Insecte récalcitrant

Un article proposé par Fifitoucourt
Pour continuer dans les devinettes, une petite énigme zoologique concernant un curieux insecte, authentique arthropode à l’allure de dinosaure. Je ne donnerai pas la solution, car je ne la connais pas.
N’ayant jamais eu de réponse satisfaisante, je soumets donc à la perspicacité des dupdupblogueurs ce petit problème: quelle estl’identité de ce petit monstre d’environ 12 mm trouvé sur une feuille de rosier un jour de mai (si mes souvenirs sont bons) photographié avec un camescope utilisé normalement pour le dérushage et au capteur un peu fatigué, ce qui explique la très mauvaise qualité de l’image, prise en 576×720, format du DV ? (Le temps d’aller chercher un appareil plus performant, l’oiseau s’était envolé… )
L’heureux gagnant aura gagné toute

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Chroniques de la ruche (4)

Un article proposé par Christophe
(Note de Bernard : désolé de n’avoir mis en ligne cet article que très tard alors que Christophe me l’avait envoyé il y a près de trois semaines, je n’avais pas vu que cet article collait autant à la saison du moment)
Avec la fin de l’hiver, une température clémente entraîne la colonie à reprendre son activité.
Ce sont d’abord de brèves sorties, des vols de propreté (excrétion à l’extérieur de la ruche), un nettoyage nécessaire après un long confinement (saletés, vieille cire, cadavres).

Arrivent aussi les premières

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Excès de z’ailes (d’insectes)

Le printemps arrive à petits pas et quelques espèces d’insectes profitent déjà du réchauffement de l’atmosphère et battent vigoureusement des ailes, par exemple au-dessus de mon tas de compost.
Rien ne ressemble plus à une aile d’insecte qu’une autre aile d’insecte. Sans doute, sans doute. Mais quand on y regarde plus près, il y a plein de différences, des petites mais parfois aussi des grosses.
Alors, si vous êtes un fin observateur de la nature, peut-être arriverez-vous à identifier les ailes de ces six insectes (c’est juste un petit exercice pour vous remettre les choses en mémoire avant la prochaine saison).

Insecte n° 1
Insecte n°

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Surchauffe dans le Haut-Jura (5)

La dernière fois que je suis allé dans le Haut-Jura, j’en suis revenu avec l’idée que les insectes de cette montagne étaient plutôt « chauds lapins » et passaient leur temps à baiser (voir mes articles 1, 2, 3 & 4).

Il y a dix jours, une petite escapade pour écouter Philippe Jarousski en l’église de Saint-Lupicin se devait d’être placée sous le signe du recueillement. Tout allait donc être très calme, loin de l’image débridée que m’avait laissée mon précédent séjour. Et puis les paysages jurassiens du secteur de Saint-Lupicin étant si beaux, il était évident que j’allais en prendre plein les yeux !

Effectivement, j’en ai

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Chronique de la ruche (3) – mai 2010

Un article proposé par Christophe

L’hiver est fini, bien qu’il ait tardé à nous libérer des froidures…
Cela a provoqué des retards et des aléas dans nos plantations ou notre programmation au potager comme dans nos sorties en quête de la nature. Mais… Mais la nature n’attend parfois pas l’élévation de la température ou l’extinction des cheminées pour suivre son rythme. Ainsi les hirondelles ont elles pâti de conditions difficiles, et de même, mes chères abeilles, programmées dans leur chronologie, n’ont-elles pas attendu plus que le lilas une phase de leur développement qui est bien connue : l’essaimage.


La reine, une pondeuse invétérée, soit qu’elle ne dispose plus de place pour pondre, soit que d’autres conditions l’y obligent (issue d’une variété essaimeuse par exemple), entraîne avec elle un groupe plus ou moins important d’abeilles, qui vont quitter la ruche après s’être emplies de munitions pour la route : jabot plein de miel.
Cette situation peut être vécue comme un désastre pour l’apiculteur, mais répond aussi à une nécessité biologique qui permet la multiplication de la colonie.
Le désastre de l’apiculteur est compréhensible : le miel stocké est en grande partie exporté, et la nouvelle reine qui sera élevée, après fécondation, ne permettra un nouvel essor de la colonie, et donc une nouvelle production de miel, que lorsque près d’un mois aura permis l’éclosion de nouvelles ouvrières et une nouvelle croissance. La chute de production (de miel !) est donc conséquente à un moment où les ressources sont considérables.
Cet essaimage constitue toutefois un moyen naturel pour l’espèce de reproduire l’espèce en fondant de nouvelles colonies. Je vous laisse le soin d’épiloguer sur ce que la notion d’essaimage peut évoquer de négatif ou de positif… Mais l’apiculteur que je suis, pas trop soucieux de la productivité, capable de récupérer un essaim, et surtout heureux de voir la vie prospérer, ne s’émeut pas outre mesure de ce comportement.
L’an passé, j’ai pour la première fois attrapé des essaims, et j’ai enrichi mon expérience cette nouvelle saison. L’essaim peut être plus ou moins important : celui qui est en image est de taille moyenne, mais j’en ai capturé un cette année qui était au moins 4 fois plus important, équivalent à deux ballons de basket : difficile à faire rentrer dans une seule ruche !
La manipulation consiste à placer cet essaim dans une nouvelle ruche, soit en secouant au-dessus, quand c’est possible, la branche qui supporte la grappe d’abeilles, soit en transférant dans un sac par exemple, l’essentiel de la grappe vers une ruche.
Si la reine se trouve dans le lot et accepte son domicile, la phase suivante offre tout simplement une possibilité d’observation extraordinaire…


Quelques abeilles battent le rappel (voir le cercle rouge qui montre l’abdomen d’une abeille en pleine activité d’émission, ce qui manque, ce sont les battements d’ailes qui appuient le message) de la troupe en émettant une phéromone (contact chimique) indiquant ainsi à celles qui forment un nuage où se retrouver. Les insectes ne tardent pas à entrer en masse, rapidement, comme en une réunion urgente et minutée dans ce nouveau lieu, une nouvelle colonie se trouve alors fondée.
La reine se remettra à pondre dès que les « cirières » auront bâti les alvéoles nécessaires, mais si le lieu ne convient pas, tout repartira !
4 essaims au compteur cette année, et une dizaine de ruches cette année, on verra la suite de cette inflation.
Je repense à ma première année au cours de laquelle je me demandais comment obtenir ma première colonie (il y a deux ans), et je réalise qu’une étape est franchie… Je suis devenu apiculteur !
Un grand plaisir, mais un drame personnel : cette intense activité des abeilles à cette période (et donc de l’apiculteur) coïncide avec une grande effervescence chez les oiseaux. Alors entre ça et le potager… ce sont presque de trop nombreux plaisirs et déplacements pour un seul homme en un mois de mai qui ne compte, désespérément, que 31 jours. Le temps qui passe, le temps qu’il fait.
Une prochaine fois, je vous parlerai sans doute du miel et de son extraction, un sujet tout de même fort appétissant, bien qu’il ne suffise pas à contenter l’horrible exploiteur que je suis devenu ! Je viens de cuisiner une tarte « crumblée » aux cerises, améliorée au miel… je ne vous raconte pas la misère de calories !

Chronique de la ruche – Avril 2010

Un article proposé par Christophe.
La fin de l’hiver et l’élévation des températures incitent la reine à redémarrer la ponte. Cette période est sensible car les provisions de miel se tarissent et il est préférable d’apporter un complément de nourriture à cette période où le butinage est encore aléatoire, fortement soumis aux conditions météorologiques. Bref, quatre de mes ruches ont passé ce cap, mais l’une d’elles a subi un de ces petits drames quotidiens…

Dans cette ruche, la reine est morte à ce terrible moment clé et j’ai assisté, désarmé, au pillage des dernières réserves par les abeilles des colonies avoisinantes. Deux jours et une ruche vide ! Je me console un peu en sachant que cette colonie était un peu fragile, sûrement malade. L’essaim bien que relativement important était peu dynamique, la reine sûrement déjà bien usée par son activité forcenée de pondeuse ! Mais j’y reviendrai sans doute à l’occasion d’une autre chronique…

Le printemps est bien là, la floraison des fruitiers est en cours, et l’arrivée du lilas annonce le plein boum dans la ruche. Observez ici une de mes gagneuses au charbon, une belle pelote de pollen accrochée à sa corbeille, le nom donné à l’aplatissement de son fémur postérieur, sur lequel une sorte d’épine évite le fatal décrochage. C’est une des extraordinaires caractéristiques de cet insecte très perfectionné.


C’est avant ce moment-là, fin mars ou début avril, que l’apiculteur ausculte ses colonies : c’est la capitale visite de printemps.

L’apiculteur a pris soin de préparer la ruche afin de contraindre les abeilles à un bâti régulier. On voit sur l’image suivante les étapes de ce travail.


Le premier cadre est uniquement préparé avec un fil tendu, on a collé à chaud sur le deuxième une plaque de cire gaufrée (ébauches d’alvéoles), le troisième cadre a été élaboré par les abeilles qui ont étiré les alvéoles à l’aide de leurs glandes cirières (une autre spécialisation extraordinaire de cette merveille de la nature). La zone noire correspond aux alvéoles qui ont contenu le couvain, donc les larves d’abeilles.

La ruche (ici modèle Voirnot que j’utilise), comporte 10 cadres. Ce sont des étages supplémentaires moins hauts (appelés hausses et que l’on ajoute au fur et à mesure de la récolte par les abeilles) dans lesquels on récolte le miel, en laissant le corps de la ruche avec des réserves normalement suffisantes pour la saison froide.

La visite de printemps permet de constater l’état général de la ruche : état matériel (remplacement d’u ou deux cadres par de neufs), sanitaire (présence d’intrus de maladie), dynamisme (quantité d’abeilles, étendue du couvain).

J’ai pris soin de préparer plusieurs ruches supplémentaires car je compte bien cette année augmenter mon cheptel ! Je vous raconterai la suite des événements (les essaims naturels ou artificiels) dans un autre épisode.

Une image tirée du net montre ici un cadre « vivant » tel que l’on peut l’observer lors de la visite de printemps.


On remarque la ponte en zones concentriques et les alvéoles blanchâtres qui correspondent vraisemblablement à des larves qui seront bientôt closes par un opercule, ces opercules étant déjà en place sur les alvéoles de teinte jaune. Les alvéoles noires, creuses, contiennent des œufs fraîchement pondus ou ont vu récemment une jeune abeille s’en extraire.

Et autour… le miel dont on voit l’aspect brillant lorsqu’il est operculé lui aussi (dès que son taux d’humidité est optimal). Il existe un autre type de réserves : le pollen.

Vous remarquerez que la forme du cadre du corps de ruche est ici rectangulaire (ruche type Dadant), carré pour moi. Alors petite devinette : pourquoi ai-je donc choisi une ruche de ce format cubique alors qu’il constitue un standard peu utilisé ?

Aux petites abeilles que vous êtes de le quérir !

Premiers papillons

Avant-hier 17 mars, le premier papillon de l’année volait derrière la maison. C’est mon premier papillon de l’année. Il s’agissait d’un citron.

Et si vous notiez dans vos commentaires la date à laquelle vous apercevez chacune des espèces de papillons ? On pourrait ainsi comparer nos observations d’une région à l’autre (ou d’un pays à l’autre, je pense par exemple à notre ami Belge).

Peut-être que vous en avez déjà observé d’ailleurs. Essayez alors de vous souvenir de la date.

Chronique de la ruche – février 2010

Un article proposé par Christophe.
Le printemps s’annonce et beaucoup parmi les lecteurs de ce blog vont consacrer une partie de leur temps au jardinage. La préparation du potager, les semis, les plantations redémarrent !
Cette nouvelle saison signifie aussi pour moi le « réveil » de bien des formes de vie, utiles ou non au jardinier… Et particulièrement celui des abeilles.

Elles ont passé l’hiver en formant une grappe : cela limite les déperditions de chaleur, produite par contraction des muscles thoraciques. Le miel stocké permet ce long effort. La particularité des abeilles d’hiver est leur longévité : elles peuvent vivre plusieurs mois, contrairement aux abeilles des générations suivantes qui vivent environ 28 jours.

Bientôt la reine pondra de nouveau, si ce n’est déjà commencé, et ces hivernantes deviendront nourrices ou butineuses en attendant la relève.
Une température qui dépasse les 12°, les premières floraisons, voilà que viennent les conditions possibles d’un nouvel essor de la colonie. C’est un moment important pour l’apiculteur qui effectue à ce moment une visite de ses ruches. On peut alors contrôler l’état des colonies, leurs réserves, l’importance et la répartition de la ponte : la reine pond plusieurs centaines d’œufs par jour (jusqu’à 2000 paraît-il), qui produisent en 3 semaines de nouvelles ouvrières.
C’est la troisième saison pour moi et les travaux d’hiver s’achèvent (préparation du matériel, nettoyage) : vivement les fleurs !

la chenille du sphinx de l’euphorbe

Un article proposé par Etincelle
Dans les herbes, en bordure d’un petit sentier de montagne, une chenille vit sa vie de chenille.
Il se trouve que justement, vous marchez sur ce sentier.
Que faites-vous ? (barrez les réponses qui ne vous conviennent pas)
1) Je ne vois même pas cette chenille
2) Je la vois mais je n’en ai strictement rien à faire, je passe mon chemin
3) Je la vois et l’écrase : « saleté de bestiole ! »
4) Je la vois et je m’arrête pour l’admirer.
Est-il vraiment utile de préciser que je fais partie de la catégorie n°4 ?
A quatre pattes dans l’herbe mouillée, je suis restée un bon moment, sous la pluie de surcroît, émerveillée par cette époustouflante chenille.

Une peau bien lisse, une robe « Haute couture » de toute beauté, décorée de motifs géométriques colorés, un jupon rouge-orangé qui dépasse de la robe, notre chenille est sans aucun doute une des plus belles qu’on puisse contempler.
Ni queue ni tête ?
Si, mais avec les chenilles, on se pose parfois la question de savoir où sont la tête et la queue. Sur la première photo, la tête est à droite et la queue à gauche et sur la deuxième, c’est l’inverse.
Cette chenille passe par différents stades. Les couleurs vives n’apparaissent qu’au quatrième, qui est aussi l’avant-dernier. Notre petite merveille en est donc à son quatrième ou cinquième stade. Sans doute le cinquième d’ailleurs, vu sa taille qui est à peu près de 8 centimètres, la taille maximale qu’elle peut atteindre.

Le scolus (corne anale), rouge avec le bout noir semble bien agressif mais est inoffensif. Pas de dard, donc pas de risque de piqûre.
La jolie petite bêbête que voilà se rencontre en principe de juin à octobre, partout en France.
Celle de la photo a été vue en Suisse, ce qui n’est pas étonnant car cette chenille habite dans pratiquement toute l’Europe.
Elle vit sur les euphorbes, le plus souvent l’euphorbe petit-cyprès, dont elle se nourrit.


Ces plantes étant toxiques, la chenille l’est tout autant pour celui qui aurait envie de la gober (avis aux amateurs !).

Mais les prédateurs se méfient …
Une belle livrée rouge et noir comme celle-ci, le message est clair …
ATTENTION DANGER !
Les pattes rouge-orangé contrastent avec le dessous du corps jaune. La photo ci-dessous est assez explicite sur la façon dont la chenille s’accroche à une brindille.

C’est bien gentil tout ça mais une chenille, même de toute beauté, n’a pas pour destin de rester chenille. Elle doit bien finir par se transformer en chrysalide, puis en papillon, qu’elle le veuille ou non.
Quel est le papillon qui va sortir de la chrysalide ?
Bien sûr, il s’agit du Sphinx de l’euphorbe (Hyles euphorbiae). Bien que catalogué comme un nocturne, ce papillon mesurant environ 7 centimètres, évolue aussi au crépuscule et même parfois en journée, de mai à septembre, en deux générations.

Lequel papillon pondra de minuscules oeufs verts, qui en une semaine donneront naissance à la chenille.
Et voilà, la boucle est bouclée !

Papillons nocturnes en Brenne (8)

Cette rubrique consacrée aux papillons nocturnes que j’ai observés lors d’un stage effectué l’été dernier à Azay-le-Ferron en Brenne (Indre) se poursuit à un rythme lent. Elle pourrait d’ailleurs ne se terminer que dans quelques années. En effet, je pense que je pourrai mettre encore en ligne une cinquantaine d’articles sur ce thème. Si certains d’entre vous n’aiment pas trop les petites bêtes, soyez patient, il ne vous reste que 3 154 jours à souffrir ! Et encore, rien de vous garantit qu’au bout de cette période je ne vais pas entamer une rubrique consacrée aux moustiques de Camargue ! Tiens, justement, à propos des moustiques camarguais, voici une photo expérimentale faite en octobre dernier au-dessus du marais du Mas d’Agon, au nord de l’étang de Vaccarès :

moustiquescamargue

Mais revenons à la Brenne et à ses nuées de papillons attirés à la lueur d’une lampe un soir de juillet 2009.

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Plusieurs espèces de sphinx ont été observées lors de ce stage. Parmi elles, le grand sphinx de la vigne dont je vous ai déjà parlé il y a quelques mois (cliquer ici pour voir l’article).

L’article d’aujourd’hui est consacré à un autre membre de cette famille : le sphinx demi-paon (Smerinthus ocellata). Pendant ces quatre nuits de « chasse nocturne », je n’ai observé cette espèce qu’à une seule reprise.

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Dans la journée, ce papillon reste immobile contre une écorce et demeure invisible aux yeux de prédateurs. Il est strictement nocturne et ne quitte les milieux humides où il vit qu’après 1h du matin.

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Je n’ai jamais eu l’occasion d’observer sa chenille. C’est pourtant une chenille énorme (80 mm). Elle vit sur le saule à feuilles étroites, le saule marsault, l’osier et parfois même sur des arbres fruitiers (le pommier le plus souvent).

Etonnant ce que dit Heiko Bellmann à son propos : « La chenille est de teinte nettement plus claire  sur la face dorsale que sur la face ventrale. Mais, du fait qu’elle se tient presque toujours la tête en bas, sa face dorsale reçoit moins de lumière que sa face ventrale, de sorte que sa teinte apparaît uniforme sur ses deux faces. Ce phénomène, connu sous le nom « d’ombre inversée intervertie », a pour effet d’effacer le relief de l’animal qui paraît ainsi plat comme une feuille et ne peut donc être reconnu comme une proie potentielle ».

J’ai remarqué que, comme beaucoup de gros papillons, le sphinx demi-paon se laisse manipuler facilement (un « citoyen idéal » donc !).

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Lorsque ce sphinx est dérangé, il écarte brusquement ses ailes antérieures et son corps s’anime de soubresauts rythmiques. L’apparition des « yeux » menaçants suffit en général à faire reculer d’éventuels prédateurs.

sphinxdemi-paon

Dans le vieux lierre… (3)

Un article proposé par Christophe
EN ROUTE VERS L’APICULTURE.
Maintenant que vous êtes prêts à des aventures biologiques nouvelles, voilà le dernier pan de cette première série d’articles.
Vous vous doutiez bien que les turpitudes du méloé étaient un prétexte !
Etincelle, sans le savoir, Dupdup évidemment, ont éveillé en moi le désir de vous faire part de la belle aventure que je vis depuis maintenant près de 2 ans.

Vous vous rappelez du lierre ?

Eh bien j’y ai retrouvé là quelques insectes bien familiers.

abeilleLes abeilles !

La charmante butineuse que vous voyez là au turbin printanier est comme sa demi-sœur (tout n’est pas rose dans les mœurs sexuelles des abeilles non plus, faut pas espérer une quiétude intégrale, vous verrez je pense), probablement une des ouvrières qui peuple mes ruches. Des arbres fleuris du verger printanier aux fleurs tardives du lierre, une longue saison riche en événements, bien des choses à découvrir, bien des plaisirs et des activités.

Je compte donc, grâce « entre autres » à un superbe numéro de la Hulotte —magazine qu’Etincelle a fort à propos cité dans un de ses commentaires— vous plonger dans des réalités bien distinctes et toutes aussi intéressantes de la vie de ces extraordinaires insectes… des hyménoptères donc, Apis mellifera pour les intimes…
On y va ou bien ?

J’envisage donc, grâce « entre autres » à la Hulotte, de faire suivre cette première série d’articles par une autre consacrée à la vie des abeilles et à l’apiculture.
Il n’y a pas que les légumes !
Ce document, incomparable, est le N°28-29 de la Hulotte, grand crû 1977… le magazine le plus lu dans les terriers !
Il est possible de le commander sur le site de la Hulotte, pour 8 euros environs sans les frais de port (cliquer ici).
Des exemplaires d’occasion, moins chers, sont à rechercher sur Internet…

Cet achat n’est pas indispensable, et ne traite pas de l’apiculture, c’est juste très bien fait.

Mais ces articles ne sont pas encore écrits… Alors je taille mon crayon ?

abeille2

Le rhinocéros et le cerf-volant

Un article proposé par Etincelle.
Malgré les apparences, il ne sera pas question ici d’un rhinocéros jouant au cerf-volant dans sa savane africaine, ce qui décevra sans aucun doute les doux rêveurs.

Il s’agit de deux insectes, les plus gros coléoptères qu’on peut observer en France.

Je ne sais pas trop pour les différentes régions habitées par les lecteurs du Blogadupdup, mais en ce qui concerne mon petit coin de France, dans la Drôme, si tous les ans je vois ces deux coléoptères, ce n’est quand même pas tous les jours.

Pourquoi des noms aussi extravagants pour deux insectes ?

Il suffit de les regarder pour comprendre …

Le rhinocéros (Oryctes nasicornis de la famille des Scarabaeidae), qui peut atteindre jusqu’à 4 cm de long, possède une longue corne recourbée sur la tête, rappelant celle du rhinocéros (le mammifère cette fois). Seul, le mâle est affublé de cette impressionnante corne. Ne me demandez pas si celle-ci, une fois broyée, est aphrodisiaque, je n’ai pas essayé.

Photo-1

Le cerf-volant (Lucanus cervus, de la famille des Lucanidae), communément appelé lucane, est doté de mandibules hyper développées qui évoquent les bois d’un cerf. Le nom de l’insecte vient de ce que ce « cerf » peut voler.

Savez-vous qu’une personne qui s’adonne à la pratique du cerf-volant (le jeu ou sport) s’appelle un lucanophile ou un lucaniste ?

Comme pour le rhinocéros, seul le mâle, qui peut atteindre jusqu’à plus de 8 cm de long, possède ces immenses mandibules.

Photo-2

En effet, la femelle lucane est loin de pouvoir rivaliser avec son mâle en ce qui concerne la longueur des mandibules.

Photo-3

Le rhinocéros, qui se nourrit de bois ou de feuilles pourries n’est pas un insecte très actif.

Avec un peu de chance, on peut toutefois le voir en vol, au printemps, à la tombée de la nuit.

L’observation rapprochée nous montre un animal étrange, qui semble venu d’un monde ancien, avec sa « carapace », d’apparence très solide et ses nombreux poils roux qui semblent si fins et si soyeux …

Un contraste tout à fait surprenant.

Photo-4

Monsieur Lucane, avec ses énormes mandibules est impressionnant mais on peut le prendre dans sa main sans crainte. Les mandibules ne pincent pas ou peu et servent seulement aux joutes entre mâles pour les beaux yeux d’une femelle ou pour maintenir la femelle pendant l’accouplement.

Photo-5

Comme le rhinocéros, c’est un crépusculaire et quand il arrive qu’on le voit voler, on se demande bien quelle est cette grosse bestiole au-dessus de nous.

Madame Lucane, qui parait beaucoup plus gentille que Monsieur est par contre plus méchante.

J’en vois déjà qui se préparent à dire que c’est la même chose avec l’espèce humaine !

S’il lui prend l’idée de vous pincer avec ses petites mandibules ridicules, je peux vous assurer que vous sentez votre douleur et que les mandibules en question ne paraissent plus aussi ridicules.

J’en ai fait l’amère expérience au printemps.

Photo-6

Les larves du cerf-volant se nourrissent de bois mort. L’adulte, lui, se nourrit de la sève des arbres malades. Aucune crainte à avoir pour nos charpentes.

C’est un réel plaisir d’admirer ces deux insectes.

Espérons que nos petits-enfants auront encore ce plaisir.

La mondialisation à ma fenêtre !

La mondialisation, c’est aussi ça : des centaines de coccinelles asiatiques qui, depuis quelques jours, cherchent à entrer par tous les moyens dans ma maison. Il y en a plein sur les encoignures des fenêtres.

coccinelles2
Devant la diversité des couleurs, j’ai fait quelques recherches sur le web, étant surpris qu’il y ait autant de variabilité d’un individu à l’autre. Effectivement, il semblerait qu’il existe une douzaine de formes très différentes appartenant toutes à la même espèce : Harmonia axyridis).

coccinelleasiatique(image extraite de ce site)

Papillons nocturnes en Brenne (7)

Poursuite de ma série d’articles consacrée aux papillons de nuit que j’ai pu observer lors d’un stage cet été au début juillet en Brenne (on dit « hétérocère » mais le nom « papillons de nuit » me semble beaucoup plus doux à utiliser).

Les noms français des papillons nocturnes ne sont bien souvent que des francisations assez moches des noms latins (par exemple, la xantie, l’orthosie ou l’hyponomeute), que l’on pourrait qualifier de noms « à coucher dehors » (ce qui tombent bien, ces papillons couchent justement dehors). Mais il existe quelques papillons nocturnes auxquels l’Homme a donné des noms sympas. Ainsi l’Hermine (cerura erminea) qui doit son nom à sa livrée claire rappelant celle de notre petit mammifère du même nom.

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Lors de ce stage, j’ai pu observer ce papillon chaque nuit. D’une belle taille (jusqu’à 70 mm d’envergure), ce papillon se rencontre dans les milieux humides boisés qu’on appelle ripisylve (forêts riverains des cours d’eau), notamment dans les peupleraies et les saulaies.

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L’hermine est présente dans toute l’Europe (sauf dans la moitié sud de l’Espagne) et jusqu’en Asie mais elle est souvent assez localisée.

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Comme pour d’autres espèces de papillons, les mâles se reconnaissent à leurs antennes en forme de peigne.

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Je n’ai jamais rencontré la chenille de ce papillon et peu de gens la connaissent malgré sa grande taille (jusqu’à 7 cm de long) car elle se développe à la cime des arbres, loin des regards indiscrets. La chenille est agressive et peut projeter de l’acide formique lorsqu’elle est attaquée, c’est l’une des caractéristiques de cette espèce. Elle est spécialisée dans la consommation de feuilles de peupliers, de saules, de bouleaux et d’osiers. Elle va creuser avant l’hiver une petite auge camouflée,  incrustée dans l’écorce des arbres et c’est là qu’elle va tisser un cocon solide auquel elle mélangera des copeaux de bois pour en améliorer la résistance. Après la métamorphose, lorsque l’adulte voudra sortir au printemps, il secrétera un liquide destiné à assouplir la paroi de sa cache afin de pouvoir s’en extraire plus facilement.

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C’est au début mai que voleront les premiers adultes. Une deuxième génération d’hermine apparaîtra en juillet pour disparaître au début septembre.

Petite balade en Suisse (1)

Décidément, la Suisse est un beau pays. Les deux jours que j’y ai passé cet été m’ont conforté dans cette idée d’un pays où il fait bon vivre. Je consacrerai sans doute quelques articles dans les temps qui viennent à ma petite escapade en Suisse au début août.

Petite virée d’abord au lac de Derborence, tout près de la petite ville de Sion. Ce lac est le plus jeune lac alpestre d’Europe, il est né d’un terrible éboulement qui a eu lieu en 1749 et qui a barré la vallée.

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lac1

Il faisait très chaud le jour où nous y étions, Joëlle, Sylvain et moi. Nous n’étions pas les seuls à avoir soif. Car à l’une des extrémités du lac, des dizaines de papillons recherchaient de l’humidité dans le sable humide.

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Cela m’a rappelé des images de mon enfance car je me souviens de tous ces papillons bleus (je ne savais pas à l’époque qu’ils s’appelaient « argus » et à vrai dire je m’en foutais) qui venaient rechercher de l’humidité autour des flaques d’eau (où sont-ils passés aujourd’hui ?).

Il s étaient là par petits paquets, agglutinés sur le sable humide ou parmi les herbes poussant à fleur d’eau. Il suffisait d’arriver doucement, de se pencher délicatement sur eux, appareil photo à la main, pour les observer et les photographier de près.

ombre
papillons2
Chacun de ces papillons puisait de quoi se rafraîchir avec sa trompe.

papillons3
Je pourrais vous dire le nom de cette espèce. Mais comme vous avez pris l’habitude d’identifier avec vos bouquins certaines des photos que je mets sur mes articles, je ne résiste pas au plaisir de vous faire bosser dès le lundi matin. Mais attention, les argus (ou lycènes) font partie d’une famille assez compliquée et l’identification des différentes espèces est souvent difficile ! Pour certaines d’entre elles, il faut même observer les pièces génitales. Mais je n’avais pas pensé à amener un sécateur avec moi ! :devil:

Dans le vieux lierre … (2)

Article proposé par Christophe
Vous vous souvenez ?
Colletes hederae ?
Cette petite bête proche des abeilles qui butine le lierre…

Ben je ne vous avais pas tout dit ! Car ce qui est particulièrement remarquable chez cette espèce, outre l’intérêt que lui portent quelques passionnés, c’est un des aspects de sa biologie.

Et voilà que vous allez découvrir l’extraordinaire condition des triongulins.
Figurez-vous que sous ce drôle de patronyme se cache un autre insecte, un coléoptère de la famille des Méloïdés, un méloé quoi, bon c’est Stenoria analis !

coleo(une femelle du coléoptère méloïdé Stenoria analis, le cleptoparasite de l’abeille du lierre, Colletes hederae – Photo NJ Vereecken)

Ben cette charmante bestiole a semble-t-il mis au point une stratégie proprement machiavélique. Quoique dirait Devos, proprement… faudrait voir : ça concerne des pratiques sexuelles très, très particulières, des odeurs qui n’en sont même pas mais c’est peut-être pire, bref, un genre de relation qui pourrait faire vaciller les plus résistants.

À peine long mais palpitant l’article qui suit, mais comme c’est gratuit et accessible sans accord parental : cliquer ici pour accéder à l’article.
Terrible hein ? J’avais prévenu !

Vous pourrez transmettre vos informations (si le temps ou l’envie l’ont permis) grâce au lien suivant, et qui vous donne de nombreuses informations sur le projet de l’étude, sinon tenter de contacter les urgences psychiatriques.
Encore, las de votre journée de travail, ne disposant pas du temps nécessaire à vos habituelles pérégrinations, dans l’incapacité d’aller rejoindre votre sommet préféré comme l’estran favori ou la terre du potager rendue impraticable, un petit tour dans le lierre suffira à un beau voyage, même l’an prochain ! (cliquer ici pour accéder à l’article)

La dimension « capture » ou « alcool » de cet article ne vous séduira peut-être pas, mais le reste est accessible aux grands sensibles.

Le plus dur est passé va ! La suite sera plus facile et tentante : je vous connais…

Nouvelle station de collète du lierre

La suite attendue de l’article de Christophe sur le vieux lierre paraîtra demain vendredi.
Son premier article aura donné l’envie à beaucoup d’entre nous de rechercher ce bel insecte qu’est Colletes Hederae, la collète du lierre. Les vieux lierres qui sont autour de la maison n’étaient plus en fleurs et je n’ai pas eu la chance d’y voir cet insecte. Ce sera, j’espère, pour l’an prochain.
Jean-Louis Romand vient de m’envoyer de superbes images de cette abeille qu’il vient de découvrir à Saint-Vit près de Besançon, ajoutant ainsi une nouvelle station à la carte de répartition de cette espèce en Franche-Comté.

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Qui est-ce qui va trouver la prochaine station de cette espèce ?