LE COIN DU JARDINIER (4). Le printemps amène son lot de bourgeons et de fleurs, mais aussi son tas de … mauvaises herbes ! Le jardinier passe beaucoup de temps à les éliminer ou tenter au moins de les contenir à un niveau acceptable. Toutes les herbes réputées mauvaises ne le sont pas vraiment toutes, et d’ailleurs le concept de “mauvais” ou de “nuisible” n’est plus, à mon sens et dans un contexte de diminution de la biodiversité, à employer aujourd’hui. D’autant plus que les jardiniers modernes se mettent aujourd’hui à parler de “bonnes mauvaises herbes”, allez donc vous y retrouver !
Mais bon, là n’est pas mon propos d’aujourd’hui, il est plutôt de vous apprendre à reconnaître de manière facile et imparable si une herbe est “mauvaise” ou “bonne”. C’est un véritable scoop car les jardiniers se la posent, mais sans la résoudre avec certitude, depuis des millénaires. En fait, la réponse est très simple, il suffit d’arracher la plante. Si elle repousse, elle était forcément “mauvaise”. Intéressant comme technique, non ?
J’imagine d’ici la tête de celui qui est sceptique quant à la méthode employée, mais j’imagine aussi le regard allumé et malicieux de celui qui a compris toutes les applications qu’on peut en tirer. Je l’entends déjà me dire avec un sourire en coin “et si j’extrapole et que j’utilise ta méthode pour faire la différence entre mauvaises gens et bonnes gens ?”. En un sens, je comprends sa question car je remarque qu’il arrive à beaucoup de mauvaises gens de mourir mais qu’il en revient toujours autant. Et je lui répondrais tout de go “Extra, Paul ! Mais sache que je décline toute responsabilité quant à la méthode employée”.
Je ne tiens tout de même pas à me retrouver face à un procès, pour un simple conseil en jardinage !
“Bonnes” et “mauvaises” herbes, ne sont-ce pas là des termes comme le bien et le mal, que tu nuançais dans une réponse à Vincent ce matin ?
Attention, Bernard, dans le jardin et a fortiori dans la nature, les choses sont également tout en nuances, voire quelquefois en continuums. La “mauvaise” herbe de l’un peut devenir bonne pour l’autre.
C’est nul ta méthode, je risque d’arracher toutes mes tomates, ou de tuer toutes les bonnes gens qui ne repousseront jamais… Trouve autre chose.
Je ne dis rien car tu vas encore penser que j’interprète “en fonction des deux critères uniques et très simplistes que sont “le bien” et “le mal” et que je cherche à les déceler constamment dans tes écrits”.
N’empêche, si tu constates que la distinction entre “bonne” et “mauvaise” herbe est inopérante… pourquoi n’en serait-il pas de même pour les humains ? Et s’il y avait aussi des “bonnes mauvaises personnes” ?
Ce qui me gène un peu (mais je ne vais pas insister plus que ça, j’ai entendu l’avertissement plus bas) ce n’est pas tant de maintenir cette distinction (on ne peut guère penser qu’en simplifiant d’une façon ou d’une autre, donc pourquoi pas celle-là après tout) mais que tu donnes alors souvent l’impression de te ranger du “bon côté de la distinction”. Bref que tu te laisses aller davantage à l’ironie (se moquer des autres) qu’à l’humour (se moquer de soi)…
(Peut-être suis-je simplement nostalgique du “fond de ton vieux pieu”… où l’humour était “ravageur” ?)
Passons à autre chose :
Ta “technique” me plaît bien et m’amuse aussi…. Elle prouve tellement que ce monde est mal fichu… Il est jamais comme on voudrait qu’il soit ! Comment pourrait-on un jour y être complètement à son aise ? A moins que ce soit nous qui soyons “mal fichus”, ne pouvant nous empêcher de “désirer” ce qu’il ne nous a jamais promis et ne pourra jamais nous accorder !
Ca me fait penser aussi à une ‘tite phrase entendue dans un film je crois : “Votre femme, c’est au moment de la quitter que vous la découvrez vraiment”… Le jardinier dirait en fait à peu près la même chose sauf qu’il remplacerait “femme” par “herbe” et “quitter” par “arracher” !
Oui, évidemment qu’il n’y a pas de mauvaises herbes ! C’est juste parce que la méthode décrite me semblait rigolote. En général, j’aime assez bien les raisonnements aburdes. Mon jardin et ma pelouse contiennent des dizaines d’herbes sauvages, que beaucoup appellent “mauvaises”. Ceux qui me connaissent savent que j’aime bien toutes ces mauvaises herbes et que j’en ramène volontairement un certain nombre autour de la maison, histoire de diversifier un peu ma petite flore sauvage.
La difficulté pour le jardinier est cependant de contenir certaines d’entre elles au niveau du supportable. Un jardin, ce n’est pas toujours simple à gérer, et ça se réfléchit sur la durée. Ceux qui pensent que l’on peut tout laisser pousser n’ont assurément jamais fait de jardin ! C’est un exercice parfois difficile. Exemple : je n’ai pas travailler la terre l’automne dernier, je suis envahi de renoncules et il me faut un temps fou pour remettre le jardin à peu près en état. Dur dur le métier de jardinier !
Vieux débat : les bonnes et les mauvaises herbes.
Il y a, convenons-en, des herbes opportunistes qui deviennent gênantes quand elles prolifèrent ; exemple le liserons ou ces ombellifères aux racines profondes, qui passent sous les dalles, entourent les rosiers, les fleurs annuelles… et qui repoussent de plus belle si on les arrache en laissant 1 m/m de racine…
J’ai essayé le bêchage en enlevant les racines une à une… mais elles reviennent… je crois que je vais prendre un Round-up systémique, qui n’empêchera pas mon chien d’enterrer son os et de le manger sans aucun risque !
Que faut-il en penser, chers amis jardiniers confirmés ?