Madredeus

« le groupe a été créé pour mettre le portugais en musique, en ramenant la langue à son format musical … Les chansons sont très courtes car à chaque mot correspond une certaine ambiance. C’est un monde de l’intuition. ». C’est avec ces mots que Pedro Ayres Magalhaes, guitariste du groupe, définit Madredeus.

Celles et ceux d’entre vous qui aiment le fado, cette musique nostalgique venue du Portugal (et dont la représentante la plus connue fut Amalia Rodrigues) apprécieront la musique d’Amadeus, mélange de fado, de musique brésilienne et d’autres musiques du monde.

Teresa Salgueiro était la chanteuse emblématique du groupe. Elle l’a quitté en 2007.

Dans cet article, je ne vous proposerai que des vidéos de la période avec Teresa (1987-2007).

A noter qu’un petit coffret pas cher regroupe les meilleurs disques de cette période.

Bon week-end en musique !

 

A vot’ santé m’ssieurs dames !

Je voulais reprendre ce blog de manière cool avec quelques petites vidéos musicales.
Mais voilà-t-y pas que notre gouvernement nous joue une drôle de musique.
C’est quoi ce projet de loi de n’interdire l’épandage de pesticides qu’à 5 ou 10 mètres des maisons ?
Un poisson d’avril décalé ?
Une fake news ?
Une provoc’ de plus ?

En tous les cas, à vot’ santé m’ssieurs dames !

Jardinage et changements climatiques

Ce blog est lui aussi victime de la torpeur estivale, il se met en pause (comme chaque été d’ailleurs) et le prochain article paraîtra le lundi 9 septembre.

En attendant de vous retrouver à l’automne (même si d’ici là les discussions continuent) je vous propose un dernier article sur un thème qui est extrêmement important pour moi : « COMMENT ADAPTER SES PRATIQUES DE JARDINAGE A LA VIOLENCE DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES ACTUELS ». Et cet été caniculaire nous plonge en plein, nous autres jardiniers, dans cette problématique.

Ce que je vais dire dans cet article concerne avant tout l’Est de la France mais chacun pourra adapter mes propos à sa propre région.

Un petit point d’abord sur les nombreux changements actuels. En quelques mots, que constate t-on ?

  • moins d’eau
  • plus chaud
  • plus de vents

Globalement, trois saisons (l’été, l’automne et l’hiver) sont devenues plus chaudes et plus sèches. Le printemps échappe par contre à toute règle. Il est bien plus variable d’une année à l’autre : parfois très sec, parfois très pluvieux, parfois très chaud, parfois très froid, parfois très venté, parfois très calme. Peut-être que l’explication de ces variations printanières provient du fait que l’Europe occidentale reçoit sur ses côtes d’énormes quantités d’eaux froides issues de la fonte des glaces du pôle nord et que cela perturbe de temps en temps le mouvement de réchauffement global sans arriver toutefois à le contrer. Or, le printemps est la saison des semis et des plantations et il est donc difficile pour le jardinier de mettre en place une stratégie précise sachant qu’il ne sait jamais à l’avance comment la météo va évoluer. Le fait que le côté imprévisible de la météo affecte avant tout le printemps (car pour le reste il n’y a plus grand chose de surprenant dans les canicules estivales et dans la douceur hivernale) complique donc énormément la manière de faire des jardiniers qui ne sait sur quel pied danser.

Conséquences de tout cela : le jardinage, qui est une pratique ancestrale, rodée par des millénaires, est devenu quelque chose d’aléatoire, soumis aux caprices du climat (alors qu’avant il n’était soumis qu’aux caprices de la météo, ce qui est une différence de taille). C’est ainsi que plusieurs jardiniers, même confirmés, se posent la question de continuer ou non à cultiver leur petit coin de terre.

Alors que faire ?

Evidemment, nous n’en sommes qu’au début de la réflexion. Mais certaines pistes se dessinent tout de même pour tenter de faire face à la situation. Quelles sont ces pistes (qui ne sont pas des vérités – loin de là – car elles ont besoin d’être validées dans les années qui viennent) ?

1 – Revoir la liste des légumes qu’on cultive. Mais pour quelle raison faudrait-il revoir cette liste ?
On analyse souvent assez mal la situation car beaucoup de jardiniers (ou même d’agriculteurs) ne raisonnent qu’en terme de manque d’eau, alors que l’augmentation des températures est un aspect tout aussi important, sinon plus. Cette élévation du mercure de nos thermomètres perturbe  gravement le fonctionnement même des plantes. Ce fonctionnement des plantes est basé sur la photosynthèse. Juste deux phrases pour expliquer grosso modo ce qu’est la photosynthèse. Le constituant principal des plantes est la cellulose, à base de carbone. L’énergie solaire permet à la plante, grâce aux pigments de ses feuilles (la chlorophylle) de prendre ce carbone dont elle a besoin à la fois dans l’atmosphère (le CO2 atmosphérique) et dans le sol (le carbone minéral). Or cette photosynthèse ne s’effectue qu’à des températures optimales, souvent de l’ordre de 20 à 25°C pour nos plantes de climat tempéré, diminuant ensuite au-delà de ces températures et s’arrêtant ensuite quand la température devient excessive, supérieure à 35°C. Or, en plein soleil, on dépasse souvent les 35°C dès le début de matinée. Ce qui veut dire qu’en période de forte température, ce n’est pas la pluie qui tombe (ou l’arrosage) qui va remédier à la situation car la plante n’en fonctionnera pas plus pour autant. Et pour ne pas arranger les choses, si les plantes arrivent cependant à mettre en place des mécanismes de résistance (en ralentissant ou bloquant leur fonctionnement) pendant les épisodes de fortes chaleur, elles ne se remettent ensuite à fonctionner normalement que très lentement. Il faut savoir aussi que l’optimal de température n’est pas le même pour une laitue (températures plutôt basses) que pour une aubergine (températures plutôt hautes). On peut donc d’ores et déjà dire que certains légumes ne sont plus du tout adaptés à la situation actuelle alors que d’autres ont encore quelques beaux jours devant eux. Plantera t-on encore des pommes de terre, des choux, des radis en Franche-Comté dans vingt ans ? Rien n’est moins sûr . Et peut-être qu’on remplacera un jour, sans doute dans un futur proche, ces légumes-là par des plantations de patates douces, de chayottes, de concombres du Mexique, de gombos ou de cacahuètes (j’ai d’ailleurs tout ça déjà dans mon jardin). Mais la difficulté pour effectuer ce changement est plutôt d’ordre culturel : comment faire pour qu’un jardinier franc-comtois (ou d’ailleurs) se fasse à l’idée ne plus cultiver de pommes de terre ou de choux ?

2 – Echelonner les dates de semis/plantations et ne plus tenir compte des dates habituelles.
Autrefois, l’été était « la » saison du jardinier. Aujourd’hui tout est inversé, l’été est devenu au contraire la saison la plus contraignante (aussi bien pour les plantes que pour les gens d’ailleurs). Par contre, d’autres possibilités apparaissent aux trois autres saisons. Exemples que j’ai pu constater depuis un an : pour nombre de légumes, les semis précoces ou tardifs réussissent mieux que les semis aux dates habituelles. Les tomates peuvent ainsi produire dès juin et jusqu’en novembre (voire décembre) malgré des difficultés à fructifier ou à mûrir en plein été (car, contrairement à une idée faussement répandue, les tomates ont bien plus besoin d’eau que de soleil pour mûrir). Et manger des tomates pendant 5 mois (au lieu des deux mois habituels) c’est quand même pas rien non ! Les haricots verts peuvent produire aussi jusqu’en novembre. Les pommes de terre peuvent être plantées dès février et certains se hasardent même à les mettre en terre seulement en juillet. Les côtes de bettes et les betteraves rouges peuvent passer l’hiver en pleine terre, ce qui n’était pas le cas auparavant. Les laitues arrivent à pousser en plein hiver. Les petits pois, qui étaient toujours semés au tout début du printemps, peuvent même être semés juste avant l’hiver, du jamais vu ici jusqu’à présent. Les choux, qu’il est si difficile à produire maintenant en plein été, peuvent être récoltés en toutes autres saisons. Rien n’est jamais gagné, bien évidemment, mais celui qui sème ses choux en janvier ou en septembre (chose qu’on ne faisait jamais jusqu’à présent) peut s’attendre parfois à quelques échecs mais souvent à de belles surprises. Mais là aussi, on se heurte à une difficulté qui est d’ordre culturel tellement nos pratiques de jardinage sont ancrées en nous. « Comment ça, Monsieur, mettre des tomates en pleine terre dès avril, vous n’y pensez pas, les Saints de Glace ne sont pas passés, vous êtes vraiment sérieux …? ».

3 – Utiliser l’immense biodiversité qui s’offre à nous.
Internet et les différents réseaux ont considérablement multiplié le nombre de variétés disponibles. Dans les 10 dernières années, on est passé d’une offre limitée à une offre illimitée (pour qui sait chercher). Et certaines variétés sont bien plus adaptées que d’autres au contexte actuel. 99% des variétés de laitues montent en graines dès les premières grosses chaleurs et ne sont plus adaptées à la situation actuelle ? Cherchons alors une variété adaptée dans le 1% restant ! Pour plein de légumes, expérimentons la diversité tous azimuts ! Exemple de la tomate : lorsque vous plantez une dizaine de sortes de tomates, plutôt qu’une seule, certaines s’en sortiront mieux que d’autres et vous augmentez forcément la chance qu’il y a d’avoir parmi elles des variétés (pas forcément les mêmes chaque année d’ailleurs) qui résistent au mildiou et qui passeront le cap de l’été. Il ne faut donc pas mettre « toutes ses tomates dans le même panier ». Mais là encore, difficulté d’ordre culturel. « Comment donc, moi qui cultive des pommes de terre depuis 50 ans, je devrais arrêter cette variété, la Charlotte, que mon père cultivait déjà ? « Et reléguer la laitue rouge grenobloise aux oubliettes ? ». On ne change pas les habitudes qui gagnent. Mais le jardinier est parfois dans une attitude obstinée, on ne change pas non plus facilement celles qui perdent !

4 – Produire ses propres graines.
Il s’agit là d’un sujet très important. Il y a plein d’arguments en faveur de l’autoproduction des graines (le coût, la qualité, la possibilité de diffuser …) mais l’enjeu climatique est un argument de poids. Voici ce que j’écrivais dans un article récent  : « Les graines qu’on nous vend sont produites dans des conditions optimales, sans excès dans un sens ou dans un autre. Les plantes qui ont produit ces graines n’ont jamais eu soif, elles n’ont jamais eu faim, elles n’ont jamais eu trop chaud, elles n’ont jamais eu trop froid, et comme elles sont cultivées la plupart du temps en serre, elles n’ont même jamais été sous la pluie ou dans les brouillards. Bref, ces plantes n’ont jamais connu la vraie vie. A nous de leur apprendre ! Bien entendu, il faut se procurer des graines au départ. Alors, si on n’a pas la possibilité d’échanger avec d’autres, achetons tout de même des graines qui viennent de plantes chouchoutées par les semenciers. Mais soyez sûrs qu’ensuite, année après année, en les semant dans les conditions qui sont celles de votre jardin et de votre climat – c’est à dire difficiles – vous les adapterez à votre terre, plus facilement même que vous ne l’imaginez, l’acclimatation se fait déjà au bout de quelques années. Et si le climat évolue comme il est en train de le faire, certaines de vos plantes s’adapteront aussi (dans une certaine mesure) au manque d’eau permanent, aux excès occasionnels d’humidité… » Mais là aussi, face au changement, il y a un obstacle d’ordre culturel. Car plein de jardiniers sont persuadés qu’on ne peut pas rivaliser avec les professionnels semenciers. Or aujourd’hui, le métier de sélectionneur de graines s’est considérablement dévalué et les graines qu’on vous vend ont bien baissé en qualité (notamment germinative). Comme je l’ai déjà dit sur ce blog : vous prenez tellement de soins à sélectionner vos propres graines, vous chouchoutez tellement vos légumes porte-graines que les véritables professionnels de la sélection c’est vous, et personne d’autre !

5 – Modifier ses pratiques de gestion du sol.
Comme vous le savez, je suis un adepte de la méthode de nos Anciens (pas celle des deux dernières générations, bien évidemment, mais celle de l’avant-chimique). Ces méthodes-là étaient très respectueuses de l’environnement car il n’y avait pas (ou presque pas) d’utilisation d’eau. On avait d’ailleurs très peu accès à cette précieuse ressource, l’eau courante au robinet n’étant arrivée dans les villages de mon secteur que dans les années 30. Et aller chercher l’eau à la fontaine à 300 m, ça limite considérablement le nombre d’arrosage ! Pour pouvoir se passer d’eau, les méthodes de l’époque étaient basées sur le travail permanent de la terre, on connaît d’ailleurs tous l’expression « un binage vaut deux arrosages » qui est l’expression populaire liée au jardin qu’on entend encore très très souvent. C’est cette méthode que j’utilise le plus possible. Et si ces générations-là ne pratiquaient pas beaucoup le paillage (méthode pourtant très ancienne qui date de plusieurs siècles) c’est parce que l’eau tombée du ciel était suffisante et que l’évaporation était très limitée (à cause des températures et des vents très inférieurs à ceux d’aujourd’hui). Nul doute que si nos Anciens revenaient aujourd’hui ils modifieraient leurs pratiques dans le sens d’une meilleure couverture du sol. Donc, l’intérêt premier de la permaculture est d’avoir systématisé cette ancienne méthode, désormais très adaptée au contexte climatique actuel. Mais avec tout de même une difficulté de taille, c’est que le paillage ne convient pas à tous les sols, ne convient pas à tous les climats (il empêche les sols francs-comtois de se réchauffer au printemps) et qu’il est à manier avec précaution. Car il faut savoir que la matière organique a besoin d’azote pour se décomposer. Certes elle restitue très abondamment cet azote par la suite mais dans un premier temps elle en consomme, d’où des plantes à la couleur jaune qui souffrent de cette carence. Je pense que faire un mix entre travail du sol (pour certaines terres, pour certains légumes) et paillage (dans certaines circonstances) est un bon compromis. Il sera bientôt impossible de toute façon de faire du jardin sans aller dans l’une ou l’autre de ces deux directions (le travail du sol / la couverture du sol) ou en mixant les deux. Modifions donc notre pratique de gestion du sol, dans un sens ou dans un autre (selon les attirances de chacun pour telle ou telle méthode). Cela dit, même si je pratique un peu le paillage du sol (tardivement en été, toujours en dernier recours, c’est à dire au moment où les plantes que j’ai endurcies se mettent à souffrir vraiment), je reste malgré tout adepte de la serfouette, outil de travail de la terre avec lequel je me sens bien et qui vient de très loin dans ma tradition familiale. Et comme cette pratique de travail du sol permet de faire du jardinage sans eau (ou presque) je continue à privilégier cette méthode ancienne. Mais jusqu’à quand cela sera t-il possible vu la violence des changements actuels ? Deux méthodes possibles donc, mais avec, là aussi, un obstacle d’ordre culturel : revenir au travail de la terre suppose pour certains d’en finir avec l’utilisation de produits chimiques de toutes sortes (alors que pendant 50 ans on nous a dit que c’était la panacée). Et à l’inverse, aller vers la couverture permanente (ou quasi-permanente) du sol (avec des déchets végétaux/organiques de toutes sortes) suppose que l’on jette aux orties nos idées préconçues en matière d’esthétique, de propreté … Beaucoup de chemin à faire donc dans les deux cas !

Evidemment, le jardinage n’est pas une science exacte. Le jardinier de demain, s’il ne veut pas disparaître, devra donc prendre beaucoup de risques pour un résultat tout à fait incertain. Mais je sais que si l’on se plante de temps en temps, en osant, en expérimentant, on a aussi – et parfois contre toute attente – de bien belles surprises. De toutes façons, vu la violence actuelle du climat, l’expérimentation permanente devient un passage obligé.

Pour résumer mes propos ci-dessus et pour conclure mon article, quelques mots-clés concernant l’attitude à avoir :
EXPÉRIMENTER TOUS AZIMUTS ET PRENDRE DES RISQUES.
MODIFIER RADICALEMENT NOTRE MANIÈRE DE PENSER

Ce qu’on pourrait aussi dire sous une forme très paradoxale : RÉAPPRENDRE LE JARDINAGE (c’est à dire retrouver les méthodes de nos ancêtres qui leur ont permis de s’en sortir pendant près de 10 000 ans) MAIS AUSSI LE DÉSAPPRENDRE (c’est à dire ne plus tenir compte de tout ce que l’on nous a dit en matière de dates de semis et de plantations, de types de légumes et de variétés à cultiver).

Tel est sans doute l’enjeu qui se pose aujourd’hui au jardinier soucieux de continuer sa pratique !

Bonnes vacances à toutes et à tous !

Anoushka Shankar (2)

J’ai toujours beaucoup écouté les musiques traditionnelles asiatiques. Les musiques du Laos, du Vietnam, de la Birmanie, de la Chine et du Japon sont d’une grande complexité et il est difficile pour une oreille occidentale de rentrer complètement dans ces musiques. Mais, en écoutant par petites doses, on arrive à se familiariser progressivement avec ces musiques très étrangères à notre culture.

Je me rappelle que pendant toutes les années 70, 80 et 90, j’empruntais énormément de disques, d’abord à la médiathèque de l’université puis à la médiathèque municipale de Besançon. Et quand j’empruntais 4 disques, j’appliquais toujours la même règle (cela a duré trente ans) : j’empruntais deux disques que j’avais vraiment envie d’écouter et deux dont je n’avais absolument pas envie. Et c’est ainsi que les musiques qui me semblaient très rebutantes au départ me sont finalement rentrées dans la peau. Et parmi ces musiques il y a eu le free jazz, la musique du moyen-âge, la chanson d’avant-guerre …

Parmi les premières musiques difficiles qui ont fini par me fasciner il y a eu la musique de l’Inde, certes plus accessible que d’autres musiques asiatiques situées plus à l’Est. Il faut dire que Ravi Shankar a donné trois concerts mémorables : au festival pop de Monterey en 1967, à Woodstock en 1969 et au concert pour le Bangladesh en 1971. Ma génération a donc été forcément imprégnée par le son particulier du sitar et les longs ragas (parfois plus de 20 minutes) joués par les musiciens indiens.

J’ai déjà parlé sur ce blog d’Anoushka Shankar, la fille de Ravi Shankar (et par ailleurs demi-soeur de Norah Jones). Mon premier article date déjà d’il y a six ans. On la retrouve aujourd’hui dans une très belle vidéo. Cette vidéo montre comment, loin de la musique frelatée que nous propose parfois la world music (je développerai un jour ce sujet), les différentes approches musicales (traditionnelles et modernes) peuvent s’enrichir les unes les autres. Ici, Anoushka Shankar joue avec Gold Panda, musicien connu pour ses compositions électroniques et ses boucles hip-hop. Et je trouve qu’à côté de ce musicien, la musique d’Anoushka Shankar se révèle être d’une étonnante modernité.

Bonne écoute !

Quelques décennies plus tard

En ce moment, je suis plutôt dans les musiques qui datent du temps des dinosaures et même d’avant ! Peut-être que les plus vieux d’entre nous se souviendront de certaines de ces musiques qui ont eu un beau succès, parfois planétaire. Mais parfois on ne sait pas que leurs auteurs sont encore vivants et continuent de les jouer. Trois exemples aujourd’hui.

On commence avec sans doute le plus grand tube des années 60 : A Whiter Shade Of Pale de Procol Harum (le morceau commence à 1’10), musique inspirée par deux oeuvres de J.S. Bach.

Quelques décennies plus tard …

Tout aussi connu, The House Of Rising Sun (le tube de l’année 1964) par The Animals

57 ans plus tard, Eric Burdon et ses Animals sont toujours là (on peut allègrement aller au minutage 2’58 pour le début du morceau).

Dernier exemple : en 1965, Van Morrison et son groupe Them jouent Gloria.

52 ans plus tard, Van Morrison est plus actif que jamais (aller directement au minutage 13’01 pour écouter Gloria)

Désolé de vous proposer des vieilleries avec cet article du genre « vide-grenier musical » (mais bon, je m’adapte à l’âge des lecteurs de ce blog, hein !), la prochaine fois j’essaierai de faire beaucoup mieux.
Bonne écoute quand même !

Rêver … ou vomir !

Pour celles et ceux d’entre vous qui ne savent pas qu’on est toujours en monarchie : une cérémonie organisée pour les 15 ans de Renault-Nissan mais qui correspondait aux 60 ans de Carlos Ghosn, ça se passe au château de Versailles en 2014.

J’ai eu mes 60 ans au même moment que lui, mais il avait réservé avant moi, le château n’était plus libre ! :angry:
Et merci à Carlos, grâce à lui, j’ai pu économiser 634 000 euros. :wink:
(sources de mon article)

Woodstock Anniversaire

On va beaucoup parler de Woodstok cet été dans les médias. Et pour cause ! Car ce sera le 50ème anniversaire du festival. Mais en août, mon blog sera en pause estivale et je serai trop occupé à faire la sieste et à lire des bouquins pour reprendre sérieusement le cours du blog. Alors un petit article en avance sur le sujet (j’ai déjà parlé du festival sur le blog, mais c’était il y a si longtemps …).

Quand on parle de Woodstock, on fait forcément référence à ce qui s’est passé en Californie dans la deuxième partie des années 60, le festival étant censé être représentatif du mouvement hippie, (le fameux « Flower Power ») et de la contre-culture. Mais tout ça était déjà fini depuis un moment, le festival qui s’est déroulé du 15 au 18 août 1969 n’était en fait que le dernier sursaut d’une époque à jamais révolue (mais qui laissera beaucoup de traces). Un festival nostalgique en quelque sorte !

Peut-être que je ferai un autre article très prochainement car il y eut 32 concerts et le sujet est vaste. Mais aujourd’hui je voudrais juste me focaliser sur cinq artistes qui m’ont beaucoup marqué lorsque le triple album du festival est sorti en mai 70. Woodstock fut d’ailleurs « un accélérateur de carrière » pour ces cinq-là. Il y eut plein d’autres noms tout aussi prestigieux que ces cinq groupes, mais il faut bien dire que certains artistes présents ont un peu loupé leurs prestations (notamment Janis Joplin, Jefferson Airplane, Grateful Dead).

RICHIE HAVENS, qui a ouvert le festival, est incontestablement entré dans l’Histoire de la musique ce jour-là. Et ce fut à la faveur d’une circonstance incroyable. Il avait fini son concert, il n’avait rien prévu d’autre que ce qu’il venait de jouer, mais le groupe suivant (Sweetwater) était bloqué dans les embouteillages (on attendait 50 000 personnes, il en est venu 500 000 et ce fut le plus gros embouteillage de toute l’histoire des Etats-Unis !). Alors Richie Havens a dû improviser pour faire patienter les spectateurs. Pour la prestation que l’on connaît !

Le lendemain, samedi, jour de pluie et de boue, un jeune batteur (MICHAEL SHRIEVE) faisait un effet incroyable dans le groupe de CARLOS SANTANA.

Dimanche 17 août, c’est un personnage nouveau sur la scène musicale, JOE COCKER (qui restera pour moi le meilleur artiste du festival), qui transformera un morceau des Beatles en une version hallucinée. Il y a tout l’esprit du rock dans ce joyau qu’est « With A Little Help From My Friends ».

ALVIN LEE, chanteur et guitariste de TEN YEARS AFTER, fera ensuite une version déjantée de « I’m Going Home ».

Et enfin, le lundi matin au lever du jour, alors qu’il ne reste plus grand monde (à part des tonnes de déchets, oui c’était ça aussi le fameux « peace and love »), JIMI HENDRIX, épuisé, revisite l’hymne américain (on est en pleine guerre du Vietnam) lors d’une des plus célèbres improvisations de l’histoire du rock.

Ça nous rajeunit pas, hein !

Les oiseaux du printemps 2019 (1)

Les printemps secs font souffrir la nature. Mais, paradoxalement, la nidification des oiseaux est bien meilleure que lors des printemps humides. 2019 ne déroge pas à la règle et la nidification des oiseaux connaît une amélioration cette année. Au fil des années, les populations d’oiseaux sont globalement en baisse (passereaux surtout) mais les années comme 2019 donnent l’impression d’une remontée. Illusoire sans doute car ce n’est malheureusement qu’un léger mieux dans la dégringolade. Mais ne boudons pas pour autant notre plaisir de cette année.

Evidemment, en n’observant les oiseaux que sur mon tout petit secteur de la vallée de l’Ognon, il est difficile d’extrapoler … mais voici un condensé, en vrac, de ce que je peux dire sur la nidification de ce printemps autour de chez moi.

Pic Mar très présent, nombreux chanteurs en forêt.

Pic Noir en extension, se reproduit même en dehors des forêts.

Bonne présence du Martin-pêcheur (trois couples sur ma commune)

Trois sites avec présence permanente du héron Bihoreau Gris (7 observations la semaine dernière !).

Retour de la Rousserolle Turdoïde (2 couples) après une très longue absence.

Nidification de la Huppe fasciée après plusieurs dizaines d’années d’absence complète.

Superbe année de reproduction pour le merle noir (il y a des jeunes partout dans les jardins) …

… et l’étourneau sansonnet.

Présence inhabituelle, permanente et surprenante du Grand cormoran (que je vois tous les jours de ce début juin).

Le Cygne Tuberculé est désormais présent tout au long de la rivière.

Présence du Chevalier Guignette en permanence sur trois sites différents (sans doute y a-t-il nidification).

Bergeronnette des ruisseaux sorties du nid depuis plus d’un mois.

Buse Variable omniprésente.

Explosion des populations de guêpiers d’Europe (plus d’une quarantaine de couples sur le secteur que je prospecte actuellement). Un vrai bonheur !

Enfin, du côté des mammifères, la femelle d’écureuil qui est autour de la maison est en train d’allaiter ses jeunes (on a entraperçu hier ses mamelles bien gonflées), ça laisse présager de bien belles observations pour la suite.

Je referai un article prochainement sur d’autres espèces.

Et chez vous, ça donne quoi cette année ?

Sarclo chante Dylan

Un petit tour vers mon chanteur suisse préféré et que j’avais un peu perdu de vue je dois dire …
Quelle surprise de le retrouver sur Youtube en train de chanter sept chansons de Dylan !

Bonne écoute !

 

 

Les estivales du jardin à dupdup

« Les estivales du jardin à dupdup », c’est l’un des moments que j’attends le plus dans l’année, elles me permettent de rencontrer de bien belles personnes. Car, après avoir bourlingué toute ma vie dans le monde associatif, notamment environnemental (toute ma vie professionnelle !), je me rends compte que c’est parmi les groupes de jardiniers que je me sens le mieux. Et de loin ! Les jardiniers, c’est pas des gens compliqués, ils n’ont pas « de porte de derrière » comme on dit ici, les relations avec eux sont simples et en plus ils ont un goût prononcé pour la convivialité (je ne connais d’ailleurs aucun jardinier buveur d’eau ! Si vous en connaissez un, dites-le moi, j’éviterai d’aller me promener de ce côté-là !).

Contrairement aux années précédentes (on en est déjà à la quatrième édition), il n’y aura pas de thème spécifique à chaque séance. Je me contenterai d’adapter à chaque fois le contenu de l’animation en fonction de ce qu’il y aura dans le jardin à ce moment-là et surtout en fonction des questions/demandes des uns et des autres. A chacune des séances j’essaierai de parler de cette question désormais primordiale : « Comment adapter ses pratiques de jardinage aux changements climatiques en cours ». Je ferai d’ailleurs un article sur ce sujet dans le courant de l’année.

Les séances sont une succession de trois moments :
– une animation avec visite des trois jardins
– un apéro
– un repas partagé sur la terrasse pour celles et ceux qui auraient envie de prolonger les échanges (ou simplement de passer du bon temps entre jardiniers).

Les animations ont toujours lieu le samedi matin à 9H30. Six dates sont proposées.

Joëlle et moi aurons évidemment un immense plaisir à accueillir les habitués de ce blog.

Davina & the Vagabonds

Merci à Isa, Baber et Michel qui sont venus renforcer les temps derniers les discussions sur le blog. Et merci évidemment aux autres, fidèles d’entre les fidèles, qui sont toujours là malgré les années qui passent.
J’avais promis un petit article « en clin d’oeil » pour Michel, mais je n’ai pas pris le temps de l’écrire. Raté donc, mais ce sera pour plus tard.
Le rythme du blog va changer un peu (au moins jusqu’à cet été lors de ma petite pause estivale) : dorénavant il y aura deux articles par semaine, un le lundi sur un thème habituel (nature, jardinage, société …), l’autre le vendredi consacré à la musique.
On a beaucoup parlé de musique sur ce blog les dernières semaines. Aujourd’hui, j’ai envie de poursuivre ma petite rubrique musicale par quelque chose d’un peu frais, de léger. Je vous propose donc une artiste et un groupe que j’ai découverts il y a six mois et que j’ai beaucoup aimés : Davina & The Vagabonds. C’est de la musique d’une autre époque, un peu datée diront certains d’entre vous, mais j’adore ! Quelque part entre ragtime, jazz, blues et la musique de Kurt Weill.
Si vous ne voulez visionner que la partie « concert », vous pouvez zapper les interviews qui sont en noir et blanc. Mais avant d’appuyer sur « play », ouvrez-vous une petite mousse, hein  (d’autant plus que c’est de la zik plutôt festive) !
Que la musique soit, et la musique fût (de bière) !

Bon week-end à tous !

Europe : il y avait les « uns », il y avait les « autres »

Il y avait les « uns » qui rêvaient d’une belle Europe
Une Europe d’abord fraternelle ouverte au monde
Une Europe mutualiste aidant ses pays membres en difficulté
Une Europe de la diversité qui respecte les différentes cultures
Une Europe sociale où tous les acquis seraient tirés vers le haut
Une Europe fiscale harmonisée de la manière la plus juste pour limiter les inégalités
Une Europe économique qui défendrait, la tête haute, sa place dans la jungle mondiale
Une Europe de la défense qui serait autonome, sans allégeance particulière
Une Europe où l’intérêt général primerait avant tout sur l’intérêt privé
Une Europe démocratique qui respecterait les décisions et la souveraineté des peuples
Une Europe de la liberté qui permettrait l’épanouissement de tous les citoyens du continent.

Et il y avait les « autres ». Ces autres ont fait croire aux peuples gogos et naïfs qu’ils pensaient comme les « uns » cités ci-dessus. Alors ils ont été élus. Forcément ! Ils ont donc eu le plein pouvoir. Et qu’en ont-ils fait de cette Europe ?
Une Europe qui s’est fermée sur elle-même
Une Europe qui a attisé les différences et qui a joué la carte des peuples les uns contre les autres
Une Europe qui a mis sous l’eau la tête des pays en difficulté
Une Europe antisociale qui a tiré toute la réglementation vers le bas (toujours vers le « moins disant »)
Une Europe qui a imposé aux acteurs économiques de son territoire des normes draconiennes (et qui ne s’est pas gênée par contre pour accueillir toute la merde du monde produite ailleurs dans des conditions – sociales et environnementales – inacceptables).
Une Europe antidémocratique qui n’a pas respecté le vote des peuples (exemple du vote sur la constitution, 2005)
Une Europe qui n’a pas lutté contre les paradis fiscaux existants en son sein
Une Europe du flicage permanent
Une Europe qui a joué la guerre économique à l’intérieur même de ses frontières
Une Europe qui a livré ses propres intérêts économiques à ses concurrents (exemples  des accords Ceta, Tafta, …)
Une Europe qui a été livrée aux technocrates
Une Europe qui été livrée aux lobbies
Une Europe qui a été livrée aux banques
Une Europe qui a été livrée à l’Otan
Bref, une Europe qui a été vendue, bradée !

Pourquoi j’enrage ? Parce que, si l’on prend le soin de lire les éditorialistes et chroniqueurs des principaux journaux (qui appartiennent tous à des hommes d’affaires ou à des banques) ce serait ces derniers, « les autres » donc (c’est à dire ceux qui ont sacrifié la belle idée d’Europe sur l’autel du libéralisme à tout crin), qui seraient les vrais Européens.
Et les « uns » alors ? Ces « uns » dont certains continuent tout de même de rêver à une Europe différente alors que la plupart d’entre eux n’y croit plus du tout, ces « uns » seraient donc les mauvais européens ?
Pour la simple et bonne raison qu’ils n’acceptent pas la ligne ultra-libérale et le saccage organisé du monde ?
Et tous ceux-là, les « uns », on les mettrait dans ce grand sac fourre-tout appelé « populisme » ?

Les médias, presque tous acquis à la Macronie, ont raison : les anti-Europe risquent effectivement de détruire l’Europe. Mais les anti-Europe, ne seraient-ce pas « les autres », c’est à dire ceux qui ont déjà livré, pieds et poings liés, notre bon vieux continent aux intérêts extérieurs et privés ?
Et puis, cette Europe, n’est-elle déjà pas détruite en très grande partie ?

Produire ses propres graines ?

Produire ses propres graines est un bel enjeu pour le jardinier.


La démarche qui consiste à vouloir boucler le cycle complet de la plante (« de la graine à la graine ») est cohérente, elle est l’un des aboutissements de la vie de jardinier. Dans la réalisation d’une vie complète de jardinier, c’est aussi important à mon avis que de vivre toute l’année des produits de son jardin.
Et puis, une graine c’est tellement magique !
La graine est un maillon indispensable à la grande chaîne de la vie. Mais il n’y a pas que le fait de participer à ce grand cycle qui justifie qu’on produise ses propres graines.
D’où l’idée de cet article dans lequel j’aimerais récapituler les autres raisons de sélectionner soi-même ses propres semences (dans plusieurs chapitres, je prendrai l’exemple de la tomate mais beaucoup d’autres types de légumes se prêteraient également à ma démonstration) :

1 – Le coût des graines.
Quand on produit ses propres graines, celles-ci ne coûtent rien. Absolument rien, si ce n’est un peu de temps passé. Et zéro travail, car le jardinage ce n’est pas vraiment du travail, ceux qui jardinent le font avant tout par plaisir. D’un point de vue financier, 10 000 graines de tomates ne valent donc rien et en plus elles se récoltent en très peu de temps. Zéro centime, on est donc loin du coût prohibitif actuel. On en arrive aujourd’hui à trouver parfois des sachets de graines de tomates à plus d’un euro la graine – si si vous avez bien lu – c’est le cas par exemple de la variété Philovita qui est vendue 10,70 € les 10 graines et qui en plus n’a rien d’exceptionnel d’un point de vue gustatif. Le prix des graines est devenu tellement élevé que la plupart de mes amis, lorsqu’ils achètent des graines, le font soit à l’étranger, soit sur internet, soit même dans des magasins low cost de type Lidl.

2 – La qualité des graines.
Prenez 50 graines de vos tomates, vieilles de trois ou quatre ans, et faites les germer. Si vous les avez bien conservées, il en germera 49, peut-être même 50. Faites la même expérience avec des graines du commerce, vous verrez qu’on est loin de ce résultat. Les groupes semenciers vivent de leur réputation (acquise au 19ème siècle), mais la profession s’est bien dégradée, la sélection de graines qui était un vrai métier est devenue quelque chose de très aléatoire. Exemple : dans un sachet de graines de concombres, il y a plein de graines vides, il n’y a parfois que l’enveloppe, signe qu’il n’y a eu aucun tri de la part des semenciers. Et ce constat qui n’était valable que pour les marques bas de gamme, l’est aussi pour les grands noms de la distribution de graines. Je vois que cette baisse de qualité augmente année après année. Les vrais professionnels de la sélection de graines, ce sont aujourd’hui les amateurs. Il faut le dire et le répéter. Les vrais professionnels, aujourd’hui c’est donc vous !!! Pourquoi ? : Pour la simple et bonne raison que si vous gardez  100 graines de haricots pour votre semence de l’an prochain, vous les sélectionnerez avec soin et ne garderez que les plus belles graines, les plus régulières, chose que ne font plus les professionnels (on voit bien, vu l’hétérogénéité de l’aspect des graines achetées, lorsqu’on ouvre un sachet, que l’on a affaire maintenant à du « tout-venant »).

3 – La possibilité de prendre des risques.
Les aléas climatiques obligent maintenant à prendre des risques. De plus, expérimenter, oser, … a toujours été l’une des pratiques habituelles du jardinier. Mais qui osera risquer en pleine terre dès le mois d’avril 10 plants de tomate achetés en jardinerie à 2 € pièce ? Ou semer des janvier des graines de tomates que l’on a achetées très cher ? Quand on a par contre des centaines de plantules de tomates issues de ses propres graines, et des tonnes de graines en réserve, on s’en fiche de risquer graines ou plants car il y en a plein d’autres qui attendent en cas de problème.

4 – La possibilité de diffuser.
Comme il est très facile de récolter des milliers de graines, on peut en donner partout autour de soi. La graine est synonyme de partage. Elle a toujours été synonyme de partage d’ailleurs. Et si on connaît beaucoup de jardiniers, on peut vite arriver à diffuser chaque année plusieurs dizaines de sachets de graines. Et comme les jardiniers sont plutôt généreux par nature (enfin, tous ceux que je connais), vous recevrez souvent en échange d’autres variétés que vous n’avez pas.

5 – Anticiper la baisse des variétés disponibles.
Vous l’avez peut-être remarqué, le nombre de variétés hybrides proposées dans les catalogues (ou sous forme de plants en jardinerie) augmente chaque année de manière insidieuse. Or ces  variétés hybrides ne sont pas reproductibles. Le risque est donc grand de se retrouver un jour à la merci complète des semenciers. C’est pourquoi il est urgent de récupérer les variétés non hybrides et de les reproduire soi-même avant qu’il ne soit trop tard. Et si dans 20 ans, vous trouvez quand même dans les catalogues des graines de tomate marmande, il y aura beaucoup de chances pour que cette marmande ne soit plus la vraie. Alors, faites vite car j’ai l’impression que tout s’accélère.

6 – Acclimater ses graines, c’est s’adapter aux changements climatiques
Je termine par ce dernier argument car il me semble essentiel. Je m’explique. On a tous des conditions de jardinage différentes qui varient d’une région à l’autre mais aussi d’un jardin à l’autre. Les phénomènes sont aujourd’hui amplifiés : augmentation des vents, pointes de chaleur, de froid, déphasage des saisons … Or, les graines qu’on nous vend sont produites dans des conditions optimales, sans excès dans un sens ou dans un autre. Les plantes qui ont produit ces graines n’ont jamais eu soif, elles n’ont jamais eu faim, elles n’ont jamais eu trop chaud, elles n’ont jamais eu trop froid, et comme elles sont cultivées la plupart du temps en serre, elles n’ont même jamais été sous la pluie ou dans les brouillards. Bref, ces plantes n’ont jamais connu la vraie vie. A nous de leur apprendre ! Bien entendu, il faut se procurer des graines au départ. Alors, si on n’a pas la possibilité d’échanger avec d’autres, achetons tout de même des graines qui viennent de plantes chouchoutées par les semenciers. Mais soyez sûrs qu’ensuite, année après année, en les semant dans les conditions qui sont celles de votre jardin et de votre climat, vous les adapterez à votre terre, plus facilement même que vous ne l’imaginez, l’acclimatation se fait déjà au bout de quelques années. Et si le climat évolue comme il est en train de le faire, certaines de vos plantes s’adapteront aussi (dans une certaine mesure) au manque d’eau, aux excès d’humidité … Les changements climatiques et les excès engendrés par ces modifications rapides font que certains jardiniers confirmés se posent même la question d’arrêter ou non la pratique du jardinage. Il est certain que dans 10 ans, ceux qui seront encore jardiniers seront ceux qui auront eu l’envie et la volonté de s’adapter et qui auront mis en place les méthodes de jardinage adéquates, la production de ses propres semences étant dans ce cas un passage (presque) obligé.

Mais la vraie raison de faire ses graines (s’il en fallait une) est résumée par cette phrase de Christian Boué (« Produire ses graines bio », éditions Terre Vivante) : « Faites-le tout simplement par amour de la vie comme, justement, une plante le fait pour ses graines ».

La tomate du grand-père

Une date à mettre dans les annales : c’est aujourd’hui 11 mai que je cueille ma première tomate en pleine terre. Sous la pluie et sous le froid ! Du jamais vu dans mon histoire de jardinier !

Cette nouvelle est d’autant plus étonnante que le printemps a été exceptionnellement froid et qu’il a fallu protéger les plants un grand nombre de nuits sous de gros bidons, de plus en plus grands, au fur et à mesure de leur développement.

Et puis aujourd’hui 11 mai, à 12H49 précises, un autre beau fruit – et pas n’importe lequel – a émergé. Il s’agit de Maya qui pendant de nombreux mois a dû, elle aussi, être protégée par un bidon de plus en plus gros.

Eh oui, me voilà pour la première fois grand-père ! :wink:

Laitues d’hiver

Les « laitues d’hiver » sont bizarrement dénommées car on ne les sème pas en hiver et on ne les récolte pas non plus en hiver. Simplement, elles passent l’hiver sans encombres, sans doute est-ce là l’explication du nom.

Autrefois, tous les jardiniers avaient ce type de laitues dans leur jardin. Ils les semaient au début septembre, les repiquaient fin octobre puis ils attendaient. Ils attendaient longuement car pendant plusieurs mois rien ne se passait. Les laitues restaient alors minuscules, elles ne se développaient pas mais elles ne crevaient jamais malgré le froid et l’absence de protection (même en Franche-Comté lorsque les températures descendaient à -15°C, voire encore plus bas). Et puis, en mars, miracle ! Les laitues se mettaient alors à pousser et on en récoltait alors pendant tout le début de printemps.

Ce qui est étonnant, c’est que la plupart des jardiniers que je connais ont oublié ces laitues d’hiver.

J’avais dit, je crois, dans un très vieil article (qui date de plus de 10 ans) que je testais un certain nombre de variétés d’hiver (qui ne sont pas très nombreuses, sans doute moins d’une quinzaine de variétés trouvables dans le commerce). Avec le temps, j’ai un peu épuré les choses, et je n’ai gardé que trois variétés que je vous présente aujourd’hui (toutes les photos de cet article ont été faites ce matin même).


Ces trois variétés ont toutes un

Lire plusLaitues d’hiver

Les âneries de Pierre Louki (8)

Commençons la semaine avec un peu d’humour, ça fait pas de mal hein ?!?

L’été dernier, Joëlle et moi avons organisé un petit concert privé dans la vieille grande de mes parents. Il s’agissait du Trio Louki dont le spectacle est entièrement consacré aux chansons et aux textes de Pierre Louki. Mon ami Jean-Pierre Bolard est le chanteur de ce groupe. Entre deux chansons il nous a récité ce petit texte que je trouve très drôle et qui est un inédit de Louki (jamais publié sur disques ou livres, mais que nous avions déjà entendu par Louki lui-même à trois reprises sur scène).

Monsieur GRAND et Monsieur PETIT sont deux amis.
Comme vous vous en doutez, M. GRAND est petit et M. PETIT est grand.
Quand on les rencontre ensemble, on hésite à savoir lequel est PETIT et lequel est GRAND puisque l’un et l’autre sont les deux.
M. PETIT et M. GRAND ont des enfants.
Les enfants de M. PETIT sont plus grands que les enfants de M. GRAND.
Quand M. PETIT parle à son aîné, il dit « mon grand ».
Alors que, quand M. GRAND s’inquiète des enfants, il demande « Où sont les petits ? »
Et quand la mère GRAND fait « petits, petits », ce sont les petits GRAND qui arrivent et non les petits PETIT.
Les enfants de M. PETIT ne souffrent pas de s’appeler PETIT puisqu’ils sont grands.
Et les enfants GRAND s’accommodent très bien d’être petits puisqu’on les appelle GRAND quand même.
Les enfants PETIT et les enfants GRAND ont pour amis les enfants GROS.
Les petits GROS, eux, ne le sont pas.
Quand on demande « Qui sont les GROS ? », ce sont des maigres qui lèvent la main, mais, les enfants GROS ne souffrent pas de ne pas être gros puisqu’ils le sont plus que quiconque et de père en fils.
Je ne vous surprendrai plus si je vous révèle que les petits PETIT et les petits GRAND et les petits GROS fréquentent également la famille GRAS.
Seulement voilà, les petits GRAS, eux, le sont vraiment gras, vraiment.
Vous comprendrez qu’avec des gens aussi quelconques, il n’y a pas de suite possible.

Petit rafraîchissement musical

Le morceau de musique du XXème siècle le plus écouté (tous genres confondus) était, jusqu’à très récemment, Smells Like Teen Spirit de Nirvana.

Ce titre a été détrôné en décembre dernier par Bohemian Rhapsody de Queen qui a déjà été écouté 1,6 milliards de fois (oui oui vous avez bien lu !) sur l’ensemble des plateformes de streaming. Etonnant pour un titre qui a déjà plus de 40 ans ! Quand une musique est bonne, elle le reste à vie. Sans doute que film de Bryan Singer sorti à l’automne dernier, a bien contribué à faire revenir cette chanson au premier plan.

Lorsque qu’une musique est excellente, elle dépasse tous les clivages musicaux habituels et on peut imaginer que sa richesse est telle qu’elle pourrait être reprise dans d’autres styles.

Justement, voici deux exemples, sur les deux chansons citées précédemment, avec Anthony Vincent qui a pris l’habitude d’adapter des chansons connues. On le revoit donc dans deux prestations qui sont une nouvelle fois époustouflantes :

Bonne écoute !