Archive pour la catégorie 'Coups d'ailes'

Je vous présente Gertrude …

Mercredi 20 août 2008

Tiens, je ne vous ai jamais parlé de Gertrude. J’ai pourtant rendez-vous avec elle chaque soir. La journée, Gertrude passe son temps camouflée dans les rideaux d’été que j’ai accrochés à la porte d’entrée de la maison, juste au-dessus à gauche de nos deux amies africaines.

Là, elle se fait discrète et personne ne peut soupçonner son existence. Pourtant, en regardant de près derrière les attaches du rideau …

Le soir, à la tombée de la nuit, Gertrude sort de son antre. Là, au milieu de la toile qu’elle a confectionnée, elle attend sa proie.

Le nom d’épeire diadème (araneus diadematus) vient du dessin en forme de croix, constitué de taches blanches allongées, que notre animal porte sur le dos.

Le soir, les proies viennent d’autant plus facilement que l’habitant du lieu (un certain Dupdup) a pris l’habitude d’allumer sa lampe extérieure et d’y attirer quelques bestioles de la nuit. Petites bêtes nocturnes qui sont autant de proies potentielles pour Gertrude …

Sur le mur, à la lueur d’une lampe (2)

Mardi 19 août 2008

Je continue mes observations d’insectes nocturnes en allumant, presque chaque soir, la lampe extérieure qui est au-dessus de ma porte d’entrée. Des papillons et autres bêtes de la nuit y viennent, attirés par la lumière. Mais Bon Dieu que c’est dur de déterminer ces petites bêtes ! Difficile de mettre un nom précis sur les papillons nocturnes. Souvent, je n’arrive même pas à savoir à quelle famille ils appartiennent. Alors, les images s’accumulent sur mon disque dur, attendant les longues soirées d’hiver qui me laisseront, je l’espère, du temps pour fouiller dans les bouquins et pour déterminer certaines espèces (certaines espèces seulement, car il est illusoire d’arriver chaque fois au nom de l’espèce à partir de photos seulement).

Cela dit, il arrive que je mette un nom précis sur certaines petites bestioles. En voici deux, vues récemment.

Tout d’abord l’écaille rosette Miltochristo miniata, qui est venue deux soirs d’affilée au début du mois d’août. Impossible de confondre ce papillon avec un autre, les lignes noires sinueuses des ailes, soulignées par des points noirs, sont caractéristiques de cette espèce.

Les oeufs de ce papillon sont pondus sur l’écorce des arbres feuillus et les chenilles vont se nourrir du lichen qui pousse sur les branches de l’arbre. Il arrive parfois que le papillon adulte butine les fleurs en plein jour.

L’autre espèce que je vous présente aujourd’hui est la lithosie aplatie (Eilema complana) qui est très commune et qui est, elle aussi, une consommatrice de lichens. On la reconnait assez facilement à son aspect étroit lorsqu’elle est au repos et à la bordure jaune pâle de l’aile.

La lithosie aplatie a, pour autre nom français, “manteau à tête jaune”. Il est vrai que la disposition des ailes donne l’impression de port de cape ou de manteau. Je dirais même plus volontiers “robe de soirée”.

guêpes ivres mortes

Lundi 18 août 2008

Si vous n’en possédez pas encore, je vous conseille de planter dans votre jardin des chardons bleus du genre echinops. Pendant tout l’été, ces belles plantes très décoratives vont attirer des tas d’insectes butineurs.

Les bourdons sont les plus fréquents des insectes qui visitent ces fleurs et notamment le bourdon des bois (bombus lucorum) qui se différencie du bourdon terrestre par ses belles bandes jaunes citron. J’ai souvent remarqué que ces bourdons, une fois ivres de nectar, s’endormaient sur les fleurs et se retrouvaient dans la même position au petit matin suivant. L’ivresse permet de mieux dormir.

J’ai lu dans plusieurs ouvrages que les insectes sont susceptibles de s’adonner à la boisson et qu’on pouvait attirer des papillons, par des mélanges de fruits et d’alcool, en utilisant notamment de la bière. Avant hier, j’ai voulu tester un petit mélange de miel et de vin rouge. Dans un premier temps, j’ai installé une petite tasse remplie à moitié de ce breuvage, uniquement pour voir si cela allait attirer des papillons. Et puis, j’ai oublié de surveiller. Quand je suis allé voir, au bout de quelques heures, les guêpes avaient sifflé tout le contenu de la tasse et un certain nombre d’entre elles étaient ivres au fond de la tasse.

D’autres guêpes gisaient, pattes en l’air, à côté de la tasse, en ramant dans le vide.

J’ai même vu une fourmi attelée à tirer une guêpe qui était ivre et je peux vous assurer qu’une seule fourmi peut, sur une surface lisse, déplacer une guêpe malgré la différence de taille.

Les guêpes ont mis plusieurs heures pour reprendre leurs esprits et sont ensuite reparties cahin caha à la maison. J’ose pas imaginer la scène en arrivant … !

“Mes” petites bêtes de l’été 2008 (2)

Vendredi 15 août 2008

Même s’il n’y a pas de mare ou de milieu humide autour de la maison, de nombreuses libellules ont pris l’habitude de venir y chasser leurs proies.

Il y a une quinzaine de jours, alors que j’étais en train de boire l’apéro sur la terrasse, une libellule est venue se poser au bas d’un arbuste à côté de la table et s’est longuement laissée photographier.

J’ai immédiatement reconnu qu’il s’agissait d’une cordulie mais je ne suis pas arrivé à déterminer précisément de quelle espèce il s’agissait. Finalement, Michel, spécialiste “es petites bêtes”, m’a appris qu’il s’agissait de la cordulie à corps fin (oxygastra curtisii).

Cette espèce est rare, elle a été découverte en Franche-Comté par Michel lui-même il y a une vingtaine d’années. Depuis, quelques autres sites ont été découverts. Aujourd’hui, dans notre région, seuls 7 sites sont connus pour abriter cette espèce, tous en Haute-Saône : 4 dans la vallée de l’Ognon et 3 dans la haute vallée de la Saône. Cette espèce est considérée comme menacée au niveau de la Franche-Comté et elle est même protégée au niveau national. Elle vit le long des cours d’eau lent bordés d’arbres, ce qui est le cas de l’Ognon qui coule à quelques centaines de mètres de la maison.

Je ne crois pas avoir vu, dans le règne animal, un insecte avec de tels yeux. Il est des bijoux qui n’ont rien à envier aux yeux de la cordulie à corps fin !

J’espère que les sites abritant cette espèce ne vont pas tous être protégés : j’aimerais quand même bien continuer à avoir le droit de boire l’apéro sur ma terrasse !

Surchauffe dans le Haut-Jura (3)

Mercredi 13 août 2008

Les zygènes sont de drôles de papillons. Leur peinture métallisée est toujours fraîche et ils semblent tout droit sortis d’un garage. Ces couleurs vives sont signe de toxicité et sont un bon moyen de défense contre les prédateurs en tous genres. C’est sur les scabieuses et les centaurées qu’on les trouvera le plus souvent, et notamment la zygène de la filipendule qui est largement la plus commune de nos zygènes.

Lors de mon escapade dans le Haut-Jura, j’ai rencontré une zygène aux couleurs bien différentes, beaucoup moins vives. Mais la répartition des tâches m’a conduit à le déterminer comme étant elle aussi une zygène de la filipendule. Il semblerait donc qu’il y ait une grande variabilité de couleur chez cette espèce.

L’appartenance à cette espèce m’a été confirmée quelques heures plus tard lorsque j’ai pu observer l’accouplement.

Ayant eu envie de montrer cette scène à Joëlle, Claude-Roland, Maryse, Dan, Dom & Co qui se trouvaient à un kilomètre du site, j’ai traversé les prés et les hautes herbes en direction de la maison où nous étions, le couple de zygènes délicatement posé sur mes grosses paluches.

Personne n’était encore rentré à la maison, j’ai posé les zygènes dans un coin, ils ont continué leurs ébats et attendu patiemment que tout le monde vienne les admirer.

Le soir, à la tombée de la nuit, le couple n’avait toujours pas bougé et l’accouplement, qui avait commencé au moins cinq heures plus tôt, durait encore. Il faut dire que ce genre d’accouplement n’a rien de violent. Je ne sais d’ailleurs plus qui, dans notre groupe, a fait la réflexion qui si on avait regardé de plus près, on aurait sans doute remarqué que pendant l’accouplement le mâle roupillait pendant que la femelle faisait du crochet … Pas très excitant finalement la vie de ces p’tites bêtes !

Observations de couleuvres

Jeudi 7 août 2008

Décidément, ça vaut le coup de laisser un peu de fouillis de végétation dans son jardin. La faune y trouve un abri sûr. Il y a quelques semaines, j’avais relaté la présence de très nombreux orvets autour de la maison. Il m’arrive souvent aussi de me trouver en face d’une couleuvre, parfois sur le seuil de la porte. Il y a quinze jours, Joëlle s’est trouvée nez à nez avec une couleuvre à collier dans le sous-sol. J’ai réussi à la faire rentrer dans un carton (la couleuvre, pas Joëlle !) et à la relâcher dans le pré en face.

Cela me rappelle une autre expérience récente. Au début juin, j’avais eu la chance d’admirer en Corse la parade nuptiale d’un couple de couleuvre verte et jaune.

Surchauffe dans le Haut-Jura (2)

Lundi 4 août 2008

Les nombreuses plantes fleuries du Haut-Jura permettent aux papillons adultes de vivre de nectar pendant toute la belle saison. Dans ces contrées, la quantité et la diversité de papillons me semblent bien plus importantes qu’en plaine.

Mais la saison avance, nous sommes déjà en août, et tout ce petit monde doit penser à assurer la descendance. Comme pour les criquets de mon précédent article, les papillons ne perdent pas leur temps et s’en donnent à coeur joie. C’était la première fois que je pouvais admirer de très près le petit collier argenté, un habitant des prairies humides et des clairières des forêts.

Surchauffe dans le Haut-Jura (1)

Samedi 2 août 2008

Trois petites journées passées sur le secteur de la Pesse m’ont permis de continuer, sous d’autres lieux, mon exploration du monde des petites bêtes. La végétation luxuriante, due parfois à un abandon des terres par l’agriculture, permet à des quantités importantes d’insectes de vivre.

A chaque pas, des dizaines de criquets s’éparpillent dans tous les sens.

Ce séjour m’aura permis de réaliser quelques clichés d’insectes en train de s’accoupler. Car si la température descend parfois assez bas en montagne, il semblerait bien que la baise soit, ici comme ailleurs, un moyen plutôt efficace de se réchauffer.

Cette petite série commence avec un accouplement de Miramella alpina (la miramelle alpestre), un petit criquet inféodé à l’étage montagnard et que l’on trouve plutôt dans les lieux assez humides.

Une flopée de belles observations !

Mardi 29 juillet 2008

Le site de la Maison de la Nature de Brussey est très riche en oiseaux. 136 espèces d’oiseaux y ont déjà été observées, sur une surface de quelques hectares seulement. La LPO Franche-Comté mène sur ce lieu un programme de baguage d’oiseaux depuis une vingtaine d’années. Cette action scientifique, régie par un protocole très précis et placée sous la responsabilité de Pierrot, permet de mieux connaître la biologie des oiseaux, pas seulement leur migration mais aussi la notion de territoire, la fidélité à un site, l’évolution des effectifs, …

Je n’ai pas souvent le temps de participer à ces séances de baguage d’oiseaux (qui ont lieu sept fois par an) mais c’est toujours un réel plaisir pour moi de pouvoir admirer de très près le plumage des différentes espèces.

Chacune des séances apporte son lot de surprises. A l’automne dernier, j’avais relaté la capture exceptionnelle d’un autour des palombes. En juin dernier, c’était au tour du hibou moyen-duc de se prendre les ailes dans les filets de baguage au lever du jour.

A la dernière séance, en juillet, une centaine d’oiseaux ont été capturés, bagués puis relâchés au cours de la même journée. Parmi eux, le martin-pêcheur, le gros-bec, l’hypolaïs polyglotte et le torcol dont on ne se lasse pas d’admirer le plumage délicat et nuancé.

Mais la surprise de la journée était la présence d’un coucou dans les filets. Observation rare ! Il n’y a pas eu une seule capture sur les sites franc-comtois au cours des dix dernières années. C’était aussi la première fois que cet oiseau était tenu en main sur le site de Brussey.

Enfin, pour clore la journée, alors que nous étions en train de baguer les oiseaux, un appel téléphonique nous a avertis qu’une chouette blessée avait besoin de secours dans le village à côté. Vérification faite, il s’agissait d’une jeune chouette chevêche, fraîchement sortie du nid, et qui avait atterri devant la porte d’un habitant. Belle observation d’une petite chouette en voie de disparition !

(un grand merci à Cécile qui a réalisé les photos du hibou moyen-duc et de la chevêche)

Guides de détermination des insectes (1)

Vendredi 18 juillet 2008

La passion des petites bêtes me reprend, après une très longue interruption, et je cours les bords des chemins et les marais à leur recherche dès que j’ai un peu de temps.

Il est vrai que la photo numérique, par sa souplesse d’utilisation, permet beaucoup plus de possibilités que l’argentique.

Il existe de nombreux livres qui permettent d’identifier les insectes que l’on rencontre. Certains guides sont très spécialisés et ne sont consacrés qu’aux libellules, aux papillons nocturenes ou aux mouches. Mais le néophyte désire le plus souvent trouver un ouvrage qui lui permette de reconnaître d’abord les insectes les plus fréquents. A ceux-là, je conseille un très bon guide d’identification, le meilleur ouvrage grand public à mon goût : il s’agit du Guide Vigot des Insectes de Heiko Bellmann intitulé Insectes et principaux arachnides.

Bien sûr, avec cet ouvrage, il vous sera impossible de déterminer les 11 000 espèces de mouches que l’on trouve en France mais le livre présente cependant les 1 400 espèces d’insectes les plus courantes, de quoi satisfaire largement l’amateur. Le texte est plutôt facile d’accès, les illustrations sont très bonnes (dans le domaine des insectes, je préfère de loin les photos aux dessins) et le prix est très correct (26 euros). Bref, un excellent ouvrage de vulgarisation !

Toujours à propos d’escargots

Lundi 14 juillet 2008

Dans mon article précédent, je n’avais pas publié toute la série de photos de l’escargot au bout de sa tige. Voici en exclusivité l’escargot qui tremble devant le vent qui arrive, qui se ressaisit et qui tient ferme face à la violence de la bourraque.

dimanche à escargots

Dimanche 13 juillet 2008

Pas grand chose à faire dehors par un dimanche pluvieux, si ce n’est aller observer les escargots !

Et je dois dire que je prends un immense plaisir à renouer avec la photographie macro (après quinze années d’interruption), même sous la pluie !

Le faucon crécerelle (5)

Samedi 12 juillet 2008

L’élevage d’une nichée de faucons crécerelles ne prend pas beaucoup de temps, guère plus d’un mois. Au cours des derniers jours de leur séjour dans le nichoir que j’avais installé dans la maison de mes parents, les jeunes ont été nourris à un rythme rapide. Dans les derniers temps, seule la femelle apportait des proies. Le duvet a fait place aux plumes définitives.

Le nichoir est maintenant vide et les cinq petits faucons se sont tous envolés en quelques jours. Les deux premiers ont quitté le nid le vendredi 4 juillet et le samedi 5 juillet. L’envol du troisième le dimanche 6 juillet était un peu prématuré et a failli tourner à la catastrophe. Le voisin de mes parents a réussi à remettre en vol le jeune qui était tombé dans le jardin et sur lequel un chat s’apprêtait à bondir. Les deux derniers jeunes se sont envolés les mardi 8 et mercredi 9 juillet.

Les crécerelles sont restés sur le site. Le soir, la famille de faucons dort sur les nombreux rebords des murs de l’église du village et je peux les observer à la longue-vue depuis ma maison.


Comme je l’avais précisé dans mes précédents articles, je n’avais pas prévu de dispositif particulier pour photographier ce qui se passait à l’intérieur du nichoir et j’ai donc utilisé des photos très anciennes pour illustrer ces articles. Je vais construire cet été un nichoir spécialement conçu pour la pratique de la photographie.

Il ne reste plus qu’à attendre le retour des faucons au printemps prochain !

Jardin à orvets

Mardi 8 juillet 2008

J’aime la biodiversité. Qu’elle soit sauvage ou cultivée. J’éprouve une joie infinie à être entouré d’une diversité de formes de vie. Et comme je déteste les pelouses uniformes, j’essaie d’entretenir la mienne en fauchant le plus rarement possible afin que les différentes plantes qui la composent aient largement le temps de produire leurs graines. Ainsi, celle qui est derrière la maison n’est fauchée que deux fois dans l’année, ce qui lui permet d’avoir le temps de fleurir au printemps.

Les insectes viennent y butiner nombreux mais je m’aperçois que malgré mes efforts, ils régressent au fil des années. Mais le problème est beaucoup plus général. Avez-vous remarqué aussi leur diminution progressive au fil des années ?

J’ai l’habitude de cultiver des massifs de fleurs au milieu de la pelouse et de laisser s’installer le fouillis au pied des fleurs. Cela procure une zone où de nombreux animaux, escargots et autres, peuvent trouver refuge. Le pied de ces massifs garde toujours une certaine fraîcheur et une certaine humidité, même en plein été, et j’y vois régulièrement la couleuvre à collier.

Mais ma plus grande satisfaction est d’y rencontrer souvent l’orvet. J’avais rarement eu l’occasion de l’admirer jusque là, mais depuis que j’habite dans cette maison (il y a maintenant sept ans), les observations de l’orvet se comptent par dizaines. Actuellement je vois ce reptile presque toutes les semaines. Quand je sais que je vais avoir du monde à la maison, j’en capture un, l’installe au fond d’un seau, puis le relâche à l’endroit exact où il a été capturé dès que mes amis l’ont vu de près. Le but de l’opération : faire aimer ce monde méconnu des reptiles et faire en sorte que la crainte injustifiée de ces animaux disparaisse. Mais je sens que ce n’est pas facile. Joëlle n’a pas trop envie de toucher ces petites bêtes. Et vous ?

Sur le bateau qui revient de Texel

Lundi 30 juin 2008

Je suis constamment tiraillé entre l’envie de renouveler complètement mon matériel photo en passant définitivement au numérique et l’envie d’approfondir la vidéo que j’ai découvert l’an passé. Une seule certitude : je ne mènerai pas les deux choses de front, la photographie et le film sont deux pratiques qui n’ont rien à voir l’une avec l’autre et qui relèvent de deux approches radicalement opposées.

J’avais décidé que je ne toucherais pas à mon appareil photo lors de mon dernier séjour à Texel et que j’en profiterais pour me décider définitivement : photo ou film ? Je suis revenu de la Mer du Nord encore plus indécis qu’avant …

Par contre, Joëlle en a profité pour faire plein de photos à l’aide de son petit compact. Voici donc quelques images faites par ma nouvelle photographe préférée sur le bateau du retour.

Sur le mur, à la lueur d’une lampe (1)

Mardi 17 juin 2008

Je mets rarement la lumière extérieure, la nuit n’ayant pas spécialement besoin d’être éclairée. Mais il m’arrive d’allumer la lampe qui est devant ma porte, juste pour admirer quelques insectes qui ne manquent jamais de venir, attirés par la lumière.

J’ai pour projet de vous présenter, tout au long de l’année qui viennent, quelques-unes des espèces que je vois régulièrement sur le crépi du mur de la maison.

Voici deux papillons nocturnes que j’ai vus fréquemment les temps derniers.

Le premier est un papillon de la grande famille des noctuelles. Il s’appelle la double tache mais les scientifiques l’ont appelé d’un nom beaucoup plus intime : agrostis exclamationis (affublé d’un nom pareil, ça en jette dans les soirées nocturnes où se rend notre animal !) Ce papillon est assez fréquent dans les régions cultivées car la chenille peut vivre sur de très nombreuses plantes herbacées.

Le deuxième papillon appartient aussi à une grande famille, celle des phalènes (appelées aussi “géomètres”). Il s’appelle la timandre aimée (nom latin : timandra griseata), il est aisément reconnaissable à cette bande pourpre qui traverse obliquement les deux ailes.

Michael Chinery, dans son livre, dit que la chenille de ce papillon vit dans les lieux incultes, ça tombe bien, je suis inculte dans plein de domaines, je ne devrais donc pas tarder à trouver plein de chenilles autour de chez moi !

Le faucon crécerelle (3)

Mercredi 11 juin 2008

Un très grand merci à Mat, Marc et Caro qui m’ont indiqué ce site fabuleux où l’on peut suivre en direct l’élevage d’une nichée de jeunes faucons crécerelles. Il se passe parfois une heure avant que la femelle ne vienne apporter une souris mais quand elle arrive, c’est extraordinaire. Le site de nidification est en Suisse allemande si j’ai bien compris et les jeunes crécerelles n’ont probablement qu’un ou deux jours de plus que “les miens”.

Un troglodyte moderne

Mercredi 28 mai 2008

J’ai toujours eu un faible pour les hirondelles. Mon origine paysanne y est probablement pour quelque chose, ayant passé toute mon enfance entouré de nombreuses hirondelles rustiques et hirondelles de fenêtre qui avaient choisi les bâtiments de la ferme parentale pour se reproduire.

Il y a une quinzaine d’années, j’ai installé quelques nichoirs artificiels dans des endroits favorables à l’installation de l’hirondelle rustique (qu’on appelait encore à l’époque “hirondelle de cheminée”). L’un d’eux, notamment, a été installé dans la cabane de mes deux ânes favoris : Grand-Pas et Pluchon.

Mais point d’hirondelles. Seule la bergeronnette grise a utilisé de temps en temps le nichoir, ce qui n’est déjà pas si mal.

Cette année, Grand-Pas et Pluchon ont une nouvelle compagnie. Le troglodyte, qui d’habitude fait un nid entièrement en mousse, a utilisé le nid artificiel en béton comme soubassement et le résultat est plutôt original.

Le nichoir a Dupdup a ainsi évité au troglodyte quelques centaines de voyages à transporter de la mousse. Tiens, à propos de mousse, il me doit bien une petite bière en compensation, non ?

La glaréole à collier

Mardi 20 mai 2008

Décidément, l’ornitho franc-comtois a de quoi se régaler. Au rythme où les surprises s’accumulent, on est en droit de se demander si la faune de notre région n’est pas en train de se modifier progressivement et si les espèces rarissimes qui y sont observées ne sont pas les prémisses de modifications lentes et beaucoup plus profondes. Les faucon kobez sont à peine partis que nous arrive un oiseau du sud. Et pas n’importe lequel : la glaréole à collier.

Je me souviens qu’il y a vingt ans, les ornithos qui voulaient observer cet oiseau se rendaient sur l’unique site français de Méjanes en Camargue. Sinon, l’observateur devait aller dans le sud de l’Espagne ou dans des contrées plus ou moins dispersées sur le pourtour du bassin méditerranéen. C’est en Camargue qu’à l’époque j’ai admiré à deux uniques reprises la glaréole.

Aussi, quand Anne a appelé dimanche après-midi pour signaler qu’elle avait la glaréole dans la ligne de mire de sa longue-vue, je n’en croyais pas mes oreilles. Il semble qu’il s’agisse là de la troisième observation connue de glaréole en Franche-Comté. C’est à Guy Pascal que revient le mérite d’avoir su la détecter. Guy est devenu notre nouveau “découvreur de glaréole”.

J’ai retrouvé Anne sur le terrain, il y avait aussi Dominique, Annie, Sam, Françoise et bien entendu Christophe qui est l’auteur des magnifiques clichés de cet article et que je publie avec son autorisation (photos toutes réalisées ce dimanche en digiscopie à plusieurs dizaines de mètres de l’oiseau, je suis stupéfié par le résultat, d’autant plus que les conditions de lumière n’étaient pas très bonnes).

La glaréole est un drôle d’oiseau, très atypique dans la grande famille des limicoles (bécassines, chevaliers, gravelots, avocettes, courlis…). Elle se nourrit d’insectes qu’elle capture en plein vol (un peu à la manière d’une guifette) et vit dans les paysages arides et dénudés.

Une observation dans un champ labouré de la vallée de l’Ognon a vraiment de quoi surprendre.

Quelle sera la prochaine surprise ?

Le faucon crécerelle en images

Vendredi 16 mai 2008

Le 5 avril dernier, Oetincelleo mettait en ligne sur Youtube un diaporama consacré au faucon crécerelle. Les photos de ce diaporama ont été réalisées il y a vingt cinq ans dans la tour du château de Buthiers en Haute-Saône.
Encore un immense merci à Oetincelleo qui redonne ainsi vie à mes anciennes photos.