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Archive pour la catégorie ‘Insectes et p'tites bêtes’

Chronique de la ruche – février 2010

Vendredi 26 février 2010

Un article proposé par Christophe.
Le printemps s’annonce et beaucoup parmi les lecteurs de ce blog vont consacrer une partie de leur temps au jardinage. La préparation du potager, les semis, les plantations redémarrent !
Cette nouvelle saison signifie aussi pour moi le « réveil » de bien des formes de vie, utiles ou non au jardinier… Et particulièrement celui des abeilles.

Elles ont passé l’hiver en formant une grappe : cela limite les déperditions de chaleur, produite par contraction des muscles thoraciques. Le miel stocké permet ce long effort. La particularité des abeilles d’hiver est leur longévité : elles peuvent vivre plusieurs mois, contrairement aux abeilles des générations suivantes qui vivent environ 28 jours.

Bientôt la reine pondra de nouveau, si ce n’est déjà commencé, et ces hivernantes deviendront nourrices ou butineuses en attendant la relève.
Une température qui dépasse les 12°, les premières floraisons, voilà que viennent les conditions possibles d’un nouvel essor de la colonie. C’est un moment important pour l’apiculteur qui effectue à ce moment une visite de ses ruches. On peut alors contrôler l’état des colonies, leurs réserves, l’importance et la répartition de la ponte : la reine pond plusieurs centaines d’œufs par jour (jusqu’à 2000 paraît-il), qui produisent en 3 semaines de nouvelles ouvrières.
C’est la troisième saison pour moi et les travaux d’hiver s’achèvent (préparation du matériel, nettoyage) : vivement les fleurs !

la chenille du sphinx de l’euphorbe

Lundi 1 février 2010

Un article proposé par Etincelle
Dans les herbes, en bordure d’un petit sentier de montagne, une chenille vit sa vie de chenille.
Il se trouve que justement, vous marchez sur ce sentier.
Que faites-vous ? (barrez les réponses qui ne vous conviennent pas)
1) Je ne vois même pas cette chenille
2) Je la vois mais je n’en ai strictement rien à faire, je passe mon chemin
3) Je la vois et l’écrase : « saleté de bestiole ! »
4) Je la vois et je m’arrête pour l’admirer.
Est-il vraiment utile de préciser que je fais partie de la catégorie n°4 ?
A quatre pattes dans l’herbe mouillée, je suis restée un bon moment, sous la pluie de surcroît, émerveillée par cette époustouflante chenille.

Une peau bien lisse, une robe « Haute couture » de toute beauté, décorée de motifs géométriques colorés, un jupon rouge-orangé qui dépasse de la robe, notre chenille est sans aucun doute une des plus belles qu’on puisse contempler.
Ni queue ni tête ?
Si, mais avec les chenilles, on se pose parfois la question de savoir où sont la tête et la queue. Sur la première photo, la tête est à droite et la queue à gauche et sur la deuxième, c’est l’inverse.
Cette chenille passe par différents stades. Les couleurs vives n’apparaissent qu’au quatrième, qui est aussi l’avant-dernier. Notre petite merveille en est donc à son quatrième ou cinquième stade. Sans doute le cinquième d’ailleurs, vu sa taille qui est à peu près de 8 centimètres, la taille maximale qu’elle peut atteindre.

Le scolus (corne anale), rouge avec le bout noir semble bien agressif mais est inoffensif. Pas de dard, donc pas de risque de piqûre.
La jolie petite bêbête que voilà se rencontre en principe de juin à octobre, partout en France.
Celle de la photo a été vue en Suisse, ce qui n’est pas étonnant car cette chenille habite dans pratiquement toute l’Europe.
Elle vit sur les euphorbes, le plus souvent l’euphorbe petit-cyprès, dont elle se nourrit.


Ces plantes étant toxiques, la chenille l’est tout autant pour celui qui aurait envie de la gober (avis aux amateurs !).

Mais les prédateurs se méfient …
Une belle livrée rouge et noir comme celle-ci, le message est clair …
ATTENTION DANGER !
Les pattes rouge-orangé contrastent avec le dessous du corps jaune. La photo ci-dessous est assez explicite sur la façon dont la chenille s’accroche à une brindille.

C’est bien gentil tout ça mais une chenille, même de toute beauté, n’a pas pour destin de rester chenille. Elle doit bien finir par se transformer en chrysalide, puis en papillon, qu’elle le veuille ou non.
Quel est le papillon qui va sortir de la chrysalide ?
Bien sûr, il s’agit du Sphinx de l’euphorbe (Hyles euphorbiae). Bien que catalogué comme un nocturne, ce papillon mesurant environ 7 centimètres, évolue aussi au crépuscule et même parfois en journée, de mai à septembre, en deux générations.

Lequel papillon pondra de minuscules oeufs verts, qui en une semaine donneront naissance à la chenille.
Et voilà, la boucle est bouclée !

Papillons nocturnes en Brenne (8)

Jeudi 10 décembre 2009

Cette rubrique consacrée aux papillons nocturnes que j’ai observés lors d’un stage effectué l’été dernier à Azay-le-Ferron en Brenne (Indre) se poursuit à un rythme lent. Elle pourrait d’ailleurs ne se terminer que dans quelques années. En effet, je pense que je pourrai mettre encore en ligne une cinquantaine d’articles sur ce thème. Si certains d’entre vous n’aiment pas trop les petites bêtes, soyez patient, il ne vous reste que 3 154 jours à souffrir ! Et encore, rien de vous garantit qu’au bout de cette période je ne vais pas entamer une rubrique consacrée aux moustiques de Camargue ! Tiens, justement, à propos des moustiques camarguais, voici une photo expérimentale faite en octobre dernier au-dessus du marais du Mas d’Agon, au nord de l’étang de Vaccarès :

moustiquescamargue

Mais revenons à la Brenne et à ses nuées de papillons attirés à la lueur d’une lampe un soir de juillet 2009.

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Plusieurs espèces de sphinx ont été observées lors de ce stage. Parmi elles, le grand sphinx de la vigne dont je vous ai déjà parlé il y a quelques mois (cliquer ici pour voir l’article).

L’article d’aujourd’hui est consacré à un autre membre de cette famille : le sphinx demi-paon (Smerinthus ocellata). Pendant ces quatre nuits de « chasse nocturne », je n’ai observé cette espèce qu’à une seule reprise.

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Dans la journée, ce papillon reste immobile contre une écorce et demeure invisible aux yeux de prédateurs. Il est strictement nocturne et ne quitte les milieux humides où il vit qu’après 1h du matin.

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Je n’ai jamais eu l’occasion d’observer sa chenille. C’est pourtant une chenille énorme (80 mm). Elle vit sur le saule à feuilles étroites, le saule marsault, l’osier et parfois même sur des arbres fruitiers (le pommier le plus souvent).

Etonnant ce que dit Heiko Bellmann à son propos : « La chenille est de teinte nettement plus claire  sur la face dorsale que sur la face ventrale. Mais, du fait qu’elle se tient presque toujours la tête en bas, sa face dorsale reçoit moins de lumière que sa face ventrale, de sorte que sa teinte apparaît uniforme sur ses deux faces. Ce phénomène, connu sous le nom « d’ombre inversée intervertie », a pour effet d’effacer le relief de l’animal qui paraît ainsi plat comme une feuille et ne peut donc être reconnu comme une proie potentielle ».

J’ai remarqué que, comme beaucoup de gros papillons, le sphinx demi-paon se laisse manipuler facilement (un « citoyen idéal » donc !).

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Lorsque ce sphinx est dérangé, il écarte brusquement ses ailes antérieures et son corps s’anime de soubresauts rythmiques. L’apparition des « yeux » menaçants suffit en général à faire reculer d’éventuels prédateurs.

sphinxdemi-paon

Dans le vieux lierre… (3)

Vendredi 13 novembre 2009

Un article proposé par Christophe
EN ROUTE VERS L’APICULTURE.
Maintenant que vous êtes prêts à des aventures biologiques nouvelles, voilà le dernier pan de cette première série d’articles.
Vous vous doutiez bien que les turpitudes du méloé étaient un prétexte !
Etincelle, sans le savoir, Dupdup évidemment, ont éveillé en moi le désir de vous faire part de la belle aventure que je vis depuis maintenant près de 2 ans.

Vous vous rappelez du lierre ?

Eh bien j’y ai retrouvé là quelques insectes bien familiers.

abeilleLes abeilles !

La charmante butineuse que vous voyez là au turbin printanier est comme sa demi-sœur (tout n’est pas rose dans les mœurs sexuelles des abeilles non plus, faut pas espérer une quiétude intégrale, vous verrez je pense), probablement une des ouvrières qui peuple mes ruches. Des arbres fleuris du verger printanier aux fleurs tardives du lierre, une longue saison riche en événements, bien des choses à découvrir, bien des plaisirs et des activités.

Je compte donc, grâce « entre autres » à un superbe numéro de la Hulotte —magazine qu’Etincelle a fort à propos cité dans un de ses commentaires— vous plonger dans des réalités bien distinctes et toutes aussi intéressantes de la vie de ces extraordinaires insectes… des hyménoptères donc, Apis mellifera pour les intimes…
On y va ou bien ?

J’envisage donc, grâce « entre autres » à la Hulotte, de faire suivre cette première série d’articles par une autre consacrée à la vie des abeilles et à l’apiculture.
Il n’y a pas que les légumes !
Ce document, incomparable, est le N°28-29 de la Hulotte, grand crû 1977… le magazine le plus lu dans les terriers !
Il est possible de le commander sur le site de la Hulotte, pour 8 euros environs sans les frais de port (cliquer ici).
Des exemplaires d’occasion, moins chers, sont à rechercher sur Internet…

Cet achat n’est pas indispensable, et ne traite pas de l’apiculture, c’est juste très bien fait.

Mais ces articles ne sont pas encore écrits… Alors je taille mon crayon ?

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Le rhinocéros et le cerf-volant

Vendredi 6 novembre 2009

Un article proposé par Etincelle.
Malgré les apparences, il ne sera pas question ici d’un rhinocéros jouant au cerf-volant dans sa savane africaine, ce qui décevra sans aucun doute les doux rêveurs.

Il s’agit de deux insectes, les plus gros coléoptères qu’on peut observer en France.

Je ne sais pas trop pour les différentes régions habitées par les lecteurs du Blogadupdup, mais en ce qui concerne mon petit coin de France, dans la Drôme, si tous les ans je vois ces deux coléoptères, ce n’est quand même pas tous les jours.

Pourquoi des noms aussi extravagants pour deux insectes ?

Il suffit de les regarder pour comprendre …

Le rhinocéros (Oryctes nasicornis de la famille des Scarabaeidae), qui peut atteindre jusqu’à 4 cm de long, possède une longue corne recourbée sur la tête, rappelant celle du rhinocéros (le mammifère cette fois). Seul, le mâle est affublé de cette impressionnante corne. Ne me demandez pas si celle-ci, une fois broyée, est aphrodisiaque, je n’ai pas essayé.

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Le cerf-volant (Lucanus cervus, de la famille des Lucanidae), communément appelé lucane, est doté de mandibules hyper développées qui évoquent les bois d’un cerf. Le nom de l’insecte vient de ce que ce « cerf » peut voler.

Savez-vous qu’une personne qui s’adonne à la pratique du cerf-volant (le jeu ou sport) s’appelle un lucanophile ou un lucaniste ?

Comme pour le rhinocéros, seul le mâle, qui peut atteindre jusqu’à plus de 8 cm de long, possède ces immenses mandibules.

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En effet, la femelle lucane est loin de pouvoir rivaliser avec son mâle en ce qui concerne la longueur des mandibules.

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Le rhinocéros, qui se nourrit de bois ou de feuilles pourries n’est pas un insecte très actif.

Avec un peu de chance, on peut toutefois le voir en vol, au printemps, à la tombée de la nuit.

L’observation rapprochée nous montre un animal étrange, qui semble venu d’un monde ancien, avec sa « carapace », d’apparence très solide et ses nombreux poils roux qui semblent si fins et si soyeux …

Un contraste tout à fait surprenant.

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Monsieur Lucane, avec ses énormes mandibules est impressionnant mais on peut le prendre dans sa main sans crainte. Les mandibules ne pincent pas ou peu et servent seulement aux joutes entre mâles pour les beaux yeux d’une femelle ou pour maintenir la femelle pendant l’accouplement.

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Comme le rhinocéros, c’est un crépusculaire et quand il arrive qu’on le voit voler, on se demande bien quelle est cette grosse bestiole au-dessus de nous.

Madame Lucane, qui parait beaucoup plus gentille que Monsieur est par contre plus méchante.

J’en vois déjà qui se préparent à dire que c’est la même chose avec l’espèce humaine !

S’il lui prend l’idée de vous pincer avec ses petites mandibules ridicules, je peux vous assurer que vous sentez votre douleur et que les mandibules en question ne paraissent plus aussi ridicules.

J’en ai fait l’amère expérience au printemps.

Photo-6

Les larves du cerf-volant se nourrissent de bois mort. L’adulte, lui, se nourrit de la sève des arbres malades. Aucune crainte à avoir pour nos charpentes.

C’est un réel plaisir d’admirer ces deux insectes.

Espérons que nos petits-enfants auront encore ce plaisir.

La mondialisation à ma fenêtre !

Vendredi 23 octobre 2009

La mondialisation, c’est aussi ça : des centaines de coccinelles asiatiques qui, depuis quelques jours, cherchent à entrer par tous les moyens dans ma maison. Il y en a plein sur les encoignures des fenêtres.

coccinelles2
Devant la diversité des couleurs, j’ai fait quelques recherches sur le web, étant surpris qu’il y ait autant de variabilité d’un individu à l’autre. Effectivement, il semblerait qu’il existe une douzaine de formes très différentes appartenant toutes à la même espèce : Harmonia axyridis).

coccinelleasiatique(image extraite de ce site)

Papillons nocturnes en Brenne (7)

Jeudi 22 octobre 2009

Poursuite de ma série d’articles consacrée aux papillons de nuit que j’ai pu observer lors d’un stage cet été au début juillet en Brenne (on dit « hétérocère » mais le nom « papillons de nuit » me semble beaucoup plus doux à utiliser).

Les noms français des papillons nocturnes ne sont bien souvent que des francisations assez moches des noms latins (par exemple, la xantie, l’orthosie ou l’hyponomeute), que l’on pourrait qualifier de noms « à coucher dehors » (ce qui tombent bien, ces papillons couchent justement dehors). Mais il existe quelques papillons nocturnes auxquels l’Homme a donné des noms sympas. Ainsi l’Hermine (cerura erminea) qui doit son nom à sa livrée claire rappelant celle de notre petit mammifère du même nom.

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Lors de ce stage, j’ai pu observer ce papillon chaque nuit. D’une belle taille (jusqu’à 70 mm d’envergure), ce papillon se rencontre dans les milieux humides boisés qu’on appelle ripisylve (forêts riverains des cours d’eau), notamment dans les peupleraies et les saulaies.

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L’hermine est présente dans toute l’Europe (sauf dans la moitié sud de l’Espagne) et jusqu’en Asie mais elle est souvent assez localisée.

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Comme pour d’autres espèces de papillons, les mâles se reconnaissent à leurs antennes en forme de peigne.

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Je n’ai jamais rencontré la chenille de ce papillon et peu de gens la connaissent malgré sa grande taille (jusqu’à 7 cm de long) car elle se développe à la cime des arbres, loin des regards indiscrets. La chenille est agressive et peut projeter de l’acide formique lorsqu’elle est attaquée, c’est l’une des caractéristiques de cette espèce. Elle est spécialisée dans la consommation de feuilles de peupliers, de saules, de bouleaux et d’osiers. Elle va creuser avant l’hiver une petite auge camouflée,  incrustée dans l’écorce des arbres et c’est là qu’elle va tisser un cocon solide auquel elle mélangera des copeaux de bois pour en améliorer la résistance. Après la métamorphose, lorsque l’adulte voudra sortir au printemps, il secrétera un liquide destiné à assouplir la paroi de sa cache afin de pouvoir s’en extraire plus facilement.

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C’est au début mai que voleront les premiers adultes. Une deuxième génération d’hermine apparaîtra en juillet pour disparaître au début septembre.

Quand deux futurs se rencontrent …

Vendredi 16 octobre 2009

Emilien vient de m’envoyer cette image où se juxtaposent par un heureux hasard deux types d’êtres vivants en devenir.
De quoi s’agit-il ?

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Petite balade en Suisse (1)

Lundi 12 octobre 2009

Décidément, la Suisse est un beau pays. Les deux jours que j’y ai passé cet été m’ont conforté dans cette idée d’un pays où il fait bon vivre. Je consacrerai sans doute quelques articles dans les temps qui viennent à ma petite escapade en Suisse au début août.

Petite virée d’abord au lac de Derborence, tout près de la petite ville de Sion. Ce lac est le plus jeune lac alpestre d’Europe, il est né d’un terrible éboulement qui a eu lieu en 1749 et qui a barré la vallée.

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Il faisait très chaud le jour où nous y étions, Joëlle, Sylvain et moi. Nous n’étions pas les seuls à avoir soif. Car à l’une des extrémités du lac, des dizaines de papillons recherchaient de l’humidité dans le sable humide.

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Cela m’a rappelé des images de mon enfance car je me souviens de tous ces papillons bleus (je ne savais pas à l’époque qu’ils s’appelaient « argus » et à vrai dire je m’en foutais) qui venaient rechercher de l’humidité autour des flaques d’eau (où sont-ils passés aujourd’hui ?).

Il s étaient là par petits paquets, agglutinés sur le sable humide ou parmi les herbes poussant à fleur d’eau. Il suffisait d’arriver doucement, de se pencher délicatement sur eux, appareil photo à la main, pour les observer et les photographier de près.

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Chacun de ces papillons puisait de quoi se rafraîchir avec sa trompe.

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Je pourrais vous dire le nom de cette espèce. Mais comme vous avez pris l’habitude d’identifier avec vos bouquins certaines des photos que je mets sur mes articles, je ne résiste pas au plaisir de vous faire bosser dès le lundi matin. Mais attention, les argus (ou lycènes) font partie d’une famille assez compliquée et l’identification des différentes espèces est souvent difficile ! Pour certaines d’entre elles, il faut même observer les pièces génitales. Mais je n’avais pas pensé à amener un sécateur avec moi ! :devil:

Dans le vieux lierre … (2)

Vendredi 9 octobre 2009

Article proposé par Christophe
Vous vous souvenez ?
Colletes hederae ?
Cette petite bête proche des abeilles qui butine le lierre…

Ben je ne vous avais pas tout dit ! Car ce qui est particulièrement remarquable chez cette espèce, outre l’intérêt que lui portent quelques passionnés, c’est un des aspects de sa biologie.

Et voilà que vous allez découvrir l’extraordinaire condition des triongulins.
Figurez-vous que sous ce drôle de patronyme se cache un autre insecte, un coléoptère de la famille des Méloïdés, un méloé quoi, bon c’est Stenoria analis !

coleo(une femelle du coléoptère méloïdé Stenoria analis, le cleptoparasite de l’abeille du lierre, Colletes hederae – Photo NJ Vereecken)

Ben cette charmante bestiole a semble-t-il mis au point une stratégie proprement machiavélique. Quoique dirait Devos, proprement… faudrait voir : ça concerne des pratiques sexuelles très, très particulières, des odeurs qui n’en sont même pas mais c’est peut-être pire, bref, un genre de relation qui pourrait faire vaciller les plus résistants.

À peine long mais palpitant l’article qui suit, mais comme c’est gratuit et accessible sans accord parental : cliquer ici pour accéder à l’article.
Terrible hein ? J’avais prévenu !

Vous pourrez transmettre vos informations (si le temps ou l’envie l’ont permis) grâce au lien suivant, et qui vous donne de nombreuses informations sur le projet de l’étude, sinon tenter de contacter les urgences psychiatriques.
Encore, las de votre journée de travail, ne disposant pas du temps nécessaire à vos habituelles pérégrinations, dans l’incapacité d’aller rejoindre votre sommet préféré comme l’estran favori ou la terre du potager rendue impraticable, un petit tour dans le lierre suffira à un beau voyage, même l’an prochain ! (cliquer ici pour accéder à l’article)

La dimension « capture » ou « alcool » de cet article ne vous séduira peut-être pas, mais le reste est accessible aux grands sensibles.

Le plus dur est passé va ! La suite sera plus facile et tentante : je vous connais…

Nouvelle station de collète du lierre

Jeudi 8 octobre 2009

La suite attendue de l’article de Christophe sur le vieux lierre paraîtra demain vendredi.
Son premier article aura donné l’envie à beaucoup d’entre nous de rechercher ce bel insecte qu’est Colletes Hederae, la collète du lierre. Les vieux lierres qui sont autour de la maison n’étaient plus en fleurs et je n’ai pas eu la chance d’y voir cet insecte. Ce sera, j’espère, pour l’an prochain.
Jean-Louis Romand vient de m’envoyer de superbes images de cette abeille qu’il vient de découvrir à Saint-Vit près de Besançon, ajoutant ainsi une nouvelle station à la carte de répartition de cette espèce en Franche-Comté.

colletes3

colletes2

colletes1.
Qui est-ce qui va trouver la prochaine station de cette espèce ?

Quand l’abeille charpentière se met au travail

Lundi 5 octobre 2009

Un article proposé par Daniel
Il y a quelques années (4 ou 5, je ne sais plus …) nous avons eu la (mauvaise/bonne – rayer la mention inutile !) idée d’acheter un chlerodendron et de le planter au milieu de la pelouse, malgré la prévention de la vendeuse qui nous avait avertis de la tendance invasive de la plante. Les fleurs sont assez jolies, l’odeur épouvantable, je trouve des rejets partout dans le jardin et je dois faire une chasse permanente, mais, bon ! … c’est le royaume des sphinx et depuis 2 ou 3 ans, au cours de l’été il y a la visite d’une abeille charpentière, appelée aussi xylocope violet (xylocopa violacea).

Les trois photos suivantes se passent de commentaires !

Avant ….
chlerodendron-avant

pendant ….
abeille

et après le passage de ce gros insecte qui découpe consciencieusement les tubes des fleurs, un par un, sans en oublier aucun, d’où le résultat visible sur la troisième photo, assez spectaculaire !
chlerodendron-apres
C’est heureux que la plante ait beaucoup de fleurs à offrir, parce qu’après son passage, les autres insectes en sont pour leurs frais … dur, dur !

Dans le vieux lierre … (1)

Lundi 28 septembre 2009

Premier article d’une série proposée par Christophe
L’autre jour et pour la deuxième année consécutive, je reçois le 3 septembre un message de JYC, bien connu chez les naturalistes comtois, dont voici quelques passages :
« Salut à toutes et tous. L’an dernier déjà, j’avais lancé un message en relayant l’OPIE et sollicitant votre collaboration pour connaître un peu mieux la présence d’une abeille solitaire, Colletes hederae, qui a la particularité de ne butiner que le lierre, en septembre. Cette espèce, décrite seulement en 1992, semble assez répandue mais il reste de nombreux « vides » … La bourgade (ce sont des abeilles solitaires mais qui vivent en une « colonie » qui peut être très dense, avec de quelques centaines à quelques milliers d’individus) est implantée dans des sols friables, argilo-sableux ou limono-sableux, faciles à creuser. »

Seules 4 stations de ces petites bêtes qui forment des colonies sur sols étaient alors connues en Franche-Comté. (Je précise que l’OPIE est une association : Office Pour les Insectes et leur Environnement, une belle œuvre).

Disposant d’un répit par une belle journée de ce mois de septembre, le 15, je décide donc d’aller interroger le vieux lierre qui occupe les vieux murs au fond du jardin.
La réponse est surprenante : d’abord les odeurs fines et agréables des fleurs de cette familière et originale liane arborescente, un pur régal qui me retient à lui seul plus d’une heure.
Puis de très nombreux représentants de cette famille extraordinaire qui regroupe notamment les fourmis, les termites, les guêpes, les abeilles… j’ai nommé les hyménoptères (du grec hymên « membrane » et ptéron « aile »).

Des guêpes …
christophe1
Des abeilles …
Christophe2Qui vrombissent, butinent, vont et viennent sans cesse. Les sensations sont fortes, visuelles, auditives, visuelles et aussi kinesthésiques (le déclencheur, le rameau écarté, la bête libérée, les déplacements lents…).

Et très rapidement, la star attendue : Colletes hederae dite Collète du lierre.
Je la retrouverai quelques minutes plus tard sur un autre vieux mur garni de lierre, dans le village…
Christophe3
Les mâles (l’un illustré ici), sont plus petits que les femelles, mais comme elles portent cette belle ornementation sur l’abdomen, composée d’une alternance de stries, nettes, jaunes et noires. Notez les antennes et les yeux noirs.
Si vous supportez les petites bêtes qui risquent de vous piquer (une tolérance sûrement mal partagée) et vous adonnez à la contemplation (là je suis moins inquiet), visiter le lierre qui fleurit immanquablement à votre portée devrait vous permettre de découvrir cette espèce et enrichir la connaissance à son sujet… septembre finissant doit le permettre. Et vous deviendrez à coup sûr un contributeur essentiel au savoir !

Sûr que l’animal est beaucoup plus répandu que la carte de répartition actuelle ne le laisse supposer (cliquer ici pour en savoir plus sur la répartition et la biologie de cet insecte).

Si l’aventure vous intéresse (pas dur quand même, avec un peu de patience, de repérer malgré sa mobilité ce petit insecte zébré, plus fluet tout de même que les abeilles et les guêpes), vous contribuerez à compléter la cartographie et la connaissance de cette espèce nouvelle… ce qui est rare dans un contexte d’érosion sans précédent de la diversité du vivant !

Et bien sûr, si vous contactez cette espèce, merci de relayer l’information sur ce blog et donc aux chercheurs (dont l’un est Belge), qui s’intéressent particulièrement à Colletes hederae, mais j’y reviendrai…

Papillons nocturnes en Brenne (6)

Mercredi 9 septembre 2009

Poursuite du compte-rendu de mon petit séjour en Brenne consacré aux papillons nocturnes. Il se pourrait bien que cette série dure le temps de plusieurs dizaines d’articles que je distillerai au fil du temps, tant la diversité des papillons rencontrés était grande.

melangepapillons
Beaucoup d’espèces nocturnes sont petites et ternes et ne dévoilent leur beauté que si on les observe de très près, parfois avec une loupe ou même sur un écran d’ordinateur après avoir pris l’insecte en photo. Ainsi cette Hémithée du genêt (appelée aussi « Hémithée de la cytise ») et qui répond au doux nom de pseudoterpna pruinata (enfin, si vous l’appeliez par ce nom là, je ne suis pas certain qu’elle vous répondrait … ou alors en latin !).

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Il s’agit là d’une espèce très répandue en Europe (jusqu’en Sibérie) et que l’on peut trouver dans toute la France. Sa fréquence est due au fait que l’espèce vit dans des milieux aussi divers que friches ouvertes, lisières de forêts claires, prairies et  zones humides. La chenille vit sur les genêts, les cytises, les ajoncs …

En étant un peu attentif, vous pourrez la rencontrer en pleine journée car l’adulte est assez actif le jour. Plusieurs générations, parfois trois, se succèdent à la belle saison. Ceux de l’été sont plus petits et moins contrastés.

La dernière génération vole en septembre. Alors, ouvrez vos yeux ! Dans quelques semaines, les adultes auront disparu.

Papillons nocturnes en Brenne (5)

Mercredi 12 août 2009

Lors de ce stage fin juin/début juillet à Azay-le-Ferron en Brenne consacré aux papillons nocturnes, plusieurs espèces d’écailles ont été attirées par nos lampes. Parmi elles, l’écaille pourprée (rhyparia purpurata), appelée également écaille pourpre ou écaille mouchetée.

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Comme chez de nombreuses écailles, c’est lorsque l’insecte ouvre ses ailes qu’il montre tout l’éclat de sa parure : les ailes antérieures jaune soufré parsemées de petites tâches noirâtres s’écartent et laissent alors apparaître le rose/rouge magnifique des ailes postérieures, leurs belle tâches noire et leur fine bordure frangée jaune.

ecaille2
Cette espèce autrefois commune se raréfie et semble devenue rare dans toute la moitié nord de la France. Elle aime les lieux ouverts, aussi bien secs que humides et c’est là qu’elle vole tard dans la nuit (elle n’est attirée par les lampes qu’après minuit).

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Les oeufs vont être pondus par groupes d’une centaine sous les feuilles de ronce, de prunellier, de sauge des prés, de plantain, de centaurée, de pissenlit ou d’origan. L’espèce est donc assez éclectique et est adaptée à bon nombre de plantes. A l’automne, la chenille qui fait 1 cm de long va hiverner sur le sol. Elle grandira très vite au printemps, jusqu’à la taille de 5 cm, avant de se métamorphoser en juin.

ecaille

Papillons nocturnes en Brenne (4)

Lundi 3 août 2009

L’an passé, au printemps 2008, plusieurs personnes m’ont amené une grosse chenille afin que je l’identifie. A chaque fois, il s’agissait de la même chenille, impressionnante par sa taille énorme (10 cm environ).

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La première fois qu’on me l’a apportée, je dois avouer que je suis resté sec et que je n’avais aucun nom à proposer. C’est avec le livre « Quel est donc ce papillon ? » que je suis tombé facilement sur le nom de l’espèce. Il s’agissait du cossus gâte-bois (Cossus cossus). En lisant le paragraphe concerné, je me suis vite rendu compte des dégâts importants que pouvait faire cette espèce dont les galeries au coeur des arbres peuvent faire 2 cm de diamètre. A chaque fois, j’ai relâché les chenilles en lisière de forêt au pied d’arbres qui leur étaient favorables (bouleaux ou saules marsaults) mais loin de mes pommiers et poiriers car j’ai lu que le cossus nourrissait une affection particulière pour ces deux arbres fruitiers.

Avec une chenille aussi grosse, je me demandais bien à quoi pouvait ressembler l’adulte. J’espérais bien voir cette espèce en 2008 car le nombre de chenilles semblait exceptionnel cette année-là. Mais aucun n’est venu voler le soir à la lueur de ma lampe.

Je désespérais donc … Mais voilà que lors de mon stage en Brenne il y a un mois, un adulte est venu se poser à côté de la lampe qui servait à attirer toutes sortes de papillons nocturnes.

papillon1

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Que dire sur cette espèce ? Les oeufs sont pondus de préférence sur des plantes nourricières (souvent des arbres dépérissants ou même déjà morts) sur lesquelles il y a déjà des chenilles de cossus. L’arbre attaqué se reconnaît à sa forte odeur de vinaigre (acide pyroligneux) due à la présence des chenilles.

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Au départ, les larves s’attaquent à la partie périphérique de l’arbre (le phloème) mais en vieillissant (elles vivent de 2 à 4 ans) elles s’en prennent au coeur (l’aubier).

Ce qui est étonnant, c’est qu’avant de se métamorphoser les chenilles ont un comportement différent d’un individu à l’autre. Certaines quittent leur arbre à l’automne pour aller se faire une petite loge hivernale dans le sol et se métamorphoser ensuite au printemps. D’autres ne le quittent qu’au printemps, juste avant la métamorphose. D’autres enfin sont plus casanières et restent sur place dans l’arbre qui les ont nourries toute leur vie (peut-être ont-elles trop écouté la chanson de Brassens « auprès de mon arbre » ?).

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Sur la toile

Jeudi 30 juillet 2009

Voici quelques images de toiles d’araignées réalisées avant-hier au lever du soleil. C’est le genre de photo facile, les toiles étant chargées à cette heure-là de gouttes de rosée.

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En regardant les photos ce soir sur mon ordi, je me suis soudain rappelé que j’avais photographié une araignée de nuit il y a quelques semaines alors qu’elle était en train de tisser sa toile. J’ai fini par retrouver les photos qui étaient déjà passées aux oubliettes … !

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Vous avez remarqué que sur la dernière photo on voit nettement l’orifice qui produit le fil de soie ?

Papillons nocturnes en Brenne (3)

Mardi 28 juillet 2009

Il y a beaucoup de choses à dire sur toutes ces espèces de papillons vues pendant mon stage en Brenne. Alors, je vais les distiller au compte-gouttes pendant tout cet été et probablement plus longtemps encore.

Les papillons que nous attirions avec la lampe au mercure se fixaient en général sur les draps blancs que nous tendions. Mais certains se posaient aussi dans la végétation proche de la lampe.

feuille-morte1
J’ai été impressionné par ces papillons que l’on appelle « feuilles-mortes » et qui passent incognito dans la nature, tellement ils ressemblent à de véritables feuilles-mortes. Le deuxième soir du stage, nous avons eu la visite d’une feuille-morte du chêne (Gastropacha quercifolia), dénommé ainsi en raison de sa ressemblance avec les feuilles de cet arbre. Il s’agit-là d’une espèce censée être présente sur tout notre pays mais qui est devenue peu commune, voire rare dans la plupart des régions (elle semble même avoir complétement disparu de certaines régions françaises).

feuille-mortechene2
Les adultes volent en juin-juillet. Les chenilles éclosent en fin d’été et vont se nourrir de feuilles de prunellier, de pommier, de poirier, de bourdaine, d’aubépine … mais pas de chêne ! Elles vont passer tout l’hiver à se les geler, plaquées contre un rameau.

La troisième nuit du stage, nous avons pu admirer une autre espèce : la feuille morte du peuplier (Gastropacha populifolia). Plus clair que sa cousine du chêne, ce papillon est inféodé aux zones humides où la chenille va se nourrir de feuilles de saules, de peupliers et de frênes. Cette feuille-morte vole entre juillet et août. Elle vit dans toute l’Europe (sauf dans les îles britanniques et en Espagne) mais là aussi, la régression de l’espèce est constatée partout.

feuillemorte
Comme la feuille-morte du chêne est revenue aussi cette même nuit, l’occasion était trop belle pour les stagiaires de photographier les deux espèces côte à côte ; il faut dire qu’avec un peu de délicatesse elles se laissent manipuler assez facilement (euh, les feuilles-mortes, pas les stagiaires !).

photofeuillesmortes

deux-feuilles-mortes
Voila donc deux espèces qui m’étaient inconnues jusque-là et que j’espère trouver dans les temps qui viennent dans ma chère Franche-Comté.

Immigration clandestine

Samedi 25 juillet 2009

De nombreuses personnes ont remarqué la migration exceptionnelle des papillons « belles dames » qui ont eu lieu sur toute la France au cours du mois de mai dernier. Je n’ai pas réussi à trouver sur le net le nombre de papillons qui ont traversé la France mais il s’agit probablement de plusieurs centaines de millions d’individus. Le 16 mai, à notre arrivée en Lozère, les belles-dames étaient partout autour de nous. Quelque soit l’endroit où nous étions, des belles-dames arrivaient continuellement du sud (je n’ai jamais vu autant de belles dames se précipiter vers moi !). Il en est certainement passé quelques millions ce jour-là sur ce département.

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S’il arrive que les migrations de papillons prennent des allures spectaculaires, il en est d’autres, plus nombreuses, qui sont infiniment plus discrètes. Et notamment celles des papillons de nuit qui passent incognito.

On sait par exemple que les sphinx tête-de-mort remontent parfois plus au nord et arrivent parfois jusque chez nous en Franche-Comté (on m’avait d’ailleurs amené une chrysalide il y a quelques années et j’avais eu la chance de voir le papillon se métamorphoser un soir puis prendre son envol).

Avant-hier, Daniel, qui habite à côté de Besançon, m’a fait parvenir une photo de papillon que son épouse Monique a trouvé dans le jardin en tondant la pelouse avec … une tondeuse mécanique. Voilà donc un instrument pratique, qui entretient la forme, qui ne gêne pas les voisins par son bruit insupportable et qui laisse le temps au jardinier de regarder autour de lui et de découvrir parfois quelques petits trésors à ses pieds.

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C’est ainsi que Monique a trouvé ce magnifique sphinx.

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L’espèce a été facile à identifier, il s’agit du sphinx livournien (appelé aussi sphinx orangé), Hyles livornica, que je ne connaissais pas. Voici ce qu’en dit le guide des papillons nocturnes de France : « espèce africaine, migratrice en Europe. Commune dans le midi de la France et en Corse, beaucoup plus rare dans le nord ».

Voila donc une espèce exceptionnelle en Franche-Comté (je ne suis même pas certain qu’elle y ait déjà été signalée) et dont la présence dans le jardin de Daniel et de Monique est sans doute liée aux changements climatiques en cours.

Je ne sais pas ce que vous en pensez mais moi ça me laisse rêveur ces petits êtres qui pèsent sans doute moins d’un gramme et qui arrivent à trouver l’énergie suffisante pour traverser la Méditerranée et venir jusque chez nous.

Oiseaux semeurs

Vendredi 24 juillet 2009

Tiens, c’est quoi ce massif de tournesol qui pousse spontanément  sous la branche d’un pommier au milieu de ma pelouse ?

tournesol

Ah mais oui, ce sont juste des graines de tournesol que les oiseaux ont laissé tombées sous leur mangeoire et qui ont germé ce printemps.

pic-mar

oiseaux