« Blonde on blonde » (2)

TRADUCTION LIBRE DE LA CHANSON “ABSOLUTELY SWEET MARY”

Nouvelle traduction d’une chanson de Dylan par notre ami Jean-Louis.

La chanson de ce mois, extraite donc du disque Blonde on Blonde s’appelle Absolutely Sweet Marie. Décidément, en ce moment, Jean-Louis donne dans le registre « amoureux » !

Voir le texte original en anglais et écouter 30 secondes de la chanson.

Marie absolument douce

Ouais, ta barrière de passage à niveau,
tu sais que je ne suis pas capable de la franchir.
Il y a des jours
où la visibilité est si mauvaise !
Alors, je reste là
à ronger mon frein
avec toutes ces promesses
que tu m’avais faites…

Mais où es-tu donc passée ce soir,
douce Marie ?

Oui, je t’ai attendue
alors que je n’étais pas très en forme.
Oui, je t’ai attendue
alors que tu me haïssais.
Je t’ai même attendue
coincé dans des embouteillages glacés
alors que tu savais
que j’aurais été mieux ailleurs…

Maintenant, où es-tu ce soir
douce Marie ?

Tous ces autres ne peuvent pas être
exactement pareils à moi,
évidemment !
Symétriquement, très peu de gens
peuvent se comporter comme toi,
et c’est très heureux !

Les six chevaux blancs
que tu m’avais promis
ont finalement été conduits au pénitencier.
Mais pour vivre en hors-la-loi,
il faut aussi savoir se comporter honnêtement !
Je me souviens
tu disais toujours
que tu étais d’accord avec cette idée.

Très bien, alors où es-tu passée ce soir
douce Marie ?

Je n’ sais comment ça se fait,
seul le capitaine du bateau à vapeur
comprend quel sort est le mien !
Le reste de l’humanité, et toi avec,
vous devrez donc patienter !

Je n’ai que de la fièvre
au fond de mes poches.
Un saoulard venu de Perse
me suit à la trace.
Je pourrais le mener vers ta maison
Mais je ne pourrai pas déverrouiller la porte :
Tu vois, t’as simplement oublié
de me laisser la clé !

oh, où es-tu ce soir
douce Marie ?

Oui, je suis allé en prison
alors que tous les messages disaient
qu’un chic type ne doit pas laisser son adresse
à des individus de mauvaise compagnie.
Et maintenant, je me tiens là
devant ta voie de TGV jaunasse,
au milieu des ruines
de ton balcon effondré.

Et je me demande
où tu es ce soir douce Marie ?

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20 réponses à « Blonde on blonde » (2)

  1. Jean-Louis dit :

    Texte blues sur une musique rapide et tonique :
    encore une trouvaille dylanienne…

    Premier commentaire sur l’album :
    Il y a plusieurs « monuments » dans « Blonde on blonde »… Le plus imposant serait « Sad eyed lady of de lowland », pas seulement pour la durée (= un quart d’heure ! toute une face de la VO vinyle !), surtout pour la poésie, la tendresse, la patience qui s’en dégagent…
    Aussi pour le chouette tempo à 6/8, chaloupé, dansant…
    Si j’étais plus doué et moins paresseux (Aïe donc !), je traduirais ça pour ma tendre amoureuse ! Un morceau de choix, sans équivalent à ma connaissance !

  2. Anne dit :

    J’aime bien que Jean-Louis utilise le blog de Bernard pour faire des déclarations d’amour (ce n’est pas la première)

  3. Bernard dit :

    Non, non, Anne, c’est pas « le blog à Bernard » mais le blog de « nous tous », de tous ceux qui le font vivre (et tu n’es pas la dernière placée avec tes nombreuses contributions !).

  4. Bernard dit :

    Jean-Louis, tu as opté pour la traduction de « Absolutely Sweet Marie » plutôt que « Sad-eyes Lady of the Lowlands ». Voci ce que dit Robert Shelton de ces deux chansons :

    « ABSOLUTELY SWEET MARIE : Un blues shuffle au temp alerte, du pur Memphis. Quelques accessoires de scène qui fontionnent : un balcon en ruine, une voie ferrée jaune, un homme tapant sur sa trompette, un capitaine d’eau douce. Le narrateur a fait son temps, mais il est amer aussi pour le temps qu’il a fait pour Marie. Du vieux blues ici, bien que des touches comme l’ivrogne persan soient strictement du Dylan. Les six chevaux blancs font écho à Blind Lemon Jefferson. Une expression souvent citée comme raisonnement contre la loi de l’oppression de classe : « Mais pour vivre hor la loi, il faut être honnête ». « Marie » est saisissante et brillante, une grand proclamation à l’orgue y mettant le feu aux poudres. L’interlude suivant le premier et le troisième refrain prolonge le jeu très fourni. Le son d’ensemble du groupe est serré, par-dessus la batterie insistante. Un âcre solo d’harmonica suit le quatrième refrain ».

    « SAD-EYES LADY OF THE LOWLANDS : avant de l’enregistrer, Dylan m’avait dit qu’il considérait celle-ci comme « la meilleure chanson que j’aie écrite ». Sur la dernière face de « Blonde », la tradition folklorique rencontre la poésie moderne. Le vers du titre, rappelé dans les cinq couplets, a une saveur antique, car la ballade anglo-écossaise évoque souvent les terres basses, les Lowlands. Paul Nelson a qualifié ce portrait captivant de « célébration de la femme en tant qu’oeuvre d’art, figure religieuse et sujet de majesté et d’émerveillement éternels ». La femme venue de l’autre monde souffre des incursions du monde matériel. Elle est spirituelle bien que corporelle, mystique bien qu’humaine, noble bien que pathétique. Ses douleurs semblent dépasser le supportable, pourtant elle irradie une force intérieure, une aptitude à renaître. Dylan est ici au comble du romantisme. « Bob n’a jamais écrit une chanson sur une personne précise, m’a dit un jour Neuwirth. Elles parlent d’un tas de gens, et quelquefois de personne du tout ». On peut savourer « Sad-eyes lady » sans en connaître le modèle. Il s’agit néanmoins d’un chant nuptial pour Sara Shirley H. Lowndes qui fut mariée à Dylan lors d’une cérémonie civile privée le 22 novembre 1965…. »

  5. Anne dit :

    J’imagine un passionné de Dylan, qui fait des recherches sur le net, et qui tombe sur le blog à Bernard. Il se dit qu’il a trouvé un filon, qu’il apprend des trucs sur la vie et l’œuvre du Bob, qu’il a droit à des réactions à chaud de gens qui l’aiment ou qui le découvrent, et même à des traductions libres de certains des morceaux.
    Mais qu’est-ce qu’il doit se taper d’articles sur les courges et les papillons !

  6. Bernard dit :

    Et inversement : tu imagines les passionnés de nature et de jardinage qui viennent avec l’intention de trouver des tas de choses sur ce blog, qu’est-ce qu’ils doivent se taper comme articles sur Dylan !!!

  7. Joëlle dit :

    J’aim’ pô Dylan
    J’aim’ pô la nature
    J’aim’ pô le jardinage
    Mais qu’est ce que je fais là ?
    lol

  8. Jean-Louis dit :

    Coucou !
    Voir le bonus offert au internautes dans les commentaires de « Blonde on blonde ».
    A part ça, j’ai un grain de sel à apporter sur l’expression « marin d’eau douce » proposée pour « the captain of the riverboat (he knows my fate) ».
    Pour avoir lu un peu de Mark twain, je suis tenté de penser qu’il y a contresens si l’on traduit par « marin d’eau douce ».
    Le Mississipi est un fleuve très capricieux. Les capitaines de bateaux à vapeurs étaient de véritables expert en navigation, connaissant chaque courrant, chaque banc de sable… Pas des marins d’eau douce au sens péjoratif et français…

  9. Bernard dit :

    C’est vrai que l’expression « marin d’eau douce » est très péjorative. Pourtant, quelques chanteurs ont fait de belles chansons sur ces marins qui voyagaient autrefois sur nos rivières : écoutons « Les mariniers » de Jacques Brel et « Batelier mon ami » de Jean-Roger Caussimon.

  10. Delphine dit :

    Je me permet de donner un avis sur votre blog, que je trouve vraiment bien construit sur le sujet Dylan ( je n’ai pas encore exploré les autres rubriques ). Ceci étant dis, j’emet une petite critique : pourquoi proposer des traductions de texte Dylanien alors qu’un site les propose déjà toutes ? Ne serait t-il pas plus judicieux d’offrir une interprétation, des anecdotes ou un annalyse ? On sait tous qu’il est vain de transcrire un texte de Dylan dans une langue étrangère – surtout les chansons parues dans sa période Bring it all bk home jusqu’à John Wesley Hardin’ – tant elles sont bourrées de jeux de mots et de références tout simplement INTRADUISIBLE! D’autant plus qu’un avis personnel est ce que l’on attendant d’un blog de fan…
    Sur ce, je vous encourage à poursuivre cette rubrique et surtout à publier vos chroniques sur les albums Dylanniens !
    Delphine

  11. Bernard dit :

    Merci Delphine pour ces conseils. Effectivement, Dylan est peu traduisible. Mon ami Jean-Louis l’a fait, de manière très personnelle, et sa traduction a le mérite d’exister. Et en plus je le trouve très belle.
    Il est probable que je reprenne un jour cette rubrique sur Dylan mais je l’ai mise en stand-by depuis longtemps. Peut-être parce qu’il y avait peu de répondant de la part des lecteurs habituels du blog mais aussi et surtout parce que je souhaite aborder les disques de Dylan de manière chronologique et que j’en arrivais à la période sans doute la moins féconde de sa carrière. Mais je n’ai pas perdu mon projet de vue. Peut-être dans 6 mois, un an, deux ans …
    Et peut-être que nous pourrions travailler à plusieurs sur ce projet. ça te dirait ?

  12. Delphine dit :

    Oui, pourquoi pas en effet! Faire la chronique d’un album de Dylan me semble être un travail titanesque, d’autant plus que Self Portrait ( il me semble que c’est à cet album que vous avez cesser vos chroniques ) n’est pas un de mes albums preférés de Dylan ! Cependant, cela pourrait être un exercice intérressant que j’accepte avec plaisir de réaliser avec vous. :)

  13. Bernard dit :

    Yeah ! Avec un immense plaisir !

  14. Bernard dit :

    Dis, Delphine, on se tutoie, non ?

  15. Delphine dit :

    Oui, biensur :) ! Tiens moi au courant, pour ma part je reécoute Self Portrait !

  16. Bernard dit :

    Tiens, moi aussi, je viens de le mettre sur ma platine.

    J’ai quand même un petit souci. C’est que j’avais créé une dynamique autour de Dylan il y a deux ans et puis ça s’est arrêté net. Il m’est difficile de repartir avec de nouveaux lecteurs qui n’ont pas suivi cette partie hautement « historique » de la vie de Dylan.
    Par ailleurs, à l’époque, je ne savais pas insérer des vidéos de Youtube et ne connaissais pas encore Deezer. Mes articles ont donc pu, pour certains, tomber à plat car à moins de posséder les disques, difficile pour les non-initiés de rentrer dans le truc.
    Je serais assez tenté, non pas forcément de reprendre depuis le début (quoique ça me démange) mais au moins de refaire un ou deux articles synthétiques sur les années 61/66 pour que chacun des nouveaux lecteurs puisse commencer l’histoire de Dylan à ses débuts.
    De toute façon, si l’on se met à deux, ton avis Delphine importe autant que le mien.
    Prenons le temps de réfléchir, les bons projets ne murissent que lentement …

  17. Delphine dit :

    Je suis d’accord, d’autant plus que la période 61-66 est la plus créative et la plus attirante pour les jeunes ( j’ai moi même découvert Dylan à travers les disques enregistrés durant cette période – qui reste ma favorite !). Il y tellement de vidéos ( cultes comme le Live electrique à Newport jusqu’à des vidéos plus rares qui tournent sur Youtube ) et de titres excellents qui pourraient venir enrichir cette section du site… En effet, rafraîchir les chroniques est une excellente idée !

  18. yves dit :

    Et bien bonne chance les amis , car il y a temps de choses à dire sur ce grand monsieur que j’ai vraiment découvert grâce à ce blog !!!
    Je me suis aperçu que je connaissais beaucoup de chansons de lui , mais interprétées par d’autre comme Christy Moore que j’étais justement entrain d’écouter en rentrant du boulot

  19. Bernard dit :

    Bon, pour tout dire, cette histoire de repartir sur Dylan m’emballe énormément.
    Je n’ai d’ailleurs été infidèle à Dylan que sur ce blog, l’ayant délaissé depuis plus de deux ans et demi sur la toile mais continuant de l’écouter tout autant qu’avant (le disque bootleg « tell tale signs » paru récemment est pour moi un pur régal, il m’arrive bien souvent de l’écouter en boucle dans ma voiture).
    Au cours des années qui se sont écoulées, il s’en est passé des choses dans la vie de Dylan. Notamment la parution de « chroniques », un livre autobiographique dans lequel Dylan se livre et qui éclaire en partie le début de sa carrière (tout en maintenant le mystère qui entoure et entourera toujours sa personne) :
    http://www.amazon.fr/Chroniques-1-Bob-Dylan/dp/2213623406/ref=sr_1_3?ie=UTF8&s=books&qid=1251298715&sr=1-3

    Et puis il y a eu surtout la parution des chansons de Dylan (environ 400) et leur traduction en Français dans un livre qui manquait cruellement jusqu’à présent :
    http://www.amazon.fr/Lyrics-Chansons-1962-2001-Bob-Dylan/dp/2213623449/ref=sr_1_1?ie=UTF8&s=books&qid=1251298715&sr=1-1

    Tout ça pour dire que ces deux parutions seront sans doute précieuses pour nous aider à repartir sur Bob Dylan.

    Et puis, la collaboration qui s’annonce avec Delphine tombe à point car il va y avoir du nouveau demain sur ce blog, comme je l’avais presque annoncé il y a peu de temps. Mais je ne vous en dis pas plus …

  20. Bernard dit :

    Une info que m’envoie Guillaume ce matin :

    Bob Dylan sortira son premier album de chansons de Noël en octobre, ‘Christmas In The Heart’. L’album sera vendu au bénéfice de l’association Feeding America, qui permet à plus d’1.4 million de personnes d’obtenir un repas pour Noël.
    Les ventes internationales seront reversées à des associations locales. « Il est tragique que plus de 35 millions de personnes , dans notre pays, dont 12 millions d’enfants, vont le plus souvent au lit le ventre vide et se lèvent chaque matin sans savoir quel sera leur prochain repas.’, a déclaré Dylan “Je rejoints les personnes de Feeding America dans l’espoir que nos efforts puissent apporter des repas pour les personnes dans le besoin, surtout pendant la période des fêtes de fin d’années. »
    Sur l’album on retrouve ‘Here Comes Santa Claus’, ‘Winter Wonderland’, ‘Little Drummer Boy’ et ‘Must Be Santa’

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