La serfouette, l’outil-roi du jardinier

Il existe de nombreuses manières de conduire son jardin, chacune d’elle a ses avantages et ses inconvénients. La mienne est le travail permanent de la terre et je me situe, avec cette méthode, dans la tradition des jardins d’autrefois.


« Un binage vaut deux arrosages »
me disait ma grand-mère. Alors, je bine, je bine … Ou plutôt je serfouis ! Car chaque jardinier a son outil privilégié pour travailler la terre et le mien, c’est la serfouette. A vrai dire, je n’utilise jamais (ou quasiment jamais) d’autre outil que celui-là.


C’est un outil ancien, déjà utilisé à l’époque des Romains. Le nom de la serfouette vient d’ailleurs du latin « circumfodere » qui veut dire « creuser autour ». Le mot « serfouir » existe encore dans la langue fraçaise mais je ne l’ai jamais entendu prononcer. En vieux français, on disait aussi serfouer et serfouetter. J’aime ces vieux mots.

La serfouette est constituée de deux côtés disymétiques, l’un généralement plat et l’autre à une ou plusieurs dents. Le seul type de serfouette que j’utilise est le modèle le plus classique qui possède deux dents.

En fait, j’utilise trois variantes de ce modèle, c’est à dire trois serfouettes qui sont légèrement différentes l’une de l’autre. Celle de la photo précédente est celle que j’utilise le plus. Mais quand la terre est bien meuble, comme en ce moment (grâce à la pluie), j’utilise un modèle dont les dents sont plus fines et plus longues, ce qui me permet d’aller loin sous terre et de travailler le pied des plantes en profondeur (par exemple pour les carottes et autres plantes à racines qui ont besoin de terre très meuble pour pousser harmonieusement).

Mais il me manquait un modèle plus costaud pour travailler des terres plus sèches, plus lourdes et plus grumeleuses. Alors je me suis acheté à la foire aux plantes de Dannemarie une vraie serfouette en fer forgé avec des dents solides.


Et j’ai pris soin de choisir un manche de grande taille (pour éviter d’être courbé en jardinant).


Ce manche est en frêne, je l’ai choisi en fonction du fil du bois. Pour qu’un manche soit bon, il faut pouvoir suivre des yeux une veine du bois du début du manche jusqu’à la fin sans avoir à tourner le manche.


Et puis, pour compléter la panoplie, une petite série de mini-serfouettes que j’utilise (ou que Joëlle utilise) pour repiquer des plants ou pour travailler la terre dans des jardinets ou des bacs.

Et vous, vous utilisez quoi comme outil ?

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40 réponses à La serfouette, l’outil-roi du jardinier

  1. Etincelle dit :

    Voilà une bonne occasion de parler de « votre » serfouette, ce que je voulais faire depuis un moment.
    Je dis « votre » parce que chez moi, cela n’existe pas, la serfouette.
    D’ailleurs, quand Bernard en a parlé dans un article il y a quelques temps, cela m’a laissée perplexe.
    Jamais entendu parlé de cet outil là !
    Et pour cause …
    En région lyonnaise, dont je suis originaire, on appelle cet outil un piochon.
    J’ai toujours entendu mon père parler de son piochon.
    Et j’ai moi-même toujours parlé de piochon.
    L’autre jour, alors que j’étais chez un ami (originaire lui-aussi de la région lyonnaise), j’ai fait cette petite expérience …
    L’outil en question était posé dans son potager.
    Je lui ai alors parlé de sa serfouette sans lui montrer de quoi je parlais.
    Il m’a regardé avec des yeux ahuris sans rien comprendre à ce que je disais.
    Lui non plus ne connaissait pas ce mot et a toujours utilisé le mot piochon.
    C’est à se demander si on parle la même langue …
    Comment voulez-vous qu’on se comprenne ! :smile:
    Le frêne est le meilleur bois pour faire des manches d’outils.
    Si Bernard dit qu’il faut vérifier que la veine suit tout le long du manche, c’est donc qu’il y a des gens assez bêtes pour utiliser le bois de travers … :cwy:
    En tout cas, c’est une belle collection de piochons qu’il a le Dupdup ! :smile:

  2. Bernard dit :

    Selon les endroits, on l’appelle aussi binochon, bêchelon ou marochon .
    Mais quand on fait une recherche avec google sur le mot « piochon » dont tu parles, il semble qu’il ne s’agisse que d’une petite serfouette (cf. la dernière photo de mon article), celle qui est courte et qu’on utilise pour travailler dans des jardinets, et non de la serfouette. De toute façon, quelque soit le terme utilisé, il est juste car il s’agit du terme utilisé dans un endroit donné et il n’y a aucune raison de lui substituer le vrai terme consacré.

  3. Etincelle dit :

    Oui, parce qu’en région lyonnaise, le piochon, c’est vraiment la grande serfouette (enfin peut-être pas aussi grande que celle qui a le très grand manche) mais pas les petites en tout cas.

  4. Jino Betti dit :

    Tiens c’est marrant, nous on a toujours appelé ça une « sarclette » et on « sarcle » le jardin

  5. Etincelle dit :

    Ah ben chez nous on sarcle avec un autre outil !
    Quand je vous disais qu’il est impossible de se comprendre, même dans un même pays, même sur un sujet aussi pacifique que le jardinage …
    Alors en ce qui concerne la réforme sur les retraites !!! :smile:

  6. Bernard dit :

    En étant asymétrique et en ayant deux côtés différents, la serfouette est finalement, après consultation du lien précédent, un outil mixte qui a les mêmes fonctions que la sarclette et la binette réunies. Le texte de présentation de la serfouette dit d’ailleurs qu’il s’agit d’un outils qui sert à biner et à sarcler.

  7. Yves dit :

    J’utilise la binette , la rosette et le cultivateur .

  8. Humeur déconnante dit :

    Ah bon, la sarclette, c’est pas l’instrument qu’utilise sarclosy pour piocher dans nos sous ? :biggrin:

  9. Bernard dit :

    Yves, a priori, la rosette serait une serfouette mais d’une modèle moins courant, avec trois dents :
    http://www.habitatetjardin.com/files/produits/851/851_dp309l_Taille_2.jpg

  10. Yves dit :

    Oui , c’est ça .

  11. Etincelle dit :

    OH ! Je crois que c’est avec une pelleteuse que sarclosy pioche dans nos sous …
    On croit qu’il fait ça délicatement avec une sarclette mais pas du tout !!!
    Comme quoi faut se méfier des noms … :devil:
    Ceci dit, il n’a pas bien le choix …
    Pour les palaces à 600 euros la nuit et tutti quanti, faut bien trouver les sous quelque part ! :angry:

  12. Bernard dit :

    Non seulement il pioche dans nos sous et les ramasse à la pelle mais en plus il se fout de notre binette !
    Ou alors, est-ce nous qui sommes râteau ?

  13. Bernard dit :

    600 euros la nuit … sans compter tous les membres qui accompagnent ces personnes-là dans leurs déplacements ! :angry:

  14. Jenofa dit :

    Ouaih, un bon coup de serfouette sur la tête de chacun! :angry:
    Pour moi, une serfouette, c’est bien ce que je vois sur ces photos.
    Et une binette, c’est la même chose mais sans les deux pics et à leur place une seule lame pointue.
    Et une sarclette, c’est une lame tenue au manche par deux montants de métal.
    Mais ne me demandez pas de vous dire ça en Basque!
    J’ai aussi une grelinette et une binette à pointes.
    Ce que je n’ai pas, c’est du soleil et de la chaleur.

  15. Bernard dit :

    Et tu viens en chercher sur ce blog, c’est ça ? :wink:

  16. Jenofa dit :

    Ben—un peu.
    Au fait, j’ai oublié la subraclette, que je n’ai pas non plus.
    Subraclette, ça me fait sourire parce que ça me fait penser à subrincette
    Au fait, chez les soeurs Ch’tite goutte, je me souviens de Justine et Corinne, mais impossible de me remémorer le prénom de la troisième. Quelqu’un peut viendre à mon secours?

  17. Bernard dit :

    Anne, Corinne et Justine … !
    Mais il y a aussi Armelle.

  18. Christophe dit :

    Oui c’est sans doute une serfouette, mais comme Etincelle je la connaissais sous le nom de piochon, en raison de mes origines bourguignonnes mais surtout de mes maîtres en matière de jardinage… et cela se situait toujours en Bourgogne.
    C’est grâce aux travaux dits ingrats du jardinage que j’ai gagné mes premiers francs, c’est ainsi sans doute que sans le savoir encore j’ai appris tout jeune que c’était le travail qui permettait de gagner de l »argent. Si mon arrière grand-père de premier patron voyait ce qu’il en est aujourd’hui, il serait bien malheureux, d’autant plus qu’il a été un des premiers grands patrons de l’industrie française…
    Mais je ne regrette rien de ses enseignements, pas plus que de mes premiers coups de bêche, de fourche (le geste que je préfère), de binette ou de sarcloir (très utile sur des sols d’arène granitique), et ce sont encore aujourd’hui les principaux instruments que j’utilise, sauf le sarcloir. Sauf que, avec un apprentissage long du désherbage manuel de grandes surfaces chez un maraîcher bio quand j’étais étudiant, j’ai conservé l’habitude de désherber à la main : umkrauziehen ?
    Marie-Jo, c’est comme ça qu’on dit ? Mon second maître était Alsacien (près de Neuf-Brisach) !

  19. Christophe dit :

    Cet article est une très bonne idée. Avec une famille paternelle faite d’artisans et un grand attrait pour le travail de la matière, les outils sont des inventions et des objets passionnants. Ayla ne me démentira pas !

  20. Jenofa dit :

    Merci Bernard!
    Quatre soeurs! Quelle belle famille!

  21. Jenofa dit :

    au fait, j’ai sauvé de la déchetterie une fourche à dents très courtes.
    J’aimerais savoir de quoi il s’agit.

  22. Bernard dit :

    Pour se gratter le dos ?
    Se nettoyer les dents ?
    Les oreilles ?
    Se gratter les c…….. ?
    :smile:

  23. Jenofa dit :

    Sans opinion.
    Mais je publierai la photo un jour.

  24. luc de Belgique dit :

    C’est beau comme des sculptures traditionnelles africaines.

  25. Etincelle dit :

    Un jour, j’ai visité une exposition de sculptures faites avec des outils.
    Non pas des associations d’outils pour donner une sculpture abstraite mais la mise en valeur de la forme des outils qui évoquent un personnage (comme sur la photo du lien de bernard) ou autre chose.
    C’était très chouette.

  26. Roudix dit :

    Hi hi hi ! Dans mon Jura natal au dessus d’Arbois, là où il y a un vin qui d’après le slogan, avé l’accént, dit « Le vin d’Arbois, plus on en boit, plus on va droit !) et bien disais-je, on appelle cet outil un ‘sarcleret »…
    Hip ! Santé et belle journée ! :devil:

  27. Christophe dit :

    Je me rends compte (une nouvelle fois) que ce que j’appelle bêche est en fait la fourche à bêcher : trop de cailloux en général pour utiliser la bêche plate en Franche-Comté.
    En Bourgogne on utilisait aussi le grattoir, très efficace pour désherber de grandes surfaces planes : cours et chemins par exemple.
    J’ai abandonné cet outil car après les fortes pluies nous devions systématiquement remonter la terre (très sableuse).
    Les herbes laissées dans la cour ne permettent plus de penser à un court de tennis en terre battue mais la terre ne s’en va plus. De plus en plus de vignerons travaillent leurs sols ainsi.

    Alors j’aimerais bien savoir quel type de lutte vous menez contre ces réputées mauvaises herbes ! Bernard travaille un sol battant, mais sans doute plus pour ne pas le voir se transforme en croûte bétonnée que pour éliminer toute plante non comestible.
    L’an passé je n’ai pas eu le temps de m’occuper du potager car je n’avais pas terminé mon affouage, alors il y a eu un moment où beaucoup de mauvaises herbes ont pris leur champ et il me semble que la véronique rampante par exemple n’est pas gênante car elle s’enracine en surface. Ce n’est pas la même chose avec la renoncule, le pissenlit ou d’autres plantes à racines pivotantes.
    Votre potager c’est Roland Garros avec lignes bien tracées ou c’est un peu la nature non cultivée ? N’y a t-il que de mauvaises herbes ou aussi des adventices ?

  28. Christophe dit :

    Tiens… pas d’addition à faire ce matin !?

  29. Christophe dit :

    Et le pourpier… si bon dans la salade.
    Bon, j’en laisse et j’en élimine : aucune hésitation non plus contre le liseron, l’amarante, le chardon, et de nombreuses plantes qui sont bien difficiles à éliminer tant leurs caractéristiques les rendent résistantes au jardinier : racine de un mètre cube indestructible, feuilles plaquées au sol, racine qui casse pour mieux repartir… Et c’est bien pire quand le sol est sec et bétonné !

  30. Etincelle dit :

    Moi aussi j’utilise le mot « bêche » pour le même outil que Christophe, qui dit que chez lui, il y a trop de cailloux pour utiliser la bêche plate. Chez moi, il y a non seulement trop de cailloux pour utiliser la bêche plate mais aussi trop de cailloux pour utiliser la fourche bêche. J’ai cassé et donc changé trois fois la manche de cette dernière en trois ans. Sans doute n’avais-je pas regardé que la veine du bois suivait tout le long :wink: D’ailleurs, ce n’était sans doute pas du frêne !
    Du coup, maintenant, je ne bêche plus rien.
    C’est une des nombreuses raisons pour lesquelles je ne fais pas de potager et pourtant, vous me faites bien envie tous, avec vos potagers.
    Bernard, sur la première photo, il s’agit de ton potager en plein champ ?
    Magnifique et plein de promesses …

  31. Christophe dit :

    Il faut opter pour la fourche à bêcher à manche de carbone, je n’aime pas le motoculteur qui fait du pâté de vers de terre.
    :sick:

  32. Bernard dit :

    Oui, il s’agissait du potager de cette année, celui qui est en plein champ (la photo a été faite samedi dernier). Effectivement plein de promesses !
    Mais les jardins, c’est un peu comme les filles … souvent beaucoup de promesses ! :wink:

  33. Yves dit :

    C’est donc pour trouver un pote âgé que tu viens sur ce blog Etincelle ?
    :happy:

    Mon père nomme en breton ce genre d’outil comme la serfouette ,  » PIGELL  »
    .
    Comme Christophe , j’ai gagné mes premier francs en équeutant les haricots verts et en ramassant les patates . Toute la famille était réunie autour du grand père à cette occasion et un grand repas était servi le soir avec les produits de la ferme ….. Le grand père est mort , le champ a été vendu et la famille ne se voit plus qu’en de rares occasions , trop souvent et simplement les jours de deuil .
    Comme disait José de Almada Negreiros
    « La famille est un lest, jette-le et tu pars au ciel ! »

  34. Humeur grivoise dit :

    Hé les filles, les serfouettes ça se choisit comme les garçons : un bon manche est indispensable ! :wub:

  35. jenofa dit :

    mdr
    C’est grand comme du Franck Duboscq!

  36. Francisca dit :

    Pour l’entretien quotidien du jardin, j’utilise quasiment exclusivement la serfouette et le piochon (terme utilisé en Sologne – qui diffère de la serfouette par sa langue à la place des dents). La serfouette me permet d’aérer la terre avec le côté « dents » (comme l’a noté Bernard – je crois – un binage = deux arrosages, comme le prétendaient nos anciens), – et qui se révèle exact – l’autre côté me sert au désherbage !

    Le piochon, quant à lui, utilisé aussi pour le désherbage, me sert principalement, grâce à sa langue, à tracer les rayons pour les plantations et semis, à l’aide d’un cordeau.

    Pour répondre en partie à la question de Christophe sur « comment se débarrasser des mauvaises herbes », en ce qui concerne les plantes à pivot, j’utilise une gouge à asperge, c’est peut-être original mais cela a le mérite d’être efficace!

    Quant à l’utilisation du motoculteur qui « ferait du hachis de vers » Christophe, je peux vous rassurer en grande partie ! Si vous passer le motoculteur par temps sec, et en milieu de journée, les vers étant enfouis en profondeur à la recherche de fraîcheur et d’humidité, et si vous prenez la précaution lors du premier passage de surfacer le terrain, le bruit occasionné et le tremblement du sol, permettront aux vers de s’enfouir encore plus profond, ce qui vous permettra un deuxième passage en profondeur, sans état d’âme, et sans la destruction de la quasi-totalité de ces auxiliaires indispensables ! C’est juste un petit conseil d’une jardinière ….. :wink:

  37. Christophe dit :

    En ce moment je suis beaucoup au jardin (retard because beaucoup trop d’occupations), et après avoir bêché, serfouetté et tout le toutim, ma deuxième planche toute fringante m’a offert un cadeau : un pied de fève s’est dressé fièrement dans un coin.
    Je prends grand soin de cette belle surprise car je considère qu’en dehors des morceaux de bouteille ou de céramique, de quelques bouts de ferraille (dont un couteau à asperges), le vieux jardinier (fort réputé dans le village) qui habitait là il y a environ 6-7 ans m’a légué un peu de son précieux travail.
    C’est vraiment la magie des graines qui opère là : une transmission au-delà des générations, et une plante qui s’est placée dans un endroit vraiment précis… Très troublant !

  38. luc de Belgique dit :

    waooow… J’adore ce genre d’histoire…
    Commentaire fort court… Je ne suis pas chez moi… Plus d’ordi… cassé… :sad:

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