Nous voici arrivés à une période où il est difficile de manger un peu de verdure. Il n’y a plus grand chose au jardin et les quelques légumes présents sont précieux. Ainsi ces salades « merveille d’hiver » dont j’ai déjà parlé et qui doivent impérativement être semées en septembre en vue d’une récolte ultérieure en avril et début mai de l’année suivante.
Les poireaux font aussi partie des rares légumes subsistant de l’année précédente.
Ces deux légumes vont permettre de faire le joint avec la récolte des premiers légumes semés en 2010. Les prochaines salades à consommer sont déjà belles mais il faudra encore attendre une quinzaine de jours pour qu’elles soient de bonne taille.

Les salades aiment le frais. Et la tendance, année après année, est plutôt au sec. Alors que faire ?
Je suis en train de changer de méthode de culture car je suis convaincu que le sol doit rester le moins possible à nu. J’utiliserai peut-être la technique du BRF (Bois Raméal Fragmenté) dans les années qui viennent, mais je ne sais pas encore si je vais vraiment m’équiper d’un broyeur. Pour l’instant, je vais me contenter d’une technique moins onéreuse.
Ce printemps, j’ai remarqué que le sol était infiniment plus meuble et plus facile à travailler là où j’avais mis de la paille l’été précédente dans le but de maintenir un peu d’humidité au pied de mes tomates. Alors j’ai décidé de pailler l’ensemble du jardin. Ce qui va assurément permettre à toute une microfaune de vivre et de faire vivre le sol.
Certains d’entre vous pratiquent-ils cette technique ?





Bien sûr !
Et je suis certain que tu va aller de surprise en surprise avec ce procédé : pas ou plus de désherbage, un sol qui est battu au lieu d’être battant.
J’ai eu aussi quelques déboires avec cette méthode : pourrissement lors des épisodes pluvieux prolongés, donc attention à la qualité de la paille (bien sèche) et à sa quantité.
Quant au BRF, cette technique m’intéresse aussi… mais il faut impérativement un broyeur non ?
Pour ma part, j’ai eu une expérience bizarre l’an dernier avec la paille, dans le jardin communautaire, car j’en avais mis entre les rangs pour empêcher les mauvaises herbes de pousser, et ça a marché, mais il est poussé du blé entretemps!!
(et oui, j’ai eu le temps de voir que c’était du blé, car il a tellement plu qu’en juillet, j’allais au jardin seulement une fois par semaine ou par deux semaines et ça a eu le temps de pousser…)
Oui, comme toi Jiji, j’ai déjà eu ce genre de déboires lors d’essais antérieurs, mais l’herbe qui pousse au milieu de la paille est très facile à enlever, il suffit de tirer à peine dessus pour qu’elle vienne toute seule.
Un autre avantage …
On peut aller au jardin sans revenir avec trois kilos de terre collée sous chaque botte.
Par contre, quand on revient avec de la paille sur les habits, votre conjoint vous demande avec qui vous êtes allé(e) vous rouler dans la paille !
La terre sous BRF ou paillage reste beaucoup plus meuble et humide, cela est sans doute dû au travail des lombrics qui, grâce à cette méthode travaillent plus en surface…
Quant à l’achat d’un broyeur à BRF, il n’est pas intéressant d’en acheter un à bas prix car sa durée de vie est de deux ou trois ans pas plus, prendre un appareil dans une fourchette de prix moyen ou plus élevé ou tout simplement en louer un, et surtout calculer si l’on dispose de suffisamment de branchage pour faire du BRF en quantité suffisante. Ne pas oublier que la décomposition du BRF est beaucoup plus longue que celle de la paille et qu’il est beaucoup plus aisé de retirer éventuellement de la paille si la couche a été importante que le BRF pour cultiver les semis, type carottes, notamment l’année suivante ou de nombreux morceaux ne sont pas encore décomposés, et donne des levées irrégulières.
Je privilégie personnellement le BRF pour les carrés de framboisiers, cassis, groseilles et carrés de plantes vivaces !
Je pense que l’achat d’un broyeur ne se justifie que s’il s’agit d’un achat collectif entre plusieurs personnes.
Mon grand-père disait ,
» Le désherbant le plus efficace restera toujours l’ombre du jardinier «
Oui j’ai moi aussi l’intention d’acheter un broyeur. Pour plusieurs raisons. Je déteste mettre le feu, alors je fais des tas de bois partout. Ma compagne en supporte quelques uns mais bon, cette année c’est vrai qu’il y en a eu beaucoup de tas. Le broyeur m’intéresse pour plusieurs raisons. Le paillage évidemment, mais je n’y avais pas trop pensé. Mais surtout pour les toilettes sèches que j’ai l’intention d’installer chez moi. Il se trouve que j’ai beaucoup de bois qui tombe chaque année, il y a beaucoup d’arbres chez moi. Par contre je ne sais pas si je pourrais couvrir une grande surface.
ENFIN !! il était temps qu’on reconnaisse les grandes vertus des brins de paille …!!
Ah ! C’est toi qui reste accorchée aux vêtements de Dupdup quand il va au jardin ?

Ceci dit, sans vouloir te vexer, Bernard, se rouler dans la paille avec quelqu’un ou quelqu’une n’est pas très agréable, ça pique !
Par contre, se rouler dans le foin …
Lurbeltz, je ne connais pas trop la technique des BRF sur laquelle je commence seulement de me documenter, mais il me semble que les broyeurs ne fonctionnent qu’avec du bois vivant qu’on a taillé. Alors, avec tes bois morts qui tombent des arbres, je ne suis pas certain que le broyeur fonctionne.
J’ai commencé de me renseigner sur les différents types de broyeurs, je crois que, comme le dit Francisca, la qualité est très variable d’un broyeur à l’autre, qu’il vaut mieux acheter quelque chose de très bonne qualité et que l’on aurait intérêt à se renseigner vers des personnes qui ont déjà effectué cet achat.
Un article intéressent sur le BRF ;
http://www.terredhumus.fr/content/view/50/19/
Sur ce site vous trouverez beaucoup de renseignements sur le BRF ( études , vidéos , recherches …. )
http://andre.emmanuel.free.fr/brf/index.php?UrlDest=articles
Très intéressant cet article (le premier lien que tu as mis) car il montre que cette technique doit être adaptée à la nature des terres (notamment argileuses, ce qui est souvent le cas dans les jardins de lotissements), que cette technique est encore en expérimentation et qu’elle peut utilement être complétée par la technique des engrais verts.
Je viens de regarder la Vidéo reportage chez Jacky DUPETY.
http://andre.emmanuel.free.fr/brf/articles/CheminFaisant_BRF.rm
ça donne envie de tester cette technique … qui vient du Québec .
Par chez nous, le paillage proprement dit est difficile car on ne trouve plus de paille. Sauf en rouleau mais ça n’entre pas dans la voiture.
Il me reste donc trois quatre ares de pelouse que je continue à tondre et que je place entre les lignes. Les résultats sont encourageants (deux ans). Plus de mauvaises herbes, bonne retenue d’humidité. Et les limaces semblent ne pas trop apprécier…
Les limaces ont sans doute beaucoup de difficultés à se déplacer au-dessus ou au-dessous de la paille, ce qui explique le fait qu’elles n’apprécient pas.
On peut aussi demander à un paysan de livrer une grosse botte de paille, pour peu qu’on ait de la place dans le jardin pour la stocker.
Je pense qu’il faut plusieurs années pour juger réellement de l’impact du paillage sur son sol. Et sans doute faut-il modifier la méthode et l’adapter à la nature de son sol, mais aussi à la pluviométrie de son secteur. Il se peut aussi que le paillage ne soit intéressant, pour certaines terres argileuses, qu’à certaines périodes de l’année (en été).
Je crois effectivement que chaque jardinier à un long travail d’expérience à effectuer en fonction de son terrain.
Un exemple dans un tout autre domaine: je n’essaie plus de manger des « salsifis-scorsonères » de l’année. Je les sème d’office pour le printemps suivant.
C’est donc un légume à rajouter à la liste des légumes de transition. Je viens d’en sortir un de terre (sans le casser) de 42 cm! Qui dit mieux,
42 cm ?
De vrais gamins ! on s’amuse à savoir lequel a la plus longue !
souvenirs, souvenirs…
Blague à part, je viens d’ouvrir mon dernier potimaron (encore un légume de transition) je tente donc une soupe potimaron-scorsonère… miam miam…
Avec juste une noix de crème fraîche et du sel, pour ne pas dénaturer le bon goût de ces deux légumes, le goût de châtaigne du potimarron prédominera bien évidemment, mais un tel velouté, par ce froid saisissant sera, sans aucun doute très apprécié !
Luc, auriez vous la recette du « sirop de Liège » ?
Non, Fransisca. J’achète un sirop artisanal via un magasin bio, mais point ne le fais.
Francisca… pardon.
J’ai mis le sirop de Liège (BIO)à toutes les sauces …. C’est délicieux même dans la bière !!!

Merci au Belge qui un jour m’a fait découvrir ce sirop !!!
La scorsonère , pas moyen d’avoir quelque chose de potable l’année dernière … Aurai-je une terre trop lourde ?
J’en ai semé à nouveau cette année .. à suivre !!
Je pense qu’un certain nombre de légumes ont intérêt à être semés à l’automne, surtout dans les régions où les hivers ne sont pas rigoureux (Bretagne par exemple) : ails, oignons, petits pois, scorsonères …
Cette année, je vais essayer avec des carottes.
Eh! Oh! Bernard, sauf erreur de ma part,
le pluriel de ail (condiment) c’est aulx,
« des ails » est utilisé en botanique….
Enfin, je que j’en dis …..
Pardon, enfin ce que j’en dis
Les légumes racines exigent un sol profond pour acquérir le maximum de leur forme en longueur.
En sol lourd, j’ai pris, la première année en automne, l’habitude de réserver un emplacement spécifique pour ceux-ci : carottes (sauf ronde de Paris), salsifis, scorsonère, radis noir ou asiatique, betteraves, notamment la crapaudine, panais, raifort, persil racine, cerfeuil tubéreux, crosnes et patate douce. Le sol est défoncé au motoculteur en plusieurs passages de plus en plus profonds, puis j’ajoute des sacs de sable fin et du fumier de cheval bien décomposé, et je repasse le motoculteur pour bien mélanger et obtenir ainsi une terre beaucoup plus légère et bien plus apte à accueillir des légumes racines qui se développeront au maximum et avec des racines bien droites et bien longues.
Le travail est long et fastidieux, mais les résultats en valent la peine et en plus l’arrachage est grandement facilité sans casse des racines.
Dans le passé, j’ai pris les mêmes dispositions pour la culture des asperges, à partir de griffes de deux ans, de la ratte et la bonnotte de Noirmoutier, avec toujours des résultats bien supérieurs avec ce procédé.
« Le sol est défoncé au motoculteur en plusieurs passages de plus en plus profonds » aye aye aye …
Francisca, êtes-vous bien sûre d’avoir tout compris des vertus du paillage ?
Je ne parlais pas de paillage, je parlais de culture de légumes racines et pour moi, et pour bien d’autres jardiniers, c’est la meilleure méthode de culture pour optimiser leur récolte.
Pailler sur un sol dur comme de la pierre ne rendra pas votre terre meuble pour autant, les légumes racines ne pourront jamais obtenir leur taille optimum, et de plus ils seront tout biscornus! Mais pailler un sol bien travaillé est un avantage certain et pour de longs mois, car la paille évite le tassement de la terre, son lessivage également, et limite :
les évaporations donc les arrosages, le sol reste ainsi souple,
les écarts de température également,
la prolifération des limaces et escargots qui n’apprécient pas le paillage,
la pousse des herbes indésirables, etc….
Les vertus du paillage incomprises dites-vous. C’est possible, mais cela fait des décennies que je jardine, et je pense avoir ainsi acquis, grâce au savoir-faire de vieux jardiniers, une solide expérience. Le paillage n’a plus de secret pour moi, ni ses avantages, parce que je le pratique régulièrement avec de la paille, j’ai essayé du BRF mais je n’en suis pas tout à fait satisfaite car il faut qu’il soit bien « mûr » pour l’utiliser, sinon, comme le BRF se fait avec des branches vertes, donc vivantes, en fin de saison il reste du bois non décomposé et c’est un obstacle non négligeable pour les semis de la saison suivante.
Ce sur quoi je puis être attaquable c’est le défoncement important du sol, lorsque je fais l’addition du sable, mais je ne procède ainsi qu’une seule fois, le sol les années suivantes, grâce au sable et au paillage est suffisamment meuble pour ne pas avoir à recommencer l’opération.
Je sais que l’on préconise fortement une nouvelle façon de travailler la terre pour préserver l’écosystème du sol en supprimant tout labourage ou bêchage : l’emploi de la grelinette. Je ne puis être contre cette méthode, si c’est pratiqué sur un sol meuble, pour l’avoir essayé, c’est efficace, sur une terre lourde je trouve que c’est totalement inenvisageable!!
Vous jardinez Brind’paille ?
Les rares endroits que j’ai paillés jusqu’à présents sont plus meubles qu’ils n’étaient il y a quelques années. Je pense que le paillage est très intéressant en terre argileuse mais qu’il faut le faire uniquement après avoir bien travaillé la terre car sinon, comme le dit Francisca, on ne peut rien obtenir d’un sol dur.
Je reviendrai régulièrement sur cet article car je pense que l’expérimentation doit être faite sur plusieurs années.
Cela fait trois ans que je teste le paillage de feuilles (10 cm d’épaisseur) après avoir bêché la terre sans la retourner dès la chute des feuilles; paillage que je garde jusqu’au moment de planter; une partie des feuilles s’envole tout de même avec la bise hivernale, mais ce qui reste sert à continuer de pailler les plantations jusqu’à leur décomposition définitive: on découvre énormément de vers de terre; la terre reste très humide,ce qui est un inconvénient pour la travailler, mais il n’y a quasiment pas besoin d’arroser quand il y a trois semaines de sécheresse….Pour l’instant je suis assez satisfait; actuellement je remplace les feuilles par le paillage de copeaux de bois et de paille de lin(bien qu’on m’ait dit que les copeaux rendait la terre acide: est-ce vrai ?) puisque je n’aurai bientôt plus de feuilles sur le sol.
Jusqu’à présent, je mets les feuilles d’arbres (de mon gros bouleau) au compost. Je pense qu’à l’automne prochain, je ferai comme toi et les mettrai directement dans le jardin.
Oui, je jardine, un peu. Notre jardin est tout petit, de plus ombré et argileux (c’est un jardin de village). C’est donc un sol lourd quand il est humide et dur quand il est sec.
Nous n’avons que peu de choses : fraises, groseilles, cassis, framboises, herbes aromatiques, tomates, poireaux, quelques haricots, salades (juste de quoi se faire plaisir …), et selon l’humeur betteraves, pois …. Et des fleurs.
Je suis loin d’être une pro du jardinage et j’interviens au jardin surtout pour les fleurs, les aromatiques … et le désherbage!
Nous mettons sur le sol notre compost, du fumier, les feuilles des arbres et les cendres du poêle. En hiver on met même directement les résidus végétaux sans passer par le compost, ça c’est plus pour nourrir les oiseaux mais ça paraît faire du bien au sol. Evidemment, il ne faut pas espérer à ce moment un jardin « esthétique » …!
Je réagissais surtout sur le fait de labourer profond; il semblerait que ce soit assez dévastateur pour le sol :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Bourguignon
C’est aussi ce que l’on comprend lorsqu’on va voir le film de Coline Serreau.
Oui, c’est dévastateur pour le sol, c’est pourquoi j’ai noté « Ce en quoi je puis être attaquable…… »
Toutefois mon action n’est pas invasive, juste sur la surface destinée aux légumes racines. L’adjonction de fumier de cheval bien décomposé réintroduit des microorganismes, et le paillage favorise la prolifération. Cette action ne peut se faire que sur terre très sèche, moment ou les lombrics sont enfouis assez profondément, si l’on veut une granulométrie satisfaisante; D’ailleurs les vers de terre réinvestissent les lieux rapidement, ce qui laisse à penser qu’ils ont eu le temps de se sauver pour ne pas se faire hacher menu. Le paillage justement permet de conserver une terre très meuble et il est totalement inutile de reprocéder à cette même action, grâce justement au sable, les années suivantes.
Je n’ai pas innové, nous sommes nombreux à utiliser ce principe, mais sur des surfaces raisonnées!
Et perso, je pense que c’est bien moins traumatisant pour la terre que de boire des tonnes d’engrais, herbicides ou de pesticides chimiques. Perso, je cultive bio.
Bernard, inscris-toi vite!
http://www.actu-environnement.com/ae/news/commission-europeenne-appel-projet-desertification-secheresse-_10152.php4#xtor=ES-6
Comment fais-tu Francisca pour mener à bien un tel jardin, avec tant de légumes et de fruits, alors que tu habites sur Paris et que tu n’es donc pas sur place tous les jours. Je crois avoir compris que ton jardin est dans ta propriété de Sologne (peut-être ai-je mal compris ?) ?
Ca doit être une sacrée organisation !
Tu ne dois pas non plus avoir de problèmes de dos …
Ou alors, as-tu un jardinier ?
je suis aussi posé la question… avec admiration pour francisca.
quelle santé ! quel dynamisme ! et quelle érudition ! chapeau !
comparatif sur les broyeurs de végétaux:
http://www.jardiniersdefrance.com/fr/article/article.asp?id=2691
Merci pour avoir dénicher cet article que je viens de parcourir rapidement. Cet article va m’être précieux si jamais j’achetais un broyeur, mais je n’ai pas encore pris la décision de le faire.
Grâce à Hervé, je trouve des commentaires sur « Le paillage au jardin » où Etincelle m’interpelle, commentaires dont je n’avais pas pris connaissance, étant absente cette semaine là, et tout va si vite sur ce blog !!
Depuis cette année, mon jardin est en banlieue (40 km), il me faut une heure pour y aller.
Mais jusqu’à moins de dix ans, pendant des décennies, mon jardin était en Sologne, tout en habitant Paris. Chaque fin d’automne, je semais de l’engrais vert, avec des variétés que je mêlais, qui avaient pour mission pour certains d’aérer le sol, d’autres d’étouffer les herbes indésirables et pour les dernières l’amendement du sol, ce qui a eu pour effet qu’au fil des années, je n’avais quasiment plus de mauvaises herbes, donc l’entretien du potager s’en trouvait grandement facilité ! Vous finissez sinon à passer plus de temps à désherber qu’à cultiver, et passer du temps à désherber n’est pas mon truc ! Je sais que beaucoup d’entre nous négligent de sacrifier trois mois de jardinage sur certaines parcelles pour de l’engrais vert, mais cela est très facile lorsque l’on a un potager de superficie suffisante, il suffit de consacrer une moitié de jardin chaque année, en cultivant des plantes à durée de vie courte, comme les salades, les pois, etc… sur cette parcelle que l’on emblavera en engrais vert. C’est une rotation intéressante, mais il est vrai que j’avais un immense jardin, ceci explique cela.
Non, je n’avais pas de jardinier, quel intérêt d’avoir un jardinier lorsque le jardinage est une de mes passions ? De plus, les légumes que je cultive était alors quasiment inconnus des jardiniers du coin, je ne vois pas comment ils auraient pu m’aider, c’est plutôt moi qui en ai initié certains intéressés par mes cultures, et qui ai ainsi contribué à la biodiversité, non seulement en distribuant mes conseils mais aussi mes graines et mes légumes que je donnais de temps en temps à la cantine de l’école pour améliorer leur ordinaire. J’ai quand même fait appel à un paysan du coin, la première année, car le terrain était en jachère, il a labouré, passé le rotovator, et s’est fait aider pour clôturer tout ça. C’est la seule aide que j’ai demandé.
J’arrivais en Sologne après mon travail, le vendredi vers minuit, après deux heures de route, coucher après une visite au jardin sous l’éclairage de la maison et à la lampe de poche, c’était un rituel que rien n’aurait pu empêcher, et le lendemain, potron minet, alors que le jour ne faisait que commencer à poindre, vers 5h 30, au jardin, jusqu’au lundi matin, retour sur Paris à 5h.
J’avais installé un système d’arrosage automatique assez complexe, en regroupant les plantes qui ont les mêmes besoins dans un même carré, et en faisant bénéficier d’un goutte à goutte certaines plantes comme notamment les tomates.
Finalement tout est question d’organisation, et je peux vous certifier que mon potager faisait bien des envieux, sans engrais surajouté ni désherbant, pourtant, les premiers mois on chuchotait derrière mon dos chez le charcutier notamment « c’est la parisienne qui a son jardin près de la Nère, elle fait ça toute seule, ça va être joli ! beuf… » Vous pensez, dans un petit village, tout se sait, faut surtout pas bouger une oreille…. sinon le garde-champêtre pourrait bien faire une annonce publique sur la place du village, avec baguettes et tambour !! Mais après quelques mois, la chansonnette n’était plus la même, et je dois bien avouer qu’une certaine fierté me faisait sourire.
Mal de dos ? Quelques courbatures en début de saison, oui, mais ensuite, le corps s’y fait, c’est pour tout le monde pareil, on se tient un peu les côtes, mais ça ne dure pas, et c’est précisément le désherbage qui casse!
Ensuite pendant quelques années, je me suis rapprochée de Paris, en ayant une maison en Normandie, avec un jardin de 5000 m2, à 3/4h de mon domicile parisien par l’autoroute! J’y étais du mardi soir au jeudi matin et du vendredi soir au lundi matin, la proximité favorisait grandement cela.
Voilà Etincelle ma réponse à vos interrogations !
Merci Francisca de tous ces éclaircissements.
Il ne me reste qu’à dire « Bravo ! », sincèrement.
Je trouve aussi le travail de Francisca assez impressionnant, et son potager est une sacrée belle histoire d’amour.
Le mal de dos ?
Autrefois, les vieux ne se cassaient pas le dos lorsqu’ils désherbaient. Ils travaillaient la terre le matin dès 5H et ne se baissaient pas pour ramasser l’herbe. L’herbe sortie de terre avec l’outil (une serfouette en général) avait ainsi tout le temps de griller au soleil pendant le reste de la journée. Je continue cette pratique ancestrale.
Merci Francisca pour ce très très beau témoignage !
Lorsqu’il y a, malgré toutes mes précautions, des herbes indésirables, j’utilise la serfouette, outil polyvalent que l’on nomme en Sologne un piochon. je crois que, finalement c’est l’outil que j’utilise le plus. Par contre, je ne laisse pas griller les herbes arrachées, je les ramasse immédiatement, sans me baisser la plupart du temps, je l’attrape avec la partie « fourchue », et hop dans le panier , parce que sinon, je trouve que cela fait « désordre »!! On a beau être « ventre jaune » on peut aussi être un peu « économiseur d’énergie personnelle » (j’aime bien ma formule, j’aurais pu dire « faignant », mais c’est tout de suite moins joli, vous ne trouvez pas )!
Ceci dit, désherber des semis à la serfouette, ça doit pas le faire, et là, ce sont les genoux qui prennent……
Je ne connais pas la serfouette. Je travaille surtout à la binette et à la griffe pour les semis de mauvaises herbes. La chaleur reste le meilleur moment pour désherber, mais je compte de plus en plus sur le paillage.
Dites moi les garçons, qu’est-ce qu’il vous arrive ?
Christophe nous fait un récit pour la deuxième fois et Luc fait des « semis de mauvaises herbes « ! Pas assez de travail dans le jardin Luc ?
Il faut vous reprendre les garçons, phoqu’ça change !
La serfouette est (quasiment) le seul outil que j’utilise. Je ferai un article prochainement sur le sujet. Peut-être qu’en Belgique la serfouette porte un autre nom !
C’est vrai qu’il existe de nombreuses sortes de serfouettes de par leurs formes et la longueur du manche, suivant l’utilisation pour les jardinières,
les massifs ou le jardin. C’est l’outil idéal pur biner, aérer et faire des rayons avant le semis, car plus lourd que la binette,il demande donc moins d’effort pour rentrer dans le sol. Comme Bernard, c’est l’outil que nous utilisons le plus. Pour Luc, la serfouette dite Belge a une forme particulière, et pour lui faire plaisir, lire l’article:
http://www.mot.be/w/1/index.php/Reading/Serfouette
et en Flamand: http://www.mot.be/w/1/index.php/IDDOCNl/00000834
Excuse moi Bernard pour cette petite parenthèse, et j’espère ne pas avoir trop imputé sur ton futur article qui sera certainement très intéressant, car il y en a beaucoup à dire.
Ma serfouette, n’a que deux dents, la belge trois dents apparemment ! Outil indispensable pour tracer les rayons le long du cordeau, et très pratique pour le sarclage entre les rangs serrés de radis par exemple, la binette étant deux fois plus large !
A propos de recouvrement de sol, j’ai retaillé mon lierre ai broyé le tout. Se servir de ce broya pour recouvrir et amender, bonne ou mauvaise idée? J’ai peur d’une trop grande teneur en tanin, comme pour le noyer, déconseillé en compostage.