Vers la résilience alimentaire (1)

Peut-être qu’un jour un virus fera des dégâts sérieux sur la population de la planète. Mais, visiblement, ce n’est pas le virus actuel qui le fera.
Par contre, bien plus que la crise sanitaire actuelle (qui est bien plus une crise de notre système de santé, de notre système de prise de décision, … qu’une véritable crise sanitaire), je vois arriver un danger bien plus grave : celui de notre système d’alimentation en lien avec le mode de production agricole.

J’ai déjà lu beaucoup d’alertes sur le sujet. Voici un ouvrage important qui est paru en 2020 sur cette problématique et qui synthétise bien les choses.

L’ouvrage « Vers la résilence alimentaire » qui a été produit par « Les Greniers d’Abondance » (collectif d’agronomes, chercheurs, anthropologues, économistes …) et publié aux éditions Yves Michel fait, dans la première partie de l’ouvrage, le point sur les menaces qui pèsent sur notre système de production de notre alimentation :
changement climatique (modification de la croissance des végétaux, impact sur les ravageurs de cultures, problème de gestion de l’eau),
érosion de la biodiversité sauvage et cultivée (problèmes de pollinisation, vulnérabilité et manque d’adaptation des plantes, …),
dégradation et artificialisation des sols (sols érodés de moins en moins fertiles, pollution des sols, urbanisation),
épuisement des ressources énergétiques et minières (dépendance de l’agriculture vis à vis du pétrole et des engrais, dont on sait qu’ils sont « non renouvelables »),
instabilité énonomique et politique (niveau d’endettement global = 320% du PIB mondial, pauvreté des agriculteurs qui vendent leurs produits à perte, absence de repreneurs des fermes familiales, concentration de la distribution dans quelques mains …).

Et il faut rajouter à tout ça des tas d’autres choses toutes aussi importantes : le gaspillage généralisé de la nourriture, la spéculation alimentaire au niveau mondial (il y a parfois des bateaux entiers de céréales qui sont bloqués dans les ports, provoquant des pénuries, qui vont faire grimper le cours mondial des produits, c’est d’ailleurs le but recherché) et bien entendu le fait qu’il n’y a plus de lien entre agriculture et territoires (à ce sujet, la revue Zadig, dans son numéro spécial sur l’alimentation d’il y a quelques mois, a montré que dans le Morvan il n’y a que 4% de la nourriture consommée qui vient du Morvan).

Le constat global de ce livre est édifiant.

Ce livre m’a fait prendre conscience que la masse des menaces est telle que le moindre grain de sable qui viendrait perturber la fragile machine (ne serait-ce qu’une augmentation significative du prix du pétrole, une baisse de la croissance ou une crise financière) viendrait paralyser le système.

Je n’aime pas jouer les oiseaux de mauvaises augures, mais la probabilité d’une crise alimentaire majeure me semble importante. Ce sera peut-être dans quelques mois, quelques années, voire une ou deux décennies, mais tous les ingrédients sont là pour dire que cette hypothèse est largement crédible.

Bien sûr, le livre propose des mesures importantes pour sortir de la situation, notamment en lien avec les territoires. C’est la deuxième partie de l’ouvrage. J’en parlerai dans un autre article. Mais pour l’instant, j’avais juste envie qu’on discute du constat de départ.

Petit rappel : à un moment donné (en  décembre 2019), j’avais annoncé que je parlerais sur ce blog du livre de Fabrice Nicolino « lettre à un paysan sur le vaste merdier qu’est devenue l’agriculture » mais au final je n’en ai pas parlé (explication : c’était au moment où j’avais annoncé que j’arrêtais le blog). Je sais que certains d’entre vous l’ont lu tout de même. En tous les cas, c’est un très bon complément au livre dont je viens de parler, car il peut aider à comprendre comment notre monde en est arrivé là.

Aliments fermentés (1)

Une partie importante de notre nourriture et de nos boissons est constituée d’aliments fermentés. Mais, ce n’est pas parce que l’Homme s’est sédentarisé il y a dix mille ans qu’il a mis ensuite en place ces types d’aliments. Non, c’est exactement l’inverse : c’est parce qu’il avait découvert la fermentation que l’Homme s’est ensuite sédentarisé. Dit en d’autres termes : c’est la fermentation qui a créé la civilisation et non l’inverse. Etonnant, non ?

Le sujet de la fermentation est très vaste, il touche à des tas de domaines, et j’aimerais entamer une série d’articles sur ce sujet. Je vous parlerai notamment, dans un article à venir, du livre passionnant de Marie-Claire Frédéric : « Ni cru ni cuit – Histoire et civilisation de l’aliment fermenté » (Alma Editeur, 2014, 360 pages). J’avais lu ce livre il y a trois ou quatre ans, je suis en train de le relire.

Voici ce que dit la 4ème de couverture de ce livre : « Nous sommes les descendants de ces hommes et femmes qui ont survécu à tous les aléas, depuis des millénaires, grâce à leurs fromages, leurs poissons saumurés et leurs saloirs remplis de viandes et de chou fermenté. Nous sommes humains parce que nous cuisons nos aliments, certes, mais aussi, et surtout, parce que, depuis encore plus longtemps, nous les faisons fermenter. L’aliment fermenté n’est pas un aliment comme les autres : la fermentation apporte à l’alimentation une sorte de verticalité qui nous conduit dans un autre domaine : la nourriture ne sert plus seulement à sustenter le corps, mais elle acquiert un sens, elle entre dans la dimension des relations humaines, de la mémoire individuelle et collective, de l’histoire, de l’identité des groupes sociaux, voire du sacré. Entre le cru et le cuit, le fermenté a accompagné les humains depuis le début de leur existence, et il est probable qu’il ne s’éteindra pas tant que l’humanité habitera cette terre ».

Mais pour aborder ce sujet très dense de la fermentation, j’avais envie de commencer par quelque chose d’assez léger, plus facile à digérer qu’un pavé de 360 pages, aussi passionnant soit-il. Et la vidéo que je vous propose, qui annonce haut et fort que la bière est à l’origine de notre civilisation (rien que ça !), est une très bonne et très agréable introduction à la série d’articles que j’espère vous proposer prochainement.

 

Une série déjà ancienne : « Treme »

Les amateurs de séries sont peut-être passés à côté de la série « Treme » (prononcez : Trémé) parue il y a une dizaine d’années. J’en parle seulement aujourd’hui car on vient juste de finir de la visionner (4 saisons, soit 36 épisodes de presque 1 heure chacun). Cette série est considérée comme une très bonne série, malgré le fait qu’elle n’ait pas eu beaucoup d’audience (elle a tout de même été diffusée en France sur France Ô). Mais la chaîne qui l’a produite (HBO) est réputée pour son engagement militant à faire des séries qui collent à la vie sociale américaine, en tournant de nouvelles saisons, même lorsque l’audience n’est pas au rendez-vous (cette chaîne a produit notamment The Wire, Les Soprano, Six feet under …). L’auteur de cette série, qui avait déjà réalisé The Wire (« Sur écoute ») est David Simon.

Le thème de cette série : la vie à la Nouvelle-Orléans après le passage de l’ouragan Katrina en 2005. La série raconte la vie d’une dizaine de personnes, venues de tous horizons, dans le quartier de Treme. La plupart de ces personnes sont amenées à se rencontrer pendant la série. La vie à la Nouvelle-Orleans est difficile pour presque tout le monde : barmans, cuisiniers, musiciens, enseignants, personnes en recherche de disparus, avocats … La vie est d’autant plus difficile que les croques-morts vieillent. Quand je dis « croques-morts », je veux bien entendu parler de tous ceux qui profitent de la situation chaque fois qu’un malheur s’abat sur le monde, et vous avez donc peut-être deviné qu’on croise aussi dans cette série des politiciens véreux (ouh le beau pléonasme !), des promotteurs, des financiers, des flics corrompus, des compagnies d’assurance, des meutriers, …

Le quartier de Treme est riche de la diversité des gens qui le peuple : noirs, blancs, asiatiques et même des indiens (22 tribus sont recensées à la Nouvelle-Orleans). C’est donc un quartier multiculturel dans lequelle les différentes communautés semblent plutôt bien s’entendre.

Je vous ai cité la plupart des ingrédients qui font de cette série une série très intéressante. Mais le véritable plus de cette série, c’est la musique. Car, bien évidemment, la musique est partout à la Nouvelle-Orléans. C’est quand même la ville de Louis Armstrong, de Sidney Bechet , de Fats Domino, … ! La musique est dans la rue, dans les bars, dans les circonstances difficiles (enterrements) ou heureuses (le carnaval), elle est partout et plusieurs personnages que l’on suit pendant la série sont d’ailleurs musiciens. Il y a du jazz, bien évidemment, du rythm and blues, de la country et plein d’autres musiques. Beaucoup de musiciens jouant dans la série sont de la Nouvelle-Orleans et jouent leur propre rôle (on y rencontre notamment Fats Domino et Dr John qui étaient encore vivants à l’époque du tournage). La série laisse donc une large part à la musique et c’est notamment à travers la vie des musiciens qu’on découvre la vie de la ville (et ses problèmes).

En temps normal je n’aurais sans doute pas parler de cette série ancienne sur le blog. Mais voilà, les séries consacrées à la musique, ce n’est pas si fréquent que ça !

On trouve quelques extraits de Treme sur Youtube, en voici cinq :

Pour amateurs de jazz (qui ne peuvent pas passer à côté de cette série) mais aussi, bien évidemment, pour tous les autres !

Pour celles et ceux d’entre vous qui n’habitent pas trop loin de chez moi, je peux prêter l’intégrale en DVD.

Des artistes à domicile !

Il y a eu une petite discussion un peu musclée sur ce blog à propos des sportifs, suite à un commentaire dans lequel je disais grosso modo que le sport professionnel n’a aucune valeur significative s’il n’est pas le reflet d’une vie sportive à la base et qu’un pays dans lequel les enfants ne jouent pas au ballon (dans la rue ou ailleurs) n’a pas beaucoup de légitimité pour gagner une coupe du monde. Et j’ai ajouté que si les pays africains nous fournissent en joueurs d’exception (les meilleurs au monde) ce sont avant tout eux qui méritent de gagner les coupes mondiales. Je ne l’ai pas dit avec ces mots-là mais c’est ce que ça voulait dire. Mais c’est sur le fait que j’aie dit que la pratique sportive diminuait en France que les échanges ont été un peu houleux. Tout ça c’est la vie !

Ce nouvel article, que je mets en ligne ce soir, va dans le même sens mais pour un domaine complètement différent : la culture. Mais la comparaison entre sport et culture s’arrête-là car s’il n’y a plus beaucoup de jeunes qui jouent au ballon, il y en a beaucoup qui jouent d’un instrument de musique et le nombre de personnes ayant appris à jouer à un moment ou à un autre d’un instrument est de plus de 20 millions dans notre pays. Mais bon, je ne voudrais pas réduire le sens de mon propos à la musique qui n’est qu’un aspect particulier de la culture.

Notre vie culturelle en France, ce n’est pas le monde des grands artistes professionnels (aussi excellents soient-ils d’ailleurs) mais avant tout le monde des petits artistes qui font vivre au quotidien la musique, la poésie, l’art en général. Et le secteur où j’habite vit, d’un point de vue culturel, grâce à un réseau non seulement d’artistes (amateurs ou professionnels « gagne-petits » qui n’arrivent pas forcément à obtenir le statut d’intermittents du spectale) mais aussi grâce à des structures associatives tenues par des poignées de bénévoles (exemple du Comité d’animation de Voray, dont je fais modestement partie, qui organise à quelques km de chez moi 4 concerts annuels de qualité exceptionnelle).

Lorsque j’ai écrit mon dernier article, celui sur Doumé, c’est avec la même intention de rendre honneur à ce peuple de fourmis, de petites mains, qui maintiennent vivante une certaine tradition de la chanson. Je pourrais dire la même chose, ou à peu près, si je parlais des groupes qui jouent dans les bars (quelque soit le type de musiqsue) ou des chorales qui contribuent à maintenir vivante la transmission de la musique.

La musique ne peut pas aujourd’hui se résumer à des vidéos qu’on regarde sur youtube ou des disques qu’on écoute sur les sites de streaming (tout comme on ne peut réduire la littérature d’aujourd’hui aux derniers Goncourt …). Car ce mode de diffusion, que l’on dit plus moderne, c’est aussi la mort annoncée des artistes (vaste sujet dont on peut discuter). En d’autres termes : le concert vivant avant tout, bordel de m… !

J’en arrive à l’objet de mon article.

Depuis une dizaine d’années, j’ai vu apparaître un phénomène nouveau en Franche-Comté : celui des spectacles à domicile. Peut-être qu’auparavant ça existait ça et là, mais la dynamique de ce genre de spectacle est plutôt récente. Il est bien évident que cela a lieu également dans les autres régions. Mais personne n’en parle (je n’ai jamais vu un seul article sur le sujet dans la presse), alors qu’il s’agit là d’un vrai fait de société, qui donne peut-être même un aperçu de ce que sera une partie de la culture demain. Toujours est-il que depuis une dizaine d’années Joëlle et moi sommes allés dans une dizaine de lieux, souvent chez des amis (Bernard et Brigitte, Thérèse et Jean-Pierre, Monique …). Au total cinq ou six lieux fréquentés régulièrement plus quelques autres. Et nous avons pu y apprécier un large panel de productions artistiques : expos de peinture, chanson française, jazz, flamenco, musique vocale de la Renaissance, musiques expérimentales, poésie, théâtre,  … le tout joué aussi bien par des amateurs que des professionnels (d’ailleurs si j’ai pensé à faire cet article c’est grâce à Yves qui a signalé sur ce blog le décès de Morice Benin, et cela m’a rappelé que cet artiste était coutumier des interventions à domicile).

Ce mode de fonctionnement de spectacles « chez les gens » présente plein d’avantages par rapport aux spectacles plus classiques : proximité avec les artistes, très faible coût (souvent juste un « chapeau à la sortie »), public restreint (rarement plus de 30 personnes) et donc beaucoup de convivialité : il y a toujours de bonnes bouteilles à boire, chacun amène souvent un petit plat à partager et l’après-spectacle dure souvent des heures. Et à part les amis qu’on y rencontre, les musiciens qu’on connaît parfois, il y a aussi d’autres personnes qu’on finit par croiser régulièrement et avec qui on noue des relations. Tout ça c’est du bonheur ! Du vrai bonheur !

Le covid a quasiment tué le monde de la culture (c’est sans doute le domaine qui a le plus morflé). Evidemment, les spectacles à domicile ont, eux aussi, énormément souffert de la situation. La culture qui renaîtra dans notre pays aura forcément une autre forme que celle que nous connaissions jusqu’à présent. Peut-être que les spectacles à domicile, qui ont l’avantage de fonctionner avec de toutes petites jauges, ont de l’avenir. Mais avec quels artistes ? Il restera peu d’artistes professionnels. Subsisteront tout de même tous les musiciens et artistes amateurs. ça ne compensera pas la perte mais il faudra bien s’en contenter. Et peut-être que tout va repartir de ce vivier de base. Enfin, on a le droit de rêver …

La petite question que je voudrais poser avec cet article est la suivante : Est-ce que chez vous aussi, dans vos régions respectives, ça fonctionne de cette manière ? Et est-ce que vous sentez que ça pourrait bouger dans ce sens-là ?

Pour terminer cet article, comme j’ai eu l’occasion d’organiser un concert du trio Louki dans la grange désaffectée de mes parents (le 6 septembre 2018), je vais mettre quelques vidéos de mon ami Jean-Pierre qui, accompagné de Pascal et de Philippe, joue régulièrement dans toutes sortes de lieux. Il y récite ou chante quelques textes de Pierre Louki. J’ai trouvé ces vidéos par hasard ce soir (ce sont les seules qui existent a priori), au moment où j’allais mettre mon article en ligne, alors je vous les livre (elles viennent toutes du même concert, je ne sais pas où les vidéos ont été filmées) !

Meilleurs voeux

Contexte compliqué pour celui qui se risque à faire des voeux en ce moment. Car 2021 ne se présente guère mieux que 2020.
Il sera difficile de lutter contre la casse énonomique et la casse de notre démocratie. Tout cela est implacablement en marche.
Mais pour ce qui est de la casse des relations sociales, il y a encore bien des meubles à sauver, c’est à chacun de se bouger, et on le peut ! On a des tas de moyens à notre disposition pour maintenir, voire développer les relations avec nos proches, et notamment nos amis. Alors, je vous souhaite avant tout pour cette nouvelle année de très belles relations d’amitiés. Je considère d’ailleurs que le degré de civilisation et le degré d’humanité de chacun peuvent se mesurer essentiellement aux relations fortes que chacun noue avec les autres. Et que relations d’amitié et relations d’amour c’est un peu kif kif finalement (« Entre l’amour et l’amitié il n’y a qu’un lit de différence », Henri Tachan).
Et pour illustrer mon propos sur la prépondérance de l’amitié dans nos vies, une chanson qui a beaucoup d’importance pour moi, à travers une petite séquence filmée qui est une vidéo d’anthologie. Ce petit film est chargé d’émotion, notamment parce que Brassens (pétri d’humanité, son visage nous le raconte) ne sait pas, au début de la chanson, qu’il a derrière lui des amis musiciens qui s’apprêtent à jouer.

Peut-être que cette vidéo préfigure d’autre choses sur ce blog, si c’est le cas j’en dirai plus dans quelques semaines.

En discussion prochaine sur ce blog : un livre de Nicolino

Les plus anciens d’entre nous se souviendront sans doute qu’à un moment donné – je crois que c’était avant 2010 – on proposait aux habitués du blog de lire un livre et d’en discuter ensuite.
J’aimerais beaucoup renouer avec cette tradition.
Alors, si certains d’entre vous ont envie de revivre cette expérience d’échanges, je vous propose d’acheter, ou d’emprunter à la bibliothèque la plus proche, ou même de voler (mais ne dites pas que c’est moi qui vous ai donné l’idée !) un livre de Fabrice Nicolino (paru en 2015) qui s’appelle « Lettre à un paysan sur le vaste merdier qu’est devenue l’agriculture ». Ce n’est pas un livre qui coûte cher (6,50 €). C’est un ouvrage écrit sur un sujet qui me touche beaucoup (évidemment, je viens du monde paysan).
Alors, si vous êtes partant, lisez-le. On en parlera ensuite entre nous, je ferai un article sur le sujet dans la deuxième quinzaine de janvier (mais si Christophe, Etincelle, Yves, Maïvon, otto lilienthal, Michel … lisent le bouquin d’ici là et veulent faire l’article en question, je cède évidemment la place). Un bon mois donc devant nous. De quoi vous laisser largement le temps de lire ce bouquin qui se dévore en très peu de temps.

La tomate du grand-père

Une date à mettre dans les annales : c’est aujourd’hui 11 mai que je cueille ma première tomate en pleine terre. Sous la pluie et sous le froid ! Du jamais vu dans mon histoire de jardinier !

Cette nouvelle est d’autant plus étonnante que le printemps a été exceptionnellement froid et qu’il a fallu protéger les plants un grand nombre de nuits sous de gros bidons, de plus en plus grands, au fur et à mesure de leur développement.

Et puis aujourd’hui 11 mai, à 12H49 précises, un autre beau fruit – et pas n’importe lequel – a émergé. Il s’agit de Maya qui pendant de nombreux mois a dû, elle aussi, être protégée par un bidon de plus en plus gros.

Eh oui, me voilà pour la première fois grand-père ! :wink:

Plaisir de théâtre

Je ne vais jamais au cinéma. Mais j’aime aller au théâtre, au théâtre Edwige Feuillère de Vesoul par exemple, dans d’autres lieux également, mais aussi dans des lieux privés (chez des particuliers, ça se développe beaucoup ici).

J’ai appris à aimer le théâtre lorsque j’étais étudiant, et depuis cette époque (très lointaine), ce sont des centaines de pièces qui m’ont renforcé dans cette idée qu’il y a quelque chose d’unique et de grandiose qui se passe à chaque représentation.

L’une des pièces que je suis allé voir dernièrement est Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand mis en scène par Lazare Herson-Macarel. C’est l’une de me oeuvres préférées. Mais curieusement, ce n’est pas au théâtre que je l’ai découverte mais sur le grand écran (comme vous sans doute), dans l’un des meilleurs rôle de Gérard Depardieu. Voici l’extrait le plus célèbre de la pièce (désolé pour les sous-titrages en anglais) :

J’aime aussi les spectacles qui laissent une large place à la fois à l’expression théâtrale/poétique et à la musique. Je me souviens ainsi d’un spectacle magnifique à Vesoul il y  quelques années avec Jean-Louis Trintignant interprétant des poésies de Prévert, Vian et Desnos, avec un superbe accompagnement musical de Daniel Mille. Voici ce spectacle filmé dans un autre lieu :

Et, à propos de Jean-Louis Trintignant, en préparant cet article, je suis tombé par hasard sur ce document chargé d’émotion :

Que dire de plus ?

L’extraordinaire dans l’ordinaire

Ce blog est en congés pour deux semaines et le prochain article paraîtra le 1er janvier.

La semaine dernière, pour la première fois j’ai trouvé un peu de poésie dans les poteaux et les fils téléphoniques qui sont en bas de chez moi. Deux photos faites à deux jours d’intervalle :

Alors je vous laisse avec ces deux images, finalement très banales et très ordinaires. Mais ne faut-il pas « chercher l’extraordinaire dans l’ordinaire » ? Belle devise de vie non ?

Joyeuses fêtes à toutes et à tous !

Le marché de Boulot et d’Etuz

Il n’y a pas beaucoup de marchés en Franche-Comté (tout du moins en milieu rural). Je crois que dans notre région, il n’y a jamais eu de tradition très vivace de ce côté-là, contrairement à d’autres régions de France comme les départements du Sud.

Mais depuis quelques années, tout change et le nombre d’initiatives est impressionnant. Par exemple, le marché bio de Mesmay dont j’avais parlé il y a dix ans sur ce blog a essaimé. Ce marché, qui ne fonctionnait à l’époque qu’une fois par mois, a lieu maintenant toutes les semaines et tourne dans quatre villages (Quingey, Liesle, Byans et Mesmay).

Jamais je n’aurais pensé qu’un marché s’installerait vers chez moi. Mais c’était compter sans Aurélie qui est éleveuse de volailles. Aurélie a une pêche pas possible. Et quand elle croit à quelque chose … ! Et c’est à son initiative qu’est né en juin 2016 le marché de Boulot. Celui-ci s’est étendu l’année suivante sur le village voisin d’Etuz, selon un principe très simple d’alternance : un mercredi à Boulot, le mercredi suivant à Etuz (de 16H à 20H).

Beaucoup n’auraient pas

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Feuilles mortes


J’aime beaucoup les feuilles qui tombent à l’automne.

Hier, en voyant une feuille morte collée sur ma terrasse au bas des escaliers je me suis dit que c’est quand même très beau cette petite chose insignifiante tombée de je ne sais quel arbre. Je ne sais pas si cette feuille a lu dans mes pensées mais avant d’être chassée par le vent elle m’a laissé un petit message en forme de coeur.

Evidemment il s’agit là d’une interprétation romantique de la réalité et toute personnelle, mais il ne m’en faut pas plus pour me donner la pêche ce matin. Cette journée commence bien ! Car j’aime les petits signes de cette nature-là !

Et vous, il y a aussi parfois des petits signes qui dynamisent votre journée ?

Cette finance qui veut mettre le monde entier au pas

Je sais que certains lecteurs de ce blog lisent plus volontiers les articles que les commentaires. C’est vraiment dommage car lorsqu’il se dit quelque chose d’intéressant, c’est bien souvent dans les commentaires.

Et lorsqu’une vidéo est mise dans un commentaire, elle passe plus ou moins inaperçue.

C’est pourquoi j’aimerais revenir sur cette vidéo. Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, auteurs de « Les prédateurs au pouvoir : main-basse sur notre avenir », y parlent de l’oligarchie financière au pouvoir.

Si certains d’entre vous pensaient que la lutte des classes c’est un truc ringard d’un autre temps, cette vidéo est un regard bien différent sur le sujet.

Basta!

AUTRES JOURNAUX (1)
Cela fait au moins vingt ans que je n’ai pas regardé un journal télévisé. Et comme je n’ai jamais eu de radio à la maison de ma vie (si si ! … même s’il m’arrive de choper les infos sur France-Musique dans ma voiture), j’ai toujours eu tendance à privilégier la presse écrite. C’est un média qui me convient bien, en quelques minutes la lecture d’un article m’apporte beaucoup plus que les mêmes quelques minutes que j’aurais passées à regarder la télé ou écouter la radio. Et puis internet permet de comparer et confronter différentes sources d’information.
Mais tous les journaux généralistes appartiennent à des milliardaires ou a des grands groupes. Si vous ne me croyez pas, allez sur cette page, c’est édifiant ! Il va donc de soi qu’on a affaire forcément à une presse très tendancieuse. Car les milliardaires et les grands groupes sont, par définition, les tenants du libéralisme à tout crin. Le libre-échange, on sait ce que c’est, pour en avoir parlé en long en large et en travers dans les commentaires de ce blog. C’est ce truc qui détruit les emplois ici au nom de salaires à aligner sur ceux qui n’ont aucun droits sociaux à l’autre bout de la planète, qui détruit les économies locales des pays du Tiers-Monde. Et tout ça au nom de la libre circulation de produits de consommation, dont, pour la majorité d’entre eux, on n’a pas vraiment besoin ou que l’on sait produire nous-mêmes. Ce système qui détruit la planète et tire l’Humain vers les bas n’est jamais remis en cause par les grands journaux de notre pays. Jamais un article de fond sur le sujet. Quand on regarde le nom des propriétaires de journaux, on est bien obligé d’admettre que l’indépendance de la presse est une plaisanterie. Au moins quand on lit l’Huma on sait que c’est d’obédience communiste. D’une certaine façon, c’est plus clair et bien plus rassurant que ces semblants d’information qui ne font que reprendre tous en boucle et jusqu’à satiété les dépêches de l’AFP. Le travail d’investigation journalistique n’a plus beaucoup cours et on verra sans doute bientôt les journaux tirer leurs sources des réseaux sociaux.
Mais il existe des tas d’autres journaux, plus alternatifs, et qui nous parlent de choses qu’on ne lit pas ailleurs. Car, au-delà des petits problèmes de délinquance de nos hommes politiques et dont on nous rabâche les oreilles à longueur de journée (ça va on a compris la gravité de l’affaire Fillon, non ?, passons à autre chose), il a des tas d’autres sujets dans le monde dont on nous parle pas ou si peu.
Cette nouvelle rubrique va nous permettre d’explorer des voies d’informations différentes. Pour ce premier article je propose de vous faire découvrir cinq textes publiés dans Basta! qui est un journal que je lis beaucoup et que j’ai connu récemment grâce à Christophe. Vous allez voir, ce n’est pas du tout le genre d’articles habituels (il suffit d’aller cliquer sur le titre des articles pour y accéder). Et ce sont en général des articles qui mettent en valeur des expériences faites ça et là dans le monde ou qui dénoncent des atteintes dont sont victimes certaines populations ou catégories de populations.

A vous de vous faire une idée sur Basta!

Post-Scriptum. Bon je sais, cela n’a rien à voir avec cet article, mais par association d’idées, le nom de ce journal me fait forcément penser à Et basta !, l’album incroyable que Léo Ferré a sorti en 1979 et qui m’a énormément marqué, tant je l’ai écouté. 39 minutes de texte que je connaissais presque par coeur et qui me reviendrait sans doute assez vite si je prenais la peine de me replonger dedans.

Et, en recherchant sur Youtube, une version écourtée de Et Basta ! dans les archives de l’INA. Quelle époque où ce genre de chose était possible !

https://www.youtube.com/watch?v=7KvfhOuaLkY

Je ne résiste pas au plaisir de mettre par écrit quelques vers de ce texte :

Ton corps est comme un vase clos
J’y pressens parfois une jarre
Comme engloutie au fond des eaux
Et qui attend des nageurs rares
Tes bijoux ton blé ton vouloir
Le plan de tes folles prairies
Mon squale qui viendra te voir
Du fond de moi si tu l’en pries

Où va l’agriculture ? (2)

Lors de mon précédent article, on a dressé une esquisse peu réjouissante de l’évolution du monde agricole, victime du libre-échange généralisé au niveau de la planète. D’un point de vue économique, c’est la descente aux enfers : on est passé de 6,3 millions d’agriculteurs en 1955 (27% de la population active) à moins de 900 000 aujourd’hui (3,5 % de la population active) et la plupart vivent (ou plutôt survivent) dans la précarité avec des retraites minables. Le taux de suicide (trois fois plus élevé que dans le reste de la population) montre le mal-être de cette profession. Concernant l’évolution de l’agriculture d’un point de vue environnemental, je n’en rajouterai pas une couche, on en a déjà beaucoup parlé sur ce blog.

Mais dans le marasme actuel il y a pourtant une embellie. Il faut chercher cette embellie du côté du développement du bio.

Si le nombre de fermes qui sont en agriculture conventionnelle diminue chaque jour, il y a par contre 21 fermes bio nouvelles chaque jour. Oui, 21, vous avez bien lu. La croissance du bio est très rapide, de l’ordre de 15-20% par an et on compte aujourd’hui plus de 32 000 fermes bio en France, soit plus de 300 par département. Il n’y en avait quasiment pas il y a 20 ans, on imagine le chemin parcouru depuis.

Et ce développement est parti pour durer longtemps car la production bio reste très inférieure à la demande des consommateurs. Le nombre de magasins bio ne cesse d’augmenter (par exemple, la biocoop a déjà ouvert plus de 400 magasins), même si la grande distribution s’est emparée de ce marché (ce qui est inévitable). Et puis il y a  tous les petits circuits courts qui existent ça et là. La production bio a généré plus de 15 000 entreprises de transformation et de distribution sur le territoire.

Ce qui me semble particulièrement intéressant, c’est que certains circuits de distribution, au lieu de chercher à étrangler les paysans, les considèrent comme de véritables partenaires, s’engagent à leur payer le prix juste, soutiennent des projets collectifs, accompagnent des initiatives régionales, garantissent la transparence des échanges, construisent des partenariats dans la durée. Donc acheter bio, ce n’est pas seulement acheter des aliments sains, c’est avant tout soutenir une démarche respectueuse du monde agricole et qui permet à l’agriculteur de gagner correctement sa vie. Le grand public qui achète sa nourriture dans un circuit court, voire directement chez le producteur, est très sensibilisé à cela. Ceux qui vont dans les magasins spécifiquement bio également. Ainsi, dans le magasin où je vais, chacun à la possibilité en arrivant à la caisse de demander à ce que son ticket de caisse soit arrondi à l’euro supérieur, la différence servant à l’installation de nouveaux paysans. Et je me suis rendu compte que beaucoup de gens font la démarche de payer à chaque fois ces quelques dizaines de centimes supplémentaires.

Un agriculteur qui travaille seul dans sa ferme a du mal à vivre de ses 70 vaches, alors qu’il y a des exemples de fermes bio dont les 70 vaches permettent de faire vivre jusqu’à 10 personnes. On peut se demander comment cela est possible et cela m’a interpellé.

En essayant de comprendre, je me suis rendu compte que le lait est actuellement payé 32 cts aux agriculteurs de mon secteur mais 48 cts lorsqu’il est bio, soit exactement 50% de plus. Un agriculteur a du mal à produire son lait en-dessous de 30 cts, ce qui fait que l’agriculteur conventionnel n’arrive à dégager qu’une marge d’un ou deux centimes par litre de lait produit (quand il arrive à dégager cette marge). Si un agriculteur bio arrive à produire au même prix (on en reparlera plus bas), en vendant son lait à 48 cts, il dégage une marge de 18 cts, près de 10 fois supérieure à la marge dégagée par l’agriculteur conventionnel. On voit bien qu’il est plus facile d’avoir un bon revenu en produisant bio.  Certains objecteront que la quantité de lait produite par l’agriculteur bio sera bien inférieure à celle produite par l’agriculteur conventionnel. Certes, mais le coût de production d’un litre de lait en conventionnel est sans doute supérieur à celui d’un litre bio (car derrière l’agriculture conventionnelle il y a des coûts de production énormes : gros tracteurs, tonnes d’engrais, produits phytosanitaires, antibiotiques pour le bétail, prestations vétérinaires …) et ceci doit bien compenser cela (au moins en partie). Les chiffres que j’ai donnés ci-dessus méritent sans doute d’être affinés mais donnent une explication sur le fait que les agriculteurs bio sont ceux qui actuellement s’en sortent le mieux et qui arrivent à vivre décemment.

Mais je vois quand même deux belles ombres au tableau.

D’abord, je ne suis pas sûr que le développement du bio va permettre aux agriculteurs conventionnels actuels de passer en bio. L’agriculture de demain sera à mon avis essentiellement menée par d’autres agriculteurs, car on a affaire à deux métiers complètement différents. Un agriculteur bio peut parler pendant une heure de la vie biologique du sol alors qu’un agriculteur conventionnel a oublié que le sol est vivant et qu’il n’est pas qu’un simple substrat qu’on enrichit en azote, acide phosphorique et potasse. Et puis, l’état d’esprit n’a rien à voir. Je ne crois pas que l’agriculteur qui a passé son temps à mettre des produits chimiques sur tout, à acheter l’alimentation pour son bétail, à détruire des haies, à chercher à avoir la plus grosse vache, le plus gros rendement en maïs, le plus gros tracteur … puisse bifurquer dans une voie complètement opposée.

La deuxième chose, c’est que le cahier des charges de l’agriculture biologique est très exigeant (avec raison) et que les lobbies de toutes sortes essaient constamment de faire changer la réglementation européenne en vue de l’assouplir.  Le bio restera t-il longtemps bio ?

En conclusion, il me semble évident que dans 10 ans le bio sera dans la plupart des assiettes. Mais encore faudra t-il d’ici-là défendre fermement le cahier des charges de l’ensemble de la filière bio ? Et il est évident qu’il faudra recentrer au maximum la production au niveau local, encore plus qu’aujourd’hui.

Discussions au coin du feu

Ce blog se met en congés, histoire de recharger les batteries (plusieurs types de liquide pour batterie sont envisageables dans mon cas : Chimay, Rochefort, Carolus, Lupulus …).
Je vous retrouve pour un nouvel article le lundi 7 novembre.

J’aime plutôt bien le fonctionnement de ce blog et les échanges entre les uns et les autres.
Par moments, ça fait un peu « discussion de salon entre amis » et ça me plait beaucoup. C’est parfois comme dans la vraie vie, on finit par se connaître un peu les uns les autres, on a envie de dire des choses ou au contraire de quitter la conversation, quitte à y revenir plus tard, etc… A chacun son propre rythme. Ce blog a pris un rythme bien plus lent qu’il y a dix ans, on prend enfin le temps de souffler. Peut-être que le fait que je sois en retraite y est pour quelques chose. Car l’inactivité (toute relative) dans laquelle je suis désormais change un peu ma perception du temps qui passe, celui-ci est devenu plus élastique, toute notion d’urgence a disparu. Il y a dix ans j’aurais pu écrire « ne remets pas à demain ce que tu peux faire aujourd’hui ». Je pense qu’aujourd’hui je suis plus enclin à « ne pas faire aujourd’hui ce qu’éventuellement je pourrais faire demain ou l’année prochaine ». J’apprends progressivement la lenteur.

A propos de lenteur, de « discussions de salon », j’ai déjà dit sur ce blog que j’ai aimé la télé d’autrefois, le début de l’ORTF, l’époque où l’on prenait le temps d’interviewer les gens. J’aimais le rythme de la télé de l’époque. Et j’en ai aimé le contenu. C’était souvent tellement riche qu’il n’y avait parfois besoin que d’une seule caméra (c’est quand il n’y a plus véritablement de contenu qu’on est obligé de faire des plans qui ne durent que quelques secondes, les changements perpétuels d’images permettant ainsi de cacher la misère). Et puis je me rappelle qu’avec la lenteur de la télé, qui prenait vraiment son temps, on allait au fond des choses et du propos des uns et des autres. Aujourd’hui, il y a plein de stars (écrivains, acteurs, chanteurs …) qui viennent sur des plateaux télés, qui auraient peut-être des choses à dire (même si parfois j’en doute) mais qui ne sont là que pour faire le buzz médiatique, sourire bêtement, sortir la petite phrase anecdotique, la petite phrase assassine ; au bout du compte il ne se dit rien d’essentiel ni même d’important, bref tout ça me semble faire partie d’un monde de figuration, un monde de carton-pâte très représentatif de notre époque et dont je ne veux pas.

Il y a un an, j’avais écrit un premier article sur Georges Simenon et dans la discussion que nous avions eue, Christophe avait proposé une vidéo où Simenon, interrogé sur le personnage de Maigret, avait ensuite raconté – ou plutôt décortiqué  – la manière dont il écrivait ses romans. J’avais trouvé la vidéo admirable, tellement admirable que j’aimerais bien aujourd’hui revenir dessus (d’autant plus que la plupart des lecteurs de ce blog ne l’ont pas vue, elle était dans un commentaire et non dans un article). D’une part part parce qu’elle va dans le sens de mes propos ci-dessus concernant une époque où on allait au fond des choses et où on tirait les auditeurs vers le haut. Mais aussi parce que j’aime la relation qu’il y a dans cette vidéo entre « intervieweur » et « interviewé » (on est loin de notre époque où le journaliste coupe sans arrêt l’invité du plateau et se prend lui-même pour la star). Là aussi, dans la vidéo que je vous propose, on retrouve le côté « discussion de salon » ou plutôt « discussion au coin du feu » qui m’est cher (il n’y manque que le verre de bière à la main, mais dans le cas de Simenon il y a la pipe qui joue le même rôle).

Moi qui ne regarde pas la télé, si ce n’est de rares émissions en streaming ou en podcast, je dois dire que j’ai retrouvé dans la nouvelle émission de  Gérard Miller (sur la chaîne Toute l’Histoire, en partenariat avec le Monde) une très belle manière de faire de la télé. C’est une émission qui s’intitule « Et si c’était vous ? » et qui s’appuie sur un concept original : demander à un homme politique d’aujourd’hui d’apporter un éclairage sur une situation particulière à une époque donnée. Le premier invité politique de cette nouvelle émission est Jean-Luc Mélenchon qui nous parle de Robespierre. Ne croyez pas que je cherche à vous infliger une vidéo politique de plus sur Mélenchon (d’ailleurs ça fait longtemps, très longtemps …), là on est plus dans l’Histoire que dans la politique. On retrouve dans cette vidéo la même manière de prendre le temps de discuter, d’aller au fond des choses. Par rapport à la vidéo de Simenon, le lieu de tournage de l’émission est bien plus prestigieux, ce n’est pas  tout à fait « la discussion au coin du feu », mais quelque part c’est le même esprit qui prévaut. Et, sur le contenu, ça nous tire tout autant vers le haut.

J’espère que vous prendrez le temps de regarder ces deux vidéos.

Je vous souhaite pour les temps qui viennent de bien belles discussions au coin du feu, entre amis et de préférence … le verre à la main !

Bières artisanales (2)

Longtemps, longtemps après mon premier article, un tout petit texte consacré aux bières bretonnes de la brasserie Britt.

Je me rappelle avoir bu pour la première fois une Britt lors de ma première rencontre avec Yves à la terrasse d’un café breton. Et Yves avait écrit plus tard sur ce blog que c’était sa bière préférée.

Je reviens donc de Bretagne avec – entre autres – une belle petite panoplie de bières Britt à déguster.

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Et me vient spontanément ce vieux proverbe breton (que vous ne connaissez pas, évidemment, puisque je l’invente à l’instant) :
« Quand il pleut, les goélands s’abritent dans les rochers et les Bretons ça Britt dans les bars ».

Voilà, c’était juste un petit clin d’oeil à Yves, à Yann et aux quelques Bretons que j’ai la chance de connaître.

Les Primaires américaines

Ce blog se met en congés. Il reprendra le lundi 29 février.
Oui, je vous entends déjà médire très très fort : « Quoi, à peine retraité, il prend déjà des vacances ! ». Ben oui, et en plus, pour vous narguer, avec un verre de Gouden Carolus (ma dernière trouvaille, une véritable tuerie) à la main …

Pour ce dernier article avant ces (petites) vacances, j’aimerais parler des primaires américaines (même si ce n’est pas parmi les centres d’intérêts de la plupart des lecteurs de ce blog). Vous l’avez peut-être compris dans les commentaires des derniers jours, je suis avec beaucoup d’attention ce qui se passe actuellement aux Etats-Unis. On ne peut pas se désintéresser complètement du sujet car, qu’on le veuille ou non, la politique qui est menée là-bas, notamment en matière de politique étrangère, influe directement la nôtre. Quand les Etats-Unis, que l’on qualifie souvent de « gendarme du monde » décident de faire la guerre quelque part (et Dieu sait s’il y en a eu dans l’Histoire récente), les pays européens se mettent quasiment au garde-à-vous et partent eux aussi en guerre. Alors autant avoir un président le moins belliciste possible.

Alors qu’y a-t-il de nouveau dans ces élections américaines-là ? Il y a notamment, en plus de la candidature républicaine de Donald Trump (très atypique, on pourra en parler dans les commentaires), celle de Bernie Sanders du côté démocrate.

Personne ne misait sur lui il y a quelques 

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