Alors le jardin en 2017 ?

Amis jardiniers, ça se présente comment le jardin cette année (semis, développement, premières récoltes, …) ?

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Cette finance qui veut mettre le monde entier au pas

Je sais que certains lecteurs de ce blog lisent plus volontiers les articles que les commentaires. C’est vraiment dommage car lorsqu’il se dit quelque chose d’intéressant, c’est bien souvent dans les commentaires.

Et lorsqu’une vidéo est mise dans un commentaire, elle passe plus ou moins inaperçue.

C’est pourquoi j’aimerais revenir sur cette vidéo. Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, auteurs de « Les prédateurs au pouvoir : main-basse sur notre avenir », y parlent de l’oligarchie financière au pouvoir.

Si certains d’entre vous pensaient que la lutte des classes c’est un truc ringard d’un autre temps, cette vidéo est un regard bien différent sur le sujet.

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Joan Baez, encore et toujours

Aujourd’hui est un jour funeste où nous apprêtons à donner le pouvoir aux prédateurs de la finance ou aux prédateurs des libertés.
Triste dimanche donc.
Mais quelque soit l’issue du scrutin, demain commencera un autre combat.
En ce dimanche j’ai envie tout de même de vous proposer un peu de musique.
Et je choisis pour la circonstance Joan Baez dont la vie entière est une vie de combat et de résistance.
Le concert a été enregistré l’an passé pour les 75 ans de l’artiste. S’y succèdent quelques invités prestigieux : David Crosby, Judy Collins, Paul Simon, …

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Présidentielles 2017 (3)

Lutter contre le Front National par des phrases incantatoires telles qu’on les entend en ce moment ne sert à rien. Absolument à rien.
Le terreau sur lequel se développe l’extrême droite, c’est la pauvreté. Et c’est la pauvreté qui entraîne la peur de l’autre, peur qu’il est ensuite facile d’exacerber. Avec autant de pauvres, Marine Le Pen joue sur du velours.
Il n’y a pas d’autre manière de lutter contre l’extrémisme que de s’attaquer frontalement à la précarité.
Le plus infâme, dans cette élection, c’est de voir les deux partis qui ont successivement gouverné et qui ont fabriqué ces 9 millions de pauvres, montrer du doigt la bête immonde qu’ils ont largement contribué à créer.
Le libre échangisme de Macron, on sait ce que c’est. C’est un système qui, au nom de la concurrence, de la compétitivité et de flexibilité, va fabriquer en cinq ans quelques millions de pauvres en plus. Et donc nourrir à terme encore plus le ressentiment des gens. Paradoxe donc : voter Macron, c’est la manière la plus sûre de renforcer à terme le FN.
Mais bien sûr, au moment de mettre le bulletin dans l’urne, je ferai comme la majorité de mes concitoyens en évitant le pire pour maintenant mais en sachant que l’encore-plus-pire risque d’arriver dans cinq ans.
Me voila donc (presque) contraint malgré moi à voter pour un système économique qui conduit à la casse sociale et la destruction de la planète.
Sur un plan politique, jamais je ne me suis fait autant violence.
Putain, quel dilemme cette élection !
Heureusement qu’il y a bientôt les législatives !
Résistance !!!!!!!!!!

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Présidentielles 2017 (2)

J’ai des remords.
Oui, des remords.
Je me dis que j’ai peut-être été un peu trop mélenchonien sur ce blog alors qu’au départ je voulais faire un blog très objectif.
Alors, pour équilibrer mes propos, je vais rompre la période de congés de ce blog (« une fois n’est pas costume » dirait François) en faisant un article qui fasse le pendant à tout ce que j’ai pu écrire sur les côtés positifs de Mélenchon.
Je vais donc faire un article sur un aspect négatif et méconnu du personnage. Si, si, j’en ai trouvé un ! Et même trois, exactement.

D’abord, je le dis tout net  : MELENCHON ME FAIT ME SENTIR VIEUX !
En effet, hier soir, au meeting de Dijon auquel j’assistais, j’étais entouré de jeunes !
Où sont passées les réunions électorales du PS auxquelles j’allais dans le canton de Rioz ? Au moins là, aux réunions socialos, j’étais entouré de grisonnants et de têtes chenues et je sortais rajeuni de dix ans de ce type de réunion (c’est même pour ça que j’y allais, c’est mon médecin qui me prescrivait ces réunions). Alors que là, hier soir à Dijon, j’ai pris des centaines de rides et quinze ans d’un seul coup … ! Ce matin, vous ne me reconnaîtriez même pas !

Et puis, c’est quoi cette manie qu’a Mélenchon de dire plein de choses intéressantes et de faire applaudir la salle toutes les cinq minutes ? Alors les gens se lèvent et se mettent à scander des slogans. Pas moyen d’être tranquille au fond de son fauteuil ! Au moins, avec le PS je pouvais m’assoupir comme les autres sans que quiconque s’en aperçoive. Le ton monocorde de l’orateur m’aidait d’ailleurs à l’endormissement. A peine étais-je tiré de temps en temps de ma somnolence par le baillement ou le ronflement d’un voisin. Tandis qu’hier soir à Dijon … ! Trop dur à supporter ces meetings de Mélenchon ! MELENCHON M’EMPÊCHE DE DORMIR ET C’EST PAS BON POUR LE COEUR !

Et enfin, concernant la fin des réunions électorales de Rioz, je me rappelle que chacun était pressé de rentrer à la maison pour continuer sa nuit. Alors la soirée finissait toujours très tôt. Et j’avais le temps de rentrer pour protéger les tomates du gel. Alors que là, hier soir, à Dijon, ça discutait beaucoup après le meeting, ça buvait un verre, les milliers de voitures embouteillaient les rues. Et, évidemment, au retour, trop tard pour prendre le temps de bien protéger mes tomates … qui ont gelé pendant la nuit ! Malheur de malheur ! Alors là, c’en est trop : MELENCHON DETRUIT MÊME MON JARDIN !

Encore trois meetings comme ça et je retourne à la maison socialiste !  :wink:

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Présidentielles 2017 (1)

Un article qui vous permet d’exprimer dans les commentaires tout ce que vous avez envie de dire sur ces élections que certains jugent consternantes, d’autres au contraire passionnantes.
Je sais que beaucoup n’aiment pas s’épancher sur ce sujet. Mais ce n’est pas  le cas dans le monde que je côtoie quotidiennement où chacun aime frotter ses arguments avec ceux des autres.
Et comme j’ai besoin d’un peu de temps pour souffler un peu et faire face à mes ambitions de jardinier (je crois que j’ai vu trop grand cette année !), je n’écrirai pas d’article dans les quinze jours qui viennent. Je vous retrouve donc le mardi 2 mai.

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Mais où courent-ils donc tous ?

Un sketch toujours d’actualité finalement …

L’artiste (entrant) :
Excusez-moi, je suis un peu essoufflé !
Je viens de traverser une ville où tout le monde courait…
Je ne peux pas vous dire laquelle…
Je l’ai traversée en courant.
Lorsque j’y suis entré, je marchais normalement,
Mais quand j’ai vu que tout le monde courait…
je me suis mis à courir comme tout le monde…,
sans raison !
A un moment, je courais au coude à coude avec un monsieur…
– Dites-moi… pourquoi tous ces gens-là courent-ils comme des fous ?
– Parce qu’ils le sont ! Vous êtes dans une ville de fous ici… vous n’êtes pas au courant ?
– Si, des bruits ont couru !
– Ils courent toujours !
– Qu’est-ce qui fait courir tous ces fous ?
– Tout! Tout! Il y en a qui courent au plus pressé… D’autres qui courent après les honneurs… Celui-ci court pour la gloire… Celui-là court à sa perte !
– Mais pourquoi courent-ils si vite ?
– Pour gagner du temps ! Comme le temps c’est de l’argent… plus ils courent vite, plus ils en gagnent !
– Mais où courent-ils ?
– A la banque. Le temps de déposer l’argent qu’ils ont gagné sur un compte courant… et ils repartent toujours courant, en gagner d’autre !
– Et le reste du temps ?
– Ils courent faire leurs courses… au marché !
– Pourquoi font-ils leurs courses en courant ?
– Je vous l’ai dit… parce qu’ils sont fous !
– Ils pourraient aussi bien faire leur marché en marchant… tout en restant fous !
– On voit bien que vous ne les connaissez pas ! D’abord, le fou n’aime pas la marche…
– Pourquoi ?
– Parce qu’il la rate !
– Pourtant j’en vois un qui marche !?
– Oui, c’est un contestataire ! Il en avait assez de toujours courir comme un fou. Alors, il a organisé une marche de protestation !
– Il n’a pas l’air d’être suivi ?
– Si ! Mais comme tous ceux qui le suivent courent, il est dépassé !
– Et vous, peut-on savoir ce que vous faites dans cette ville ?
– Oui! Moi, j’expédie les affaires courantes. Parce que même ici, les affaires ne marchent pas !
– Et où courez-vous là ?
– Je cours à la banque !
– Ah !… Pour y déposer votre argent ?
– Non ! Pour le retirer ! Moi, je ne suis pas fou !
– Si nous n’êtes pas fou, pourquoi restez-vous dans une ville où tout le monde l’est ?
– Parce que j’y gagne un argent fou !… C’est moi le banquier !

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Quel SMIC ?

Lundi matin, sur BFMTV, à la question « est-ce que vous arrivez à mettre de l’argent de côté », François Fillon à répondu « Personnellement non ».
Si quelqu’un gagnant en moyenne 24 350 € en moyenne par mois (sans compter les revenus de son épouse avec qui il fait sans doute fifty-fictif) arrive tout juste à s’en sortir (à tel point qu’il emprunte de l’argent à ses enfants et se fait offrir ses costumes), à combien – en tant que candidat – doit-il proposer de revaloriser le Smic ?
Comme je sais que sur ce blog vous êtes friands de tout ce qui est calcul, devinettes, questions et réponses délirantes en tous genres … je laisse chacun d’entre vous faire la promesse électorale qui lui semblera la plus à même de relancer notre économie !
Allez hop, faites phosphorer vos neurones et chauffer votre calculette !
J’attends les réponses …

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Gestes écologiques (1)

Prolonger la vie des objets est un acte écologique et l’un des nombreux enjeux de notre époque.
Aussi, quand quelqu’un a un objet qu’il ne veut plus, au lieu de le mettre à la déchetterie, il essaie de le vendre dans un vide-grenier, histoire de prolonger sa vie (pas la sienne, celle de l’objet).
Ainsi, les vide-greniers de nos villages sont remplis de ces objets qui, pour 90% d’entre eux, sont inutiles. Le laid y côtoie le laid, avec parfois au beau milieu quelques rares exceptions du plus grand intérêt.
Les objets qu’on nous propose dans ces vide-greniers ont peu de chance d’être vendus, sauf si quelqu’un d’un peu con venait à passer. Et effectivement, statistiquement, ça arrive forcément. Alors, l’objet sauvé miraculeusement de la déchetterie se retrouve lancé dans une deuxième vie.
Deux ans plus tard, l’acheteur en question, qui n’a pas trouvé d’utilité réelle à l’objet acheté, se dit qu’il a été con d’acheter ça. Faute avouée est à demi pardonnée dit-on. S’il est intelligent, il va le revendre sur un autre vide-grenier. Mais comme ce n’est pas le cas et qu’il n’a pas un sou de jugeote (vu qu’il a été assez con pour l’acheter), il ne pense pas à le revendre. Alors, l’objet non utilisé est enfin jeté à la déchetterie. Circuit un peu alambiqué certes, mais au moins, ça aura servi à prolonger de deux ans la vie de l’objet.
Et dans les statistiques officielles qui montrent l’effort de notre société et de chacun d’entre nous pour sauver la planète, c’est plutôt pas mal !
Alors elle est pas belle notre société de récupération et de recyclage des déchets ?

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C’est quoi l’Homme ?

Qu’est-ce qui différencie l’Homme de l’animal ?
Vaste question.
Je me rappelle d’un commentaire mis sur ce blog il y a très longtemps par Etincelle et qui citait un passage d’un livre d’Alexandre Poussin : « … le premier homme digne de ce nom est celui qui a fait fermenter sa boisson. »
Clin d’oeil humoristique sans doute mais finalement c’est une définition qui en vaut bien une autre, non ? Et en tant qu’amateur de bonnes bières c’est évidemment une phrase que j’apprécie beaucoup.
Et pour vous, qu’est-ce qui marque la différence avec nos frères animaux ?

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Basta!

AUTRES JOURNAUX (1)
Cela fait au moins vingt ans que je n’ai pas regardé un journal télévisé. Et comme je n’ai jamais eu de radio à la maison de ma vie (si si ! … même s’il m’arrive de choper les infos sur France-Musique dans ma voiture), j’ai toujours eu tendance à privilégier la presse écrite. C’est un média qui me convient bien, en quelques minutes la lecture d’un article m’apporte beaucoup plus que les mêmes quelques minutes que j’aurais passées à regarder la télé ou écouter la radio. Et puis internet permet de comparer et confronter différentes sources d’information.
Mais tous les journaux généralistes appartiennent à des milliardaires ou a des grands groupes. Si vous ne me croyez pas, allez sur cette page, c’est édifiant ! Il va donc de soi qu’on a affaire forcément à une presse très tendancieuse. Car les milliardaires et les grands groupes sont, par définition, les tenants du libéralisme à tout crin. Le libre-échange, on sait ce que c’est, pour en avoir parlé en long en large et en travers dans les commentaires de ce blog. C’est ce truc qui détruit les emplois ici au nom de salaires à aligner sur ceux qui n’ont aucun droits sociaux à l’autre bout de la planète, qui détruit les économies locales des pays du Tiers-Monde. Et tout ça au nom de la libre circulation de produits de consommation, dont, pour la majorité d’entre eux, on n’a pas vraiment besoin ou que l’on sait produire nous-mêmes. Ce système qui détruit la planète et tire l’Humain vers les bas n’est jamais remis en cause par les grands journaux de notre pays. Jamais un article de fond sur le sujet. Quand on regarde le nom des propriétaires de journaux, on est bien obligé d’admettre que l’indépendance de la presse est une plaisanterie. Au moins quand on lit l’Huma on sait que c’est d’obédience communiste. D’une certaine façon, c’est plus clair et bien plus rassurant que ces semblants d’information qui ne font que reprendre tous en boucle et jusqu’à satiété les dépêches de l’AFP. Le travail d’investigation journalistique n’a plus beaucoup cours et on verra sans doute bientôt les journaux tirer leurs sources des réseaux sociaux.
Mais il existe des tas d’autres journaux, plus alternatifs, et qui nous parlent de choses qu’on ne lit pas ailleurs. Car, au-delà des petits problèmes de délinquance de nos hommes politiques et dont on nous rabâche les oreilles à longueur de journée (ça va on a compris la gravité de l’affaire Fillon, non ?, passons à autre chose), il a des tas d’autres sujets dans le monde dont on nous parle pas ou si peu.
Cette nouvelle rubrique va nous permettre d’explorer des voies d’informations différentes. Pour ce premier article je propose de vous faire découvrir cinq textes publiés dans Basta! qui est un journal que je lis beaucoup et que j’ai connu récemment grâce à Christophe. Vous allez voir, ce n’est pas du tout le genre d’articles habituels (il suffit d’aller cliquer sur le titre des articles pour y accéder). Et ce sont en général des articles qui mettent en valeur des expériences faites ça et là dans le monde ou qui dénoncent des atteintes dont sont victimes certaines populations ou catégories de populations.

A vous de vous faire une idée sur Basta!

Post-Scriptum. Bon je sais, cela n’a rien à voir avec cet article, mais par association d’idées, le nom de ce journal me fait forcément penser à Et basta !, l’album incroyable que Léo Ferré a sorti en 1979 et qui m’a énormément marqué, tant je l’ai écouté. 39 minutes de texte que je connaissais presque par coeur et qui me reviendrait sans doute assez vite si je prenais la peine de me replonger dedans.

Et, en recherchant sur Youtube, une version écourtée de Et Basta ! dans les archives de l’INA. Quelle époque où ce genre de chose était possible !

Je ne résiste pas au plaisir de mettre par écrit quelques vers de ce texte :

Ton corps est comme un vase clos
J’y pressens parfois une jarre
Comme engloutie au fond des eaux
Et qui attend des nageurs rares
Tes bijoux ton blé ton vouloir
Le plan de tes folles prairies
Mon squale qui viendra te voir
Du fond de moi si tu l’en pries

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Wayne Shorter (1)

Pas le temps de mettre de nouvel article. Alors, pour passer un petit week-end en musique, juste deux vidéos de concerts donnés assez récemment par Wayne Shorter, aujourd’hui âge de 84 ans (la musique ça conserve hein !).

Ces deux vidéos ne sont qu’une première immersion dans le monde musical de ce grand saxophoniste. Il devrait y avoir ultérieurement un article un peu plus élaboré sur cet artiste.

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Humour

L’article que je comptais mettre en ligne ce matin n’est pas encore écrit. Alors, en attendant, juste un petit texte drôle que j’avais reçu par mail il y a quelques mois et qui m’avait bien fait rire.

J’ai appelé un vieux copain pour savoir comment il allait.
Il m’a dit qu’il travaillait sur « un traitement aqua-thermique des céramiques, de l’aluminium et de l’acier dans un environnement contraignant ».
J’ai été très impressionné.
Mais en y réfléchissant, j’ai compris qu’il faisait la vaisselle à l’eau chaude … sous le contrôle de sa femme !

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Les oiseaux du printemps 2017

Cette image faite la semaine dernière en mer du Nord est plutôt pédagogique : l’étourneau sansonnet du milieu est encore en plumage d’hiver alors que ses deux compagnons ont déjà revêtu leur costume de printemps, signe que la saison de reproduction est bien là.

Et cette photo n’est évidemment qu’un prétexte pour qu’on parle sur ce blog de la saison de nidification 2017, en espérant qu’un bon crû va succéder au printemps dernier qui était catastrophique en raison d’une pluviométrie exceptionnelle.

Alors, ça donne quoi chez vous les oiseaux ce printemps ?

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« Celui qui ne bouge pas … »

Ce blog se met en congés. Le prochain article reprendra le lundi 6 mars.

Pour ce dernier article avant la pause, j’avais envie de traiter d’un sujet qui me tient particulièrement à coeur, celui de l’inertie de la plupart des gens qui acceptent leur condition dans un monde où bon nombre d’acquis régressent. Inertie difficile à comprendre alors que dans toute notre Histoire les générations qui se sont succédées se sont battues pour faire avancer le monde sur plein de plans différents.

Mes amis sont tous des gens qui donnent de leur temps à la collectivité, dans le milieu associatif le plus souvent, parfois à un niveau plus politique -ne serait-ce qu’en étant conseiller municipal – et il faut bien dire que sans l’implication de ces millions de français militants il y aurait des secteurs entiers de notre société qui partiraient à veau-l’eau (notamment dans les secteurs de la santé, du social, de la culture, de l’environnement …). Mais la plupart des gens ne bougent pas, force est de l’admettre. Pourquoi ? Vaste question à laquelle je n’ai aucune esquisse de réponse. C’est pourquoi j’avais envie que pour ce dernier article on discute de cette phrase de Rosa Luxemburg : « Celui  qui ne bouge pas ne sent pas ses chaînes ». Il y aurait eu sans doute beaucoup de chose à dire sur cette phrase.

Et puis l’actualité m’a rattrapé.

J’ai été très affecté par l’affaire Fillon. Etant de gauche, mais plus encore démocrate que de gauche, je ne me réjouis jamais de ce qu’il peut arriver de dur au camp d’en face. Pour qu’il y ait un vrai débat politique lors d’une élection, il faut que les partis qui portent les idées les plus contradictoires soient suffisamment forts pour qu’il y ait un vrai débat. Or là, on se retrouve avec une affaire aussi grave que celle de l’affaire Cahuzac (à la différence près qu’elle se déroule juste avant une élection et non juste après).

J’aurais aimé parlé de l’immoralité de ce qui arrive, plus que de questions de légalité ou non. Et finalement, il n’y a plus vraiment de discussion possible, même sur la question de la légalité. Car ce que le Canard à dit ce mercredi (et que les journaux généralistes n’ont pas vraiment relevé) c’est que l’un des premiers arguments de la défense c’est la chose suivante : « le délit de détournement de fonds publics serait inapplicable aux députés ». Si les avocats de Fillon se battent avec cet argument c’est qu’il y a bien détournement de fonds publics. Voilà, la messe est dite. Circulez, y’a plus rien à voir … Pour la forme, tout le reste sera de la cuisine entre juristes. Mais sur le fond, on sait …

Donc, pas d’articles sur cette affaire sur leblogadupdup.

Et voilà qu’est arrivé le vote européen lié au CETA.

J’ai lu un certain nombre d’articles depuis au moins deux ans sur le sujet. Tous très inquiétants. Et le vote des députés européens a été sans appel : les sociaux-démocrates se sont pour la plupart ralliés à la droite libérale pour assurer la victoire du OUI. Ils ont donc choisi les multinationales au détriment des citoyens. Car ce CETA sera une catastrophe pour l’environnement, la santé, les droits sociaux et la transparence démocratique.

J’ai donc eu envie de faire un article sur le sujet. Mais par quel bout le prendre alors que tout est complexe ? Et puis hier soir, il y a eu le meeting de Mélenchon à Strasbourg devant 4 500 personnes.  Alors, oui, pourquoi ne pas mettre la vidéo de Mélenchon parlant du Ceta et de ses conséquences, vu que j’aurais du mal à mettre une vidéo d’un autre homme politique, tous ayant eu des positions très ambiguës et peu compréhensibles sur le sujet (on en parlera sans doute dans les commentaires).

Quelques mots tout de même sur cette vidéo avant de vous la livrer en pâture. Comme bien souvent, les salles pouvant accueillir les meetings de Mélenchon sont trop petites et le discours se fait successivement dans plusieurs salles, voire même comme ici pour le premier discours, dehors devant un public qui n’a pas pu rentrer bien au chaud. Donc, pour voir directement le long passage où l’on parle du Céta, il faut aller directement au deuxième discours c’est à dire au minutage 36’03 ». Mélenchon n’entre pas dans le détail du Ceta mais en montre, de manière très pédagogique, tous les tenants et les aboutissants.

Il y a donc beaucoup d’horreurs qui nous attendent suite à la signature de ce traité.

Mais ce que je n’arrive pas à comprendre, c’est comment les journalistes (hormis ceux de l’Huma et de quelques journaux alternatifs) ont pu autant sous-estimer pendant deux ans ce projet de traité, et comment depuis deux jours ils ont pu minimiser les conséquences de sa signature. D’ailleurs, globalement, on n’en a pas beaucoup parlé. L’actualité – de type rouleau compresseur – est déjà passée à autre chose. Mais peut-être que çà n’intéresse que moyennement le public. D’ailleurs, en discutant aujourd’hui avec un agriculteur, j’ai compris qu’il n’avait pas envie de savoir à quelle sauce il va être mangé. J’imagine que c’est la même chose pour la plupart de nos concitoyens.

Et finalement, j’en reviens au sujet que je voulais traiter au départ : « Celui qui ne bouge pas ne sent pas ses chaînes ».

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Délire musical

Week-end maussade ici en Franche-Comté.
Alors je vous propose un petit jeu musical un peu inhabituel, faisant appel à votre imagination débordante.
Que pourrions-nous faire en ce dimanche en rapport avec la musique ?

Piaffer avec Edith
Baiser avec Joan
Nager le crawl avec Diana
Cocooner avec Kaukonen
Faire du bob avec Dylan
Aller au brahms du cerf avec Johannes

Allez, comme ce blog avait tendance à devenir un peu trop sérieux les temps derniers, je vous laisse continuer la liste et délirer dans tous les sens possibles et inimaginables (sans avoir peur des jeux de mots complètement vaseux).

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Champagney, terre d’insoumission

L’esclavage a été aboli le 4 février 1794.

Peu de gens sur ce blog savent que le processus d’abolition a commencé en Haute-Saône dans un petit village appelé Champagney. C’est là qu’en 1789, les habitants du village ont demandé dans leur cahier de doléances que l’esclavage soit aboli. Et c’est aussi là que se trouve aujourd’hui le Musée de la négritude et des Droits de l’Homme.

Ce 4 février, Jean-Luc Mélenchon était à Champagney où il s’était promis de revenir. Sa venue n’avait été annoncée que l’avant-veille.

La petite salle du village ne contenant qu’une cinquantaine de places, c’est sous le préau de l’école (car le froid et la pluie étaient au rendez-vous) que la prise de parole eut finalement lieu.

J’étais là, transi de froid, à quelques mètres seulement de l’orateur. Un très beau discours qui prend toute sa résonance dans le contexte mondial actuel de paupérisation et d’esclavage moderne (les ONG recensent aujourd’hui entre 200 et 250 millions d’esclaves sur la planète).

Champagney : c’est l’idée d’une insoumission qui a commencé là, dans un petit village haut-saônois au pied des Vosges et qui a ensuite fait son chemin de par le monde.

Alors, si vous avez 36 minutes devant vous …

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Le milan royal … enfin !

Les choses sont assez bizarres et pas toujours explicables. J’avais arrêté presque complètement la photographie animalière et, mis à part mes petites escapades en vacances (Texel, la Bretagne et la Camargue), je n’ai réalisé aucune photo au cours des deux dernières années. Pourquoi avais-je arrêté, je n’en sais trop rien … Et voilà t-y pas que c’est le jour-même où j’ai décidé d’arrêter les articles sur la nature sur mon blog que je me suis remis à la photo.

Et dès que je suis reparti dans mon affût, « la cabane » dont je vous ai souvent parlé, les observations sont reparties avec une intensité que je n’avais pas connue depuis plusieurs dizaines d’années.

Il faut dire qu’il a fait plutôt froid en Franche-Comté, non pas un froid exceptionnel (car ici on a l’habitude que le thermomètre descende en dessous de -10°C, il a même fait -20,7°C à Besançon le 9 janvier 1985) mais un froid qui dure (ce dont on n’avait plus l’habitude, tellement les hivers derniers ont été doux). Cette période de gel a affamé les oiseaux et notamment les rapaces. Au lieu d’avoir comme chaque hiver précédent une ou deux buses (parfois trois) au poste de nourrissage, j’en ai compté jusqu’à neuf. Mais ça, je vous en parlerai plus tard …

Ce dont j’ai envie de parler aujourd’hui, c’est d’une observation exceptionnelle à ce poste de nourrissage : celle du MILAN ROYAL. Et cette fois-ci, pas d’erreur d’identification comme j’avais pu le faire autrefois avec un milan noir !

J’avais dit que je ne referais pas d’articles sur la nature dans l’immédiat. Mais l’envie de partager ces observations m’a rattrapé. Et plusieurs parmi vous ont trouvé dommage que je ne mette pas sur le blog les images du milan royal que je leur avais envoyées par mail. Alors, allons-y !

Et j’ai bien compris le message de Papilio macaron et la pauvreté actuelle de sa revue de presse café du lundi matin … ! :wink:

Et il va y avoir une nouveauté sur ce blog, c’est que dorénavant, en cliquant sur chaque image, vous pourrez l’avoir en meilleure qualité (j’aurais pu le faire plus tôt mais je pensais qu’avec le poids des images mes articles allaient être bien plus longs à ouvrir). Mais attention, ne mettez pas de commentaire sur les photos mais uniquement sur l’article car sinon votre commentaire ne sera pas signalé dans la colonne droite du blog et personne ne le lira.

La scène que je vais relater s’est déroulée en fin de matinée le 17 janvier dernier.

Quelques buses étaient là en train de  festoyer quand soudain le milan royal est arrivé, il est passé assez près des buses.

Malgré sa grande envergure (1,60m environ), le milan royal n’est pas un prédateur puissant, c’est plutôt un chapardeur. Même la buse qui est plutôt un piètre prédateur fait facilement face au milan royal et celui-ci a eu du mal à voler un peu de nourriture malgré son attitude d’intimidation sur la photo précédente.

Alors il s’est posé à quelques mètres des buses, attendant le moment favorable …

Dès que l’occasion se présentait, l’envol était immédiat et le milan venait chaparder un petit morceau de sa pitance.

Il y eut d’autres tentatives au vol, le milan descendant des airs à toute vitesse …

… mais il arriva bien souvent qu’il ne reparte qu’avec une feuille morte entre les serres …

… ou même sans rien.

Depuis ce jour faste, je n’ai pas revu le milan malgré une trentaine d’heures passées depuis dans ma cabane (en général deux heures par jour depuis 15 jours).

Dans un prochain article, mais pas maintenant, je vous parlerai de la visite inhabituelle d’un autre oiseau.

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Où va l’agriculture ? (2)

Lors de mon précédent article, on a dressé une esquisse peu réjouissante de l’évolution du monde agricole, victime du libre-échange généralisé au niveau de la planète. D’un point de vue économique, c’est la descente aux enfers : on est passé de 6,3 millions d’agriculteurs en 1955 (27% de la population active) à moins de 900 000 aujourd’hui (3,5 % de la population active) et la plupart vivent (ou plutôt survivent) dans la précarité avec des retraites minables. Le taux de suicide (trois fois plus élevé que dans le reste de la population) montre le mal-être de cette profession. Concernant l’évolution de l’agriculture d’un point de vue environnemental, je n’en rajouterai pas une couche, on en a déjà beaucoup parlé sur ce blog.

Mais dans le marasme actuel il y a pourtant une embellie. Il faut chercher cette embellie du côté du développement du bio.

Si le nombre de fermes qui sont en agriculture conventionnelle diminue chaque jour, il y a par contre 21 fermes bio nouvelles chaque jour. Oui, 21, vous avez bien lu. La croissance du bio est très rapide, de l’ordre de 15-20% par an et on compte aujourd’hui plus de 32 000 fermes bio en France, soit plus de 300 par département. Il n’y en avait quasiment pas il y a 20 ans, on imagine le chemin parcouru depuis.

Et ce développement est parti pour durer longtemps car la production bio reste très inférieure à la demande des consommateurs. Le nombre de magasins bio ne cesse d’augmenter (par exemple, la biocoop a déjà ouvert plus de 400 magasins), même si la grande distribution s’est emparée de ce marché (ce qui est inévitable). Et puis il y a  tous les petits circuits courts qui existent ça et là. La production bio a généré plus de 15 000 entreprises de transformation et de distribution sur le territoire.

Ce qui me semble particulièrement intéressant, c’est que certains circuits de distribution, au lieu de chercher à étrangler les paysans, les considèrent comme de véritables partenaires, s’engagent à leur payer le prix juste, soutiennent des projets collectifs, accompagnent des initiatives régionales, garantissent la transparence des échanges, construisent des partenariats dans la durée. Donc acheter bio, ce n’est pas seulement acheter des aliments sains, c’est avant tout soutenir une démarche respectueuse du monde agricole et qui permet à l’agriculteur de gagner correctement sa vie. Le grand public qui achète sa nourriture dans un circuit court, voire directement chez le producteur, est très sensibilisé à cela. Ceux qui vont dans les magasins spécifiquement bio également. Ainsi, dans le magasin où je vais, chacun à la possibilité en arrivant à la caisse de demander à ce que son ticket de caisse soit arrondi à l’euro supérieur, la différence servant à l’installation de nouveaux paysans. Et je me suis rendu compte que beaucoup de gens font la démarche de payer à chaque fois ces quelques dizaines de centimes supplémentaires.

Un agriculteur qui travaille seul dans sa ferme a du mal à vivre de ses 70 vaches, alors qu’il y a des exemples de fermes bio dont les 70 vaches permettent de faire vivre jusqu’à 10 personnes. On peut se demander comment cela est possible et cela m’a interpellé.

En essayant de comprendre, je me suis rendu compte que le lait est actuellement payé 32 cts aux agriculteurs de mon secteur mais 48 cts lorsqu’il est bio, soit exactement 50% de plus. Un agriculteur a du mal à produire son lait en-dessous de 30 cts, ce qui fait que l’agriculteur conventionnel n’arrive à dégager qu’une marge d’un ou deux centimes par litre de lait produit (quand il arrive à dégager cette marge). Si un agriculteur bio arrive à produire au même prix (on en reparlera plus bas), en vendant son lait à 48 cts, il dégage une marge de 18 cts, près de 10 fois supérieure à la marge dégagée par l’agriculteur conventionnel. On voit bien qu’il est plus facile d’avoir un bon revenu en produisant bio.  Certains objecteront que la quantité de lait produite par l’agriculteur bio sera bien inférieure à celle produite par l’agriculteur conventionnel. Certes, mais le coût de production d’un litre de lait en conventionnel est sans doute supérieur à celui d’un litre bio (car derrière l’agriculture conventionnelle il y a des coûts de production énormes : gros tracteurs, tonnes d’engrais, produits phytosanitaires, antibiotiques pour le bétail, prestations vétérinaires …) et ceci doit bien compenser cela (au moins en partie). Les chiffres que j’ai donnés ci-dessus méritent sans doute d’être affinés mais donnent une explication sur le fait que les agriculteurs bio sont ceux qui actuellement s’en sortent le mieux et qui arrivent à vivre décemment.

Mais je vois quand même deux belles ombres au tableau.

D’abord, je ne suis pas sûr que le développement du bio va permettre aux agriculteurs conventionnels actuels de passer en bio. L’agriculture de demain sera à mon avis essentiellement menée par d’autres agriculteurs, car on a affaire à deux métiers complètement différents. Un agriculteur bio peut parler pendant une heure de la vie biologique du sol alors qu’un agriculteur conventionnel a oublié que le sol est vivant et qu’il n’est pas qu’un simple substrat qu’on enrichit en azote, acide phosphorique et potasse. Et puis, l’état d’esprit n’a rien à voir. Je ne crois pas que l’agriculteur qui a passé son temps à mettre des produits chimiques sur tout, à acheter l’alimentation pour son bétail, à détruire des haies, à chercher à avoir la plus grosse vache, le plus gros rendement en maïs, le plus gros tracteur … puisse bifurquer dans une voie complètement opposée.

La deuxième chose, c’est que le cahier des charges de l’agriculture biologique est très exigeant (avec raison) et que les lobbies de toutes sortes essaient constamment de faire changer la réglementation européenne en vue de l’assouplir.  Le bio restera t-il longtemps bio ?

En conclusion, il me semble évident que dans 10 ans le bio sera dans la plupart des assiettes. Mais encore faudra t-il d’ici-là défendre fermement le cahier des charges de l’ensemble de la filière bio ? Et il est évident qu’il faudra recentrer au maximum la production au niveau local, encore plus qu’aujourd’hui.

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Où va l’agriculture ? (1)

Il va y avoir coup sur coup deux articles sur ce thème de l’agriculture (peut-être même trois).


Ce premier article est à ranger dans la catégorie « coup de gueule », le prochain sera à classer dans la catégorie « coup de coeur » car l’agriculture est aussi un domaine où il y a de bien belles choses qui sont expérimentées.

Je viens d’une famille de paysans. Dans ma région, il y a encore peu de temps, on ne disait pas « agriculteurs », on disait « cultivateurs » ou « paysans ». C’est ce dernier terme que j’ai toujours préféré mais je me rends bien compte que derrière les mots se cachent des réalités bien différentes et que cela fait déjà bien longtemps, au moins deux générations, que l’agriculteur n’a plus rien d’un paysan.

Où se situe la limite entre les deux ?

Je pense qu’à partir du moment où un éleveur ne produit plus les aliments qu’il donne à son bétail et qu’il est entré dans une logique d’achats de tourteaux divers, d’aliments liquides, … le pas est irrémédiablement franchi vers une agriculture différente, avec quasiment aucun retour possible vers un mode de production plus autonome. C’est ensuite la spirale vers ce que tout le monde connaît : le crédit agricole, les investissements pour du matériel de plus en plus gros, la course aux rendements, l’endettement et surtout un mode de production qui s’affranchit presque de la terre nourricière : on ne cultive plus tel type de céréales ou de légumineuses en fonction de la qualité de sa terre, on ne considère celle-ci que comme un substrat lambda qui peut être enrichi comme bon nous semble en fonction de la culture souhaitée et demandée par Bruxelles (je connais des terrains si pauvres que même les plantes communes des prairies ont du mal à y pousser, mais on réussit quand même à y faire pousser par miracle des maïs de plus de 2 mètres de haut).

On nous dit souvent que c’est pour nourrir de plus en plus de monde sur la planète qu’il nous faut des rendements exorbitants. Faux et archi faux ! Car le mode d’agriculture productiviste actuel qui s’insère dans une économie de libre-échange génère non seulement d’énormes gaspillages au niveau de la production elle-même (on détruit des millions de tonnes de récoltes) mais aussi dans toute la filière : au niveau de la transformation, de la distribution et de la consommation. C’est ainsi qu’il se gaspille plus de 40% de la nourriture produite sur Terre (plus de 50% disent certains). Le pain est sans doute l’aliment qui se gaspille le plus mais celui qui achète un bon pain dans un magasin bio n’en gaspillera jamais une seule miette. Les modes d’exploitation agricole peuvent donc être générateur de gaspillage ou non. Et, effectivement, comme le disent les chantres de l’agriculture productiviste, si l’on veut nourrir plus de monde en continuant à gaspiller autant – voire plus encore – on n’a pas d’autre choix que d’intensifier encore plus.

Quand on roule en voiture dans ma région, on ne voit plus forcément le rapport direct qu’il y a entre ce qui pousse dans les champs et notre alimentation. On voit beaucoup de maïs mais est-ce qu’on mange beaucoup de maïs ? On voit beaucoup de colza … mais est-ce qu’on en consomme beaucoup ? On y voit beaucoup de tournesol … mais on n’en consomme finalement très peu (et en plus le tournesol que l’on achète à la coopérative agricole pour nourrir les oiseaux en hiver … vient le plus souvent de Hongrie). On y voit aussi des champs de blé … mais qu’on ne consomme pas sous forme de pain car la plupart des variétés de blé cultivées ici sur mon secteur ne sont pas panifiables.

Bon vous l’avez compris, tout ça ne sert pas directement à notre alimentation … mais entre dans la composition de tourteaux pour le bétail, d’où un énorme gâchis (car pour produire 1 kg de viande il faut bien plus de surface agricole que pour produire 1 kg de protéines végétales, toutes aussi efficaces pour assurer notre bonne santé).

On se demande comment on en est arrivé à un système où l’agriculteur ne sait même plus à quoi va servir le colza ou le maïs qu’il a cultivé. Va t-il partir dans la filière « nourriture pour bétail », va t’il partir en Asie, en Afrique du Nord, va t-il être transformé en agrocarburant … ou même, comble du comble, lui revenir sous forme de tourteaux qu’il donnera à ses propres vaches (additionné à d’autres éléments nutritifs pas forcément enviables … si je dis ça c’est parce que, à l’époque du scandale des farines animales, je m’était amusé à lire la composition des tourteaux pour vaches, on n’arrive jamais à un total de 100%, il y a toujours quelques % qui manquent !).

Lorsque j’étais gamin, il y avait des chevaux à la maison et pas encore de tracteur. Les agriculteurs étaient très dépendants des conditions météo de l’année. Il y avait les années correctes, les bonnes années et les mauvaises années. Finalement, quand l’année était mauvaise, tout le monde mangeait quand même à sa faim … il y avait toujours les poules, les lapins, les patates et les choux du jardin, les pommes du verger … Je ne me souviens pas avoir manqué de quoi que ce soit. Et quand l’année était bonne, hé bien elle était bonne !

Aujourd’hui quand l’année est mauvaise, elle est vraiment mauvaise et aucun agriculteur n’arrive cette année-là à équilibrer ses comptes. Et les coûts de production sont tels que c’est la perte sèche au niveau financier.
Et, c’est là une donnée nouvelle, quand l’année est bonne d’un point de vue climatique, elle n’est pas aussi bonne qu’elle en a l’air. Car les cours baissent tellement sur le marché mondial que les paysans vendent alors leur production en-deça de leur coût de revient. Une bonne année climatique devient donc aussi une mauvaise année pour le paysan. Et je ne vous explique pas quand les récoltes sont mauvaises ici en France alors qu’elles sont très bonnes ailleurs sur le reste de la planète (en Asie ou en Amérique du Sud) : c’est la double peine assurée ! Lisez cet article du Figaro paru la semaine dernière : en gros, si je vous résume la situation des producteurs tunisiens, c’est « on ne va pas bien parce que l’année a été bonne ». On marche sur la tête, non ? Et pas un seul journaliste pour aller plus loin que le simple constat et dénoncer l’absurdité du système !

Quand il y a de très bonnes productions, on pourrait imaginer au contraire que les pays pauvres vont pouvoir bénéficier de denrées à bas prix parce que les cours chutent. Que nenni ! Soit les denrées sont périssables et on a vite fait de les détruire, soit elles se conservent (céréales, oléagineux) et dans ce cas certains les immobilisent en attendant que les cours remontent … c’est ce qu’on appelle la spéculation (il y a parfois des navires chargés à ras bord et qui sont immobilisés dans les ports en attendant que les cours remontent). Dans le domaine agricole, la spéculation a des conséquences dramatiques, aussi bien pour les pays pauvres qui ne pourront pas se permettre d’acheter la marchandise que pour les producteurs qui sont lésés (et pas question pour eux d’aller manger leurs patates, leurs choux, leurs poules ou leurs lapins, ça fait longtemps qu’ils ont abandonné tous ces trucs d’un autre temps, ils font des céréales et rien d’autre ! et de toute façon, c’est pas les patates, les choux, les poules et les lapins qui changeraient quoi que ce soit à leur situation).

Prenons un exemple pour illustrer mes propos : le domaine du lait. Dans ce domaine, il y avait un véritable outil de régulation qui s’appelait « les quotas laitiers » et qui fonctionnait bien depuis 1984. Comme la demande de produits laitiers a augmenté (notamment en Asie), plusieurs têtes d’oeuf ont pensé qu’il fallait en finir avec cet outil de régulation et que les « quotas laitiers » n’étaient « plus adaptés à la réalité du marché ». Et chaque fois on nous ressert les mêmes arguments fallacieux, à savoir qu’en faisant fonctionner l’offre et la demande le marché va finir par s’auto-réguler. C’est de la foutaise, dans ce domaine comme dans d’autres, tout tire vers le bas à force de vouloir s’aligner sur le paysan chinois ou polonais, et c’est ainsi que la suppression des quotas laitiers (en 2015) a mené à la dérégulation la plus complète du marché(il me semble que même le syndicat agricole le plus réactionnaire – suivez mon regard – l’admet maintenant) pour le plus grand malheur de nos éleveurs. Pour leur malheur oui, mais pour le bonheur de qui ? Le bonheur des actionnaires, des distributeurs, des intermédiaires de toutes sortes … J’ai pris l’exemple des éleveurs mais on aurait pu prendre l’exemple d’autres types de productions agricoles, le constat serait exactement le même.

L’agriculture devrait avoir pour vocation première de satisfaire aux besoins alimentaires du pays. Point barre. Or, nos paysans produisent bien plus que ce dont on a besoin, infiniment plus même qu’il y a un siècle. Et pourtant ils crèvent ! Ils crèvent dans une quasi-indifférence. Alors que les enjeux liés à l’agriculture n’ont jamais été aussi importants (j’y reviendrai dans d’autres articles) !

L’agriculteur n’est pas un pollueur par nature. Mais il le devient car le système lui laisse peu de choix. Enfin, tant qu’il n’a pas fait le premier pas. Car une fois que le premier pas est fait dans le sens de faire donner à la terre plus qu’elle ne peut donner, c’est l’engrenage et on ne peut plus alors échapper aux pesticides, aux gros tracteurs, à la dépendance vis à vis des banques (toujours la même !), … et l’on sait pertinemment que si l’on prolonge la courbe (j’aime bien prolonger les courbes pour me faire une idée de là où l’on va), on se dirige tout droit vers des milliers de « fermes aux mille vaches » (gérées en grande partie par ordinateurs) et 10 fois moins de paysans qu’aujourd’hui …

Beaucoup pensent qu’on est au bout du rouleau compresseur, que les choses vont forcément devoir s’inverser pour ces agriculteurs-là et que 10 fois moins d’agriculteurs qu’aujourd’hui ce n’est pas possible. Car, dans plein de domaines (la santé, le social, l’environnement …), on pense toujours avoir touché le fond du fond … mais non mais non (qui connait la profondeur du puits dans lequel il tombe ?).

Tout çà c’était mon coup de gueule. Car je refuse cette manière de fonctionner, en agriculture comme ailleurs, qui n’a plus aucun sens.

Mais il y a aussi d’autres raisons d’espérer … rendez-vous donc au prochain article !

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