Jardinage et changements climatiques

Ce blog est lui aussi victime de la torpeur estivale, il se met en pause (comme chaque été d’ailleurs) et le prochain article paraîtra le lundi 9 septembre.

En attendant de vous retrouver à l’automne (même si d’ici là les discussions continuent) je vous propose un dernier article sur un thème qui est extrêmement important pour moi : « COMMENT ADAPTER SES PRATIQUES DE JARDINAGE A LA VIOLENCE DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES ACTUELS ». Et cet été caniculaire nous plonge en plein, nous autres jardiniers, dans cette problématique.

Ce que je vais dire dans cet article concerne avant tout l’Est de la France mais chacun pourra adapter mes propos à sa propre région.

Un petit point d’abord sur les nombreux changements actuels. En quelques mots, que constate t-on ?

  • moins d’eau
  • plus chaud
  • plus de vents

Globalement, trois saisons (l’été, l’automne et l’hiver) sont devenues plus chaudes et plus sèches. Le printemps échappe par contre à toute règle. Il est bien plus variable d’une année à l’autre : parfois très sec, parfois très pluvieux, parfois très chaud, parfois très froid, parfois très venté, parfois très calme. Peut-être que l’explication de ces variations printanières provient du fait que l’Europe occidentale reçoit sur ses côtes d’énormes quantités d’eaux froides issues de la fonte des glaces du pôle nord et que cela perturbe de temps en temps le mouvement de réchauffement global sans arriver toutefois à le contrer. Or, le printemps est la saison des semis et des plantations et il est donc difficile pour le jardinier de mettre en place une stratégie précise sachant qu’il ne sait jamais à l’avance comment la météo va évoluer. Le fait que le côté imprévisible de la météo affecte avant tout le printemps (car pour le reste il n’y a plus grand chose de surprenant dans les canicules estivales et dans la douceur hivernale) complique donc énormément la manière de faire des jardiniers qui ne sait sur quel pied danser.

Conséquences de tout cela : le jardinage, qui est une pratique ancestrale, rodée par des millénaires, est devenu quelque chose d’aléatoire, soumis aux caprices du climat (alors qu’avant il n’était soumis qu’aux caprices de la météo, ce qui est une différence de taille). C’est ainsi que plusieurs jardiniers, même confirmés, se posent la question de continuer ou non à cultiver leur petit coin de terre.

Alors que faire ?

Evidemment, nous n’en sommes qu’au début de la réflexion. Mais certaines pistes se dessinent tout de même pour tenter de faire face à la situation. Quelles sont ces pistes (qui ne sont pas des vérités – loin de là – car elles ont besoin d’être validées dans les années qui viennent) ?

1 – Revoir la liste des légumes qu’on cultive. Mais pour quelle raison faudrait-il revoir cette liste ?
On analyse souvent assez mal la situation car beaucoup de jardiniers (ou même d’agriculteurs) ne raisonnent qu’en terme de manque d’eau, alors que l’augmentation des températures est un aspect tout aussi important, sinon plus. Cette élévation du mercure de nos thermomètres perturbe  gravement le fonctionnement même des plantes. Ce fonctionnement des plantes est basé sur la photosynthèse. Juste deux phrases pour expliquer grosso modo ce qu’est la photosynthèse. Le constituant principal des plantes est la cellulose, à base de carbone. L’énergie solaire permet à la plante, grâce aux pigments de ses feuilles (la chlorophylle) de prendre ce carbone dont elle a besoin à la fois dans l’atmosphère (le CO2 atmosphérique) et dans le sol (le carbone minéral). Or cette photosynthèse ne s’effectue qu’à des températures optimales, souvent de l’ordre de 20 à 25°C pour nos plantes de climat tempéré, diminuant ensuite au-delà de ces températures et s’arrêtant ensuite quand la température devient excessive, supérieure à 35°C. Or, en plein soleil, on dépasse souvent les 35°C dès le début de matinée. Ce qui veut dire qu’en période de forte température, ce n’est pas la pluie qui tombe (ou l’arrosage) qui va remédier à la situation car la plante n’en fonctionnera pas plus pour autant. Et pour ne pas arranger les choses, si les plantes arrivent cependant à mettre en place des mécanismes de résistance (en ralentissant ou bloquant leur fonctionnement) pendant les épisodes de fortes chaleur, elles ne se remettent ensuite à fonctionner normalement que très lentement. Il faut savoir aussi que l’optimal de température n’est pas le même pour une laitue (températures plutôt basses) que pour une aubergine (températures plutôt hautes). On peut donc d’ores et déjà dire que certains légumes ne sont plus du tout adaptés à la situation actuelle alors que d’autres ont encore quelques beaux jours devant eux. Plantera t-on encore des pommes de terre, des choux, des radis en Franche-Comté dans vingt ans ? Rien n’est moins sûr . Et peut-être qu’on remplacera un jour, sans doute dans un futur proche, ces légumes-là par des plantations de patates douces, de chayottes, de concombres du Mexique, de gombos ou de cacahuètes (j’ai d’ailleurs tout ça déjà dans mon jardin). Mais la difficulté pour effectuer ce changement est plutôt d’ordre culturel : comment faire pour qu’un jardinier franc-comtois (ou d’ailleurs) se fasse à l’idée ne plus cultiver de pommes de terre ou de choux ?

2 – Echelonner les dates de semis/plantations et ne plus tenir compte des dates habituelles.
Autrefois, l’été était « la » saison du jardinier. Aujourd’hui tout est inversé, l’été est devenu au contraire la saison la plus contraignante (aussi bien pour les plantes que pour les gens d’ailleurs). Par contre, d’autres possibilités apparaissent aux trois autres saisons. Exemples que j’ai pu constater depuis un an : pour nombre de légumes, les semis précoces ou tardifs réussissent mieux que les semis aux dates habituelles. Les tomates peuvent ainsi produire dès juin et jusqu’en novembre (voire décembre) malgré des difficultés à fructifier ou à mûrir en plein été (car, contrairement à une idée faussement répandue, les tomates ont bien plus besoin d’eau que de soleil pour mûrir). Et manger des tomates pendant 5 mois (au lieu des deux mois habituels) c’est quand même pas rien non ! Les haricots verts peuvent produire aussi jusqu’en novembre. Les pommes de terre peuvent être plantées dès février et certains se hasardent même à les mettre en terre seulement en juillet. Les côtes de bettes et les betteraves rouges peuvent passer l’hiver en pleine terre, ce qui n’était pas le cas auparavant. Les laitues arrivent à pousser en plein hiver. Les petits pois, qui étaient toujours semés au tout début du printemps, peuvent même être semés juste avant l’hiver, du jamais vu ici jusqu’à présent. Les choux, qu’il est si difficile à produire maintenant en plein été, peuvent être récoltés en toutes autres saisons. Rien n’est jamais gagné, bien évidemment, mais celui qui sème ses choux en janvier ou en septembre (chose qu’on ne faisait jamais jusqu’à présent) peut s’attendre parfois à quelques échecs mais souvent à de belles surprises. Mais là aussi, on se heurte à une difficulté qui est d’ordre culturel tellement nos pratiques de jardinage sont ancrées en nous. « Comment ça, Monsieur, mettre des tomates en pleine terre dès avril, vous n’y pensez pas, les Saints de Glace ne sont pas passés, vous êtes vraiment sérieux …? ».

3 – Utiliser l’immense biodiversité qui s’offre à nous.
Internet et les différents réseaux ont considérablement multiplié le nombre de variétés disponibles. Dans les 10 dernières années, on est passé d’une offre limitée à une offre illimitée (pour qui sait chercher). Et certaines variétés sont bien plus adaptées que d’autres au contexte actuel. 99% des variétés de laitues montent en graines dès les premières grosses chaleurs et ne sont plus adaptées à la situation actuelle ? Cherchons alors une variété adaptée dans le 1% restant ! Pour plein de légumes, expérimentons la diversité tous azimuts ! Exemple de la tomate : lorsque vous plantez une dizaine de sortes de tomates, plutôt qu’une seule, certaines s’en sortiront mieux que d’autres et vous augmentez forcément la chance qu’il y a d’avoir parmi elles des variétés (pas forcément les mêmes chaque année d’ailleurs) qui résistent au mildiou et qui passeront le cap de l’été. Il ne faut donc pas mettre « toutes ses tomates dans le même panier ». Mais là encore, difficulté d’ordre culturel. « Comment donc, moi qui cultive des pommes de terre depuis 50 ans, je devrais arrêter cette variété, la Charlotte, que mon père cultivait déjà ? « Et reléguer la laitue rouge grenobloise aux oubliettes ? ». On ne change pas les habitudes qui gagnent. Mais le jardinier est parfois dans une attitude obstinée, on ne change pas non plus facilement celles qui perdent !

4 – Produire ses propres graines.
Il s’agit là d’un sujet très important. Il y a plein d’arguments en faveur de l’autoproduction des graines (le coût, la qualité, la possibilité de diffuser …) mais l’enjeu climatique est un argument de poids. Voici ce que j’écrivais dans un article récent  : « Les graines qu’on nous vend sont produites dans des conditions optimales, sans excès dans un sens ou dans un autre. Les plantes qui ont produit ces graines n’ont jamais eu soif, elles n’ont jamais eu faim, elles n’ont jamais eu trop chaud, elles n’ont jamais eu trop froid, et comme elles sont cultivées la plupart du temps en serre, elles n’ont même jamais été sous la pluie ou dans les brouillards. Bref, ces plantes n’ont jamais connu la vraie vie. A nous de leur apprendre ! Bien entendu, il faut se procurer des graines au départ. Alors, si on n’a pas la possibilité d’échanger avec d’autres, achetons tout de même des graines qui viennent de plantes chouchoutées par les semenciers. Mais soyez sûrs qu’ensuite, année après année, en les semant dans les conditions qui sont celles de votre jardin et de votre climat – c’est à dire difficiles – vous les adapterez à votre terre, plus facilement même que vous ne l’imaginez, l’acclimatation se fait déjà au bout de quelques années. Et si le climat évolue comme il est en train de le faire, certaines de vos plantes s’adapteront aussi (dans une certaine mesure) au manque d’eau permanent, aux excès occasionnels d’humidité… » Mais là aussi, face au changement, il y a un obstacle d’ordre culturel. Car plein de jardiniers sont persuadés qu’on ne peut pas rivaliser avec les professionnels semenciers. Or aujourd’hui, le métier de sélectionneur de graines s’est considérablement dévalué et les graines qu’on vous vend ont bien baissé en qualité (notamment germinative). Comme je l’ai déjà dit sur ce blog : vous prenez tellement de soins à sélectionner vos propres graines, vous chouchoutez tellement vos légumes porte-graines que les véritables professionnels de la sélection c’est vous, et personne d’autre !

5 – Modifier ses pratiques de gestion du sol.
Comme vous le savez, je suis un adepte de la méthode de nos Anciens (pas celle des deux dernières générations, bien évidemment, mais celle de l’avant-chimique). Ces méthodes-là étaient très respectueuses de l’environnement car il n’y avait pas (ou presque pas) d’utilisation d’eau. On avait d’ailleurs très peu accès à cette précieuse ressource, l’eau courante au robinet n’étant arrivée dans les villages de mon secteur que dans les années 30. Et aller chercher l’eau à la fontaine à 300 m, ça limite considérablement le nombre d’arrosage ! Pour pouvoir se passer d’eau, les méthodes de l’époque étaient basées sur le travail permanent de la terre, on connaît d’ailleurs tous l’expression « un binage vaut deux arrosages » qui est l’expression populaire liée au jardin qu’on entend encore très très souvent. C’est cette méthode que j’utilise le plus possible. Et si ces générations-là ne pratiquaient pas beaucoup le paillage (méthode pourtant très ancienne qui date de plusieurs siècles) c’est parce que l’eau tombée du ciel était suffisante et que l’évaporation était très limitée (à cause des températures et des vents très inférieurs à ceux d’aujourd’hui). Nul doute que si nos Anciens revenaient aujourd’hui ils modifieraient leurs pratiques dans le sens d’une meilleure couverture du sol. Donc, l’intérêt premier de la permaculture est d’avoir systématisé cette ancienne méthode, désormais très adaptée au contexte climatique actuel. Mais avec tout de même une difficulté de taille, c’est que le paillage ne convient pas à tous les sols, ne convient pas à tous les climats (il empêche les sols francs-comtois de se réchauffer au printemps) et qu’il est à manier avec précaution. Car il faut savoir que la matière organique a besoin d’azote pour se décomposer. Certes elle restitue très abondamment cet azote par la suite mais dans un premier temps elle en consomme, d’où des plantes à la couleur jaune qui souffrent de cette carence. Je pense que faire un mix entre travail du sol (pour certaines terres, pour certains légumes) et paillage (dans certaines circonstances) est un bon compromis. Il sera bientôt impossible de toute façon de faire du jardin sans aller dans l’une ou l’autre de ces deux directions (le travail du sol / la couverture du sol) ou en mixant les deux. Modifions donc notre pratique de gestion du sol, dans un sens ou dans un autre (selon les attirances de chacun pour telle ou telle méthode). Cela dit, même si je pratique un peu le paillage du sol (tardivement en été, toujours en dernier recours, c’est à dire au moment où les plantes que j’ai endurcies se mettent à souffrir vraiment), je reste malgré tout adepte de la serfouette, outil de travail de la terre avec lequel je me sens bien et qui vient de très loin dans ma tradition familiale. Et comme cette pratique de travail du sol permet de faire du jardinage sans eau (ou presque) je continue à privilégier cette méthode ancienne. Mais jusqu’à quand cela sera t-il possible vu la violence des changements actuels ? Deux méthodes possibles donc, mais avec, là aussi, un obstacle d’ordre culturel : revenir au travail de la terre suppose pour certains d’en finir avec l’utilisation de produits chimiques de toutes sortes (alors que pendant 50 ans on nous a dit que c’était la panacée). Et à l’inverse, aller vers la couverture permanente (ou quasi-permanente) du sol (avec des déchets végétaux/organiques de toutes sortes) suppose que l’on jette aux orties nos idées préconçues en matière d’esthétique, de propreté … Beaucoup de chemin à faire donc dans les deux cas !

Evidemment, le jardinage n’est pas une science exacte. Le jardinier de demain, s’il ne veut pas disparaître, devra donc prendre beaucoup de risques pour un résultat tout à fait incertain. Mais je sais que si l’on se plante de temps en temps, en osant, en expérimentant, on a aussi – et parfois contre toute attente – de bien belles surprises. De toutes façons, vu la violence actuelle du climat, l’expérimentation permanente devient un passage obligé.

Pour résumer mes propos ci-dessus et pour conclure mon article, quelques mots-clés concernant l’attitude à avoir :
EXPÉRIMENTER TOUS AZIMUTS ET PRENDRE DES RISQUES.
MODIFIER RADICALEMENT NOTRE MANIÈRE DE PENSER

Ce qu’on pourrait aussi dire sous une forme très paradoxale : RÉAPPRENDRE LE JARDINAGE (c’est à dire retrouver les méthodes de nos ancêtres qui leur ont permis de s’en sortir pendant près de 10 000 ans) MAIS AUSSI LE DÉSAPPRENDRE (c’est à dire ne plus tenir compte de tout ce que l’on nous a dit en matière de dates de semis et de plantations, de types de légumes et de variétés à cultiver).

Tel est sans doute l’enjeu qui se pose aujourd’hui au jardinier soucieux de continuer sa pratique !

Bonnes vacances à toutes et à tous !

Les estivales du jardin à dupdup

« Les estivales du jardin à dupdup », c’est l’un des moments que j’attends le plus dans l’année, elles me permettent de rencontrer de bien belles personnes. Car, après avoir bourlingué toute ma vie dans le monde associatif, notamment environnemental (toute ma vie professionnelle !), je me rends compte que c’est parmi les groupes de jardiniers que je me sens le mieux. Et de loin ! Les jardiniers, c’est pas des gens compliqués, ils n’ont pas « de porte de derrière » comme on dit ici, les relations avec eux sont simples et en plus ils ont un goût prononcé pour la convivialité (je ne connais d’ailleurs aucun jardinier buveur d’eau ! Si vous en connaissez un, dites-le moi, j’éviterai d’aller me promener de ce côté-là !).

Contrairement aux années précédentes (on en est déjà à la quatrième édition), il n’y aura pas de thème spécifique à chaque séance. Je me contenterai d’adapter à chaque fois le contenu de l’animation en fonction de ce qu’il y aura dans le jardin à ce moment-là et surtout en fonction des questions/demandes des uns et des autres. A chacune des séances j’essaierai de parler de cette question désormais primordiale : « Comment adapter ses pratiques de jardinage aux changements climatiques en cours ». Je ferai d’ailleurs un article sur ce sujet dans le courant de l’année.

Les séances sont une succession de trois moments :
– une animation avec visite des trois jardins
– un apéro
– un repas partagé sur la terrasse pour celles et ceux qui auraient envie de prolonger les échanges (ou simplement de passer du bon temps entre jardiniers).

Les animations ont toujours lieu le samedi matin à 9H30. Six dates sont proposées.

Joëlle et moi aurons évidemment un immense plaisir à accueillir les habitués de ce blog.

Produire ses propres graines ?

Produire ses propres graines est un bel enjeu pour le jardinier.


La démarche qui consiste à vouloir boucler le cycle complet de la plante (« de la graine à la graine ») est cohérente, elle est l’un des aboutissements de la vie de jardinier. Dans la réalisation d’une vie complète de jardinier, c’est aussi important à mon avis que de vivre toute l’année des produits de son jardin.
Et puis, une graine c’est tellement magique !
La graine est un maillon indispensable à la grande chaîne de la vie. Mais il n’y a pas que le fait de participer à ce grand cycle qui justifie qu’on produise ses propres graines.
D’où l’idée de cet article dans lequel j’aimerais récapituler les autres raisons de sélectionner soi-même ses propres semences (dans plusieurs chapitres, je prendrai l’exemple de la tomate mais beaucoup d’autres types de légumes se prêteraient également à ma démonstration) :

1 – Le coût des graines.
Quand on produit ses propres graines, celles-ci ne coûtent rien. Absolument rien, si ce n’est un peu de temps passé. Et zéro travail, car le jardinage ce n’est pas vraiment du travail, ceux qui jardinent le font avant tout par plaisir. D’un point de vue financier, 10 000 graines de tomates ne valent donc rien et en plus elles se récoltent en très peu de temps. Zéro centime, on est donc loin du coût prohibitif actuel. On en arrive aujourd’hui à trouver parfois des sachets de graines de tomates à plus d’un euro la graine – si si vous avez bien lu – c’est le cas par exemple de la variété Philovita qui est vendue 10,70 € les 10 graines et qui en plus n’a rien d’exceptionnel d’un point de vue gustatif. Le prix des graines est devenu tellement élevé que la plupart de mes amis, lorsqu’ils achètent des graines, le font soit à l’étranger, soit sur internet, soit même dans des magasins low cost de type Lidl.

2 – La qualité des graines.
Prenez 50 graines de vos tomates, vieilles de trois ou quatre ans, et faites les germer. Si vous les avez bien conservées, il en germera 49, peut-être même 50. Faites la même expérience avec des graines du commerce, vous verrez qu’on est loin de ce résultat. Les groupes semenciers vivent de leur réputation (acquise au 19ème siècle), mais la profession s’est bien dégradée, la sélection de graines qui était un vrai métier est devenue quelque chose de très aléatoire. Exemple : dans un sachet de graines de concombres, il y a plein de graines vides, il n’y a parfois que l’enveloppe, signe qu’il n’y a eu aucun tri de la part des semenciers. Et ce constat qui n’était valable que pour les marques bas de gamme, l’est aussi pour les grands noms de la distribution de graines. Je vois que cette baisse de qualité augmente année après année. Les vrais professionnels de la sélection de graines, ce sont aujourd’hui les amateurs. Il faut le dire et le répéter. Les vrais professionnels, aujourd’hui c’est donc vous !!! Pourquoi ? : Pour la simple et bonne raison que si vous gardez  100 graines de haricots pour votre semence de l’an prochain, vous les sélectionnerez avec soin et ne garderez que les plus belles graines, les plus régulières, chose que ne font plus les professionnels (on voit bien, vu l’hétérogénéité de l’aspect des graines achetées, lorsqu’on ouvre un sachet, que l’on a affaire maintenant à du « tout-venant »).

3 – La possibilité de prendre des risques.
Les aléas climatiques obligent maintenant à prendre des risques. De plus, expérimenter, oser, … a toujours été l’une des pratiques habituelles du jardinier. Mais qui osera risquer en pleine terre dès le mois d’avril 10 plants de tomate achetés en jardinerie à 2 € pièce ? Ou semer des janvier des graines de tomates que l’on a achetées très cher ? Quand on a par contre des centaines de plantules de tomates issues de ses propres graines, et des tonnes de graines en réserve, on s’en fiche de risquer graines ou plants car il y en a plein d’autres qui attendent en cas de problème.

4 – La possibilité de diffuser.
Comme il est très facile de récolter des milliers de graines, on peut en donner partout autour de soi. La graine est synonyme de partage. Elle a toujours été synonyme de partage d’ailleurs. Et si on connaît beaucoup de jardiniers, on peut vite arriver à diffuser chaque année plusieurs dizaines de sachets de graines. Et comme les jardiniers sont plutôt généreux par nature (enfin, tous ceux que je connais), vous recevrez souvent en échange d’autres variétés que vous n’avez pas.

5 – Anticiper la baisse des variétés disponibles.
Vous l’avez peut-être remarqué, le nombre de variétés hybrides proposées dans les catalogues (ou sous forme de plants en jardinerie) augmente chaque année de manière insidieuse. Or ces  variétés hybrides ne sont pas reproductibles. Le risque est donc grand de se retrouver un jour à la merci complète des semenciers. C’est pourquoi il est urgent de récupérer les variétés non hybrides et de les reproduire soi-même avant qu’il ne soit trop tard. Et si dans 20 ans, vous trouvez quand même dans les catalogues des graines de tomate marmande, il y aura beaucoup de chances pour que cette marmande ne soit plus la vraie. Alors, faites vite car j’ai l’impression que tout s’accélère.

6 – Acclimater ses graines, c’est s’adapter aux changements climatiques
Je termine par ce dernier argument car il me semble essentiel. Je m’explique. On a tous des conditions de jardinage différentes qui varient d’une région à l’autre mais aussi d’un jardin à l’autre. Les phénomènes sont aujourd’hui amplifiés : augmentation des vents, pointes de chaleur, de froid, déphasage des saisons … Or, les graines qu’on nous vend sont produites dans des conditions optimales, sans excès dans un sens ou dans un autre. Les plantes qui ont produit ces graines n’ont jamais eu soif, elles n’ont jamais eu faim, elles n’ont jamais eu trop chaud, elles n’ont jamais eu trop froid, et comme elles sont cultivées la plupart du temps en serre, elles n’ont même jamais été sous la pluie ou dans les brouillards. Bref, ces plantes n’ont jamais connu la vraie vie. A nous de leur apprendre ! Bien entendu, il faut se procurer des graines au départ. Alors, si on n’a pas la possibilité d’échanger avec d’autres, achetons tout de même des graines qui viennent de plantes chouchoutées par les semenciers. Mais soyez sûrs qu’ensuite, année après année, en les semant dans les conditions qui sont celles de votre jardin et de votre climat, vous les adapterez à votre terre, plus facilement même que vous ne l’imaginez, l’acclimatation se fait déjà au bout de quelques années. Et si le climat évolue comme il est en train de le faire, certaines de vos plantes s’adapteront aussi (dans une certaine mesure) au manque d’eau, aux excès d’humidité … Les changements climatiques et les excès engendrés par ces modifications rapides font que certains jardiniers confirmés se posent même la question d’arrêter ou non la pratique du jardinage. Il est certain que dans 10 ans, ceux qui seront encore jardiniers seront ceux qui auront eu l’envie et la volonté de s’adapter et qui auront mis en place les méthodes de jardinage adéquates, la production de ses propres semences étant dans ce cas un passage (presque) obligé.

Mais la vraie raison de faire ses graines (s’il en fallait une) est résumée par cette phrase de Christian Boué (« Produire ses graines bio », éditions Terre Vivante) : « Faites-le tout simplement par amour de la vie comme, justement, une plante le fait pour ses graines ».

Laitues d’hiver

Les « laitues d’hiver » sont bizarrement dénommées car on ne les sème pas en hiver et on ne les récolte pas non plus en hiver. Simplement, elles passent l’hiver sans encombres, sans doute est-ce là l’explication du nom.

Autrefois, tous les jardiniers avaient ce type de laitues dans leur jardin. Ils les semaient au début septembre, les repiquaient fin octobre puis ils attendaient. Ils attendaient longuement car pendant plusieurs mois rien ne se passait. Les laitues restaient alors minuscules, elles ne se développaient pas mais elles ne crevaient jamais malgré le froid et l’absence de protection (même en Franche-Comté lorsque les températures descendaient à -15°C, voire encore plus bas). Et puis, en mars, miracle ! Les laitues se mettaient alors à pousser et on en récoltait alors pendant tout le début de printemps.

Ce qui est étonnant, c’est que la plupart des jardiniers que je connais ont oublié ces laitues d’hiver.

J’avais dit, je crois, dans un très vieil article (qui date de plus de 10 ans) que je testais un certain nombre de variétés d’hiver (qui ne sont pas très nombreuses, sans doute moins d’une quinzaine de variétés trouvables dans le commerce). Avec le temps, j’ai un peu épuré les choses, et je n’ai gardé que trois variétés que je vous présente aujourd’hui (toutes les photos de cet article ont été faites ce matin même).


Ces trois variétés ont toutes un

Lire plusLaitues d’hiver

Pratiques de jardinage à modifier ?

Réponse à la devinette précédente : il s’agissait du concombre du Sikkim que m’a donné mon ami Jacques (fruit issu de son jardin, cette variété est originaire du Nord de l’Inde, dans la province du Sikkim, et elle est très cultivée dans la partie orientale de l’Himalaya). Bravo à Christofor pour avoir donné une piste dès la parution de mon article puis à Eric qui a identifié qu’il s’agissait du concombre Empereur Alexandre (c’est souvent sous ce nom synonyme qu’est commercialisé en France ce magnifique légume).

Cette petite devinette n’était qu’une manière d’introduire un autre article sur le jardin. Cet article, le voici.

2018 restera sans dans les annales, comme étant sans doute l’année à partir de laquelle les étés caniculaires sont devenus la règle. Car si l’on prolonge la courbe, il y a vraiment de quoi s’inquiéter.

Il viendra malheureusement un temps, très proche à mon avis, où nous verrons les forêts franc-comtoises brûler à cause de la sécheresse (chose jamais vue ici) et où, lorsque quelqu’un tombera gravement malade, on se dira « pourvu qu’il passe l’été » alors qu’il y a peu on disait encore « pourvu qu’il passe l’hiver ». Car l’été est en train de devenir la saison la plus difficile, aussi bien pour les Hommes que pour les plantes.

Côté jardin, l’été était encore il y a peu de temps « la » saison du jardin.  Ce temps là est révolu. On commence à avoir un petit aperçu des modifications en cours. Ainsi  cette année, dès le début juillet, le soleil a grillé le feuillage des pommes de terres …

… alors que ma première expérience de culture de plante tropicale (le gombo) m’a donné toute satisfaction, contre toute attente.

Pour le jardinier,  s’il y a beaucoup d’inconvénients liés à la situation, il y aussi peut-être quelques avantages à rechercher du côté des hivers doux, des printemps sans gel, … Car il n’y a plus de doutes : on ne jardinera plus jamais comme avant et il va falloir expérimenter et modifier nos pratiques.

Et si l’on listait sur ce blog toutes les modifications qu’il pourrait y avoir dans nos futures pratiques de jardiniers ?

Groseilles, cassis & Co

Ce blog prend des vacances estivales. Le prochain article paraîtra le lundi 10 septembre. D’ici là les discussions peuvent évidemment continuer.

Aujourd’hui je vous parlerai de petits fruits. Car Joëlle et moi-même sommes dans les préparations de coulis jusqu’au cou !!!!!!!!!! Saison oblige …

Et comme le but de cet article n’est pas seulement de faire connaître des variétés intéressantes (que j’ai choisies avec soin avant plantation) mais aussi de les diffuser auprès des jardiniers de ce blog (sous forme de boutures que je peux envoyer par la Poste en novembre), je présenterai ces petits fruits sous forme de tableaux comparatifs suivis des photos des différentes variétés.

LES GROSEILLES
Le tableau d’abord (sur lequel on peut cliquer pour avoir des caractères plus gros) …
… suivi des images des différentes variétés (exactement dans le même ordre que le tableau) :

Cerise blanche

Fertile de

Lire plusGroseilles, cassis & Co

Les Estivales du jardin à Dupdup

Il y a deux ans, j’avais inauguré timidement des animations dans ce que j’avais appelé « le jardin à Dupdup ». Deux animations seulement cette année-là (« la tomate dans tous ses états » et « avoir des poules » réalisées en partenariat avec la Maison de la Nature de Brussey).

L’an passé je pensais continuer avec une vitesse de croisière (faut pas brusquer les retraités hein ?). Mais finalement, mon animation sur le thème de « la diversité des solanacées au jardin » avait eu tellement de succès qu’il a fallu programmer des séances supplémentaires (cinq au total … et j’ai dû refuser du monde).

Alors, pour cette année, estimant qu’il y a vraiment une forte demande pour ce genre d’activités, j’ai proposé six séances d’animations.

Mais là encore, c’est insuffisant. Je n’ai mis aucune affiche localement, j’ai juste envoyé quelques dizaines de mails à mon petit réseau de personnes s’intéressant au jardin et en quelques jours j’ai eu … 80 inscriptions ! (il faut dire que 2018 est une année exceptionnelle pour le jardin, les plantes ont tout ce qu’il leur faut (enfin, pour celles qui ont échappé à la grêle) : de la pluie et du soleil, la Franche-Comté bénéficie d’une atmosphère presque tropicale). Ce soir je viens de refuser du monde pour les séances du 7 et du 28 juillet qui affichent déjà complet.

Tout ça pour dire quoi ? Pour dire simplement que tout sera complet d’ici une semaine (je m’attends même à refuser dans le mois qui vient une centaine d’inscriptions) et que je tenais à donner l’info, au cas ou certains lecteurs de ce blog aient envie de s’inscrire.

A noter que ces animations se font sur un concept plutôt sympa : l’animation proprement dite (2H maximum), un apéro et un repas partagé. Et si ce sujet me tient particulièrement à coeur c’est parce que c’est l’occasion pour moi de faire de très très belles rencontres. Et l’an passé ce fut extraordinaire ! Le monde des jardiniers est un beau monde !

Consommer des salades toute l’année

Je ne connais quasiment personne qui arrive à consommer des salades toute l’année. Pourtant nos Anciens y arrivaient facilement et ce sont leurs méthodes que j’applique tout simplement et qui me permettent de consommer tous les jours, même en février/mars, des mélanges de plusieurs variétés (ainsi, pour la salade d’hier il y avait un mélange de chicorée rosa, de chicorée castelfranco, d’endive, de mâche et de moutarde asiatique).

Il faut dire que le sujet devient sensible pour les jardiniers car à la petite difficulté de faire la jonction entre les salades d’automne et les salades de printemps s’ajoute maintenant un problème de taille : trouver des variétés de laitues qui supportent nos excès de chaleur d’été et qui ne montent pas prématurément en graines. Car pour les salades, les changements climatiques sont bel et bien là !

Je travaille donc ce thème-là cette année et je serai amené à faire en fin d’été des animations sur le sujet dans mon jardin dès que j’aurai testé les variétés les plus résistantes à la chaleur (j’ai d’ailleurs comme projet de donner à tous les participants des graines des 5 variétés les plus résistantes, à charge ensuite pour eux de faire à leur tour leurs propres semences … et évidemment d’en distribuer autour d’eux).

A noter que le terme « salade » est un terme lié à l’usage culinaire et non à une famille botanique. D’un point de vue de la classification des plantes, il n’y a rien de commun entre les deux principaux types de salades, les laitues et les chicorées. Aucun point commun non plus avec les autres types de salades tels que mâche, cressons, pourpiers, roquettes …

En prévision des animations de l’été, j’ai commencé par concevoir ces jours-ci un petit calendrier permettant au jardinier amateur de faire ses semis aux bons moments dans le but de consommer de la salade tous les jours de l’année. Voici ce tableau qui est très simple (en jaune les périodes de semis, en vert les périodes de récolte) :

(on peut cliquer sur le tableau pour l’agrandir un peu)

Pour que ce tableau soit le plus simple possible, j’ai délibérément éliminé d’autres types de salades un peu plus anecdotiques (car moins productives) : pourpier, cresson, salades asiatiques … ou jouant surtout le rôle de complément aromatique (roquette, moutarde asiatique, …). Ces salades complémentaires sont à cultiver (presque) en toutes saisons.

Le tableau peut se suffire à lui-même, mais quelques précisions peuvent être très utiles :

(1) Laitues de saison (c’est à dire laitues de printemps, d’été et d’automne). Elle sont de 4 types principaux : laitues pommées (les plus consommées en France), laitues batavias, laitues romaines et laitues à couper. Dans l’idéal, il faut échelonner les semis, en semer un peu tous les 15 jours en pleine terre et les repiquer ensuite. 95% des variétés n’étant plus adaptées aux étés actuels il faut puiser dans les variétés modernes les plus résistantes à la chaleur (Kamikaze, Novelski, Canasta …), je ferai un article complet sur le sujet à l’automne prochain.

(2) Laitues d’hiver. On appelle laitues d’hiver les variétés spécialement adaptées au froid, que l’on sème en septembre, qui passent l’hiver en pleine terre sans aucune protection, et qui se mettent à pousser seulement en mars pour une récolte en avril/mai. Attention, seules quelques variétés portent le nom de laitues d’hiver, le choix est donc restreint et ne se fera que parmi quelques variétés (moins d’une dizaine disponibles chez les semenciers) : Merveille d’hiver, Val d’Orge, Brune d’Hiver, Passion, Baquieu …

(3) Chicorées scaroles. Le jardinier a un choix important car les variétés proposées chez les semenciers sont nombreuses pour les deux types de scaroles : scaroles blondes ou scaroles frisées. Certaines variétés modernes sont intéressantes car le coeur blanchit sans qu’on ait besoin de lier les feuilles. A ces deux types de scaroles classiques s’ajoutent les deux salades Cornets (Cornet d’Anjou et Cornet de Bordeaux), un peu plus résistantes au froid que les autres scaroles.

(4) Chicorées italiennes. Je nourris une véritable passion pour ce type de salades. Elles sont extraordinaires de par leur aspect et leurs qualités gustatives. Plusieurs dizaines de variétés sont maintenant disponibles (voir à ce titre le catalogue exemplaire de Baumaux). Aux variétés classiques typiquement italiennes (Trévise, Rouge de Vérone, Grumolo, Castelfranco, Palla rossa) s’ajoutent ce que l’on appelle les chicorées sauvages (de type Pain de sucre, Barbe de capucin et Pissenlit). Ce sont ces chicorées italiennes et sauvages qui vont assurer la jonction entre consommation d’automne et consommation de printemps, elles sont donc extrêmement précieuses.

(5) Endives. Les chicorées endives disponibles sur le marché sont de deux types : avec ou sans terre de couverture. Ces dernières sont plus modernes et plus faciles à cultiver car il est inutile de recouvrir la plante entière de terre, seule la racine doit être enterrée.

(6) Mâche (appelée couramment « doucette » en Franche-Comté). Le jardinier amateur a accès à une bonne dizaine de variétés. On dit que les variétés à petites feuilles sont plus résistantes au froid mais par expérience je peux vous dire que les variétés à grosses feuilles résistent facilement à des températures de -15°C (et elles sont tellement plus faciles à nettoyer !).

EN RÉSUMÉ, pour consommer des salades toute l’année, l’effort du jardinier doit porter essentiellement sur trois points :
– Rechercher absolument les rares variétés de laitues d’été qui résistent à la montée en graines (à chacun de trouver la variété idéale adaptée à son terrain).
– Semer des laitues d’hiver en septembre
– Cultiver mâche, endives et chicorées (notamment italiennes) pour faire le joint entre consommation d’automne et consommation de printemps.

Pour le reste, c’est très facile, pour peu tout de même qu’on échelonne les semis (car une salade, pour être belle et grosse, doit pousser vite !).

Les graines Solana

J’aime le mois de décembre pour plein de raisons.
D’abord parce qu’il succède à un mois difficile, je n’ai jamais beaucoup d’énergie en novembre. Mais dès que novembre est terminé, je sens que mon organisme, qui était au plus bas, repart avec force.
Ensuite parce que j’ai toujours aimé la période des fêtes, sans doute est-ce lié à l’enfance.
Mais aussi parce que je commence à recevoir les catalogues de graines, que je passe un temps fou à les consulter, et que cela me projette à fond dans l’année qui vient. J’imagine alors les récoltes futures en rêvant devant mes catalogues.

imgp5409Je pourrais vous parler une nouvelle fois du

Lire plusLes graines Solana

Inonder le monde de graines !

On n’imagine pas à quel point la nature est généreuse. Chaque plante produit la plupart du temps des milliers de graines. Les naturalistes le savent. Les jardiniers aussi.

Lorsque j’ai semé un sachet de graines de mâche le 15 août dernier, je savais que des centaines de petites plantules sortiraient de terre si je prenais le soin de maintenir la terre humide, le temps que la germination se fasse. Comme la germination s’est déroulée dans de bonnes conditions (chaleur et humidité), ce ne sont pas des centaines, mais des milliers de graines qui sont sorties de terre sur quatre parcelles différentes.

imgp8278Comme j’avais eu besoin de place pour semer la

Lire plusInonder le monde de graines !

Bonne saison pour l’aubergine !

Tiens, si on reparlait de légumes !

imgp8115
Dans les mois qui viennent, je vais continuer mes articles sur le jardinage, mais en y ajoutant chaque fois que possible une dimension culinaire (car on est en pleine période de récoltes et donc d’utilisation des fruits et légumes). Et puis, au fil des années, Dupdup se met à cuisiner de plus en plus.

L’article d’aujourd’hui est consacré à l’aubergine, un légume dont j’ai déjà raconté l’origine (voir ici l’article).

On dit un peu partout sur

Lire plusBonne saison pour l’aubergine !

Quel mode de désherbage ?

Pour éliminer les herbes envahissantes, hors de question d’utiliser pour cela un désherbant chimique. Round Up et compagnie, non merci !

La meilleure manière de désherber sans polluer, c’est encore l’huile de coude ! Et c’est pour l’instant la seule méthode que j’emploie.

Mais il y a des cas compliqués : comment faire pour désherber des espaces difficiles à entretenir ? En ce qui me concerne, je pense par exemple à ma terrasse en graviers et mon petit parking.

imgp6730Lorsque j’arrache les plantes, il y a  souvent une petite motte de terre qui vient en même temps que l’herbe.

imgp6731A ce rythme, les graviers seront en grande partie enfouis au bout de quelques années par la terre que je remonte du sol. Ma terrasse pourrait vite devenir une terrasse en terre battue, très boueuse par mauvais temps, et elle serait de plus en plus favorable à l’installation de nouvelles plantes non désirables.

Alors je recherche d’autres solutions et je me penche sur la solution éventuelle du désherbeur thermique, appareil de plus en plus vendu dans les jardineries.

Oui, certes, mais j’entends autour de moi des avis très contrastés sur le sujet.

Et si jamais le désherbeur thermique est une bonne solution, faut-il mieux utiliser un appareil à gaz ou un appareil électrique ?

J’attends les avis de ceux qui ont déjà une expérience en la matière (sachant que d’autres personnes qui viennent sur ce blog peuvent être intéressées par les réponses car on est tous plus ou moins confrontés à ce problème).

Semer ses légumes

Il est souvent question sur ce blog de semis et de terreau, mais si on en parle souvent dans les commentaires je n’ai jamais fait vraiment d’article sur le sujet. Alors je me lance.

Chacun a sa propre méthode pour semer (je parle des semis d’intérieur et non des semis en pleine terre). Voici celle que j’ai affinée au fil des années et qui me convient bien car elle me permet d’avoir au printemps des plants de légumes en excellente santé au moment du repiquage en pleine terre.

Je vais prendre l’exemple des tomates. Cet exemple permettra de voir les grands principes généraux des semis et des repiquages successifs en godets et d’aborder certaines problématiques essentielles comme la qualité du terreau. Toutes les photos de cet article ont été faites cette année, beaucoup d’entre elles étant même de ce jour.

12Si la plupart de mes tomates sont semées en mars comme

Lire plusSemer ses légumes

Automne exceptionnel pour les jardiniers

En raison du gel qui avait été annoncé pour lundi dernier, j’avais mis à profit le week-end (21 et 22 novembre) pour récolter un maximum de légumes.

Je suis d’abord allé dans le champ de mon frère qui a l’habitude de semer des tas de navets pour l’usage des gens du village (il y a au moins une vingtaine de personnes qui viennent se servir et il y avait sans doute plusieurs tonnes de navets – navet de Nancy et navet boule d’or – dans une petite parcelle de champ).

IMGP8547J’ai ramené de quoi faire pas

Lire plusAutomne exceptionnel pour les jardiniers

Variétés de courges et de potirons (2)

En Franche-Comté, le temps n’est pas encore venu de semer ses courges et potirons car traditionnellement on les sème en pleine terre courant mai (même si la tendance actuelle est de les semer en godets, notamment pour mieux gérer le problème des limaces). Si cela est vrai pour la plupart des courges appartenant aux deux espèces dominantes (cucurbita maxima et cucurbita pepo), il est une espèce de courge qu’il est impératif de semer plus tôt car son cycle de développement est plus long. Il s’agit des courges appartenant à l’espèce cucurbita moschata, que l’on appelle couramment courges musquées ou muscades. Ces courges sont à mon avis les meilleures (en tous les cas des « valeurs sures ») de toute la grande famille des courges et potirons. De couleur discrète, ces courges-là sont pourtant bien moins « tape à l’oeil » que leurs cousines présentées habituellement sur les étals (potimarrons, rouge vif d’Etampes, …).

IMGP6183

Deux courges appartenant à ce

Lire plusVariétés de courges et de potirons (2)