Petite citation

En attendant que ce blog ne reprenne le lundi 6 septembre prochain, une petite phrase qui peut permettre la discussion pendant tout l’été, tant elle est d’actualité.
« La meilleure forteresse des tyrans, c’est l’inertie des peuples » (Nicolas Machiavel)

Les âneries de Pierre Louki (5)

Dans mon dernier article, j’ai cité un passage de Colloque sentimental de Paul Verlaine. En voici le texte entier.

Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux formes ont tout à l’heure passé.

Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles,
Et l’on entend à peine leurs paroles.

Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux spectres ont évoqué le passé.

-Te souvient-il de notre extase ancienne?
-Pourquoi voulez-vous donc qu’il m’en souvienne?

-Ton coeur bat-il toujours à mon seul nom?
Toujours vois tu mon âme en rêve? -Non.

-Ah! les beaux jours de bonheur indicible
Où nous joignions nos bouches! -C’est possible.

Qu’il était bleu, le ciel, et grand l’espoir!
-L’espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir.

Tels ils marchaient dans les avoines folles,
Et la nuit seule entendit leurs paroles.

Le chanteur Pierre Louki (qui était très sportif, il s’entraînait même avec Michel Jazzy) a adapté ce texte avec beaucoup de liberté. Nous retrouvons ici ce même thème de la vieillesse mais dans la bouche de deux coureurs du Tour de France. J’ai souvent entendu Louki réciter ce texte sur scène entre deux chansons.

Dans le vieux col, en haut de l’Izoard,
Deux « Tour de France » ont une heure de retard.

– Te souvient-il de nos courses anciennes ?
– Je suis trop crevé pour qu’il m’en souvienne.

– Ton coeur bat-il toujours à en rêver ?
– Mon coeur est k o, je suis lessivé.

– Ah les beaux jours quand nous étions des cracks !
– Mon cadre, mes roues, mes rotules, tout craque !

– Le maillot jaune nous faisait s’envoler.
– Cette fois c’est cuit. On est hors délais.

Tels ils roulaient en souffrant des guiboles
Et la nuit seule entendit leurs paroles.

Il est des jours où …

Il est des jours où certaines phrases, certaines citations résonnent fortement en vous. Ainsi, aujourd’hui, ces quelques lignes extraites du Prophète de Khalil Gibran :

« Vous voudriez connaître le secret de la mort.
Mais comment les trouverez-vous sinon en cherchant au cœur même de la vie ?
La chouette, dont les yeux faits pour la nuit sont aveugles au jour, ne peut dévoiler le mystère de la lumière.
Et si vous voulez vraiment contempler l’esprit de la mort, ouvrez grand votre cœur au corps de la vie.
Car la vie et la mort sont un, de même que le fleuve et l’océan sont un ».

Les âneries de Pierre Louki (4)

Tous les médias parlent actuellement du prix des fruits et des légumes. Le coût est devenu très élevé mais peu de journaux parlent du profit éhonté que font les intermédaires et les actionnaires des groupes de la grande distribution. Il serait probablement normal que le prix d’un produit frais soit multiplié par deux entre le prix de départ payé au producteur et celui que paye au final le consommateur. Mais lorsqu’un producteur vend ses poireaux 20 cts le kilo et que le consommateur l’achète 1,5 voire 2 euros (avec un prix multiplié par 8 ou 10), la ficelle est si grosse qu’on se demande pourquoi aucun de nos grands médias ne fait un vrai travail d’investigation journalistique sur le sujet.

Les médias nous rappellent à juste titre l’importance de consommer au moins cinq fruits/légumes par jour. Pourquoi 5 ? et pas 4 ou 6 ? Enfin, bon, il faut bien donner un ordre de grandeur j’imagine… mais je ne suis pas certain que manger cinq petits pois par exemple suffise …

Tiens, en parlant de petits pois, je me rappelle cette petite « ânerie » de notre ami Pierrot qui avait sûrement anticipé cette baisse du pouvoir d’achat et la difficulté à se nourrir correctement en fruits et légumes. Je vous livre ce petit texte qui s’appelle « Marché du pauvre » :

– Petits pois extra-fins ?
– Deux cent quatre vingts !
– Petits pois fins ?
– Deux cent soixante-dix !
– Petits pois mi-fins ?
– Deux cent soixante !
– Petits pois moyens ?
– Deux cent cinquante !
– Gros petits pois ?
– Deux cent quarante neuf !

Alors, s’il vous plaît, donnez-moi
Une livre de pois cassés
Et un tube de colle.

Petite devinette (8)

Allez, est-ce que vous pouvez deviner de qui est cette phrase, en jouant le jeu, c’est à dire sans aller chercher la réponse avec Google ?
« Aujourd’hui, comme rarement dans l’histoire de la pensée universelle politique, la force de la pensée environnementaliste apparaît comme un mouvement qui peut offrir une alternative sérieuse de gouvernance face à l’échec dramatique de la prédominance des politiques néo libérales. »

Petite citation

Petite phrase du professeur Christian Körner que je viens de lire à l’instant : « La diversité est le principe vital sur lequel se fonde l’évolution. Être différent est la condition nécessaire à la vie et à la survie ; être semblable signifie déclin et absence d’avenir ».
Cette phrase vous inspire ?

Les âneries de Pierre Louki (3)

– Dis tonton, t’a-t-on dit ce qu’on fit cet été ?

– Non Titi, t’as pas dit, tu vas me raconter.

– On a beaucoup trotté, on a été partout.

– Bien Titi, en été il faut tâter à tout.

– Oh, on a tout tâté, tonton, tout cet été
Mais on t’a tu tonton tout ce qu’on a tâté.

-Pourquoi m’avoir tout tu ? Dites sans hésiter
Tout à votre tonton. Qu’avez-vous donc tâté ?

– On te dit tout tonton ce qu’on fit à tâtons ?
…. A tâtons on tâta de tata les tétons.

– Titi, tu peux tâter comm’ ton tonton tâta
Mais c’est laid de tâter les tétons de tata.

– Mais tonton, on a tâté dans l’obscurité,
Oui, tant et tant tâté que c’est sans s’en douter
Que tata on tâta. Faut pas le regretter,
Les tétons de tata se sont laissés tenter.

(Pierre Louki, extrait de « Aneries », éditions Pirot)

Les âneries de Pierre Louki (1)

En écrivant hier mon texte sur les changements dans l’air (2), la fin de l’article (où je parle de mes diapos qui finissent dans un placard) m’a fait penser sur le moment, par une étrange association d’idées, à une chanson loufoque de Pierre Louki. Cette chanson intitulée A la maison raconte l’histoire d’une drôle de famille où le père élève des souris, où la mère s’arrête de pleurer dès qu’on lui récite du Lafontaine et où le grand-père se cache dans un placard par peur de la lumière (comme mes diapos, d’où l’association d’idées).

Hier, en feuilletant la presse sur internet (je ne sais pas trop si le mot « feuilleter » convient à la presse en ligne mais bon, je n’en ai pas de plus approprié), je suis tombé sur un article qui m’apprend que chaque Français passe en moyenne trois heures trente par jour devant la télévision. Oui oui, vous avez bien lu : trois heure trente !!! Et là aussi me vient aussitôt en tête un petit texte de Pierre Louki. Un petit texte très court, un petit sketche comme Pierre aimait les dire sur scène entre deux chansons :

« Ma mère est envoûtée par la télévision.
Elle se voûte, elle se voûte.
Jamais plus elle ne se redressera.
Quand elle mourra,
Elle ne s’en apercevra même pas.
Simplement elle pensera :
Tiens, la télé est en panne. »

louki01.JPG

(photo : J.B. Millot)

Hé Pierre, ça fait un peu plus d’un an … ce petit cimetière … le froid glacial … tes amis qui te jouaient deux derniers airs. Dis, tu nous manques. Si ce blog devait continuer, nul doute que tu y seras dorénavant bien présent, le deuil étant maintenant complétement fait. Ben oui quoi, la vie continue, non ? Tes chansons et tes écrits sont encore bien vivants en moi. Alors j’essaierai de leur donner, à la mesure de cette modeste tribune que peut-être un blog, une seconde vie.

Vos citations préférées (2)

Proposé par Christophe :
« J’ai envie de croire qu’à la minute où je suis venu au monde, mon premier geste a été d’embrasser la terre. Là-bas, dans le hameau de Baldovinesti, sur l’embouchure du Sereth, la terre a sûrement dû se fourrer en moi, avec la violence de l’amour. Toute la terre ! Toutes ses beautés ! »
(PANAïT ISTRATI, « Pour avoir aimé la terre »)

Vos citations préférées (1)

Proposé par Oups :
« Existe-t-il d’autre tâche assignable à la poésie que celle consistant à chercher à voir l’autre côté du monde ?
Cette forme d’Ursprache, de langue des origines, n’est-elle pas d’abord, peut-être même exclusivement, le parler naturel de quiconque, cherchant à se désengluer du quotidien et du psychocosiologique, du circonstanciel aussi, s’efforce de percer la croûte de ce qui se dit aisément sans y penser, pour aller voir ce qui remue si fort dans le terreau de l’informulable ?
La poésie n’est-elle pas cette façon de faire s’effacer l’être social, si pesant en nous, afin de réintégrer l’usage de ces facultés et de ces dispositions dont les premiers êtres humains étaient les familiers ?
N’est-elle pas cet acte gratuit, sublime et désespéré, de réinvestissement de soi par soi-même, cette façon d’échanger les réflexes acquis contre ces réflexes innés qui ne nous viennent plus naturellement ?
Ce monde de mots suscité par le poète, et consolidé par notre lecture silencieuse, n’est-il pas en fait le seul monde authentique, la seule vraie patrie, celle qui, à l’écart des Etat et des nations, connaît par coeur les voies d’accès à notre identité, à notre évidence ?
Ce qui nous relie machinalement et instantanément aux virtualités latentes de notre patrimoine génétique, rien ne l’a sans doute mieux approché que la musique, et que certaines oeuvres de peinture. Toutefois, la poésie pousse plus loin l’avantage, elle qui confie aux mots le soin de donner valeur symbolique aux sens subtils et libres, semble-t-il, de toute entrave émotionnelle. »
Gil Jouanard , extrait de « la saveur du monde »