La diversité des piments (4)

Les piments sont entrés dans ma vie. Pas seulement au jardin mais aussi en cuisine où je les consomme presque tous les jours, essentiellement sous forme de purées. Dans un prochain article, je vous parlerai de quelques recettes de purées pimentées (recette antillaise, africaine, réunionnaise …).
En attendant, je poursuis sur ce blog la présentation des différentes variétés que je cultive (voir les articles déjà parus sur ce thème : 1, 2 et 3).



Je vous propose aujourd’hui 10 nouvelles variétés. Les deux premières variétés appartiennent à l’espèce botanique Capsicum frutescens, les huit autres à l’espèce de piment la plus cultivée : Caspsicum annuum.

1 – Bonbon Pfefferoni
Cette variété a une forme originale en forme de cœur (ou de toupie) et possède une bonne saveur (mais assez forte).


Le fruit est d’abord vert puis devient jaune à maturité. Cette variété est tardive, on aura soin de la semer le plus tôt possible. Les plants sont très productifs.


2 – Tabasco
Cette variété est originaire de l’Etat du Tabasco au Mexique. Ces piments servent à préparer la fameuse sauce piquante.

Les petits fruits sont très forts, ils mûrissent en passant par les couleurs blanc, jaune, orange puis rouge.  Les plants sont très productifs et peuvent atteindre plus de 1,5 m de haut.


3 – Guajillo
Cette variété est également mexicaine où elle est utilisée pour la confection de ragoûts, soupes, tamales, moles, salsas…. Les fruits sont moyennement piquants.


Sous sa forme séchée, le Guajillo révèle une saveur à multiples facettes : fruitée, tannique, herbacée, légèrement fumée, avec des notes de pruneau et de petits fruits.

4 – Bulgarian carrot
Cette variété est d’origine bulgare. Les fruits, à la forme originale de carotte lisse orange, sont superbes. Mais attention, ce piment est très fort, malgré sa saveur fruitée !

La plante, qui aime la chaleur, est assez compacte mais elle peut produire de très nombreux fruits.

5 – Pasilla bajio
Ce piment est utilisé frais ou séché dans certains plats mexicains. Il est appelé Chilaca sous sa forme fraîche. La couleur vert vire au brun foncé en fin de saison.


La saveur de ce piment est peu piquante, avec des arômes de raisin sec ou de cacao. Moulu, il donne un paprika relevé.


6 – NuMex Twilight
Ces petits piments de 3 cm passent par un arc-en-ciel de couleurs : violet, mauve, jaune, orange et enfin, rouge. Chaque plant est couvert simultanément de plusieurs couleurs. Cette variété est donc très décorative et on peut la cultiver facilement en pot.


Ces piments sont comestibles (comme tous les piments d’ailleurs) mais ils sont très forts.

7 – Fresno
Ce piment est de style Jalapeno, il est assez hâtif. Il se distingue par ses fruits poussant vers le haut, ses parois plus minces et sa forme plus conique.


C’est un piment aux usages multiples : salsas, ceviches, nachos, marinades, sauces, conserves, etc. Les fruits verts ont un piquant modéré mais les fruits rouges sont nettement plus forts. Les plants sont compacts, la plante n’excède pas 40 cm de hauteur.

8 – Olive noire
Je n’ai aucun renseignement sur l’origine précise de cette variété. Les petits fruits sont en forme d’olive de couleur violet profond à noir.


La plante a un port aéré et des feuilles vertes bordées et veinées de pourpre. Cette variété rare a une saveur forte.

9 – Ziegenhorn Bello
Ce piment est d’origine autrichienne. Il est appelé également Corne de chèvre.


Les fruits sont longs, pouvant atteindre 25 cm de longueur, et passent du vert clair au rouge à maturité. Ils sont fins et charnus. La saveur est assez forte. Cette variété est très appréciée en frais.

10 – Pénis orange
Cette variété, originaire de Louisiane, est appelée aussi « Piment Peter’s Pepper ». Elle existe en version jaune ou rouge (j’en parlerai dans d’autres articles). Ce piment, rare et très original, possède une forme d’anatomie masculine.


Il est très épicé. La plante est assez compacte et se cultive bien en pot. Elle est très productive.  Je l’ai, quant à moi, rebaptisée « pénis de vieux », vous avez sans doute compris pourquoi.


Je rappelle que je peux donner des graines de ces variétés aux jardiniers intéressés.

Samaris

C’est incontestable : il y a dans les pays du Nord une dynamique créative et artistique incroyable. Il y bien évidemment les écrivains et les romanciers qui sont devenus incontournables. Mais aussi les musiciens !
Aujourd’hui, nous irons faire un tour du côté de l’Islande.
La scène musicale islandaise est très florissante actuellement, inattendue même, car on n’imagine pas qu’il puisse y avoir une telle densité de talents au kilomètre carré dans un pays aussi petit (petit rappel : l’Islande a la même population que la ville de Nice et la démographie se limite à 3 habitants/km2, 35 fois moins que la France).
Lorsque Joëlle et moi sommes allés faire un petit coucou à nos amis en Belgique il y a un mois, Luc était dans une période « musique nordique » et il était en train d’écouter de la musique islandaise. J’ai relevé au passage le nom de Samaris et, de retour à la maison, j’ai écouté les disques de ce groupe.
Je ne suis pas coutumier de la musique électro mais je dois dire que j’ai été très séduit par ce groupe très jeune (déjà trois albums pourtant) qui échappe à toute classification, même si on retrouve le côté envoûtant (et magique ?) propre à bon nombre de musiques nordiques. Et j’ai aimé le type de formation qui est sans doute unique dans le monde de la musique : un chanteuse, une clarinettiste et un programmeur (on trouvera sur ce site une belle présentation du groupe, très intéressante à lire).

Samaris a eu la faveur de passer à trois reprises sur KEXP. Alors, ne boudons pas notre plaisir, les voici les trois par ordre chronologique (2015, 2016 et 2017).

Merci Luc pour cette belle découverte ! Sans toi, je serais passé à côté …

En discussion prochaine sur ce blog : un livre de Nicolino

Les plus anciens d’entre nous se souviendront sans doute qu’à un moment donné – je crois que c’était avant 2010 – on proposait aux habitués du blog de lire un livre et d’en discuter ensuite.
J’aimerais beaucoup renouer avec cette tradition.
Alors, si certains d’entre vous ont envie de revivre cette expérience d’échanges, je vous propose d’acheter, ou d’emprunter à la bibliothèque la plus proche, ou même de voler (mais ne dites pas que c’est moi qui vous ai donné l’idée !) un livre de Fabrice Nicolino (paru en 2015) qui s’appelle « Lettre à un paysan sur le vaste merdier qu’est devenue l’agriculture ». Ce n’est pas un livre qui coûte cher (6,50 €). C’est un ouvrage écrit sur un sujet qui me touche beaucoup (évidemment, je viens du monde paysan).
Alors, si vous êtes partant, lisez-le. On en parlera ensuite entre nous, je ferai un article sur le sujet dans la deuxième quinzaine de janvier (mais si Christophe, Etincelle, Yves, Maïvon, otto lilienthal, Michel … lisent le bouquin d’ici là et veulent faire l’article en question, je cède évidemment la place). Un bon mois donc devant nous. De quoi vous laisser largement le temps de lire ce bouquin qui se dévore en très peu de temps.

Dur dur la culture du potiron !

C’est quoi le plus dur dans la culture des potirons ?


Choisir les variétés dans la multitude qui nous est proposée ?
Réussir ses semis ?
Amener du fumier pour enrichir suffisamment son terrain ?
Travailler la terre ?
Lutter contre l’oïdium qui s’en prend au feuillage des cucurbitacées ?
Se casser le dos à récolter les fruits ?
Avoir suffisamment de place à la maison pour les entreposer ?
Trouver des recettes pour les cuisiner ?

Mais non, vous n’y pensez pas, le plus dur c’est de coller les cosses de cacahuètes sur le potiron « galeux d’Eysines » pour qu’il ait de la gueule !

Incivilités

Personnes qui jettent leurs détritus (canettes, emballages de burgers et de cigarettes, …) par la fenêtre de leur bagnole, sacs-poubelles déposés au bord des routes ou à l’entrée des forêts, détritus de toutes sortes entassés au pied des containers de récupération du verre, personnes qui sortent leur fusil pour tirer depuis leur maison sur les oiseaux, chiens qui divaguent, chiens qui aboient en permanence et qui font chier tout le voisinage, chiens qui bouffent les poules du voisin, chiens qui courent à chaque promenade après les chevreuils (parce que leurs maîtres sont incapables de se faire obéir), automobilistes qui empruntent les sens interdits, qui klaxonnent chaque fois qu’ils passent devant la maison de leurs amis, voitures et scooters qui dégradent le terrain de pétanque, tapage nocturne, voisins qui passent la tondeuse entre 12H et 14H ou le soir après 19H, automobilistes qui vont en bagnole dans les pâtures des paysans (oubliant parfois de refermer la clôture), propriétaires de 4X4 qui font du tout-terrain dans les prés, etc…

C’est fou comme les actes d’incivilité se multiplient dans mon village.

C’est pareil chez vous ? :blink:

Les rapaces, c’est propre !

Y’a des gens qui n’aiment pas les rapaces, ces bouffeurs de viande.
Qui ça ?
Les Vegans d’abord, qui, au train où va leur connerie, vont bientôt déclarer leur présence sur terre illégitime.
Et d’autres qui trouvent que les rapaces c’est comme les autres oiseaux, ça chie n’importe où.
Sauf que, sauf que … j’ai pris il y a quelques semaines une photo qui prouve le contraire (attention, aucune utilisation de photoshop, la photo de ce grand-duc est véridique, juste un recadrage de l’image) :

Séparer l’Homme de son œuvre ?

Je reviens sur un fait qui date de plus d’un mois : l’un des deux prix Nobel de littérature (puisque cette année, exceptionnellement il y en a eu deux) a été décerné à l’écrivain autrichien Peter Handke, qualifié par les académiciens d’« héritier de Goethe », dont l’œuvre « forte d’ingénuité linguistique, a exploré la périphérie et la singularité de l’expérience humaine » (LeMonde.fr)

La nomination de cet écrivain de 76 ans, qui est l’un des écrivains de langue allemande les plus lus (pas par moi, je ne le connais pas) avec plus de quatre-vingts ouvrages publiés, a toutefois suscité une très forte controverse, sur les réseaux sociaux d’abord, puis dans les médias. La raison de la polémique : les positions pro-serbes de Handle et sa présence en 2006 aux obsèques de Slobodan Milosevic, accusé de génocide.

Pour défendre la grande institution Nobel, Anders Olsson, l’un des académiciens suédois, à déclaré : « Ceci est un prix littéraire, pas un prix politique ».

Conséquence de la polémique : dans les médias, on n’a parlé que de l’homme et de ses prises de position contestables, et non de ses livres.

Doit-on séparer, comme certains peuvent le faire pour des écrivains ou artistes contestés sur le plan moral (tels que Céline mais aussi tant d’autres comme Polanski dont on parle beaucoup ces temps-ci), l’Homme de son œuvre ?

Vaste sujet.

Vous en pensez quoi ?

Voyage en « Arpeggiata » (2)

Deuxième article consacré à Christina Pluhar et à son ensemble « l’Arpeggiata ».
Cet ensemble met en place des projets musicaux d’une très grande diversité : musique de la Méditerranée, d’Amérique du Sud, musique de Purcell …
Parmi les musiciens qui viennent d’horizons très divers, on retrouve ici Céline Scheen et Vincenzo Capezzuto. Le concert est enregistré il y a un peu plus d’un an au festival de Sablé.

Bonne écoute !

Les oiseaux de l’hiver 2019-2020

Suite à la photo d’une mésange nonnette en train d’évacuer l’eau de son plumage et que j’avais publiée un jour sur ce blog (à la fin de cet article) …


… j’avais dit que j’essaierais dorénavant de photographier chacun des oiseaux du poste de nourrissage en mouvement ou au vol. Projet pas facile, mais voici une toute première image (vous pouvez cliquer sur les photos pour les agrandir).


Cet article est mis en ligne pour que chacun puisse raconter ce qu’il observe cet hiver au poste de nourrissage hivernal. Alors, ça donne quoi chez vous ?

Graines, Tour de France et Shadoks

En vieillissant, le jardinier essaie souvent de donner un peu de cohérence à son activité. Chez les « vieux amis jardiniers » de mon âge que je connais, je remarque qu’il y a deux choses qui prennent de l’importance au fil des années : d’une part ce magnifique objectif de se nourrir toute l’année des fruits et légumes de son jardin (c’est à dire boucler la boucle : DU PRINTEMPS AU PRINTEMPS !) et d’autre part de produire, pour totalité ou partie de ses légumes, ses propres graines (c’est à dire boucler une autre boucle : DE LA GRAINE À LA GRAINE !). Ces deux choses sont sans doute, pour un certain nombre de jardiniers, l’aboutissement de toute une vie au contact de la terre. En tous les cas, ça l’est pour moi.

Je ne parlerai dans cet article que de la production de semences.

Mais comment sélectionner les plantes qui donneront des graines ?

Il existe plusieurs types de sélection, toutes à la portée du jardinier amateur.

La première méthode consiste à conserver « en l’état » une variété que l’on possède. C’est à dire qu’on prend tout un ensemble de plantes sans faire de choix. Exemple : pour faire ses graines de haricot de l’année suivante, on laisse trois ou quatre poquets de plantes qu’on ne consomme pas et dont on prélèvera les graines à maturité. On prend alors tous les grains de ces haricots-là, sans faire aucun tri particulier. Ce mode opératoire  s’appelle la « sélection de conservation » (je n’aime pas trop ce terme car c’est de la sélection sans vraiment en être).

Une deuxième méthode est à peine plus sélective : on élimine dans les plantes qu’on a gardées celles qui nous semblent un peu trop rachitiques (ce qui revient peut-être à éliminer 10 ou 20% des plantes portes-graines). Exemple : dans un lot de 10 laitues réservées pour la production de graines, deux d’entre elles poussent moins bien que les autres, on les élimine.

La troisième méthode est la plus sélective, la plus draconienne. elle vise surtout à améliorer la variété sur un point particulier. On élimine la plupart des plantes et on ne garde que les meilleures des meilleures (peut-être seulement 10% des plantes). Exemple : on cherche à avoir une laitue qui résiste à la sécheresse et à la canicule, on ne va garder qu’un petit pourcentage des plantes parmi celles qui seront les plus belles et les plus tardives à monter en graines.

Evidemment, en présentant les choses ainsi, beaucoup d’entre nous vont préférer une des deux dernières méthodes qui semblent de prime abord plus performantes.
Mais …
Car il y a toujours un « mais » … (je ne sais plus qui a dit : « Quand il y a un « mais » c’est là que commencent les emmerd’s! »)

Ce « mais », on le trouve formulé dans plusieurs livres qui parlent des graines, et notamment dans le livre de Christian Boué (« Produire ses graines bio » aux éditions Terre Vivante). Christian Boué fait une comparaison très imagée avec le Tour de France. Si on ne sélectionnait que les meilleurs coureurs, ceux des échappées (et donc du classement général) on aurait forcément les meilleurs éléments, sauf que c’est dans le peloton que se trouvent les meilleurs coureurs de plaine, les meilleurs au sprint, les meilleurs contre la montre… Ne pas les sélectionner reviendrait à se priver de coureurs de très bonne qualité. Il en est ainsi des plantes : maintenir tout le potentiel génétique de notre population de haricots revient à garder le maximum de diversité (et non le minimum). D’autant plus que l’ensemble de ce potentiel génétique peut servir à faire face aux modifications – notamment climatiques – en cours.

Par ailleurs, il semblerait qu’on ne puisse pas améliorer les caractéristiques des plantes sans en faire régresser d’autres. C’est ainsi qu’on ne peut pas trouver de grosses variétés de pommes de terre qui aient le goût des petites (si ça existait, ça se saurait hein !). Améliorer un critère suppose donc qu’on prenne le risque de faire régresser la plante sur un autre point. Les points d’amélioration potentiels sont nombreux. Ainsi, sur la carotte, on a recensé 15 points possibles sur lesquels peut porter la sélection (la taille, la forme, l’absence de racines secondaires, le goût, la résistance à tel parasite, la résistance à telle maladie, l’absence de couleur vert au collet …). Mais voilà, la nature est ainsi faite (et sans doute est-ce bien comme cela !) on ne peut pas vraiment agir sur plein de critères à la fois : certains d’entre eux passent irrémédiablement à la trappe. Et Christian Boué de comparer les plantes avec les Shadoks. Je dois dire que ça m’a beaucoup fait rire, moi qui suis fan de cette série des années 60 (merci à Stéphane ne nous avoir offert l’intégrale). Vous vous rappelez ? Les Shadoks ont un cerveau constitué de quatre cases qui ne peuvent contenir que quatre éléments. Introduisez un élément supplémentaire, c’est un autre élément qui fout le camp. Idem pour les nombreux critères de sélection possibles de nos carottes, laitues, poireaux, tomates … Travaillez sur le caractère « résistance au transport » de la tomate, et c’est le goût (ou une autre caractéristique) qui va en pâtir.

(dessin de Caroline Koehly, qui a réalisé toutes les belles illustrations du livre de Christian Boué)

A l’heure où la sélection de graines devient pour certains d’entre nous une véritable passion (vous le saurez prochainement dans un prochain article), il me semblait important, avant de faire quelques articles sur le sujet, de présenter les différents modes de sélection possibles et surtout de mettre en garde les amateurs que nous sommes contre une sélection trop poussée de nos plantes. NE REPRODUISONS PAS LES EXCÈS DES PROFESSIONNELS dans ce domaine. Gardons donc toujours dans un coin de notre tête les deux comparaisons avec le Tour de France et nos amis les Shadoks.

Au moment de terminer cet article, je vois que les plus jeunes d’entre vous s’agitent sur leur banc dans le fond de la classe. Je dois même dire que j’entends de loin et depuis quelques minutes cette petite phrase : « C’est quoi les Shadoks ? »

Ah bon, vous ne savez pas ?

Dérive climatique : ses effets sur la Loue

Ce blog est en congés.
En attendant la reprise du blog le lundi 4 novembre, je vous propose un article sur la santé de nos rivières.

Le 18 septembre dernier à 14H, la rivière « l’Ognon » passait, sans doute pour la première fois de son histoire, en-dessous de la barre symbolique de  1 mètre cube/seconde (cf. la station de mesure automatique de Beaumotte-Aubertans, réactualisée toutes les heures et située une vingtaine de kilomètres en amont de chez moi).
Ce chiffre est extrêmement bas car l’Ognon n’atteint que tous les cinq ans la valeur de 3,4 m3/seconde. Or, depuis un an et demi, nous sommes quasiment en permanence en-dessous de ce chiffre appelé « quinquennal sec ». C’est dire si la situation est exceptionnelle.

Alors que je constatais ces tristes faits, Jean-Pierre Hérold (qui fut mon prof de fac à une époque très très lointaine) m’envoyait un article qu’il a écrit sur la santé d’une autre rivière franc-comtoise : la Loue, rivière emblématique connue des pêcheurs à truite dans toute l’Europe. Et l’une des plus belles rivières qui soient.

Je vous propose donc l’intégralité de ce texte qu’il a écrit en septembre dernier. Cet article montre l’ampleur des dégâts.
Jean-Pierre, qui est également l’auteur de toutes les photos de cet article (dont l’image précédente), pourra réagir à vos commentaires.

UN ARTICLE ÉCRIT PAR JEAN-PIERRE HÉROLD :

La série est déjà longue : 2019 après 2018 et 2017, 2011, 2003 ! Voici une répétition de phénomènes météorologiques qui traduisent, d’après les climatologues (Bichet et coll. 2015) une augmentation dans le long terme des températures moyennes régionales. Celles-ci ont des conséquences mesurables sur les débits moyens mensuels des rivières de Bourgogne Franche-Comté qui sont consultables en ligne sur le site Hydroreel, le serveur de données hydrométriques en temps réel et en archives depuis les années 50 ; exemple pour la Loue à Chenecey-Buillon.

En 2018, de la mi-juin jusqu’à la fin octobre, les rares précipitations orageuses ont représenté souvent moins du dixième du volume moyen des pluies selon les secteurs concernés dans notre département. En 2019, dès le 5 juillet l’alerte sécheresse a été déclenchée par la Préfecture du Doubs. Fin août les restrictions d’usage de l’eau étaient encore en cours. En septembre les étiages perdurent.

Durant la même période, les températures aussi bien diurnes que nocturnes ont atteint des records sur des durées importantes, et en 2019 des valeurs supérieures à 35 °C ont été quotidiennes pendant plus d’une semaine au mois de juin, une situation tout à fait inédite. Des températures diurnes élevées ont été enregistrées jusqu’au mois de septembre, elles dépassent encore les 30°C.

Les effets de ces amplitudes thermiques sur le régime des cours d’eau ont été plus marqués que ceux de l’année de la canicule historique 2003. Ils entraînent des contraintes nouvelles sur le cours de toutes les rivières de l’arc jurassien et des zones karstiques de la région. Ainsi, l’exemple très remarqué de l’assèchement total du Doubs à l’aval de Pontarlier entre juillet et octobre 2018  a été très commenté par les médias et les populations locales, dont certaines ont subi des déficits hydriques perturbateurs : plus de vingt communes ont dû faire appel à des transporteurs pour alimenter leurs châteaux d’eau à sec pendant plusieurs semaines. La situation s’est reproduite début juillet 2019.

Dans le cas de la Loue, présenté ici, les effets combinés des canicules et des sécheresses montrent un impact sur l’évolution et la répartition des populations piscicoles de cette rivière qui a été longtemps considérée come un fleuron des cours d’eau français à salmonidés, truites et ombres, et donc fréquentée et admirée par les pêcheurs sportifs de tous horizons.

Les effets sur les débits :

Rappelons que la Loue, sur 125 km, a un régime pluvio-nival classique de moyenne montagne, avec cependant des occurrences de crues très fortes lors de pluies intenses qui entraînent la fonte d’une couverture neigeuse en place sur son bassin versant à certaines périodes.

Ainsi les crues décennales atteignent 530 m3/s (mètres-cubes par seconde), alors que la valeur moyenne interannuelle du débit est de 46,8 m3/s à la station hydrométrique de CHENECEY-BUILLON. Les années pluvieuses, ce débit moyen se situe autour de 100 m3/s (82 en 2014, 128 en 1974). Les étiages d’années chaudes et sèches sont par exemple de 4,2 m3/s en 2003, 3,9 m3/s en 1959 et 3,5 m3/s en 1962. Ces minima historiques sont dépassés par l’année 2018 avec un débit de 2,5 m3/s.

A PARCEY, en basse Loue, le débit d’étiage de la station hydrométrique annonce 2,6 à 3,3 m3/s fin septembre 2018, alors que la moyenne interannuelle est de 50 m3/s.

A ORNANS, le 15 octobre 2018, le débit mesuré est de 2,3 m3/s.

A VUILLAFANS, le débit moyen de la haute Loue au mois de novembre est encore de 2 m3/s, voisin du mensuel le plus bas de septembre 1962.

La grande sécheresse des rivières du Doubs de 1906, décrite par Eugène FOURNIER, ancien doyen de la Faculté des sciences de Besançon et pionnier de l’hydrogéologie, montre que les variations extrêmes des niveaux ne sont pas récentes, mais que leur fréquence augmente sensiblement ces dernières décades, comme le montre l’analyse des données disponibles à partir des différentes stations de mesure du réseau rdbrmc.com .

Un des effets visibles de ces très basses eaux est l’exondation des zones peu profondes, tels les gravières et les nassis (mot usité par les riverains pour désigner les concrétions et tufs calcaires souvent perpendiculaires au lit de la rivière). Ce sont les refuges de très nombreuses espèces d’invertébrés aquatiques.

La surface en eau vive est de plus en plus réduite, et en conséquence l’espace de vie de toute la faune aquatique ! De plus le lit encore mouillé est envahi par des proliférations d’algues filamenteuses, Vaucheria et Cladophora dont le poids essoré atteint 3 à 5 Kg/m2. Elles colmatent les substrats et forment même un tapis uniforme, sauf sur le linéaire résiduel du courant le plus vif. L’origine de ces masses végétales tient dans la présence excessive de nitrates et de phosphates d’origine anthropique : agriculture et assainissement.

Les effets sur les températures :

A sa source, l’amplitude des variations des températures de l’eau de la résurgence est limitée. Elle a transité dans le karst profond et sort entre 6 et 9 °C, et atteint 10 °C en aval à MOUTHIER HAUTE PIERRE.

Elle reste, en année normale, à des valeurs inférieures à 15 °C jusqu’à ORNANS. Elle convient donc aux espèces animales et végétales exigeant des températures basses toute l’année. Selon la typologie proposée par Bruslé et Quignard en 2004, ce sont des espèces d’eau tempérée froide, inférieure à 19 °C. Les effets de la canicule sont moindres, le réchauffement de l’eau n’est sensible que sur les zones de profondeur et/ou de courant faible. La végétation rivulaire, la ripisylve, contribue à la protection contre l’ensoleillement direct, comme les falaises rocheuses surplombant les gorges de Nouailles en cette partie du cours amont étroit et sinueux.

C’est à partir de la confluence avec le Lison que l’on note des températures qui dépassent les 25 °C au cours des épisodes caniculaires. Il peut même apporter à certaines occasions de fortes chaleurs des eaux à 27 °C, donc plus chaudes que celle de la Loue. L’aval de cette confluence est marqué par un ralentissement du courant dû à la présence du barrage de l’usine électrique des forges de CHATILLON, sur la commune de RUREY. II constitue une zone de réchauffement  majeur en période prolongée de canicule.

C’est une première charnière bioclimatique le long du cours de la Loue.

La deuxième charnière se situe à l’entrée de la vallée alluviale, en aval de QUINGEY. Le Val d’Amour s’élargit jusqu’à la grande plaine à vocation agricole située à la confluence avec le Doubs, à PARCEY. Cette zone aval a subi les effets du redressement du cours décidé dans les années 1960, au motif de la production agricole à développer. Les travaux gigantesques de canalisation et d’endiguement ont conduit à une reprise de l’érosion régressive d’une rivière active, avec pour conséquences une incision dans les alluvions et une sensibilité accrue aux variations thermiques. Plus de 27 °C sont relevés dans ces secteurs en période de canicule.

Depuis un siècle, en Franche Comté, le record de température maximale absolue mesuré est de 41,5 °C à ARC et SENANS le 13 août 2003 ; cet événement météorologique a eu très probablement des effets synchrones sur la température des  eaux de la Loue.

Au niveau climatique, une augmentation discrète des moyennes de températures minimales sur 30 années de 1,5 °C a un impact certainement encore plus important et prolongé. On en trouvera les détails dans l’ouvrage collectif « Histoire du climat en Franche-Comté » (Bichet et al., 2015). Mais c’est bien l’augmentation des températures extrêmes , minimales et surtout maximales, qui ont le plus d’impact sur les milieux.

Après les travaux de redressement, les anciens méandres sont rescindés et se trouvent perchés au-dessus du niveau de la rivière et de la nappe phréatique : ils sont devenus des « mortes » (lesquelles ont fait l’objet de tentatives récentes de reconnexion comme à CHAMBLAY). Les résultats sont catastrophiques : ponts déchaussés, érosion, déconnexion des affluents et augmentation des températures entre les seuils aménagés pour « réguler » le cours de la rivière « nouvelle ».

L’espace de liberté accordé à la rivière entre le pont de BELMONT et le pont de PARCEY, sur environ 9 km, n’est qu’un petit pansement sur une rivière très dégradée. L’ancien secteur des GOUBOTS qui était situé sur le delta de la confluence Loue-Doubs, d’une richesse biologique et piscicole extraordinaire, est devenu un pauvre branchement hydraulique soumis aux crues et aux étiages. On en voit les conséquences dans l’évolution des peuplements. Les travaux tout récents de suppression des enrochements au niveau de la confluence donneront sans doute dans l’avenir des effets positifs, mais c’est tout un écosystème qui doit se reconstituer.

Globalement, l’augmentation estimée de 1 à 2 degrés de la température moyenne de l’eau de la Loue depuis 1980 semble modeste mais ne laisse pas imaginer les conséquences biologiques des valeurs extrêmes provoquées par les canicules successives de ces dernières décennies.

Les effets sur les populations de poissons :

La répartition des espèces piscicoles de l’amont vers l’aval d’un cours d’eau est bien connue depuis les publications de HUET en 1954 puis de VERNEAUX en 1973. La zonation classique précise quatre grands ensembles, de l’amont à l’aval : la zone à truite, la zone à ombre, la zone à barbeau puis la zone à brème.

Le facteur déterminant qui régit cette répartition est la température de l’eau. Le gradient n’est cependant ni régulier ni progressif puisque des affluents (51 pour la Loue, dont 4 principaux, Brême, Lison, Furieuse, Cuisance) modifient localement la température par apport d’eau généralement plus fraîche. On néglige aussi, souvent, la présence peu connue de « froidières », sources qui apportent l’eau résurgente du karst profond ou de la nappe alluviale vers le lit mineur de la rivière. C’est en période de canicule le dernier refuge des espèces strictement dépendantes de la température de l’eau, la truite (Salmo trutta) et l’ombre (Thymallus thymallus), tout deux de l’ordre des Salmoniformes.

Ces espèces sont dites sténothermes contrairement aux espèces eurythermes qui supportent des variations de température et se répartissent de façon beaucoup plus étendue sur le parcours de la rivière, comme peuvent le faire le chevesne et nombre d’autres Cyprinidés.

Cette dépendance aux conditions du milieu est d’origine physiologique, puisque le besoin en oxygène des espèces diffère selon le type de métabolisme oxydatif de l’organisme. Les poissons qui ont besoin d’une concentration élevée exigent des eaux plus froides (10 à 15°C) où l’oxygène est présent en concentration de l’ordre de 9 à 12 mg/l. En revanche, ceux qui sont adaptés à de faibles concentrations, de 5 à 9 mg/l, acceptent des eaux de 15 à 30°C et plus, en période de canicule.

Les températures les plus élevées mesurées dans les eaux de la Loue aval, ont atteint localement 28°C au mois d’août 2018, lors des jours les plus chauds dépassant 35°C. Cette température est létale pour la truite, entraînant une hypoxie fatale. Ceci explique que la basse vallée de la Loue a depuis des années perdu progressivement ses populations de truites. Rares, quelques gros spécimens survivent dans les zones de « froidières ». Les gravières de PARCEY à CHISSEY ont aussi vu disparaître leurs belles populations d’ombres, et en conséquence aussi les pêcheurs à la mouche venant de toute la France et bien au-delà !

En revanche se maintiennent ceux qui tolèrent les températures élevées et le peu d’oxygène disponible, comme le hotu, le barbeau, le chevesne. Ils occupent à présent tout le cours aval et moyen de la Loue. On constate même que des espèces inconnues il y a un demi siècle colonisent maintenant ces milieux : ainsi de la carpe, et depuis peu du silure qui atteint des tailles impressionnantes. Cette espèce, remontée du Doubs, est présente au niveau d’ARC ET SENANS et s’installe dans les zones profondes du lit de la rivière en direction de QUINGEY. Donc une bonne part du cours de la Loue est concernée déjà par l’arrivée de ce prédateur polyvalent.

On observe donc deux phénomènes biogéographiques simultanés :

– la remontée vers le cours supérieur de la Loue, dans les eaux encore froides et oxygénées, des populations de truites et d’ombres avec leurs espèces compagnes, chabot, loche franche, blageon, vairon, vandoise, lamproie de Planer… La même migration vers l’amont s’observe pour certains invertébrés aquatiques dont en particulier des éphéméroptères ;

– plus en aval, l’apparition d’espèces nouvelles pour la rivière, comme le silure dont la zone d’occurrence a augmenté de 270% en Bourgogne Franche-Comté ( Bouchard et Hérold 2017 ).   L’installation pérenne dans ce milieu de la carpe, du brochet et des espèces d’accompagnement de la grande famille des cyprinidés ubiquistes conduit à remplacer les anciennes espèces électives de ces biotopes par les vandoise, spirlin, gardon, goujon et hotu dont les cohortes nombreuses occupent dorénavant les gravières.

Le déversement régulier de truites arc en ciel issues de pisciculture semble permettre aux sociétés de pêche de satisfaire leurs adhérents… pourtant l’espèce ne se reproduit pas mais présente l’avantage d’une moindre sensibilité à la température et à la qualité de l’eau . Une tentative malheureuse d’introduction du huchon ou saumon du Danube à l’amont de QUINGEY dans les années 1980, afin de limiter les populations de hotus, n’a pas eu les effets escomptés et s’est avérée être un échec.

Le cas de l’apron du Rhône, espèce emblématique, est plus complexe, puisqu’il a été répertorié sur des secteurs limités de la basse Loue (CHISSEY, ARC ET SENANS) en cohabitation avec le silure (observation de M. Kupfer en plongée à l’aval du pont de CRAMANS), ainsi qu’en moyenne Loue où il est encore présent avec la truite et l’ombre. Ses effectifs restent faibles avec quelques populations résiduelles et isolées. Un projet de reconnexion des sites où sa présence est reconnue a fait l’objet d’un plan national d’action (PNA) soutenu par des fonds européens, qui a permis d’aménager des passes à poissons dédiées à l’apron, lesquelles profitent aussi aux autres migrateurs de la rivière. Il reste cependant inscrit sur la liste rouge des espèces menacées, dans la catégorie « en danger critique» selon la nomenclature de l’UICN.

D’autres espèces classées « en danger » comme l’ombre et le toxostome sont aussi en difficulté, car leurs exigences biologiques et la présence de fonds non colmatés ne sont plus assurés, malgré le fait que la Loue figure toujours dans la catégorie des rivières en « bon état ».

Il est en effet paradoxal de constater que 97% du bassin versant de la Loue est composé d’espaces « naturels » forestiers et agricoles, que les zones Natura 2000 y représentent 23000 hectares… et que malgré tout les perturbations récurrentes des peuplements aquatiques perdurent.

Or, force est de constater que les multiples polluants d’origine anthropique, nitrates, ammoniaque, phosphates, pesticides, hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), résidus de traitements des bois et des médications vétérinaires, sont toujours présents en quantité variable selon les périodes de l’année ou les secteurs de la rivière. Des mortalités impressionnantes de truites et d’ombres ont dévasté de nombreux secteurs, entre 2009 et 2015. Les experts ont cherché des explications et leur rapport a été rendu au Préfet du Doubs en 2012. Il a confirmé une dégradation qui concerne tous les compartiments écologiques :

« Trois communautés biologiques majeures (algues, macro-invertébrés benthiques et poissons) présentent un état très dégradé qui se caractérise par une faible diversité et/ou par des abondances limitées en regard de ce que ce milieu devrait accueillir) », probablement depuis le « début des années 80 » et qui « semble traduire à la fois un excès de nutriments dans l’eau et la présence probable de polluants d’origines diverses »

L’analyse vétérinaire de poissons morts a montré qu’ils étaient souvent infestés de nombreux parasites de plusieurs espèces, genres et familles, ce qui évoque une déficience immunitaire et la mort par des pathogènes opportunistes. Pour l’observateur médusé, le signe évident de l’atteinte mortelle de ces poissons était le développement de la « mousse » sur les téguments ulcérés : c’est le parasite ultime, Saprolegnia parasitica , ( Oomycète).

Une des hypothèses pour expliquer ces processus mortifères est liée à la géologie locale et à la structure karstique du bassin versant amont, responsable des phénomènes de circulation d’eau souterraine très rapide et sans filtration. Il est bien connu l’exemple de la Loue à sa source à OUHANS, qui s’est chargée d’absinthe  quelques jours après l’incendie de la distillerie située au bord du Doubs en 1901 à Pontarlier. De même, les intrants divers et nombreux qui percolent depuis les plateaux vers les niveaux d’aquifères karstiques participent à la dégradation de la qualité de l’eau.

En basse vallée les faibles mortalités sont probablement à expliquer par les échanges plus lents entre la nappe phréatique et les substrats de granulométrie réduite du lit de la rivière. Les processus de filtration sont rendus plus efficaces et laissent à l’activité bactérienne plus de latitude.

Malgré tous les efforts de protection, on observe une banalisation des populations piscicoles sur les trois quarts du cours de la rivière. L’évolution climatique amplifie et accélère cette dérive. Les débits de plus en plus variables et l’augmentation des températures constituent un défi que le Plan Climat du Comité de pilotage de la Communauté de communes Loue-Lison a la lourde charge de relever .

CONCLUSION

La Loue a perdu son lustre de rivière emblématique pour les pêcheurs sportifs et son excellence de modèle de cours d’eau du type « chalk stream »,  rivière calcaire à forte productivité biologique : elle est devenue une rivière banale ! Son statut salmonicole ne vaut plus que pour son parcours amont.

Elle reste cependant située dans une vallée remarquable et dorénavant plus connue par la présence du musée Gustave COURBET à ORNANS et par l’existence de la Saline Royale due à Claude-Nicolas LEDOUX située à ARC ET SENANS.

Mais on ne peut que déplorer la perte de son attractivité naturaliste et halieutique, qui a eu en quelques années des effets négatifs sur l’économie locale. Des hôtels-restaurants qui en saison accueillaient les pêcheurs sont aujourd’hui fermés ou en liquidation. Les gîtes de pêche et les chambres d’hôtes souffrent de la même désaffection.

La réhabilitation de la rivière passe par des mesures d’action à long terme qui prennent en compte la protection de l’eau. Maîtriser les rejets des effluents usés avec mise en place de traitement tertiaire, réduire drastiquement les épandages de lisier et en faire plutôt un engrais et non un déchet à éliminer, limiter au strict nécessaire l’usage des produits toxiques, des phytosanitaires ou sels de déneigement… constituent un programme à promouvoir pour une eau de qualité.

Le réchauffement peut être atténué par des suppressions de seuils qui forment des retenues où l’eau reste chaude, mais aussi par des plantations de végétaux rivulaires qui forment une ripisylve protectrice. La protection des nappes phréatiques est essentielle pour assurer un bon équilibre des réserves de sub-surface, en particulier en basse vallée où le relèvement du niveau de la nappe peut contribuer à une meilleure gestion agro-environnementale.

La dérive climatique qui s’est enclenchée au 20eme siècle n’est cependant pas maîtrisable à l’échelle d’une région : elle doit devenir la préoccupation majeure de tous les terriens au 21ème siècle.

Ainsi va le monde …

On vient de nous abreuver pendant près de 24H de l’arrestation d’un assassin qui en fait n’en était pas un.
Sur ce sujet inintéressant au possible (un fait divers n’ayant de valeur que s’il traduit un fait de société), sans doute des dizaines de fois plus de lignes et de temps de télé que pour les prix nobel de littérature et de la paix réunis.
Ainsi va le monde médiatique … et nous qui suivons comme des moutons et qui ne sommes même plus choqués par ces incongruités.
J’ai envie de crier mais en même temps, de manière paradoxale, je n’ai plus envie de dire quoi que ce soit.
Et sachez que si ce blog venait à s’arrêter dans les temps qui viennent, c’est pour une seule et unique raison : je ne me sens plus du tout concerné par le monde dans le quel je vis et encore moins par la manière dont on le représente.
Vivement que vienne le temps où l’on aura tellement vomi qu’on n’aura plus rien à vomir : ce sera la paix. Pas la paix du monde, elle ne viendra qu’avec la fin de l’humanité, mais la nôtre qui nous réfugierons dans nos petites bulles faites de famille, d’amis, de nature, de jardins et de verres partagés, de musique, de poésie …
Bon dimanche à tous.

Palisser ses légumes, c’est béton !

Certains légumes peuvent pousser aussi bien étalés sur le sol qu’en hauteur le long d’une armature.

Le fait de les faire pousser au sol présente deux avantages : facilité de la méthode et maintien de l’humidité du terrain car le feuillage des plantes protège le sol du soleil et limite l’évaporation.

Faire pousser ses plantes en hauteur le long d’un grillage présente aussi quelques avantages : mode de culture qui économise la place du jardin, facilité de cueillette « à hauteur d’homme », feuillage à l’abri de l’humidité du sol et donc moins sensible aux maladies cryptogamiques (mildiou et oïdium notamment), structuration du paysage (amélioration de l’esthétique du jardin).

Mais, dans ce cas, sur quels supports planter ?

Après avoir testé quelques méthodes, dont du grillage à mouton de récupération, j’en suis arrivé à la conclusion que le grillage soudé que l’on achète pour renforcer le béton est l’une des meilleures solutions car ce matériau est très pratique, durable et bon marché.

Cette année, j’ai élargi cette

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La volerie des aigles (1)

Je ne suis pas un adepte des parcs zoologiques. Encore moins lorsque des spectacles sont organisés à partir des animaux. Mais je dois dire que j’ai fini par aller enfin à la Volerie des Aigles de Kintzheim (Alsace). On m’en avait tellement parlé ! Donc 51 ans après la création de la volerie, j’ai fini par faire le déplacement.

Lieu très pittoresque chargé d’histoire …

… et qui domine toute

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Concurrence inhabituelle entre espèces ?

À chaque espèce animale son habitat, son mode de reproduction, son régime alimentaire. Une espèce proche d’une autre n’exploite pas la même « niche écologique », c’est l’une des lois de la nature.

Prenons l’exemple des mésanges.

Une Mésange Charbonnière ne se nourrit pas tout à fait des mêmes proies et des mêmes graines qu’une Mésange Bleue. Ainsi, cette dernière exploitera en hiver les massifs de roseaux, alors que cette pratique d’exploration des phragmitaies est quasiment inconnue de la mésange charbonnière. Mais le régime alimentaire de ces deux espèces, malgré des différences importantes, se recouvre tout de même un peu. À 10% ? À 20 % ? Il me semble qu’en temps normal, lorsque les conditions sont bonnes, cette zone de recouvrement entre les deux régimes alimentaires ne pose pas vraiment de problème. Mais qu’en est-il dans le contexte climatique actuel ? Signe de la dérégulation en cours, on constate par exemple de plus en plus un déphasage entre l’apparition des chenilles et le moment où les mésanges ont justement besoin de ces chenilles pour nourrir leurs oisillons. Alors, dans ce contexte très tendu où l’oiseau ne peut faire l’impasse sur la moindre source de nourriture, peut-être que ces 10 ou 20% partagés entre deux espèces peuvent s’avérer insuffisants pour l’une ou l’autre des deux espèces.

Il me semble que depuis quelques années, la mésange bleue s’en sort bien mieux que sa cousine charbonnière. Est-ce pour la raison évoquée ci-dessus ? En tous les cas, vu l’évolution actuelle, on pourrait se demander si la mésange bleue ne va pas supplanter la mésange bleue dans de vastes secteurs.


Peut-être que chez un autre

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Madredeus

« le groupe a été créé pour mettre le portugais en musique, en ramenant la langue à son format musical … Les chansons sont très courtes car à chaque mot correspond une certaine ambiance. C’est un monde de l’intuition. ». C’est avec ces mots que Pedro Ayres Magalhaes, guitariste du groupe, définit Madredeus.

Celles et ceux d’entre vous qui

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