Cher petit merle …

Il y a quelques années, j’avais ouvert une rubrique intitulée « le livre du mois ». Pendant deux ans, nous avons échangé entre nous sur une douzaine de livres, pour la plupart des livres déjà anciens, sans aucun rapport avec l’actualité littéraire.

Il est parfois arrivé que nous ne soyons que deux ou trois blogueurs à discuter d’un livre précis. Evidemment, dans la plupart des cas, il fallait avoir acheté le livre en question (j’annonçais le titre un ou deux mois auparavant).

J’aimerais reprendre cette rubrique mais sous une autre forme (l’ancienne formule n’étant pas définitivement éliminée pour autant) pour que nous soyons plus nombreux à participer à la discussion. Alors l’idée de donner simplement un extrait de livre est venue tout doucement. Je pense que cette formule peut avoir deux gros avantages : tout d’abord de permettre à ceux qui n’auraient pas acheté le livre de participer à la discussion ; d’autre part de donner vraiment envie aux lecteurs de ce blog d’acheter (ou d’emprunter) le titre en question (ce que ne permettait pas forcément l’ancienne formule).

Je vous propose pour commencer cette série d’articles un extrait du dernier livre de Christian Bobin, La Grande Vie, publié chez Gallimard. Et comme l’extrait proposé concerne un oiseau bien connu de nous tous, sans doute que vous serez d’autant plus intéressés à sa lecture.

Cher petit merle au bec orangé, j’aurais voulu t’écrire à l’instant de ton apparition mais je ne suis maître de rien: le téléphone a sonné, puis j’ai dû sortir faire des courses.
Personne n’est tout à fait libre de son temps, n’est-ce pas. Même les rois s’inclinent devant un traité à signer, une migraine, une messe obligatoire. On m’a dit que l’empereur du Japon, et plus encore son épouse, étaient les plus célèbres prisonniers du pays. Un entretien avec eux est minuté. S’il se prolonge d’une minute les gardes qui se tiennent au fond de la salle d’audience, comme des soldats de plomb, font un pas en avant. Une minute de plus et ils avancent encore d’un cran. Les rois et les empereurs sont les poupées qu’un pays se fabrique pour dorer ses rêves. Parfois, las de jouer, il leur coupe la tête.
Ta douceur, petit merle, cette manière si gracieuse de pencher ta tête légèrement de côté, était d’un roi qu’aucune étiquette n’empèse. Sans doute ne te reverrai-je jamais. Tu ne m’as pas vu – encore que je n’en sois pas très sûr. Vous les animaux, vous avez une singulière façon de voir – par vos nerfs, vos muscles, vos dos, autant que par vos yeux. Tu venais d’atterrir de l’autre côté de la vitre, sur l’herbe verte du pré. Noir sur vert, et cette pâte orangée de ton bec, lumineuse comme une lampe Émile Gallé. Tiens, me suis-je dit en te voyant : du courrier. Un mot du ciel qui n’oublie pas ses égarés. Tu es resté dix secondes devant la fenêtre. C’était plus qu’il n’en fallait. Dieu faisait sa page d’écriture, une goutte d’encre noire tombait sur le pré. Tu étais cette tache noire avec un rien orangé, le grand prêtre de l’insouciance, porteur distrait de la très bonne nouvelle : la vie est à vivre sans crainte puisqu’elle est l’inespérée qui arrive, la très souple que rien ne brise. Dix secondes et tu as filé au ras de l’herbe jusque dans le bois, à l’autre bout de mes yeux. Le passage devant la fenêtre d’un ange en robe noire ne m’aurait pas mieux apaisé.
Et maintenant il fait nuit. Je pense à toi. Comment dors-tu, à quoi rêves-tu? Un jour tu ne seras plus que calcaire. Le crâne des oiseaux est une toute petite chose sévère et émouvante. Quand par extraordinaire on en découvre un momifié sur un chemin, on voit quelque chose qui tient de la frêle relique de saint. Que seront devenus les chants qui passaient la petite porte de corne orange de ton bec ?
Ils continueront de filer à l’infini, frissons de lumière perdus dans le grand fleuve de l’air. Ta joie – insouciance, petit merle, est passée de mes yeux à mon sang et de mon sang à ce papier qui me sert à t’écrire cette lettre. L’adresse? Quelqu’un la trouvera, c’est sûr. Quelqu’un ou quelque chose te dira que j’ai écrit cette lettre pour toi. Adieu camarade. Je te souhaite la vie belle et aventureuse. Tes dix secondes ont résumé toute ma vie.

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Dans un mois sur ce blog : « Indignez-vous ! »

Les lectures mensuelles repartent sur ce blog.
Je vous propose de nous retrouver le mardi 10 mai prochain pour discuter ensemble du livre « Indignez vous ! » de Stéphane Hessel.
Vite lu (une vingtaine de pages seulement), peu onéreux (3 euros), ce livre est un appel à une insurrection pacifique. Il est écrit par un grand Homme de 93 ans, ancien résistant, réchappé des camps de Buchenwald, co-rédacteur de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et ancien ambassadeur de France. Mais ça vous le savez, beaucoup de médias ont parlé de ce livre qui a été un best-seller (plus de 500 000 exemplaires vendus à la fin décembre dernier).

Un grand merci à Anne qui m’a offert ce livre.

« Le bûcher » de Georges Bordonove

Un article proposé par Etincelle

« Les cathares s’étaient élevés au-dessus de la matière. Voilà pourquoi je n’ai pas fait une colombe de pierre, mais une colombe de lumière. La lumière, c’est-à-dire l’absence de matière, est la seule chose qui puisse symboliser le catharisme ».

Sculptée par Jean-Luc Séverac, cette « Colombe de lumière » orne la stèle érigée à Minerve, sur l’emplacement présumé du bûcher où furent brûlés vifs cent quarante cathares.

Après la prise de Carcassonne, l’armée catholique s’empare de

Lire plus« Le bûcher » de Georges Bordonove

Prochainement sur ce blog : « le bûcher »

Une proposition de lecture faite par Etincelle
Le rendez-vous littéraire du blogadupdup nous fait voyager dans l’espace et dans le temps, et ceci à moindre frais.
De la Patagonie au Groenland, en passant pas les Balkans, le Maroc ou le Massif Central, nous en aurons parcouru du chemin ensemble.
Avec tous ces retours en arrière jusqu’aux siècles derniers et même jusqu’à la préhistoire, nous l’aurons fait chauffer la machine à remonter le temps.
Aujourd’hui, je vous propose de faire une halte dans les Corbières, au treizième siècle, avec le livre Le Bûcher de Georges Bordonove.
Plus exactement dans un extraordinaire petit village du sud de la France, citadelle construite sur un éperon rocheux en forme de proue de bateau … Minerve

Sur fond de croisade des Albigeois, pendant laquelle eut lieu la tragédie Cathare, ce roman « mêle avec une rare maîtrise l’Histoire, le sang, la foi, la volupté et la mort. »… et la trahison.
Tout comme La vierge froide et autres racontars de Jorn Riel, La jeunesse du monde de Paul Vialar et Qui se souvient des hommes de Jean Raspail, c’est un des livres que j’ai le plus offert.
Cela suffira-t-il pour vous inciter à le lire ?

Bon voyage … dans le sud de la France au moyen-âge !

Le clan de l’ours des cavernes

LES ENFANTS DE LA TERRE, de Jean Auel. Tome 1 : Le clan de l’ours des cavernes
L’image qu’on se fait de l’Homme préhistorique a la vie dure : un homme velu, vêtu de peaux de bête, qui tient à la main un gourdin (non non, je ne parle pas de son sexe !) et de l’autre une femme qu’il tire par les cheveux.

Même si l’on a encore parfois cette image dans la tête avant la lecture de ce livre, impossible de la conserver ensuite. Pourtant, ce premier tome des Enfants de la terre – le clan de l’ours des cavernes – ne parle pas de nos ancêtres directs mais d’une espèce d’Hominidé (le premier du genre Homo) qui a disparu depuis longtemps de la terre : l’Homme de Neandertal.
(image extraite de ce site)

C’est dans un clan de ces premiers hommes qu’atterrit Ayla, une fillette de cinq ans qui a miraculeusement survécu à un tremblement de terre. Mais elle vient d’ailleurs, d’un peuple qu’on appelle tout au long du roman « les Autres ». C’est elle, cette jeune fille, qui est notre ancêtre. Elle est Cro-magnon (le terme n’est pas employé dans le roman, mais on le devine vite). S’ensuit, au cours des deux premiers tomes des Enfants de la terre, une comparaison entre deux cultures, entre deux modes de vie, entre deux espèces distinctes, l’une qui n’a aucune faculté d’adaptation à une situation nouvelle et qui est sans doute destinée à disparaître de la terre, l’autre qui a en elle la capacité à inventer, expérimenter, évoluer … Le combat est inégal, on le sent au fur et à mesure que la petite Ayla grandit.

Comparés à nous, humains d’aujourd’hui, les membres du clan sont assurément plus primaires. Mais on est séduit par le monde harmonieux qu’ils ont réussi à bâtir malgré tout. Bien sûr, il s’agit d’un roman mais les paléontologues les plus renommés ont été séduits par ces enfants de la terre, preuve que la vérité ne doit pas être bien loin. Les croyances des hommes du clan, basés sur le monde des esprits et sur les totems peut paraître absurde. Mais on finit par rentrer dans ce monde qui n’est, au final, pas si étrange que ça. Et on finit par se dire que finalement ces croyances-là ne sont pas plus ridicules que celles des hommes modernes que nous sommes. Il y a beaucoup de cohérence dans la spiritualité de ce peuple.

(image extraite de ce site)

Même si les attitudes des membres du clan nous semblent parfois étrangères et incompréhensibles, les sentiments qu’éprouvent les uns et les autres sont finalement assez proches des nôtres (il y a de l’amour, de la jalousie, de la haine, de la bienveillance) et les personnages du roman, de ce fait, en deviennent vite attachants, qu’il s’agisse de Brun, d’Iza ou de Creb.

Ce sont sans doute les rapports avec la nature qui constituent l’aspect le plus fascinant de ce livre. Il y a, emmagasiné dans le cerveau d’Iza, une somme de connaissances sur les plantes qui ferait frémir le moindre botaniste d’aujourd’hui. Pas des connaissances au sens scientifique du terme mais des connaissances plus instinctives, empiriques, et qui viennent de loin, de très loin même, transmises par dix mille générations d’aïeux.

C’est sans doute dans le tome 2 – La Vallée des chevaux – (dont nous pouvons aussi parler dans la discussion) que les rapports avec la nature sont les mieux décrits.

La vie à cette époque était dure. Il fallait lutter en permanence contre les éléments naturels et les autres êtres vivants. Mais aussi dure soit-elle, n’y a t-il pas derrière cette vie, avec ce contact permanent de la nature, le sens du rituel qui est admirablement décrit dans ce livre et le sens de la communauté, une certaine forme de paradis perdu ?

Prochainement sur ce blog

Deux rendez-vous prochainement sur ce blog.

Un rendez-vous littéraire d’abord. Le mardi 27 avril, nous parlerons du livre « Les enfants de la terre » de Jean M. Auel. Il s’agit d’une longue saga en cinq volumes (mais que l’on peut décider d’arrêter après chaque tome). Je propose que l’on discute ensemble du 1er tome qui s’intitule « le clan de l’ours des cavernes » et éventuellement du tome 2 pour celles et ceux qui auraient le temps, d’ici la fin avril, de lire aussi « la vallée des chevaux ».

Voici ce que dit le dos de la couverture :
« Il y a 35 000 ans, une longue période glaciaire s’achève et la Terre commence à se réchauffer.
Lentement, durant des millénaires, l’homme s’est peu à peu dégagé de la bête et il apparaît à peu près tel qu’il est aujourd’hui. Il connaît l’outil, le feu, le vêtement. Il fabrique des armes pour chasser, aménage des grottes pour s’abriter. Dans le chaos de la nature, il est parvenu à créer un peu d’harmonie.
En ces premiers temps du monde, Ayla, une fillette de cinq ans, échappe à un tremblement de terre et se sort des griffes d’un lion pour se réfugier auprès d’un clan étranger. On l’adopte. Très vite, les gestes et les paroles d’Ayla suscitent l’étonnement et l’inquiétude. »

Un rendez-vous cinématographique ensuite.
Le mardi 18 mai, nous parlerons d’un film de Coline Serreau de l’association Colibris (l’association de Pierre Rabhi). Ce film, intitulé « Solutions locales pour un désordre global » sortira le 7 avril en salle (j’espère qu’il ne sortira pas que sur les écrans parisiens). Voici une présentation du film faite par Coline Serreau elle-même :

« Codine », de Panaït Istrati

Un article proposé par Christophe (dans le cadre des lectures mensuelles de ce blog)

« Dès que l’homme est trop heureux, il reste seul ; et il reste seul également, dès qu’il est trop malheureux. » Panaït Istrati (extrait de l’oncle Anghel)

Il est probable que ce livre qui retrace une partie de la jeunesse d’Adrien Zograffi ne vous a pas laissé indifférent. La part autobiographique y est sans doute importante, bien qu’il soit difficile de démêler la part du romanesque dans l’œuvre de Panaït Istrati.
De fortes personnalités, souvent excessives, où la part d’ombre des personnages n’est pas occultée, c’est un des aspects de cette écriture qui me plaît énormément chez l’auteur.

Il y a Codine bien sûr, le forçat au grand cœur, mais qui meurtri dans son enfance, maltraite sa mère.

Deux passages qui témoignent de la rencontre entre Codine et Adrien… La naissance d’une amitié :
« Il tira de sa poche une de ces bourses en canevas avec des fausses perles et des franges, que les prisonniers fabriquent dans les maisons centrales ; il m’offrit une pièce en cuivre.
Je dis :
– Merci, monsieur : je n’accepte pas…
Très étonné, il laissa tomber sa main :
– Tu n’acceptes pas ? Pourquoi ?
– Parce que ma mère me dit qu’il ne faut rien accepter quand on rend un service…
– Tiens ! Ça, c’est pas mal… »
[…]
« – Sais-tu ce que c’est : faire mal à quelqu’un ?
– C’est le faire souffrir, dis-je.
– Non mon bonhomme… Tu n’y es pas. Le mal, le seul mal, c’est l’injustice : tu attrapes un oiseau et tu le mets en cage ; ou bien, au lieu de donner de l’avoine à ton cheval, tu lui fous un coup de fouet. »


Et puis deux autres extraits avec l’autre personnage de ce roman, Kir Nicolas, qui donnent un autre éclairage de l’humanité :
« – Alors, tu ne crois pas en la patrie, Kir Nicolas ? demandait Adrien.
– Mais si, pédakimou (mon petit enfant), j’y crois : la nuit, quand je travaille seul. Je me rappelle que je suis ici un « sale Albanais ». Alors je pense aux belles montagnes où je suis né et où j’ai passé une enfance douce et paisible… Et dans ces moments-là, je chante, ou je pleure ; mais jamais l’envie ne me prend d’égorger un homme en pensant à ma patrie. »

« Ainsi, isolé du monde, enveloppé par le ténèbres, Kir Nicolas redevenait chaque nuit l’homme-nature tel que les montagnes d’Albanie l’avaient créé, tel qu’il avait été avant d’être offensé par les hommes et mis à genoux par la vie.
[…] Il était alors beau à voir. »

C’est un des secrets d’Istrati : révéler l’humanité, même dans les situations les plus difficiles de l’existence.
Et il y en a, de ces moments-là !
J’espère que cette lecture vous aura transporté autant que moi, vers la nature sauvage de Braïla, si près du Danube…

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Pour celles et ceux qui auraient envie de discuter sur ce blog du livre “Codine” de Panaït Istrati (livre qui nous est proposé à la lecture par Christophe), je rappelle juste que l’article qui servira de base à nos échanges sur cet ouvrage sera mis en ligne le mardi 5 janvier. Et voici un nouveau marque-page qu’il suffit d’imprimer et à insérer ensuite dans le livre que vous ne manquerez pas de lire d’ici là (photo réalisée derrière chez moi l’an passé).

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Dans un mois sur ce blog : « Codine »

Un livre proposé à la lecture mensuelle du mois de janvier par Christophe

CODINE : UNE ENTREE DANS L’UNIVERS DE PANAÏT ISTRATI

Ah la la la la ! Qu’il m’a été difficile de choisir une œuvre de cet auteur à vous faire partager. J’ai même dû relire deux ouvrages en trois jours, sous la pression impitoyable de notre cher Dupdup qui tient à une ligne éditoriale irréprochable… et je ne regrette rien !

Pas facile car les textes de Panaït Istrati fourmillent de recoupements, racontent beaucoup la vie de l’auteur sans qu’il soit aisé d’y faire la part de la biographie et du conte oriental qui bercent ou malmènent ses origines, mais entraînent le lecteur dans un tourbillon.

Pas facile car tous ses écrits ne sont pas également disponibles dans des éditions poche abordables.

Alors mon choix, critiquable, se porte finalement sur « Codine », un texte représentatif, mais pas suffisant car j’aurais souhaité vous faire traverser d’emblée (à part Jenofa qui je le sais a déjà lu et partage mon engouement) l’univers d’Istrati grâce à ses premiers écrits sur la jeunesse d’Adrien Zograffi, à savoir principalement la trilogie « Oncle Anghel – Présentation des Haïdoucs – Domnitza de Snagov », réunie avec d’autres récits dans le premier tome des œuvres publiées chez Phébus. Mais cela aurait été trop long.

Alors je fais un choix un peu tordu, avec deux options :
–    soit vous adorez et vous regretterez alors de n’avoir pas investi aussi sec dans ce premier tome où six romans – dont Codine- sont réunis pour environ 15 euros.
–    soit, et je vous comprends va, vous tâterez le terrain avec un format poche plus modeste… mais sans accéder à la merveilleuse trilogie et à un personnage féminin (au moins) comme seul sait les raconter Istrati… pour pas loin de 10 euros chez Folio !

Panaitistrati

Tordu hein ! Ces cinq euros font tout de même la différence dans mon choix, car c’est un autre texte qui me torture, absent de cette sélection… mais vous aurait coupé d’une entrée nécessaire je crois. On en reparlera !

Alors bonne lecture chez cet humaniste passionné et parmi quelques figures mythiques qui jalonnent son parcours : masculines (enfin !) et féminines (toujours !).

Sa biographie mérite le détour (cliquer ici).

Sans plus attendre, faites le bon choix, celui des trois mots portés haut et fort par ce merveilleux Roumain : amour, justice, liberté… à tout prix !

La discussion autour de cet ouvrage paraîtra le mardi 5 janvier.

Poésie : « Les campagnes hallucinées / Les villes tentaculaires »

Un article proposé par Yves suite à sa proposition de lecture du livre de poésie de Emile Verhaeren

Quels sentiments ressentez-vous après la lecture de  ces poèmes ?

Moi j’ai l’impression de retrouver souvent dans les commentaires du blogàdupdup , cet amour pour la nature , pour la terre de notre région et ce dégoût voir une peur de la ville qui malheureusement prend de plus en plus de place dans notre vie . Ne prend-on pas nos balades en nature comme une échappatoire à la ville , à l’usine et aux bruits mécaniques ?

Il ne faut pas oublier que lorsque Emile Verhaeren transposait cette vision épique de la réalité de son époque (qui allait être encore plus terrible quelques années plus tard avec la guerre), les cités industrielles étaient nouvelles dans un paysage plutôt agricole.

Le poème « La plaine «  est parlant sur ce sujet. Dans ces vers le poète constate avec dépit l’arrivée de la modernité dans la campagne… Nous aussi, bien souvent nous nous rendons compte à notre époque que cette modernité a laissé bien du monde sur le bord de la route …. Et a fait migrer bien des malheureux vers les villes . C’est beau la modernité , mais elle fait aussi que beaucoup perdent leur place dans la société ….

Hélas ! La plaine, hélas! Elle est finie!
Et ses clochers sont morts et ses moulins perclus.
La plaine, hélas ! Elle a toussé son agonie
Dans les derniers hoquets d’un angélus.

Pour ceux qui n’ont pas le livre , il est facile de trouver les poèmes de « Les Campagnes hallucinées. Les villes tentaculaires » sur le net.

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Pour celles et ceux qui auraient envie de discuter sur ce blog du livre « les campagnes hallucinées – Les villes tentaculaires » de Emile  Verhaeren  (livre de poésie qui nous est proposé à la lecture par Yves), je rappelle juste que l’article qui servira de base à nos échanges sur cet ouvrage sera mis en ligne le mardi 17 novembre. Et voici un marque-page qu’il suffit d’imprimer et à insérer ensuite dans le livre que vous ne manquerez pas de lire d’ici là (photo réalisée la semaine dernière lors de mon petit séjour en Camargue).

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Dans un mois sur ce blog « les campagnes hallucinées … »

En novembre, comme chaque mois, nous nous retrouverons pour discuter d’un livre proposé par l’un d’entre nous. Le prochain « rendez-vous littéraire » de ce blog aura lieu le mardi 17 novembre et concernera un livre de poésies qui nous est proposé par Yves : « Les campagnes hallucinées. Les villes tentaculaires » de Emile Verhaeren. Voici ce que nous dit Yves de cet ouvrage (et qui va sans doute inciter beaucoup de lecteurs de ce blog à se le procurer d’ici là) :

Emile Verhaeren ( Émile Adolphe Gustave Verhaeren, né à Saint-Amand dans la province d’Anvers le 21 mai 1855 et mort à Rouen le 27 novembre 1916), est un poète belge flamand, d’expression française.
Il dépeint avec lyrisme les campagnes et la naissance des grandes villes dans ses célèbres recueils Les campagnes hallucinées (1893) et Les villes tentaculaires (1895). La poésie de Verhaeren  se caractérise par un goût pour l’image . Un vrai goût pour l’expressionnisme . Ce qui fait qu’en quelques instants nous sommes plongés dans l’endroit qui est dépeint par l’auteur .

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La poésie prend une place importante dans ma vie ; autant  je m’ennuie vite le nez plongé dans un roman que là , avec la poésie, je peux lire jusqu’au bout de la nuit … Et lorsque j’ai découvert cet auteur, j’ai été sous le charme de ces poésies qui mettent des mots sur mes pensées, sur mes images ….

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Un extrait :

La plaine

La plaine est morne, avec ses clos, avec ses granges
Et ses fermes dont les pignons sont vermoulus,
La plaine est morne et lasse et ne se défend plus,
La plaine est morne et morte – et la ville la mange.

Formidables et criminels,
Les bras des machines diaboliques,
Fauchant les blés évangéliques,
Ont effrayé le vieux semeur mélancolique
Dont le geste semblait d’accord avec le ciel.

L’orde fumée et ses haillons de suie
Ont traversé le vent et l’ont sali :
Un soleil pauvre et avili
S’est comme usé en de la pluie.

Et maintenant, où s’étageaient les maisons claires
Et les vergers et les arbres parsemés d’or,
On aperçoit, à l’infini, du sud au nord,
La noire immensité des usines rectangulaires.

Telle une bête énorme et taciturne
Qui bourdonne derrière un mur,
Le ronflement s’entend, rythmique et dur,
Des chaudières et des meules nocturnes ;

Le sol vibre, comme s’il fermentait,
Le travail bout comme un forfait,
L’égout charrie une fange velue
Vers la rivière qu’il pollue ;
Un supplice d’arbres écorchés vifs
Se tord, bras convulsifs,
En façade, sur le bois proche ;

L’ortie épuise au cœur les sablons et les oches,
Et des fumiers, toujours plus hauts, de résidus
– Ciments huileux, plâtras pourris, moellons fendus –
Au long de vieux fossés et de berges obscures
Lèvent, le soir, des monuments de pourriture …….

« Chemin faisant : mille kilomètres à travers la France », de Jacques Lacarrière

Un article proposé par Albert.
En proposant à Dupdup d’échanger autour du livre de Jacques Lacarrière, j’ai recherché quelques informations sur cet auteur. Ainsi, j’ai découvert qu’il est décédé à Paris en 2005 des suites d’une opération orthopédique ; quelle ironie pour cette homme que l’on a suivi dans un voyage à pied à travers la France et qui procéda de la même façon pour découvrir la Grèce antique et faire partager son goût pour la culture hellène, c’est-à-dire en évoluant à pied dans les paysages de la péninsule grecque.

J’ajouterai que je n’ai pas relu ce livre intégralement, mais seulement quelques passages dont j’avais corné les pages, pour préparer cette chronique.

Ce livre conforte l’idée que la marche est vraiment le rythme propre de l’espèce humaine. Courir, rouler à bicyclette ou se déplacer avec un quelconque engin motorisé (voiture, moto, mais aussi bateau ou avion) nous permettent d’aller rapidement d’un point à un autre mais la marche à pied, elle nous transporte vers la découverte, la contemplation et la connaissance de notre environnement, de nos proches et des autres. Car il s’agit bien de cela, mieux connaître les autres, pour mieux vivre sa propre existence.
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Lors de l’annonce de cette discussion, quelques commentaires avaient déjà suscité des réflexions intéressantes ; peut-être y reviendra-t-on ?

A vous d’en parler à présent…

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Pour celles et ceux qui auraient envie de discuter sur ce blog du livre “Chemin faisant : mille kilomètres à travers la France” de Jacques Lacarrière (livre qui nous est proposé à la lecture par Albert), je rappelle juste que l’article qui servira de base à nos échanges sur cet ouvrage sera mis en ligne le mardi 20 octobre. Et voici un marque-page qu’il suffit d’imprimer et à insérer ensuite dans le livre que vous ne manquerez pas de lire d’ici là (photo réalisée lors de mon stage en Brenne consacré aux papillons nocturnes).

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Dans un mois sur ce blog : « Chemin faisant … »

Poursuite de notre lecture mensuelle proposée par l’un des lecteurs de ce blog.
Le mois prochain, le mardi  20 octobre exactement, nous discuterons d’un livre qui nous est proposé cette fois-ci par Albert. Il s’agit de “Chemin faisant : mille kilomètres à travers la France” de Jacques Lacarrière. Voici les renseignements que nous en donne Albert :

1977 pour l’édition originale Librairie Arthème Fayard.
1992 aux Éditions Payot, collection Voyageurs.
Il existe une version additionnée de la « Mémoire des routes » du même auteur, en vente sur PriceMinister.com /livres (occasion ou neuf) ou amazon.fr.

« Rien ne me paraît plus nécessaire aujourd’hui que de découvrir ou redécouvrir nos paysages et nos villages, en prenant le temps de le faire. […] Cheminer, musarder, s’arrêter où l’on veut, écouter, attendre, observer. Alors, chaque jour est différent du précédent comme l’est chaque visage, chaque chemin. […]  Car marcher, c’est rencontrer chaque jour des inconnus, réapprendre une autre façon  de se sentir parmi les autres. […]»

Voici 3 extraits de la 4ème de couverture de la réédition de 1992, pour susciter la lecture de ce livre des chemins…

« L’automne à Pékin », de Boris Vian

Un mot d’abord pour situer cette oeuvre. Elle a été écrite en 1946 puis remaniée en 1956, pour une deuxième édition, trois années seulement avant la mort de l’auteur. A cette époque, Vian n’était pas seulement romancier mais aussi ingénieur, inventeur, musicien, critique de jazz, poète, auteur dramatique, scénariste, traducteur, chroniqueur, parolier et interprète de ses propres chansons.

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L’automne à Pékin n’eut aucun succès du vivant de Boris Vian, tout comme toute son oeuvre d’ailleurs.

Dès les premières lignes du livre, on est vite plongé dans l’univers particulier et absurde de Boris Vian :

« Ama­dis Dudu sui­vait avec convic­tion la ruelle étroite qui consti­tuait le plus long des raccourcis per­met­tant d’at­teindre l’arrêt de l’au­to­bus 975. Tous les jours, il de­vait don­ner trois ti­ckets et demi, car il des­cen­dait en marche avant sa sta­tion, et il tâta sa

Lire plus« L’automne à Pékin », de Boris Vian

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Un nouveau marque-page à imprimer et à insérer dans le prochain livre que vous allez lire (photo réalisée en mai à la bambouseraie d’Anduze dans les Cévennes) :

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Mais au fait, personne n’a encore proposé de livre pour la discussion du mois d’octobre, prévue normalement le mardi 6. Hé la, faut vous réveiller, c’est la rentrée !

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Finalement, comme beaucoup de blogueurs sont en vacances et que la discussion sur le livre du mois sera probablement pauvre (sans compter que certains d’entre vous ont acheté l’ouvrage mais n’ont pas encore pris le temps de le lire), la discussion sur le livre « l’automne à Pékin » de Boris Vian est reportée au mardi 1er septembre. Désolé pour ce petit contre-temps.

Et comme chaque fois, si vous avez besoin d’un marque-page pour cet ouvrage, en voici un petit qu’il vous suffit d’imprimer.

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Je vous rappelle juste que le mardi 4 août, nous discuterons sur ce blog du livre « l’automne à Pékin » de Boris Vian et qu’il est encore temps de vous le procurer si vous souhaitez participer aux échanges.

Et si vous avez besoin d’un marque-page pour ce livre ou pour tout autre ouvrage, en voilà un réalisé à partir d’une photo faite il y a quelques semaines dans la Brenne. Il ne vous reste plus qu’à l’imprimer !

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