Quand semer ses légumes ?

En vue d’une intervention prochaine (sur le thème des « graines et semis ») auprès des membres d’une association de jardinage, je viens de réaliser un tableau illustrant un exemple de planning possible (je dis bien « un exemple » car en matière de jardinage rien n’est jamais figé comme je l’ai souvent dit sur ce blog).

Je me suis dit que ce tableau, réalisé principalement en fonction de mon expérience de jardinier, pouvait intéresser certains d’entre vous. Il est valable sur le secteur de la moyenne vallée de l’Ognon proche de Besançon, mais il est facile de l’adapter à d’autres secteurs.

Quelques explications extrêmement simples sont tout de même nécessaires pour comprendre le tableau :

• la couleur orange indique la période de semis possible, la couleur orange foncé indique la période la plus favorable (de mon point de vue).
• Les semis sont à réaliser en pleine terre, sauf pour les périodes marquées G (en Godets, en situation chaude). Exemple pour la poirée : semis en godets en février/mars puis en pleine terre en avril/mai. Tous comme les jardiniers d’autrefois, j’ai plutôt privilégié les semis en pleine terre, c’est évidemment un parti-pris de ma part.
• Les périodes de repiquage de plants (achetés ou produits soi-même) ne sont pas abordées dans ce tableau, la culture sous serre non plus.

Bien évidemment, les personnes qui souhaiteraient s’adapter aux changements climatiques pourront expérimenter d’autres périodes de semis que celles indiquées dans ce tableau (et avec parfois de bien belles surprises, contre toute attente).

Bons semis pour celles et ceux qui vont bientôt s’y mettre (ou qui, comme certains fêlés de ma connaissance s’y sont déjà mis) !

Le radis Blue Moon

J’ai déjà parlé à quelques reprises sur ce blog des radis d’automne et d’hiver. C’est pour moi l’un des légumes les plus importants du jardin et bien plus intéressants que les petits radis roses de printemps habituels. Les petits radis roses de printemps n’ont qu’un intérêt très limité, car les radis, pour être bons et pas trop piquants, doivent pousser vite dans une terre chaude et humide. Et ces conditions ne sont pas remplies au printemps, ce qui fait que les rares personnes qui ont de bonnes récoltes au printemps sont celles qui ont une serre. A l’automne par contre, la terre est chaude. Elle n’est pas forcément très humide mais comme les radis d’arrière-saison sont des grosses variétés, plus volumineuses, leur racine-pivot est suffisamment longue pour aller en profondeur et s’affranchir des conditions d’humidité que l’on trouve en surface. Et, autre avantage, les radis d’automne et d’hiver me semblent plus doux d’un point de vue gustatif.


Et, en se débrouillant bien, on peut en avoir sur sa table de septembre à mars (voire avril si on se débrouille bien), c’est à dire à une période où les légumes frais ne sont pas légion.

Cette année, comme je l’ai déjà dit dans un article tout récent, 2021 aura été une bonne année pour tous les légumes à racines, à bulbes et à tubercules, pour peu qu’on ait bien travaillé la terre. Les radis que j’ai semés en août se sont développés très harmonieusement car la terre a toujours été très meuble (c’est mon principe de jardinage n°1) et ils ont poussé très vite. A noter toutefois que j’ai contré les attaques d’altise – ce foutu coléoptère qui attaque toutes les plantes de la famille des crucifères (dénommées aujourd’hui brassicacées, mais je préfère l’ancien mot) – par des pulvérisations d’un mélange estampillé « Dupdup » (décoction de tanaisie et de piments).

Hier, je suis allé cueillir un radis d’une variété nouvelle pour moi (Blue Moon). Je n’en suis pas revenu de la taille : 1,443 kg !


Ce midi on l’a goûté (de manière très classique : à la croque, avec du beurre et du sel). Super bon, super doux ! Pas du tout creux malgré la taille. On n’a mangé qu’un tiers du radis alors que nous étions trois …

A noter que cette variété asiatique vient du catalogue Baumaux qui, quoi qu’en disent certains (mais la polémique n’est plus d’actualité), reste le meilleur catalogue français en matière de biodiversité cultivée.

Une très belle année 2021 au jardin

L’année au jardin n’est jamais vraiment finie. Une saison de récolte se prolonge par une autre saison de récolte, même en hiver, et ainsi de suite.

Pour l’instant, si de nouvelles productions se profilent pour l’hiver (choux, poireaux, carottes, chicorées, …), on en est encore à la récolte des légumes qui craignent le froid et qui doivent être arrachés avant le gel ou les grands gels. Ainsi les patates douces récoltées le week-end dernier.

De l’avis presque unanime, les récoltes 2021 sont à marquer dans les annales (à quelques exceptions de légumes près, comme les tomates).

Comment expliquer la belle année 2021 année au jardin ?

J’y vois deux explications principales.

La première, c’est que pour la plupart des plantes potagères, l’optimum de fonctionnement (la photosynthèse) se situe entre 15 et 25°C. C’est exactement ce que nous avons eu cette année, vu qu’il n’y a pas eu d’excès de température (il faut savoir que la plupart des plantes s’arrêtent de fonctionner à 35°C, température vite atteinte en plein soleil les années précédentes).

Deuxième explication : la disponibilité de l’eau. Car, outre le facteur « température », le facteur limitant reste, bien entendu, l’eau. Or, de l’eau nous en avons eu bien plus que d’habitude (25% en plus chaque trimestre, par rapport aux moyennes habituelles) et cette abondance d’eau a favorisé la plupart des plantes. Les légumes n’en ont jamais manqué (sauf en avril, ce qui explique d’ailleurs que les semis précoces n’ont pas forcément été de grandes réussites).

Mais cette situation, idéale à bien des égards, n’est pas sans contreparties. Qui dit « pluie et humidité », dit aussi « maladies cryptogamiques ». Et, si pour la plupart des légumes l’année a été très bonne, voire exceptionnelle, les quelques légumes sensibles au mildiou ou à l’oïdium en ont fait les frais. Et les quelques rares légumes (ou plutôt fruits-légumes) à avoir besoin de chaleur n’ont pas bien, eux aussi, profité de l’année.

Donc, très bonne année en général pour au moins une vingtaine de sortes de légumes, mais bien moins bonne pour trois ou quatre autres. Donc bilan largement positif quand même.

Cette année, j’ai énormément discuté avec des jardiniers (il se passe rarement une journée sans que je discute « jardin » avec quelqu’un) et tout le monde (ou presque) a été enthousiasmé par cette saison … sauf pour les tomates !

Voici dans le détail, le bilan que je peux tirer de l’année. Ce bilan est le fruit de mes observations mais, chaque fois que j’ai pu, j’ai croisé mes informations avec celles qui m’ont été données par mes copains jardiniers.

Voici ce bilan, en utilisant l’ordre alphabétique qui, finalement, est le plus pratique.

  • ail : bonne récolte, dans la moyenne des autres années.
  • aromatiques : que du bonheur (les roquettes, basilics, moutardes … qui, les étés précédents, montaient en graine à la vitesse grand V, ont pris le temps de pousser harmonieusement).
  • aubergines : tout s’annonçait très décevant (manque de chaleur) mais étonnemment il y a eu une production d’automne plus que correcte (on a cueilli les dernières le 25 octobre).
  • betteraves rouges : exceptionnel ! Des tailles rarement atteintes !
  • carottes : dans la moyenne des autres années (à nuancer cependant : semis précoces avec rendements faibles, par contre semis tardifs avec très bons rendements).
  • chou : une année comme on n’en avait pas vu depuis plusieurs années, il était devenu impossible d’en récolter en plein été, alors que cette année … !!! Les jardins en regorgent encore.
  • concombres : exceptionnel ! Récolte jusqu’au 15 octobre.
  • côtes de bettes : très bonne année (comme pour tous les légumes-feuilles).
  • courgettes : production continue de juin à l’automne (j’en ai encore quelques-une à cueillir).
  • échalote : j’ai oublié d’en planter, je n’ai pas de retour de mes amis jardiniers.
  • fruits du verger : mauvaise année, mais après une année 2020 incroyablement excédentaire, on s’y attendait !
  • haricots : année exceptionnelle avec une production d’arrière-saison étonnante (avec un petit bémol cependant : ceux qui ont voulu tenter des semis précoces fin avril ont constaté l’échec de ces premiers semis, mais pour la suite de l’année, que du bonheur !!!).
  • melons et pastèques : quasiment néant.
  • oignon : exceptionnel, c’est même du jamais vu à ma connaissance !
  • patate douce : récolte très abondante, ce qui est assez étonnant pour des plantes réputées pour aimer la chaleur.
  • petits fruits rouges : très bonne année, mais énormément de fruits consommés par les oiseaux (merle et fauvette principalement, également rouge-queue et pic épeiche).
  • petits pois : rien à dire sur le sujet vu que j’ai oublié d’en semer, mais mes amis ont eu de super résultats au printemps, plus mitigés à l’automne.
  • physalis : moins de fruits mais plus gros et plus goûteux.
  • poireaux : jamais eu des poireaux aussi gros à l’automne, leur croissance s’est faite très vite.
  • poivron et piments : année de bonne production, mais difficulté pour certaines variétés à ariver au stade de pleine maturité.
  • pommes de terre : année exceptionnelle, sans doute la meilleure des 20 dernières années.
  • potirons et courges : tout le monde au eu de bons résultats cette année, mais pas moi (et je n’en comprends pas la raison).
  • salades : une situation redevenue normale : les laitues n’ont pas monté en graines aussi vite que les étés passés et la production a été régulière toute la saison, du printemps à l’automne. Production d’arrière-saison plus qu’exceptionnelle (on a rarement eu des conditions aussi bonnes).
  • tomates : pour ma part, nettement en retrait par rapport aux années précédentes  (3 mois de production au lieu de 5 mois) mais un ami est passé à la maison hier et m’a dit qu’il en avait encore quelques-unes à consommer (plantées à bonne exposition contre sa maison).

Bilan donc très positif mais curieusement, quelques personnes, qui ici avaient pris comme principe de ne pas travailler la terre, ont connu plein de déboires et n’ont pas eu ces résultats. Explication : la pluie a « dammé » le sol, celui a été tassé bien plus qu’à l’accoutumée et la terre (qui, chez beaucoup d’autres jardiniers, est travaillée après chaque pluie) a été bien moins aérée que d’habitude. Deux personnes, qui avait cru bon pailler leurs pommes de terres, ont même vu tous leurs tubercules pourir dès le printemps.

Mais bon, voilà, ce sont les aléas du jardin, chaque année est différente de la précédente et ça permet à chacun d’affiner ses méthodes.

Je persiste cependant à penser que le binage régulier de la terre compense les excès dans un sens ou dans un autre. En période de sécheresse, il permet d’améliorer la disponibilité en eau pour les plantes et favorise le développement des racines (d’où la fameuse expression « un binage vaut deux arrosages » qui est certainement l’expression la plus connue des jardiniers). A l’opposé, en période de fortes pluies, il permet d’aérer la terre asphyxiée par le surplus d’eau et favorise, là aussi, le développement du système racinaire. Avec le binage, on est donc gagnant dans tous les cas.

Une terre meuble, qui favorise donc la migration de l’eau dans le sol (par capillarité) et le développement des racines, voilà bien le principe le plus important du jardin.

Haricots d’arrière-saison

Les changements climatiques, pour terribles qu’ils soient, peuvent tout de même être mis à profit par la jardinier observateur. Ainsi, les années passées, on a pu prolonger de plusieurs semaines les récoltes de toutes sortes de légumes grâce à des automnes globalement beaux (d’autant plus que l’augmentation des vents au fil des années s’accompagne sur mon secteur de la vallée de l’Ognon d’une baisse importante des brouillards, ceux-ci étant vite dispersés par les mouvements de l’air). Mais ce qui semble être la tendance observée (par exemple des automnes de plus en plus beaux) n’est pas forcément quelque chose d’acquis. Exemple : alors que je m’étais habitué à récolter des haricots frais tout l’automne (parfois même jusqu’au début novembre), l’an passé avait failli à ce que je croyais être devenu la règle et plusieurs de mes plantations n’ont pas eu le temps de produire quoi que ce soit.

Cet été, après les premières récoltes de toutes sortes de légumes (pommes de terre, courgettes, concombres, tomates …) j’ai eu soudainement beaucoup de place au jardin. Alors j’ai semé des tonnes de haricots (jen ai semé jusqu’à la fin août) me disant que cette année je serais très vigilant. L’automne est arrivé apportant son lot de soleil mais avec des nuits tout de même plus fraîches que d’habitude (déjà trois matinées de gel).

J’avais semé tellement de haricots en août (environ 150 poquets de 9 haricots chacun) que j’ai décidé de les protéger à tout prix. Et je me suis dirigé vers un truc que je connaissais mais qui est peu utilisé ici : les voiles de croissance.

C’est très léger (17 g seulement par m2) mais c’est terriblement efficace. Et ce n’est pas cher du tout (autour de 4 € et des bananes la bande de 5 mètres de long … pour savoir le prix précis vous pouvez consulter sur internet le cours de la banane !).

Sans doute que la nuit on y gagne quelques degrés seulement (ce qui est suffisant pour protéger du gel) mais en journée, quand le soleil est là, la différence est bien plus grande, une petite atmosphère chaude règne en permanence sous le voile. Et ces voiles protègent des vents. Résultat des courses : alors que les haricots de mon frère (semés tardivement comme les miens) se sont bruquement arrêtés de produire en raison des nuits froides, les miens donnent à tire-l’haricot (ha ha !).

A noter toutefois que le fait d’enlever les voiles (pour cueillir les haricots) et de les remettre ensuite est assez chiant.


Tous les deux jours, je cueille de quoi faire trois ou quatre plats et certains semis de haricots ne vont commencer à produire que d’ici une semaine.

Ce matin, la nature était entièrement gelée au début du jour mais mes plantes protégées du voile ont continué à produire comme jamais, voir la photo (toutes les images de cet article ont été faites ce matin).

Cette technique du voile de croissance m’ouvre énormément de perspectives. Et vous, vous l’utilisez ?

Jardinage et ornithologie

Lorsqu’on a plusieurs passions, celles-ci s’enrichissent mutuellement, même lorsqu’elles n’ont rien en commun. C’est difficile à croire, mais c’est ainsi. Ainsi la pratique du jardinage et l’observation des oiseaux. La pratique du jardinage peut conduire à découvrir une nouvelle espèce et, en retour, la découverte d’une nouvelle espèce peut permettre d’enrichir sa pratique du jardinage. Je vois que vous avez du mal à me suivre, mais je vais vous donner un exemple tout récent.

Mercredi dernier, c’est parce que la terre était beaucoup trop humide pour la travailler que je suis allé en forêt observer le pic noir devant le trou où il nichait. Et quelle n’a pas été ma surprise de découvrir une espèce qui chantait au-dessus de l’arbre et qui a ensuite chercher à s’installer dans le trou du pic noir : le pigeon colombin, dont j’ignorais l’existence même dans mon village (en tant que nicheur, car il m’arrive tout de même de voir de temps en temps quelques migrateurs). C’est donc ma décision de renoncer ce jour-là au jardinage qui m’a conduit à découvrir cette espèce.


« Et, en retour ? » vous allez me dire ! Eh bien, c’est parce que j’ai découvert une nouvelle espèce de pigeon qu’il va me falloir maintenant trouver une nouvelle variété de petit pois à cultiver ! :biggrin:

« Les fêlés de la graine » (2)

Dans un précédent article, je vous ai parlé de la constitution d’un groupe local de jardiniers dont le but est de parvenir collectivement à l’autonomie du groupe au niveau des graines potagères.
Comme nous travaillons tous ensemble ce sujet très compliqué (car chaque légume pose un problème particulier), nous mettons en place des outils destinés à aider chacun d’entre nous.
A noter que j’avais également mis en ligne un autre article qui parlait des grands principes de la sélection des graines. Les personnes qui seraient de nouveaux lecteurs sur ce blog auraient intérêt à lire cet article « Graines, Tour de France et Shadoks » avant d’aller plus loin.

Lorsqu’on aborde la production de graines de tel ou tel légume, se posent trois questions essentielles auxquelles on est obligé de répondre :

– La plante est-elle annuelle ou bisannuelle ? La question est importante. Prenons l’exemple de la carotte qui a son cycle de développement sur deux années (et qui est donc bisannuelle). Comment procéder pour faire passer l’hiver aux carottes (plantes gélives) que l’on a sélectionnées pour la production de graines ?  Quelles plantes sélectionner (sachant qu’il ne faut surtout pas sélectionner les plantes inadaptées qui auraient tendance à fleurir dès la première année) ? Le jardinier s’attaque rarement à la production des plantes bisannuelles (les poireaux parfois) car il sait, d’instinct, que c’est beaucoup plus complexe que pour les autres plantes.

– La plante est-elle autogame (c’est à dire en autofécondation) ou allogame (c’est à dire à fécondation croisée) ? C’est là sans doute la plus grande difficulté du sélectionneur car seules les plantes autogames sont faciles à reproduire pour le jardinier. Non seulement toutes les variétés des plantes allogames s’hybrident entre elles (par exemple plusieurs variétés de radis ensemble) mais en plus elles s’hybrident avec leurs homologues sauvages (par exemple le radis avec la ravenelle, la carotte avec la carotte sauvage, la chicorée avec la chicorée sauvage …). Et par ailleurs, il faut savoir que plusieurs légumes, qui semblent d’apparence différente, peuvent appartenir à la même espèce botanique et donc forcément s’hybrider entre eux (exemple des bettes, des poirées à couper, des betteraves rouges et des betteraves fourragères qui ne constituent qu’une seule et même espèce). Vous l’avez compris : si vous vous lancez dans la production de graines, vous ne pourrez cultiver qu’une seule variété (de courge, de chicorée …) et à la condition expresse qu’il n’y ait pas d’autres jardins dans votre secteur. Cela donne l’ampleur du défi que notre groupe de « fêlés de la graine » s’est fixé.

– Enfin, il est important de connaître la durée de vie germinative des graines et d’établir un planning de récoltes des graines. Car nous sommes toujours placés devant plusieurs options. Exemple : les graines de courges musquées ont une durée de vie de cinq ans. Vais-je produire ces graines dans mon jardin tous les ans ou tous les cinq ans ? Dans le premier cas, j’adapte plus vite les graines au changement climatique mais j’augmente de cinq fois les risques d’hybridation fortuites avec d’autres variétés. A chacun d’avoir sa stratégie !

Quand on regarde la complexité du problème, on comprend pourquoi les jardiniers qui produisent leurs propres semences ne le font que pour certains types de légumes très faciles : tomates, poivrons, piments, aubergines, laitues … en général moins d’une dizaine de légumes alors que nos jardins en possèdent parfois une cinquantaine.

Nous avons établi un tableau synthétique qui donne pour chaque légume les trois caractéristiques dont je viens de parler : annuelle ou bisanuelle ? Autofécondation ou fécondation croisée ? Durée de germination des graines ? Avec, en plus, mais ça concerne peu notre problématique de sélectionneur de graines, une colonne indiquant les températures et les temps de germination propre à chaque légume.

La suite de ce tableau en ce qui concerne les plantes aromatiques que nous avons préféré mettre à part :

Et enfin, la liste des plantes que notre groupe reproduira sous d’autres formes que les graines.

A noter que ces tableaux ne sont pas d’une grande netteté, je crois que Photoshop est très performant pour les images mais pas pour le texte, il m’aurait fallu « illustrator » que je ne possède pas. Mais bon, ça reste lisible, et en plus je peux envoyer ces tableaux sous forme pdf et word à ceux qui les voudraient.

Vous avez remarqué dans ce tableau que la grande majorité des plantes est allogame et présente donc plein de risques de fécondation croisée. La grande majorité des légumes est donc difficile a reproduire pour les amateurs que nous sommes. Difficile mais pas impossible.

Il a fallu beaucoup de temps pour faire ce tableau, car on a dû regrouper des choses que l’on trouve très éparpillées dans des bouquins, sur des sites internets, … alors on espère surtout qu’il servira à d’autres (c’est d’ailleurs le but : trouver d’autres Fêlés !).

Notre groupe arrivera-t-il à terme à devenir autonome en ce qui concerne la soixantaine de légumes cités dans les tableaux ci-dessus ? Rien n’est moins sûr. Mais c’est un beau défi, non ?

« Les fêlés de la graine »

« Sur l’autoroute du blog, tous les deux mois une petite pause s’impose ! » Alors ce blog fait une petite trêve pour la période des fêtes et reprendra le 1er janvier.

Ce dernier article de la saison est très important pour moi. J’avais dit dans un précédent commentaire que j’annoncerais en fin d’année une initiative dans le domaine des graines. Nous y voilà !

Le 5 octobre dernier une petite bande de joyeux jardiniers s’est réunie autour de quelques verres de bières et d’un couscous pour poser la première pierre d’un mouvement qui pourrait essaimer un peu partout (enfin on l’espère !).

Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, un petit préambule s’impose.

Il y a deux objectifs primordiaux pour le jardinier : d’abord ne pas se contenter de produire des légumes juste en été mais essayer de vivre de ses légumes toute l’année (un principe devenu rare dans notre monde actuel mais qui a pourtant été une nécessité pendant plusieurs millénaires), c’est à dire boucler la boucle : DU PRINTEMPS AU PRINTEMPS. Ensuite, de donner de la cohérence à son activité de jardinier en participant, pour un certain nombre de légumes, au cycle complet de la plante, c’est à dire en bouclant une autre boucle : DE LA GRAINE  À LA GRAINE ! On a tous conscience que ces deux objectifs sont très difficiles à atteindre et qu’il s’agit-là d’un très long cheminement qui se déroule sur toute une vie de jardinier.

Les amis jardiniers impliqués dans ce projet ont décidé de se focaliser uniquement sur le deuxième aspect (la graine) en essayant de répondre à la question suivante : « Sachant qu’il est impossible pour un jardinier de produire lui-même les graines de tous ses légumes, la seule manière d’y arriver ne serait-elle pas de le faire collectivement ? » D’où l’idée d’un petit groupe qui se constituerait sur une base de fonctionnement très simple : par exemple, l’un des membres se charge de produire des semences de carottes pour tous les membres du groupe, un autre des graines de radis, un autre de haricots, etc …

A noter que le mot « graines » est utilisé en priorité car il s’agit-là du mode de reproduction le plus habituel des légumes. Mais le terme n’est pas exclusif car notre groupe se penchera bien évidemment sur les autres modes de reproduction : bulbes, tubercules, bouturage, … A noter également que si les légumes constituent le cœur de notre action, il devrait être aussi question de fruits et de fleurs.

Mais quel intérêt à constituer un tel groupe alors que nous avons accès aujourd’hui, notamment grâce à internet, aux semences d’une foultitude de variétés ? Concernant notre action, il y a bien entendu la volonté de s’affranchir du monde des semenciers et d’entrer dans une démarche de résistance par rapport au mode de jardinage que les grands groupes veulent nous imposer (variétés non reproductibles, semences très chères …). Mais il y aussi et surtout l’importance d’adapter nos semences aux changements climatiques en cours. Comme je l’ai déjà dit sur ce blog, les graines que l’on nous vend sont produites dans des conditions optimales (souvent sous serre), à partir de plantes qui poussent sur un type de sol idéal, qui n’ont jamais eu trop froid ou trop chaud, qui sont à l’abri des vents, et qui n’ont jamais manqué d’eau ou d’éléments nutritifs. Or, les changements actuels sont tels qu’il nous faut sélectionner des plantes qui résistent de plus en plus aux conditions extrêmes que nous connaissons. Et la première des préoccupations est d’adapter ces plantes à nos terroirs. D’où l’idée de constituer un groupe à l’échelle d’un petit territoire. Et aussi évidemment l’idée de susciter la création d’autres groupes à l’échelle d’autres territoires (j’en parlerai plus loin).

De par notre passé, beaucoup d’entre nous avons fait le tour du fonctionnement associatif. Nous n’avons donc pas envie de retomber dans les lourdeurs d’une organisation quelconque (réunions, conseils d’administration, assemblée générale, cotisations …) et son lot de problèmes éventuels (conflits de personnes, luttes de pouvoir …). D’où l’idée d’un groupe qui soit juste un groupe informel, de petite taille, et qui privilégie la convivialité. C’est pourquoi nous l’avons constitué à partir de personnes qui, pour beaucoup d’entre elles, avaient déjà l’habitude d’échanger sur le thème du jardin et qui surtout prenaient du plaisir à se retrouver autour d’un verre. L’idée n’est pas d’étendre la taille de notre groupe, mais bien de susciter la création d’autres groupes avec lesquels nous resterions en contact. C’est un type de fonctionnement qui nous semble être d’une très grande souplesse.

Si on avait envisagé d’en rester seulement à la création de notre groupe, nous n’aurions pas eu besoin de nom. Mais notre démarche n’a de sens que si nous suscitons la création d’autres groupes similaires un peu partout. D’où forcément la nécessité de communiquer. D’où aussi l’importance d’être identifié et donc d’avoir un nom. Evidemment, comme bon nombre de mes amis sont des gens passionnés et donc un peu fêlés sur les bords, le nom « les fêlés de la graine » s’est imposé très vite.

Le nom de domaine « les fêlés de la graine » a été déposé et un site internet démarrera prochainement. Ce site sera sans doute très rudimentaire au départ puis s’étoffera au fil du temps. Probablement que sur ce site nous proposerons quelques outils du genre « tableau de durée germinative des graines », « méthodologie pour la récolte des graines ». Mais tout cela va se construire lentement, nous sommes en plein dans l’expérimentation et il nous semble donc important d’échanger avec d’autres sur la manière de faire, les difficultés rencontrées …

Nous n’avons pas encore vraiment parlé entre les membres de notre groupe des relations avec d’autres groupes qui pourraient naître et qui pourraient faire partie de notre petit réseau. Mais il me semble que le fait de se revendiquer des « fêlés de la graine » suppose juste que ces groupes aient pour objectif principal l’autonomie au niveau graines et gardent un contact avec notre groupe fondateur (constitué de Michèle, Catherine, Daniel, Jacques et Brigitte, Christophe et Isabelle, Didier et Christiane, Joëlle et moi-même). Pour le reste, je ne pense pas qu’il y aura autre chose dans le cahier des charges. Donc, très grande souplesse du système !

Vous l’avez compris: ce projet n’en est qu’à ses débuts. Il va falloir tout construire. Ou plutôt co-construire. Car chacun peut amener sa pierre à cet édifice collectif :

  • En amenant des idées pour construire notre réseau (quel maillage du territoire ? quelles relations entre les différents groupes ?..).
  • En amenant du contenu pour notre futur site internet (techniques de récoltes de graines, de conservation, quels critères pour le choix des variétés …).
  • En mettant éventuellement à disposition des différents groupes certaines variétés locales en voie de disparition.

Mais dans l’immédiat, le plus simple est encore de faire connaître notre initiative auprès de vos amis jardiniers (en leur envoyant le lien de cet article) … et de créer dès maintenant quelques groupes de « fêlés de la graine » pour amorcer la dynamique.

Joyeuses fêtes à vous tous, bande de fêlés !

« Heureux soient les fêlés car ils laisseront passer la lumière » (Michel Audiard)

Dur dur la culture du potiron !

C’est quoi le plus dur dans la culture des potirons ?


Choisir les variétés dans la multitude qui nous est proposée ?
Réussir ses semis ?
Amener du fumier pour enrichir suffisamment son terrain ?
Travailler la terre ?
Lutter contre l’oïdium qui s’en prend au feuillage des cucurbitacées ?
Se casser le dos à récolter les fruits ?
Avoir suffisamment de place à la maison pour les entreposer ?
Trouver des recettes pour les cuisiner ?

Mais non, vous n’y pensez pas, le plus dur c’est de coller les cosses de cacahuètes sur le potiron « galeux d’Eysines » pour qu’il ait de la gueule !

Graines, Tour de France et Shadoks

En vieillissant, le jardinier essaie souvent de donner un peu de cohérence à son activité. Chez les « vieux amis jardiniers » de mon âge que je connais, je remarque qu’il y a deux choses qui prennent de l’importance au fil des années : d’une part ce magnifique objectif de se nourrir toute l’année des fruits et légumes de son jardin (c’est à dire boucler la boucle : DU PRINTEMPS AU PRINTEMPS !) et d’autre part de produire, pour totalité ou partie de ses légumes, ses propres graines (c’est à dire boucler une autre boucle : DE LA GRAINE À LA GRAINE !). Ces deux choses sont sans doute, pour un certain nombre de jardiniers, l’aboutissement de toute une vie au contact de la terre. En tous les cas, ça l’est pour moi.

Je ne parlerai dans cet article que de la production de semences.

Mais comment sélectionner les plantes qui donneront des graines ?

Il existe plusieurs types de sélection, toutes à la portée du jardinier amateur.

La première méthode consiste à conserver « en l’état » une variété que l’on possède. C’est à dire qu’on prend tout un ensemble de plantes sans faire de choix. Exemple : pour faire ses graines de haricot de l’année suivante, on laisse trois ou quatre poquets de plantes qu’on ne consomme pas et dont on prélèvera les graines à maturité. On prend alors tous les grains de ces haricots-là, sans faire aucun tri particulier. Ce mode opératoire  s’appelle la « sélection de conservation » (je n’aime pas trop ce terme car c’est de la sélection sans vraiment en être).

Une deuxième méthode est à peine plus sélective : on élimine dans les plantes qu’on a gardées celles qui nous semblent un peu trop rachitiques (ce qui revient peut-être à éliminer 10 ou 20% des plantes portes-graines). Exemple : dans un lot de 10 laitues réservées pour la production de graines, deux d’entre elles poussent moins bien que les autres, on les élimine.

La troisième méthode est la plus sélective, la plus draconienne. elle vise surtout à améliorer la variété sur un point particulier. On élimine la plupart des plantes et on ne garde que les meilleures des meilleures (peut-être seulement 10% des plantes). Exemple : on cherche à avoir une laitue qui résiste à la sécheresse et à la canicule, on ne va garder qu’un petit pourcentage des plantes parmi celles qui seront les plus belles et les plus tardives à monter en graines.

Evidemment, en présentant les choses ainsi, beaucoup d’entre nous vont préférer une des deux dernières méthodes qui semblent de prime abord plus performantes.
Mais …
Car il y a toujours un « mais » … (je ne sais plus qui a dit : « Quand il y a un « mais » c’est là que commencent les emmerd’s! »)

Ce « mais », on le trouve formulé dans plusieurs livres qui parlent des graines, et notamment dans le livre de Christian Boué (« Produire ses graines bio » aux éditions Terre Vivante). Christian Boué fait une comparaison très imagée avec le Tour de France. Si on ne sélectionnait que les meilleurs coureurs, ceux des échappées (et donc du classement général) on aurait forcément les meilleurs éléments, sauf que c’est dans le peloton que se trouvent les meilleurs coureurs de plaine, les meilleurs au sprint, les meilleurs contre la montre… Ne pas les sélectionner reviendrait à se priver de coureurs de très bonne qualité. Il en est ainsi des plantes : maintenir tout le potentiel génétique de notre population de haricots revient à garder le maximum de diversité (et non le minimum). D’autant plus que l’ensemble de ce potentiel génétique peut servir à faire face aux modifications – notamment climatiques – en cours.

Par ailleurs, il semblerait qu’on ne puisse pas améliorer les caractéristiques des plantes sans en faire régresser d’autres. C’est ainsi qu’on ne peut pas trouver de grosses variétés de pommes de terre qui aient le goût des petites (si ça existait, ça se saurait hein !). Améliorer un critère suppose donc qu’on prenne le risque de faire régresser la plante sur un autre point. Les points d’amélioration potentiels sont nombreux. Ainsi, sur la carotte, on a recensé 15 points possibles sur lesquels peut porter la sélection (la taille, la forme, l’absence de racines secondaires, le goût, la résistance à tel parasite, la résistance à telle maladie, l’absence de couleur vert au collet …). Mais voilà, la nature est ainsi faite (et sans doute est-ce bien comme cela !) on ne peut pas vraiment agir sur plein de critères à la fois : certains d’entre eux passent irrémédiablement à la trappe. Et Christian Boué de comparer les plantes avec les Shadoks. Je dois dire que ça m’a beaucoup fait rire, moi qui suis fan de cette série des années 60 (merci à Stéphane ne nous avoir offert l’intégrale). Vous vous rappelez ? Les Shadoks ont un cerveau constitué de quatre cases qui ne peuvent contenir que quatre éléments. Introduisez un élément supplémentaire, c’est un autre élément qui fout le camp. Idem pour les nombreux critères de sélection possibles de nos carottes, laitues, poireaux, tomates … Travaillez sur le caractère « résistance au transport » de la tomate, et c’est le goût (ou une autre caractéristique) qui va en pâtir.

(dessin de Caroline Koehly, qui a réalisé toutes les belles illustrations du livre de Christian Boué)

A l’heure où la sélection de graines devient pour certains d’entre nous une véritable passion (vous le saurez prochainement dans un prochain article), il me semblait important, avant de faire quelques articles sur le sujet, de présenter les différents modes de sélection possibles et surtout de mettre en garde les amateurs que nous sommes contre une sélection trop poussée de nos plantes. NE REPRODUISONS PAS LES EXCÈS DES PROFESSIONNELS dans ce domaine. Gardons donc toujours dans un coin de notre tête les deux comparaisons avec le Tour de France et nos amis les Shadoks.

Au moment de terminer cet article, je vois que les plus jeunes d’entre vous s’agitent sur leur banc dans le fond de la classe. Je dois même dire que j’entends de loin et depuis quelques minutes cette petite phrase : « C’est quoi les Shadoks ? »

Ah bon, vous ne savez pas ?

Palisser ses légumes, c’est béton !

Certains légumes peuvent pousser aussi bien étalés sur le sol qu’en hauteur le long d’une armature.

Le fait de les faire pousser au sol présente deux avantages : facilité de la méthode et maintien de l’humidité du terrain car le feuillage des plantes protège le sol du soleil et limite l’évaporation.

Faire pousser ses plantes en hauteur le long d’un grillage présente aussi quelques avantages : mode de culture qui économise la place du jardin, facilité de cueillette « à hauteur d’homme », feuillage à l’abri de l’humidité du sol et donc moins sensible aux maladies cryptogamiques (mildiou et oïdium notamment), structuration du paysage (amélioration de l’esthétique du jardin).

Mais, dans ce cas, sur quels supports planter ?

Après avoir testé quelques méthodes, dont du grillage à mouton de récupération, j’en suis arrivé à la conclusion que le grillage soudé que l’on achète pour renforcer le béton est l’une des meilleures solutions car ce matériau est très pratique, durable et bon marché.

Cette année, j’ai élargi cette

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Jardinage et changements climatiques

Ce blog est lui aussi victime de la torpeur estivale, il se met en pause (comme chaque été d’ailleurs) et le prochain article paraîtra le lundi 9 septembre.

En attendant de vous retrouver à l’automne (même si d’ici là les discussions continuent) je vous propose un dernier article sur un thème qui est extrêmement important pour moi : « COMMENT ADAPTER SES PRATIQUES DE JARDINAGE A LA VIOLENCE DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES ACTUELS ». Et cet été caniculaire nous plonge en plein, nous autres jardiniers, dans cette problématique.

Ce que je vais dire dans cet article concerne avant tout l’Est de la France mais chacun pourra adapter mes propos à sa propre région.

Un petit point d’abord sur

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Les estivales du jardin à dupdup

« Les estivales du jardin à dupdup », c’est l’un des moments que j’attends le plus dans l’année, elles me permettent de rencontrer de bien belles personnes. Car, après avoir bourlingué toute ma vie dans le monde associatif, notamment environnemental (toute ma vie professionnelle !), je me rends compte que c’est parmi les groupes de jardiniers que je me sens le mieux. Et de loin ! Les jardiniers, c’est pas des gens compliqués, ils n’ont pas « de porte de derrière » comme on dit ici, les relations avec eux sont simples et en plus ils ont un goût prononcé pour la convivialité (je ne connais d’ailleurs aucun jardinier buveur d’eau ! Si vous en connaissez un, dites-le moi, j’éviterai d’aller me promener de ce côté-là !).

Contrairement aux années précédentes (on en est déjà à la quatrième édition), il n’y aura pas de thème spécifique à chaque séance. Je me contenterai d’adapter à chaque fois le contenu de l’animation en fonction de ce qu’il y aura dans le jardin à ce moment-là et surtout en fonction des questions/demandes des uns et des autres. A chacune des séances j’essaierai de parler de cette question désormais primordiale : « Comment adapter ses pratiques de jardinage aux changements climatiques en cours ». Je ferai d’ailleurs un article sur ce sujet dans le courant de l’année.

Les séances sont une succession de trois moments :
– une animation avec visite des trois jardins
– un apéro
– un repas partagé sur la terrasse pour celles et ceux qui auraient envie de prolonger les échanges (ou simplement de passer du bon temps entre jardiniers).

Les animations ont toujours lieu le samedi matin à 9H30. Six dates sont proposées.

Joëlle et moi aurons évidemment un immense plaisir à accueillir les habitués de ce blog.

Produire ses propres graines ?

Produire ses propres graines est un bel enjeu pour le jardinier.


La démarche qui consiste à vouloir boucler le cycle complet de la plante (« de la graine à la graine ») est cohérente, elle est l’un des aboutissements de la vie de jardinier. Dans la réalisation d’une vie complète de jardinier, c’est aussi important à mon avis que de vivre toute l’année des produits de son jardin.
Et puis, une graine c’est tellement magique !
La graine est un maillon indispensable à la grande chaîne de la vie. Mais il n’y a pas que le fait de participer à ce grand cycle qui justifie qu’on produise ses propres graines.
D’où l’idée de cet article dans lequel j’aimerais récapituler les autres raisons de sélectionner soi-même ses propres semences (dans plusieurs chapitres, je prendrai l’exemple de la tomate mais beaucoup d’autres types de légumes se prêteraient également à ma démonstration) :

1 – Le coût des graines.
Quand on produit ses propres graines, celles-ci ne coûtent rien. Absolument rien, si ce n’est un peu de temps passé. Et zéro travail, car le jardinage ce n’est pas vraiment du travail, ceux qui jardinent le font avant tout par plaisir. D’un point de vue financier, 10 000 graines de tomates ne valent donc rien et en plus elles se récoltent en très peu de temps. Zéro centime, on est donc loin du coût prohibitif actuel. On en arrive aujourd’hui à trouver parfois des sachets de graines de tomates à plus d’un euro la graine – si si vous avez bien lu – c’est le cas par exemple de la variété Philovita qui est vendue 10,70 € les 10 graines et qui en plus n’a rien d’exceptionnel d’un point de vue gustatif. Le prix des graines est devenu tellement élevé que la plupart de mes amis, lorsqu’ils achètent des graines, le font soit à l’étranger, soit sur internet, soit même dans des magasins low cost de type Lidl.

2 – La qualité des graines.
Prenez 50 graines de vos tomates, vieilles de trois ou quatre ans, et faites les germer. Si vous les avez bien conservées, il en germera 49, peut-être même 50. Faites la même expérience avec des graines du commerce, vous verrez qu’on est loin de ce résultat. Les groupes semenciers vivent de leur réputation (acquise au 19ème siècle), mais la profession s’est bien dégradée, la sélection de graines qui était un vrai métier est devenue quelque chose de très aléatoire. Exemple : dans un sachet de graines de concombres, il y a plein de graines vides, il n’y a parfois que l’enveloppe, signe qu’il n’y a eu aucun tri de la part des semenciers. Et ce constat qui n’était valable que pour les marques bas de gamme, l’est aussi pour les grands noms de la distribution de graines. Je vois que cette baisse de qualité augmente année après année. Les vrais professionnels de la sélection de graines, ce sont aujourd’hui les amateurs. Il faut le dire et le répéter. Les vrais professionnels, aujourd’hui c’est donc vous !!! Pourquoi ? : Pour la simple et bonne raison que si vous gardez  100 graines de haricots pour votre semence de l’an prochain, vous les sélectionnerez avec soin et ne garderez que les plus belles graines, les plus régulières, chose que ne font plus les professionnels (on voit bien, vu l’hétérogénéité de l’aspect des graines achetées, lorsqu’on ouvre un sachet, que l’on a affaire maintenant à du « tout-venant »).

3 – La possibilité de prendre des risques.
Les aléas climatiques obligent maintenant à prendre des risques. De plus, expérimenter, oser, … a toujours été l’une des pratiques habituelles du jardinier. Mais qui osera risquer en pleine terre dès le mois d’avril 10 plants de tomate achetés en jardinerie à 2 € pièce ? Ou semer des janvier des graines de tomates que l’on a achetées très cher ? Quand on a par contre des centaines de plantules de tomates issues de ses propres graines, et des tonnes de graines en réserve, on s’en fiche de risquer graines ou plants car il y en a plein d’autres qui attendent en cas de problème.

4 – La possibilité de diffuser.
Comme il est très facile de récolter des milliers de graines, on peut en donner partout autour de soi. La graine est synonyme de partage. Elle a toujours été synonyme de partage d’ailleurs. Et si on connaît beaucoup de jardiniers, on peut vite arriver à diffuser chaque année plusieurs dizaines de sachets de graines. Et comme les jardiniers sont plutôt généreux par nature (enfin, tous ceux que je connais), vous recevrez souvent en échange d’autres variétés que vous n’avez pas.

5 – Anticiper la baisse des variétés disponibles.
Vous l’avez peut-être remarqué, le nombre de variétés hybrides proposées dans les catalogues (ou sous forme de plants en jardinerie) augmente chaque année de manière insidieuse. Or ces  variétés hybrides ne sont pas reproductibles. Le risque est donc grand de se retrouver un jour à la merci complète des semenciers. C’est pourquoi il est urgent de récupérer les variétés non hybrides et de les reproduire soi-même avant qu’il ne soit trop tard. Et si dans 20 ans, vous trouvez quand même dans les catalogues des graines de tomate marmande, il y aura beaucoup de chances pour que cette marmande ne soit plus la vraie. Alors, faites vite car j’ai l’impression que tout s’accélère.

6 – Acclimater ses graines, c’est s’adapter aux changements climatiques
Je termine par ce dernier argument car il me semble essentiel. Je m’explique. On a tous des conditions de jardinage différentes qui varient d’une région à l’autre mais aussi d’un jardin à l’autre. Les phénomènes sont aujourd’hui amplifiés : augmentation des vents, pointes de chaleur, de froid, déphasage des saisons … Or, les graines qu’on nous vend sont produites dans des conditions optimales, sans excès dans un sens ou dans un autre. Les plantes qui ont produit ces graines n’ont jamais eu soif, elles n’ont jamais eu faim, elles n’ont jamais eu trop chaud, elles n’ont jamais eu trop froid, et comme elles sont cultivées la plupart du temps en serre, elles n’ont même jamais été sous la pluie ou dans les brouillards. Bref, ces plantes n’ont jamais connu la vraie vie. A nous de leur apprendre ! Bien entendu, il faut se procurer des graines au départ. Alors, si on n’a pas la possibilité d’échanger avec d’autres, achetons tout de même des graines qui viennent de plantes chouchoutées par les semenciers. Mais soyez sûrs qu’ensuite, année après année, en les semant dans les conditions qui sont celles de votre jardin et de votre climat, vous les adapterez à votre terre, plus facilement même que vous ne l’imaginez, l’acclimatation se fait déjà au bout de quelques années. Et si le climat évolue comme il est en train de le faire, certaines de vos plantes s’adapteront aussi (dans une certaine mesure) au manque d’eau, aux excès d’humidité … Les changements climatiques et les excès engendrés par ces modifications rapides font que certains jardiniers confirmés se posent même la question d’arrêter ou non la pratique du jardinage. Il est certain que dans 10 ans, ceux qui seront encore jardiniers seront ceux qui auront eu l’envie et la volonté de s’adapter et qui auront mis en place les méthodes de jardinage adéquates, la production de ses propres semences étant dans ce cas un passage (presque) obligé.

Mais la vraie raison de faire ses graines (s’il en fallait une) est résumée par cette phrase de Christian Boué (« Produire ses graines bio », éditions Terre Vivante) : « Faites-le tout simplement par amour de la vie comme, justement, une plante le fait pour ses graines ».

Laitues d’hiver

Les « laitues d’hiver » sont bizarrement dénommées car on ne les sème pas en hiver et on ne les récolte pas non plus en hiver. Simplement, elles passent l’hiver sans encombres, sans doute est-ce là l’explication du nom.

Autrefois, tous les jardiniers avaient ce type de laitues dans leur jardin. Ils les semaient au début septembre, les repiquaient fin octobre puis ils attendaient. Ils attendaient longuement car pendant plusieurs mois rien ne se passait. Les laitues restaient alors minuscules, elles ne se développaient pas mais elles ne crevaient jamais malgré le froid et l’absence de protection (même en Franche-Comté lorsque les températures descendaient à -15°C, voire encore plus bas). Et puis, en mars, miracle ! Les laitues se mettaient alors à pousser et on en récoltait alors pendant tout le début de printemps.

Ce qui est étonnant, c’est que la plupart des jardiniers que je connais ont oublié ces laitues d’hiver.

J’avais dit, je crois, dans un très vieil article (qui date de plus de 10 ans) que je testais un certain nombre de variétés d’hiver (qui ne sont pas très nombreuses, sans doute moins d’une quinzaine de variétés trouvables dans le commerce). Avec le temps, j’ai un peu épuré les choses, et je n’ai gardé que trois variétés que je vous présente aujourd’hui (toutes les photos de cet article ont été faites ce matin même).


Ces trois variétés ont toutes un

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Pratiques de jardinage à modifier ?

Réponse à la devinette précédente : il s’agissait du concombre du Sikkim que m’a donné mon ami Jacques (fruit issu de son jardin, cette variété est originaire du Nord de l’Inde, dans la province du Sikkim, et elle est très cultivée dans la partie orientale de l’Himalaya). Bravo à Christofor pour avoir donné une piste dès la parution de mon article puis à Eric qui a identifié qu’il s’agissait du concombre Empereur Alexandre (c’est souvent sous ce nom synonyme qu’est commercialisé en France ce magnifique légume).

Cette petite devinette n’était qu’une manière d’introduire un autre article sur le jardin. Cet article, le voici.

2018 restera sans dans les annales, comme étant sans doute l’année à partir de laquelle les étés caniculaires sont devenus la règle. Car si l’on prolonge la courbe, il y a vraiment de quoi s’inquiéter.

Il viendra malheureusement un temps, très proche à mon avis, où nous verrons les forêts franc-comtoises brûler à cause de la sécheresse (chose jamais vue ici) et où, lorsque quelqu’un tombera gravement malade, on se dira « pourvu qu’il passe l’été » alors qu’il y a peu on disait encore « pourvu qu’il passe l’hiver ». Car l’été est en train de devenir la saison la plus difficile, aussi bien pour les Hommes que pour les plantes.

Côté jardin, l’été était encore il y a peu de temps « la » saison du jardin.  Ce temps là est révolu. On commence à avoir un petit aperçu des modifications en cours. Ainsi  cette année, dès le début juillet, le soleil a grillé le feuillage des pommes de terres …

… alors que ma première expérience de culture de plante tropicale (le gombo) m’a donné toute satisfaction, contre toute attente.

Pour le jardinier,  s’il y a beaucoup d’inconvénients liés à la situation, il y aussi peut-être quelques avantages à rechercher du côté des hivers doux, des printemps sans gel, … Car il n’y a plus de doutes : on ne jardinera plus jamais comme avant et il va falloir expérimenter et modifier nos pratiques.

Et si l’on listait sur ce blog toutes les modifications qu’il pourrait y avoir dans nos futures pratiques de jardiniers ?

Groseilles, cassis & Co

Ce blog prend des vacances estivales. Le prochain article paraîtra le lundi 10 septembre. D’ici là les discussions peuvent évidemment continuer.

Aujourd’hui je vous parlerai de petits fruits. Car Joëlle et moi-même sommes dans les préparations de coulis jusqu’au cou !!!!!!!!!! Saison oblige …

Et comme le but de cet article n’est pas seulement de faire connaître des variétés intéressantes (que j’ai choisies avec soin avant plantation) mais aussi de les diffuser auprès des jardiniers de ce blog (sous forme de boutures que je peux envoyer par la Poste en novembre), je présenterai ces petits fruits sous forme de tableaux comparatifs suivis des photos des différentes variétés.

LES GROSEILLES
Le tableau d’abord (sur lequel on peut cliquer pour avoir des caractères plus gros) …
… suivi des images des différentes variétés (exactement dans le même ordre que le tableau) :

Cerise blanche

Fertile de

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Les Estivales du jardin à Dupdup

Il y a deux ans, j’avais inauguré timidement des animations dans ce que j’avais appelé « le jardin à Dupdup ». Deux animations seulement cette année-là (« la tomate dans tous ses états » et « avoir des poules » réalisées en partenariat avec la Maison de la Nature de Brussey).

L’an passé je pensais continuer avec une vitesse de croisière (faut pas brusquer les retraités hein ?). Mais finalement, mon animation sur le thème de « la diversité des solanacées au jardin » avait eu tellement de succès qu’il a fallu programmer des séances supplémentaires (cinq au total … et j’ai dû refuser du monde).

Alors, pour cette année, estimant qu’il y a vraiment une forte demande pour ce genre d’activités, j’ai proposé six séances d’animations.

Mais là encore, c’est insuffisant. Je n’ai mis aucune affiche localement, j’ai juste envoyé quelques dizaines de mails à mon petit réseau de personnes s’intéressant au jardin et en quelques jours j’ai eu … 80 inscriptions ! (il faut dire que 2018 est une année exceptionnelle pour le jardin, les plantes ont tout ce qu’il leur faut (enfin, pour celles qui ont échappé à la grêle) : de la pluie et du soleil, la Franche-Comté bénéficie d’une atmosphère presque tropicale). Ce soir je viens de refuser du monde pour les séances du 7 et du 28 juillet qui affichent déjà complet.

Tout ça pour dire quoi ? Pour dire simplement que tout sera complet d’ici une semaine (je m’attends même à refuser dans le mois qui vient une centaine d’inscriptions) et que je tenais à donner l’info, au cas ou certains lecteurs de ce blog aient envie de s’inscrire.

A noter que ces animations se font sur un concept plutôt sympa : l’animation proprement dite (2H maximum), un apéro et un repas partagé. Et si ce sujet me tient particulièrement à coeur c’est parce que c’est l’occasion pour moi de faire de très très belles rencontres. Et l’an passé ce fut extraordinaire ! Le monde des jardiniers est un beau monde !

Consommer des salades toute l’année

Je ne connais quasiment personne qui arrive à consommer des salades toute l’année. Pourtant nos Anciens y arrivaient facilement et ce sont leurs méthodes que j’applique tout simplement et qui me permettent de consommer tous les jours, même en février/mars, des mélanges de plusieurs variétés (ainsi, pour la salade d’hier il y avait un mélange de chicorée rosa, de chicorée castelfranco, d’endive, de mâche et de moutarde asiatique).

Il faut dire que le sujet devient sensible pour les jardiniers car à la petite difficulté de faire la jonction entre les salades d’automne et les salades de printemps s’ajoute maintenant un problème de taille : trouver des variétés de laitues qui supportent nos excès de chaleur d’été et qui ne montent pas prématurément en graines. Car pour les salades, les changements climatiques sont bel et bien là !

Je travaille donc ce thème-là cette année et je serai amené à faire en fin d’été des animations sur le sujet dans mon jardin dès que j’aurai testé les variétés les plus résistantes à la chaleur (j’ai d’ailleurs comme projet de donner à tous les participants des graines des 5 variétés les plus résistantes, à charge ensuite pour eux de faire à leur tour leurs propres semences … et évidemment d’en distribuer autour d’eux).

A noter que le terme « salade » est un terme lié à l’usage culinaire et non à une famille botanique. D’un point de vue de la classification des plantes, il n’y a rien de commun entre les deux principaux types de salades, les laitues et les chicorées. Aucun point commun non plus avec les autres types de salades tels que mâche, cressons, pourpiers, roquettes …

En prévision des animations de l’été, j’ai commencé par concevoir ces jours-ci un petit calendrier permettant au jardinier amateur de faire ses semis aux bons moments dans le but de consommer de la salade tous les jours de l’année. Voici ce tableau qui est très simple (en jaune les périodes de semis, en vert les périodes de récolte) :

(on peut cliquer sur le tableau pour l’agrandir un peu)

Pour que ce tableau soit le plus simple possible, j’ai délibérément éliminé d’autres types de salades un peu plus anecdotiques (car moins productives) : pourpier, cresson, salades asiatiques … ou jouant surtout le rôle de complément aromatique (roquette, moutarde asiatique, …). Ces salades complémentaires sont à cultiver (presque) en toutes saisons.

Le tableau peut se suffire à lui-même, mais quelques précisions peuvent être très utiles :

(1) Laitues de saison (c’est à dire laitues de printemps, d’été et d’automne). Elle sont de 4 types principaux : laitues pommées (les plus consommées en France), laitues batavias, laitues romaines et laitues à couper. Dans l’idéal, il faut échelonner les semis, en semer un peu tous les 15 jours en pleine terre et les repiquer ensuite. 95% des variétés n’étant plus adaptées aux étés actuels il faut puiser dans les variétés modernes les plus résistantes à la chaleur (Kamikaze, Novelski, Canasta …), je ferai un article complet sur le sujet à l’automne prochain.

(2) Laitues d’hiver. On appelle laitues d’hiver les variétés spécialement adaptées au froid, que l’on sème en septembre, qui passent l’hiver en pleine terre sans aucune protection, et qui se mettent à pousser seulement en mars pour une récolte en avril/mai. Attention, seules quelques variétés portent le nom de laitues d’hiver, le choix est donc restreint et ne se fera que parmi quelques variétés (moins d’une dizaine disponibles chez les semenciers) : Merveille d’hiver, Val d’Orge, Brune d’Hiver, Passion, Baquieu …

(3) Chicorées scaroles. Le jardinier a un choix important car les variétés proposées chez les semenciers sont nombreuses pour les deux types de scaroles : scaroles blondes ou scaroles frisées. Certaines variétés modernes sont intéressantes car le coeur blanchit sans qu’on ait besoin de lier les feuilles. A ces deux types de scaroles classiques s’ajoutent les deux salades Cornets (Cornet d’Anjou et Cornet de Bordeaux), un peu plus résistantes au froid que les autres scaroles.

(4) Chicorées italiennes. Je nourris une véritable passion pour ce type de salades. Elles sont extraordinaires de par leur aspect et leurs qualités gustatives. Plusieurs dizaines de variétés sont maintenant disponibles (voir à ce titre le catalogue exemplaire de Baumaux). Aux variétés classiques typiquement italiennes (Trévise, Rouge de Vérone, Grumolo, Castelfranco, Palla rossa) s’ajoutent ce que l’on appelle les chicorées sauvages (de type Pain de sucre, Barbe de capucin et Pissenlit). Ce sont ces chicorées italiennes et sauvages qui vont assurer la jonction entre consommation d’automne et consommation de printemps, elles sont donc extrêmement précieuses.

(5) Endives. Les chicorées endives disponibles sur le marché sont de deux types : avec ou sans terre de couverture. Ces dernières sont plus modernes et plus faciles à cultiver car il est inutile de recouvrir la plante entière de terre, seule la racine doit être enterrée.

(6) Mâche (appelée couramment « doucette » en Franche-Comté). Le jardinier amateur a accès à une bonne dizaine de variétés. On dit que les variétés à petites feuilles sont plus résistantes au froid mais par expérience je peux vous dire que les variétés à grosses feuilles résistent facilement à des températures de -15°C (et elles sont tellement plus faciles à nettoyer !).

EN RÉSUMÉ, pour consommer des salades toute l’année, l’effort du jardinier doit porter essentiellement sur trois points :
– Rechercher absolument les rares variétés de laitues d’été qui résistent à la montée en graines (à chacun de trouver la variété idéale adaptée à son terrain).
– Semer des laitues d’hiver en septembre
– Cultiver mâche, endives et chicorées (notamment italiennes) pour faire le joint entre consommation d’automne et consommation de printemps.

Pour le reste, c’est très facile, pour peu tout de même qu’on échelonne les semis (car une salade, pour être belle et grosse, doit pousser vite !).