Petit-Gris, Queue de cochon de Jayat, Dinno, Père Tournier, Oeil de perdrix, Gros parisien, Six de Savoie, A goût de châtaigne d’Echenans, Gramma de l’oeil, Huttente, Kapenta de Zambie, Pawnee … Autant de noms qui ne vous diront sans doute rien du tout.
Il s’agit en fait de noms de variétés de haricots en grains.
Cette passion pour les haricots (172 variétés actuellement sur mes étagères) va certainement être distillée au goutte à goutte sur ce blog dans les années qui viennent.
Comment peut-on se passionner pour ces haricots en grains, légumes d’autrefois, devenus peu consommés de nos jours ? Je n’ai pas vraiment d’explication, si ce n’est que ces haricots (tout comme les fèves et autres légumineuses), quand on les regarde bien, sont de petits joyaux, de véritables petites oeuvres d’art (voir ici un premier article consacré au haricot du Saint-Sacrement).
Je les cultive certes pour des raisons culinaires mais aussi et surtout donc pour cette dimension esthétique.
Et vous, amis jardiniers, lorsque vous choisissez des variétés à semer (tomates, haricots, salades, …), tenez-vous compte aussi de cette dimension-là ? Ou les formes, les couleurs, le look vous sont-ils indifférents ?
A droite sur la photo, ce sont des fèves?
Oui. Il s’agit d’une fève très volumineuse dont je ne connais pas exactement le nom de la variété. Je peux en donner quelques-unes à ceux qui seraient tentés par leur culture.
En ce qui me concerne, l’esthétique de mes légumes compte énormément et également celle du potager (alternance de grimpantes, de fleurs …) Pas toujours facile à associer avec des paramètre de facilité de culture ou de rendement !
Je pense qu’aucune variété ne cumule tous les avantages. Quelques exemples :
- Les courges les plus belles ne sont pas les meilleures d’un point de vue gustatif.
- Les grosses tomates sont rarement les meilleures.
- Les plus beaux haricots (haricots d’Espagne) sont les plus farineux.
- les meilleures pommes de terre se trouvent parmi les petites variétés.
D’une manière générale, quantité fait rarement bon ménage avec qualité.
C’est à chaque fois un compromis…
Tu sais Bernard, que mon jardin potager est fort petit. Donc la priorité est d’abord donnée à la rentabilité, au goût et en acquérant des petites compétences de jardinier, la résistance aux maladies et ravageurs devrait rapidement devenir un prochain critère de choix. Cependant, un beau potager est essentiel pour moi. C’est ainsi que je ne mets plus que des bettes à cardes multicolores, que je sème des haricots d’Espagne pour la beauté des fleurs et surtout que je sorts de plus en plus les légumes du potager pour leur faire côtoyer les fleurs et les plantes aromatiques.
Pour parler des haricots, c’est vrais que la récolte des grains a quelque chose de magique! En plus d’être une promesse d’avenir, elles sont belles et si douces au touché…
Moi aussi, je ferais bien une collection pour le côté esthétique, si quelqu’un voulait bien les cultiver pour moi !
Et quels sont les charmants noms de ces jolies graines présentes sur la photo ?
Il n’y aura pas de réponse à cette question … ! Mais quand j’aurai écrit 2 348 articles sur les haricots, tu pourras répondre toi-même à la question.
Luc, tu nous parles des graines si agréables à toucher.
Je pense que si l’on enfile la main dans un sac de toile empli de haricots et qu’on la soulève ensuite en laissant les graines s’échapper de la main et couler entre les doigts, on aura une idée très précise de la sensation agréable et suave dont tu parles.
Moi je ne jardine pas, mais j’imagine de chouettes « tableaux de graines » (comme on faisait à l’école !) avec tous ces jolis haricots …
Joëlle avait fait un très beau tableau de ce genre il y a près de 40 ans. Il trône dans la salle à manger de mes parents …
Beige cannelle, je vais de temps en temps sur ton blog mais comme il n’y a que des filles qui y participent, je n’ose laisser de commentaire. Et de toute façon, j’y laisserais des commentaires de mec. Et comme les filles n’ont pas trop le sens de l’humour quand elles sont en groupe …
Meuh non, je dis ça juste pour la provoc’ !
Et puis d’abord, on vous aime bien !
Qui a oublié cette scène?
http://www.youtube.com/watch?v=rmI6ICS_ChY&feature=related
Ces graines sont effectivement très attractives.
J’ai eu la chance d’être grainetier pendant quelques jours et je pesais des semences pour la revente pour un semi-grossiste bio à la fin des années 70.
C’est vrai qu’il y a des graines agréables au toucher, et égrener ses haricots, c’est un plaisir. Mais observer et sentir une telle diversité de taille, de forme, de couleur, de densité, de texture, voire d’odeur, c’est une sensation incomparable, à l’image bien sûr de la diversité du végétal.
Graines de carottes ou de salades si légères, grosses graines de courges, graines de tomates qui portent dans leurs formes et leur abondance la variété (pourquoi tant de graines dans les variétés cerises ?), incroyable cette diversité et surtout l’espoir que chacune puisse aussi petite devenir un plant aussi développé et à son tout produire une telle descendance.
Un concentré de vie, une résistance de vie, et de superbes sensations. Ces graines sont vraiment porteuses de tous les espoirs, donc de bien des plaisirs, chargées aussi de l’histoire de leur sélection, de leurs caractéristiques génétiques.
Ah ! Si seulement je pouvais savoir en regardant une graine de cucurbitacée ce qu’elle va pouvoir donner ! Mais il me faudra sans doute encore longtemps acheter mes potimarrons…
Ce qu’il y a de formidable dans ces graines, c’est bien le mystère qu’elles recèlent, la vie tout simplement.
Je ne peux m’empêcher de penser que les humains sont généralement peu enclins à s’émerveiller de ces petites graines quand elles les concernent (sauf exception), aussi bien qu’ils voudraient ignorer la mort, alors qu’il s’agit de la même chose et que sans cela, ils ne seraient rien.
Bon d’accord, nos graines à nous sont les mêmes car elles sont de la même espèce, mais si seulement on pouvait s’extasier sur leur diversité chez l’animal. Mais c’est bizarre, autant la diversité animale est perceptible chez l’adulte, autant la diversité végétale est extraordinaire à tous les stades.
Quant à la sexualité des plantes, excusez du peu, mais là aussi, pas photo : les plus dépravés d’entre-nous auront longtemps une longueur de retard !
J’ai aussi pensé à cette scène d’Amélie Poulain. J’ai d’ailleurs failli en parler mais n’ai pas eu, comme Luc, le réflexe d’aller chercher une vidéo sur Youtube.
Il y a parfois sur ce blog des commentaires qui valent leur pesant d’or. Celui que Christophe vient d’écrire en fait partie.
La diversité du monde végétal commence déjà dans la diversité des graines …
Graines minuscules (orchidées) ou énormes (noix de coco).
Graines qui germent avant même d’avoir quitté la plante (renouée vivipare), ou tout de suite après être tombée sur le sol (érable), ou à l’opposé après plusieurs siècles.
D’autres encore doivent avoir pris feu ou être passées par l’intestin d’un animal pour germer.
Quand à la diversité des « comportements » sexuels des plantes, je suis en train d’étudier ça et je crois bien qu’il existe peu de sujets aussi passionnants. Incroyable !
Si vous êtes bien sage, j’écrirai un article ou deux sur la question !
… n’oublie pas de joindre des photos…
Des vidéos !
Ouais: téléchargées sur http://www.plantecontreX.com
172 variétés … et bien !! Ça fait une belle collection !!
Et tu les cultives toutes ?
C’est pas bien Luc de nous faire baver pour rien …
Le site ne marche pas
Yves,
Oui, je les cultive toutes, mais sur une période de trois ans. La moitié a été cultivée cette année, l’an prochain j’en mettrai une quarantaine de variétés.
Ok ,
As-tu une approche différente pour la culture de ces variétés de haricots ou utilises-tu pour chacune la même méthode ?
Par exemple : Travail de la terre , moment du semi , système de tuteurage , arrosage , …
Je file au boulot, je te réponds plus longuement ce soir.
Tu files au boulot !!
Fait gaffe , les haricots qui filent c’est pas très bon !!
Yves, il faudrait sans doute adapter le mode de culture selon les variétés semer. Mais pour cela, il faut être observateur, prendre des notes, avoir de la mémoire, être méthodique, …
Dans mon cas, je cultive tellement de variétés que chacune d’entre elle risque, vu mon âge déjà fort avancé, de n’être semée que deux ou trois fois par moi. Autant dire que ça ne vaut pas le coup que je m’embête avec les spécificités de chacune des variétés, je n’aurai pas le temps de tirer parti des observations que je ferai et d’ailleurs ça ne m’intéresse qu’à moitié d’aller aussi loin dans l’observation car les différences d’une variété à l’autre ne sont quand même pas énormes (je parle de l’aspect cultural uniquement).
Alors j’utilise une méthode qui est moyenne et qui convient donc à toutes les variétés.
Voici donc cette méthode (ou plutôt ces méthodes car on n’agit pas tout à fait de la même manière selon qu’il s’agisse de variétés naines ou ramantes, mangetout ou en grains.
Il n’y a pas à appliquer de méthode différente selon que l’on réserve les haricots pour les manger en vert (en filet) ou en grains, la seule différence est qu’en général on ne sème plus les haricots en grains après le 15 juin car ils risquent de ne pas avoir le temps d’arriver à maturité (alors que pour les haricots verts on peut les semer jusqu’au 15 juillet sans problème et jusqu’à la fin juillet pour certaines variétés.
Ce qui est commun entre les variétés naines et les variétés ramantes : on les sème en poquets, c’est à dire en petits paquets de plusieurs graines espacés d’environ 35/40 cm. Cette méthode des poquets présente l’avantage que les haricots sortent mieux de terre (à plusieurs ils arrivent à casser la croûte en surface, c’est particulièrement avantageux dans les terres dites « battantes ») et que plusieurs pieds au même endroit provoquent plus d’ombrage et gardent ainsi une certaine humidité. Deuxième règle : qu’il s’agisse de variétés naines ou de variétés ramantes, on travaille régulièrement le sol pendant la culture et on butte progressivement la lignée de haricots (il se forme des petites racines dans ce volume supplémentaire de terre et l’humidité en profondeur est ainsi sauvegardée).
Ce qui diffère entre variétés naines et variétés ramantes : on sème par poquets de 7 à 9 graines pour les variétés naines et 4 à 5 seulement pour les variétés ramantes au plus fort développement. Les rames d’au moins deux mètres de haut (hors sol) sont mises une quinzaine de jours maximum après la sortie de terre des plantules. Les haricots d’Espagne (qui sont une autre espèce botanique) sont tellement vigoureux qu’ils peuvent monter parfois jusqu’à 5 mètres de haut. Mais si vous avez prévu des rames trop petites ce n’est pas bien grave, la végétation va retomber pour s’accrocher dès qu’elle le pourra et la plante s’en sortira bien.
Merci pour ces conseils !!
Pour avoir des haricots à consommer pendant toute la saison : en semer les 20 avril, 20 mai, 20 juin et 20 juillet. Si on veut avoir une grosse production pour faire des conserves, c’est le deuxième semis (celui du 20 mai) qui convient le mieux. En semer donc plus à cette date-là.
5 nouvelles variétés de haricots reçues aujourd’hui du Mexique (envoi de Sylvain) !
177 variétés au total dont la moitié n’a pas encore été testée.
C’est pas demain la veille que Dupdup va arrêter de jardiner !
Un jour, le Dupdup m’a dit qu’il allait sûrement devenir centenaire mais pour tester tous ses haricots (et le reste
), son objectif devrait être de devenir bicentenaire … Au moins !