Quand les cloches du petit village où j’habite sonnent en pleine journée, c’est qu’il y a un mort. Quand elles ont sonné il y a quinze jours, je me suis dit « zut alors, encore un de plus !« . Car c’est le neuvième depuis le début de l’année, ce qui est énorme pour un tout petit village de 300 habitants. Mais la loi des séries est ainsi faite …

Je ne savais pas qui avait pu mourir mais je suis passé chez mes parents qui m’ont dit « ça doit être la Michèle P … on s’y attend depuis quelques jours, elle était au plus mal ». Dans l’après-midi, je suis passé voir mon frère. Il n’avait aucune idée de qui était mort mais je lui ai dit que ce devait être la Michèle P… « Ben oui, qu’il m’a dit, j’aurais dû m’en douter ». Le soir, avec Joëlle, mon frère et sa femme, nous sommes allés manger chez des amis qui habitent dans un village proche. A un moment donné de la conversation, nous en sommes venus à parler de notre village et avons annoncé que la Michèle P … était morte dans la journée.
Le lendemain matin, j’étais au jardin. Un type du village se baladait avec son chien et est venu discuter avec moi. « Vous êtes au courant pour le Fred ». « Le Fred, comment ça ? » (il faut que je précise à ce stade du récit que le Fred en question est un vieux du village que je connais bien car il fait du jardin juste à côté de moi et j’ai l’habitude de discuter avec lui). « Ben, il est mort subitement hier ». Passé mon étonnement, j’ai vite compris que la Michèle P … n’était pas encore morte et je suis vite passé chez mon frère lui dire qu’on s’était trompé et que c’était le Fred le malheureux disparu.
Pas très fier donc le Dupdup.
Mais dix jours plus tard, la Michèle P … décédait à son tour.
Ouf, l’honneur est à moitié sauf !
Tu es pire que les chouettes, tu annonces la mort. Prends garde que personne n’aille te clouer sur une porte.
Oh, si on me cloue, je pourrai toujours me faire passer pour une réincarnation du Christ …
Pour ta pénitence, t’iras bêcher le champ au Fred et tu joueras au tiercé les mauvais chevaux… aucun risque que tu touches le gros magot.
Comme je l’avais déjà dit dans le commentaire d’un autre article, le Fred m’avait donné quelques jours avant de mourir un reste de paquet de graines de haricots (variété organdi). J’en ai semé une partie le 20 juillet. Ils se portent bien. Mais il est tentant d’en semer de nouveau. Jusqu’au 10 août, cela reste possible si l’arrière saison est belle et si le mois d’octobre est doux. Alors, je vais en semer ce soir (d’autant plus que la variété « organdi » que m’a donnée le Fred est une variété qui pousse vite et les renseignements sur le sachet indiquent qu’on peut la semer jusqu’en août). Comme il fait chaud et que la terre est sèche, je vais utiliser ma technique du papier journal.