Les âneries de Pierre Louki (3)

- Dis tonton, t’a-t-on dit ce qu’on fit cet été ?

- Non Titi, t’as pas dit, tu vas me raconter.

- On a beaucoup trotté, on a été partout.

- Bien Titi, en été il faut tâter à tout.

- Oh, on a tout tâté, tonton, tout cet été
Mais on t’a tu tonton tout ce qu’on a tâté.

-Pourquoi m’avoir tout tu ? Dites sans hésiter
Tout à votre tonton. Qu’avez-vous donc tâté ?

- On te dit tout tonton ce qu’on fit à tâtons ?
…. A tâtons on tâta de tata les tétons.

- Titi, tu peux tâter comm’ ton tonton tâta
Mais c’est laid de tâter les tétons de tata.

- Mais tonton, on a tâté dans l’obscurité,
Oui, tant et tant tâté que c’est sans s’en douter
Que tata on tâta. Faut pas le regretter,
Les tétons de tata se sont laissés tenter.

(Pierre Louki, extrait de “Aneries”, éditions Pirot)

5 commentaires pour “Les âneries de Pierre Louki (3)”

  1. Ourko dit :

    Mais dis donc Titi :
    “T’as pas, t’as pas, t’as pas tout dit
    T’as pas tout dit à ta doudou
    T’as des doutes et tu dis pas tout
    Et qui c’est qui l’as dans l’dos, toi !”

  2. oetincelleo dit :

    Ah ben, c’est malin !
    Ca m’a fait penser à Ta Katie t’a quittée et depuis 2 jours, j’ai l’air qui me trotte dans la tête … C’est agaçant !

  3. Bernard dit :

    Effectivement, c’est agaçant un air qui vous trotte dans la tête du matin au soir. Mais mieux vaut encore un air de Lapointe que “la danse des canards”, non ?
    Car moi, quand ça m’arrive, j’ai forcément droit à cette infâme ritournelle.

  4. Robert dit :

    Ah, oui, les ritournelles ! Moi, c’est au jardin. En particulier quand je pioche et il faut beaucoup piocher au jardin. Je fredonne tour à tour les oeuvres immortelles suivantes : “L’Internationale”, “Le chant des Africains”, “La victoire en chantant”, et même “Chez nous, soyez Reine !”…
    Tout un répertoire qui vient rythmer les gestes, donner de l’âme au répétitif du travail. Et pour peu, comme hier par exemple, que le temps soit particulièrement clément, l’action accompagnée par le chant me met dans un état de grâce tout proche de la béatitude.
    Au fond, les moines avaient tout inventé : le travail peut être une forme de prière. Une prière à l’immanence du sacré quand, comme moi, on ne croit pas plus à Dieu qu’à la poudre de perlimpinpin. Mais qu’on goûte au sacré dans le bon vin l’amour des gens bach mozart proust trchékov la liberté dans la justice et autres gracieusetés du plaisir d’être au monde, vivant.

  5. Robert dit :

    Ah, j’oublais, la ritournelle absolue, apprise dans mon enfance et que j’ai toujours à deux doigts de la tête, prête à être chantée, et que je fredonne même quand je ne la fredonne pas : :

    GARCON, PRENDS LA BARRE

    Hé, garçon, prends la barre,
    Vire au vent et largue les ris
    Le vent te raconte l’histoire
    De ces marins couverts de gloire
    Il t’appelle, et tu le suis

    Vers les rives lointaines
    Que tu rêves tant d’explorer
    Et qui sont déjà ton domaine,
    Va tout droit sans fuir la peine
    Et sois fier de naviguer

    Sur la mer et sur terre,
    Au pays comme à l’étranger,
    Marin, sois fidèle à tes frères,
    Car tu as promis naguère
    De servir et de protéger.

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