L’histoire de la tomate

Reprendre un article ancien, cela ne m’arrive quasiment jamais. Je crois, sauf erreur de mémoire (possible, vu mon âge déjà avancé), que ça ne m’est arrivé qu’une seule fois en 12 ans. Il s’agissait de mon article sur le thème du mildiou de la tomate, que j’avais jugé incomplet et que j’avais repris quelques années plus tard de manière plus synthétique. Et cela m’avait été plutôt profitable, car ce deuxième article avait alors été vu des dizaines de milliers de fois, était bien référencé par les moteurs de recherche et tous les internautes qui tapaient comme mots clés « mildiou tomate » arrivaient d’une manière ou d’une autre sur mon blog.

Aujourd’hui, comme Jacqueline a abordé en début d’été sur ce blog le thème des sauces de salades et que dans les discussions on a parlé d’un thème qui m’est cher – celui du goût des tomates actuelles – j’ai été amené à me pencher de nouveau sur l’histoire de la tomate, à relire ce que j’avais écrit dans un premier article (il y a onze ans déjà), à me pencher sur d’autres écrits plus récents et au final j’ai jugé qu’il y avait suffisamment d’éléments nouveaux (mais aussi quelques petites inexactitudes dans mon premier texte) pour que je réécrive l’article (je l’ai fait d’autant plus volontiers que j’ai encadré cet été une petite animation sur le thème de la tomate et que j’avais décidé d’introduire la séance par l’histoire de ce fruit/légume). 

Alors, revoici ce texte, réactualisé. Embarquons-nous des siècles en arrière pour une petite histoire qui me passionne.

A l’origine, les tomates sont sauvages et poussent dans

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Tomates en pots

Elles ont de bien jolis noms polonais. Le catalogue Baumaux (la référence pour moi en matière de biodiversité cultivée) les présentait comme étant des variétés pouvant être cultivées en pots. Je dois dire que j’étais un peu sceptique, ne voyant pas vraiment l’avantage de mettre des pieds de tomates dans des récipients quand on a la possibilité de les repiquer en pleine terre (sauf quand on habite en ville bien entendu). Mais j’imaginais déjà bien l’avantage qu’on pouvait en retirer grâce à la possibilité de déplacer les pots (notamment à l’automne). Et puis, comme vous le savez, je suis plutôt curieux de nature et toutes les expériences en matière de jardinage me semblent intéressantes, qu’elles soient concluantes ou non, l’important étant pour moi de tirer de ces expériences-là quelques enseignements. Alors j’ai essayé. Et comme j’avais – sans doute à juste titre – un a priori concernant la petitesse de l’espace et donc le manque de matière organique, j’ai utilisé de gros pots et un mélange de terre/terreau très enrichi en fumier de vache composté (les vaches de mon frère produisant en hiver 5 tonnes de fumier par jour, ce n’est pas une ressource limitée pour moi).

J’ai cultivé trois variétés proposées par les graines Baumaux :

Maskotka
1Ola Polka
2et Pokusa.
3Je dois dire que j’ai été très séduit, voire

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Tomates : essai de classement

Les tomates sont diverses et variées. Il en existe des milliers de variétés. On cite souvent le nombre de 2000 dans la presse, mais il est évident qu’il en existe beaucoup plus (le chiffre de 15 082 est même avancé par le site ventmarin).

imgp6625Ces différentes tomates diffèrent les unes des autres par la couleur, par la taille et par la forme pour les trois critères visuels principaux.

imgp5764Et l’une des différences est aussi – et c’est ce qui va intéresser avant tout le jardinier – la qualité gustative.

Je m’attacherai dans cet article à parler de la couleur et le rapport qu’il peut y avoir avec la qualité gustative.

Les différents groupes de couleur ne sont pas uniformes d’un point de vue du goût. On peut par exemple trouver dans les tomates rouges des variétés excellentes alors que d’autres sont plutôt fades. Mais il me semble qu’il y a tout de même quelques tendances qui se dégagent, certains groupes de couleurs sortant un peu du lot.

S’il fallait mettre une note aux différents groupes de tomates en ne tenant compte que de leur qualité gustative, voici quel serait mon classement par ordre décroissant :

9/10 pour les tomates vertes (presque toutes ont un goût qui va de très bon à excellent).
8/10 pour les tomates rouges sombres (noire de Crimée, Black Prince, Black Ethiopian, Cherokee purple, …). Elle sont toutes très bonnes mais il n’y a pas, à mon avis, la même diversité de goût (notes épicées par exemple) que dans les tomates vertes, ce qui explique que je classe ce groupe à peine en-deça.
7/10 pour les tomates roses : bonnes tomates.
6/10 pour les tomates rouges : ce groupe est très variable allant du meilleur au nettement moins bon.
6/10 pour les tomates oranges : qualité souvent bonne mais rarement exceptionnelle.
4/10 pour les tomates jaunes : certaines variétés souffrent d’une texture qui est à mon avis trop farineuse. Je leur trouve aussi parfois un aspect fade. Mais il y a aussi quelques très bonnes variétés dans ce groupe.
2/10 pour les tomates blanches. Il manque à ces tomates un bon équilibre acide/sucré et leur goût est souvent assez doucereux avec un manque de caractère (mis à part quelques rares exceptions) et une chair que je trouve trop molle.
2/10 pour les tomates bleues. Manque de caractère certain.

J’ai réalisé ce classement en écartant toutes les variétés hybrides F1 qui ont souvent la peau trop épaisse (car sélectionnées pour le transport) pour être appréciées. J’ai éliminé également toutes les tomates cerises qui possèdent des tomates excellentes dans tous les groupes, y compris dans les tomates blanches (la meilleure tomate cerise que je connaisse est d’ailleurs blanche).

Et vous, amis jardiniers, vous en pensez quoi de mon essai de classement ? (classement évidemment très subjectif, l’important étant d’entamer une discussion sur le sujet).

Tomates du Nouvel An

En matière de jardinage, j’adore mener des expérimentations. Elles réussissent ou elles ne réussissent pas. Et comme je le disais il y a deux jours à Luc au téléphone, peu importe finalement, il y a pour moi la même satisfaction à voir ces expérimentations réussir ou échouer.
Cela dit, ce n’est pas tout à fait vrai, car c’est avec un vrai plaisir que j’ai pu goûter il y a tout juste deux jours le fruit de ma dernière expérimentation. En effet, j’avais semé au printemps dernier une tomate particulière qui s’appelle MADAGASCAR. Cette tomate est assez petite, elle fait partie des tomates cocktails, c’est à dire de la taille au-dessus des tomates cerise (environ 40 g). Elle vient du catalogue Baumaux (ma référence habituelle en matière de biodiversité, n’en déplaise aux kokopelliphiles) et elle est réputée pour se conserver jusqu’à Noël pour peu qu’on la conserve au grenier avec la tige.
L’automne ayant été exceptionnel, j’ai cueilli une dernière petite cagette de tomates Madagascar le 22 novembre dernier (voir la dernière photo de cet article) et je les ai simplement conservées au sous-sol. Je les ai surveillées de temps en temps et j’ai éliminé environ 1/4 des tomates qui se sont abîmées. Et quand j’ai vu qu’elles se conservaient effectivement jusqu’à Noël, je me suis dit « pourquoi pas jusqu’au nouvel an ?« . Et c’est ainsi que nous avons mangé samedi une belle salade de tomates. Et j’ai été très agréablement surpris par le goût. Un peu d’acidité certes mais un très bon goût.

IMGP8695 IMGP8712Tout ça pour dire que je peux envoyer des graines de cette variété aux jardiniers habitués de ce blog.

Nouvelle expérimentation sur la tomate

Cette année, je vais mener le test suivant : supprimer le premier bouquet de fleurs sur certains plants de tomates et comparer leur développement par rapport aux plants témoins. Intuitivement, je suis certain que j’en tirerai des conclusions. Mon idée, c’est que ces plants amputés d’un premier bouquet de fleurs n’auront pas de fruits qui leur pompent la sève trop tôt et qu’ils iront plus loin dans la saison (car plus armés pour lutter contre le mildiou). Qui est tenté par cette expérimentation ? Et si plusieurs d’entre vous sont tentés par la chose, quel protocole commun mettre en place ?

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Le greffage des tomates au jardin amateur

Un article proposé par Francisca
L’intérêt de greffer des tomates c’est d’apporter une plus grande résistance aux maladies, viroses et bactéries. Le porte greffe est sélectionné pour sa résistance afin qu’il transmette ses qualités aux greffons. Il donne plus de vigueur, accroît  la production et la grosseur des fruits.

Personnellement, jusqu’ici, j’ai

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En complément à l’article de Francisca

En complément à l’article que vous a proposé Francisca, et dans l’attente de celui qu’elle écrira pour demain soir, je me permets juste de rappeler quelques articles parus il y a quelques mois sur ce blog sur le thème de la sélection des tomates. Les habitués du blog les ont lus il y a peu de temps. Mais de nouveaux lecteurs nous ont rejoint (1500 visites de plus ce mois de novembre) et il ne me semble pas inutile de rappeler l’existence de ces articles.
Francisca nous a parlé de la manière de croiser artificiellement deux variétés de tomates et d’obtenir un hybride F1. Elle nous a dit aussi qu’il fallait aller ensuite jusqu’à la dixième génération (F10) pour que la nouvelle variété obtenue soit définitivement fixée. Mais entre F1 et F10, comment procéder ? Les cinq articles que j’avais écrits sur le sujet vous donneront une idée sur la manière de faire, année après année (cliquer sur les liens pour accéder aux articles) : le lent travail de la sélection des tomates, « Amildia », un joli nom pour une tomate, Affranchissez-vous des semenciers, Amildia « tarabiscoto » et Tomates expérimentales, suite et fin.

Tomates expérimentales (suite et fin)

Je vous ai déjà parlé des principes de la sélection des tomates et notamment de la variété que je me suis permis d’appeler Amildia et dont je suis en train de sélectionner plusieurs lignées (rouges, violettes, noires et tarabiscotée).

J’expérimente d’autres hybrides en cours de sélection, et notamment un croisement de la tomate Ananas noire et de la tomate Green zebra que je me suis permis d’appeler (afin que je m’y retrouve dans les noms) Ananas zebra (pas très original le dupdup !). Il s’agit d’hybrides F3 dont Tom Wagner m’avait donné quatre lignées différentes (une seule graine de chaque). J’ai cultivé cette année ces quelques graines et ai obtenu quatre tomates assez différentes l’une de l’autre, toutes très bonnes et toutes très belles. Voici deux de ces lignées en mélange.

J’ai cultivé également des

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Amildia « tarabiscoto »

Lors d’un stage réalisé cet été avec Kokopelli, j’ai appris quelques rudiments sur la sélection des tomates. Ainsi, si l’on veut conserver les caractéristiques d’une variété, il faut prendre les graines des tomates qui correspondent le plus au type de la variété que l’on souhaite conserver. On choisira donc pour cela des tomates de taille moyenne, ni trop précoce ni trop tardive …

Il est possible par contre d’influencer le devenir des variétés que l’on possède et de faire évoluer les différentes variétés dans le sens que l’on souhaite. Ainsi, si l’on voulait obtenir des tomates qui deviennent, au fil des années, de plus en plus grosses, ou de plus en plus précoces, ou de plus en plus résistantes au mildiou, il suffirait, en principe, de prélever, génération après génération, ses graines sur les tomates qui sont  les plus grosses, ou les plus précoces, ou les plus résistantes au mildiou …

Cet été, sur l’un de mes plants d’Amildia (cliquer ici pour accéder à l’article qui parle de cette tomate), certains fruits présentaient des excroissances étonnantes (dont j’ai d’ailleurs déjà parlé).

Fort des principes énoncés plus haut, en ne récoltant au fil des années que les graines de ces tomates tarabiscotées, je devrais pouvoir diriger la sélection de cette lignée de tomate vers des fruits de plus en plus difformes. Je vais donc tenter l’expérimentation et essayer donc de sélectionner de telles tomates à partir uniquement des graines de la tomate représentée ci-dessus en photo (qui va donc constituer le point de départ d’une nouvelle lignée).

Vous allez sans doute me dire : « A quoi çà sert d’avoir des tomates tordues ? ». Effectivement, vu sous cet angle … ! Non, c’est juste pour le fun, histoire que je comprenne un peu mieux les principes mêmes de la sélection des plantes.

Affranchissez-vous des semenciers !

La sélection de variétés de tomates est un sujet passionnant qui offre sans doute beaucoup de perspectives intéressantes. L’une de ces perspectives est que l’on puisse s’approprier – j’emploierais même le terme de « détourner » – les variétés hybrides F1 du commerce. C’est ce que j’aimerais faire dans les années qui viennent (mais j’ai tellement de chantiers en cours !) avec une variété de tomate cerise que j’aime beaucoup : la Sungold F1.

Comme je l’ai déjà

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Légumes en forme

Vous trouverez sans doute que mes tomates ont un air coquin …

Oui, sans doute, sans doute … mais avez-vous vu les pommes de terre que cultive Luc en Belgique ?

Je me demande vraiment ce qu’il se passerait si je cultivais les pommes de terre de Luc à côté de mes tomates !

Le lent travail de sélection des variétés de tomates

Lorsqu’on croise deux variétés de tomates (je parlerai un jour de la technique employée pour cela), on obtient un hybride F1, c’est à dire un hybride de première génération. Tous les fruits issus de ces graines F1 sont homogènes, ils se ressemblent tous et ont des caractéristiques nouvelles que n’avaient pas leurs deux parents.

On a l’habitude de dire qu’on

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Ma boîte à graines « spéciale tomates »

Quand Michel et Pascale vous offrent quelque chose, c’est toujours très classe ! Il y a toujours la petite note personnelle. La boîte destinée à ranger mes graines potagères, qu’ils m’ont offerte il y a pas loin de quinze ans, n’échappe pas à la règle. Peinte à la main, décorée à souhait !


Depuis une quinzaine d’années, j’y range minutieusement mes graines. Et puis, mes envies de jardiner n’ayant pas de limites, la boîte s’est rapidement avérée trop petite. Alors, depuis trois ans, je la réserve uniquement au rangement de mes graines de tomates (plus de 160 variétés pour l’instant).


Il n’est pas facile de gérer correctement le renouvellement des graines. Comme celles de tomates gardent longtemps leur pouvoir de germination, on peut se contenter de ne les renouveler que tous les cinq ans (voir ici la méthode que j’utilise pour récolter mes graines). Ce qui veut dire qu’il me faut renouveler une bonne trentaine de variétés chaque année. Justement, la boîte est divisée en casiers, ce qui permet de pouvoir ranger toutes les graines d’une même année dans un même casier.  Ce n’est pas forcément facile à gérer, je suis loin d’avoir des tas aussi équilibrés d’un casier à l’autre, d’autant que j’ai tendance à augmenter chaque année le nombre de variétés que j’ai. Mais la « boîte à graines » m’aide à m’y retrouver.


Les graines récoltées au cours d’un été sont rangées dans la case « année zéro ». En janvier de l’année suivante, elles passent dans la case « année moins 1 » et ainsi de suite au fil des ans.


Quand elles arrivent dans la case « moins 6 et + », il est grand temps de les semer pour renouveler les graines.


C’est très simple …. et c’est très efficace !

Evidemment, quand Marie-Jo, Francisca, Christophe, Daniel ou Marjorie m’envoient par la poste de nouvelles variétés, ça fait gonfler le tas d’une année et ça fout le bordel dans la boîte ! Mais bon, que ne ferait-on pas pour la cause de la biodiversité ! :wink:

Tomates de décembre

Cueillir les tomates encore vertes juste avant la première gelée, les garder au sous-sol et ne les manger qu’en novembre/décembre, voilà une idée qui mérite d’être essayée ! Bien sûr, la qualité gustative n’est pas vraiment au rendez-vous, mais celles et ceux qui ont l’habitude d’acheter des tomates au supermarché les trouveraient sans doute « normales » et ne s’en plaindraient certainement pas. Et puis, réussir à manger des tomates du jardin six mois de l’année (de la fin mai au début décembre), en Franche-Comté surtout, ce n’était pas un pari gagné d’avance ! Les dernières ont été consommées ce jour.

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