Dur dur la culture du potiron !

C’est quoi le plus dur dans la culture des potirons ?


Choisir les variétés dans la multitude qui nous est proposée ?
Réussir ses semis ?
Amener du fumier pour enrichir suffisamment son terrain ?
Travailler la terre ?
Lutter contre l’oïdium qui s’en prend au feuillage des cucurbitacées ?
Se casser le dos à récolter les fruits ?
Avoir suffisamment de place à la maison pour les entreposer ?
Trouver des recettes pour les cuisiner ?

Mais non, vous n’y pensez pas, le plus dur c’est de coller les cosses de cacahuètes sur le potiron « galeux d’Eysines » pour qu’il ait de la gueule !

Graines, Tour de France et Shadoks

En vieillissant, le jardinier essaie souvent de donner un peu de cohérence à son activité. Chez les « vieux amis jardiniers » de mon âge que je connais, je remarque qu’il y a deux choses qui prennent de l’importance au fil des années : d’une part ce magnifique objectif de se nourrir toute l’année des fruits et légumes de son jardin (c’est à dire boucler la boucle : DU PRINTEMPS AU PRINTEMPS !) et d’autre part de produire, pour totalité ou partie de ses légumes, ses propres graines (c’est à dire boucler une autre boucle : DE LA GRAINE À LA GRAINE !). Ces deux choses sont sans doute, pour un certain nombre de jardiniers, l’aboutissement de toute une vie au contact de la terre. En tous les cas, ça l’est pour moi.

Je ne parlerai dans cet article que de la production de semences.

Mais comment sélectionner les plantes qui donneront des graines ?

Il existe plusieurs types de sélection, toutes à la portée du jardinier amateur.

La première méthode consiste à conserver « en l’état » une variété que l’on possède. C’est à dire qu’on prend tout un ensemble de plantes sans faire de choix. Exemple : pour faire ses graines de haricot de l’année suivante, on laisse trois ou quatre poquets de plantes qu’on ne consomme pas et dont on prélèvera les graines à maturité. On prend alors tous les grains de ces haricots-là, sans faire aucun tri particulier. Ce mode opératoire  s’appelle la « sélection de conservation » (je n’aime pas trop ce terme car c’est de la sélection sans vraiment en être).

Une deuxième méthode est à peine plus sélective : on élimine dans les plantes qu’on a gardées celles qui nous semblent un peu trop rachitiques (ce qui revient peut-être à éliminer 10 ou 20% des plantes portes-graines). Exemple : dans un lot de 10 laitues réservées pour la production de graines, deux d’entre elles poussent moins bien que les autres, on les élimine.

La troisième méthode est la plus sélective, la plus draconienne. elle vise surtout à améliorer la variété sur un point particulier. On élimine la plupart des plantes et on ne garde que les meilleures des meilleures (peut-être seulement 10% des plantes). Exemple : on cherche à avoir une laitue qui résiste à la sécheresse et à la canicule, on ne va garder qu’un petit pourcentage des plantes parmi celles qui seront les plus belles et les plus tardives à monter en graines.

Evidemment, en présentant les choses ainsi, beaucoup d’entre nous vont préférer une des deux dernières méthodes qui semblent de prime abord plus performantes.
Mais …
Car il y a toujours un « mais » … (je ne sais plus qui a dit : « Quand il y a un « mais » c’est là que commencent les emmerd’s! »)

Ce « mais », on le trouve formulé dans plusieurs livres qui parlent des graines, et notamment dans le livre de Christian Boué (« Produire ses graines bio » aux éditions Terre Vivante). Christian Boué fait une comparaison très imagée avec le Tour de France. Si on ne sélectionnait que les meilleurs coureurs, ceux des échappées (et donc du classement général) on aurait forcément les meilleurs éléments, sauf que c’est dans le peloton que se trouvent les meilleurs coureurs de plaine, les meilleurs au sprint, les meilleurs contre la montre… Ne pas les sélectionner reviendrait à se priver de coureurs de très bonne qualité. Il en est ainsi des plantes : maintenir tout le potentiel génétique de notre population de haricots revient à garder le maximum de diversité (et non le minimum). D’autant plus que l’ensemble de ce potentiel génétique peut servir à faire face aux modifications – notamment climatiques – en cours.

Par ailleurs, il semblerait qu’on ne puisse pas améliorer les caractéristiques des plantes sans en faire régresser d’autres. C’est ainsi qu’on ne peut pas trouver de grosses variétés de pommes de terre qui aient le goût des petites (si ça existait, ça se saurait hein !). Améliorer un critère suppose donc qu’on prenne le risque de faire régresser la plante sur un autre point. Les points d’amélioration potentiels sont nombreux. Ainsi, sur la carotte, on a recensé 15 points possibles sur lesquels peut porter la sélection (la taille, la forme, l’absence de racines secondaires, le goût, la résistance à tel parasite, la résistance à telle maladie, l’absence de couleur vert au collet …). Mais voilà, la nature est ainsi faite (et sans doute est-ce bien comme cela !) on ne peut pas vraiment agir sur plein de critères à la fois : certains d’entre eux passent irrémédiablement à la trappe. Et Christian Boué de comparer les plantes avec les Shadoks. Je dois dire que ça m’a beaucoup fait rire, moi qui suis fan de cette série des années 60 (merci à Stéphane ne nous avoir offert l’intégrale). Vous vous rappelez ? Les Shadoks ont un cerveau constitué de quatre cases qui ne peuvent contenir que quatre éléments. Introduisez un élément supplémentaire, c’est un autre élément qui fout le camp. Idem pour les nombreux critères de sélection possibles de nos carottes, laitues, poireaux, tomates … Travaillez sur le caractère « résistance au transport » de la tomate, et c’est le goût (ou une autre caractéristique) qui va en pâtir.

(dessin de Caroline Koehly, qui a réalisé toutes les belles illustrations du livre de Christian Boué)

A l’heure où la sélection de graines devient pour certains d’entre nous une véritable passion (vous le saurez prochainement dans un prochain article), il me semblait important, avant de faire quelques articles sur le sujet, de présenter les différents modes de sélection possibles et surtout de mettre en garde les amateurs que nous sommes contre une sélection trop poussée de nos plantes. NE REPRODUISONS PAS LES EXCÈS DES PROFESSIONNELS dans ce domaine. Gardons donc toujours dans un coin de notre tête les deux comparaisons avec le Tour de France et nos amis les Shadoks.

Au moment de terminer cet article, je vois que les plus jeunes d’entre vous s’agitent sur leur banc dans le fond de la classe. Je dois même dire que j’entends de loin et depuis quelques minutes cette petite phrase : « C’est quoi les Shadoks ? »

Ah bon, vous ne savez pas ?

Palisser ses légumes, c’est béton !

Certains légumes peuvent pousser aussi bien étalés sur le sol qu’en hauteur le long d’une armature.

Le fait de les faire pousser au sol présente deux avantages : facilité de la méthode et maintien de l’humidité du terrain car le feuillage des plantes protège le sol du soleil et limite l’évaporation.

Faire pousser ses plantes en hauteur le long d’un grillage présente aussi quelques avantages : mode de culture qui économise la place du jardin, facilité de cueillette « à hauteur d’homme », feuillage à l’abri de l’humidité du sol et donc moins sensible aux maladies cryptogamiques (mildiou et oïdium notamment), structuration du paysage (amélioration de l’esthétique du jardin).

Mais, dans ce cas, sur quels supports planter ?

Après avoir testé quelques méthodes, dont du grillage à mouton de récupération, j’en suis arrivé à la conclusion que le grillage soudé que l’on achète pour renforcer le béton est l’une des meilleures solutions car ce matériau est très pratique, durable et bon marché.

Cette année, j’ai élargi cette

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Jardinage et changements climatiques

Ce blog est lui aussi victime de la torpeur estivale, il se met en pause (comme chaque été d’ailleurs) et le prochain article paraîtra le lundi 9 septembre.

En attendant de vous retrouver à l’automne (même si d’ici là les discussions continuent) je vous propose un dernier article sur un thème qui est extrêmement important pour moi : « COMMENT ADAPTER SES PRATIQUES DE JARDINAGE A LA VIOLENCE DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES ACTUELS ». Et cet été caniculaire nous plonge en plein, nous autres jardiniers, dans cette problématique.

Ce que je vais dire dans cet article concerne avant tout l’Est de la France mais chacun pourra adapter mes propos à sa propre région.

Un petit point d’abord sur

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Les estivales du jardin à dupdup

« Les estivales du jardin à dupdup », c’est l’un des moments que j’attends le plus dans l’année, elles me permettent de rencontrer de bien belles personnes. Car, après avoir bourlingué toute ma vie dans le monde associatif, notamment environnemental (toute ma vie professionnelle !), je me rends compte que c’est parmi les groupes de jardiniers que je me sens le mieux. Et de loin ! Les jardiniers, c’est pas des gens compliqués, ils n’ont pas « de porte de derrière » comme on dit ici, les relations avec eux sont simples et en plus ils ont un goût prononcé pour la convivialité (je ne connais d’ailleurs aucun jardinier buveur d’eau ! Si vous en connaissez un, dites-le moi, j’éviterai d’aller me promener de ce côté-là !).

Contrairement aux années précédentes (on en est déjà à la quatrième édition), il n’y aura pas de thème spécifique à chaque séance. Je me contenterai d’adapter à chaque fois le contenu de l’animation en fonction de ce qu’il y aura dans le jardin à ce moment-là et surtout en fonction des questions/demandes des uns et des autres. A chacune des séances j’essaierai de parler de cette question désormais primordiale : « Comment adapter ses pratiques de jardinage aux changements climatiques en cours ». Je ferai d’ailleurs un article sur ce sujet dans le courant de l’année.

Les séances sont une succession de trois moments :
– une animation avec visite des trois jardins
– un apéro
– un repas partagé sur la terrasse pour celles et ceux qui auraient envie de prolonger les échanges (ou simplement de passer du bon temps entre jardiniers).

Les animations ont toujours lieu le samedi matin à 9H30. Six dates sont proposées.

Joëlle et moi aurons évidemment un immense plaisir à accueillir les habitués de ce blog.

Produire ses propres graines ?

Produire ses propres graines est un bel enjeu pour le jardinier.


La démarche qui consiste à vouloir boucler le cycle complet de la plante (« de la graine à la graine ») est cohérente, elle est l’un des aboutissements de la vie de jardinier. Dans la réalisation d’une vie complète de jardinier, c’est aussi important à mon avis que de vivre toute l’année des produits de son jardin.
Et puis, une graine c’est tellement magique !
La graine est un maillon indispensable à la grande chaîne de la vie. Mais il n’y a pas que le fait de participer à ce grand cycle qui justifie qu’on produise ses propres graines.
D’où l’idée de cet article dans lequel j’aimerais récapituler les autres raisons de sélectionner soi-même ses propres semences (dans plusieurs chapitres, je prendrai l’exemple de la tomate mais beaucoup d’autres types de légumes se prêteraient également à ma démonstration) :

1 – Le coût des graines.
Quand on produit ses propres graines, celles-ci ne coûtent rien. Absolument rien, si ce n’est un peu de temps passé. Et zéro travail, car le jardinage ce n’est pas vraiment du travail, ceux qui jardinent le font avant tout par plaisir. D’un point de vue financier, 10 000 graines de tomates ne valent donc rien et en plus elles se récoltent en très peu de temps. Zéro centime, on est donc loin du coût prohibitif actuel. On en arrive aujourd’hui à trouver parfois des sachets de graines de tomates à plus d’un euro la graine – si si vous avez bien lu – c’est le cas par exemple de la variété Philovita qui est vendue 10,70 € les 10 graines et qui en plus n’a rien d’exceptionnel d’un point de vue gustatif. Le prix des graines est devenu tellement élevé que la plupart de mes amis, lorsqu’ils achètent des graines, le font soit à l’étranger, soit sur internet, soit même dans des magasins low cost de type Lidl.

2 – La qualité des graines.
Prenez 50 graines de vos tomates, vieilles de trois ou quatre ans, et faites les germer. Si vous les avez bien conservées, il en germera 49, peut-être même 50. Faites la même expérience avec des graines du commerce, vous verrez qu’on est loin de ce résultat. Les groupes semenciers vivent de leur réputation (acquise au 19ème siècle), mais la profession s’est bien dégradée, la sélection de graines qui était un vrai métier est devenue quelque chose de très aléatoire. Exemple : dans un sachet de graines de concombres, il y a plein de graines vides, il n’y a parfois que l’enveloppe, signe qu’il n’y a eu aucun tri de la part des semenciers. Et ce constat qui n’était valable que pour les marques bas de gamme, l’est aussi pour les grands noms de la distribution de graines. Je vois que cette baisse de qualité augmente année après année. Les vrais professionnels de la sélection de graines, ce sont aujourd’hui les amateurs. Il faut le dire et le répéter. Les vrais professionnels, aujourd’hui c’est donc vous !!! Pourquoi ? : Pour la simple et bonne raison que si vous gardez  100 graines de haricots pour votre semence de l’an prochain, vous les sélectionnerez avec soin et ne garderez que les plus belles graines, les plus régulières, chose que ne font plus les professionnels (on voit bien, vu l’hétérogénéité de l’aspect des graines achetées, lorsqu’on ouvre un sachet, que l’on a affaire maintenant à du « tout-venant »).

3 – La possibilité de prendre des risques.
Les aléas climatiques obligent maintenant à prendre des risques. De plus, expérimenter, oser, … a toujours été l’une des pratiques habituelles du jardinier. Mais qui osera risquer en pleine terre dès le mois d’avril 10 plants de tomate achetés en jardinerie à 2 € pièce ? Ou semer des janvier des graines de tomates que l’on a achetées très cher ? Quand on a par contre des centaines de plantules de tomates issues de ses propres graines, et des tonnes de graines en réserve, on s’en fiche de risquer graines ou plants car il y en a plein d’autres qui attendent en cas de problème.

4 – La possibilité de diffuser.
Comme il est très facile de récolter des milliers de graines, on peut en donner partout autour de soi. La graine est synonyme de partage. Elle a toujours été synonyme de partage d’ailleurs. Et si on connaît beaucoup de jardiniers, on peut vite arriver à diffuser chaque année plusieurs dizaines de sachets de graines. Et comme les jardiniers sont plutôt généreux par nature (enfin, tous ceux que je connais), vous recevrez souvent en échange d’autres variétés que vous n’avez pas.

5 – Anticiper la baisse des variétés disponibles.
Vous l’avez peut-être remarqué, le nombre de variétés hybrides proposées dans les catalogues (ou sous forme de plants en jardinerie) augmente chaque année de manière insidieuse. Or ces  variétés hybrides ne sont pas reproductibles. Le risque est donc grand de se retrouver un jour à la merci complète des semenciers. C’est pourquoi il est urgent de récupérer les variétés non hybrides et de les reproduire soi-même avant qu’il ne soit trop tard. Et si dans 20 ans, vous trouvez quand même dans les catalogues des graines de tomate marmande, il y aura beaucoup de chances pour que cette marmande ne soit plus la vraie. Alors, faites vite car j’ai l’impression que tout s’accélère.

6 – Acclimater ses graines, c’est s’adapter aux changements climatiques
Je termine par ce dernier argument car il me semble essentiel. Je m’explique. On a tous des conditions de jardinage différentes qui varient d’une région à l’autre mais aussi d’un jardin à l’autre. Les phénomènes sont aujourd’hui amplifiés : augmentation des vents, pointes de chaleur, de froid, déphasage des saisons … Or, les graines qu’on nous vend sont produites dans des conditions optimales, sans excès dans un sens ou dans un autre. Les plantes qui ont produit ces graines n’ont jamais eu soif, elles n’ont jamais eu faim, elles n’ont jamais eu trop chaud, elles n’ont jamais eu trop froid, et comme elles sont cultivées la plupart du temps en serre, elles n’ont même jamais été sous la pluie ou dans les brouillards. Bref, ces plantes n’ont jamais connu la vraie vie. A nous de leur apprendre ! Bien entendu, il faut se procurer des graines au départ. Alors, si on n’a pas la possibilité d’échanger avec d’autres, achetons tout de même des graines qui viennent de plantes chouchoutées par les semenciers. Mais soyez sûrs qu’ensuite, année après année, en les semant dans les conditions qui sont celles de votre jardin et de votre climat, vous les adapterez à votre terre, plus facilement même que vous ne l’imaginez, l’acclimatation se fait déjà au bout de quelques années. Et si le climat évolue comme il est en train de le faire, certaines de vos plantes s’adapteront aussi (dans une certaine mesure) au manque d’eau, aux excès d’humidité … Les changements climatiques et les excès engendrés par ces modifications rapides font que certains jardiniers confirmés se posent même la question d’arrêter ou non la pratique du jardinage. Il est certain que dans 10 ans, ceux qui seront encore jardiniers seront ceux qui auront eu l’envie et la volonté de s’adapter et qui auront mis en place les méthodes de jardinage adéquates, la production de ses propres semences étant dans ce cas un passage (presque) obligé.

Mais la vraie raison de faire ses graines (s’il en fallait une) est résumée par cette phrase de Christian Boué (« Produire ses graines bio », éditions Terre Vivante) : « Faites-le tout simplement par amour de la vie comme, justement, une plante le fait pour ses graines ».

Laitues d’hiver

Les « laitues d’hiver » sont bizarrement dénommées car on ne les sème pas en hiver et on ne les récolte pas non plus en hiver. Simplement, elles passent l’hiver sans encombres, sans doute est-ce là l’explication du nom.

Autrefois, tous les jardiniers avaient ce type de laitues dans leur jardin. Ils les semaient au début septembre, les repiquaient fin octobre puis ils attendaient. Ils attendaient longuement car pendant plusieurs mois rien ne se passait. Les laitues restaient alors minuscules, elles ne se développaient pas mais elles ne crevaient jamais malgré le froid et l’absence de protection (même en Franche-Comté lorsque les températures descendaient à -15°C, voire encore plus bas). Et puis, en mars, miracle ! Les laitues se mettaient alors à pousser et on en récoltait alors pendant tout le début de printemps.

Ce qui est étonnant, c’est que la plupart des jardiniers que je connais ont oublié ces laitues d’hiver.

J’avais dit, je crois, dans un très vieil article (qui date de plus de 10 ans) que je testais un certain nombre de variétés d’hiver (qui ne sont pas très nombreuses, sans doute moins d’une quinzaine de variétés trouvables dans le commerce). Avec le temps, j’ai un peu épuré les choses, et je n’ai gardé que trois variétés que je vous présente aujourd’hui (toutes les photos de cet article ont été faites ce matin même).


Ces trois variétés ont toutes un

Lire plusLaitues d’hiver

Pratiques de jardinage à modifier ?

Réponse à la devinette précédente : il s’agissait du concombre du Sikkim que m’a donné mon ami Jacques (fruit issu de son jardin, cette variété est originaire du Nord de l’Inde, dans la province du Sikkim, et elle est très cultivée dans la partie orientale de l’Himalaya). Bravo à Christofor pour avoir donné une piste dès la parution de mon article puis à Eric qui a identifié qu’il s’agissait du concombre Empereur Alexandre (c’est souvent sous ce nom synonyme qu’est commercialisé en France ce magnifique légume).

Cette petite devinette n’était qu’une manière d’introduire un autre article sur le jardin. Cet article, le voici.

2018 restera sans dans les annales, comme étant sans doute l’année à partir de laquelle les étés caniculaires sont devenus la règle. Car si l’on prolonge la courbe, il y a vraiment de quoi s’inquiéter.

Il viendra malheureusement un temps, très proche à mon avis, où nous verrons les forêts franc-comtoises brûler à cause de la sécheresse (chose jamais vue ici) et où, lorsque quelqu’un tombera gravement malade, on se dira « pourvu qu’il passe l’été » alors qu’il y a peu on disait encore « pourvu qu’il passe l’hiver ». Car l’été est en train de devenir la saison la plus difficile, aussi bien pour les Hommes que pour les plantes.

Côté jardin, l’été était encore il y a peu de temps « la » saison du jardin.  Ce temps là est révolu. On commence à avoir un petit aperçu des modifications en cours. Ainsi  cette année, dès le début juillet, le soleil a grillé le feuillage des pommes de terres …

… alors que ma première expérience de culture de plante tropicale (le gombo) m’a donné toute satisfaction, contre toute attente.

Pour le jardinier,  s’il y a beaucoup d’inconvénients liés à la situation, il y aussi peut-être quelques avantages à rechercher du côté des hivers doux, des printemps sans gel, … Car il n’y a plus de doutes : on ne jardinera plus jamais comme avant et il va falloir expérimenter et modifier nos pratiques.

Et si l’on listait sur ce blog toutes les modifications qu’il pourrait y avoir dans nos futures pratiques de jardiniers ?

Groseilles, cassis & Co

Ce blog prend des vacances estivales. Le prochain article paraîtra le lundi 10 septembre. D’ici là les discussions peuvent évidemment continuer.

Aujourd’hui je vous parlerai de petits fruits. Car Joëlle et moi-même sommes dans les préparations de coulis jusqu’au cou !!!!!!!!!! Saison oblige …

Et comme le but de cet article n’est pas seulement de faire connaître des variétés intéressantes (que j’ai choisies avec soin avant plantation) mais aussi de les diffuser auprès des jardiniers de ce blog (sous forme de boutures que je peux envoyer par la Poste en novembre), je présenterai ces petits fruits sous forme de tableaux comparatifs suivis des photos des différentes variétés.

LES GROSEILLES
Le tableau d’abord (sur lequel on peut cliquer pour avoir des caractères plus gros) …
… suivi des images des différentes variétés (exactement dans le même ordre que le tableau) :

Cerise blanche

Fertile de

Lire plusGroseilles, cassis & Co

Les Estivales du jardin à Dupdup

Il y a deux ans, j’avais inauguré timidement des animations dans ce que j’avais appelé « le jardin à Dupdup ». Deux animations seulement cette année-là (« la tomate dans tous ses états » et « avoir des poules » réalisées en partenariat avec la Maison de la Nature de Brussey).

L’an passé je pensais continuer avec une vitesse de croisière (faut pas brusquer les retraités hein ?). Mais finalement, mon animation sur le thème de « la diversité des solanacées au jardin » avait eu tellement de succès qu’il a fallu programmer des séances supplémentaires (cinq au total … et j’ai dû refuser du monde).

Alors, pour cette année, estimant qu’il y a vraiment une forte demande pour ce genre d’activités, j’ai proposé six séances d’animations.

Mais là encore, c’est insuffisant. Je n’ai mis aucune affiche localement, j’ai juste envoyé quelques dizaines de mails à mon petit réseau de personnes s’intéressant au jardin et en quelques jours j’ai eu … 80 inscriptions ! (il faut dire que 2018 est une année exceptionnelle pour le jardin, les plantes ont tout ce qu’il leur faut (enfin, pour celles qui ont échappé à la grêle) : de la pluie et du soleil, la Franche-Comté bénéficie d’une atmosphère presque tropicale). Ce soir je viens de refuser du monde pour les séances du 7 et du 28 juillet qui affichent déjà complet.

Tout ça pour dire quoi ? Pour dire simplement que tout sera complet d’ici une semaine (je m’attends même à refuser dans le mois qui vient une centaine d’inscriptions) et que je tenais à donner l’info, au cas ou certains lecteurs de ce blog aient envie de s’inscrire.

A noter que ces animations se font sur un concept plutôt sympa : l’animation proprement dite (2H maximum), un apéro et un repas partagé. Et si ce sujet me tient particulièrement à coeur c’est parce que c’est l’occasion pour moi de faire de très très belles rencontres. Et l’an passé ce fut extraordinaire ! Le monde des jardiniers est un beau monde !

Consommer des salades toute l’année

Je ne connais quasiment personne qui arrive à consommer des salades toute l’année. Pourtant nos Anciens y arrivaient facilement et ce sont leurs méthodes que j’applique tout simplement et qui me permettent de consommer tous les jours, même en février/mars, des mélanges de plusieurs variétés (ainsi, pour la salade d’hier il y avait un mélange de chicorée rosa, de chicorée castelfranco, d’endive, de mâche et de moutarde asiatique).

Il faut dire que le sujet devient sensible pour les jardiniers car à la petite difficulté de faire la jonction entre les salades d’automne et les salades de printemps s’ajoute maintenant un problème de taille : trouver des variétés de laitues qui supportent nos excès de chaleur d’été et qui ne montent pas prématurément en graines. Car pour les salades, les changements climatiques sont bel et bien là !

Je travaille donc ce thème-là cette année et je serai amené à faire en fin d’été des animations sur le sujet dans mon jardin dès que j’aurai testé les variétés les plus résistantes à la chaleur (j’ai d’ailleurs comme projet de donner à tous les participants des graines des 5 variétés les plus résistantes, à charge ensuite pour eux de faire à leur tour leurs propres semences … et évidemment d’en distribuer autour d’eux).

A noter que le terme « salade » est un terme lié à l’usage culinaire et non à une famille botanique. D’un point de vue de la classification des plantes, il n’y a rien de commun entre les deux principaux types de salades, les laitues et les chicorées. Aucun point commun non plus avec les autres types de salades tels que mâche, cressons, pourpiers, roquettes …

En prévision des animations de l’été, j’ai commencé par concevoir ces jours-ci un petit calendrier permettant au jardinier amateur de faire ses semis aux bons moments dans le but de consommer de la salade tous les jours de l’année. Voici ce tableau qui est très simple (en jaune les périodes de semis, en vert les périodes de récolte) :

(on peut cliquer sur le tableau pour l’agrandir un peu)

Pour que ce tableau soit le plus simple possible, j’ai délibérément éliminé d’autres types de salades un peu plus anecdotiques (car moins productives) : pourpier, cresson, salades asiatiques … ou jouant surtout le rôle de complément aromatique (roquette, moutarde asiatique, …). Ces salades complémentaires sont à cultiver (presque) en toutes saisons.

Le tableau peut se suffire à lui-même, mais quelques précisions peuvent être très utiles :

(1) Laitues de saison (c’est à dire laitues de printemps, d’été et d’automne). Elle sont de 4 types principaux : laitues pommées (les plus consommées en France), laitues batavias, laitues romaines et laitues à couper. Dans l’idéal, il faut échelonner les semis, en semer un peu tous les 15 jours en pleine terre et les repiquer ensuite. 95% des variétés n’étant plus adaptées aux étés actuels il faut puiser dans les variétés modernes les plus résistantes à la chaleur (Kamikaze, Novelski, Canasta …), je ferai un article complet sur le sujet à l’automne prochain.

(2) Laitues d’hiver. On appelle laitues d’hiver les variétés spécialement adaptées au froid, que l’on sème en septembre, qui passent l’hiver en pleine terre sans aucune protection, et qui se mettent à pousser seulement en mars pour une récolte en avril/mai. Attention, seules quelques variétés portent le nom de laitues d’hiver, le choix est donc restreint et ne se fera que parmi quelques variétés (moins d’une dizaine disponibles chez les semenciers) : Merveille d’hiver, Val d’Orge, Brune d’Hiver, Passion, Baquieu …

(3) Chicorées scaroles. Le jardinier a un choix important car les variétés proposées chez les semenciers sont nombreuses pour les deux types de scaroles : scaroles blondes ou scaroles frisées. Certaines variétés modernes sont intéressantes car le coeur blanchit sans qu’on ait besoin de lier les feuilles. A ces deux types de scaroles classiques s’ajoutent les deux salades Cornets (Cornet d’Anjou et Cornet de Bordeaux), un peu plus résistantes au froid que les autres scaroles.

(4) Chicorées italiennes. Je nourris une véritable passion pour ce type de salades. Elles sont extraordinaires de par leur aspect et leurs qualités gustatives. Plusieurs dizaines de variétés sont maintenant disponibles (voir à ce titre le catalogue exemplaire de Baumaux). Aux variétés classiques typiquement italiennes (Trévise, Rouge de Vérone, Grumolo, Castelfranco, Palla rossa) s’ajoutent ce que l’on appelle les chicorées sauvages (de type Pain de sucre, Barbe de capucin et Pissenlit). Ce sont ces chicorées italiennes et sauvages qui vont assurer la jonction entre consommation d’automne et consommation de printemps, elles sont donc extrêmement précieuses.

(5) Endives. Les chicorées endives disponibles sur le marché sont de deux types : avec ou sans terre de couverture. Ces dernières sont plus modernes et plus faciles à cultiver car il est inutile de recouvrir la plante entière de terre, seule la racine doit être enterrée.

(6) Mâche (appelée couramment « doucette » en Franche-Comté). Le jardinier amateur a accès à une bonne dizaine de variétés. On dit que les variétés à petites feuilles sont plus résistantes au froid mais par expérience je peux vous dire que les variétés à grosses feuilles résistent facilement à des températures de -15°C (et elles sont tellement plus faciles à nettoyer !).

EN RÉSUMÉ, pour consommer des salades toute l’année, l’effort du jardinier doit porter essentiellement sur trois points :
– Rechercher absolument les rares variétés de laitues d’été qui résistent à la montée en graines (à chacun de trouver la variété idéale adaptée à son terrain).
– Semer des laitues d’hiver en septembre
– Cultiver mâche, endives et chicorées (notamment italiennes) pour faire le joint entre consommation d’automne et consommation de printemps.

Pour le reste, c’est très facile, pour peu tout de même qu’on échelonne les semis (car une salade, pour être belle et grosse, doit pousser vite !).

Les graines Solana

J’aime le mois de décembre pour plein de raisons.
D’abord parce qu’il succède à un mois difficile, je n’ai jamais beaucoup d’énergie en novembre. Mais dès que novembre est terminé, je sens que mon organisme, qui était au plus bas, repart avec force.
Ensuite parce que j’ai toujours aimé la période des fêtes, sans doute est-ce lié à l’enfance.
Mais aussi parce que je commence à recevoir les catalogues de graines, que je passe un temps fou à les consulter, et que cela me projette à fond dans l’année qui vient. J’imagine alors les récoltes futures en rêvant devant mes catalogues.

imgp5409Je pourrais vous parler une nouvelle fois du

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Inonder le monde de graines !

On n’imagine pas à quel point la nature est généreuse. Chaque plante produit la plupart du temps des milliers de graines. Les naturalistes le savent. Les jardiniers aussi.

Lorsque j’ai semé un sachet de graines de mâche le 15 août dernier, je savais que des centaines de petites plantules sortiraient de terre si je prenais le soin de maintenir la terre humide, le temps que la germination se fasse. Comme la germination s’est déroulée dans de bonnes conditions (chaleur et humidité), ce ne sont pas des centaines, mais des milliers de graines qui sont sorties de terre sur quatre parcelles différentes.

imgp8278Comme j’avais eu besoin de place pour semer la

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Bonne saison pour l’aubergine !

Tiens, si on reparlait de légumes !

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Dans les mois qui viennent, je vais continuer mes articles sur le jardinage, mais en y ajoutant chaque fois que possible une dimension culinaire (car on est en pleine période de récoltes et donc d’utilisation des fruits et légumes). Et puis, au fil des années, Dupdup se met à cuisiner de plus en plus.

L’article d’aujourd’hui est consacré à l’aubergine, un légume dont j’ai déjà raconté l’origine (voir ici l’article).

On dit un peu partout sur

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Quel mode de désherbage ?

Pour éliminer les herbes envahissantes, hors de question d’utiliser pour cela un désherbant chimique. Round Up et compagnie, non merci !

La meilleure manière de désherber sans polluer, c’est encore l’huile de coude ! Et c’est pour l’instant la seule méthode que j’emploie.

Mais il y a des cas compliqués : comment faire pour désherber des espaces difficiles à entretenir ? En ce qui me concerne, je pense par exemple à ma terrasse en graviers et mon petit parking.

imgp6730Lorsque j’arrache les plantes, il y a  souvent une petite motte de terre qui vient en même temps que l’herbe.

imgp6731A ce rythme, les graviers seront en grande partie enfouis au bout de quelques années par la terre que je remonte du sol. Ma terrasse pourrait vite devenir une terrasse en terre battue, très boueuse par mauvais temps, et elle serait de plus en plus favorable à l’installation de nouvelles plantes non désirables.

Alors je recherche d’autres solutions et je me penche sur la solution éventuelle du désherbeur thermique, appareil de plus en plus vendu dans les jardineries.

Oui, certes, mais j’entends autour de moi des avis très contrastés sur le sujet.

Et si jamais le désherbeur thermique est une bonne solution, faut-il mieux utiliser un appareil à gaz ou un appareil électrique ?

J’attends les avis de ceux qui ont déjà une expérience en la matière (sachant que d’autres personnes qui viennent sur ce blog peuvent être intéressées par les réponses car on est tous plus ou moins confrontés à ce problème).

Semer ses légumes

Il est souvent question sur ce blog de semis et de terreau, mais si on en parle souvent dans les commentaires je n’ai jamais fait vraiment d’article sur le sujet. Alors je me lance.

Chacun a sa propre méthode pour semer (je parle des semis d’intérieur et non des semis en pleine terre). Voici celle que j’ai affinée au fil des années et qui me convient bien car elle me permet d’avoir au printemps des plants de légumes en excellente santé au moment du repiquage en pleine terre.

Je vais prendre l’exemple des tomates. Cet exemple permettra de voir les grands principes généraux des semis et des repiquages successifs en godets et d’aborder certaines problématiques essentielles comme la qualité du terreau. Toutes les photos de cet article ont été faites cette année, beaucoup d’entre elles étant même de ce jour.

12Si la plupart de mes tomates sont semées en mars comme

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