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18, rue d’Enghien

276, ce serait donc, d’après la presse, le nombre de policiers affectés à la sécurité du siège de campagne de Sarkozy. Pas étonnant donc que la rue d’Enghien, dans le 10ème arrondissement, vive dans une drôle d’ambiance. Les contrôles sont permanents, les habitants sont excédés, les commerçants voient leur chiffre d’affaire baisser.

Après avoir exigé des analyses d’ADN pour identifier le voleur du scooter retrouvé du fils du “premier flic de France” (du jamais vu dans l’histoire de la police), “Sarko candidat” continue donc d’utiliser tous les moyens que “Sarko ministre de l’intérieur” met à sa disposition. Des fonds publics au service d’une paranoïa aigüe ! Une honte dont les principaux médias parlent peu. Par comparaison, le siège de campagne d’un autre candidat de droite (Bayrou) ne bénéficie de la protection d’aucun policier.

photosarko2jpg.bmp
(cette photo édifiante, qui m’a été envoyée par un ami, nous laisse
effectivement imaginer ce que pourrait être “la France d’après”)

Avant hier matin, j’ai bien ri : leMonde a publié un article très circonstancié disant que Greenpeace venait de déjouer les services de sécurité et avait déversé huit tonnes de maïs transgénique devant la porte de Sarko qui est le seul candidat à être contre le moratoire sur les OGM. Bizarre, quelques heures plus tard, l’article complet avait disparu (alors que d’habitude, leMonde.fr laisse ses articles une quinzaine de jours en ligne), il ne restait plus qu’un article de quelques lignes agrémenté d’une photo. Le lecteur de ce blog trouvera un compte-rendu plus détaillé de ce fait sur Tribune.fr.

La rue d’Enghien ressemble désormais à un pays occupé. C’est devenu une zone de non-droit. Il semblerait même que les Renseignements Généraux enquêtent sur les habitants.

Terminons cependant par une note d’humour. Une habitante de la rue d’Enghien raconte qu’ayant oublié ses papiers, les gendarmes ne l’ont pas laissé rentrer seule chez elle et qu’ils l’ont obligée à l’accompagner à son domicile. Cette dame s’appelle Mme Delarue-Barrey.



81 commentaires sur “18, rue d’Enghien”

  1. Christophe dit :

    Il s’agit d’un bonus que j’ai vu sur la vidéo du spectacle… je n’ai pas de lien sur la toile : au moment le plus fort de la conspuation, ses spectacles annulés, il est allé au Canada où il a pu avoir un entretien avec des rabbins… intéressant et signes d’ouverture des deux côtés.

    En poursuivant mes recherches, je suis de plus en plus certain qu’il y a des accusations d’antisémitisme face à la dénonciation des extrémismes juifs… et que Dieudonné joue le rôle de poil à gratter.

  2. Bernard dit :

    Par principe, méfions nous de ce qui est avancé de manière unilatérale par les médias, surtout lorsqu’il s’agit de lynchage ! Je dis bien “unilatérale” car il n’y a pas, aujourd’hui dans notre société, de contrepouvoir face aux médias. C’est tellement facile de descende un Dieudonné ou un autre après les avoir encensés. Notre époque est friande ce ce genre de choses. Mais est-ce vraiment la faute aux médias, quand le public réclame ce genre de choses.

  3. Christophe dit :

    Tiens puisqu’on en est là, devinette : à l’époque de la catastrophe de Tchernobyl j’était délégué interministériel au nucléaire et c’est moi qui ai mis en place la campagne de désinformation prétendant que le nuage de Tchernobyl s’est arrêté aux frontières de la France. J’ai fait cependant disparaître cet épisode de ma vie politique de ma biographie officielle sur le site internet du ministère de l’Intérieur… Qui suis-je ?

    Trouvé grâce au lien : http://tvdieudo.info/
    Le reste des infos est terrible : http://allainjulesblog.blogspot.com/
    Bon sang ! Est-ce vrai aussi ?!!!

  4. Vincent dit :

    Je ne sais pas si c’est par inconscience, insouciance, ou je ne sais quelle lacune foncière, mais je ne parviens sincèrement pas à avoir plus “peur” de Sarkozy au pouvoir que d’un autre candidat.

    C’est grave, docteurs ?

  5. Anne dit :

    Le fait que Vincent utilise le motsincèrement dans son commentaire me pousse à croire qu’il n’est peut-être pas dans de la provocation.
    Quand tu dis que Sarkozy ne te fait pas plus peur que les autres candidats, veux-tu dire qu’il ne te fait pas peur, ou que les autres te font aussi peur que lui ?
    Pour le coup, et sincèrement, avec tout ce que nous avons déjà dit sur ce blog et lu sur les liens proposés, je ne comprends pas qu’il puisse ne pas te faire peur.
    Je ne vois pas ce que nous pourrions approfondir.
    Nous avons largement abordé le problème de sa personnalité. Il y a quelques jours, invité à l’émission de Christine Ockrent, il a littéralement pété les plombs car les quatre sièges de maquillage étaient occupés à son arrivée. Il a menacé de virer la direction de France 3 !
    http://www.liberation.fr/actualite/medias/242785.FR.php
    L’interview de Jacques Attali (dont tu nous a toi-même proposé le lien) m’a personnellement glacée. Je ne critique pas la mégalomanie des hommes politiques (ni celle des artistes) car elle est quasiment omniprésente chez eux, et peut même, sans doute, servir de moteur. Mais à condition qu’elle soit contrôlée, maîtrisée. Ce qui ne semble pas être le cas chez Sarkosy puisqu’un de ses amis dit, en faisant semblant de ne pas le dire, qu’il est prêt à tout pour obtenir le pouvoir.
    Contrairement à Bernard, je crains vraiment qu’il soit présent au second tour… et même après. Et cela m’affecte, me rends profondément malheureuse. Je pense que ce type méprise toute une partie de la population. Qu’il a déjà eu des mots qui ont attisé la haine. Que sa réalité n’est pas la mienne. Que nous ne vivons pas sur la même planète.

  6. Vincent dit :

    Ce qui me fait le plus “peur” en fait (et toujours “sincèrement”), ce sont toutes ces personnes qui en font un “diable”, qui ne voient en lui que des défauts, bref que du Mal.

    On peut ne pas être d’accord avec ses options politiques. On peut ne pas aimer son type de personnalité. On peut en avoir marre de la droite au pouvoir. Et donc le/la combattre… sur un plan démocratique (celui sur lequel il se place lui-même, de façon il me semble honorable).

    Dès qu’on passe au niveau “passionnel”, qu’on diabolise, bref qu’on perd son objectivité, moi je suis inquiet… car ce sont des attitudes qui n’amènent, il me semble, jamais rien de bon.

  7. Anne dit :

    Oui, le genre de personne qui pourrait me faire douter que la démocratie est préférable au despotisme éclairé.

  8. Vincent dit :

    Une des caractéristiques de la démocratie est peut-être sa lourdeur, son inertie : tous les pouvoirs et contre-pouvoirs qui rendent finalement difficiles toute révolution.

    C’est autant un inconvénient (beaucoup de problèmes “de fond” ne parviennent pas à être résolus : la dette, les retraites, l’Europe, la Sécu…) qu’un avantage (en l’occurence… pour relativiser l’influence que pourrait avoir un “homme seul”… quels que soient les réseaux qu’il a tenté de mettre en place).

    Non ?

  9. Vincent dit :

    On lui reproche d’ “employer des mots qui attisent la haine”… en employant des mots qui attisent la haine.

    On lui reproche de “mépriser toute une partie de la population”… en le méprisant.

    On lui reproche de ne pas maîtriser son agressivité… en de contrôlant pas davantage la sienne.

    Etc.

    Ne doit-on pas avoir davantage “peur” des passions politiques actuelles (potentiellement explosives) que de tel ou tel individu sensé en être le seul responsable ?

  10. Vincent dit :

    Retour sur le “débat” Sarkozy/Onfray de la revue Philosophie magazine sur le blog du philosophe : http://michelonfray.blogs.nouvelobs.com/ (article du 3 avril, intitulé “Le cerveau d’un homme de droite”).

    De quoi alimenter la peur de certains ! (;-))

  11. Mag dit :

    Ce qui est inquiétant, là-dedans, c’est l’idée définitive qu’il dit avoir sur une personne : celui là, il est bon, c’est à vie, et l’autre, il est mauvais, c’est inné, on n’y peut rien. En même temps, il classe Onfray dans quelle catégorie à votre avis ?
    Et je me suis découvert un point commun avec notre ex-ministre de l’intérieur : moi aussi je dois lire l’antéchrist (sauf qu’on me l’a pas offert, juste conseillé, mais ça revient au même, non ?).

  12. Vincent dit :

    Dans le débat, tel qu’il est retranscrit par Philosophie magazine, il ne me paraît pas si tranché que cela.

    Il ne faut pas oublier que c’est le point de vue… de Michel Onfray, qui est lui-même du genre à avoir des idées plutôt tranchées et définitives.

  13. Mag dit :

    Effectivement, les quelques lignes publiées sur internet ne sont pas aussi tranchées que ça : http://philomag.com/article,dialogue,nicolas-sarkozy-et-michel-onfray-confidences-entre-ennemis,288.php
    Mais j’ai du mal à le suivre du coup ; d’un côté, on a besoin de culture et de civilisation pour parce que l’homme peut être dangereux et en même temps innocent (donc la culture permettrait d’anéantir le dangereux ?) et qu’il peut choisir et plus loin, il dit (du moins on rapporte qu’il dit, je vais commencer à tout mettre en doute, encore plus que d’habitude : les articles de Bernard, Wikipédia, …) que tout ça, c’est génétique…
    Je vote pas pour un mec que je ne comprend pas, na.

  14. Vincent dit :

    Ne crois pas que je cherche à te convaincre à voter pour lui (ce n’est pas du tout mon propos et quand bien même…) mais sa position me paraît en l’occurence assez cohérente, “classique” même : la culture (dans le sens large du terme) est ce qu’on a trouvé de mieux pour tenter de canaliser la part (génétiquement ?) animale, sauvage de l’humain.

    Onfray y voit surtout une aliénation… ce qui n’est pas plus, ou moins, cohérent.

  15. Christophe dit :

    Au sujet du dialogue Sarkozy/Onfray, voici un texte que lui adresse le porte-parole de Bové (pour ceux qui ne l’auraient pas reçu) :

    Ce courrier est disponible sur le site unisavecbove.org ici

    DE BOVÉ À BESANCENOT ?
    Lettre ouverte à Michel Onfray

    par Yannis Youlountas, porte-parole de José Bové

    L’engagement d’un intellectuel dans une campagne électorale est-il du même ordre que celui d’un turfiste essayant de parier sur le meilleur cheval ? Un philosophe doit-il s’attarder sur le résultat plus que sur le sens ? Un libertaire peut-il préférer les chefs de parti aux groupes autogestionnaires et métissés qui tentent de réinventer la politique ?

    Telles sont les trois questions fermées que je souhaite te poser tout d’abord, Michel. Trois questions auxquelles répondre NON implique, à mon humble avis, l’examen approfondi d’une posture qui me semble absurde et pour le moins contradictoire.

    Comment l’homme qui m’a répondu « banco » le 30 décembre en vue de l’appel du 6 janvier peut-il renier le résultat de ce qu’il a contribué à porter ? Comment l’idéologue qui a cosigné avec moi un appel aux libertaires le 1er février dans Politis peut-il retourner à son « soutien par défaut » de 2002 pour le candidat d’une « chapelle » troskiste ? Comment le philosophe qui a décrit et salué la « réappropriation de la politique », avec Raoul Marc Jennar et moi-même, dans Le Monde du 13 février, peut-il abandonner l’élan vital que constitue l’irruption citoyenne dans la chasse jusque-là gardée des partis politiques ?

    Tu sais que je ne suis pas de ceux qui t’attaquent régulièrement pour certaines de tes positions sur des sujets délicats. Je ne suis pourtant pas de ton avis sur les OGM, le nucléaire, le clonage, l’usage massif des médias, ou encore le dialogue courtois avec les ennemis politiques (car Nicolas Sarkozy n’est pas seulement un adversaire ou un contradicteur mais un véritable fossoyeur de tout ce qui constitue le bien commun, la fraternité universelle et la liberté d’opinion). J’ai même défendu ton droit à la différence dans une contribution au site unisavecbove.org (Pour Michel Onfray). Cela parce que la particularité de notre candidature collective se situe d’abord dans sa diversité et donc dans son ouverture au débat, loin des idées reçues, des dogmes historiques et des sectarismes idéologiques. Chez nous, dans la campagne Unis avec Bové, tout doit pouvoir se dire et se discuter, se revisiter, se réexaminer, se réinventer.

    Je sais que beaucoup d’écrits t’ont visé dans nos propres réseaux, venus de certains de nos militants, et que cela t’a profondément attristé ces dernières semaines. Paul Ariès, lui-même, l’un des idéologues contemporains de la décroissance, nous a épinglé tous les deux, dans un pamphlet (José Bové, le candidat condamné) qui t’a sans doute heurté. Nous sommes tous sujets à critiques dans un mouvement pluraliste et très contrasté. N’est-ce pas logique et même désirable ?

    La principale difficulté de la candidature collective aux côtés de José Bové est d’être, chacun, des hommes comme les autres, et non des leaders, des chefs, des experts, des monstres sacrés, des personnalités indiscutables, louées, adulées, rompant le pain béni de la vérité officielle, inscrite dans la bible programmatique du parti, et à peine réinterprétée, année après année, de campagne en campagne. José lui-même est l’objet de critiques régulières, bien que fraternelles, et celui-ci les accepte bien volontiers pour une grande part, en se pr&ec irc;tant au débat avec tous ceux dont il n’est que le principal porte-parole et non le chef dont on devrait boire les paroles.

    Telle est la campagne que tu as décidé de quitter : celle des citoyens décidés à se réapproprier la politique par-delà les appareils et leurs directions bien peu renouvelées. Peut-être José est-il un éleveur de brebis et un fabricant de fromages et de yaourts fermiers… Mais les bergers ne sont pas toujours où on les suppose. Et je crains fort que tu n’aies malheureusement choisi de revenir à la chaleur du troupeau, bien loin de ta fameuse introduction à Politique du rebelle. De ces troupeaux de citoyens qui se font traire les uns après les autres, à chaque échéance électorale. De ces troupeaux qui perpétuent la tradition de suivre les Panurges, à l’exception de quelques moutons noirs parmi lesquels tu manques.

  16. Vincent dit :

    Merci Christophe, j’avais bien lu l’article “POUR BESANCENOT” sur le blog d’Onfray… mais ne connaissais pas le réponse de Bové (ou de ses amis), même si je me doutais que ça ne devait pas trop leur plaire.

    Comme quoi, c’est bien connu, les “petites différences” créent parfois davantage de conflits que les grandes.

  17. Du coq à l'âne dit :

    Quelqu’un peut-il m’expliquer comment se fait-il que Sarkozy - que l’on dit “libéral” - soit globalement pour l’expulsion des sans-papiers (donc contre la libre circulation des personnes) et et que la gauche - qui se dit “antilibérale” - soit pour leur régularisation (donc contre le maintien des frontières) ?
    Y a-t-il une logique dans ce qui me semble à première vue incohérent ?

  18. Bernard dit :

    Une partie de l’électorat de droite s’est reportée sur Bayrou qui est un vrai libéral, alors que Sarko, sous ses apparences très pro-américaines, est en fait plutôt, d’après l’analyse de certains, un conservateur bonapartiste. Voilà peut-être un début d’explication.

    C’est un raccourci trop rapide, à mon avis, de dire qu’être pour la régularisation des sans-papiers est synonyme d’être contre le maintien des frontières. Je ne pense pas que l’on puisse lier les deux. C’est comme les termes “immigration” et “identité nationale”, il y a des juxtapositions, et parfois des raccourcis trop rapides, qui sont fâcheux.

  19. Le vilain petit canard dit :

    “Je commence vraiment à y croire. Encore une ou deux émeutes comme ça et c’est plié”.
    (Nicolas Sarkozy, propos rapportés par le Canard Enchaîné du 4 avril)

  20. Anne dit :

    J’aurais préféré ne mettre que le lien, mais l’article n’est plus accessible aux non abonnés…

    Personnellement, je trouve l’idée tout simplement géniale.

    Le Monde du 31/03/07, Le dilemme du vote « utile »
    Une nouvelle théorie électorale pour choisir le président
    Michel Balinski et Rida Laraki
    Chercheurs au CNRS et au laboratoire d’économétrie de I’Ecole polytechnique

    Une élection présidentielle permet aux Français de s’exprimer et de
    choisir. Une majorité souhaite disposer d’un large spectre de candidats
    afin de pouvoir s’exprimer le 22 avril. En principe un mode de scrutin
    est supposé permettre de choisir le candidat réellement voulu par
    l’électorat. Or l’élection de 2002 démontre les aléas incroyables du
    système actuel. Si Jean-Pierre Chevènement s’était retiré, Lionel Jospin
    aurait affronté Jacques Chirac au second tour au lieu de Jean-Marie Le
    Pen. Il est alors impossible de savoir qui aurait gagné.
    Mais si Charles Pasqua s’était présenté, comme il avait menacé de le
    faire, il aurait pu attirer un nombre suffisant des voix de Jacques
    Chirac, le reléguer à la troisième place, et ainsi produire un second
    tour entre Lionel Jospin et Jean-Marie Le Pen. Par conséquent, l’absence
    ou la présence au premier tour de candidats n ayant aucune chance d’être
    élus peut être tout à fait déterminante. Cela peut trahir la volonté des
    Français. La défaillance de ce mode de scrutin vient du fait qu’il ne
    permet pas aux Français de s’exprimer pleinement. Voyons pourquoi.
    Il y aura douze candidats le 22 avril. Un électeur ne pourra s’exprimer
    au premier tour qu’en votant de treize façons différentes :
    pour un parmi les douze candidats, ou pour aucun (en votant blanc). Ce
    n’est qu’une bien maigre expression de son opinion vu la complexité et
    l’importance de la décision à prendre. Plus grave, ce choix est
    stratégique : faut-il voter selon «son coeur» ou voter «utile» ? Et
    comment un électeur peut-il savoir comment voter vraiment «utile» ? La
    tâche est très complexe. Elle demande la connaissance de toutes les
    informations disponibles. Plusieurs ont jugé absurde l’annonce d’un
    sondage qui donnait François Bayrou gagnant contre Nicolas Sarkozy et
    contre Ségolène Royal au second tour, quand le même sondage le montrait
    troisième au premier tour. Loin d’être farfelue, cette information est
    pertinente.
    En effet, certains des électeurs qui préfèrent Mme Royal à M. Bayrou de
    peu pourraient juger «utile» de donner leurs voix à François Bayrou en
    espérant qu’il batte Nicolas Sarkozy ; ou, certains ayant un penchant
    plus marqué pour M. Sarkozy que pour M. Bayrou pourraient décider
    «utile» de voter François Bayrou dans l’espoir d’écarter Ségolène Royal.
    Qu’un candidat soit écrasé au second tour pourrait induire certains de
    ses électeurs à voter «utile» pour un autre candidat. Un mode de
    scrutin, le «jugement majoritaire», issu d’une nouvelle théorie, évite
    tous ces problèmes. Il permet à l’électeur d’exprimer les nuances de ses
    préférences. L’électeur est invité à juger l’aptitude de chaque candidat
    à être un président «très bien», «bien», «assez bien», «passable»,
    «insuffisant», ou «à rejeter».
    Il attribue, ainsi, une mention à chaque candidat. Le jugement exprimé
    dans cette échelle doit prendre en compte les idées politiques, sociales
    et économiques du candidat, son charisme, son âge, son honnêteté, son
    parti, son entourage et tout attribut que l’électeur pense important.
    L’électeur a de quoi s’exprimer : tandis qu’avec douze candidats le
    scrutin majoritaire lui permet treize façons d’exprimer son opinion, le
    jugement majoritaire lui en offre plus de deux milliards. Comment alors
    désigner le gagnant ? A chaque candidat est conférée sa mention
    majoritaire : 50 % de ses mentions sont plus élevées ou égales, 50 %
    sont moins élevées ou égales (c’est la «médiane» de ses mentions). Cette
    mention est la seule qui soit démocratique. Un seul tour suffit : l’élu
    est le candidat ayant la mention majoritaire la plus élevée. Une règle
    apparentée départage les candidats en cas d’égalité.
    La mention majoritaire d’un candidat ne dépend pas de celle d’un autre.
    Donc retirer ou ajouter un candidat ne peut avoir aucune influence sur
    celui qui remporte l’élection. Toute candidature sérieuse de n’importe
    quelle couleur politique est la bienvenue : le jeu tordu des parrainages
    est éliminé. Toute expression d’opinion d’un électeur est à la fois
    «utile» et selon «son coeur». Le résultat de l’élection ne dépend plus
    d un choix à la fois difficile et problématique issu d’une stratégie de
    vote prise en fonction d’informations imparfaites. L’élu du jugement
    majoritaire est le candidat véritablement désigné par l’opinion riche et
    complexe de l’électorat.

  21. Mag dit :

    Anne, tu fais du détournement d’articles payants ? Est-ce bien légal, tout ça ?
    Mais la proposition des 2 économètres (je ne savais même pas que ça existait…) est intéressante, encore que j’ai du mal à imaginer comment ça pourrait se passer. Mais j’avoue que ça me simplifierais la vie !

  22. Vincent dit :

    Ils n’ont pas inventé le fil à couper le beurre, les économètres, ce sont des pratiques qu’on utilise souvent en classe (par exemple pour choisir les textes destinés au journal d’école, etc…).

    En gros, quand on a peu de choix (je dirai moins de 10), on demande aux élèves d’attribuer à chacun une note de 1 à 5. Il suffit ensuite d’additionner les points obtenus pour connaître le gagnant (cela revient au même - en plus simple, je trouve - que l’histoire de mention et de médiane).

    Quand il y en a trop, ça devient long et fastidueux, on demande alors généralement aux élèves de noter dans l’ordre les cinq qu’ils préfèrent. On attribue ainsi 5 points au premier, 4 au deuxième… et on additionne au final l’ensemble des points.

    Je n’avais jamais songé à l’étendre aux élections à plus grande échelle. Je trouve également que c’est une excellente idée (il ne s’agit plus de “choisir un camp” mais d’indiquer des préférences). Je sens que je vais en devenir un farouche militant. Merci Anne.

    Quant à l’argument de la complication que ça apporte au moment du dépouillement et du comptage… il suffit peut-être d’accélérer la mise en place parallèle du vote électronique.

  23. Bernard dit :

    L’idée me plait énormément. Merci Anne. Cet article dans le Monde m’avait échappé.

  24. Humeur badine dit :

    Des articles importants qui t’échappent… mais que t’arrive-t-il, Bernard ? Où va-t-on si on ne peut plus faire confiance en ta vigilance ? Tu fatigues ?

  25. Anne dit :

    En fait, je ne l’avais pas vu non plus sur le site du Monde. C’est un naturaliste qui l’a copié dans un forum de discussion que je vais lire régulièrement Un naturaliste que Bernard connaît bien mais que je me garderai de citer ici (ça ferait un peu moucharde après la remarque de Mag). Un personnage haut en couleur, qui n’a pas sa langue dans sa poche – ce qui serait d’ailleurs fort dommage, et qui tente régulièrement de titiller les consciences politiques.

    Je crois que la mise en application se heurterait moins à des problèmes techniques (on fait quand-même des trucs beaucoup plus compliqués, non ?) qu’à des blocages politiques.
    Qui oserait faire une telle proposition qui remet profondément en question le système électoral actuel ?
    Qui accepterait de se mesurer « définitivement » à tous les autres candidats ? Je veux dire que, comme le dit bien l’article, on sait qu’actuellement le premier tour n’est pas si représentatif que ça puisqu’on ne connaît pas la part des votes utiles.
    De plus, le président n’étant élu qu’à l’issue d’un deuxième tour, on garde en mémoire les résultats de ce deuxième tour. Vous souvenez-vous, de tête, des résultats de Mitterrand aux premiers tours de ses deux élections ?

    Mais, comme Vincent, je me sens prête à défendre l’idée.

    Enfin, si j’abandonne mon idée de despotisme éclairé.

  26. Vincent dit :

    Le “despotisme éclairé” ? Wahou, faut oser !
    C’est rare, de nos jours, d’oser se dire “anti-démocrate” (même Le Pen n’est jamais allé jusque-là !).
    Si tu considères que le coeur du problème actuel est le peuple (son igorance, sa bêtise, son immoralisme…), je comprends que tu en tires la conséquence logique qui consiste à lui retirer le pouvoir que lui accorde le régime démocratique et veuilles en finir donc avec cette “utopie dangereuse”.
    Le problème cependant que ça pose : qui déterminera les “éclairés” qui seront considérés aptes à diriger les autres ( les “obscurs”) ?
    Peux-tu développer ton “idée”, Anne, steuplé ?

  27. Bernard dit :

    Je suis tellement d’accord avec Anne que j’envisage un article là-dessus d’ici 10 jours. ça vous embête qu’on arrête le débat là pour le reprendre à ce moment-là ? J’ai peur que plus personne ne vienne sur cet article qui est en 10ème position maintenant. Enfin, c’est juste une proposition …

  28. Bernard dit :

    Qui c’est qui a dit qu’elle est pas sympa, Ségolène ? Elle vient à Besac le jour de mon anniversaire !!!

  29. Mag dit :

    J’suis tellement pas d’accord avec Bernard et avec Anne que c’est d’accord pour le rendez-vous dans 10 jours. Mais avec ses 80 commentaires, il marche pas trop mal cet article sur Sarko quand même !

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