LE COIN DU JARDINIER (13)
J’aime beaucoup les tomates cerises, pour des tas de raisons.
La première raison est d’ordre gustatif, je trouve que leur parfum est généralement plus délicat que celui des grosses tomates. Autre raison : les tomates-cerises se prêtent bien à une consommation directe dans le jardin, c’est le genre de fruits que l’on grapille en passant et c’est pour moi un plaisir immense de pouvoir déguster des petits fruits sur place. Et dernière raison enfin : les tomates-cerises sont assez proches de la souche sauvage des tomates et en ont gardé une certaine rusticité : les pieds sont généralement assez résistants et sont moins sensibles au mildiou.
Ainsi cette année, alors que tous les pieds de tomates ont été décimés par le mildiou (suite aux conditions exceptionnelles du mois d’août), la seule variété qui résiste tant bien que mal est une tomate cerise. Il s’agit de la variété appelée Matt’s Wild Cherry que je cultive depuis quinze ans et dont je produis la semence. Je ne me souviens plus très bien d’où je tiens cette variété mais je me rappelle qu’elle a été obtenue par un agronome hongrois au début du 20ème siècle.

Le feuillage de cette variété est tellement fourni qu’il n’y a qu’une seule manière de la cultiver : il faut obligatoirement la palisser dans plusieurs directions sur du grillage (l’idéal étant du grillage à moutons). Les résultats sont toujours stupéfiants, les différentes tiges s’étendent de part et d’autre à deux mètres de pied et à deux mètres de haut et les pieds ont une allure impressionnante. Cette méthode de palissage a aussi pour avantage d’aérer le feuillage qui sèche alors très vite après une pluie ou le brouillard, ce qui est un moyen de lutte contre le mildiou.
Les tomates Matt’s Wild Cherry sont délicieuses mais comme la peau se déchire facilement à la cueillette, j’ai donc pris l’habitude de couper carrément les grappes avec une paire de ciseaux ou éventuellement de les manger sur place.
Cet article n’a qu’un but : informer les lecteurs de ce blog que je peux donner des graines de cette variété à quiconque en voudrait. Je peux également fournir des graines de la belle variété orange (probablement yougoslave) dont j’ai parlé dans mon précédent article sur les tomates.
J’ai confectionné des petits sachets contenant 20 graines de Matt’s Wild Cherry et des sachets contenant 10 graines de tomate yougoslave (à conserver impérativement dans un endroit sec à l’obscurité). Je peux envoyer les graines par courrier. Les jardiniers pourront ensuite produire eux-mêmes leur propre semence selon la méthode que j’ai décrite dans mon précédent article consacré à la conservation des graines. Avis donc aux amateurs.
Et si certains préfèrent plutôt des plants, je peux leur préparer un pied de chaque au printemps prochain. Et en plus ils auront droit à une bière quand ils viendront les chercher !
Tu as raison de faire cet article tant que tu as encore le droit de faire ce genre de truc inadmissible : “donner” (et ne pas t’en cacher).
Mais que ceux que ça choque ne s’inquiètent pas, comme pour l’ortie… ou la musique, il va bientôt y avoir une “bonne tite loi” qui va rendre illégal cette concurrence déloyale aux honnêtes commerçants de graines et semences et autres auteurs de livres de bons conseils du jardinier que tu spolies allègrement !
J’ai ramasser récemment mes première petites tomates jaune, c’est la première année que j’en ai.
Par contre toutes mes autres tomates ont pourries sur place, je ne sais pas a quoi cela est du…surement au trop plein de soleil me dit-on.
En revanche, j’ai réussit a avoir des radis noir, y en a pas des tonnes mais y en a…et mes bons ptits melon…parlons en de ces melons : j’en ai pas vu la couleur, ils n’arrivaient pas a murir, avaient des formes assez bizarre, je ne sais pas a quoi cela est du, faut dire que je ne suis pas une experte mais jme débrouille
Au fait, ne crois-tu pas que le fait d’envoyer ça par le biais de la poste risque de causer quelques soucis?
Je dis ça car, au palpé de l’enveloppe on pourrait croire a autre chose peut etre, nan?
Je ne voudrais pas qu’on t’accuses de trafique “illicite” ou de terroriste lol
J’ai eu moi meme quelques soucis de ce coté là, c’est pour ça que j’en parle…
Mais si t’es sur de toi, y a pas de soucis!
Depuis le début des années 80, l’industrie du jardinage (car il faut bien parler “d’industrie” n’est-ce-pas !) est en augmenation régulière de 5% par an je crois. Mais tout ça est en train de se tasser et la courbe est en train de s’inverser. Ainsi, il semblerait que sur Besançon il y ait eu l’an passé une baisse d’environ 30% du chiffre d’affaires des jardineries (je tiens ça d’un pépiniériste de Haute-Saône avec qui j’ai discuté hier).
Je ne sais pas si le phénomène de baisse des ventes est général et si les gens ont de plus en plus recours à d’autres moyens pour jardiner que ce qui est proposé dans les jardineries. S’il s’agissait là d’une explication plausible, on peut imaginer alors que cette loi vient juste à propos pour conforter l’industrie du jardinage à un moment où elle en a fort besoin.
Eh oui effectivement les tomates ont été victimes du mildiou qui est un champignon qui se développe, comme beaucoup de maladies dites “cryptogamiques”, à la faveur de la chaleur et de l’humidité. Le climat très contrasté (juillet caniculaire, août très pluvieux et septembre très chaud) a favorisé la progression du mildiou à un rythme très rapide que je n’ai jamais constaté jusqu’à maintenant.
Non seulement les feuilles ont été atteintes, ce qui est assez habituel en début d’automne, mais les fruits ont aussi été atteints, en raison donc des conditions climatiques exceptionnelles (alternance chaud/humide).
Comme tu le dis Butterfly, les tomates donnent l’impression d’avoir pourri, celà commence par la partie supérieure du fruit puis ça se propage au reste.
Si les tomates cerises sont moins touchées (ce qui semble être le cas pour ta petite tomate jaune), c’est qu’il s’agit, comme je l’ai dit dans mon article, de tomates encore assez proches de la souche sauvage d’origine et que ce type de tomates est généralement plus rustique (plus résistant et plus adapté à des conditions difficiles).
J’ai déjà envoyé des dizaines de fois des graines par la poste et il n’y a jamais eu de problème. Celà dit, ce serait rigolo parce que si les douaniers ouvraient une enveloppe et mettent les graines en culture, comme les jeunes plantules de tomates ressemblent vaguement à des jeunes plants de cannabis, ce serait plutôt assez drôle …
Cela dit, c’est tellement petit une graine de tomates, que quinze graines dans un sachet, ça ne se sent pas du tout au travers de l’enveloppe, il faudrait être plutôt très observateur pour remarquer quelque chose !
Il y a eu, en effet, des conditions exceptionnelles pour les champignons dans notre région. Il n’y a pas de raison que les bois abondent en cèpes et autres oronges et que les tomates n’attrappent pas le mildiou !
Mais septembre est jusqu’à aujourd’hui très sec et les pousses de champignons semblent ralentir.
Le comble serait que tu aies eu des tas de champignons dans ton potager et qu’on ne trouve pas de champignons à notre prochaine sortie mycologique !
J’ai une amie qui vit en Mauritanie et qui tient une auberge dans une petite ville du désert. Elle a un potager qu’elle voudrait améliorer.
Ses légumes poussent dans le sable uniquement et elle me dit que dans l’ensemble, ça ne pousse pas trop mal. Elle n’a pas de problème d’eau pour arroser (3 tonnes de réserves !) mais pense qu’il n’y a pratiquement pas d’eau dans le sol (moi, je ne vois pas comment ça peut marcher ?!?).
Son problème est surtout de pouvoir ressemer d’une année sur l’autre sans avoir à acheter à nouveau des graines.
Je me demandais aussi si tu n’aurais pas deux ou trois tuyaux sur des espèces qui s’adapteraient particulièrement bien à ces conditions. Je sais qu’elle a une partie du jardin à l’ombre pour les salades (laitue et feuilles de chêne). Sinon, elle fait pousser les légumes qu’ils mangent là-bas (carottes, tomates, oignons, courgettes, aubergines, betterave rouge, pomme de terre, piment, persil).
Elle fertilise avec du neem et du moringa (des arbres de là-bas).
Je ne pense pas que Kokopelli livre en Mauritanie et elle repart dans 2 semaines. Que lui conseilleras-tu d’acheter qui se trouve à Besançon ou dans les environs ?
C’est surtout la question de la stérilité qui lui importe.
Anne, Je ne comprends pas comment le jardin de ta copine fonctionne sans eau dans le sol, d’autant plus que 3 m3 de réserves, c’est très peu finalement, c’est ce que je pourrais récupérer à partir de mon toit en une heure seulement de bonne pluie. Avec 50 m2 de toit, on peut récupérer sur le secteur de Besançon 40 m3 par an. Cela dit, ton amie dit qu’il n’y a pas d’eau dans le sol, ça reste à vérifier. Il ne doit pas y avoir effectivement d’eau libre mais il y a forcément de l’humidité qui remonte en surface par capillarité (comme de l’eau qui remonte toute seule sur un papier buvard, c’est le même principe). Sinon, rien ne pousserait du tout.
Je pense qu’il faudrait appeler Kokopelli car en devenant membre actif on a accès à des graines gratuitement et notamment des graines adaptées à certains pays. En expliquant par téléphone, à mon avis, ils peuvent envoyer les graines avant que ton amie ne reparte en Mauritanie. Par contre, même si les graines sont gratuites pour certaines catégories de membres, devenir membre actif coûte 60 euros.
Je peux par ailleurs donner quelques graines, notamment de tomates et de potirons.
Kokopelli ne diffuse que des variétés anciennes qui peuvent se resemer d’année en année, ce qui répond aux soucis de ton amie, mais attention car il y a ensuite des risques d’hybridation chez certaines espèces (par exemple les potirons). Donc l’idéal serait qu’il n’y ait qu’une seule variété de chaque espèce, sauf pour certains légumes où le risque d’hybridation est très faible (exemple : tomates). Mais rien n’est simple en matière d’hybridation car si on pense régler le problème avec une seule variété par espèce, il y a les légumes du jardin des voisins qui viennent compliquer la chose ! A discuter à mon avis par téléphone avec Kokopelli. Dire également à Kokopelli que le terrain est surtout constitué de sable, je pense qu’ils devraient avoir des idées sur les variétés les plus appropriées.
Association Kokopelli
Oasis. 131 impasse des Palmiers
30100 Alès
Tél : 04 66 30 64 91 ou 04 66 30 00 55
Fax : 04 66 30 61 21
Je n’ai pas pensé à un truc : le transport de graines de légumes d’un continent à l’autre fait-il l’objet d’une réglementation particulière ? Probablement, mais je ne sais pas laquelle !
Sans doute, Bernard. On ne doit pas avoir le droit d’importer des semences comme ça. Mais comme pour l’envoi par la poste, il ne faudrait vraiment pas de chance pour se faire prendre. Et tant que ce ne sont pas des OGM, je veux bien contribuer à la préservation d’espèces en envoyant des graines en Mauritanie, même si c’est hors-la-loi.
Oui oui, je suis d’accord avec toi, il faut bien évidemment prendre le risque d’être hors-la-loi de temps en temps. Je crois que dans les années qui viennent, vu les atteintes à des libertés diverses, il faudra bien que se mette en place certaines formes de désobeissance civile. C’était juste pour poser la question et pour que ton amie se la pose aussi !
Butterfly parle de melons. Evidemment, avec le temps pourri du mois d’août, l’année n’a pas été du tout favorable à la culture de ce fruit. Dans mon cas, l’excès d’humidité dans le sol a fait éclater les melons qui se sont ouverts et ont été aussitôt attaqués par guêpes et frelons avant même d’avoir été mûrs. Dommage car d’habitude c’est un type de culture qui vient assez bien en Franche-Comté. J’en cultive depuis une trentaine d’années et je dirais que la culture du melon réussit à peu près trois années sur quatre.
Bonjour,
Je suis interessé par les graines de tomates yougoslaves.
Est-il toujours possible d’en recevoir par la poste ?
Merci de me répondre à mon adresse électronique…
Stéphane