Plaisir de théâtre

Je ne vais jamais au cinéma. Mais j’aime aller au théâtre, au théâtre Edwige Feuillère de Vesoul par exemple, dans d’autres lieux également, mais aussi dans des lieux privés (chez des particuliers, ça se développe beaucoup ici).

J’ai appris à aimer le théâtre lorsque j’étais étudiant, et depuis cette époque (très lointaine), ce sont des centaines de pièces qui m’ont renforcé dans cette idée qu’il y a quelque chose d’unique et de grandiose qui se passe à chaque représentation.

L’une des pièces que je suis allé voir dernièrement est Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand mis en scène par Lazare Herson-Macarel. C’est l’une de me oeuvres préférées. Mais curieusement, ce n’est pas au théâtre que je l’ai découverte mais sur le grand écran (comme vous sans doute), dans l’un des meilleurs rôle de Gérard Depardieu. Voici l’extrait le plus célèbre de la pièce (désolé pour les sous-titrages en anglais) :

J’aime aussi les spectacles qui laissent une large place à la fois à l’expression théâtrale/poétique et à la musique. Je me souviens ainsi d’un spectacle magnifique à Vesoul il y  quelques années avec Jean-Louis Trintignant interprétant des poésies de Prévert, Vian et Desnos, avec un superbe accompagnement musical de Daniel Mille. Voici ce spectacle filmé dans un autre lieu :

Et, à propos de Jean-Louis Trintignant, en préparant cet article, je suis tombé par hasard sur ce document chargé d’émotion :

Que dire de plus ?

L’extraordinaire dans l’ordinaire

Ce blog est en congés pour deux semaines et le prochain article paraîtra le 1er janvier.

La semaine dernière, pour la première fois j’ai trouvé un peu de poésie dans les poteaux et les fils téléphoniques qui sont en bas de chez moi. Deux photos faites à deux jours d’intervalle :

Alors je vous laisse avec ces deux images, finalement très banales et très ordinaires. Mais ne faut-il pas « chercher l’extraordinaire dans l’ordinaire » ? Belle devise de vie non ?

Joyeuses fêtes à toutes et à tous !

Le marché de Boulot et d’Etuz

Il n’y a pas beaucoup de marchés en Franche-Comté (tout du moins en milieu rural). Je crois que dans notre région, il n’y a jamais eu de tradition très vivace de ce côté-là, contrairement à d’autres régions de France comme les départements du Sud.

Mais depuis quelques années, tout change et le nombre d’initiatives est impressionnant. Par exemple, le marché bio de Mesmay dont j’avais parlé il y a dix ans sur ce blog a essaimé. Ce marché, qui ne fonctionnait à l’époque qu’une fois par mois, a lieu maintenant toutes les semaines et tourne dans quatre villages (Quingey, Liesle, Byans et Mesmay).

Jamais je n’aurais pensé qu’un marché s’installerait vers chez moi. Mais c’était compter sans Aurélie qui est éleveuse de volailles. Aurélie a une pêche pas possible. Et quand elle croit à quelque chose … ! Et c’est à son initiative qu’est né en juin 2016 le marché de Boulot. Celui-ci s’est étendu l’année suivante sur le village voisin d’Etuz, selon un principe très simple d’alternance : un mercredi à Boulot, le mercredi suivant à Etuz (de 16H à 20H).

Beaucoup n’auraient pas

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Feuilles mortes


J’aime beaucoup les feuilles qui tombent à l’automne.

Hier, en voyant une feuille morte collée sur ma terrasse au bas des escaliers je me suis dit que c’est quand même très beau cette petite chose insignifiante tombée de je ne sais quel arbre. Je ne sais pas si cette feuille a lu dans mes pensées mais avant d’être chassée par le vent elle m’a laissé un petit message en forme de coeur.

Evidemment il s’agit là d’une interprétation romantique de la réalité et toute personnelle, mais il ne m’en faut pas plus pour me donner la pêche ce matin. Cette journée commence bien ! Car j’aime les petits signes de cette nature-là !

Et vous, il y a aussi parfois des petits signes qui dynamisent votre journée ?

Cette finance qui veut mettre le monde entier au pas

Je sais que certains lecteurs de ce blog lisent plus volontiers les articles que les commentaires. C’est vraiment dommage car lorsqu’il se dit quelque chose d’intéressant, c’est bien souvent dans les commentaires.

Et lorsqu’une vidéo est mise dans un commentaire, elle passe plus ou moins inaperçue.

C’est pourquoi j’aimerais revenir sur cette vidéo. Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, auteurs de « Les prédateurs au pouvoir : main-basse sur notre avenir », y parlent de l’oligarchie financière au pouvoir.

Si certains d’entre vous pensaient que la lutte des classes c’est un truc ringard d’un autre temps, cette vidéo est un regard bien différent sur le sujet.

Basta!

AUTRES JOURNAUX (1)
Cela fait au moins vingt ans que je n’ai pas regardé un journal télévisé. Et comme je n’ai jamais eu de radio à la maison de ma vie (si si ! … même s’il m’arrive de choper les infos sur France-Musique dans ma voiture), j’ai toujours eu tendance à privilégier la presse écrite. C’est un média qui me convient bien, en quelques minutes la lecture d’un article m’apporte beaucoup plus que les mêmes quelques minutes que j’aurais passées à regarder la télé ou écouter la radio. Et puis internet permet de comparer et confronter différentes sources d’information.
Mais tous les journaux généralistes appartiennent à des milliardaires ou a des grands groupes. Si vous ne me croyez pas, allez sur cette page, c’est édifiant ! Il va donc de soi qu’on a affaire forcément à une presse très tendancieuse. Car les milliardaires et les grands groupes sont, par définition, les tenants du libéralisme à tout crin. Le libre-échange, on sait ce que c’est, pour en avoir parlé en long en large et en travers dans les commentaires de ce blog. C’est ce truc qui détruit les emplois ici au nom de salaires à aligner sur ceux qui n’ont aucun droits sociaux à l’autre bout de la planète, qui détruit les économies locales des pays du Tiers-Monde. Et tout ça au nom de la libre circulation de produits de consommation, dont, pour la majorité d’entre eux, on n’a pas vraiment besoin ou que l’on sait produire nous-mêmes. Ce système qui détruit la planète et tire l’Humain vers les bas n’est jamais remis en cause par les grands journaux de notre pays. Jamais un article de fond sur le sujet. Quand on regarde le nom des propriétaires de journaux, on est bien obligé d’admettre que l’indépendance de la presse est une plaisanterie. Au moins quand on lit l’Huma on sait que c’est d’obédience communiste. D’une certaine façon, c’est plus clair et bien plus rassurant que ces semblants d’information qui ne font que reprendre tous en boucle et jusqu’à satiété les dépêches de l’AFP. Le travail d’investigation journalistique n’a plus beaucoup cours et on verra sans doute bientôt les journaux tirer leurs sources des réseaux sociaux.
Mais il existe des tas d’autres journaux, plus alternatifs, et qui nous parlent de choses qu’on ne lit pas ailleurs. Car, au-delà des petits problèmes de délinquance de nos hommes politiques et dont on nous rabâche les oreilles à longueur de journée (ça va on a compris la gravité de l’affaire Fillon, non ?, passons à autre chose), il a des tas d’autres sujets dans le monde dont on nous parle pas ou si peu.
Cette nouvelle rubrique va nous permettre d’explorer des voies d’informations différentes. Pour ce premier article je propose de vous faire découvrir cinq textes publiés dans Basta! qui est un journal que je lis beaucoup et que j’ai connu récemment grâce à Christophe. Vous allez voir, ce n’est pas du tout le genre d’articles habituels (il suffit d’aller cliquer sur le titre des articles pour y accéder). Et ce sont en général des articles qui mettent en valeur des expériences faites ça et là dans le monde ou qui dénoncent des atteintes dont sont victimes certaines populations ou catégories de populations.

A vous de vous faire une idée sur Basta!

Post-Scriptum. Bon je sais, cela n’a rien à voir avec cet article, mais par association d’idées, le nom de ce journal me fait forcément penser à Et basta !, l’album incroyable que Léo Ferré a sorti en 1979 et qui m’a énormément marqué, tant je l’ai écouté. 39 minutes de texte que je connaissais presque par coeur et qui me reviendrait sans doute assez vite si je prenais la peine de me replonger dedans.

Et, en recherchant sur Youtube, une version écourtée de Et Basta ! dans les archives de l’INA. Quelle époque où ce genre de chose était possible !

https://www.youtube.com/watch?v=7KvfhOuaLkY

Je ne résiste pas au plaisir de mettre par écrit quelques vers de ce texte :

Ton corps est comme un vase clos
J’y pressens parfois une jarre
Comme engloutie au fond des eaux
Et qui attend des nageurs rares
Tes bijoux ton blé ton vouloir
Le plan de tes folles prairies
Mon squale qui viendra te voir
Du fond de moi si tu l’en pries

Où va l’agriculture ? (2)

Lors de mon précédent article, on a dressé une esquisse peu réjouissante de l’évolution du monde agricole, victime du libre-échange généralisé au niveau de la planète. D’un point de vue économique, c’est la descente aux enfers : on est passé de 6,3 millions d’agriculteurs en 1955 (27% de la population active) à moins de 900 000 aujourd’hui (3,5 % de la population active) et la plupart vivent (ou plutôt survivent) dans la précarité avec des retraites minables. Le taux de suicide (trois fois plus élevé que dans le reste de la population) montre le mal-être de cette profession. Concernant l’évolution de l’agriculture d’un point de vue environnemental, je n’en rajouterai pas une couche, on en a déjà beaucoup parlé sur ce blog.

Mais dans le marasme actuel il y a pourtant une embellie. Il faut chercher cette embellie du côté du développement du bio.

Si le nombre de fermes qui sont en agriculture conventionnelle diminue chaque jour, il y a par contre 21 fermes bio nouvelles chaque jour. Oui, 21, vous avez bien lu. La croissance du bio est très rapide, de l’ordre de 15-20% par an et on compte aujourd’hui plus de 32 000 fermes bio en France, soit plus de 300 par département. Il n’y en avait quasiment pas il y a 20 ans, on imagine le chemin parcouru depuis.

Et ce développement est parti pour durer longtemps car la production bio reste très inférieure à la demande des consommateurs. Le nombre de magasins bio ne cesse d’augmenter (par exemple, la biocoop a déjà ouvert plus de 400 magasins), même si la grande distribution s’est emparée de ce marché (ce qui est inévitable). Et puis il y a  tous les petits circuits courts qui existent ça et là. La production bio a généré plus de 15 000 entreprises de transformation et de distribution sur le territoire.

Ce qui me semble particulièrement intéressant, c’est que certains circuits de distribution, au lieu de chercher à étrangler les paysans, les considèrent comme de véritables partenaires, s’engagent à leur payer le prix juste, soutiennent des projets collectifs, accompagnent des initiatives régionales, garantissent la transparence des échanges, construisent des partenariats dans la durée. Donc acheter bio, ce n’est pas seulement acheter des aliments sains, c’est avant tout soutenir une démarche respectueuse du monde agricole et qui permet à l’agriculteur de gagner correctement sa vie. Le grand public qui achète sa nourriture dans un circuit court, voire directement chez le producteur, est très sensibilisé à cela. Ceux qui vont dans les magasins spécifiquement bio également. Ainsi, dans le magasin où je vais, chacun à la possibilité en arrivant à la caisse de demander à ce que son ticket de caisse soit arrondi à l’euro supérieur, la différence servant à l’installation de nouveaux paysans. Et je me suis rendu compte que beaucoup de gens font la démarche de payer à chaque fois ces quelques dizaines de centimes supplémentaires.

Un agriculteur qui travaille seul dans sa ferme a du mal à vivre de ses 70 vaches, alors qu’il y a des exemples de fermes bio dont les 70 vaches permettent de faire vivre jusqu’à 10 personnes. On peut se demander comment cela est possible et cela m’a interpellé.

En essayant de comprendre, je me suis rendu compte que le lait est actuellement payé 32 cts aux agriculteurs de mon secteur mais 48 cts lorsqu’il est bio, soit exactement 50% de plus. Un agriculteur a du mal à produire son lait en-dessous de 30 cts, ce qui fait que l’agriculteur conventionnel n’arrive à dégager qu’une marge d’un ou deux centimes par litre de lait produit (quand il arrive à dégager cette marge). Si un agriculteur bio arrive à produire au même prix (on en reparlera plus bas), en vendant son lait à 48 cts, il dégage une marge de 18 cts, près de 10 fois supérieure à la marge dégagée par l’agriculteur conventionnel. On voit bien qu’il est plus facile d’avoir un bon revenu en produisant bio.  Certains objecteront que la quantité de lait produite par l’agriculteur bio sera bien inférieure à celle produite par l’agriculteur conventionnel. Certes, mais le coût de production d’un litre de lait en conventionnel est sans doute supérieur à celui d’un litre bio (car derrière l’agriculture conventionnelle il y a des coûts de production énormes : gros tracteurs, tonnes d’engrais, produits phytosanitaires, antibiotiques pour le bétail, prestations vétérinaires …) et ceci doit bien compenser cela (au moins en partie). Les chiffres que j’ai donnés ci-dessus méritent sans doute d’être affinés mais donnent une explication sur le fait que les agriculteurs bio sont ceux qui actuellement s’en sortent le mieux et qui arrivent à vivre décemment.

Mais je vois quand même deux belles ombres au tableau.

D’abord, je ne suis pas sûr que le développement du bio va permettre aux agriculteurs conventionnels actuels de passer en bio. L’agriculture de demain sera à mon avis essentiellement menée par d’autres agriculteurs, car on a affaire à deux métiers complètement différents. Un agriculteur bio peut parler pendant une heure de la vie biologique du sol alors qu’un agriculteur conventionnel a oublié que le sol est vivant et qu’il n’est pas qu’un simple substrat qu’on enrichit en azote, acide phosphorique et potasse. Et puis, l’état d’esprit n’a rien à voir. Je ne crois pas que l’agriculteur qui a passé son temps à mettre des produits chimiques sur tout, à acheter l’alimentation pour son bétail, à détruire des haies, à chercher à avoir la plus grosse vache, le plus gros rendement en maïs, le plus gros tracteur … puisse bifurquer dans une voie complètement opposée.

La deuxième chose, c’est que le cahier des charges de l’agriculture biologique est très exigeant (avec raison) et que les lobbies de toutes sortes essaient constamment de faire changer la réglementation européenne en vue de l’assouplir.  Le bio restera t-il longtemps bio ?

En conclusion, il me semble évident que dans 10 ans le bio sera dans la plupart des assiettes. Mais encore faudra t-il d’ici-là défendre fermement le cahier des charges de l’ensemble de la filière bio ? Et il est évident qu’il faudra recentrer au maximum la production au niveau local, encore plus qu’aujourd’hui.

Discussions au coin du feu

Ce blog se met en congés, histoire de recharger les batteries (plusieurs types de liquide pour batterie sont envisageables dans mon cas : Chimay, Rochefort, Carolus, Lupulus …).
Je vous retrouve pour un nouvel article le lundi 7 novembre.

J’aime plutôt bien le fonctionnement de ce blog et les échanges entre les uns et les autres.
Par moments, ça fait un peu « discussion de salon entre amis » et ça me plait beaucoup. C’est parfois comme dans la vraie vie, on finit par se connaître un peu les uns les autres, on a envie de dire des choses ou au contraire de quitter la conversation, quitte à y revenir plus tard, etc… A chacun son propre rythme. Ce blog a pris un rythme bien plus lent qu’il y a dix ans, on prend enfin le temps de souffler. Peut-être que le fait que je sois en retraite y est pour quelques chose. Car l’inactivité (toute relative) dans laquelle je suis désormais change un peu ma perception du temps qui passe, celui-ci est devenu plus élastique, toute notion d’urgence a disparu. Il y a dix ans j’aurais pu écrire « ne remets pas à demain ce que tu peux faire aujourd’hui ». Je pense qu’aujourd’hui je suis plus enclin à « ne pas faire aujourd’hui ce qu’éventuellement je pourrais faire demain ou l’année prochaine ». J’apprends progressivement la lenteur.

A propos de lenteur, de « discussions de salon », j’ai déjà dit sur ce blog que j’ai aimé la télé d’autrefois, le début de l’ORTF, l’époque où l’on prenait le temps d’interviewer les gens. J’aimais le rythme de la télé de l’époque. Et j’en ai aimé le contenu. C’était souvent tellement riche qu’il n’y avait parfois besoin que d’une seule caméra (c’est quand il n’y a plus véritablement de contenu qu’on est obligé de faire des plans qui ne durent que quelques secondes, les changements perpétuels d’images permettant ainsi de cacher la misère). Et puis je me rappelle qu’avec la lenteur de la télé, qui prenait vraiment son temps, on allait au fond des choses et du propos des uns et des autres. Aujourd’hui, il y a plein de stars (écrivains, acteurs, chanteurs …) qui viennent sur des plateaux télés, qui auraient peut-être des choses à dire (même si parfois j’en doute) mais qui ne sont là que pour faire le buzz médiatique, sourire bêtement, sortir la petite phrase anecdotique, la petite phrase assassine ; au bout du compte il ne se dit rien d’essentiel ni même d’important, bref tout ça me semble faire partie d’un monde de figuration, un monde de carton-pâte très représentatif de notre époque et dont je ne veux pas.

Il y a un an, j’avais écrit un premier article sur Georges Simenon et dans la discussion que nous avions eue, Christophe avait proposé une vidéo où Simenon, interrogé sur le personnage de Maigret, avait ensuite raconté – ou plutôt décortiqué  – la manière dont il écrivait ses romans. J’avais trouvé la vidéo admirable, tellement admirable que j’aimerais bien aujourd’hui revenir dessus (d’autant plus que la plupart des lecteurs de ce blog ne l’ont pas vue, elle était dans un commentaire et non dans un article). D’une part part parce qu’elle va dans le sens de mes propos ci-dessus concernant une époque où on allait au fond des choses et où on tirait les auditeurs vers le haut. Mais aussi parce que j’aime la relation qu’il y a dans cette vidéo entre « intervieweur » et « interviewé » (on est loin de notre époque où le journaliste coupe sans arrêt l’invité du plateau et se prend lui-même pour la star). Là aussi, dans la vidéo que je vous propose, on retrouve le côté « discussion de salon » ou plutôt « discussion au coin du feu » qui m’est cher (il n’y manque que le verre de bière à la main, mais dans le cas de Simenon il y a la pipe qui joue le même rôle).

Moi qui ne regarde pas la télé, si ce n’est de rares émissions en streaming ou en podcast, je dois dire que j’ai retrouvé dans la nouvelle émission de  Gérard Miller (sur la chaîne Toute l’Histoire, en partenariat avec le Monde) une très belle manière de faire de la télé. C’est une émission qui s’intitule « Et si c’était vous ? » et qui s’appuie sur un concept original : demander à un homme politique d’aujourd’hui d’apporter un éclairage sur une situation particulière à une époque donnée. Le premier invité politique de cette nouvelle émission est Jean-Luc Mélenchon qui nous parle de Robespierre. Ne croyez pas que je cherche à vous infliger une vidéo politique de plus sur Mélenchon (d’ailleurs ça fait longtemps, très longtemps …), là on est plus dans l’Histoire que dans la politique. On retrouve dans cette vidéo la même manière de prendre le temps de discuter, d’aller au fond des choses. Par rapport à la vidéo de Simenon, le lieu de tournage de l’émission est bien plus prestigieux, ce n’est pas  tout à fait « la discussion au coin du feu », mais quelque part c’est le même esprit qui prévaut. Et, sur le contenu, ça nous tire tout autant vers le haut.

J’espère que vous prendrez le temps de regarder ces deux vidéos.

Je vous souhaite pour les temps qui viennent de bien belles discussions au coin du feu, entre amis et de préférence … le verre à la main !

Bières artisanales (2)

Longtemps, longtemps après mon premier article, un tout petit texte consacré aux bières bretonnes de la brasserie Britt.

Je me rappelle avoir bu pour la première fois une Britt lors de ma première rencontre avec Yves à la terrasse d’un café breton. Et Yves avait écrit plus tard sur ce blog que c’était sa bière préférée.

Je reviens donc de Bretagne avec – entre autres – une belle petite panoplie de bières Britt à déguster.

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Et me vient spontanément ce vieux proverbe breton (que vous ne connaissez pas, évidemment, puisque je l’invente à l’instant) :
« Quand il pleut, les goélands s’abritent dans les rochers et les Bretons ça Britt dans les bars ».

Voilà, c’était juste un petit clin d’oeil à Yves, à Yann et aux quelques Bretons que j’ai la chance de connaître.

Les Primaires américaines

Ce blog se met en congés. Il reprendra le lundi 29 février.
Oui, je vous entends déjà médire très très fort : « Quoi, à peine retraité, il prend déjà des vacances ! ». Ben oui, et en plus, pour vous narguer, avec un verre de Gouden Carolus (ma dernière trouvaille, une véritable tuerie) à la main …

Pour ce dernier article avant ces (petites) vacances, j’aimerais parler des primaires américaines (même si ce n’est pas parmi les centres d’intérêts de la plupart des lecteurs de ce blog). Vous l’avez peut-être compris dans les commentaires des derniers jours, je suis avec beaucoup d’attention ce qui se passe actuellement aux Etats-Unis. On ne peut pas se désintéresser complètement du sujet car, qu’on le veuille ou non, la politique qui est menée là-bas, notamment en matière de politique étrangère, influe directement la nôtre. Quand les Etats-Unis, que l’on qualifie souvent de « gendarme du monde » décident de faire la guerre quelque part (et Dieu sait s’il y en a eu dans l’Histoire récente), les pays européens se mettent quasiment au garde-à-vous et partent eux aussi en guerre. Alors autant avoir un président le moins belliciste possible.

Alors qu’y a-t-il de nouveau dans ces élections américaines-là ? Il y a notamment, en plus de la candidature républicaine de Donald Trump (très atypique, on pourra en parler dans les commentaires), celle de Bernie Sanders du côté démocrate.

Personne ne misait sur lui il y a quelques 

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Smicard un jour, smicard toujours

Au 1er janvier, le Smic passe de 9,61 € à 9,67 € bruts. Six généreux centimes (moins de cinq centimes nets) !
Personnellement, je me demande comment les smicards vont faire pour dépenser toute cette manne.
Vous auriez pas des idées à leur proposer par hasard ?

(à écouter en illustration sonore de mon article : « si je tombais dans la misère«  de Bernard Dimey)

Georges Simenon

Lorsque j’ai écrit mon précédent article, ce n’était surtout pas avec la perspective d’en écrire un ensuite sur mon auteur préféré. D’autant plus qu’il m’est difficile d’expliquer pourquoi j’aime un auteur, ne le sachant pas toujours précisément et ayant encore plus de mal à l’exprimer. Mais la discussion qui a eu lieu m’a incité à me poser des questions sur le pourquoi et le comment et à essayer de formuler quelques arguments. Alors je me lance … avec tous les risques liés à l’exercice.

Comment en suis-je arrivé à Simenon ? Je ne connaissais pas cet auteur avant 2003. J’avais vu quelques adaptations télé des Maigret et c’est tout. Mais à l’occasion du centenaire de sa naissance, je me souviens que Télérama avait écrit un article très élogieux sur Georges Simenon, le qualifiant du plus grand romancier de langue française (si ma mémoire ne me fait pas défaut). J’ai su par la suite qu’André Gide avait dit de même. Cela m’a interpellé. « Comment ça, je serais passé à côté d’un bonhomme pareil ? » Et comme les éditions Omnibus avaient entrepris de publier l’ensemble des oeuvres de Simenon, j’ai acheté le volume 1, puis le 2, puis le 3 et ainsi de suite, chacun des volumes regroupant entre 8 et 10 romans. Je lis Simenon par périodes, souvent un volume complet d’affilée avant de repasser à d’autres auteurs. Je viens de terminer le volume 19 (la collection en contient 25).

Lorsque j’ai découvert Simenon, j’en ai beaucoup parlé autour de moi. Je m’en suis notamment beaucoup entretenu avec la maman de Joëlle qui a passé sa vie à lire tous les grands auteurs. Elle aimait « la grande littérature » (moderne ou ancienne) et considérait Simenon comme un écrivain de romans de gare … sans jamais l’avoir lu à vrai dire. Il a fallu que j’insiste un peu pour qu’elle ouvre le premier volume. Elle n’a plus jamais quitté cet auteur et a passé toutes les dernières années de sa vie à lire ses romans. La grande qualité d’écriture qu’elle recherchait dans les grands auteurs, elle l’a trouvée chez Simenon.

Avant de lire la suite de mes propos, vous pouvez utilement vous référer à cet article de wikipedia.

On connaît beaucoup Simenon par les romans qui mettent en scène le commissaire Maigret. Mais il y a tout le reste, et notamment ce que l’on a pris l’habitude d’appeler « les romans durs » (117 d’après l’article de Wikipedia).

Je n’ai pas participé à la discussion sur les « livres préférés » des uns et des autres car dans les livres que je porte aux nues il n’y a sans doute aucun livre de Simenon à mon Top 10.

Il est d’ailleurs assez paradoxal que je ne puisse conseiller un livre de Simenon plutôt qu’un autre. En fait, le monde de Simenon apparaît livre après livre, le tout forme un ensemble cohérent. Simenon n’a pas écrit, comme tant d’auteurs, un livre sur un sujet puis un livre sur un autre sujet. Non, il n’a écrit que des livres sur un seul thème : l’âme humaine. Au travers des personnages innombrables de ses romans, il me semble que Simenon a fouillé absolument tous les recoins de l’intérieur de l’Homme. Rien ne lui a échappé. Il n’y a jamais de véritables salauds dans ses oeuvres, il n’y a jamais non plus de personnages complètement sympathiques. Tout y est terriblement nuancé. Comme dans la vraie vie. D’ailleurs ses personnages des romans ne sont pas des personnages extravagants, ce sont souvent « des petites gens ». Pourquoi la vie les a-t-elles fait évoluer vers le statut d’assassin ou celui de victime, ou même de flic … ? Sans doute les circonstances de la vie. Avec Simenon, on se rend compte que chacun d’entre nous aurait pu prendre à un moment donné certains rails plutôt que d’autres (Simenon lui-même d’ailleurs : serait-il devenu l’écrivain que l’on connaît si sa mère l’avait aimé autant que son frère ?).

Pour illustrer ce que je viens de dire, une anecdote très connue : lorsque le jeune Simenon a proposé ses premiers écrits à un éditeur, voici ce qui lui a été répondu :

« 1° Vos romans policiers ne sont pas de vrais romans policiers. Ils ne sont pas scientifiques. Ils ne jouent pas la règle du jeu.

2° Il n’y a pas d’amour, tout au moins d’amour comme on le conçoit dans le roman policier.

3° Il n’y a pas de personnages franchement sympathiques ou de personnages franchement antipathiques. Vos romans ne finissent ni bien ni mal. C’est désastreux. »

« Ce ne sont pas des romans policiers. Ce n’est pas scientifique. Il n’y a pas de jeune premier ni d’héroïne. Pas de personnage sympathique et cela finit mal puisqu’on ne se marie jamais. Vous n’aurez pas mille lecteurs. »

La suite on la connaît : 550 millions de livres vendus, 3 500 traductions en 47 langues.

Il n’y a pas d’action – ou si peu – dans les livres de Simenon (Maigret, par exemple, n’est pas un personnage qui vit ses enquêtes à la vitesse grand V, c’est un gros roc placide). L’intrigue y est très rudimentaire (contrairement aux polars de la plupart des auteurs) et je me demande même comment on a pu adapter les Maigret à l’écran (aussi bien au cinéma qu’à la télévision). La seule force des romans repose sur le caractère des personnages, leurs zones de lumière et leurs zones d’ombre.

Des zones d’ombre, il y en a dans la vie de Simenon et sa biographie le montre sous un aspect pas toujours reluisant. Mais comme j’aime les personnages ambivalents (Dylan par exemple), je ne suis pas spécialement dérangé par cela. Chacun de mes amis a plein de zones d’ombres et cela n’enlève rien – bien au contraire – à ce qu’ils sont pour moi : des amis.

Et Simenon est devenu pour moi un ami de tous les jours, quelqu’un qui m’enrichit quotidiennement dans la perception que je peux avoir de la vie et des autres.

Et vive l’autogestion !

BELLES INITIATIVES (2)
J’avais gardé en mémoire cet article paru il y a quelques semaines dans Libé.
N’est-il pas fabuleux que des salariés puissent reprendre la gestion de « leur » entreprise ?
Ce serait super si une loi empêchait toute liquidation judiciaire (voire tout dépôt de bilan) dans le cas d’une offre de reprise de l’activité par les salariés eux-mêmes.
Combien de disparitions d’entreprises aurait-on pu éviter !
Vaste débat.

Halte à la pub !

BELLES INITIATIVES (1)
L’actualité est déprimante, quelque soit le côté vers lequel on se tourne. Aussi bien à l’intérieur de nos frontières qu’à l’extérieur. En abordant régulièrement sur ce blog des sujets d’actualité et en surlignant la noirceur de notre monde, j’ai l’impression de rajouter une couche à la morosité ambiante.
Ne pas aborder certains sujets m’est pourtant impossible.
Alors que faire ?
Finalement, en fouillant dans l’actualité, on arrive à trouver ça et là de belles actions. Le problème, c’est qu’elles sont rarement mises en valeur dans les médias. Un peu partout il y a des gens qui ne sont pas d’accord avec le système de consommation ultra-libéral qu’on essaie de leur imposer et qui mènent des expériences alternatives, souvent avec peu de moyens. Il y a aussi des collectivités qui « osent » et qui prennent des décisions à contre-pied de la tendance générale.
J’inaugure donc aujourd’hui une série d’articles sur ces actions positives, qu’elles soient le fait d’individus ou de groupements divers.
Et mon premier article est consacré à une collectivité. Je dois dire que je crois beaucoup aux vertus de l’exemple. Il ne sert à rien par exemple que la collectivité demande aux habitants de faire des économies d’énergie si elle-même n’est pas capable de réduire son éclairage public.
Mon premier article est consacré à la municipalité de Grenoble qui vient de prendre une décision qui j’espère fera tache : il va être procédé dans cette ville à la destruction de plus de 2 000 m2 de panneaux publicitaires, ce qui représente la suppression de 20 colonnes publicitaires, 326 panneaux et 64 panneaux de plus de 8m2. Seule subsistera la publicité sur les abribus qui ne peut être éliminée pour l’instant car elle fait l’objet d’un contrat avec JCDecaux jusqu’en 2019. Des arbres seront plantés à la place de certains de ces panneaux (là où c’est possible).
La destruction de ces panneaux correspond à une promesse de campagne faite par la nouvelle municipalité.
Alors, c’est-y pas bien tout ça ?

L’Echo de la Boucle

Besançon est construite à l’intérieur d’une boucle du Doubs. C’est ainsi que lorsqu’on parle du centre ville, on dit volontiers « dans la boucle ».

bouclebesanconOn ne sera donc pas surpris de voir un journal internet local se dénommer « l’écho de la Boucle ».

Sauf que cet Echo de la Boucle n’est pas un journal normal. C’est … notre Gorafi local !

Je sais que plusieurs d’entre vous ont du mal avec l’humour du Gorafi qui ne publie que des informations fausses et qui prend tout à la dérision.  Moi J’adore !

Evidemment, c’est surtout pour nous autres Franc-comtois que l’écho de la boucle présente de l’intérêt (encore que … !).

On y parle des différents secteurs géographiques de Besançon comme par exemple le parking Chamars ou la rivière Doubs.
Les différentes activités ayant lieu à Besançon sont évoquées comme par exemple les ateliers périscolaires.
Comme dans tout journal qui se respecte il y a évidemment une rubrique sport avec même un sport d’un genre nouveau et bien entendu les habituels matches de foot (dans lesquels s’illustrent nos hommes politiques locaux).
Il y a aussi de drôles de faits divers.
On y parle bien sûr, parfois de manière très grivoise, de produits locaux comme la célèbre saucisse de Morteau ou la cancoillotte.
Le reste de la Franche-Comté n’est évidemment pas oublié : on y apprend par exemple que le département du Doubs va se livrer à une expérimentation étonnante et que dans la ville de Gray on trouve de tout sur le Bon Coin !
A noter qu’il y a souvent un lien avec la politique nationale, par exemple avec la fusion des Régions (avec une petite surprise pour Yves) et avec l’Assemblée Nationale.

Si avec ça, vous n’êtes pas conquis …

Meilleurs voeux

Que dire pour cette nouvelle année ?
Quelle image la plus appropriée pour souhaiter – tradition oblige ! -de bons voeux aux blogueurs du blogadupdup ?
Pas de photo en fait.
Pas de musique non plus.
Juste une vidéo que j’ai bien aimée et qui m’a été envoyée il y a quelques mois par Nico.
Pour y accéder, il suffit de cliquer ici (il y a une bande-son, mais elle n’est pas indispensable … ou alors mettez sur votre platine l’aria des variations goldberg, tout simplement).

Dans cette vidéo, il y a un bon résumé de la vie de l’oiseau.
L’oiseau aime. L’oiseau baise. L’oiseau construit son nid. Il construit sa vie en même temps et participe aussi à la construction du monde. C’est peu. Et c’est beaucoup. Il fait la même chose depuis des dizaines de millénaires. Sans se détourner de l’essentiel. De ce qui est essentiel pour lui.
L’Homme d’aujourd’hui est loin, très loin même de ce qu’il faisait il y a des millénaires. Bien sûr, sa vie n’a pas la simplicité de celle de l’oiseau. Son cerveau développé lui permet d’aller infiniment plus loin : sur le chemin de l’Art, sur celui de la connaissance et sur celui des relations avec ses proches et les autres êtres vivants. Mais sommes-nous vraiment sur ces chemins-là que notre condition d’êtres humains devrait nous permettre ? La soif d’infini, qui est peut-être la vraie spécificité de l’Homme, n’a t’elle pas sombré dans le purement matériel, dans l’Avoir plutôt que dans l’Etre ?
Alors, si je n’avais qu’un seul voeu pour 2014, ce serait de souhaiter à chacun d’entre nous une prise de distance par rapport à un monde moderne fait de trop d’artifices et de trop d’illusions. Et de souhaiter aussi un recentrage sur ce que chacun pense être essentiel pour lui : des choses plus vraies, plus profondes, plus intemporelles et plus universelles. Un peu comme l’oiseau. Mais avec ce que notre condition humaine permet en plus.
BONNE ANNEE A TOUS !