Une série déjà ancienne : « Treme »

Les amateurs de séries sont peut-être passés à côté de la série « Treme » (prononcez : Trémé) parue il y a une dizaine d’années. J’en parle seulement aujourd’hui car on vient juste de finir de la visionner (4 saisons, soit 36 épisodes de presque 1 heure chacun). Cette série est considérée comme une très bonne série, malgré le fait qu’elle n’ait pas eu beaucoup d’audience (elle a tout de même été diffusée en France sur France Ô). Mais la chaîne qui l’a produite (HBO) est réputée pour son engagement militant à faire des séries qui collent à la vie sociale américaine, en tournant de nouvelles saisons, même lorsque l’audience n’est pas au rendez-vous (cette chaîne a produit notamment The Wire, Les Soprano, Six feet under …). L’auteur de cette série, qui avait déjà réalisé The Wire (« Sur écoute ») est David Simon.

Le thème de cette série : la vie à la Nouvelle-Orléans après le passage de l’ouragan Katrina en 2005. La série raconte la vie d’une dizaine de personnes, venues de tous horizons, dans le quartier de Treme. La plupart de ces personnes sont amenées à se rencontrer pendant la série. La vie à la Nouvelle-Orleans est difficile pour presque tout le monde : barmans, cuisiniers, musiciens, enseignants, personnes en recherche de disparus, avocats … La vie est d’autant plus difficile que les croques-morts vieillent. Quand je dis « croques-morts », je veux bien entendu parler de tous ceux qui profitent de la situation chaque fois qu’un malheur s’abat sur le monde, et vous avez donc peut-être deviné qu’on croise aussi dans cette série des politiciens véreux (ouh le beau pléonasme !), des promotteurs, des financiers, des flics corrompus, des compagnies d’assurance, des meutriers, …

Le quartier de Treme est riche de la diversité des gens qui le peuple : noirs, blancs, asiatiques et même des indiens (22 tribus sont recensées à la Nouvelle-Orleans). C’est donc un quartier multiculturel dans lequelle les différentes communautés semblent plutôt bien s’entendre.

Je vous ai cité la plupart des ingrédients qui font de cette série une série très intéressante. Mais le véritable plus de cette série, c’est la musique. Car, bien évidemment, la musique est partout à la Nouvelle-Orléans. C’est quand même la ville de Louis Armstrong, de Sidney Bechet , de Fats Domino, … ! La musique est dans la rue, dans les bars, dans les circonstances difficiles (enterrements) ou heureuses (le carnaval), elle est partout et plusieurs personnages que l’on suit pendant la série sont d’ailleurs musiciens. Il y a du jazz, bien évidemment, du rythm and blues, de la country et plein d’autres musiques. Beaucoup de musiciens jouant dans la série sont de la Nouvelle-Orleans et jouent leur propre rôle (on y rencontre notamment Fats Domino et Dr John qui étaient encore vivants à l’époque du tournage). La série laisse donc une large part à la musique et c’est notamment à travers la vie des musiciens qu’on découvre la vie de la ville (et ses problèmes).

En temps normal je n’aurais sans doute pas parler de cette série ancienne sur le blog. Mais voilà, les séries consacrées à la musique, ce n’est pas si fréquent que ça !

On trouve quelques extraits de Treme sur Youtube, en voici cinq :

Pour amateurs de jazz (qui ne peuvent pas passer à côté de cette série) mais aussi, bien évidemment, pour tous les autres !

Pour celles et ceux d’entre vous qui n’habitent pas trop loin de chez moi, je peux prêter l’intégrale en DVD.

4 réflexions au sujet de “Une série déjà ancienne : « Treme »”

  1. J’avais commencé la saison 1 et puis n’ai pas persévéré, c’est la période à laquelle j’ai arrêté de regarder des fictions, je n’aime plus qu’on me raconte des histoires (les seules que j’arrive à suivre jusqu’au bout ce sont les histoires en BD, un vrai Art). Je me souviens que j’avais bien aimé ce « jazz » métissé mais l’histoire a tardé à se lancer et ça ne m’a pas capté. Un rendez-vous manqué de plus :ninja:

    Pour rester dans le créneau « zik au cinoche » j’ai bien aimé Walk the line, le biopic sur Johnny Cash avec l’excellent Joaquin Phoenix dans le rôle-titre. Johnny Cash je ne partage probablement aucun de ses points de vue, mais quelle voix et quelle musique….

  2. D’accord avec toi, l’histoire est plutôt sur un rythme lent, comme dans la vraie vie quoi, et c’est aussi ce que j’ai aimé dans cette série. Je comprends bien qu’à notre époque, où tout va très vite, on puisse être un peu gêné par le rythme de cette série, plus lent qu’à l’accoutumée.
    On en discutera demain autour d’une bonne bière … :wink:

  3. Su tes conseils Bernard je suis en cours de visionnage de cette série : j’aime beaucoup, les personnages sont attachants et on s’attache aussi à cette ville qui sait vibrer et dont l’histoire est chargée. Je comprends aussi ce que dit Florent : le scénario est original, mais la musique…
    Et puis il suffit simplement de dire qu’il y a aussi John Goodmann ! Une référence pour moi, je crois qu’on peut regarder tout ce qu’a tourné ce mec.
    One

    Two

    Three ?

  4. Je ne sais pas si certains d’entre vous ont déja vu la série Sharp Objects (à mon avis, dans la lignée de Top Of The Lake de Jeanne Campion) mais ça vaut le coup !!!

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