Mi-figue, mi-raisin dans l’attente de l’oiseau mythique

Le loriot d’Europe est un oiseau quasi-mythique. Le simple promeneur a peu de chance de l’observer. Pour le photographe, cet oiseau reste même du domaine du fantasme. Un photographe animalier amateur normalement constitué (du type Dupdup par exemple) a très peu de chances, au cours de sa vie, de faire une seule photo de l’oiseau, même en y consacrant beaucoup de temps et d’énergie. Ce n’est pas que l’oiseau soit forcément discret car son chant se remarque facilement au printemps. Simplement, il ne fréquente quasiment que les frondaisons les plus hautes des arbres. Je ne sais pas si vous êtes déjà montés à l’extrémité d’une branche de peuplier à 15 mètres de haut, mais, à plus de cinquante berges, l’exploit ne me semble plus réalisable. Et puis, il faut probablement des conditions très particulières pour localiser le nid.

Je ne connais personne qui ait réussi à faire une bonne photo de loriot. On trouve cependant sur internet quelques très belles photos, dont celles de Niraj Vijaykumar (voir en bas de la page de ce site) dont je suis très admiratif et qui vous permettront de découvrir les couleurs extraordinaires de cet oiseau.

Lorsque Jean-Claude, qui connaît un peu les oiseaux, m’a dit il y a deux ans que le loriot venait manger des figues chez son voisin, je ne l’ai cru qu’à moitié. Mais il a sorti de son congélateur un loriot qui s’était assommé sur la vitre du voisin (il l’avait gardé au frais, juste pour me le montrer ; le loriot évidemment, pas le voisin ! Tiens, à propos, vous savez que James Brown n’est toujours pas enterré, il est lui aussi gardé au frais, à cause d’une vulgaire histoire d’héritage !). Jean-Claude ma proposé de voir l’endroit où venait manger l’oiseau. Lorsque nous avons approché de la maison du voisin, accompagné par Robert, toute une famille de loriots (un couple et trois jeunes) s’est envolée du figuier qui touchait la maison. Je n’en croyais pas mes yeux.

Depuis, je suis habité par « le fantasme du loriot » car je sais maintenant qu’il existe peut-être un moyen de photographier cet oiseau. Cette histoire m’a donc un peu excité (il ne suffit pas de grand chose en général) et m’a donné quelques idées. L’hiver dernier, j’ai donc planté quatre variétés de figuiers dans la pente derrière ma maison. Et comme un Dupdup, ça ne fait pas les choses à moitié, je viens de planter dimanche dernier huit nouvelles variétés (ce devait être un jour placé sous le signe de la biodiversité car, ce même dimanche, j’ai semé 20 variétés de tomates !).

Je viens de lire que le loriot peut aussi se nourrir de raisins ; ça tombe bien, j’en ai aussi une douzaine de variétés autour de la maison.

Rendez-vous donc dans quelques années pour, je l’espère, de belles observations de loriot. Et s’il ne vient jamais, je pourrai toujours, quand je serai en retraite, arrondir mes fins de mois en vendant mes figues sur le marché !

57 réflexions au sujet de “Mi-figue, mi-raisin dans l’attente de l’oiseau mythique”

  1. C’est vrai que ce n’est pas évident du tout de photographier le loriot et même si je passe de très longues heures régulièrement dans la nature avec mon appareil photo, en l’occurence de mai à septembre où il se trouve dans notre région, je l’entends souvent chanter dans des parcelles bien précises que j’ai pu repérer dans le secteur, mais rien y fait !!
    Je ne désespère pas d’y parvenir une fois peut être…..
    Je suis allé cliquer sur le lien de oiseaux.net et j’ai été très surpris de ne pas entendre les parties de son chant si flutées et répétitives…
    Peut être as tu une explication Bernard ??
    Sinon, pour les figues, je me souviens que tu m’en avais parlé et je constate que question variétés tu n’y vas pas de main morte!! lol
    Tant mieux, comme ça, si vraiment tu ne parviens pas à faire venir le loriot dans ton jardin (et ce serait la 103ème espèce passée chez toi?? ou je me trompe??) tu pourrais effectivement les vendres sur le marcher mais aussi t’en faire des « cures » car les qualités nutritives et bienfaisantes de la figue ne sont plus à prouver…..
    Aller, j’espère que tu y parviendras à prendre cette photo!! avec toute l’énergie que tu y mets !!

  2. Pour celles et ceux qui seraient intéressés pour faire cet été des boutures de figuiers et récupérer certaines des variétés que j’ai, voici la liste de ces variétés : Goutte d’or (=figue dorée), Madeleine des deux saisons, dalmatie, longue d’août, pastilière (=rouge de Bordeaux), téna, Brunswick, brown turkey, panachée et dauphine (= rouge d’Argenteuil) + 2 variétés que l’on m’a données et dont j’ignore le nom. (toutes les variétés non soulignées son décrites sur le site des pépinières Baud).
    J’ai profité de ma forte envie de planter des arbustes pour mettre aussi sur mon terrain des kiwaïs, arbres à petits fruits originaires de Sibérie (on les appelle d’ailleurs kiwis de Sibérie). Le kiwaï fait partie de la même famille que les kiwis, mais les fruits sont beaucoup plus petits, ils sont lisses et se consomment sans être pelés. J’ai déjà goûté ce fruit chez des amis, c’est délicieux.

  3. C’est bien de ne pas avoir mis de photo pour accompagner l’article (sans doute pour des questions de droit) mais ça permet de bien illustrer cette étrange réalité : le loriot n’est pas cet oiseau jaune et noir qu’on trouve dans les guides mais… un oiseau invisible, un mythe, une quête. Un oiseau aristocratique, en quelque sorte (quand moineaux, mésanges… sont plutôt démocratiques), que ne peut approcher qu’une élite naturaliste.

    PS : est-il possible d’entendre son fameux chant sur un quelconque site ?

  4. Vincent, tu ranges un peu trop vite le moineau dans la catégorie « démocratique ». Car il existe dans notre région deux espèces de moineaux : le moineau domestique (démocratique forcément) et le moineau friquet (friqué donc). Ce dernier fait-il encore partie de la classe populaire ? Il est permis d’en douter !

  5. J’ai rien compris… Comment il a fait pour se cogner dans la vitre de ton voisin, James Brown ??? Et il allait chanter en haut de quoi pour échapper aux paparazzis ???

  6. Dites docteur, est-ce normal que je culpabilise de n’avoir pas mis de commentaires sur le blog à dupdup depuis plusieurs jours ?

    Sinon, je suis nulle en contrepèterie et je pense qu’une ou deux m’ont échappées, vous pouvez m’aider ?
    Je pense que pour la mythe à Boris, c’est bon.
    Dans la premier, celle de l’Afrique, je ne vois pas ce que devient loriot..
    Quand à l’histoire du genre Salut Fred ou Salut Patrick, je ne sais pas si ce sont des contrepèteries ou si des références me manquent.
    Please, help me !

  7. Ah Anne, peut-être n’as-tu pas assez rencontré de « phallus raides » pour trouver l’une des deux contrepétries !

  8. OK, ça va, j’ai compris.

    Je me demande si ça ne m’énerve pas un peu de ne pas savoir qui est Humeur grivoise.

  9. Tu n’es pas la seule Anne, à avoir du mal avec la contrepètrie et autres formes grivoises.
    Victor Hugo disait d’elle qu’elle est « la fiente de l’esprit ».
    On pourrait évidemment lui rétorquer une autre citation de lui-même :
    « Ces choses là sont rudes.
    Il faut pour les comprendre,
    Avoir fait ses études ».
    Et oui, tout le monde n’a pas suivi les mêmes cursus.

  10. Non, non, Victor Hugo ne parlait pas de contrepèterie dans son texte mais de calembour. La phrase exacte est « le calembour, c’est la fiente de l’esprit qui vole ».
    Victor Hugo, au contraire, nous a fourni quelques exemples de contrepèteries. Au point d’en avoir mis une dans cette phrase. Evidemment, beaucoup auront entendu « la fente de l’esprit qui viole ».

  11. Grande littérature et contrepétries ont souvent fait bon ménage : Rabelais, Boris Vian, Robert Desnos, Verlaine et même Shakespeare.

  12. Non, non Humeur grivoise, c’est de la triche. Le principe n° 1 d’une contrepèterie est de ne jamais donner la solution.

  13. Ne jamais donner la solution… pour obliger l’autre à développer en lui l’esprit tordu et grivois nécessaire à la résolution (ce qui est secrètement son vrai but !)

  14. toute l’Afrique est dans l’attente…de la Russe. Mais les mandarins arrivèrent à pied par la chine.
    Pauvre loriot, recouvert de mots!

  15. Hello,

    pour le loriot, je l’ai aussi déjà vu venir en fin d’été se gaver de mirabelles dans des arbres pas si hauts que ça… de là à faire une bonne photo, il reste un palier, mais je pense que le truc est là : mi figue mi rabelle !

  16. Un peu de légèreté que diable ! Les mots d’esprit ne sont pas des fientes qui s’écrasent à terre comme de vulgaires merdes mais bien des bulles aériennes qui permettent à l’esprit de prendre un peu de hauteur !

  17. « Le calembour fait partie intégrante non seulement de l’esprit, mais encore de l’humour français. Il serait absurde de le mépriser, plus encore de l’ignorer, même si les autres nations le pratiquent moins fréquemment et donc, plus maladroitement que nous. Le calembour est un exercice salutaire, car la liberté de la langue précède souvent la liberté de l’esprit. En coupant, en torturant, en assemblant des mots que rien n’appelait à s’unir, on découvre un rire nouveau. »

    (Jean-Claude Carrière, « Humour 1900 », éd. 1900)

  18. Je luis dis :
    « Rends-moi cette cerise, tout de suite.
    – Bien », répond le loriot.
    Il rend la cerise et, avec la cerise, les trois cent mille larves d’insectes nuisibles, qu’il avale dans une année.

    (Jules Renard, Histoires naturelles, 1896)

  19. Les choses en riant ? Attention aux épines ! A moins d’être comme « Ségolène qui vante la rectitude de son brave homme ».

  20. Retour au Loriot, s’il vous plaît :

    Contrairement aux ROSSignols du caROUBier, le Loriot, CONtent de son SORT, Vit généralement aux Champs.

  21. Bravo.
    Je cherche désespérément une contrepéterie avec le nom de cet oiseau, mais je dois dire que le loriot déjoue toutes mes recherches. AH L’HABILE BÊTE !

  22. Contrairement aux ROSSignols du caROUBier, le Loriot, CONtent de son SORT, Vit généralement aux Champs.

    MAGNIFIQUE
    je suis ému aux larmes!

  23. Mais les mandarins arrivèrent à pied par la chine.
    celle-ci n’a pas suscité de commentaires…serait-elle passée, malgré sa notoriété, inaperçue?

  24. Mathieu a trouvé le texte suivant en cherchant la solution de la contrepétrie de Victor Hugo :

    Le poème qui suit est l’oeuvre ( le chef -d’oeuvre) d’un universitaire ayant tenu à conserver l’anonymat. On sait de lui qu’il est un spécialiste reconnu de Shakespeare, dont il a traduit l’oeuvre en vers.Il a été publié dans le canard enchaîné. C’est une perle rare pour les amateurs de contrepets.Il y en a un à chaque vers.

    [i]Plaintes d’une femme Déçue

    L’hommage de leurs vers qu’à l’envie les poètes

    À la femme déçue offrent toujours ardent

    Flatte certes le but, mais n’apaise la quête

    L’attente a des plaisirs qu’on ne fait qu’un moment

    Aussi, jouet des vents qui I’hiver me rudoient,

    Sur des talus où vont se fanant mes appas,

    En un dense réduit où je n’ai point de joie,

    Veux-je conter ce don que Thyrsis bafoua.

    Las ! Le pâle Thyrsis avait la mine austère

    Le sentant sur le banc près d’eux un peu tarder

    L’ amante bien des fois lui fit en vain la guerre

    Ferme et froid cependant, jamais il ne doutait.

    Pour voir se dénouer ce vœu, que de tendresse !

    Que, docile à sa voix et promise à son lit,

    J’eusse aimé dans ses bras m’ adonner à l’ivresse !

    Mais, le vin que j’offrais jamais ne le conquit.

    Ses doigts pouvaient jouer aux fous entre mes tresses,

    D’un vent hardi parfois copiant les effets :

    Il fallait à mon but, d’autres riens, des caresses

    Moins lourdes dont mon goût se fût mieux satisfait.

    Aux livres confiés une peine farouche

    Cède à des plaisirs doux qui lui prêtent un fard,

    Mais l’ouvrage choisi quand j’abordai ma couche

    Me fit perdre la tête et je Iuttai sans art.

    Certain jour, face aux bois, je me crus bien lésée :

    Le vent sifflait, la chasse au loup battait son plein

    La bête bien tapie était près de l’orée :

    Ah ! que le son du cor semblait clair et prochain !

    Voyant un nid offert sur la mousse allongée,

    Je sentis tout en moi la peine qui fondait,

    Quand presque quitte au but il m’a soudain laissée :

    Il jouit de mon trouble et ne fit que passer.

     » Achève , dis-je, et mets céans la vierge en terre

     » Les couleurs de mon don te laissant sans émoi,

     » Accorde au moins ce but, cruel, à ma prière :

    De ce fer qui fait mon envie, ah ! perce-moi !  »

    Il flétrit mes  » ave  » d’une parole amère :

    je priais pour gagner le plus mâle des sots !

    D’un don coûteux je sus la cruelle misère :

    Aux mythes pour le bien je renonçai tantôt.

    Mais, que te mine un jour ta peine sur ces rives :

    Ton cri restera vain ; ta voix clamant tes maux,

    Pour ce mal que tu fis à l’amante naïve

    Ne trouvera de mont qu’attendrisse l’écho ![/i]

    Savouré dans « Pour tout l’or des mots » Claude Gagnière Ed°Robert Laffont

    livre de chevet de beaucoup d’ amoureux de la langue

    Et pour en revenir à Victor Hugo, si quelqu’un avait un indice, ça serait cool…
    On en est à :
    « Ces cons-là sont prudes… »
    Ah, et on n’a pas encore cherché les solutions de tous les vers !

  25. Ouais, c’est clair, je ne suis pas emballée par tes trouvailles, mais j’ai pas fait mieux. L’exilé, t’as bien la réponse, non ? De toutes façons, si vous ne m’aidez pas, je continue en envoyer des spams sur le blog, na. Espèce invasive oblige.

  26. bizarrerie pour étranges agités…tenez! Homéopathie??? pôv’juliette… :angel:

  27. jéhan connais qui m’ont dit ce matin: piouuuuuuuuuuuuuuuuuuu où qui sont les fous qui faisaient clic clic clac et qu’on souriait exprès en passant devant? ohh, y’a plus aujourd’hui? dommage, j’avais amené ma milane des fois qu’on passe dans le poids des mots et le choc des fotos… heureusement, il reste de l’entrecôte ! :whistle:

  28. Ahhh , le Loriot d’Europe … Encore un oiseau de mon enfance !!
    Au fait , pourquoi celui-ci comme tant d’autres ne vient plus chanter chez nous depuis bien des années ?
    Je viens de regarder sur Faune-Bretagne … Une seule malheureuse donnée de 2013 dans le Finistère !!!!
    Quelle tristesse …
    :sad:

  29. Je l’entends ça et là tous les printemps mais je dois dire qu’il est beaucoup moins présent qu’autrefois. Si je compare par rapport à il y a trente ans, je pense qu’un site sur deux a été déserté.

  30. On vient de voir à l’instant une bande d’au moins 4 loriots derrière la maison. Ils sont restés 1/4 d’heure, on s’est régalé les yeux ! :wub:

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