Haricots du Revermont

L’an passé, nous étions allés (avec le petit groupe de Franc-comtois « Pass’ Graines » dont fait aussi partie Christophe) visiter le musée du Revermont à Cuisiat dans l’Ain. Il y avait dans ce jardin une douzaine de variétés de haricots ramant qui poussaient l’un à côté de l’autre (malheureusement je n’ai pas photographié la plantation). J’ai été surpris qu’autant de variétés soient concentrées là, dans un espace aussi restreint, sans protection aucune pour éviter les hybridations.

Evidemment, vous connaissez Dupdup : il n’a pas pu s’empêcher de prélever deux ou trois gousses de chaque variété, avec plus ou moins l’accord de la directrice du Musée (je dis « plus ou moins » car quand elle m’a vu en train de prendre des gousses, elle m’a très gentiment autorisé à continuer mais j’avais déjà fait l’essentiel de ma récolte). Les différentes variétés avaient été trouvées chez de vieilles personnes et elles portaient donc les noms sous lesquels elles étaient connues localement (ou les noms donnés par les personnes elles-mêmes, ou bien même des noms que le Musée a dû donner, faute de renseignements sur l’origine des variétés).

Je me suis donc retrouvé avec une petite dizaine de grains de chaque variété. Pas beaucoup certes, mais suffisamment pour reproduire la variété (et vous connaissez Dupdup, il suffit de lui donner une seule graine pour que trois ans plus tard la variété en question soit diffusée sur la planète entière).

Ces grains ont tous été semés au printemps dernier dans mon jardin et je me suis retrouvé à l’automne avec une belle petite récolte.
IMGP0508Ce qui m’intrigue, c’est que, 

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L’histoire du haricot (2)

Je conseille au lecteur de ce blog d’aller au préalable lire le 1er article consacré au sujet, article qui racontait l’histoire du haricot jusqu’à la Renaissance.

Nous en étions donc restés au 20 octobre 1533, date à laquelle Catherine de Médicis a importé notre fameux haricot dans le royaume de France.

 Le haricot s’est assez vite

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Perles de haricots

Petit-Gris, Queue de cochon de Jayat, Dinno, Père Tournier, Oeil de perdrix, Gros parisien, Six de Savoie, A goût de châtaigne d’Echenans, Gramma de l’oeil, Huttente, Kapenta de Zambie, Pawnee … Autant de noms qui ne vous diront sans doute rien du tout.
Il s’agit en fait de noms de variétés de haricots en grains.
Cette passion pour les haricots (172 variétés actuellement sur mes étagères) va certainement être distillée au goutte à goutte sur ce blog dans les années qui viennent.
Comment peut-on se passionner pour ces haricots en grains, légumes d’autrefois, devenus peu consommés de nos jours ? Je n’ai pas vraiment d’explication, si ce n’est que ces haricots (tout comme les fèves et autres légumineuses), quand on les regarde bien, sont de petits joyaux, de véritables petites oeuvres d’art (voir ici un premier article consacré au haricot du Saint-Sacrement).

 Je les cultive certes pour des raisons culinaires mais aussi et surtout donc pour cette dimension esthétique.
Et vous, amis jardiniers, lorsque vous choisissez des variétés à semer (tomates, haricots, salades, …), tenez-vous compte aussi de cette dimension-là ? Ou les formes, les couleurs, le look vous sont-ils indifférents ?

L’histoire du haricot (1)

Lorsque les Européens découvrirent l’Amérique, tous y trouvèrent de nombreuses variétés de haricots. Christophe Colomb vit ses premiers haricots à Cuba, Oviedo à Saint-Domingue et au Nicaragua, Cabeza de Vaca en Floride, Cieza de Leon en Colombie, de Soto au Mississippi et Jacques Cartier à l’embouchure du Saint-Laurent.

Depuis 7000 ans avant J-C (9 000 avant Sarko 1er pour les mécréants de ce blog qui ne connaissent pas J-C), le haricot, originaire d’Amérique du Sud, avait eu le temps de coloniser tout le continent américain, y compris l’Amérique du Nord, bien avant l’arrivée des premiers Européens.

La diversité en haricots était déjà

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Le haricot du Saint-Sacrement

Allez, je ne sais pas si j’ose vous parler de ma dernière passion : les haricots en grain ramants. Se passionner pour des haricots il n’y a sans doute pas qu’à Dupdup que ça arrive, mais il n’y a guère que lui qui ose le dire (et il commence par nous courir sur le haricot, le bougre !). D’abord je trouve que les plantes ramantes sont très belles et qu’un jardin potager n’est pas un véritable jardin sans ces grandes plantes grimpantes. Ici une photo réalisée l’an passée dans le Haut-Doubs.

Un immense merci à Roland que j’avais

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Haricots au sel

Je me rappelle qu’autrefois en été, on faisait des tas de conserves de haricots. Je n’en garde pas de bons souvenirs. C’était long et fastidieux et il faisait chaud dans les maisons à cause de la chaleur dégagée par le stérilisateur. Et puis les haricots perdaient de leur qualité gustative et de leur croquant.

Une vieille tante m’a donné sa recette à elle. Elle ne les stérilise plus, elle les met au sel. Enfin pas dans du sel, dans de l’eau salée plus exactement. C’est très simple. On blanchit les haricots une minute (c’est à dire qu’on les plonge dans de l’eau bouillante et l’on compte ensuite une minute à partir du moment où l’eau bout de nouveau). On les étale ensuite sur un linge propre. Quand ils sont froids, on les met dans un bocal et on les recouvre ensuite d’eau salée (125 g/l). Et puis on fait comme les vieux autrefois, on ajoute une feuille de chou avant de fermer le bocal (le chou est naturellement bactéricide, il empêche les haricots du dessus du bocal de noircir). Voilà, simple comme bonjour !

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Je trouve un inconvénient à la méthode mais aussi deux avantages.

L’inconvénient, c’est que les haricots ne sont pas cuits et qu’il faut les sortir quelques heures avant le repas et les déssaler dans plusieurs eaux avant de les cuire (Joëlle les cuit 20 mn dans un grand volume d’eau, non salée, à la cocotte minute). On ne peut donc pas ouvrir un bocal de haricots à la dernière minute.

Le premier avantage est d’ordre gustatif, les haricots sont ainsi bien meilleurs que s’ils étaient en conserve ou congelés et ils gardent leur croquant. Le deuxième avantage est que l’on peut ne mettre dans l’eau salée qu’une poignée de haricots à la fois. Inutile donc d’avoir l’équivalent de cinq bocaux comme dans la stérilisation.

Les haricots : quand les semer ?

LE COIN DU JARDINIER (49)
Le jardinier a souvent tendance à semer trop de graines à la fois alors que la réussite au jardin passe par l’étalement des semis sur une période la plus longue possible.

En ce qui concerne les haricots par exemple, inutile d’en semer beaucoup. 10 à 12 « poquets » de 7-8 graines chacun suffiront pour donner de quoi faire un petit plat tous les deux jours (les haricots verts se cueillent en général avec cette périodicité de deux jours).

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Si l’on veut en récolter à longueur de saison, c’est très simple, il suffit de semer les petites quantités citées ci-dessus tous les mois. Le 20 de chaque mois est une bonne date pour les jardiniers de l’Est de la France qui sèmeront ainsi leurs graines à quatre dates programmées à l’avance : 20 avril, 20 mai, 20 juin et 20 juillet. C’est facile à retenir. Le deuxième date est importante car si l’on veut avoir une récolte importante en été dans le but de faire des conserves, c’est à cette deuxième date (le 20 mai) qu’on sèmera un nombre important de graines. Evidemment, il ne s’agit là que d’indications, chaque jardinier applique sa propre méthode. Mais le débutant pourra avantageusement tenir compte au départ de ces dates là, quitte à les affiner par la suite en fonction de sa région, de la nature de son sol, du choix de ses variétés …

Je suis scrupuleusement cette règle depuis plusieurs années et les résultats correspondent chaque fois à mes attentes.

Ce matin, j’ai arraché les pieds de haricots de la première série, que j’avais semés le 20 avril, pour les donner aux lapins. Cela faisait un mois qu’ils donnaient des haricots.

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Je commence à cueillir ceux de la deuxième série, qui avaient été semés le 20 mai, et la récolte s’annonce extrêmement bonne, cette année 2009 étant particulièrement favorable, du fait de l’alternance pluie et soleil, à la culture du haricot vert.

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Dans le rang d’à côté, d’autres pieds sont encore petits. Ce sont ceux de la troisième série, qui ont été semés le 20 juin et qui ne donneront des haricots qu’à partir du début août.

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Et il y a enfin ceux de la quatrième série, qui sont encore sous forme de graines. Celles-ci attendent d’être semées. Elles le seront le 20 juillet prochain et ce sera là le dernier semis de l’année.

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Vous avez, vous aussi, des expériences de ce type avec d’autres légumes et des conseils à donner en matière d’échelonnement des semis ?