La flore de Rémuzat (1)

Un article proposé par Etincelle

Pour faire patienter, en attendant les vautours de Rémuzat promis par Bernard, un peu de la flore de ce joli coin de la Drôme.

Ceux qui se rendent dans ce petit village de la Drôme profonde qu’est Rémuzat, le font avec la bonne intention de scruter le ciel, évidemment pour observer les vautours.

Dans l’idée de montrer une autre facette de cette localité que Bernard nous fait découvrir en regardant en l’air, je vais ici vous convier à regarder plutôt par terre.

Comme on le voit sur la carte ci-dessous, Rémuzat est cerné de falaises : celles du Plateau de St Laurent au nord-ouest et celles de la Tête du Mouret au sud-est. Pas étonnant que les vautours trouvent leur bonheur ici.

Laissons les vautours et penchons nous sur la flore de l’endroit.

En premier lieu sur celle du Plateau de St Laurent que l’on peut atteindre en voiture comme l’a expliqué Bernard, mais également à pied depuis le bas par un sentier escarpé qui grimpe le flanc sud et franchit la falaise en un point de faiblesse. Il faut mettre de temps en temps les mains mais la balade est jolie et le sentier passe sous de belles corniches rocheuses

Pendant la montée, on rencontre l’arbre à perruque, plusieurs espèces d’euphorbes, des aristoloches … et si on a de la chance, une ou deux Diane (le papillon).

Une fois parvenus sur le plateau, le relief s’adoucit et force est de constater que la flore est assez pauvre et essentiellement constituée de chênes, de pins, de genêts et de buis (pas encore attaqués par la pyrale) avec quelques champs de lavande.

Néanmoins, en baissant un peu les yeux, on arrive quand même à découvrir quelques jolies fleurs …

La germandrée des rochers, de la famille des lamiacées, qui colonise la moindre petite fissure du rocher en de jolis petits coussins argentés

Le séneçon de Gérard, de la famille des astéracées, souvent confondu avec un doronic

L’aethionéma des rochers, de la famille des Brassicacées, avec ses toutes petites fleurs insignifiantes à première vue mais si jolies quand on veut bien les observer de près

Et ses fruits … Voilà une espèce aussi belle en fruits qu’en fleurs

La gesse filiforme de la famille des fabacées

La globulaire naine, de la famille des plantaginacées, qui forme de grands tapis couleur bleu mauve du plus bel effet

L’euphorbe verruqueuse de la famille des euphorbiacées, à la morphologie sophistiquée, comme toutes les euphorbes

Et pour terminer, l’amélanchier, arbuste de la famille des rosacées, dont on voit ici les fruits.

Ce n’est évidemment qu’un aperçu. On peut aussi trouver sur le plateau quelques orchidées comme des platanthères, l’orchis pyramidal ou l’ophrys frelon.

Mais il faut bien reconnaître que Rémuzat n’est pas l’endroit rêvé pour les orchidées (on ne peut pas tout avoir !) contrairement à d’autres sites drômois dont le vallon de St Genis tout près de chez moi.

La prochaine fois, je vous emmènerai à la découverte de la flore de la Tête du Mouret, de l’autre côté du village de Rémuzat, vu du ciel sur le cliché suivant. Mais non, ce n’est pas un vautour qui a pris la photo. Elle a simplement été faite depuis le Plateau de St Laurent

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13 réponses à La flore de Rémuzat (1)

  1. Fifitoutcourt dit :

    Un bien joli article qui montre qu’Etincelle n’est pas que uniquement fleur bleue ! :smile:

  2. Christophe dit :

    Par terre, en l’air, voilà bien le dilemme du naturaliste en goguette !
    J’ai eu le plaisir d’accompagner nos voisins Alsaciens sur quelques hauts-lieux naturalistes de Franche-Comté et ça m’a rappelé mes années d’étudiant en écologie : les « zornithos » font du 2 à l’heure, s’arrêtent au moindre rapace et stationnent pour chaque pie-grièche. Après 1/2 heure de ce comportement insupportable pour le marcheur ordinaire, il faut se retourner !
    En effet, les botanistes, eux, en terrain calcaire, plus riche pour la diversité floristique, ont parcouru environ 200 mètres, ils poussent des « oh ! » et des « ah ! ».
    Avec ça on pourrait presque prendre un ornitho pour un sportif.
    Une prouesse de botaniste. :wink:
    C’est juste de l’humour : merci pour cet article qui rappelle la nécessité de parcourir chaque lieu avec des lunettes déformantes, mais à chaque fois avec un modèle différent. J’avais à cet égard bien apprécié le petit cimetière décrit par Bernard dans ce secteur géographique. Sûr qu’Etincelle y repèrerait une plante…

  3. Bernard dit :

    Plantes que pour beaucoup j’ai pu voir, j’étais à Rémuzat pendant une semaine avec une botaniste et parmi les centaines de plantes qu’elle a vues, je me rappelle de certaines que j’ai pris le temps de voir … entre deux observations de vautours, naturellement !
    A propos de plantes, il y a deux coquelicots fleuris au bout de mon jardin (celui qui est en plein champ). Etonnant non pour la saison ?

  4. Bernard dit :

    Une belle erreur notée sur ce site : « La France héberge environ 6000 espèces de Plantes supérieures (dites Trachéophytes, constituées des Ptéridophytes, des Gymnospermes, des Chlamydospermes et des Angiospermes) indigènes, ce qui la place juste derrière trois pays méditerranéens : l’Espagne (7500 espèces), l’Italie (5600 espèces) et la Grèce (5000 espèces). »
    5600 et 5000, c’est donc plus que 6000 !!!!!!!!!!!!

  5. EtiNcelLe dit :

    Ce sont les maths modernes ! :lol:

  6. Yves dit :

    J’avais dans mon jardin un Amélanchier du Canada … ça fait de jolies fleurs blanches étoilées . Les fruits qu’on nomme amélanches sont comestibles , mais ça , je ne le savais pas avant d’avoir internet !! alors je n’en ai jamais mangé , les oiseaux le faisaient pour moi .

  7. Bernard dit :

    idem pour moi, j’ai trois variétés d’amélanchier, dont celui du Canada, les oiseaux en sont tellement friands que je n’en connais pas encore le goût (alors que mes plantations datent d’une quinzaine d’années).

  8. Maïvon dit :

    Merci Etincelle pour ces belles photos. Quand je marche dans un univers naturel, je passe pas mal de temps à regarder plantes et fleurs quitte à parfois rater ce qui se passe dans le ciel. Heureusement mon compagnon de marche m’avertit à temps pour que je lève les yeux. Il y a tant de choses à voir dans la nature qu’une paire d’yeux ne suffit pas!

  9. Bernard dit :

    Je reviens sur le premier commentaire de Christophe où il est fait état du fait que les botanistes sont pires que les ornithos et qu’il leur arrive de faire bien moins de 2km/h. Je peux témoigner qu’il font aussi parfois du surplace, notamment les phytosociologues, et qu’ils restent alors des heures au même endroit. Il est vrai que dans une prairie de bonne qualité (prairie naturelle ou pelouse sèche), un quadrat de 10 m sur 10 m permet de dénombrer plus d’une cinquantaine d’espèces. De quoi donc rester longtemps au même endroit. Moi je n’y vois en général qu’une certaine diversité de plantes (surtout celles qui ont des fleurs) mais c’est infiniment peu comparé à ce que voient les phytosociologues qui sont rompus à ce genre de choses et qui identifient la moindre graminée ou le moindre carex. ça m’impressionne toujours !

  10. Yves dit :

    C’est dingue ce qu’un quadrat génère !! :happy:

  11. Fadette dit :

    Bernard et Etincelle, vos articles sur Rémuzat donnent envie d’aller loucher dans ce coin-là, un œil au sol, un œil en l’air !

    Sous ma fenêtre, une vaste prairie qui, au printemps, se divise en deux parties : d’un côté, de l’herbe, de l’autre, de l’herbe et des dizaines de variétés de plantes avec et sans fleurs. Si la limite entre la prairie artificielle et la prairie naturelle est évidente à la vue, elle l’est aussi à l’oreille : une symphonie de grillons, sauterelles et autres criquets d’un côté… et juste son écho de l’autre.

    Au fait, l’entomologiste, il a quoi comme rythme de marche ?

  12. Bernard dit :

    L’entomologiste, il marche encore moins vite, mais comme il a 6 pattes ça compense … ! :smile:

  13. EtiNcelLe dit :

    Et celui qui aime à regarder les plantes, les insectes, les oiseaux, le paysage, la forme des nuages, les cailloux, les morceaux de bois, …
    Il n’avance plus guère :blink:
    Et encore, on ne parle ici que d’un seul sens.
    Parce que dans la nature, on utilise aussi beaucoup les autres …
    Le toucher : caresser un galet poli par le torrent, tâter l’écorce rugueuse d’un arbre … L’ouie : écouter le murmure de la brise dans les feuilles de l’arbre, le chant du rouge-gorge …
    Le goût : se régaler des framboises sauvages de la montagne, sucer le nectar sucré de la violette …
    L’odorat : s’enivrer du parfum de la fleur du bois-joli ou moins agréable, humer l’odeur de bitume de la psoralée bitumineuse.

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