Ben Herbert Larue

Samedi soir, nous étions à un concert de Ben Herbert Larue, il passait pour la deuxième fois à Voray-sur-l’Ognon (à 5 km de chez moi). La soirée était organisée par le Comité d’Animation de Voray, très appréciée localement pour son dynamisme et la qualité des prestations proposées (notamment pour ses 4 concerts annuels).

La salle était archi-comble. Concert extraordinaire avec beaucoup d’émotion, le public était ravi.

J’ai trouvé sur Youtube quelques vidéos sur cet artiste :

Bonne écoute !

La sterne naine (2)

Retour en Camargue.


Avec la sterne caugek, la sterne pierregarin et la sterne hansel, la sterne naine se reproduit chaque année en Camargue (quelques centaines de couples).


Impossible de la confondre avec une autre sterne, elle est tellement petite (son poids est six fois inférieur à celui d’une mouette rieuse) !


Les colonies sont en général de faible taille (parfois deux couples seulement, maximum 20 couples – source Paul Géroudet). Elles sont en général isolées des colonies des autres espèces. En effet, les sternes naines sont peu sociables et ne recherchent pas les sites de nidification des autres sternes ou des mouettes.


Le vol de la sterne naine est étonnant. Voici la description qu’en fait Paul Géroudet : « Pourquoi cette Sterne miniature paraît-elle si pressée, si active ? Tantôt elle s’élance comme une flèche, poussée par les rapides battement de ses ailes aigües et passe en éclair à quelques mètres au-dessus des eaux peu profondes, tantôt elle s’élève verticalement, s’arrête un instant contre le vent et, rabattant les ailes en arrière, plonge avec impétuosité dans les flots, où elle disparaît parfois entièrement ; puis elle reprend sa course sinueuse, coupée de piqués foudroyants, de bordées latérales, de retours en arrière. Ce petit être nerveux, rapide et très mobile ne prend que de temps en temps un bref repos sur un banc de sable. » (j’en profite pour redire une Nième fois que les livres de Paul Géroudet, bien qu’écrits il y a plusieurs décennies, sont un monument incontournable de la littérature ornitho car Paul Géroudet est un fin observateur doublé d’un véritable poète, alors ses textes donnent envie … !). En tous les cas, cette fine description explique pourquoi il n’est pas aisé de photographier la sterne naine en vol, la plupart des photos que j’ai faites, mises à part quelques-unes, sont d’ailleurs passées à la poubelle … !

Lors de mon dernier séjour en Camargue (à la mi-mai de cette année), j’ai remarqué qu’une sterne venait toujours se poser au même endroit …


… et que très vite elle était rejointe par son conjoint.


Peut-être que ce couple s’apprêtait à nicher là (quand je suis repassé quelques heures plus tard, elles étaient encore exactement au même endroit). Quelques images faites ce jour-là :

Municipales en milieu rural : un déni de démocratie !

Je ne sais pas quelle mouche a piqué le gouvernement d’avoir changé le mode de scrutin pour ces municipales.

D’abord, nos trois grandes villes (Paris, Lyon et Marseille) risquent d’être ingouvernables sans majorité absolue (à l’image de notre actuelle assemblée nationale dans laquelle même les coalitions sont insuffisantes pour que ça fonctionne). Mais ce n’est pas l’objet de mon article.

Ensuite – et c’est le vrai sujet de mon article – il se passe de drôles de choses dans les toutes petites communes (qui, rappelons-le, sont de loin les plus nombreuses).

La loi oblige dorénavant de constituer des listes entières (exemple : liste de 11 personnes dans le cas de ma commune de 450 habitants) avec obligation de parité, ce qui a conduit les têtes de listes à « faire de la retape » dans les foyers pour obtenir à tout prix cette parité qui n’allait pas de soi. On se retrouve donc avec des candidats qui ont accepté, souvent in extremis, de figurer sur une liste sans même rien connaître de leur village (exemple : un futur élu du village d’à côté est venu distribuer son prospectus électoral dans ma boîte aux lettres, ne sachant même pas que les maisons de mon secteur ne sont pas sur le territoire de sa commune).

Jusqu’à présent, dans les villages de petite taille, toutes les personnes qui étaient candidates étaient en général sur la même liste. Alors on barrait certains noms en en laissant au maximum 11 (pour le cas de ma commune) et si une personne laissait plus de 11 noms, on ne prenait que les 11 premiers de la liste. Bien souvent, on ne se privait pas d’en barrer plus et c’était un réel plaisir de le faire (beaucoup de personnes m’ont confirmé cela les jours derniers). Aujourd’hui, on n’a qu’une seule liste (et c’est le cas de la plupart des villages). On vote donc de fait pour toutes les personnes de la liste, sans avoir la possibilité de barrer une seul nom (par exemple j’aimerais barrer le nom d’un candidat qui est raciste, de notoriété publique, et que je n’aimerais surtout pas voir élu). Enfin si, plus exactement, on a le droit de barrer des noms mais dans ce cas-là le bulletin est entaché de nullité.

De toute façon, il sera difficile de barrer un nom, la Préfecture a donner comme consigne de ne pas mettre de stylo dans l’isoloir (Joëlle, qui est actuellement première adjointe, me l’a appris tout à l’heure) et, dans mon village, la seule équipe qui se présente a fait le choix de ne pas distribuer ses bulletins de vote dans les boîtes aux lettres. La seule solution, pour faire un semblant de résistance (je dis bien « un semblant »), serait donc d’entrer dans l’isoloir avec un stylo dans sa poche, sachant que de toute façon c’est juste pour se faire plaisir car au final ça ne sert absolument à rien.

Aussi, je ne m’étonne pas qu’à la réunion publique qui a eu lieu vendredi dernier dans mon village, il n’y ait eu quasiment personne dans l’assistance (alors que d’habitude il y a beaucoup plus d’intérêt que ça pour les municipales). Et je me doute bien que le taux de participation ce dimanche sera en baisse dans mon village et qu’il y aura quand même des bulletins nuls, malgré les mesures prises (absence de stylo et non diffusion des bulletins de vote dans les boîtes aux lettres) pour dissuader les électeurs de barrer des noms.

Et si vous ajoutez à tout cela que les maires des petits villages n’ont quasiment plus de compétences et que celles-ci ont presque toutes été transférées à leur communauté de communes, cette élection en perd encore du sens (je parle bien des petites communes, ailleurs c’est complétement différent).

Pour résumer mon article : Dans mon village, dont la situation ressemble à celle de bien d’autres villages, tous les membres de la liste candidate unique sont certains d’être élus et nous n’avons que l’illusion d’un choix de vote. Que l’on aille voter ou non, que l’on barre un (ou plusieurs) nom(s) ou pas, cela n’a absolument aucune incidence sur le résultat.

Alors, à quoi rime cette mascarade ?

Jeunes Fous de Bassan

Lorsqu’on veut observer la seule colonie de Fous de Bassan de France, cela ne peut se faire qu’en réservant sa place sur l’un des bateaux de la compagnie Armor Navigation.


L’île est blanche d’oiseaux et cela se remarque depuis très loin (depuis même la terre ferme à Perros-Guirec lorsque le temps est clair).


Autour de l’île ça grouille de partout (actuellement 17 000 couples environ) …


… et les Fous qui sont posés sur l’eau s’envolent à notre approche.


Lors de mon séjour à Perros-Guirec en août dernier, je suis allé deux fois observer la colonie de Fous (car la première fois, la lumière n’était pas terrible). Mon objectif (si j’ose dire ainsi) était de faire quelques images de jeunes car si j’en vois quelques-uns chaque année (souvent au large, en vol) les conditions ne sont pas toujours très bonnes (et un bateau ça tangue !). Mais cette fois, j’ai été servi car il y avait quelques oiseaux immatures posés sur les rochers au milieu des adultes.


Ici, un jeune de troisième année reconnaissable au dessus des ailes en damier noir et blanc (le plumage adulte ne s’obtient que la 4ème année).


Différence entre ce jeune et un adulte :


J’ai pu assister à l’envol puis au vol en mer de plusieurs jeunes.


En regardant attentivement sur les rochers, je me suis aperçu qu’il y avait un jeune bien plus sombre : il s’agit d’un jeune de deuxième année.


Et enfin, en regardant sur l’île dans la colonie, des juvéniles encore au nid, sur le point de s’envoler. On les reconnaît à leur plumage très sombre.


Allez, la prochaine fois, petite interrogation : reconnaître les plumages de 1ère, 2ème, 3ème et 4ème année !!!

Le tichodrome

Le Tichodrome échelette est un oiseau magique pour moi, inaccessible à mes rêves de photographe, car il vit dans les falaises abruptes d’altitude, même si quelques-uns d’entre eux descendent en hiver au pied des montagnes, fréquentant même des vieux édifices (églises, remparts …).

Joëlle et moi l’avions magnifiquement observé en juin 1977, du haut de la falaise du Mont d’Or (on était en voyage de noces, on n’avait pas de fric et on était juste allé camper sous tente dans le Haut-Doubs, à guère plus d’une heure de chez nous). Les années suivantes, jusqu’au début des années 80, je l’ai quelquefois observé de loin, mais jamais aussi bien que la première fois. Depuis, je ne l’ai jamais revu (mais je ne l’ai pas vraiment cherché, je suis plutôt « un gars de la plaine » qui ne va pas beaucoup en montagne). 45 ans au moins donc sans l’avoir revu !

Et puis le hasard fait bien les choses, un ami m’a fait savoir que le tichodrome venait tous les jours sur la falaise qui est derrière son restaurant …

… et qu’il allait aussi sur les murs de l’église du village (qui est juste au-dessus de la falaise) …


… et tout ceci dans un cadre magnifique car le Doubs coule devant la falaise.

Alors, avec des amis, on y a passé la journée de mercredi dernier. Et, après une matinée passée à observer les hirondelles de rocher (déjà revenues de migration) et les cincles le long du Doubs, il y a eu quelques observations du tichodrome dès le matin sur les murs de l’église mais jamais assez près (il faut préciser que le tichodrome a la taille de la sittelle et qu’il faut malgré tout être près de lui pour espérer faire des observations correctes).

Par contre, l’après-midi fut faste et l’oiseau est resté une bonne demi-heure devant nous. On en a pris plein les yeux !


Le soir on a bien fêté l’événement car « un tichodrome ça vaut bien un ti’coup d’rhum » !