C’est quoi l’Homme ?

Qu’est-ce qui différencie l’Homme de l’animal ?
Vaste question.
Je me rappelle d’un commentaire mis sur ce blog il y a très longtemps par Etincelle et qui citait un passage d’un livre d’Alexandre Poussin : « … le premier homme digne de ce nom est celui qui a fait fermenter sa boisson. »
Clin d’oeil humoristique sans doute mais finalement c’est une définition qui en vaut bien une autre, non ? Et en tant qu’amateur de bonnes bières c’est évidemment une phrase que j’apprécie beaucoup.
Et pour vous, qu’est-ce qui marque la différence avec nos frères animaux ?

Le lion et le moustique

Répondre à la violence par la violence ou tendre l’autre joue ? Les débats qui ont lieu dans la société suite aux événements récents posent la question « quelle réaction de notre société ? »
J’ai lu beaucoup d’articles sur le sujet au cours de la dernière semaine. Le texte qui m’a fait le plus réfléchir, je ne l’ai pas lu sur le Monde ou sur Libé, il a été posté par Maïvon sur ce blog. Il s’agit d’une vieille parabole amérindienne :
Un vieil indien explique à son petit fils que chacun de nous a en lui deux loups qui se livrent bataille.
Le premier loup représente la sérénité, l’amour et la gentillesse.
Le second loup représente la peur, l’avidité et la haine.
« Lequel des deux loups gagne? » demande l’enfant.
« Celui que l’on nourrit » répond le grand-père.

Et le texte qui m’a fait le plus rire sur le même sujet, c’est celui de Christophe qui a cru bon d’ajouter :
« C’est en voyant un moustique se poser sur ses testicules qu’on réalise qu’on ne peut pas régler tous les problèmes par la violence. »

Optimisme et pessimisme, kif kif bourricot !

Le militant, qu’il soit associatif, politique ou simplement franc-tireur dans son coin, se bat. Pour ses idées. Pour une certaine idée du futur. C’est lui qui fait avancer le monde. Quand on regarde l’histoire de l’humanité, on s’aperçoit que tout ce qui a été acquis s’est fait à force de combats et que rien n’est arrivé à coups de baguette magique.

Et il y a ceux qui ne bougent jamais. C’est ce que l’on appelle la « majorité silencieuse » – la majorité tout court dirais je même – celle qui profite du travail des générations qui l’ont précédée et qui ne contribue en rien à changer le futur.

Et sans doute qu’il y a, même parmi les gens très actifs, de plus en plus de gens désabusés qui, en ces temps difficiles et incertains, peuvent avoir tendance à baisser les bras en se disant « à quoi bon ! » et à rentrer dans le triste rang de cette majorité silencieuse. J’ai parfois aussi l’envie de prendre de la distance, de me libérer de mes engagements, et de m’extraire au maximum de ce monde de fous.

Mais, sur ce sujet qui me travaille beaucoup, je suis tombé la semaine dernière sur un petit passage qui m’a fortement interpellé (c’est un extrait d’un article de Jean-Luc Mélenchon, mais ce n’est pas un texte partisan car il aurait pu aussi bien être écrit par un autre militant engagé, qu’il soit PS, UMP, ou militant d’une association d’éducation populaire) :

« Vous connaissez l’adage ? Pessimistes et optimistes sont les deux faces d’une même capitulation. L’optimiste pense que tout va s’arranger, le pessimiste dit que tout est foutu. Les deux s’en remettent au temps pour régler les problèmes. Les deux ne se reconnaissent aucun rôle dans la fabrication du futur. »

Beau sujet de discussion sur le blogadupdup, non ?

Les âneries de Pierre Louki (7)

Pierre Louki avait comme habitude d’émailler son tour de chant de tas de petites histoires qu’il racontait sur scène entre chacune de ses chansons. En voici une qui devrait ravir les jardiniers que nous sommes (et pour commencer la semaine, un peu d’humour ne fait pas de mal !).

Un poireau oublié dans le fond d’un jardin
S’ennuyait à pousser en vain
Tous les pareils à lui – la dernière récolte –
Par le maraîcher mis en bottes,
Etaient partis tels des héros
A un festival de poireaux,
Parc des expositions, Paris.
Lui seul était resté, moqué par les souris
Qui le mordillaient pour rire, les salopes !
Il devait supporter le supplice non stop,
Ne pouvant se défendre, car ne pouvant bouger
Mais au fond de lui-même, rêvait de se venger …

Passe un chat, queue en l’air, regard indifférent,
Il n’est pas du quartier, sans doute un chat-errant.
Qu’importe, le poireau réalise soudain
Que c’est peut-être là l’envoyé du destin.
– Approche, lui dit-il. Approche, je t’en prie.
Sais tu que niche ici un peuple de souris ?
Tu peux, si tu m’en crois, t’en fourrer plein la panse.
Elles viennent chaque soir, sous peu de temps je pense
Elles seront là, tu n’auras qu’à croquer.
Si c’est pas du tout cuit, ça n’est pas compliqué.

Le chat était un chat grande gueule et dent dure.
Cà n’a pas fait un pli, ce fut net, sans bavure,
Du poireau il ne resta rien.
C’était un chat végétarien.

Le jardin de l’autre

Extrait de « Comme le fleuve qui coule » de Paulo Coelho

En regardant le jardin de l’autre
« Donne à l’idiot mille intelligences, et c’est la tienne qu’il voudra », dit le proverbe arabe.
Nous commençons à planter le jardin de notre vie et, regardant à coté, nous voyons que le voisin est là, à épier. Il est incapable de faire quoi que ce soit, mais il se plaît à se mêler de la façon dont nous semons nos actions, plantons nos pensées, arrosons nos conquêtes.
Si nous prêtons attention à ce qu’il raconte, nous finissons par travailler pour lui, et le jardin de notre vie sera une idée du voisin.
Nous en oublierons la terre cultivée avec tant de sueur, fertilisée par tant de bénédictions.
Nous oublierons que chaque centimètre de terre a ses mystères, que seule la main patiente du jardinier peut déchiffrer.
Nous cesserons d’être attentif au soleil, à la pluie et aux saisons – pour nous concentrer uniquement sur cette tête qui nous épie par-dessus la clôture.
L’idiot qui adore se mêler de notre jardin ne soigne jamais ses propres plantes. »