Pierre Rabhi à Besac « Leblogadupdup.org

Pierre Rabhi à Besac

Belle conférence hier soir de Pierre Rabhi hier soir à Besançon où 500-600 personnes étaient venues. Thème de la conférence : “Toujours plus de croissance, est-ce vraiment raisonnable ?”.

Il y a une phrase qui a flatté mon égo de jardinier : “faire du jardin, c’est entrer en résistance, c’est un acte politique”.

Dans la salle, il y avait Mag, Anne, Vincent, Jean-Yves, … Et si c’était eux qui nous parlaient de cette soirée ? Y’a de la place pour les commentaires sur ce blog, non ? A vos plumes donc !



139 commentaires sur “Pierre Rabhi à Besac”

  1. Mag dit :

    C’est hors sujet, mais ça fait 100 !

  2. Vincent dit :

    100 commentaires pour un article traitant d’un bonhomme prônant la frugalité et la décroissance…. ce n’est pas un peu se moquer du monde !!!!! (ou révéler, sans le vouloir, les limites du projet ?)

  3. Anne dit :

    J’ai failli oublier : Bienvenue à Cess sur le blog.
    Tu ne dois pas être mécontent, Bernard, d’avoir une commentatrice de plus.
    Au fait, les statistiques du blog te donnent-elles des indications sur le sexe des personnes qui lui rendent visite ? (quand je dis sexe, il faut entendre genre).

  4. Bernard dit :

    Eh non, rien sur les visiteurs de ce blog, rien que des statistiques générales. ça pulse en ce moment et je suis étonné chaque jour de la fréquentation (il y aura probablement plus de 2000 visites en décembre). Ce qui m’étonne, c’est que les gens y restent aussi longtemps. Depuis le 1er décembre, 127 visites ont duré plus d’une demi-heure, dont 81 plus d’une heure ! C’est vrai que vous êtes prolifiques avec vos commentaires, il faut du temps pour vous lire. Encore un grand merci à tous.

    Oui, j’aime bien que le nouveau venu sur ce blog est une nouvelle venue ! Il y a généralement, chez les commentatrices de ce blog, une sensibilité et un ressenti différents dont nous ne sommes hélas - nous les mecs - pas capables.

  5. Vincent dit :

    Avant de répondre à Anne, une petite remarque pour reprendre la discussion là où elle a été momentanément laissée.

    En toute bonne logique, l’ultra-libéralisme ne peut pas être en même temps le “système” et sa “maladie”. Je pencherais du coup volontiers pour l’idée que le système en lui-même est simplement “capitaliste” (une économie de marché fondée sur la propriété privée des moyens de production et d’échange) et que l’ultra-libéralisme est une de ses possibles maladies, une tentation intrinsèque qui s’exprime lorsque le système perd ses garde-fous nécessaires (notamment politiques et juridiques).

    Que le système ait “envie” de devenir hégémonique, de s’affranchir du contrôle et du pouvoir du peuple souverain (notamment en cantonnant l’Etat dans ses fameuses fonctions régaliennes d’administration, justice, police, diplomatie) est une chose qui n’est pas si grave en soi… tant que la politique reste un ordre supérieur, qui ne se soumet pas aux dictats des experts en haute-finance. Raison de plus, à mon sens, pour revendiquer une activité citoyenne qui ne se limite (s’épuise ?) pas dans la délégation de pouvoir (le vote).

    Malgré tout ce qui a été dit précédemment, je continue donc de penser qu’il est plus judicieux de combattre pour davantage de politique (notamment au niveau transnational) en conservant le système économique tel qu’il est à la base que de vouloir changer celui-ci… sans même attendre de pouvoir ne serait-ce que décrire ce qu’on mettra à la place (et si je me permets d’insister là-dessus c’est que je pense défendre là un point de vue qui est loin d’être infime dans le pays, en tout cas qui ne peut pas s’éliminer en détournant hautainement la tête)

  6. Vincent dit :

    “L’intérêt collectif”, Anne, belle idée, forcément, mais gros gros danger, à mon sens. Quoi de plus flou, fluctuant, fragile, en effet ? Et qui va le déterminer cet intérêt collectif ? Et comment ? On a vu en effet comment les tentatives collectivistes sont toutes plus ou moins tombées dans les travers totalitaires devant cet écueil.

    L’intérêt individuel – bref, l’égoïsme – qui est le fondement de l’économie de marché est certes peu glorieux, mais quiconque sait distinguer ses désirs de la réalité accordera que c’est un fondement autrement plus concret, stable, solide, inépuisable et universel. C’est d’ailleurs ce qui fait la redoutable efficacité du capitalisme (contre lequel aucun autre système n’a résisté).

    Rien de tel que cet apparent cynisme, en effet, à bien y regarder, pour créer à peu de frais de la solidarité (Si, si !) Je prends l’exemple simpliste mais éclairant de ma boulangère. Si elle devait compter sur ma simple générosité pour obtenir de l’argent, elle serait vite ruinée, de la même façon que je pourrais attendre bien longtemps avant qu’elle m’offre du pain par pure charité. En revanche, elle a besoin d’argent et moi de pain et ça tombe bien, elle a des baguettes qu’elle aime échanger contre 80 centimes d’euros (c’est normal, elle en a plein et elles lui coûtent moins cher) et moi quelques centimes qu’il m’arrange d’échanger justement contre une baguette (si je la fabriquais, il y a des chances qu’elle me coûte plus cher, en temps et argent, et soit en plus moins bonne). Et tous deux, on a en plus autant l’un que l’autre intérêt que la baguette soit au meilleur rapport qualité-prix (elle pour faire venir d’autres clients, moi parce que mon porte-monnaie est plutôt léger). Deux intérêts égoïstes qui finalement convergent dans un intérêt commun, grâce à la simple relation d’échange commerciale, n’est-ce pas quelque part miraculeux ? En tout cas, ça fait une bonne raison de se sourire, sans faire semblant, chaque matin !

    Alors bien sûr, le système a ses failles, ses travers, ses impasses et limites, il ne s’agit pas de le nier (de toutes façons rien ici-bas n’est rose ni parfait), mais est-il certain qu’il faille vraiment sans hésiter une seconde le refonder de fond en comble ?

    A la manière de Pierre Rhabi, j’opterai plutôt volontiers pour la limitation de son emprise à quelques sphères bien circonscrites et la création ou le développement de bulles parallèles fonctionnant sur de toutes autres règles (non marchandes ou… autrement marchandes) ? Mais n’est-ce pas déjà ce qui se passe ?

    Des choses à développer encore, peut-être, par exemple (je cite au pif, en vrac) : des associations de consommateurs achetant localement des terres puis les services d’agriculteurs produisant et distribuant selon un cahier des charges qu’ils détermineraient eux-mêmes. Des banques aussi (elles existent déjà) dans lesquelles celui qui dépose son argent choisit son taux d’intérêt en fonction des types d’investissement (plus ou moins « louables ») qu’il contribuera de financer. Etc. Etc. Etc.

    Ca fait déjà un sacré “pain” sur la planche ! Nan ?

  7. Bernard dit :

    Question de Vincent : “Qui va le déterminer l’intérêt collectif ?”.
    Essai de réponse : “Collectivement, non ?”. Enfin, c’est juste une idée…

    Je dois dire que je ne comprends rien à tes propos, Vincent. L’intérêt collectif est d’après toi “un gros gros danger” ! C’est ça que tu essaies de nous dire dans les deux premières lignes de ton propos ?

    Et ton exemple de la boulangère et de l’acheteur ? Tu la résume à deux “intérêts égoïstes”, c’est ça ?

    Je n’arrive pas à voir la vision de l’Homme que tu as derrière tes propos. Elle me semble plutôt noire. Très noire, même.

  8. Bernard dit :

    On ne peut pas dénigrer toutes les civilisations, toutes les sociétés qui nous ont précédé en répétant sans arrêt que le système dans lequel nous vivons aujourd’hui est encore le meilleur parmi tout ce qui s’est fait. Comment peut-on affirmer qu’il n’y a jamais eu d’autres systèmes que le capitalisme ou le collectivisme alors qu’il y a eu des tas de sociétés traditionnelles qui ont vécu en dehors de ces deux systèmes (le Tibet, qui n’a jamais connu de conflits de toute son histoire avant l’arrivée des chinois, dans quel système le rangerions-nous alors ?) (Attention, je ne cherche pas à prendre pour modèle le système tibétain que je ne connais pas, je dis simplement que d’autres systèmes ont été possibles à un moment donné).

    On peut regarder objectivement et froidement certaines expériences collectives qui se passent dans le monde sans forcément les balancer à la poubelle avec une phrase du genre “Réintroduire le poids du collectif par exemple, c’est évidemment une bonne idée, mais comment siouplé ? Les nationalisations ?…”. Les expériences récentes d’un pays nordique (je ne sais plus s’il s’agit de la Suède ou de la Norvège) qui a, par exemple, décidé de nationaliser les bénéfices des compagnies pétrolières pour les réinvestir dans des énergies durables doivent-elles être ainsi écartées d’un seul revers de phrase ?

    Non, soyons plus honnêtes avec l’existant et avec ce qui a existé.

  9. Vincent dit :

    Ben nan, faut pas les écarter d’un revers de main… bien au contraire !
    Listons-les et discutons-en !!!!!! (Je le la connaissais pas par exemple cette expérience scandinave)

    Il me semble que je ne dis que ça depuis le début (peut-être maladroitement, j’en conviens, mais bon… c’est un sujet qui suscite les passions) : plutôt que de se réfugier dans l’attente du “Grand Soir” économique (le changement complet du système) ou moral (la révolution des coeurs, la métamorphose de l’homme en colibri), il vaut peut-être mieux s’attaquer aux solutions POLITIQUES qui sont réalisables ici et maintenant ! Et cessons de cantonner l’activité “politique” à la simple “élection” d’un représentant !

  10. Cess dit :

    Euh… petite remarque à propos du temps de consultation du blog….!
    Imagine, Bernard, le temps qu’il faut pour lire les commentaires… mais imagine surtout le temps qu’il faut pour écrire les plus longs!!!!!
    Moi je sais qui c’est qui fait péter les stats!!!!

  11. Roland dit :

    Avez-vous écouté l’émission “Terre à terre” du vendredi 8 décembre, sur France-Culture ?
    Un prof. de Genève développait le concept de “décroissance” avec beaucoup de pertinence…
    On doit pouvoir retrouver le contenu de son propos sur Internet…
    Bonne écoute !
    Merci à Bernard de me trouver “modérateur”… et merci à Robert de son propos condescendant sur les “passifs” de mai 68… période où il aurait trouvé une audience et une place à sa mesure, avec les lendemains qu’on connaît (mais longtemps après, hélas !).
    Ce blog fécond et animé mériterait presque, Bernard, d’être compilé et publié… confidentiellement !

  12. Bernard dit :

    Eh oui, Roland, c’est une idée : faire un best-of de vos meilleurs commentaires !

  13. Bernard dit :

    Vincent, à propos de cette expérience scandinave dont j’ai lu quelques mots (mais je ne sais plus où), ce serait intéressant que chacun dise sur ce blog ce qu’il connaît d’expériences réussies sur les sujets qui nous préoccupent.

    Je suis sûr qu’entre nous tous, on arriverait à faire sortir quelques pistes, collectives ou individuelles. Il faudrait peut-être que je fasse un article dans ce sens qui susciterait des réponses.

    Je pourrais faire cet article dans la première décade de janvier … ce qui nous donne un peu de temps à chacun pour faire des recherches. Je pourrais mettre en ligne cet article le jour de l’an, histoire de positiver le début d’année et de parler d’expérimentations réussies.

  14. Robert dit :

    Anne je suis d’accord avec les références que tu prends chez N. Hulot. Economie circulaire et économie de fonctionnement ouvrent d’intéressantes pistes de travail. Pour mettre un point d’arrêt à la fantasmatique historiquement produite autour du concept de “Révolution”, je proposerai que l’on utilise plutôt celui de “changement” (sous réserve d’un autre mot plus adéquat.
    Au milieu des années 60, un sociologue nord américain, Vince Packard, a écrit un bouquin intitulé “L’ère du gaspillage” qui mettait en évidence des tendances qui n’ont fait depuis que s’amplifier à outrance, pour finalement s’imposer à l’ensemble des économies dites développées. Un contre-courant opposé s’est manifesté depuis jusqu’aux écologistes d’aujourd’hui sans parvenir à imposer une autre voie. Le facteur décisif se situe bien dans le registre politique et notamment en matière économique.
    Le problème n’est pas que nos vivions dans une économie de marché où les modes de production et de redistribution directes et indirects des richesses ont relativement fonctionné de la reconstruction d’après guerre au début des années 70. Dans un pays comme le nôtre, les contradictions sociales prenaient corps essentiellement au niveau national et l’Etat pouvait exercer une fonction de régulation à l’échelle du pays.
    Les choses ont aujourd’hui changé. La concentration du capital financier à l’échelle mondial, l’ultra-libération des échanges et la mondialisation des économies, la domination sans partage des USA, l’irrésistible montée en puissance de la Chine en tant qu’usine (et bientôt banquier) du monde, la relative incapacité de l’Europe à construire une économie concertée, font que les contradictions majeures se sont déplacées elles aussi à l’échelon de la planète.
    Le conflit majeur en cours de constitution est dans le rapport USA/Chine. Selon bon nombre d’experts, son développement est potentiellement porteur d’une guerre mondiale (au moins dans ses conséquences) .
    La seconde contradiction réside dans de développement de l’ultra-libéralisme lui-même : il arrivera un moment où le rejet par les masses de travailleurs-chômeurs de conditions de vie dégradées se produira. Un tel mouvement ne se décrète pas, mais il est très probable qu’il aura lieu. Le rôle que nous pouvons jouer en l’occurrence est de contribuer à son émergence globalement comme nationalement.
    Il convient donc d’examiner les données présentes de la politique nationale.
    L’ultra-libéralisme français s’inscrit sans nuance dans le schéma fixé par les puissances dominantes ; la façon dont Sarkozy s’est positionné vis à vis de Bush lors de la récente visite qu’il lui a faite pourrait augurer d’un rapprochement plus marqué de la France / USA, dont il n’y a rien à attendre qu’une exacerbation accrue de l’emprise (par les fonds de pension) des difficultés de notre pays. Nul espoir de ce côté-là.
    A gauche, la situation ne présente aucune perspective décisive. On peut seulement espérer que sous un pouvoir “de gauche” en France (comme en Espagne et en Italie), les rapports de force à l’échelle européenne s’en trouvent quelque peu modifiés, et que sous réserve d’une pression populaire plus affirmée une relance de l’Europe économique et sociale s’engage.
    Voilà, Anne, aussi bref que j’ai pu, et à discuter bien sûr, quelques pistes de réflexions…

  15. Robert dit :

    Roland, j’ai du mal comprendre ou ne pas comprendre du tout : tu ne dis pas que la situation actuelle est la conséquence de 68, j’espère. Parce que ce matin même j’ai entendu ce propos-là par un gars de mon âge dont c’est l’un des credos. Tu sais où il se situe politiquement et depuis des années ? Je te le donne en mille : au Front National.

  16. Bernard dit :

    Il semblerait bien qu’il y ait de profonds points de désaccords entre la Chine et les USA. Il y a bien quelques rapprochements en ce moment avec la visite de délégations américaines en Chine mais les désaccords restent profonds sur les aspects économiques, les américains reprochant aux chinois de maintenir leur monnaie à une valeur très faible, ce qui favorise les exportations chinoises inondant l’occident mais pas les importations.

    Il semblerait aussi que la Chine ne favorise pas l’arrivée de capitaux américains dans leur économie. C’est peut-être délibéré de la part des autorités chinoises, mais une croissance à deux chiffres (bien que montrant quelques signes de fléchissement) a-t-elle besoin d’être boostée par des capitaux extérieurs ?

  17. Bernard dit :

    Je pense qu’il y a eu beaucoup de désillusions après 1968. Bien sûr, il y a eu un fort vent légitime de liberté et l’époque en avait certes bien besoin.

    Peut-être que l’idée forte de cette époque était de tirer chacun vert le haut, de l’affranchir un peu plus de sa condition. Je ne sais pas si le slogan “culture pour tous” a existé à ce moment là, j’étais encore trop jeune pour suivre les événements mais je crois que je l’aurais bien aimé. Mais finalement, on est entré dans quelque chose de beaucoup plus matérialiste du genre “la consommation pour tous”, qui tire peut-être les gens vers le bas, le bien matériel devenant alors l’unique valeur reconnue de la société.
    Peut-être que l’influence de Mai 68 peut-être analysée de manière différente, selon que l’on se place du point de vue du court terme, du moyen terme ou du long terme.

    Je n’ai pas de certitude en la matière, juste des doutes.

  18. Vincent dit :

    Après avoir été un peu trop encensé - presque mythifié - “68″ est aujourd’hui, il est vrai, un peu exagérément dénigré, du moins par certains.
    Attendons encore un peu, le balancier (ici comme ailleurs) doit peut-être faire le tour de tout ce qui peut/doit être dit sur le sujet, avant d’atteindre ce qui pourra être considéré comme une position… équilibrée.

  19. Vincent dit :

    Ca mériterait p’t-être un ti article un de ces jours Bernard, cette question de “l’héritage 68″, nan ?

    Je ne sais, pour ma part, pas trop quoi en penser. J’écoute ce qui se dit dans un bord comme dans l’autre. C’est bien complexe tout ça (surtout quand on n’a pas vécu directement l’événement)… et surtout fortement idéologique. “Chaud” quoi ! (mais bon… on commence à être entraînés)

    Ce qui me paraît au moins sûr, c’est qu’il y a eu à cette période un vrai changement de génération : les enfants d’après 68 ne ressemblent pas du tout à ceux d’avant (comme s’ils vivaient parfois sur deux planètes différentes). Leur rapport à l’autorité, notamment, sous toutes ses formes, me semble par exemple complètement différente. Mais peut-être (sans doute ?) est-ce parce que je suis pile à la charnière (conçu en été 68, né au printemps 69) que j’ai cette perception-là !

    A voir… et discuter, à l’occaz !

  20. Robert dit :

    Bernard, peut être as-tu globalement raison sur la désillusion…
    Je peux seulement dire que, pour moi, 68 avait commencé bien avant, avec (je cite en vrac) : la lutte pour l’Algérie, puis en France avec les Comités Vietnam, puis pour la liberté de contraception et d’avortement, contre l’interdiction des films “Avoir vingt ans dans les Aurès” et “La religieuse”…, puis en janvier 68 pour la liberté d’accès aux chambres des cités étudiantes pour les gens de l’autre sexe, pour l’égalité dans l’emploi entre femmes et hommes comme entre français et immigrés, pour le détournement systématique des placards publicitaires, pour la liberté sexuelle, pour l’éducation laïque, pour le divorce à l’amiable… et au bout du compte pour les sans-papiers, les sans logis, les RMIstes, les licenciés, les chômeurs, contre Franco, Pinochet, Le Pen et apparentés.
    N’ont donc pas manqué les occasions de se lever contre l’abjection, l’injustice et le crime.
    Quelle désillusion ? Ah oui, peut être chez ceux qui prenaient leur désir pour la réalité, ou mieux leur désir de réalité pour la réalité de leur désir. Ils ont vraiment existé, je le sais maintenant.
    D’autres n’ont, avant pendant et après, cessé d’agir pour un monde meilleur. Et je pisse à la gueule de ceux qui -gênés en leur âme d’éternels vaincus- en veulent au courage de vivre. Présomptueux, sentencieux, diront-ils. On connaît leur ressentiment depuis Nietsche. Reich a montré combien ce ressentiment avait été à l’origine de la montée du national socialisme. La même vision du monde participe aujourd’hui de ce qu’on appelle (qui peut dire celui qui a inventé la formule recevra un baiser sur le front populaire) ‘”la lepénisation des esprits”, dont j’affirme ici quelle progresse en des lieux où on douterait qu’elle ait pu s’infiltrer.
    Illusion ni alors, ni après. Ni noir, ni blanc et encore moins gris. Rouge, comme le sang qui fait battre les coeurs amoureux de la vie.

  21. Jean-Marie dit :

    Debout, les gens, c’est un grand jour : Ségolène Royal signe le pacte de Nicolas Hulot. Alors, on va pas jouer encore à la fine gueule ?

  22. Jean-Marie dit :

    Errata : Robert à la place de Jean-Marie qui e pousuit partout. Merci Bernard.

  23. Robert dit :

    ça y est j’ai réussi à le semer, je crois.
    Confirmation de l’Errata précédent pour cette partie du Blog.

  24. Cess dit :

    euh… c’est moi qui suis abrutie ou y a rien à comprendre… ?

    J’avoue avoir du mal à suivre… mais bon… ça au moins c’est clair!

  25. Anne dit :

    Pour reprendre l’exemple de la boulangère de Vincent : en effet, on peut trouver ce type d’échange tout à fait acceptable. À condition que ladite boulangère soit effectivement propriétaire de ses outils de productions, ce qui est peu probable, ce sont souvent les minotiers qui « aident » les boulangers à s’installer. Ou pire, la boulangerie fait partie d’une chaîne de grande distribution (du genre de celles qui proposent des croissants chauds à toute heure). Dans ces deux derniers cas, les capitaux peuvent même être détenus par des sociétés qui n’ont plus rien à voir avec le métier de la boulangerie : assurances, banques, fonds de pension.
    Ce que l’on appelle le capital rentier.
    Et le capitalisme en est là aujourd’hui. On est bien loin de l’échange satisfaisant entre une personne qui sait fabriquer du pain et peut le vendre à d’autres qui en ont besoin.

    Quand à la baguette à 80centimes d’euros (prix moyen de la baguette en France aujourd’hui) , cela fait 5,25 francs. Qui se souvient du prix de la baguette avant le passage à l’euro ?

  26. Robert dit :

    Bien venue Cess, normal que tu n’aies pas compris. En fait, c’est l’incursion inopinée d’une histoire qui se déroule hors-champ du blog, où un gaucho se voit poursuivi par un facho qui va jusqu’à emprunter son identité …
    Je te devais une explication, mais excuse moi, le voilà qui arrive, il va tomber dans l’embuscade qui lui a été tendue au coin de Broadway et de la 45ème rue…
    (bruits de bagarre, cris, silence pesant… générique de fin sur une chanson de Dolly Parton).

  27. Bernard dit :

    Oui, comme le dit Anne : “Qui se souvient du prix de la baguette avant le passage à l’euro ?”. C’est étonnant comme ce sujet a été évité pendant la campagne du référendum sur la constitution européenne. L’augmentation exagérée du coût des produits lors du passage à l’euro a été, à mon sens, un élément important qui a favorisé le passage de certains dans le camp du “non”.

  28. Bernard dit :

    Oui, c’est un grand jour. D’autant plus que Ségolène Royal propose, non seulement de créer un poste de vice-premier ministre du développement durable mais d’aller plus loin et de créer aussi un pose de vice-premier ministre chargé de l’emploi et du social. C’est bien plus intéressant, non ?

  29. Bernard dit :

    Quand je dis, dans mon commentaire ci-dessus “c’est bien plus intéressant”, ça mérite quelques précisions.

    Le développement a trois composantes qu’il faut considérer à parts égales : “l’économie”, “le social” et “l’environnement”. Le problème, c’est que chaque fois que quelqu’un s’empare de ce concept, c’est pour n’en retenir que l’un des aspects et le terme “développement durable” a été galvaudé, il est devenu un peu “tarte à la crème”. Les politiques y voient surtout le mot “développement” et le grand public y voit plutôt la dimension “environnement”. Or, on ne peut plus aujourd’hui, aborder le problème de l’environnement sans prendre la mesure des conséquences que les bouleversements environnementaux à venir vont avoir au niveau social. Alors, si Ségolène Royal injecte une dose supplémentaire de social, ça me va.

    Cela dit, relativisons, car à partir du moment ou Sarko va devoir, lui aussi, se positionner par rapport au pacte écologique de Hulot, on va vite être dans le domaine de la surenchère, et donc de la démagogie, de part et d’autre.

    Alors OK, mais restons vigilants !

  30. Bernard dit :

    Etonnant : tous les instituts de sondage évaluent les intentions de vote en faveur du Front National à hauteur de 11-13% mais le Canard Enchaîné de la semaine dernière raconte que Sarko a fait faire, en tant que ministre de l’intérieur, des vraies enquêtes de terrain par les Renseignements Généraux et que les intentions de vote seraient de l’ordre de 22%. Lors des dernières élections, les instituts de sondage se sont tous plantés (à mon avis, à cause de la méthode d’échantillonage des sondés) alors que les RG, quelques jours avant chacune des élection, avaient donné à leur ministre des pourcentages qui se sont avérés très proches des résultats.

    Je crois beaucoup plus à l’efficacité des RG qu’à celle des étudiants qui trouvent un CDD de quelques jours ou quelques semaines dans un institut de sondage.

  31. Vincent dit :

    Si les instituts de sondage se plantent de plus en plus, je fais de mon côté l’hypothèse que se développe du côté de la population (qui en a marre d’être “sondée”, qui n’est qu’un mot poli pour dire….) un “malin plaisir” à les tromper !

    Quand la société de contrôle tente en effet de traquer tous nos faits et gestes, toutes nos intentions secrètes, la réponse vitale est… “d’avancer masqués” !

  32. Robert dit :

    Au fond, pour continuer dans la même veine, on pourrait envisager l’embauche de ces étudiants précarisés au sein des RG. De la sorte, ils trouveraient un emploi stable dans un corps d’Etat appelé à un bel avenir plutôt que de courir derrière les petits boulots. Et puis, comme les instituts de sondage n’aurait plus d’étudiants pour faire leurs enquêtes de merde, ils cesseraient enfin de répandre leur fiel. Enfin, comme le peuple s’avère de moins en moins fiable, il ne reste plus, comme disait Brecht, qu’à changer de peuple. Encore un effort, on va y arriver.
    Face à un pouvoir d’Etat pesant, un peuple de faux-culs.
    Elle est pas belle la France ?
    Au secours, Pétain est de retour !

    Un des intérêts du blog pourrait être de mettre en lumière le contenu sous-jacent de certains de nos propos, y compris les miens bien sûr.
    C’est vrai que j’ai tendance à voir la main de l’extrême-droite partout depuis qu’elle a tenu un flingue à trente centimètres de mon bide et qu’elle n’a pas tiré parce la foule (le peuple !) s’était agglutiné autour pour l’en empêcher (Oran, septembre 1961).

  33. Robert dit :

    2 lignes avant la fin “parce que”. Merci Da Ponte pour tout et pour le reste.

  34. Robert dit :

    2 lignes avant la fin “parce que”. Merci Da Ponte pour tout et pour le reste.

  35. Robert dit :

    Depuis les Grecs (je veux dire anciens) on sait ce qu’il en est de la “doxa” : elle n’a rien à voir avec le vrai. Alors un sondage sur le faux nous entraine vers des abimes de perplexité. Il n’empêche, dans la mesure où l’Opinion fait dans nos sociétés les élections et le pouvoir qui en découle, on peut difficilement s’en désintéresser.
    Pour revenir aux sondages d’opinion donc, s’ils ne sont pas la vérité vraie, ils ne sont pas la non plus la fausseté fausse. A prendre avec des pincettes, certes, mais à prendre tout de même comme donnant à réfléchir sur l’état d’esprit des concitoyens.
    Le sondage de la Sofres des 6 et 7 décembre 2006, disponible sur le site du Monde, fait apparaître (en données comparées sur 7 sondages depuis 1997) un taux actuel record à la hausse de gens jugeant “excessives” les idées de Le Pen et un taux record à la baisse de ceux qui jugent ces idées “inacceptables”. Autrement dit, plus ces idées sont estimées excessives, plus elles sont acceptables.
    La CSP des commerçants, artisans, chef d’entreprise se taille la part de lion dans ce positionnement (voir sondage). N’était-il pas question sur le blog d’une aimable boulangère qui échangeait son pain contre la menue monnaie de son gentil client ? Elle pense quoi de Le Pen la boulangère ?

  36. Nico dit :

    C’était juste pour atteindre la barre des 136 commentaires !

  37. Vincent dit :

    La droite “extrême”, c’est Le Pen ou… le MEDEF ?

  38. Robert dit :

    C’est Le Pen. Tu en doutais ?

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