Papillons diurnes de la Brenne (2)

Il y a trois ans que j’ai entrepris de relater mes observations de papillons de jour faites en Brenne et je m’aperçois que je n’ai pas donné suite à mon premier article.

Avant de commencer ce nouvel article, je voudrais parler du contexte dans lequel j’ai réalisé mes premières photos de papillons dans la Brenne (celles que je présente aujourd’hui).

La première fois que je suis allé en Brenne, c’était en 2009 pour suivre un stage de botanique.

Je n’ai plus trop de souvenirs précis de ce stage mais je me rappelle qu’on a passé pas mal de temps par terre à quatre pattes …

1… à observer des tonnes de plantes, certaines très communes …

2… d’autres plus rares.

3Mon problème avec les plantes, c’est qu’au bout de quelques secondes seulement mon oeil est irrémédiablement attiré par les insectes qui butinent dessus. Alors, sans vraiment le vouloir, je délaisse les beaux pétales des fleurs pour les écailles et les élytres des papillons et des coléoptères.

4 5Je me souviens d’une balade dans un milieu humide. Il y avait là en bordure d’un étang un agriculteur qui faisait les foins, suivi dans son sillage par toute une bande de hérons garde-boeufs.

6Cette zone de prairie humide est le lieu idéal pour les carex et les graminées (que l’on appelle aujourd’hui « poacées »). Et comme notre formateur était passionné (le mot est faible) par ces deux familles de plantes qui ne sont pas des groupes de plantes faciles, la formation a pris une dimension très (trop ?) technique qui n’était plus de mon niveau (je ne sais pas si vous avez déjà essayé de déterminer des carex … !). Alors j’ai décroché et je me suis rabattu sur les insectes du lieu.

Un carex c’est mignon tout plein mais avec une libellule dessus ça prend quand même une autre dimension.

7Une graminée qui accueille une demoiselle prend beaucoup plus de valeur à mes yeux que si elle n’était que simple tige se balançant au vent (sans doute à tort, je suis bien conscient d’être un peu hypertrophié du côté de mon intérêt pour la faune au détriment de celui pour la flore).

8 9Et puis il y avait en Brenne  de bien beaux papillons. J’ai déjà parlé de certains sur ce blog. Voici quelques autres espèces observées ici en Brenne (mais que l’on peut aussi, bien évidemment, rencontrer ailleurs en France).

Le premier papillon que je vous présente est commun partout, il s’agit de l’Amaryllis (Pyronia tithonus). S’il est aussi commun, c’est parce que la chenille de cette espèce vit sur des graminées que l’on trouve partout : fétuque, brome, agrostis … L’adulte se rencontre au niveau des lisières, des haies et des prairies bocagères.

10Le Céphale (Coenonympha arcania) est quant à lui bien moins commun et semble même très localisé dans certaines régions. On le reconnait à une « belle série d’ocelles noirs pupillés de blanc et doublement cerclés de jaune orangé et de noir ». Mâle et femelle sont identiques.

11J’ai été très impressionné par  le graphisme des ailes et le détail de la tête de ce papillon que je connaissais peu : le Miroir (Heteropterus morpheus). Ce papillon n’a qu’une seule génération par an et se rencontre seulement en juillet-août. Sa chenille ne vit pratiquement que sur une graminée des milieux humides : la molinie bleue.

1213Le Petit nacré (Issoria lathonia) porte bien son nom, le dessous des ailes possédant de grandes taches nacrées très brillantes et très caractéristiques. La chenille vit sur toutes sortes d’espèces de violettes sauvages et parfois sur la bourrache. C’est une espèce qui a la particularité d’hiberner aussi bien à l’état de larve, à l’état de nymphe ou à l’état adulte.

14Et pour terminer un insecte peu commun, souvent très localisé et que je vois très rarement : le Grand Mars changeant (Apatura iris) dont l’observation a été très fugace et n’a duré que quelques secondes.

15(il faudra que je me lève tôt si je veux un jour réussir à le photographier les ailes ouvertes !)

J’aurais d’autres images de papillons de la Brenne à vous montrer. Mais encore faut-il que j’arrive à déterminer les papillons sur mes photos ! Pas sûr donc qu’il y ait un autre article sur le sujet !

Lorsque je suis reparti de Brenne, il s’est mis à pleuvoir. J’en ai profité pour faire quelques images de gouttes d’eau avant de partir.

IMGP2887Dommage que le séjour se termine à ce moment-là, j’aurais pu vous proposer un article sur les escargots et les limaces !

8 réflexions au sujet de “Papillons diurnes de la Brenne (2)”

  1. Bien sympa ce petit reportage … avec de la variété.
    La faune ou la flore ?
    Le top du top, c’est d’observer les deux en même temps comme la pseudocopulation d’une abeille (ou autre) sur une orchidée :wink:
    En parlant d’orchidée, on dirait bien une platanthère que le monsieur observe à la loupe.
    Pour l’autre, je ne vois pas assez bien.
    Le Grand Mars changeant, je l’ai vu une fois en Savoie. Il est magnifique.
    J’ai même une photo (très moche), sur laquelle il ouvre légèrement ses ailes. Quelles couleurs !
    Toujours est-il que contrairement à moi :sad: , que le sujet en soit des oiseaux, des fleurs, des insectes, des blaireaux ou n’importe quoi, les photos du Dupdup sont toujours réussies :smile:

  2. On ne sait qui de la plante ou de l’insecte, met l’autre en valeur? Belles photos, comme toujours sur ton blog, Bernard. J’aime aussi la 1ère photo des olibrius dans des positions souvent inconfortables qui décortiquent la nature! :cool:

  3. « Je n’ai plus trop de souvenirs précis de ce stage mais je me rappelle qu’on a passé pas mal de temps par terre à quatre pattes … » Dis-tu !!
    C’était à cause de trop de bières ??
    :tongue:
    Qu’il est beau ce papillon de la famille des hespéridés qu’est le Miroir (Heteropterus morpheus) !!
    :wub:

  4. Les carex ? Facile !!!
    Suffit de se souvenir de la phrase qu’Yves nous avait sorti un jour …
    « Je la laîche ou je la carex ? » :lol:
    Elle était bonne celle-là ! Je m’en souviendrai toujours :smile:

  5. Un « Monarque » !
    (Danaus plexippus)
    Une espèce américaine effectivement, qui atteint parfois nos côtes comme certains oiseaux migrateurs américains accidentels. C’est ainsi, le monde se meurt et ceux qui en parlent ne le connaissent pas, triste épitaphe.
    Ce qui est sûr, c’est que parmi les monarques, ceux qui disparaissnt ne sont pas ceux qu’on voudrait voir partir en premier.
    :tongue:

  6. Si je me fie à l’Atlas des papillons diurnes de Bretagne , octobre est le mois le plus favorable pour observer un Monarque égaré sur les côtes Bretonnes … Je vais ouvrir l’oeil ( ou même les deux !! ) .

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