J’ai l’habitude d’aller observer les oiseaux sur un plan d’eau (une ancienne gravière) qui est à 2 km de chez moi.
J’ai notamment le loisir d’y suivre chaque année la nidification du grèbe huppé.
Cette année, le nid est à l’abri des regards et la seule manière de photographier l’oiseau est de s’installer sur la berge en face. Comme c’est un peu loin (peut-être 70 m), j’ai utilisé hier mon 800 mm, surtout pour filmer (je ne fais quasiment plus de photos).
J’ai vu apparaître un oiseau dans le ciel dans mon champ de vision. Aucun doute : il s’agit du balbuzard pêcheur que je vois rarement dans la vallée de l’Ognon (bien qu’il y passe chaque printemps) et pour lequel je n’ai pas encore fait de photo. J’ai vite décroché l’appareil photo de son pied et j’ai vite réalisé en mode « rafale rapide » des dizaines et des dizaines de photos. Manque de chance, j’avais laissé l’appareil en « mode film » et j’ai n’ai réalisé aucune image de l’oiseau. J’étais un peu vert … !
L’oiseau est revenu 15 mn plus tard et cette fois-ci je m’étais bien préparé en mettant mon boîtier sur « mode photo ». Evidemment, comme j’étais armé d’un 800 mm, la plupart du temps j’étais beaucoup trop près (outre le fait qu’avec un 800 mm il est assez difficile de trouver l’oiseau dans le ciel). La plupart de mes photos ne sont pas utilisables, l’oiseau dépassant le cadre de la photo. Mais dans les 200 photos que j’ai faites, certaines ont pu être sauvées (celles donc où l’oiseau était le plus loin).

Le balbu est revenu une petite demi-heure plus tard. J’ai entendu un gros bruit : il avait plongé du haut du ciel et capturé un poisson à une centaine de mètres de moi. Mais j’avais commis la même erreur que la première fois, j’avais laissé une nouvelle fois mon boîtier en mode film et j’ai dû m’exclamer très fort « Mais quel con ! » (c’est sans doute à mon intention que Brassens a composé une certaine chanson « Quand on est con, on est con ». M’étant aperçu de ma nouvelle mégarde, j’ai juste eu le temps de faire in extremis une photo de l’oiseau emportant sa proie.
Mon ami Jean-Pierre m’a confirmé qu’il s’agissait d’une truite (« .. parce qu’on distingue sur la partie dorsale du poisson la nageoire adipeuse caractéristique des salmonidés, peu visible, mais présente. Sur la partie ventrale du poisson on voit bien la nageoire pelvienne. »).
Ce qui est très drôle c’est que Bruno m’avait dit deux jours plus tôt que le balbuzard venait pêcher sur la gravière chaque fois que les pêcheurs relâchaient leurs poissons (c’est à dire la veille ou l’avant-veille de l’ouverture de la pêche). Et l’ouverture de la pêche sur la gravière, c’était … ce matin ! Et l’oiseau est passé hier ! J’imagine le balbuzard en Afrique en train de se dire « il est temps que je parte si je veux arriver pile-poil entre la relâche des poissons et l’ouverture de la pêche ».
Si l’association locale de pêche savait où partent les truites qu’ils ont payées aussi cher !!!










