton analyse à un détail près. Je pense effectivement que rien n’est acquis et que la vie que l’on a mené ne garantit pas une vieillesse du même tonneau. Mais j’ajouterais que si les combats d’antan ne suffisent pas, le fait de les avoir vécus est plutôt aidant. Pas suffisants, mais aidant …
Aidant…?
Peut être, mais seulement dans un petit nombre de cas, Bernard.
Car hélas, trop souvent les gloires du passé servent de vade mecum aux médiocrités d’aujourd’hui.
On croit qu’il suffit d’avoir été pour l’être encore.
L’expression anglaise de « has-been » stigmatise assez bien la chose.
Il y a tant d’ « avététés » qui, ayant dans le temps gagné des décorations, les arborent en tant que signe évident d’une valeur qui les met définitivement (et quoi qu’ils fassent) au-dessus du panier.
Tiens, par exemple, j’en connais un qui est président d’une section locale d’anciens combattants. Le type a fait la guerre d’Algérie en tant que sous-off responsable d’un BMC (bordel militaire de campagne) et lors de chaque 8 mai ou 11 novembre, il plastronne comme s’il avait conquis à lui seul l’Empire des possessions coloniales de la France.
Ce sont ces hordes de retraités imbuvables à qui, où qu’ils entrent, tout est dû. Ayant accompli leur quarante annuités, ils ont décidé d’imposer aux autres la reconnaissance forcée de leur prétendu mérite. Et ils s’y emploie effrontément.
Franchement, ils me font honte.
La vieillesse, c’est pour moi avant tout un exercice de frugalité, de faiblesse et de silence.
En un mot, une exigence de dignité.
Je pense qu’il y a un rapport certain entre ce débat sur la vieillesse et l’autre débat qui a lieu ce matin sur ce blog sur le thème du jardin. Je pense qu’on vieillit infiniment mieux quand on a un jardin. C’est le constat que je fais autour de moi.
Et la santé !!!
… mourir fin saoul sur son composte…
Villula (Gallus)
Oui, c’est au vieux Gallus qu’appartient l’héritage
Que tu vois au penchant du coteau cisalpin ;
La maison tout entière est à l’abri d’un pin
Et le chaume du toit couvre à peine un étage.
Il suffit pour qu’un hôte avec lui le partage.
Il a sa vigne, un four à cuire plus d’un pain,
Et dans son potager foisonne le lupin.
C’est peu ? Gallus n’a pas désiré davantage.
Son bois donne un fagot ou deux tous les hivers,
Et de l’ombre, l’été, sous les feuillages verts ;
A l’automne on y prend quelque grive au passage.
C’est là que, satisfait de son destin borné,
Gallus finit de vivre où jadis il est né.
Va, tu sais à présent que Gallus est un sage.
José-Maria de HEREDIA (1842-1905)
Si la définition de vieillesse donnée par le Petit Robert ne nous apprend rien de nouveau, prenons celle de B.R. Mishara et R.G. Riegel dans son étude sur le vieillissement :
« La vieillesse est une période inévitable et naturelle de la vie humaine caractérisée par une baisse des fonctions physiques, la perte du rôle social joué comme adulte, des changements dans l’apparence physique et un acheminement graduel vers une diminution des capacités.».
Si on regard cette définition on se rend vite compte que la vieillesse n’a pas une très bonne image dans notre société. Cette image négative trouve son origine bien avant l’ère chrétienne. Pour exemple on peut citer Sophocle (496-406 av J.C.) . dans « Œdipe à colone » : « la vieillesse est la dernière malédiction dont les dieux chargent notre destin »..
Pour trouver une image positive il faut chercher ailleurs.
Mais laissons de coté la perception de la vieillesse par les différentes cultures et arrêtons nous juste un instant sur l’œuvre de Tang Zhen « Ecrits d’un sage encore inconnu » :
.
«Jeune, on n’est pas capable d’apprendre la sagesse. Ce qu’on apprend quand on est jeune, c’est à réciter et à lire, ce n’est pas la sagesse. Si l’on pouvait alors apprendre la sagesse, ce serait assurément la preuve d’une intelligence très précoce. Mais une pareille précocité est rarissime. Adulte, on n’est pas [non plus] capable d’apprendre la sagesse. Ce qu’on apprend alors, c’est ce qu’on voit et ce qu’on entend, ce n’est pas la sagesse. Si l’on pouvait alors apprendre la sagesse, ce serait assurément la preuve d’une maturité peu commune. Mais cette maturité est rarissime (…) À soixante ou soixante-dix ans, non seulement richesse et honneurs paraissent comme nuages flottants, mais naissance et mort semblent se suivre comme matin et soir. Tout ce que nous avons appris, vu, pensé, ce à quoi nous nous sommes efforcés jadis et dont nous n’avons pas su profiter, tout cela nous pouvons aujourd’hui en tirer parti. Les prétentions de nos cinq sens ayant été éliminées, tout notre coeur se révèle peu à peu [dans sa pureté]. C’est comme un tissu de soie écrue tombé dans la boue: si on le lave, il retrouve facilement son état naturel; comme une perle perdue dans une chambre: si on la cherche, on la retrouve aisément. Par conséquent, c’est dans la vieillesse qu’on peut véritablement apprendre à devenir sage.»
La sagesse n’est accessible ni au jeune ni à l’adulte ; ils ne peuvent pas apprendre…
Comme dit C.G.Yung « c’est surtout l’homme arrivé à la seconde partie de la vie qui aura à se confronter à lui, et l’analyse, beaucoup plus que dans la jeunesse, s’orientera alors vers cette confrontation » et je termine avec une citation de G.adler « c’est la tache de la deuxième partie de l’existence que de découvrir la signification suprapersonnelle et objective de la vie »
.
(Yung-1875-1961 est, avec Sigmund Freud et Alfred Adlert , l’un des trois « grands » dont l’oeuvre révolutionna la psychologie au début du 20° siècle. –G. Adler -psychologue à Genève et disciple de Yung)
Adler, un autre nom connu par ailleurs puisque Clément Adler permit le premier à l’homme de s’élever dans les airs en fabriquant la première machine volante.
Abilio, tu nous parles d’un autre Adler : G.Adler, psychologue de renom. La psychologie permettant à l’Homme de s’élever aussi dans les airs, d’une autre manière, il y a donc un rapport étroit entre ces deux grands hommes.
Je ne sais pas si tu connais Yung, mais je pense qu’il mérite être connu. Il part de la théorie Freudienne pour peu à peu créer sa propre théorie. Il donne beaucoup d’importance aux différentes ages de la vie, au rôle de la culture et surtout au « processus d’individualisation »de chaque individu. Il va ainsi définir « la persona » comme un compromis entre l’individu et la société.
Au lieu de Yung- il faut lire Carl Gustav Jung- Erreur de touche ,je suis sur un clavier QWERTZ
Je ne connais pas Yung, si ce n’est que je savais qu’il avait travaillé dans ce domaine et pour avoir croisé son nom quelquefois. Abilio, suite à ton commentaire, je viens de lire certains passages de l’article que lui consacre Wikipédia, c’est un article très étoffé et très intéressant :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Carl_Gustav_Jung
Si je n’ai rien lu de Yung, je dois dire que l’importance à donner aux différents âges de la vie me semble fondamentale. D’ailleurs, j’ai beaucoup aimé le texte de Tang Zhen sur ce sujet. Et en plus, c’est réconfortant quelque part. Réconfortant de savoir qu’en vieillissant on ne perd pas à tous les niveaux et qu’on y gagne en lumière intérieure.
« (…)Les femmes regardaient Booz plus qu’un jeune homme,
Car le jeune homme est beau, mais le vieillard est grand.
Le vieillard qui revient vers la source première,
Entre aux jours éternels et sort des jours changeants ;
Et l’on voit de la flamme aux yeux des jeunes gens,
Mais dans l’œil du vieillard on voit de la lumière »(…)
Victor Hugo, Booz endormi
RESTER JEUNE de Douglas Mac Arthur
…
La jeunesse n’est pas une période de la vie,
elle est un état d’esprit, un effet de la volonté,
une qualité de l’imagination,
une intensité émotive,
une victoire du courage sur la timidité,
du goût de l’aventure sur l’amour du confort.
On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d’années : on devient vieux parce qu’on a déserté son idéal.
Les années rident la peau; renoncer à son idéal ride l’âme.
Les préoccupations, les doutes, les craintes et les désespoirs sont les ennemis qui, lentement, nous font pencher vers la terre et devenir poussière avant la mort.
Jeune est celui qui s’étonne et s’émerveille.
Il demande, comme l’enfant insatiable : Et après ?
Il défie les évènements et trouve de la joie au jeu de la vie.
Vous êtes aussi jeune que votre foi.
Aussi vieux que votre doute.
Aussi jeune que votre confiance en vous-même.
Aussi jeune que votre espoir.
Aussi vieux que votre abattement.
Vous resterez jeune tant que vous resterez réceptif.
Réceptif à ce qui est beau, bon et grand.
Réceptif aux messages de la nature, de l’homme et de l’infini.
Si un jour, votre coeur est mordu par le pessimisme et rongé par le cynisme, puisse Dieu avoir pitié de votre âme de vieillard.
Qu’ils sont beaux ces deux derniers textes !
La vieillesse, c’est quand on va dans des restaurants où il y a des sommeliers, et non plus dans ceux où il y a des serveuses.
Il en est de tous jeunes qui déjà préfèrent les sommeliers et de tout vieux que la moindre soubrette émoustille bien davantage encore que lorsqu’ils avaient vingt ans.
Le désir est avant tout une affaire de regard.
Et il n’y a que la cécité pornographique pour croire que l’érotisme se réduit au sexe.
Regardez donc cette Annonciation de Botticelli
(Cliquez Page 2. Puis cliquez Castello Annunciation »)
http://www.wga.hu/frames-e.html?/html/b/botticel/index.html
Désolé : Il en est de TOUT jeunes, bien sûr !
Désolation (suite)
Il faut lire « Cestello Annunciation » (et non Castello).
Evitez, juste au dessus « Cestello Annunciation (in frame) ».
Par contre, regardez un peu plus bas le détail de ces deux mains amoureuses.
Avez-vous du mal à vous dire qu’elles n’ont pas d’âge, ni de sexe ?
Non, n’est ce pas.
Alors, cessons à jamais de considérer que vieillir porterait à la bouteille au détriment de l’amour.
On peut aussi vieillir et aimer … La bouteille , lorsqu’il ne reste plus que cela pour rêver et être heureux !!
Belle rencontre entre les générations … !!
A bas l’arthrose vive la danse …
http://www.dailymotion.com/relevance/search/deportivo/video/x2pvor_deportivo-1000-moi-meme_music
Très beau reportage. Vivement qu’on soit vieux … !
Je ne sais danser la valse , le tango … Sur quoi vais-je danser le jeudi après midi dans 30 ans avec mes vieilles copines ?
Faudra attendre la série de slows !!
Article intéressant en ce lundi de Pentecôte :
http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/05/24/la-tres-mauvaise-gestion-des-milliards-du-lundi-de-pentecote_1361373_823448.html#ens_id=1324098
Oui, Bernard, une fois de plus….. soupirs, soupirs de désespoir ou d’incompréhension, je ne sais, mais soupirs, ça c’est sûr !
Ton intervention m’a fait découvrir cette rubrique « Mignonne allons voir si l’arthrose.. » et mon attention a été attirée par un poème de Douglas Mac Arthur cité par Yves, poème qui sonne très juste et auquel j’adhère complètement …..
Oui, Bernard, j’épouse ton raisonnement
« on vieillit infiniment mieux lorsqu’on a un jardin »
et si l’on peut en plus se payer le luxe d’avoir un jardin secret, alors, là, c’est l’apothéose
Le dernier paragraphe de cet article (« et la place du vélo pour les nuls … ») vaut le coup d’être lu, c’est une belle histoire :
http://jlhuss.blog.lemonde.fr/2011/07/19/eva-joly-heureuse-deux-norvegiens-en-tete/
J’ai vu cet après midi ce reportage de John Paul Lepers sur France 2 .
La dame avait l’air tellement heureuse malgré la maladie … Et tout cet amour dans les yeux et le coeur de son mari . Très touchant .