Tomates d’arrière-saison

Amis de la tomate, bonjour !

Cet article a pour but d’introduire un article qui paraîtra lundi matin 19 octobre et qui sera un article de fond consacré au mildiou. J’ai déjà écrit un texte il y a longtemps sur ce sujet et je ressens le besoin de le réactualiser en fonction de ce que j’ai observé au jardin depuis la rédaction du premier article. Je commence à avoir des idées de plus en plus précises sur le sujet.

Mon expérience de la culture de la tomate a certainement connu son moment le plus fort cette année comme en témoignent les photos suivantes. En effet, je me suis hâté de faire quelques photos avant l’arrivée du gel que l’on annonce pour la fin de la semaine en Franche-Comté. Dommage cette arrivée du froid car sans lui, je me demande jusqu’où auraient grimpé mes pieds de tomate.

Toutes les photos qui suivent ont été faites aujourd’hui 12 octobre en fin d’après-midi. Elles concernent des variétés qui se sont notamment distinguées des autres par leur vigueur et leur résistance au mildiou. D’abord deux petites tomates cerises, successivement mirabella cocktail clementine et piccolo (chez Dupdup on aime bien la bière et même le nom des tomates s’en ressent parfois).

mirabella

ceriserouge
Autre variété remarquable de par sa qualité gustative et par la taille du pied : délice du jardinier dont le plant a atteint 3,04 m de haut.

bernardtomate
Et enfin, le top du top : berao qui a atteint la taille record de 3,39 m.

berao

escabot
Je me demande vraiment comment je vais faire pour aller cueillir mes tomates quand je serai vieux !

Riche ! Incroyablement riche !

Vendredi dernier, 15 copains marseillais ont touché le jackpot au loto : 100 millions d’euros. Après avoir, j’imagine, bien arrosé la nouvelle, chacun à dû se sentir, le lendemain au réveil, riche. Incroyablement riche !

Hier soir, je suis revenu d’un stage encadré par le grand Tom Wagner, un américain passionné de tomates et obtenteur de centaines de variétés dont la célèbre Green Zebra. J’en suis revenu avec une cinquantaine de variétés de tomates que je ne connaissais pas, de quoi meubler sans doute mes vieux jours de jardinier. J’ai passé la journée à extraire les graines et à les faire sécher. Demain matin, elles seront toutes en sachets, dûment étiquetées, en attendant que la main du jardinier les sème un jour en terre.

Les tomates sauvages de la vallée des Andes sont des espèces mythiques, et qui me semblaient inaccessibles jusqu’à présent. Elles sont si précieuses, en tant qu’espèces-souches de nos milliers de variétés obtenues par l’Homme que les endroits où elles poussent encore à l’état sauvage (dans les Andes) sont aujourd’hui classées en réserves mondiales de biosphère. C’est dire leur importance ! (on pourra lire « l’histoire de la tomate » dans l’un de mes articles anciens, en cliquant ici).

Aussi, j’ai vraiment crû rêver quand j’ai vu hier devant moi, au conservatoire de la tomate du château de la Bourdaisière où se déroulait mon stage, quatre espèces de tomates botaniques sauvages, celles justement qui sont aujourd’hui considérées comme extrêmement précieuses car c’est sans doute de la combinaison hasardeuse de plusieurs d’entre elles (bien qu’elles appartiennent à des espèces différentes) qu’est née l’ancêtre de notre tomate domestique. J’ai cueilli quelques fruits de chacune de ces espèces et les ai ramenés à la maison dans le but de prélever leurs graines. Ci-dessous, successivement (dans le sens de la lecture normale, de gauche à droite et de haut en bas) les quatre espèces dont j’ai eu la chance de prélever les fruits : lycopersicon spontaneum, lycopersicon hirsutum, lycopersicon pimpinellifollium et lyscopersicon cheesmanii.

tomates-sauvages

Je me souviens vaguement que dans mon rêve de la nuit dernière, il était question de tomates et des vallées des Andes. Et ce matin, en me réveillant, en pensant à ces graines précieuses qui ont déboulé dans ma vie de jardinier, je me suis senti riche. Incroyablement riche !

Les tomates de la Bourdaisière

En allant cet été en Bretagne, nous nous sommes arrêtés à mi-chemin dans la vallée de la Loire à Montlouis.

Montlouis-sur-Loire, ça vous dit quelque chose ? Et bien moi oui, j’en rêvais depuis un moment. C’est en effet là qu’est installé un jardin-conservatoire de tomates.

pancarte

Le jardin est installé dans une grande propriété dont l’élément central est le château.

chateau

Je consacrerai sans doute un ou deux articles aux choses que j’y ai vues. Mais aujourd’hui, le thème de l’article est uniquement le jardin.

tonnelles

Le jardin contient des tonnes de choses, en particulier des fleurs, et je dois dire que l’alliance « légumes/plantes aromatiques/fleurs » est un vrai régal pour les yeux.

jardin
Les tomates sont cultivées de manière très originale, trois par trois, sur des rames en bois reliées en haut à la manière d’un tipi.

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On peut admirer à loisir les nombreuses variétés de tomates sur pied mais on peut aussi en retrouver un certain nombre sur les étagères du château où elles sont exposées.

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Ce qui m’a le plus impressionné dans ce parc, c’est la compétence de Nicolas, le jardinier, qui a lui seul entretient tout cet espace, et sa grande disponibilité vis à vis des visiteurs.

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Nous aurions pu rester des heures à flâner dans ce jardin ou à discuter avec Nicolas. Mais une espèce de sexe bizarre qui domine le jardin et qui semble recouvert … d’algues vertes nous rappelle que c’est bien en Bretagne que nous nous rendons et qu’il nous faut reprendre la voiture !
(mais non, Yves, c’est une blague, la Bretagne est bien sûr la plus belle région de France, c’est juste pour faire une chute à mon article :wink: )

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Variations chez les tomates

Tiens, ça fait longtemps que je n’avais pas parlé de tomates sur ce blog ! Si vous croyiez avoir définitivement échappé aux articles sur ce légumes, c’est raté … car en voici un nouveau.

Cela a déjà été dit à plusieurs reprises sur ce blog : la récolte de graines de tomates ne peut se faire que s’il s’agit de variétés anciennes. Inutile de vouloir retrouver les caractères de la variété d’origine avec des graines issues d’hybrides F1, vous trouveriez à vos tomates des qualités différentes de celles que vous escomptiez. Ainsi, si la variété hybride d’origine était réputée résistante au mildiou, il y a peu de chance que vous retrouviez ce caractère à partir de votre propre récolte de graines.

Voici une petite expérience qui m’est arrivée et qui peut illustrer ces propos.

Pascale m’avait fait découvrir une cerise jaune succulente de son jardin. J’en ai récolté quelques graines. L’année suivante, alors que j’avais déjà fait mes propres semis, Pascale m’a appris qu’il s’agissait en fait d’une variété hybride. J’ai quand même mis en pleine terre deux plants, histoire de voir ce que ça allait donner (les hommes étant parfois aussi curieux que les femmes !).

Le premier plant donne des tomates cerises qui jaunissent bien, dont la peau est assez fine et dont le goût est plutôt bon.

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Le deuxième plant donne des tomates complètement différentes, les tomates sont plus grosses, la couleur reste verte à peine teintée de jaune, la peau est très dure et le goût est très moyen.

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Les deux graines ayant donné ces plants très différents sont pourtant issues du même fruit au départ. L’an prochain, je vais semer des graines de la première tomate que j’ai trouvée bonne mais rien ne me garantit que je vais pouvoir retrouver la même bonne tomate cerise jaune.

Il arrive aussi parfois que l’on ait des surprises avec des variétés anciennes. Thierry, que j’avais croisé lors du salon écobio de Besançon, m’avait donné à cette occasion quelques graines d’une variété de tomate africaine appelée « trèfle du Togo ». Je les ai semées, j’en ai gardé deux plants et j’ai donné les autres plants à des amis. L’un des pieds me donne de belles petites tomates rouges côtelées et qui correspondent bien à la description de l’espèce.

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Le deuxième plant me donne des tomates de la même forme, sauf que toutes les tomates de la plante deviennent oranges à maturité et non rouges.

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Il est certain que même les tomates anciennes ne sont jamais « fixées génétiquement » et qu’il existe des variations, souvent minimes, d’un fruit à l’autre. En étant observateur et en faisant preuve de beaucoup de rigueur, on peut mettre à profit ces petites variations, et obtenir, génération de tomates après génération de tomates, des fruits qui, à un moment donné, s’écarteront suffisamment de la variété type d’origine pour qu’on puisse alors parler de nouvelle variété. C’est ainsi que procédaient nos aïeux jardiniers.

Je me demande si l’évolution n’a pas franchi d’un seul coup un grand pas dans mon jardin en faisant apparaître spontanément ces fruits oranges. Nul doute que je vais conserver précieusement ces graines et les cultiver année après année jusqu’au moment où tous mes plants sélectionnés ne donneront que des fruits oranges. Je pourrai alors sans doute parler de la « trèfle du Togo orange ». A suivre donc.

Consommer plus longtemps des tomates ?

LE COIN DU JARDINIER (46)
C’est aujourd’hui qu’ont commencé les trois jours des saints de glace. La tradition populaire dit qu’il y a jusqu’à cette date des risques de gel et qu’il faut attendre que ces fameux 11, 12 et 13 mai soient passés pour mettre en pleine terre les plantes fragiles telles que tomates, poivrons, aubergines …

Ce que je pense des saints de glace ? Ma réponse tient en deux mots : bof bof. Il me semble que durant les 15 dernières années il n’a pas gelé une seule fois en mai dans la région plutôt habituellement froide que j’habite (Dan, toi qui es notre spécialiste météo, tu peux nous le confirmer ?). Je ne pense pas avoir vu de gel après la date du 26/27 avril. De toutes façons, je prends le risque chaque année et si jamais mes tomates venaient un jour à geler, ce n’est pas grave. Le jardinier qui fait ses propres semis n’en est pas à quelques plants près. Il en replante d’autres, c’est pas plus compliqué que ça !

J’essaie sans arrêt d’allonger au maximum la période à laquelle on peut manger des légumes. Si beaucoup de personnes ne mangent leurs tomates que deux mois par an, je pense qu’on peut aisément en consommer pendant quatre mois, voire un peu plus (attention, tous les chiffres et dates dont je parle dans cet article s’appliquent seulement aux zones de plaine de Franche-Comté, à chacun de transposer pour les autres régions).

Comme je l’ai déjà raconté dans un article déjà ancien, on peut mettre ses plants de tomates en terre dès la fin mars en les protégeant d’un dispositif spécial qui s’appelle wallo water. Ce dispositif est à enlever à la fin avril ou au début mai quand les risques de gel ont disparu. Voici par exemple une photo faite il y a tout juste une semaine lorsque j’ai libéré mes plants de tomates de leur ceinture protectrice.

water
Grâce à ce dispositif, les plants issus de mes premiers semis (réalisés le 20 janvier) ont aujourd’hui 60 cm de haut et deux d’entre eux ont déjà de petites tomates d’une taille assez respectable. Il s’agit de la variété sibérienne Kotlas qui est très précoce et dont je pourrai envoyer des graines cet été aux jardiniers intéressés.

tomates
tomates2
Mais il y a aussi une autre manière de consommer des tomates longtemps. Comme les vieux pieds de tomates attrapent facilement le mildiou à l’automne, on peut en semer de nouveau seulement en mai et avoir ainsi à l’entrée de l’automne des plants encore jeunes capables de mieux résister au mildiou. En utilisant une variété réputée comme étant assez résistante, on augmente ainsi ses chances. C’est pourquoi j’ai semé il y a trois jours 10 graines de la variété belle de Lorraine que le catalogue Baumaux présente comme étant la plus résistante au mildiou. Les premières graines devraient sortir après-demain si tout va bien, pour l’instant elles sont en train de s’étirer sous terre dans l’attente de leur vie au grand jour.

pot-de-fleur
Il s’agit là d’une petite expérimentation dont je reparlerai ultérieurement sur ce blog, que les résultats soient probants ou non. A suivre donc.

Voyager … en tomates !

LE COIN DU JARDINIER (44)
Au début mars, Marie-José m’a envoyé ces fameuses graines de « Petit moineau » dont elle avait parlé sur ce blog et qu’elle avait réussi à se procurer. Il s’agit là d’une variété de tomate québécoise. 15 graines ont germé et, en bon « militant de la biodiversité », j’ai diffusé la plupart des petites plantules auprès de mes amis. Peut-être est-ce là le début d’une colonisation de la France par les petits moineaux. Je n’ai gardé que deux plants pour moi, ils attendent au milieu des 42 autres variétés d’être repiqués en pleine terre, ce qui ne saurait tarder (samedi probablement).

tomates

Il y a trois semaines, Nicole m’a donné quelques graines de tomate que sa mère avait ramenées des Philippines. Cinq jours plus tard, les premières graines germaient. J’attends avec impatience de voir l’aspect de ces tomates.

philippines

Il y a une douzaine de  jours, je croise Thierry qui avait sur lui des graines d’une tomate spéciale (en forme de feuille de trèfle) qui provenait du Togo. 9 graines mises à germer, toutes sorties de terre six jours plus tard (avec Dupdup, ça ne rigole pas, les graines n’ont pas le choix, elles se lèvent toutes !).

togo

Mercredi dernier, je reçois une enveloppe d’Edwige. Qu’y avait-il à l’intérieur ? Non pas un mot doux, mais, mieux encore, quelques graines de tomate-arbre récoltées au Kenya. Elles n’ont pas l’air pressé de sortir de terre, mais j’attends la première germination d’un moment à l’autre.

kenya

Planter des tomates venant de pays lointains, c’est voyager à moindre frais, c’est amener chez soi un petit peu du Quebec, du Togo, des Philippines ou du Kenya.

Tiens, un truc à faire : demander à tous vos amis qui partent loin (en Thaïlande, en Inde, au Chili, en Patagonie, sur la lune …) de ramener à chaque fois quelques graines de tomates locales. Et comme cette idée vient de Dupdup, vous n’oublierez pas de lui payer les droits d’auteurs, à savoir quelques graines qu’il suffira de lui envoyer par la poste.

Il cultivera ensuite amoureusement toutes ces petites graines. Ce sera sa manière à lui de voyager … en tomates !

Créer sa propre variété de tomate ?

LE COIN DU JARDINIER (41)
Les graines ont quelque chose de magique. Chacune d’entre elles, aussi petite soit-elle, possède tout ce qu’il faut pour donner une plante adulte. La graine relève pour moi du miracle permanent. La fin d’hiver est pour moi une période très excitante car je me délecte à voir germer dans mon salon des tas de petites graines de salades, de poivrons, de choux … Je vais voir au moins dix fois par jour où en sont mes nombreux semis.

tomates

Je suis très impressionné aussi par la durée de vie des graines. Il y a dix jours, j’ai retrouvé de vieilles graines de tomates de la variété green zebra. Elles dataient de 2002 et provenaient de tomates que j’avais cultivées à l’époque. Il y avait 67 graines. Je les ai toutes semées, juste pour mesurer leur faculté à germer après une si longue période. Ce matin, 61 avaient déjà germé. 91% de germination au bout de 7 ans, c’est pas mal, non ? Cela veut dire que l’on peut se permettre de ne renouveler ses graines que très peu souvent. Peut-être qu’en gardant ses graines dans de bonne conditions de conservation, on pourrait se contenter de ne renouveler ses graines que tous les 10 ans.

tomatesjaunes
Je vais pousser plus loin l’expérience. Cette année, je vais garder des milliers de graines de tomates (de la variété green zebra) et j’en sèmerai tous les ans pour mesurer l’évolution dans le temps de leur pouvoir de germination. Je ne serais pas surpris que des graines arrivent encore à germer au bout de 15 ans. A suivre donc …

green-zebra

Tiens, puisqu’on parle de green zebra, une petite info intéressante : Tom Wagner, le génial obtenteur américain de cette variété et de centaines d’autres, sera en France en septembre et animera un stage pour inciter les jardiniers à créer eux-mêmes leurs propres variétés. Je participerai à ce stage au château de la Bourdaisière (ce même stage aura lieu aussi à Bruxelles et en Suisse).

Créer une ou deux variétés de tomates originales quand j’aurai un peu plus de temps, voila une idée intéressante pour le futur retraité que je suis. Après leblogadupdup, la tomatadupdup !

Semer ses tomates

LE COIN DU JARDINIER (39)
Les fenêtres bien ensoleillées sont précieuses pour le jardinier, elles permettent de cultiver certaines plantes potagères en plein hiver. Ainsi cette petite jardinière dans laquelle j’ai semé du basilic en septembre et qui me donnera de quoi agrémenter des salades jusqu’au printemps.

basilic

Mais c’est surtout pour les semis que les intérieurs des maisons sont précieux. Car les graines ont besoin de chaleur pour germer. De chaleur et d’humidité. Un rebord de fenêtre est un bon endroit pour la germination et les graines s’y développent vite.

Le principe de semis des tomates est simple : on recouvre les graines d’une très faible épaisseur (pas plus de 2-3 mm) de terreau très fin (que l’on appelle « terreau de semis », disponible dans n’importe quelle jardinerie). On maintient ensuite la terre légèrement humide. Ne semez que très peu de graines (gardez le reste pour les autres années), le taux de germination des graines de tomates atteint parfois les 100%. La germination se fait parfois en trois ou quatre jours (c’est par contre un peu plus long, de l’ordre de la semaine, pour les tomates cerises). Cette année, j’ai semé quelques pieds de tomates très tôt, dès le 20 janvier. Oui, je sais, c’est beaucoup trop tôt, mais comme j’aime faire des essais … !

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Mes petites tomates ont bien débuté leur carrière de tomate, et poussent plutôt bien jusqu’à présent. C’est un stade un peu fragile et un excès d’humidité peut les faire disparaître. Ne laissez surtout jamais les godets baigner dans l’eau de la coupelle, l’excès d’humidité peut provoquer le phénomène appelé « fonte des semis » et les petites plantules risquent de se flétrir et de disparaître en quelques jours.

Dès que les tomates ont atteint le stade de quelques feuilles (comme sur la photo ci-dessus), je les repique une par une dans des petits godets.  Le premier repiquage est un acte douloureux pour moi, il y a toujours trop de plants par rapport à ce que je peux garder et de nombreuses petites plantules finissent sur le tas de compost (si je n’ai pas trouvé de preneur à ce moment-là).

tomatesrepiquees

La conduite des petits pieds de tomates s’avère très difficile en appartement, l’excès de chaleur (et le fait que la température baisse peu la nuit) entraîne une croissance trop rapide des plants, ils ont tendance à « filer » (c’est à dire à devenir trop grêle, trop haut). Il faut alors avoir recours à une serre ou à une véranda un peu froide. Il faut donc transplanter les petits godets de tomates dans ces lieux le plus vite possible. Voila pourquoi les semis de tomates en février ne sont réservés qu’à ceux qui peuvent bénéficier d’une serre ou d’une véranda.

serre
Pour ceux qui ne disposent ni de l’une ni de l’autre, ce n’est pas grave du tout, il suffit d’attendre la deuxième quinzaine de mars pour faire ses semis.

Quel est le secret pour avoir des pieds de tomates qui soient beaux au moment où on les repique ? C’est très simple à mon avis : il faut auparavant les avoir repiqués deux ou trois fois au moins dans des pots de plus en plus large (avec un mélange de terreau et de terre de jardin). Il ne faut jamais que les racines soient en manque d’espace. Un pied de tomate dont les racines s’enroulent en faisant le tour du pot  ne sera jamais un beau pied de tomate.

A noter un problème que rencontrent ceux qui ont une serre : les plantes peuvent griller au soleil dans la serre, celle-ci doit donc être plus ou moins ouverte la journée, selon la présence ou non de soleil. Dans une serre, l’excès de chaleur est bien plus difficile à gérer que le froid. Gare à celui qui est parti le matin au boulot en avril en ayant oublié d’ouvrir la serre avant de partir !

Je parlerai un peu plus tard dans la saison de la plantation en pleine terre et de la manière de les cultiver.

« déstockage » de graines de tomates

LE COIN DU JARDINIER (38)
Allez, je l’avais promis : vous trouverez à la fin de cet article la liste des variétés de tomates dont je peux donner les graines. Avis donc aux jardiniers et jardinières désireux de faire quelques essais !

Petites précisions :
– les variétés notées (*) ont des noms erronés. Il s’agit en général de variétés que je cultive depuis si longtemps que j’ai égaré en cours de route les noms d’origine. Alors je leur ai donné un nom qui me permet simplement de me repérer et je dois dire que je n’ai pas fait preuve de grande originalité en les appelant « grosse jaune » ou « moyenne orange ».
– Il serait fastidieux pour moi de donner les caractéristiques de chacune des variétés. Alors sachez que certaines d’entre elles sont photographiées dans certains de mes articles, vous pouvez donc utilement vous reporter à la série n°1, série n°2, série n°3, série n°4, série n°5 et série n°6.
– Comme je reçois (en tant qu’administrateur du blog) vos adresses e.mail (pour ceux qui mettent leur vraie adresse), je prendrai contact avec les personnes intéressées par mail pour leur demander leur adresse postale et leur envoyer ensuite les graines désirées.
– Je ne mettrai que 5 à dix graines par sachet. C’est peu mais il suffit qu’une seule graine germe (et en général elles germent presque toutes) pour que vous puissiez ensuite reproduire les variétés les années suivantes (là aussi, on pourra utilement se reporter à mon article sur la récolte de graines).

– Evidemment, c’est gratuit. A nous tous de militer, chacun à notre façon, pour la sauvegarde et la diffusion de la biodiversité cultivée.

tomates

Liste des variétés disponibles : Andine cornue orange – Anna russian – Auriga – Berao – Black cherry – Black ethiopian – Blue fruit – Borodinsky – Caro rich – Carrée rayée rouge et jaune – Cœur de bœuf Akers – Cœur de bœuf – Coeur de boeuf jaune – Cœur de bœuf orange – Corbarino – Délice du jardinier – Délice d’or – Dorothy green – Galina – Green zebra – Grosse blanche – Grosse jaune (*) – Ingegnoli – Julia – Kotlas – Large pink Bulgarian – Liberty bell – Matina – Matt’s wild cherry – Moldovian green – Mortage lifter rieger – Moyenne jaune (*) – Noire de crimée – Olive jaune – Orange flammée – Orange queen – Paul Robeson – Pêche blanche – Poire jaune – Prune – Purple calabash – Raisin vert – Ronde des Andes -Rose de Berne – Russian lime – Russian persimmon – Sibérienne – Snowberry – Spitz – Striped cavern – Surprise siberia – Tigerella – White beauty – Winnersnaper – Yougoslave (*).

Robert se propose aussi de donner des graines de poivrons. Je crois qu’il s’agit de la variété « champion ».

Mes tomates de l’été 2008 (6)

LE COIN DU JARDINIER (36)
La saison n’est pas encore finie pour le jardinier. Jusqu’à la fin de l’automne, il y aura profusion de carottes, choux, salades, endives, choux-navets, artichauts, poireaux… Mais pour les tomates, ça tire à sa fin. Le mildiou est en train de mettre un terme rapide à leur culture. Mais pas de regrets, l’année 2008 a été très bonne et la culture d’une cinquantaine de variétés de tomates m’a permis de découvrir cette année de nombreuses variétés. Un ancien article explique dans quelles circonstances je me suis lancé dans une culture aussi folle alors que j’avais plutôt décidé de lever le pied.

Les tomates de la fin septembre sont précieuses, elles sont un peu moins belles que celles du plein été, un peu tachées, mais c’est un véritable luxe que de pouvoir encore les déguster.

Ma série d’article sur « mes tomates de l’été 2008 » se termine donc. Voici une sixième et dernière sélection des variétés que j’ai cultivées. Avec, dans le sens de lecture (de gauche à droite et de haut en bas) : Purple calabash, Grosse blanche, Anna Russian, Pêche blanche, Ingegnoli et Raisin vert.

Dans quelques semaines je mettrai un article qui fera le point sur les variétés dont j’ai récolté les graines et que je pourrai envoyer aux différents blogueurs intéressés par leur culture.

Mes tomates de l’été 2008 (5)

LE COIN DU JARDINIER (35)
Mes tomates de l’été 2008. Ou plutôt de l’automne. Car, malgré une météo plutôt médiocre (au sens où on l’entend habituellement), mes tomates se débrouillent pas mal. Bien sûr, il y a un petit peu de mildiou sur les feuilles mais les pieds font plutôt bonne figure. Je crois que l’expérience que j’ai faite cette année, à savoir ne pas tailler les tomates et laisser le feuillage divaguer, est plus que concluante, au moins avec ces variétés anciennes qui sont à croissance indéterminée et qui poussent sans cesse. En tous les cas, je mangerai des tomates au moins jusqu’au début octobre et probablement bien plus.

Il y a seize ou dix sept ans, une personne m’a donné une tomate qu’elle avait ramené de Yougoslavie. La personne ignorait le nom de la variété, alors je l’ai appelée simplement « yougoslave ». Depuis, elle occupe chaque année une place de choix dans mon jardin et je renouvelle mes graines tous les cinq ans. C’est une tomate tardive (tiens, au fait, pourquoi les gens s’acharnent-ils à privilégier les précoces et oublient-ils de planter des tardives pour assurer une production d’arrière-saison ?) et la récolte de cette année bat son plein. J’aurais pu essayé de savoir d’où venait exactement cette tomate. Et peut-être aurais-je pu l’appeler serbe, croate ou kosovare … mais bon, ça me plait plutôt bien ce petit nom disparu de yougoslave.

Voilà une cinquième petite sélection de tomates que j’ai cultivées cet été. Dans l’ordre : Piccolo F1, Yougoslave, Spitz, Paul Robeson, Délice d’or et Striped cavern.

Dans quelques semaines, je mettrai en ligne la liste des variétés dont j’ai récolté les graines et que je mets à disposition des lecteurs de ce blog.

« Comme promis … »

Il y a quelques semaines, un lundi matin, je suis allé à mon travail « la mort dans l’âme ». Non pas parce que je n’avais pas envie d’aller bosser – j’ai cet immense privilège de faire un travail passionnant – mais parce que c’était au moment où les relations ont été tendues sur ce blog.

Et puis avant d’entrer dans mon bureau, je suis allé à la boîte aux lettres de l’association pour relever le courrier qui était arrivé le samedi. Et là, miracle, il y avait au courrier une petite lettre sympa d’un monsieur que je ne connaissais pas. Claude B…. m’envoyait par la poste, « comme promis » disait-il, des graines de tomates. Il y avait dans l’enveloppe cinquante petits sachets préparés minutieusement, un vrai petit travail d’orfèvre avec un texte me décrivant toutes les variétés. Et je ne connaissais quasiment aucune de ces variétés (j’en ai pourtant cultivé plus de 120 variétés jusqu’à présent), mis à part quelques-unes que j’avais cultivées vingt ans auparavant mais dont je n’avais pas pris la précaution à l’époque de sauvegarder les graines.

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Je n’ai absolument aucun souvenir de ce monsieur qui m’écrit « comme promis ». Peut-être l’ais-je rencontré lors de la conférence que j’ai donnée sur l’histoire de la tomate l’automne dernier mais honnêtement, je ne me rappelle pas que quelqu’un s’était engagé à m’envoyer un tel trésor (je me demande si je ne commence pas, à 54 ans, à avoir justement le cerveau comme de la sauce tomate). Car c’est bien d’un trésor qu’il s’agit. Des variétés anciennes venues probablement de tous les pays du monde.

Et le plus drôle, c’est que je venais de décider de mettre enfin un frein à cette irrésistible envie qui me pousse, chaque année depuis vingt ans, à planter dix fois plus de variétés que je ne peux en consommer. Je m’étais donc promis de ne mettre cette année que des tomates-cerises et de ne semer aucune autre variété. Grâce à (ou à cause de) ce monsieur inconnu, me voilà donc engagé cette année, contre mon gré, dans une aventure qui va s’avérer, je le sais déjà, passionnante.

Les graines de tomates peuvent encore germer au bout de cinq ou six ans mais comme les sachets de Claude B… ne contiennent que 3 ou 4 graines seulement, j’ai en effet intérêt à les semer dès ce printemps pour bénéficier au maximum de leur pouvoir germinatif encore intact et pour pouvoir me constituer cet été (à partir des tomates que je récolterai) une vraie réserve de graines pour les années suivantes. Il me faut donc absolument semer ces graines dès cette année.

Pour les franc-comtois que je connais et qui souhaitent m’aider dans ce projet de conservation de graines, je pourrai leur donner fin avril des replants d’autant de variétés qu’ils le désirent (5, 10 , 15…). La seule contrepartie est de me redonner cet été deux tomates de chaque variété, l’une pour la dégustation, l’autre pour la récolte de graines. Avis donc aux amateurs. Pour les jardiniers qui habitent ailleurs, je pourrai dès l’an prochain puiser des graines dans ma réserve ainsi faite et leur envoyer par la poste.

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Et encore un grand merci à ce brave monsieur qui m’avait rendu ce lundi si doux et si facile à digérer.

Utiliser la tomate contre l’altise

LE COIN DU JARDINIER (25)
L’altise est une drôle de petite bestiole que les jardiniers n’aiment pas. Car celle que l’on nomme « la puce de terre » est responsable des innombrables petits trous que l’on remarque dans le feuillage des plantes de la famille des crucifères. Avec elle, les radis, navets, choux et choux-fleurs n’ont pas belle allure et leur développement s’en trouve perturbé. Il arrive même que les plantes meurent, leur capacité à renouveler leur feuillage étant inférieure au rythme de destruction des feuilles par l’altise.

En matière de lutte contre les insectes, je répugne à utiliser les insecticides même « bio » car certains d’entre eux, comme la roténone, s’avèrent toxiques semble-t-il, même s’il s’agit d’extraits de plantes (il existe actuellement une polémique à ce sujet). Je préfère de loin les répulsifs mais je n’en avais pas encore trouvé contre l’altise. C’est donc avec un peu de sceptissisme que j’ai lu « un truc » proposé par un lecteur des Quatre saisons du jardinage : il suffirait de faire tremper pendant 24 heures des « gourmands » de tomates dans de l’eau et de pulvériser, sans le diluer, le liquide obtenu sur les plantes que l’on veut protéger. J’ai essayé à trois reprises cette année et je dois dire que ça marche très bien (sachant toutefois que l’année n’était pas très chaude et que les attaques d’altise ont été plutôt limitées). Si vous connaissez d’autres astuces de ce genre …

J’en profite pour annoncer que je donne une petite conférence ce vendredi 7 septembre à 18H sous chapiteau au marché bio de Mesmay sur le thème de la biodiversité au jardin. J’ai choisi l’exemple de la tomate pour illustrer ce thème. Mesmay est situé à quelques kilomètres en aval de Quingey le long de la Loue.

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(tomate « banana legs » que j’ai cultivée en 2002)

Le fléau du mildiou

LE COIN DU JARDINIER (24)
J’avais promis à Michèle que j’écrirais un texte sur le mildiou. C’est vrai que ce champignon est un fléau redouté par les jardiniers, notamment lors d’années humides comme 2007. Car le mildiou se développe en raison de l’alternance pluie/soleil qui va favoriser toutes les maladies dites « cryptogamiques ».

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Alors que cette année, les pieds de tomates de la plupart des jardiniers ont quasiment tous rendu l’âme, ceux de mon jardin sont pratiquement exempts de mildiou. Mais je touche du bois, ça m’étonnerait que ça dure encore longtemps, j’ai quelques signes de présence de ce champignon depuis quelques jours.

Le mildiou est un truc très compliqué que j’ai du mal à comprendre.

Lire plusLe fléau du mildiou

Récolte de graines de tomates

LE COIN DU JARDINIER (23)
J’ai profité des journées pluvieuses des temps derniers pour renouveler mes semences de tomates. Avec une vingtaine de variétés dont les graines viennent d’être mises en sachet, me voici paré pour les cinq années à venir (les graines se conservent longtemps, il est donc inutile de les renouveler souvent).

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Les jardiniers intéressés pour produire leurs propres graines pourront se référer utilement à l’article que j’avais écrit le 12 août 2006 (à rechercher dans la colonne ci-contre à droite).

soirée « tomates »

Juste un petit rappel (il n’y en aura pas d’autres) : J’organise chez moi à l’intention des lecteurs de ce blog une petite rencontre autour du thème des tomates le mardi 21 août à 18H30 ouverte non seulement aux personnes qui mettent des commentaires mais aussi aux simples lecteurs réguliers. Le thème de la tomate n’est évidemment qu’un simple prétexte à une petite rencontre.

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Au programme, il devrait y avoir, si tout se passe vraiement bien (si le mildiou ne frappe pas trop fort d’ici là), la dégustation d’une vingtaine de variétés de tomates. Chacun amènera un petit truc à grignoter collectivement et de la boisson en conséquence. Les conjoints sont bien évidemment invités.

Première tomate

LE COIN DU JARDINIER (19)
L’alternance de pluie et de soleil métamorphose le jardin de jour en jour. Le jardin regorge de salades, les petits pois commencent de donner leurs premières gousses et la récolte des premiers choux et poivrons n’est pas loin.

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Les pieds de tomates, surtout les variétés dites « à feuilles de pomme de terre » se garnissent de fruits.

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Ma plus belle surprise de ce printemps sera sans doute la première tomate mûre à la fin mai. De ma mémoire de vieux jardinier, je n’ai jamais eu de récolte aussi précoce.

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Jusqu’à présent, j’étais toujours heureux de manger ma première tomate dès le 15 juin, ce qui me semblait déjà être un exploit en Franche-Comté, mais là je dois dire que je suis plutôt surpris. Plusieurs explications à ce phénomène : j’ai fait mes semis très tôt (dès février), j’ai protégé certains jeunes plants avec le water-wallo (se référer à mon article du 28 avril) et il n’y a pas eu de gelées tardives. Mais il y a aussi quelque chose d’un peu inquiétant derrière cette précocité et je pense que les chaleurs exceptionnelles d’avril et de mai y sont aussi pour quelque chose. Mais bon, ne boudons pas notre plaisir et dégustons cette première tomate avec toute la solennité qui s’impose. Certes, elle n’aura pas la saveur d’un fruit gorgé du soleil du mois d’août mais la dégustation de la première tomate échappe à ces considérations. La première tomate est toujours « la meilleure ». Forcément.

J’en profite pour rappeler que j’organise chez moi à l’intention des lecteurs de ce blog une petite rencontre autour du thème des tomates le mardi 21 août à 18H30 ouverte non seulement aux personnes qui mettent des commentaires mais aussi aux simples lecteurs réguliers (voir mon article du 20 février). Au programme, il devrait y avoir, si tout se passe bien, la dégustation d’environ 25 variétés de tomates (et évidemment, d’un certain nombre de boissons adéquates).

Colloque en vue !

Il y a quinze jours, j’ai semé vingt variétés de tomates différentes. Toutes sont déjà sorties de terre. Elles sont encore petites mais la vie est déjà bien là, qui ne demande qu’à grandir.

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Depuis quelques années déjà, j’ai envie d’organiser une petite dégustation de tomates, histoire de discuter un peu entre amis de saveurs, de couleurs et de tas d’autres choses !

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Depuis quelques mois, l’idée de réunir les personnes qui participent régulièrement à la vie de ce blog me trotte aussi dans la tête. Je ne sais pas si c’est une bonne chose que de faire se rencontrer des gens qui ont l’habitude de communiquer entre eux sans se voir et se connaître et qui ne mettent pas encore de visage en face des prénoms (ou des pseudos). Mais bon, j’ai quand même envie de tenter l’expérience.

En voyant pousser mes petites tomates, je me suis dit que je tenais là une bonne occasion de réunir tout ce beau monde : organiser une « dégustation de tomates pour blogueurs » (à ma connaissance, du jamais vu dans l’histoire de l’humanité, je viens de vérifier dans mes livres d’histoire !). Et comme il faut donner un peu de sérieux à cette rencontre, je propose que le thème scientifique de notre colloque soit de déterminer si chacune des variétés de tomates est compatible avec le vin blanc, le rosé, le rouge et la bière, voire plus si affinités. Le principe est simple, j’amène les tomates, chacun des participants amène l’équivalent d’une bouteille (ou plus, en fonction du nombre d’expérimentations scientifiques qu’il compte faire dans la soirée).

La date serait dans la première quinzaine d’août (j’hésite entre le samedi 4 et le samedi 11 mais ça peut être aussi un autre jour) . Alors si notre ami russo-sicilien avait quelques vélléités de fuir sa Sicile adoptive (qui doit être caniculaire l’été), si Mag avait envie de revoir les paysages franc-comtois, si Roland pouvait se passer en été de son très beau haut-jura le temps d’un week-end, … ça pourrait se faire, non ? Merci de donner vos préférences et vos contraintes que je puisse organiser tout ça !

Récolter ses graines de tomates

LE COIN DU JARDINIER (10)

Le summum pour un jardinier, c’est de participer au cycle complet de la plante : non seulement semer des graines plutôt que d’acheter des plants, mais aussi produire ses propres graines. La production de graines est peu facile pour la plupart des légumes (en raison d’hybridations possibles entre différentes variétés) mais c’est relativement aisé de le faire avec ses tomates. D’abord, la fleur de la tomate est autoféconde mais elle a aussi une configuration particulière qui empêche généralement toute fécondation croisée lors des visites d’insectes pollinisateurs. Mais attention : quand on veut produire soi-même sa propre graine (enfin, la graine de ses tomates … !), on ne peut le faire qu’avec des variétés anciennes, car les hybrides modernes F1 sont conçus pour ne pas pouvoir être reproduits par le jardinier.

Ce matin, j’ai entrepris de récolter les graines d’une superbe variété de tomate orange qu’on vient juste de me donner (et qui est probablement la variété de tomate yougoslave dont j’avais perdu la graine il y a quinze ans).

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Il faut savoir que dans la tomate au jardin, toutes les conditions sont réunies pour que la graine germe dans le fruit car il y a de l’humidité, de la chaleur et de l’obscurité … sauf que la nature fait bien les choses et que les graines ont une enveloppe protectrice qui contient des composés chimiques qui empêchent la germination. Le jardinier qui veut conserver ses graines doit donc au préalable se débarrasser de cette enveloppe protectrice. La première méthode est un peu longue : après avoir ouvert la tomate, on fait fermenter quelques jours les graines dans très peu d’eau jusqu’à l’apparition d’une moisissure en surface indiquant que l’enveloppe a été détruite. Il ne reste ensuite qu’à faire sécher les graines.

La deuxième méthode que j’expérimente depuis quinze ans avec succès, que j’ai trouvée tout seul comme un grand, est beaucoup plus rapide, c’est une méthode de fainéant et elle a donc, de ce fait, ma préférence. Je frotte vigoureusement les graines dans une petite passoire à mailles fines sous le robinet, ceci pendant une période de cinq bonnes minutes.

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Je fais sécher ensuite les graines sur du papier journal (par exemple le Canard Enchaîné qui permettra ensuite aux tomates de bien commencer dans la vie, riches d’un certain bagage intellectuel et d’un certain esprit critique, ce qui n’est pas négligeable par les temps qui courent).

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Attention de bien déplacer souvent les graines sur le papier journal, pour éviter qu’elles ne collent entre elles. Lorsque les graines sont très sèches (j’insiste sur le « très sèches »), les conserver dans une enveloppe, dans un local sec, après avoir indiqué sur l’enveloppe le nom de la variété et l’année de récolte.

Les graines ayant une durée germinative minimale de 5 ans mais pouvant aller bien au-delà (jusqu’à 10 ans, voire plus), j’ai l’habitude de récolter environ 150 graines de chaque variété et de n’en semer qu’une partie chaque année, ce qui me permet de ne renouveler la graine que tous les cinq ans et de minimiser ainsi les faibles risques de dégénérescence génétique des tomates ou les rares cas d’hybridation au jardin entre variétés différentes.

Tomates : variétés anciennes ou modernes ?

LE COIN DU JARDINIER (9)

La tomate me passionne et il se peut que d’autres articles lui soient consacrés dans les prochaines semaines.

Les légumes que nous consommons sont tous issus d’espèces botaniques sauvages que l’Homme a su, au fil des millénaires, « domestiquer », améliorer et diversifier. Témoins de cette diversification due à l’Homme : des milliers de variétés de tomates qui existent aujourd’hui et qui sont toutes issues de la même espèce sauvage de départ.

Le 19ème sièce a été l’âge d’or de la sélection des variétés de légumes, grâce à des jardiniers passionnés qui ont su mettre tout leur talent, leur savoir et leur capacité d’observation au service de l’amélioration des variétés cultivées (exemple du jardinier Vilmorin). Il existe quelques domaines où le 20ème siècle a, lui aussi, apporté sa contribution à l’amélioration des variétés de légumes (exemples des salades, des haricots, potirons…).

Mais s’il est un domaine où les sélectionneurs de variétés ont régressé, c’est bien celui des tomates. En effet, la tomate d’aujourd’hui est insipide et sans attrait.

Comment a-t-on pu en arriver là ?

Jusqu’au début du 20ème siècles, les tomates avaient un type de croissance normal, elles étaient dites « à croissance indéterminée », c’est à dire qu’elles grandissaient tant que les conditions météo étaient bonnes et que le mildiou les laissait vivre. La production de tomates s’étalait ainsi sur plusieurs mois.

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En 1914 est apparu spontanément sur un plant de tomate un nouveau type de croissance. La sève s’épuise en montant dans la plante et celle-ci s’arrête de grandir. C’est ce que l’on appelle la « croissance déterminée ». Autre caractéristique : les boutons de fleurs se forment en même temps et la production de tomates est très groupée : quelques semaines seulement, ce qui est un avantage énorme pour le professionnel (mais évidemment pas pour l’amateur). Les sélectionneurs de l’époque ont mis à profit cette découverte et se sont mis à ne sélectionner que des tomates issues de ce nouveau pied à croissance déterminée, délaissant des dizaines de variétés qui avaient fait leurs preuves. Au fil des décennies, seuls les critères d’ordre économique ont été pris en compte : production groupée, résistance au transport, calibrage des fruits, aspect rouge brillant qui doit plaire au consommateur de base… Jamais l’aspect gustatif n’a été pris en compte. De toute façon, il n’est pas certain que rendement et qualité gustative aillent de pair, il n’est pas certain non plus qu’une tomate qui résiste au transport puisse être, par principe, très bonne.

Les tomates anciennes ont par contre tous les avantages : qualité gustative, diversité de goût, diversité de formes et de couleurs (voir la galerie d’images que j’ai consacrée à la tomate), longue période de production de fruits… De plus, elles peuvent être facilement reproduites d’année en année si l’on prend soin de conserver les graines (ce qui est impossible avec les variétés modernes hybrides). La résistance au mildiou est un argument souvent avancé par les sélectionneurs de variétés modernes mais c’est de la publicité quasi-mensongère (j’ai déjà testé une centaine de variétés modernes et anciennes et ne constate aucune différence significative entre des deux groupes quant à la résistance au mildiou (j’y consacrerai peut-être un article prochainement, tellement le phénomène du mildiou me semble complexe).

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J’ai lu il n’y a pas longtemps que les producteurs, constatant une baisse de la consommation, se désespèrent de la qualité gustative de leurs tomates et qu’ils engloutissent de grosses sommes d’argent dans la recherche pour retrouver le goût de la « tomate d’autrefois ». Or, pourquoi se fatiguer ? Ces tomates d’autrefois existent bel et bien encore aujourd’hui, conservées par des jardiniers amateurs qui se les transmettent de main à la main ou par des associations qui militent pour leur sauvegarde (exemple de Kokopelli). Simplement, on l’aura compris, les professionnels se doivent d’obtenir des variétés nouvelles afin de les breveter et de se remplir les poches au détriment du consommateur acheteur de graines ou de fruits. L’enjeu n’est donc qu’économique, une fois de plus !