« Les hommes sont comme des arbres … »

Il y a très longtemps, en 2006, j’avais écrit un article qui parlait des expressions liées aux fruits et légumes. Cet article, qui était le fruit d’un travail collectif fait par les lecteurs de ce blog, parlait de la signification (parfois coquine) des expressions (exemple : aller aux asperges = faire le trottoir).

Un livre, fort intéressant et paru l’an passé, donne de grandes précisions sur l’origine précise de ces expressions. Alors, si vous avez envie de savoir pourquoi on dit « toucher du bois », « beurré comme un coing », « s’occuper de ses oignons », « tomber dans les pommes », ce livre est peut-être pour vous.

A noter que l’auteur, loin de se satisfaire de l’histoire ancienne, fait souvent référence à des textes plus récents (exemple : « L’homme à tête de chou » de Gainsbourg, « La course à l’échalote » de Zidi), parfois humoristiques.

Et je ne résiste pas à vous livrer cette citation de Pierre Dac, trouvée dans ce livre, qui va vous faire rire (enfin, plus les filles que les mecs je crois …) : « Les hommes sont comme des arbres : avec l’âge ils deviennent durs de la feuille et mous de la branche »

La Grande Librairie avec Sylvain Tesson

Je ne regarde jamais la télé, à tel point que je n’ai pas vu un seul journal télévisé depuis le siècle dernier (bien que je m’intéresse plutôt beaucoup à l’actualité, je n’aime que la presse écrite car ça va infiniment plus vite pour s’approprier les choses!). Mais, les rares fois où je la regarde, c’est parce que Dan et Dom m’envoient un mail du genre « ce soir émission Trenet sur Arte » ou « Camille Kouchner à la Grande Librairie ». Donc trois ou quatre fois par an, grâce à Dan et Dom (ou à cause d’eux !) j’allume la télévision (ça me convient bien de la regarder de temps en temps, ça me convient très très bien de ne pas la regarder le reste du temps).

Et cette semaine, ce fut à nouveau la Grande Librairie, émission d’une rare intelligence (grâce à François Busnel), qui nous proposait un dialogue, axé notamment sur la mort, avec Sylvain Tesson. Evidemment, comme à chaque fois, je ne souhaite pas qu’une émission télé, aussi exceptionnelle soit-elle, vienne perturber ma petite vie bien tranquille. Alors cette émission-là, comme les autres, je l’ai regardée en replay les jours suivants (c’est très très pratique !!!).

Sylvain Tesson, je dois le dire, c’est ma grande découverte de l’année ! Ce qu’il a raconté dans la Panthère des neiges m’a bouleversé. Et j’ai été très ému par son histoire personnelle, sa chute, sa gueule fracassée, sa force intérieure qui a permis la résurrection …

Il faut avoir un compte personnel (c’est gratuit) pour revoir l’émission. Si cela vous tente, allez sur ce lien, vous devriez trouver facilement :

https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/la-grande-librairie-saison-14/3342676-emission-speciale-sylvain-tesson.html

Belle semaine à vous tous !

Le sens du partage (2)

Juste une petite anecdote que j’ai vécue l’été dernier.
Si l’année 2021 a été plutôt une bonne année pour le jardin, elle ne l’a pas été pour les tomates.
Des amis m’ont amené visité le jardin de Christian au mois d’août. Très beau jardin (dans la droite ligne des jardins d’autrefois, comme je les aime) ! Dans la conversation, j’ai glissé le fait que j’avais réussi à faire quelques dizaines de bouteilles de sauces tomates mais que je n’irais guère plus loin, à cause du mildiou qui commençait d’attaquer tous mes plants. Christian m’a dit « Je verrrai ce que je peux faire ». 1 mois plus tard il m’appelait pour me dire de passer, il m’avait préparé deux magnifiques caisses de tomates d’excellente qualité (j’ai rarement vu des tomates aussi saines), gorgées de jus ! Et lorsque je suis arrivé, il m’a demandé « tu aimes les brocolis ? ». Alors il m’a mis par dessus le marché une grosse caisse de brocolis magnifiques (je n’ai jamais réussi à en avoir d’aussi beaux dans mon jardin).


Ce qui est dingue, c’est que Christian est quelqu’un que je ne vois presque jamais, une fois tous les dix ans peut-être … !
Là où je veux en venir avec cet article, c’est que le don gratuit existe encore dans nos campagnes. Placé dans le contexte de notre vie moderne, cela peut sembler extraordinaire. Mais en fait c’est juste la survivance d’une autre époque où les relations étaient bien différentes dans les villages et où ce type de relations était monnaie courante.
J’ai conscience que ce monde-là, qui est le monde campagnard d’où je viens, est en train de disparaître rapidement. Pas sûr qu’on verra ce genre de choses dans 10 ou 20 ans !
Cet automne je suis allé porter deux sacs de racines d’endives à Christian. Car, bien évidemment, c’est aussi comme ça que ça fonctionne : dans les deux sens !
Putain, ce que j’aime cette manière de faire !

Vers la résilience alimentaire (1)

Peut-être qu’un jour un virus fera des dégâts sérieux sur la population de la planète. Mais, visiblement, ce n’est pas le virus actuel qui le fera.
Par contre, bien plus que la crise sanitaire actuelle (qui est bien plus une crise de notre système de santé, de notre système de prise de décision, … qu’une véritable crise sanitaire), je vois arriver un danger bien plus grave : celui de notre système d’alimentation en lien avec le mode de production agricole.

J’ai déjà lu beaucoup d’alertes sur le sujet. Voici un ouvrage important qui est paru en 2020 sur cette problématique et qui synthétise bien les choses.

L’ouvrage « Vers la résilence alimentaire » qui a été produit par « Les Greniers d’Abondance » (collectif d’agronomes, chercheurs, anthropologues, économistes …) et publié aux éditions Yves Michel fait, dans la première partie de l’ouvrage, le point sur les menaces qui pèsent sur notre système de production de notre alimentation :
changement climatique (modification de la croissance des végétaux, impact sur les ravageurs de cultures, problème de gestion de l’eau),
érosion de la biodiversité sauvage et cultivée (problèmes de pollinisation, vulnérabilité et manque d’adaptation des plantes, …),
dégradation et artificialisation des sols (sols érodés de moins en moins fertiles, pollution des sols, urbanisation),
épuisement des ressources énergétiques et minières (dépendance de l’agriculture vis à vis du pétrole et des engrais, dont on sait qu’ils sont « non renouvelables »),
instabilité énonomique et politique (niveau d’endettement global = 320% du PIB mondial, pauvreté des agriculteurs qui vendent leurs produits à perte, absence de repreneurs des fermes familiales, concentration de la distribution dans quelques mains …).

Et il faut rajouter à tout ça des tas d’autres choses toutes aussi importantes : le gaspillage généralisé de la nourriture, la spéculation alimentaire au niveau mondial (il y a parfois des bateaux entiers de céréales qui sont bloqués dans les ports, provoquant des pénuries, qui vont faire grimper le cours mondial des produits, c’est d’ailleurs le but recherché) et bien entendu le fait qu’il n’y a plus de lien entre agriculture et territoires (à ce sujet, la revue Zadig, dans son numéro spécial sur l’alimentation d’il y a quelques mois, a montré que dans le Morvan il n’y a que 4% de la nourriture consommée qui vient du Morvan).

Le constat global de ce livre est édifiant.

Ce livre m’a fait prendre conscience que la masse des menaces est telle que le moindre grain de sable qui viendrait perturber la fragile machine (ne serait-ce qu’une augmentation significative du prix du pétrole, une baisse de la croissance ou une crise financière) viendrait paralyser le système.

Je n’aime pas jouer les oiseaux de mauvaises augures, mais la probabilité d’une crise alimentaire majeure me semble importante. Ce sera peut-être dans quelques mois, quelques années, voire une ou deux décennies, mais tous les ingrédients sont là pour dire que cette hypothèse est largement crédible.

Bien sûr, le livre propose des mesures importantes pour sortir de la situation, notamment en lien avec les territoires. C’est la deuxième partie de l’ouvrage. J’en parlerai dans un autre article. Mais pour l’instant, j’avais juste envie qu’on discute du constat de départ.

Petit rappel : à un moment donné (en  décembre 2019), j’avais annoncé que je parlerais sur ce blog du livre de Fabrice Nicolino « lettre à un paysan sur le vaste merdier qu’est devenue l’agriculture » mais au final je n’en ai pas parlé (explication : c’était au moment où j’avais annoncé que j’arrêtais le blog). Je sais que certains d’entre vous l’ont lu tout de même. En tous les cas, c’est un très bon complément au livre dont je viens de parler, car il peut aider à comprendre comment notre monde en est arrivé là.

Aliments fermentés (1)

Une partie importante de notre nourriture et de nos boissons est constituée d’aliments fermentés. Mais, ce n’est pas parce que l’Homme s’est sédentarisé il y a dix mille ans qu’il a mis ensuite en place ces types d’aliments. Non, c’est exactement l’inverse : c’est parce qu’il avait découvert la fermentation que l’Homme s’est ensuite sédentarisé. Dit en d’autres termes : c’est la fermentation qui a créé la civilisation et non l’inverse. Etonnant, non ?

Le sujet de la fermentation est très vaste, il touche à des tas de domaines, et j’aimerais entamer une série d’articles sur ce sujet. Je vous parlerai notamment, dans un article à venir, du livre passionnant de Marie-Claire Frédéric : « Ni cru ni cuit – Histoire et civilisation de l’aliment fermenté » (Alma Editeur, 2014, 360 pages). J’avais lu ce livre il y a trois ou quatre ans, je suis en train de le relire.

Voici ce que dit la 4ème de couverture de ce livre : « Nous sommes les descendants de ces hommes et femmes qui ont survécu à tous les aléas, depuis des millénaires, grâce à leurs fromages, leurs poissons saumurés et leurs saloirs remplis de viandes et de chou fermenté. Nous sommes humains parce que nous cuisons nos aliments, certes, mais aussi, et surtout, parce que, depuis encore plus longtemps, nous les faisons fermenter. L’aliment fermenté n’est pas un aliment comme les autres : la fermentation apporte à l’alimentation une sorte de verticalité qui nous conduit dans un autre domaine : la nourriture ne sert plus seulement à sustenter le corps, mais elle acquiert un sens, elle entre dans la dimension des relations humaines, de la mémoire individuelle et collective, de l’histoire, de l’identité des groupes sociaux, voire du sacré. Entre le cru et le cuit, le fermenté a accompagné les humains depuis le début de leur existence, et il est probable qu’il ne s’éteindra pas tant que l’humanité habitera cette terre ».

Mais pour aborder ce sujet très dense de la fermentation, j’avais envie de commencer par quelque chose d’assez léger, plus facile à digérer qu’un pavé de 360 pages, aussi passionnant soit-il. Et la vidéo que je vous propose, qui annonce haut et fort que la bière est à l’origine de notre civilisation (rien que ça !), est une très bonne et très agréable introduction à la série d’articles que j’espère vous proposer prochainement.

 

Une série déjà ancienne : « Treme »

Les amateurs de séries sont peut-être passés à côté de la série « Treme » (prononcez : Trémé) parue il y a une dizaine d’années. J’en parle seulement aujourd’hui car on vient juste de finir de la visionner (4 saisons, soit 36 épisodes de presque 1 heure chacun). Cette série est considérée comme une très bonne série, malgré le fait qu’elle n’ait pas eu beaucoup d’audience (elle a tout de même été diffusée en France sur France Ô). Mais la chaîne qui l’a produite (HBO) est réputée pour son engagement militant à faire des séries qui collent à la vie sociale américaine, en tournant de nouvelles saisons, même lorsque l’audience n’est pas au rendez-vous (cette chaîne a produit notamment The Wire, Les Soprano, Six feet under …). L’auteur de cette série, qui avait déjà réalisé The Wire (« Sur écoute ») est David Simon.

Le thème de cette série : la vie à la Nouvelle-Orléans après le passage de l’ouragan Katrina en 2005. La série raconte la vie d’une dizaine de personnes, venues de tous horizons, dans le quartier de Treme. La plupart de ces personnes sont amenées à se rencontrer pendant la série. La vie à la Nouvelle-Orleans est difficile pour presque tout le monde : barmans, cuisiniers, musiciens, enseignants, personnes en recherche de disparus, avocats … La vie est d’autant plus difficile que les croques-morts vieillent. Quand je dis « croques-morts », je veux bien entendu parler de tous ceux qui profitent de la situation chaque fois qu’un malheur s’abat sur le monde, et vous avez donc peut-être deviné qu’on croise aussi dans cette série des politiciens véreux (ouh le beau pléonasme !), des promotteurs, des financiers, des flics corrompus, des compagnies d’assurance, des meutriers, …

Le quartier de Treme est riche de la diversité des gens qui le peuple : noirs, blancs, asiatiques et même des indiens (22 tribus sont recensées à la Nouvelle-Orleans). C’est donc un quartier multiculturel dans lequelle les différentes communautés semblent plutôt bien s’entendre.

Je vous ai cité la plupart des ingrédients qui font de cette série une série très intéressante. Mais le véritable plus de cette série, c’est la musique. Car, bien évidemment, la musique est partout à la Nouvelle-Orléans. C’est quand même la ville de Louis Armstrong, de Sidney Bechet , de Fats Domino, … ! La musique est dans la rue, dans les bars, dans les circonstances difficiles (enterrements) ou heureuses (le carnaval), elle est partout et plusieurs personnages que l’on suit pendant la série sont d’ailleurs musiciens. Il y a du jazz, bien évidemment, du rythm and blues, de la country et plein d’autres musiques. Beaucoup de musiciens jouant dans la série sont de la Nouvelle-Orleans et jouent leur propre rôle (on y rencontre notamment Fats Domino et Dr John qui étaient encore vivants à l’époque du tournage). La série laisse donc une large part à la musique et c’est notamment à travers la vie des musiciens qu’on découvre la vie de la ville (et ses problèmes).

En temps normal je n’aurais sans doute pas parler de cette série ancienne sur le blog. Mais voilà, les séries consacrées à la musique, ce n’est pas si fréquent que ça !

On trouve quelques extraits de Treme sur Youtube, en voici cinq :

Pour amateurs de jazz (qui ne peuvent pas passer à côté de cette série) mais aussi, bien évidemment, pour tous les autres !

Pour celles et ceux d’entre vous qui n’habitent pas trop loin de chez moi, je peux prêter l’intégrale en DVD.

Des artistes à domicile !

Il y a eu une petite discussion un peu musclée sur ce blog à propos des sportifs, suite à un commentaire dans lequel je disais grosso modo que le sport professionnel n’a aucune valeur significative s’il n’est pas le reflet d’une vie sportive à la base et qu’un pays dans lequel les enfants ne jouent pas au ballon (dans la rue ou ailleurs) n’a pas beaucoup de légitimité pour gagner une coupe du monde. Et j’ai ajouté que si les pays africains nous fournissent en joueurs d’exception (les meilleurs au monde) ce sont avant tout eux qui méritent de gagner les coupes mondiales. Je ne l’ai pas dit avec ces mots-là mais c’est ce que ça voulait dire. Mais c’est sur le fait que j’aie dit que la pratique sportive diminuait en France que les échanges ont été un peu houleux. Tout ça c’est la vie !

Ce nouvel article, que je mets en ligne ce soir, va dans le même sens mais pour un domaine complètement différent : la culture. Mais la comparaison entre sport et culture s’arrête-là car s’il n’y a plus beaucoup de jeunes qui jouent au ballon, il y en a beaucoup qui jouent d’un instrument de musique et le nombre de personnes ayant appris à jouer à un moment ou à un autre d’un instrument est de plus de 20 millions dans notre pays. Mais bon, je ne voudrais pas réduire le sens de mon propos à la musique qui n’est qu’un aspect particulier de la culture.

Notre vie culturelle en France, ce n’est pas le monde des grands artistes professionnels (aussi excellents soient-ils d’ailleurs) mais avant tout le monde des petits artistes qui font vivre au quotidien la musique, la poésie, l’art en général. Et le secteur où j’habite vit, d’un point de vue culturel, grâce à un réseau non seulement d’artistes (amateurs ou professionnels « gagne-petits » qui n’arrivent pas forcément à obtenir le statut d’intermittents du spectale) mais aussi grâce à des structures associatives tenues par des poignées de bénévoles (exemple du Comité d’animation de Voray, dont je fais modestement partie, qui organise à quelques km de chez moi 4 concerts annuels de qualité exceptionnelle).

Lorsque j’ai écrit mon dernier article, celui sur Doumé, c’est avec la même intention de rendre honneur à ce peuple de fourmis, de petites mains, qui maintiennent vivante une certaine tradition de la chanson. Je pourrais dire la même chose, ou à peu près, si je parlais des groupes qui jouent dans les bars (quelque soit le type de musiqsue) ou des chorales qui contribuent à maintenir vivante la transmission de la musique.

La musique ne peut pas aujourd’hui se résumer à des vidéos qu’on regarde sur youtube ou des disques qu’on écoute sur les sites de streaming (tout comme on ne peut réduire la littérature d’aujourd’hui aux derniers Goncourt …). Car ce mode de diffusion, que l’on dit plus moderne, c’est aussi la mort annoncée des artistes (vaste sujet dont on peut discuter). En d’autres termes : le concert vivant avant tout, bordel de m… !

J’en arrive à l’objet de mon article.

Depuis une dizaine d’années, j’ai vu apparaître un phénomène nouveau en Franche-Comté : celui des spectacles à domicile. Peut-être qu’auparavant ça existait ça et là, mais la dynamique de ce genre de spectacle est plutôt récente. Il est bien évident que cela a lieu également dans les autres régions. Mais personne n’en parle (je n’ai jamais vu un seul article sur le sujet dans la presse), alors qu’il s’agit là d’un vrai fait de société, qui donne peut-être même un aperçu de ce que sera une partie de la culture demain. Toujours est-il que depuis une dizaine d’années Joëlle et moi sommes allés dans une dizaine de lieux, souvent chez des amis (Bernard et Brigitte, Thérèse et Jean-Pierre, Monique …). Au total cinq ou six lieux fréquentés régulièrement plus quelques autres. Et nous avons pu y apprécier un large panel de productions artistiques : expos de peinture, chanson française, jazz, flamenco, musique vocale de la Renaissance, musiques expérimentales, poésie, théâtre,  … le tout joué aussi bien par des amateurs que des professionnels (d’ailleurs si j’ai pensé à faire cet article c’est grâce à Yves qui a signalé sur ce blog le décès de Morice Benin, et cela m’a rappelé que cet artiste était coutumier des interventions à domicile).

Ce mode de fonctionnement de spectacles « chez les gens » présente plein d’avantages par rapport aux spectacles plus classiques : proximité avec les artistes, très faible coût (souvent juste un « chapeau à la sortie »), public restreint (rarement plus de 30 personnes) et donc beaucoup de convivialité : il y a toujours de bonnes bouteilles à boire, chacun amène souvent un petit plat à partager et l’après-spectacle dure souvent des heures. Et à part les amis qu’on y rencontre, les musiciens qu’on connaît parfois, il y a aussi d’autres personnes qu’on finit par croiser régulièrement et avec qui on noue des relations. Tout ça c’est du bonheur ! Du vrai bonheur !

Le covid a quasiment tué le monde de la culture (c’est sans doute le domaine qui a le plus morflé). Evidemment, les spectacles à domicile ont, eux aussi, énormément souffert de la situation. La culture qui renaîtra dans notre pays aura forcément une autre forme que celle que nous connaissions jusqu’à présent. Peut-être que les spectacles à domicile, qui ont l’avantage de fonctionner avec de toutes petites jauges, ont de l’avenir. Mais avec quels artistes ? Il restera peu d’artistes professionnels. Subsisteront tout de même tous les musiciens et artistes amateurs. ça ne compensera pas la perte mais il faudra bien s’en contenter. Et peut-être que tout va repartir de ce vivier de base. Enfin, on a le droit de rêver …

La petite question que je voudrais poser avec cet article est la suivante : Est-ce que chez vous aussi, dans vos régions respectives, ça fonctionne de cette manière ? Et est-ce que vous sentez que ça pourrait bouger dans ce sens-là ?

Pour terminer cet article, comme j’ai eu l’occasion d’organiser un concert du trio Louki dans la grange désaffectée de mes parents (le 6 septembre 2018), je vais mettre quelques vidéos de mon ami Jean-Pierre qui, accompagné de Pascal et de Philippe, joue régulièrement dans toutes sortes de lieux. Il y récite ou chante quelques textes de Pierre Louki. J’ai trouvé ces vidéos par hasard ce soir (ce sont les seules qui existent a priori), au moment où j’allais mettre mon article en ligne, alors je vous les livre (elles viennent toutes du même concert, je ne sais pas où les vidéos ont été filmées) !

Meilleurs voeux

Contexte compliqué pour celui qui se risque à faire des voeux en ce moment. Car 2021 ne se présente guère mieux que 2020.
Il sera difficile de lutter contre la casse énonomique et la casse de notre démocratie. Tout cela est implacablement en marche.
Mais pour ce qui est de la casse des relations sociales, il y a encore bien des meubles à sauver, c’est à chacun de se bouger, et on le peut ! On a des tas de moyens à notre disposition pour maintenir, voire développer les relations avec nos proches, et notamment nos amis. Alors, je vous souhaite avant tout pour cette nouvelle année de très belles relations d’amitiés. Je considère d’ailleurs que le degré de civilisation et le degré d’humanité de chacun peuvent se mesurer essentiellement aux relations fortes que chacun noue avec les autres. Et que relations d’amitié et relations d’amour c’est un peu kif kif finalement (« Entre l’amour et l’amitié il n’y a qu’un lit de différence », Henri Tachan).
Et pour illustrer mon propos sur la prépondérance de l’amitié dans nos vies, une chanson qui a beaucoup d’importance pour moi, à travers une petite séquence filmée qui est une vidéo d’anthologie. Ce petit film est chargé d’émotion, notamment parce que Brassens (pétri d’humanité, son visage nous le raconte) ne sait pas, au début de la chanson, qu’il a derrière lui des amis musiciens qui s’apprêtent à jouer.

Peut-être que cette vidéo préfigure d’autre choses sur ce blog, si c’est le cas j’en dirai plus dans quelques semaines.

En discussion prochaine sur ce blog : un livre de Nicolino

Les plus anciens d’entre nous se souviendront sans doute qu’à un moment donné – je crois que c’était avant 2010 – on proposait aux habitués du blog de lire un livre et d’en discuter ensuite.
J’aimerais beaucoup renouer avec cette tradition.
Alors, si certains d’entre vous ont envie de revivre cette expérience d’échanges, je vous propose d’acheter, ou d’emprunter à la bibliothèque la plus proche, ou même de voler (mais ne dites pas que c’est moi qui vous ai donné l’idée !) un livre de Fabrice Nicolino (paru en 2015) qui s’appelle « Lettre à un paysan sur le vaste merdier qu’est devenue l’agriculture ». Ce n’est pas un livre qui coûte cher (6,50 €). C’est un ouvrage écrit sur un sujet qui me touche beaucoup (évidemment, je viens du monde paysan).
Alors, si vous êtes partant, lisez-le. On en parlera ensuite entre nous, je ferai un article sur le sujet dans la deuxième quinzaine de janvier (mais si Christophe, Etincelle, Yves, Maïvon, otto lilienthal, Michel … lisent le bouquin d’ici là et veulent faire l’article en question, je cède évidemment la place). Un bon mois donc devant nous. De quoi vous laisser largement le temps de lire ce bouquin qui se dévore en très peu de temps.

La tomate du grand-père

Une date à mettre dans les annales : c’est aujourd’hui 11 mai que je cueille ma première tomate en pleine terre. Sous la pluie et sous le froid ! Du jamais vu dans mon histoire de jardinier !

Cette nouvelle est d’autant plus étonnante que le printemps a été exceptionnellement froid et qu’il a fallu protéger les plants un grand nombre de nuits sous de gros bidons, de plus en plus grands, au fur et à mesure de leur développement.

Et puis aujourd’hui 11 mai, à 12H49 précises, un autre beau fruit – et pas n’importe lequel – a émergé. Il s’agit de Maya qui pendant de nombreux mois a dû, elle aussi, être protégée par un bidon de plus en plus gros.

Eh oui, me voilà pour la première fois grand-père ! :wink:

Plaisir de théâtre

Je ne vais jamais au cinéma. Mais j’aime aller au théâtre, au théâtre Edwige Feuillère de Vesoul par exemple, dans d’autres lieux également, mais aussi dans des lieux privés (chez des particuliers, ça se développe beaucoup ici).

J’ai appris à aimer le théâtre lorsque j’étais étudiant, et depuis cette époque (très lointaine), ce sont des centaines de pièces qui m’ont renforcé dans cette idée qu’il y a quelque chose d’unique et de grandiose qui se passe à chaque représentation.

L’une des pièces que je suis allé voir dernièrement est Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand mis en scène par Lazare Herson-Macarel. C’est l’une de me oeuvres préférées. Mais curieusement, ce n’est pas au théâtre que je l’ai découverte mais sur le grand écran (comme vous sans doute), dans l’un des meilleurs rôle de Gérard Depardieu. Voici l’extrait le plus célèbre de la pièce (désolé pour les sous-titrages en anglais) :

J’aime aussi les spectacles qui laissent une large place à la fois à l’expression théâtrale/poétique et à la musique. Je me souviens ainsi d’un spectacle magnifique à Vesoul il y  quelques années avec Jean-Louis Trintignant interprétant des poésies de Prévert, Vian et Desnos, avec un superbe accompagnement musical de Daniel Mille. Voici ce spectacle filmé dans un autre lieu :

Et, à propos de Jean-Louis Trintignant, en préparant cet article, je suis tombé par hasard sur ce document chargé d’émotion :

Que dire de plus ?

L’extraordinaire dans l’ordinaire

Ce blog est en congés pour deux semaines et le prochain article paraîtra le 1er janvier.

La semaine dernière, pour la première fois j’ai trouvé un peu de poésie dans les poteaux et les fils téléphoniques qui sont en bas de chez moi. Deux photos faites à deux jours d’intervalle :

Alors je vous laisse avec ces deux images, finalement très banales et très ordinaires. Mais ne faut-il pas « chercher l’extraordinaire dans l’ordinaire » ? Belle devise de vie non ?

Joyeuses fêtes à toutes et à tous !

Le marché de Boulot et d’Etuz

Il n’y a pas beaucoup de marchés en Franche-Comté (tout du moins en milieu rural). Je crois que dans notre région, il n’y a jamais eu de tradition très vivace de ce côté-là, contrairement à d’autres régions de France comme les départements du Sud.

Mais depuis quelques années, tout change et le nombre d’initiatives est impressionnant. Par exemple, le marché bio de Mesmay dont j’avais parlé il y a dix ans sur ce blog a essaimé. Ce marché, qui ne fonctionnait à l’époque qu’une fois par mois, a lieu maintenant toutes les semaines et tourne dans quatre villages (Quingey, Liesle, Byans et Mesmay).

Jamais je n’aurais pensé qu’un marché s’installerait vers chez moi. Mais c’était compter sans Aurélie qui est éleveuse de volailles. Aurélie a une pêche pas possible. Et quand elle croit à quelque chose … ! Et c’est à son initiative qu’est né en juin 2016 le marché de Boulot. Celui-ci s’est étendu l’année suivante sur le village voisin d’Etuz, selon un principe très simple d’alternance : un mercredi à Boulot, le mercredi suivant à Etuz (de 16H à 20H).

Beaucoup n’auraient pas

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Feuilles mortes


J’aime beaucoup les feuilles qui tombent à l’automne.

Hier, en voyant une feuille morte collée sur ma terrasse au bas des escaliers je me suis dit que c’est quand même très beau cette petite chose insignifiante tombée de je ne sais quel arbre. Je ne sais pas si cette feuille a lu dans mes pensées mais avant d’être chassée par le vent elle m’a laissé un petit message en forme de coeur.

Evidemment il s’agit là d’une interprétation romantique de la réalité et toute personnelle, mais il ne m’en faut pas plus pour me donner la pêche ce matin. Cette journée commence bien ! Car j’aime les petits signes de cette nature-là !

Et vous, il y a aussi parfois des petits signes qui dynamisent votre journée ?

Cette finance qui veut mettre le monde entier au pas

Je sais que certains lecteurs de ce blog lisent plus volontiers les articles que les commentaires. C’est vraiment dommage car lorsqu’il se dit quelque chose d’intéressant, c’est bien souvent dans les commentaires.

Et lorsqu’une vidéo est mise dans un commentaire, elle passe plus ou moins inaperçue.

C’est pourquoi j’aimerais revenir sur cette vidéo. Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, auteurs de « Les prédateurs au pouvoir : main-basse sur notre avenir », y parlent de l’oligarchie financière au pouvoir.

Si certains d’entre vous pensaient que la lutte des classes c’est un truc ringard d’un autre temps, cette vidéo est un regard bien différent sur le sujet.

Basta!

AUTRES JOURNAUX (1)
Cela fait au moins vingt ans que je n’ai pas regardé un journal télévisé. Et comme je n’ai jamais eu de radio à la maison de ma vie (si si ! … même s’il m’arrive de choper les infos sur France-Musique dans ma voiture), j’ai toujours eu tendance à privilégier la presse écrite. C’est un média qui me convient bien, en quelques minutes la lecture d’un article m’apporte beaucoup plus que les mêmes quelques minutes que j’aurais passées à regarder la télé ou écouter la radio. Et puis internet permet de comparer et confronter différentes sources d’information.
Mais tous les journaux généralistes appartiennent à des milliardaires ou a des grands groupes. Si vous ne me croyez pas, allez sur cette page, c’est édifiant ! Il va donc de soi qu’on a affaire forcément à une presse très tendancieuse. Car les milliardaires et les grands groupes sont, par définition, les tenants du libéralisme à tout crin. Le libre-échange, on sait ce que c’est, pour en avoir parlé en long en large et en travers dans les commentaires de ce blog. C’est ce truc qui détruit les emplois ici au nom de salaires à aligner sur ceux qui n’ont aucun droits sociaux à l’autre bout de la planète, qui détruit les économies locales des pays du Tiers-Monde. Et tout ça au nom de la libre circulation de produits de consommation, dont, pour la majorité d’entre eux, on n’a pas vraiment besoin ou que l’on sait produire nous-mêmes. Ce système qui détruit la planète et tire l’Humain vers les bas n’est jamais remis en cause par les grands journaux de notre pays. Jamais un article de fond sur le sujet. Quand on regarde le nom des propriétaires de journaux, on est bien obligé d’admettre que l’indépendance de la presse est une plaisanterie. Au moins quand on lit l’Huma on sait que c’est d’obédience communiste. D’une certaine façon, c’est plus clair et bien plus rassurant que ces semblants d’information qui ne font que reprendre tous en boucle et jusqu’à satiété les dépêches de l’AFP. Le travail d’investigation journalistique n’a plus beaucoup cours et on verra sans doute bientôt les journaux tirer leurs sources des réseaux sociaux.
Mais il existe des tas d’autres journaux, plus alternatifs, et qui nous parlent de choses qu’on ne lit pas ailleurs. Car, au-delà des petits problèmes de délinquance de nos hommes politiques et dont on nous rabâche les oreilles à longueur de journée (ça va on a compris la gravité de l’affaire Fillon, non ?, passons à autre chose), il a des tas d’autres sujets dans le monde dont on nous parle pas ou si peu.
Cette nouvelle rubrique va nous permettre d’explorer des voies d’informations différentes. Pour ce premier article je propose de vous faire découvrir cinq textes publiés dans Basta! qui est un journal que je lis beaucoup et que j’ai connu récemment grâce à Christophe. Vous allez voir, ce n’est pas du tout le genre d’articles habituels (il suffit d’aller cliquer sur le titre des articles pour y accéder). Et ce sont en général des articles qui mettent en valeur des expériences faites ça et là dans le monde ou qui dénoncent des atteintes dont sont victimes certaines populations ou catégories de populations.

A vous de vous faire une idée sur Basta!

Post-Scriptum. Bon je sais, cela n’a rien à voir avec cet article, mais par association d’idées, le nom de ce journal me fait forcément penser à Et basta !, l’album incroyable que Léo Ferré a sorti en 1979 et qui m’a énormément marqué, tant je l’ai écouté. 39 minutes de texte que je connaissais presque par coeur et qui me reviendrait sans doute assez vite si je prenais la peine de me replonger dedans.

Et, en recherchant sur Youtube, une version écourtée de Et Basta ! dans les archives de l’INA. Quelle époque où ce genre de chose était possible !

https://www.youtube.com/watch?v=7KvfhOuaLkY

Je ne résiste pas au plaisir de mettre par écrit quelques vers de ce texte :

Ton corps est comme un vase clos
J’y pressens parfois une jarre
Comme engloutie au fond des eaux
Et qui attend des nageurs rares
Tes bijoux ton blé ton vouloir
Le plan de tes folles prairies
Mon squale qui viendra te voir
Du fond de moi si tu l’en pries