La chouette effraie
Un oiseau de nuit que j’aime bien et que j’ai aperçu hier dans les phares de ma voiture : la chouette effraie !
En dédicace à KN’L

Cet article a été publié
le Mercredi 26 décembre 2007 à 19:50 et est classé dans Coups d'ailes.
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26 décembre 2007 à 22:01
Décidément, c’est Chouette Bussières. Il y a deux semaines, c’est une hulotte qu’on avait vue de vraiment très près en venant chez les dupdup, à quelques mètres de la maison.
26 décembre 2007 à 22:03
C’est d’ailleurs à Bussières que cette chouette a été photographiée … il y a vingt cinq ans !
26 décembre 2007 à 23:02
Pour voir d’autres photos de chouette effraie, toutes faites la même année :
http://www.leblogadupdup.org/gallery/la-dame-blanche/
27 décembre 2007 à 12:07
oui, bon, c’est vrai que la ressemblance avec les miennes n’est pas frappante … j’avoue ;-)
Cela dit, elle est vraiment jolie cette dame blanche. Je garde aussi un très bon souvenir de sa grande soeur la hulotte que j’avais vue du côté de Brussey, dans les phares d’une voiture aussi, il n’y a pas 25 ans mais … pas loin !
27 décembre 2007 à 13:26
Bon, il y a quelque chose qui m’échappe.
Aucune idée de qui est Kn’L, ce qui, est normal sur un blog, mais l’allusion à « ses » chouettes me titille…
2 janvier 2008 à 22:53
Le chien aboie, la chouette effraie… qu’importe, la caravane passe !
2 janvier 2008 à 23:29
LE HIBOU (1)
Il est venu se poser près de moi à l’instant même où, blotti contre une haute branche, j’allais m’y endormir avant le départ auroral. Près de moi, tout près de moi, Il s’est posé et Il a dardé sur moi ses yeux jaunes, ronds et fixes. Fixes, jaunes et ronds. Ronds, fixes et jaunes. Jaunes, fixes et ronds. Ronds, jaunes et fixes. Fixes, ronds et jaunes. Absurdes mots de la langue hominienne qu’il faut tracer à la suite les uns des autres au lieu de les écrire en une seule fois, tels que je les ai véritablement ressentis quand je perçus, comme un regard unique la présence de ses yeux jaunes, ronds et fixes, fixes, jaunes et ronds… Immobiles, ces yeux, désincarnés de l’ombre comme si la Nuit elle-même me fixait. Je ne compris qui Il était que lorsqu’un long hululement sortit de son corps invisible et se répercuta sur les collines : un Hibou, un gros Hibou, un Duc ou Grand-Duc peut-être. Mais ce Hou-hou-houhh-houhh-hou-hou-houhh ne me disait ni ne m’apprenait rien, et je ne sus quoi Lui répondre. Alors, il se dandina sur sa branche, remuant comiquement la tête en désarticulant le cou, et reprit son cri modulé. J’imitai ce cri, plus bas, comme en le susurrant et, rassuré sans doute, Il cessa de me regarder. Et je me sentis délivré de l’inquisition de la Nuit. (…)
(Le pays sous l’écorce, Seuil, 1980)
2 janvier 2008 à 23:29
LE HIBOU (2)
(…) L’ennuyeux avec les Hiboux, c’est qu’ils dorment pendant le jour. Ou tout au moins qu’ils somnolent en une sorte d’hypnose dont il n’est guère commode de les tirer. Il n’émane plus d’eux alors que des marmonnements confus, des bredouillis fantômes ou bien, dans le meilleur des cas, des éructations syncopées. Essayez donc de parler avec quelqu’un qui dort et ne vous répond qu’en brefs, inconsistants sursauts dont on ne sait si ce sont vraiment des réponses éveillées ou les soliloques du rêve se poursuivant à haute voix. Tout, dans les mots, les phrases ou les sons susurrés, devient alors malentendu et dialogue de sourds. Ainsi en fut-il avec Lui, car Il vaquait la nuit à ses occupations et rentrait silencieux pour s’endormir à l’aube. Je n’arriverais à Lui parler qu’au moment du réveil ou de l’endormissement, lorsque, tapis tous deux dans un creux, je guettais le moment propice. (…)
(ibidem)
2 janvier 2008 à 23:30
LE HIBOU (3)
(…) Ce qu’Il m’apprit surtout, c’est d’abord à vivre et à bouger sans bruit, à ne parler, à ne chanter que dans les chuchotis d’un chuintement feutré. Nous vivions en sourdine et en catimini, observant et contemplant le monde du haut de nos ramures, sauf quand la lune apparaissait : alors, avec une joie étrange, nous émettions à tour de rôle des appels hululés. Car si la Grue m’apprit le Vent, Toi tu m’appris la Nuit et, peu à peu, je sus distinguer la pénombre de l’ombre, l’obscur du clair-obscur (quand le ciel obombre la terre) et les nuits de la Nuit. Bien que, évidemment, ce mot nuit soit un mot hominien, totalement ignoré des hiboux. Pour eux, il ne fait jamais nuit sur terre : au soir du jour, il y a seulement adombrement des choses, soudaine ou lente obscuration du clair (et c’est pourquoi on ne saurait parler de clair-obscur à un Hibou. Pour qu’il comprenne, il faut lui dire, lui hululer : un obscur-clair). Oui, un effacement, une disparition de la lumière comme une page blanche couverte peu à peu d’une encre entée d’éclats. (…)
(ibidem)
2 janvier 2008 à 23:31
LE HIBOU (4)
(…) Je ne sais pas si mes yeux ont changé, si – depuis qu’à Tes côtés je m’efforce, chaque nuit, de devenir un co-Hibou – je possède comme Toi une grande cornée d’or au fond de mes orbites. Je sais seulement qu’à présent je perçois les mille strates de l’obscur. Que je sais hululer comme il faut pour saluer sous la lune l’émoi luisant des herbes. Que je sais dire moi aussi : …je… suis… je… suis… aux créatures de l’ombre. Je hulule surtout pour le plaisir de lancer mon cri dans le sombre car je n’ai pas le goût du sang et je répugne à me nourrir des rongeurs dont Il se repaît. Le seul désir que j’éprouve est celui du départ. Aussi, un beau matin, ai-je quitté le trou où tous deux nous avons veillé, Te laissant à Tes rêves de plumes tièdes et de rongeurs, boules de songe gavée de sang. Et je Te hululai : au revoir très doucement, très chuintement et, une ultime fois, Tu dardas vers mes yeux (vers leur cornée d’or au fond de mes orbites ?) ,noires, rondes et fixes, rondes, fixes et noires, fixes, noires et rondes, Tes pupilles.
(ibidem)
2 janvier 2008 à 23:40
J’aime beaucoup, dans le texte de Lacarrière, cette idée que la nuit n’existe pas pour les chouettes et hiboux.
Déroutant, non ?, d’imaginer le rapport au monde de ces animaux qui s’isolent et se reposent non pas, comme nous, quand la lumière manque mais quand il y en a trop !
2 janvier 2008 à 23:44
Je viens de découvrir la “tronche” des bébés effraies :
http://www.athenas.fr/IMG/jpg/Chouette_effraie_15_jours.jpg
Bizarre !
Généralement, dans le monde animal, les “petits” sont plus “mimi” que les adultes , mais là…
Il y a d’autres choses, encore, qui est “à l’envers” chez elles ?
2 janvier 2008 à 23:51
Moi, ce que j’aime dans le texte de Lacarrière, c’est qu’il n’oublie pas de noter que malgré leur côté “lunaire”, les chouettes et hiboux sont tout de même de sacrés rapaces, avides de sang.
Il oublie toutefois de préciser que le plus difficile, lorsqu’on cause avec eux, est… qu’ils puent sacrément de la gueule (comme tous les carnivores) !
3 janvier 2008 à 13:55
LES HIBOUX
Sous les ifs noirs qui les abritent,
Les hiboux se tiennent rangés,
Ainsi que des dieux étrangers,
Dardant leur œil rouge. Ils méditent.
Sans remuer ils se tiendront
Jusqu’à l’heure mélancolique
Où, poussant le soleil oblique,
Les ténèbres s’établiront.
Leur attitude au sage enseigne
Qu’il faut en ce monde qu’il craigne
Le tumulte et le mouvement ;
L’homme ivre d’une ombre qui passe
Porte toujours le châtiment
D’avoir voulu changer de place.
(Les fleurs du mal, XLVII)
3 janvier 2008 à 14:23
Pour le hibou, jamais
il n’est
de nuit noire.
Tout est affaire
de regard.
6 janvier 2008 à 10:12
“Pousser des cris d’orfraie”, c’est bien une expression qui fait référence à cette chouette, non ?
6 janvier 2008 à 10:25
Non, pas du tout. L’orfraie était donné autrefois à l’aigle des mers = le pygargue à queue blanche. Mais comme l’effraie pousse des cris aigus, on pense généralement que l’orfraie est l’ancien nom de l’effraie.
Buffon a été le premier je crois à décrire l’orfraie véritable :
http://www.oiseaux.net/buffon/tome1/orfraie.html
7 janvier 2008 à 13:09
Merci pour cette précision, Bernard.
J’imagine que le pygargue pousse des cris encore plus perçants que l’effraie, c’est bien ça ?
8 janvier 2008 à 1:18
Déjà c’est carnivore, mais en plus (Jacques Lacarrière a oublié d’en parler alors que c’est tout de même une sacrée spécificité) : ça “chie” de la gueule (ou tout comme) une chouette. Y’en a beaucoup qui seraient tentés de l’embrasser ?
Vous imaginez ce que ça doit être, vous, d’être obligé d’avaler “tout rond”, d’attendre que ça “travaille”, puis de recracher une boule faite des os, des poils… et de l’emballage ?
8 janvier 2008 à 1:21
http://www.dailymotion.com/video/xiqfh_pelote-de-rejection
8 janvier 2008 à 1:22
Tout est monté “à l’envers” dans ces bêtes-là, moi j’vous dis !!!
8 janvier 2008 à 1:23
Même la tête… qui peut tourner à 360°, paraît-il !
8 janvier 2008 à 14:24
Heu… mais donc, les chouettes, elles ont pas de trou du cul ?
8 janvier 2008 à 19:09
J’imagine qu’elle fait tout de même des fientes, mais sans avoir la moindre idée de la proportion (entre ce qui remonte et ce qui sort).
Bernard le sait sûrement. Ou Christophe. Ou Anne…
10 janvier 2008 à 1:09
Le stade est différent : ce qui remonte vient de pas bien loin (estomac je pense) et ce qui descend est le fruit (!) de la digestion au niveau intestinal.
En gros les grumeaux sont éjectés et la pâte est lentement digérée… avant d’aboutir dans l’orifice commun aux émissions des déchets solides, liquides ou séminales. En clair un cloaque.
Mais c’est ce que vous pensiez sans doute de la surface située sous l’oiseau non ?!
10 janvier 2008 à 7:09
Pendant qu’on est dans le trivial : ça explique qu’une fiente soit à la fois solide et liquide ainsi que généralement bicolore, que ce ne soit pas un compliment non plus, et que trou du cul soit plutôt réservé aux mammifères bipèdes parlants, voire écrivant…
11 janvier 2008 à 9:35
Vincent, pour découvrir la tronche des petites effraies, y’avait aussi ma galerie d’images :
http://www.leblogadupdup.org/gallery/la-dame-blanche/
11 janvier 2008 à 12:41
J’aurais pu penser aller les revoir, c’est vrai (j’aimais bien, en plus, le temps des photos du jeudi ;-) )
11 janvier 2008 à 12:45
Au risque d’insister avec mes “trucs qui ne se disent pas” sur les chouettes (mais, qu’on me comprenne, je ne me moque pas, j’essaie juste d’ouvrir un oeil “naïf”) : vous ne trouvez pas que la face des Effraies ressemble à une tranche de je ne sais quoi (une sorte de fruit ou de légume) ?
(Merci, au fait, pour ta réponse Christope… et le complément d’info sur le cloaque)
11 janvier 2008 à 12:57
Une tranche de cake ?
11 janvier 2008 à 16:40
Sincèrement, plus je la regarde, et plus je la trouve “étrange” c’te bête (encore plus que les autres chouettes même).
11 janvier 2008 à 18:48
Un palmier, deux cerises et un pignon.
11 janvier 2008 à 19:14
Le fond de l’air effraie !
11 janvier 2008 à 23:05
[…] Le hiéroglyphe épyptien en forme de chouette fait partie des 24 signes alphabétiques ayant la valeur d’une seule lettre : […]figure là un dessinde chouette effraie reconnaissable avec la légende “Hiéroglyphe égyptien représentant la lettre m”
[…] Dans ce hiéroglyphe, la chouette est représentée avec la tête de face, ce qui est exceptionnel par rapport à la traditionnellle représentation de profil, et qui permet de distinguer sa face en forme de cœur, confirmant qu’il s’agit bien de la chouette effraie.[…]
In “La mystérieuse histoire des oiseaux. Du minuscule roitelet à l’albatros géant. Robert Laffont”
12 janvier 2008 à 0:08
Il date de quand ce bouquin, siouplé ?
Il est possible, à votre avis, de le trouver dans une librairie quelconque des alentours ? J’aimerais bien le feuilleter un ti coup.
12 janvier 2008 à 0:52
C’est tout frais, et c’est une mine d’or : le père-noël m’en a amené un. Dépôt légal 11/07
Ça doit se trouver partout.
Sauf que le père-noël est parti y paraît.
15 janvier 2008 à 15:08
Tiens, c’est curieux, chez moi aussi le père noël chez moi a apporté “la mystérieuse histoire des oiseaux”
15 janvier 2008 à 15:11
La mystérieuse histoire du nom des oiseaux, exactement
16 janvier 2008 à 18:50
Evidemment, Christophe, le père Noël est reparti dans son bureau, au milieu de ses secrétaires :
http://elveteran.mon-blog.org/images/24487/humour/E50.JPG
19 janvier 2008 à 14:01
Bonjour,
j’ai le grand bonheur d’héberger une chouette effraie dans ma grange, mais les travaux que j’ai entrepris m’obligent à fermer les plus grandes ouvertures.
Quelles sont les dimensions minimum que je doit préserver pour qu’elle puisse continuer à entrer/sortir ?
Dois-je plutôt les ouvrir dans une porte à hauteur d’homme ou plutôt en hauteur, sous l’avancée du toit par example ?
Faut-il un marche pied, à l’intérieur ( et à l’extérieur ? ) pour lui permettre atterrissage et envol ?
Merci d’avance pour les conseils et commentaires et d’éventuellement transmettre à d’autres “experts” que vous pourriez connaitre.
Christian Looten
christian@looten.net
19 janvier 2008 à 15:33
Christian, oui, c’est un grand bonheur d’héberger une chouette dans son grenier, et c’est encore mieux quand elle n’y vient pas uniquement pour s’y reposer mais aussi pour s’y reproduire.
L’ouverture dans le mur doit être haute, elle doit donc plutôt être faite sous l’avancée du toit. Un trou de 20 cm de hauteur sur 15 cm de largeur est suffisant. Pas besoin de marchepied. Il y a un truc qui marche bien, c’est d’installer un nichoir en bois juste derrière le trou. La chouette effraie entre alors directement dans son nichoir. Mais attention, l’effraie n’aime pas trop la lumière, il faut donc installer une petite chicane (une petite cloison), l’effraie entre par là puis va se mettre ensuite à l’obscurité dans une espace assombri qui doit mesurer environ 30 X 30 cm. Pour que ça marche (souvent au bout de plusieurs années seulement), il faut que le grenier soit tranquille et qu’elle ne soit pas dérangée. Je l’ai fait au-dessus de mon bureau et cette chouette s’y reproduit tous les ans.
13 octobre 2008 à 12:51
elle est ans un panier et dor, doit-on aller la remettre dans le bos
d’où apparemment ell provenait ?
13 octobre 2008 à 22:21
Oui ce serait une bonne chose , surtout si elle n’est pas blessée !!
15 octobre 2008 à 18:42
Tiens, on nous a amené une chouette effraie morte aujourd’hui, elle portait une bague …