Je ne suis pas un grand amateur de fleurs au jardin. Les fleurs cultivées sont en général trop grosses, elles étalent un peu trop leurs couleurs vives. Il y a beaucoup de vulgarité dans les fleurs d’ornement, alors que ce n’est pas le but recherché. Pourquoi l’homme s’acharne-t-il à sélectionner des fleurs de plus en plus grosses ?
J’aime par contre les choses plus nuancées, les fleurs de petite taille. Il y a un mois, les ancolies (dont Maryse et Dom nous avaient donné des graines) fleurissaient. J’ai aimé leur discrétion au jardin … mais j’ai oublié de les photographier.
Je déteste les massifs de pensées qui ornent tous les espaces publics, ronds-points et autres entrées d’hôpital. Mais j’ai un faible pour les toutes petites pensées sauvages que ma grand-mère avait dans son jardin et dont j’ai transplanté quelques pieds (les pieds des pensées évidemment, pas ceux de ma grand-mère !) dans les graviers de notre cour. C’est le domaine réservé de Joëlle qui veille à ce que les mauvaises herbes ne viennent pas trop les envahir. Au rythme où elles progressent, les pensées devraient avoir coloniser toute la cour d’ici deux ou trois ans.
Je n’ai pas non plus d’affection particulière pour la plupart des roses, ces soit-disant “reines des fleurs”. Beaucoup trop grosses en général. Mais Pascale m’a donné il y a quelques années une bouture de rosier grimpant à petites fleurs blanches qui me convient bien. Au bout de cinq ans, les dimensions sont impressionnantes.
Dans l’affreuse haie de Tuhya dont j’ai héritée en achetant la maison (et que je n’ai pas encore remplacée), émerge un églantier d’ornement dont les fleurs sont beaucoup plus petites que les vraies roses mais infiniment plus nuancées.
Je ne connais pas du tout la technique du bouturage (il va falloir que je me penche un peu là-dessus, c’est une technique qui offre des tas de possibilités) mais si un lecteur de ce blog est intéressé par ces deux plantes à bouturer - petit rosier blanc et églantier rose - le jardin lui est ouvert (en contrepartie : un petit cours sur le bouturage, dont je suis preneur !). Avis aux amateurs.



Tombée de la branche
Une fleur y est retournée :
C’était un papillon
*
A celle du liseron
Elle sera sans doute aujoud’hui pareille
Ma propre vie !
*
Que n’ai-je un pinceau
Qui puisse peindre les fleurs du prunier
Avec leur parfum !
*
Du coeur de la pivoine
L’abeille sort,
Avec quel regret !
*
Sur le bord du chemin
Fleurissait une mauve :
Le cheval l’a mangée !
*
Qui se soucie de regarder
La fleur de la carotte sauvage
Au temps des cerisiers ?
*
Juste assez de douceur
Pour qu’au prunier une fleur,
Après l’autre, éclose.
*
Tout à brûlé.
Heureusement les fleurs
Avaient achevé de fleurir.
*
Le batelier
A l’oreille dure,
Comment lui parler des fleurs de pêcher ?
*
Ça, ça
C’est tout ce que j’ai pu dire
Devant les fleurs du mont Yoshino.
*
En ce monde nous marchons
Sur le toit de l’enfer et regardons
Les fleurs.
*
L’escargot n’accorde
Pas un regard
A l’oeillet.
*
Il hume un camélia
Le jette, reprend sa marche
Le mendiant.
*
Ne chasse pas le taon
Venu visiter
Les fleurs de cerisier.
*
Sous l’apparence de la
Minuscule violette
J’aimerais revivre.
*
Pissenlits !
Pissentlits ! sur la plage
Le printemps se déploie.
*
Sur les iris,
Collées
Des chiures de milan.
*
La rose de Sharon
Ne rit
Ni pleure.
*
Le chêne
Sa mine indifférente
Devant les cerisiers fleuris.
*
Dans le vaset ciel
Les fleurs de magnolia
Se balancent.
*
Sur les oeillets
Blanchoie un papillon
De qui est-ce l’âme ?
*
Elles se cachent derrière les fleurs
Les fleurs
Au mont Yoshino.
*
Les yeux sont à l’horizontale
Le nez à la verticale
Les fleurs viennent au printemps.
*
Parfum de la fleur de melon
Le renard éternue
Nuit de lune.
*
Il fait lourd
On a cousu des lys
Sur la pelouse.
*
Sous la hache de la nouvelle lune
Elles s’éparpillent, les fleurs
A l’aube.
*
Près du lys-plantain
La sauterelle
Psalmodie.
*
Narcisses !
Cette beauté a mal
Au crâne.
*
A quoi rêvent-ils dans les fleurs
Les papillons
Muets ?
*
Ne la cueille pas
Laisse-la dans le champ
La fleur-fille.
*
Si elle pouvait parler
Quele voix aurait-elle
La fleur-fille ?
*
etc…
L’orchidée
Met ses mains
Dans les poches
Et les cherche
Partout.
*
La lumière
Se fit
Une blessure
A l’oeil
Et donna
Le glaïeul.
*
Le parfum
Se promena
Nu
Avec
Pour tout cache-sexe
La forme
De la fleur.
*
etc…
(Malcolm de Chazal, Sens magique, 1957)
Avec les doigts des fleurs autour de moi, je tourne les feuillets de mon album de l’âme.
Et je suis dans le jardin de Dieu.
(Malcolm de Chazal, Sens magique, 1957)