Tomates en pots

Elles ont de bien jolis noms polonais. Le catalogue Baumaux (la référence pour moi en matière de biodiversité cultivée) les présentait comme étant des variétés pouvant être cultivées en pots. Je dois dire que j’étais un peu sceptique, ne voyant pas vraiment l’avantage de mettre des pieds de tomates dans des récipients quand on a la possibilité de les repiquer en pleine terre (sauf quand on habite en ville bien entendu). Mais j’imaginais déjà bien l’avantage qu’on pouvait en retirer grâce à la possibilité de déplacer les pots (notamment à l’automne). Et puis, comme vous le savez, je suis plutôt curieux de nature et toutes les expériences en matière de jardinage me semblent intéressantes, qu’elles soient concluantes ou non, l’important étant pour moi de tirer de ces expériences-là quelques enseignements. Alors j’ai essayé. Et comme j’avais – sans doute à juste titre – un a priori concernant la petitesse de l’espace et donc le manque de matière organique, j’ai utilisé de gros pots et un mélange de terre/terreau très enrichi en fumier de vache composté (les vaches de mon frère produisant en hiver 5 tonnes de fumier par jour, ce n’est pas une ressource limitée pour moi).

J’ai cultivé trois variétés proposées par les graines Baumaux :

Maskotka
1Ola Polka
2et Pokusa.
3Je dois dire que j’ai été très séduit, voire enthousiasmé, par les résultats de ces cultures (d’autant plus que j’ai également cultivé les mêmes variétés en plein champ et que les résultats ont été meilleurs en pot qu’en pleine terre). Et je n’avais pas imaginé un aspect aussi décoratif devant la maison.

Afin que mon expérimentation soit la plus complète possible et que je ne tire pas de conclusions trop hâtives à partir d’un seul semis, j’ai semé chacune de ces trois variétés à trois périodes différentes : début mars, mi-avril et fin juin. J’ai donc pu observer attentivement l’évolution de trois semis différents des mêmes variétés. A noter que j’ai arrêté toute lutte contre le mildiou, même avec de la bouillie bordelaise. Chez Dupdup, c’est comme à l’armée : « ça marche ou ça crève » !

Voici mes constats pour chacune des variétés cultivées.

Maskotka : elle est la plus précoce des trois et je me demande même si elle ne pourrait pas être plus précoce encore que la variété stupice dont j’ai souvent parlé sur ce blog et que je considérais jusqu’à présent comme la tomate la plus précoce au monde (enfin, parmi les 400 que je connais …). C’est une belle et bonne tomate, le pied a plutôt un port retombant et ne devient pas très haut. La résistance au mildiou est plutôt bonne.

4Ola Polka : son jaune lumineux en fait la plus belle des trois tomates mais, comme beaucoup de variétés jaunes, elle pêche par son goût trop doucereux et sa texture un peu farineuse. Mais quelle beauté dans l’assiette ! Elle a aussi un autre atout que sa beauté : sa bonne résistance au mildiou, supérieure à celle des deux autres variétés (le pied que j’ai semé au début mars a tenu jusqu’en novembre).

5 6

Pokusa : c’est la tomate la plus productive des trois, les grappes sont parfois énormes. D’un point de vue gustatif elle est très bonne, la meilleure des trois. Elle monte à près de 2 m de hauteur mais c’est la plus sensible au mildiou, mes trois pieds successifs n’ont pas duré bien longtemps. C’est aussi la variété la plus tardive parmi les trois testées.

7J’ai suivi attentivement l’évolution d’une belle grappe de Pokusa, photographiée à plusieurs moments différents.

8 9 10 11S’il me fallait résumer en quelques mots les qualités de ces trois variétés, je dirais :
Maskotka : la plus précoce
Ola Polka : la plus belle et la plus résistante
Pokusa : la plus productive et la meilleure.

Et du côté des inconvénients :
Maskotka : la moins productive
Ola Polka : la moins goûteuse
Pokusa : la plus sensible au mildiou

A noter qu’à l’automne on peut déplacer les pots du côté sud de la maison, les rentrer au sous-sol la nuit lorsqu’il y a des risques de gel (un peu fastidieux quand même) ou dans la serre si on a la chance d’en posséder une. C’est ainsi qu’à la mi-novembre il me reste encore quelques tomates Ola Polka et Maskotka à consommer. Il s’agit là de pieds que j’ai rentrés dans ma serre il y a 15 jours (photos faites ce dimanche 13 novembre).

imgp8286 imgp8294Ces pieds encore chargés de fruits (qui n’arriveront pas tous à mûrir) correspondent à des semis très tardifs effectués le 25 juin. C’est une date un peu trop tardive à mon avis et dans les conclusions que je tire de mon expérimentation, je pense que dans l’idéal on devrait semer ces tomates à deux périodes différentes : le plus tôt possible (janvier à mars selon que l’on dispose ou non de modes de protection des plants) puis à la fin mai (voire au début juin) pour le deuxième semis qui ne viendra à fructifier qu’à l’automne et qui prolongera d’autant votre saison de récolte.

A noter enfin que j’ai essayé la culture en pot avec une variété de poivron (F1 Hunor, bien que je n’aie pas beaucoup l’habitude de cultiver des hybrides) et que j’en ai toujours à consommer (alors qu’on est à la mi-novembre). La photo a également été faite ce dimanche 13 novembre.

imgp8308La culture des piments et poivrons en pots : un autre champ d’expérimentation en perspective pour l’an prochain !

23 réflexions au sujet de “Tomates en pots”

  1. samélo halabouch ! J’ai eu envie de bouffer l’écran, ma femme m’a retenu. Expérience intéressante..questions subsidiaires : quelle contenance pour les pots ? Cadence arrosage ? Merci pour les idées..

  2. J’utilise des pots de diamètre 40cm.
    Pour l’arrosage, peu d’eau en général. A partir du moment où il y a des fruits je n’arrose que lorsque le feuillage me semble souffrir du sec (feuilles qui flétrissent un peu)

  3. Merci pour ces conseils, j’essaierai l’année prochaine avec les graines que vous m’avez données hier.

  4. Belle après-midi d’échange. Je suis très content parce qu’une personne m’a pris les 16 variétés de groseilles et cassis que j’avais amenées pour organiser une plantation dans une Marpa (foyer de résidents pour personnes âgées).

    J’en profite pour dire que je peux envoyer les graines des trois variétés de tomates décrites dans mon article aux personnes qui le souhaitent.

  5. un ami m’a dit que la meilleure manière de ranger ses sachets de graines c’est dans un album photo

  6. Bonjour Bernard !
    Bon me voici avec bien du retard ! Je n’étais pas à Ecole en novembre dernier, contrairement à certaines années (dommage pour les graines).
    Cette affaire de tomates en pots est intéressante dans notre région en fin de saison. A tester donc. J’essaierai peut-être également les poivrons. Je vais feuilleter le catalogue Baumaux.

  7. Catherine, je pense que seules certaines variétés de poivrons sont adaptées à être cultivées en pot, à moins bien sûr si on utilise de gros pots (au moins 40 cm de diamètre) avec beaucoup de fumure dans le pot. Idem pour les piments, seules les variétés les plus petites, souvent plus décoratives, sont adaptées à être cultivées en pots ou en jardinières.

  8. J’ai semé aujourd’hui trois variétés de tomates en vue d’une production d’automne tardive (si certains jardiniers, habitant près de chez moi, sont tentés par l’expérience, je pourrai donner des petites plantules dans 15 jours). Finalement, ma période de semis s’étale cette année sur une période de près de 6 mois (du 27 décembre au 20 juin). A suivre.

  9. A noter que la variété bajaja est tellement particulière et exceptionnelle que j’en ferai sans doute un article cet automne.

  10. Quel bel article !! Merci pour ce partage d’expérience. J’ai également semé des tomates Maskotka cette année. Nous avons mangé la première le 5 juin (repiquage en pot sous un mini-toit à tomates « maison » – je vis à 20 kilomètres de Reims). Il y a aussi quelques pieds de tomates Stupice dans le potager familial mais les fruits sont encore verts pour l’instant…

  11. Mes derniers semis de tomates bajaja et maskotka font 3 cm de haut, je les ai semées très tardivement pour qu’elles puissent aller jusqu’en novembre. Si quelqu’un veut d’ailleurs faire la même expérimentation je peux donner des plants au tout début juillet.

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