Les grues cendrées du lac du Der (1)

L’envol matinal des grues au lac du Der est le plus beau spectacle qu’il m’ait jamais été donné de voir. Cette fois-ci, nous étions 7 à partager ce spectacle : Luc, Dom et Dan, Jean-François et Johanna, Joëlle et moi.
La lumière d’hier matin était d’un bleu … !
Et celle de ce matin était d’un orange !

Et qu’est-ce que Luc m’apprend à l’instant par mail ? : c’est hier, alors que nous étions sur les rives du lac, qu’a eu lieu la plus grosse affluence de grues de tous les temps : 74 500 ! Il s’agit-là d’un record absolu (et dire que si nous l’avions su sur le moment, nous aurions débouché deux fois plus de bouteilles !).

Il va me falloir du temps pour trier les centaines de photos que je ramène de cette virée. Ces deux images-là ne sont qu’une petite « mise-en-bouche » !

34 réflexions au sujet de “Les grues cendrées du lac du Der (1)”

  1. Belle mise-en-bouche, assurément ! De tels coloris sont quand même étonnants ! Superbe, vraiment superbe.
    Mais, Bernard, après les « mise-en-bouche », il y a forcément le plat de résistance, alors ne t’endors pas, on attend :wub:

  2. Une petite « mise-en-bouche »…
    Difficile, évidemment, de nous présenter sans choquer les images de la colossale mise en bouche qui a dû se produire à l’approche du repas de midi, proche elle aussi des…
    74 500 calories !

  3. Et le comptage a été fait après ou avant la mise en bouche ?
    :wink:
    Merveilleux instants , superbes images …
    :w00t:
    Je vais souvent le matin de bonne heure m’en mettre plein les yeux mais avec les Bernaches cravants … Pas de grues cendrées par ici !! Enfin , pour l’instant , car , après l’aigrette garzette sédentaire et le héron garde-boeufs qui en prend le chemin , les cigognes noires et blanches qui passent de plus en plus au dessus de la région … pourquoi pas dans quelques années les grues !!!
    Le nombre d’oiseaux est vraiment incroyable !!
    :shocked:

  4. En ce qui me concerne, la plus incroyable nouvelle c’est que « le plus beau spectacle qu’il t’ait jamais été donné de voir » ne soit pas en Franche Comté… :wink:

  5. Quand à Jenofa qui souhaitait qu’on retienne les grues, histoire qu’elle passe des nuits plus calme, je pense qu’on a pas mal travailler! Mais si au Der ils lâchent tout d’un coup, je vous raconte pas…! Y aura pas de :sleeping: :sleeping: :sleeping:

  6. Ce qu’en dit Maître Paul…
    « Dans toutes les langues, ou presque, ce bel oiseau doit son nom à son cri éclatant, un coup de clairon qui porte loin. Sauf pendant la couvaison, l’élevage et la mue, période de silence presque absolu, la Grue n’est pas avare de sa voix. Tout lui est prétexte à se faire entendre, à garder le contact, et son activité vocale a un rôle social important. De jour et de nuit, le passage des volées migratrices se signale par des coups de trompette incessants ; sur les lieux du rassemblement, les appels se confondent en un cœur tumultueux d’une ampleur formidable. […] »

    C’est pour moi une illustration de la magie du Der, cette ambiance sonore troublante, ancestrale, qui évoque les rassemblements humains… avec douceur.
    Les sensations auditives lors de la migration de printemps sont encore plus envoûtantes, alors qu’on entend souvent les oiseaux sans les voir.
    A vivre au moins une fois dans une vie !

  7. Bernard,

    « Paris est la grande banlieue de la Franche-Comté » :silly: :silly:

    Tu n’as pas bu que de la bière à midi ! Il fallait la trouver celle-là ! :w00t: :whistle: :wub:

  8. Christophe, (et les autres spécialistes) je me suis beaucoup demandé comment les bandes de grues s’organisaient dans de pareilles densités. On sait que les familles voyagent ensemble si j’ai bonne mémoire. Mais peux-t-on imaginer des groupes sociaux, suivant les provenances d’origines, qui resteraient ensemble l’année durant? Ce qui est le plus frappant, au levé des grues, c’est la rapidité avec laquelle elles forment des groupes d’envol et aussi qu’elles démarrent par bandes groupées. Pourtant, quelques une n’intègrent pas de grands vols. Pour rire, j’ai compté un soir TOUTES les grues en formation de moins de cinq individus. Total: 94. C’est évidement très peu, mais ça existe. Qu’est ce qui leur prend? Elles puent ou quoi?

  9. C’est comme les gens, il y a toujours des individus pas comme les autres. Des plus malins, des moins malins, des plus indépendants, des plus dépendants, que sais-je ? :blink:
    Par exemple, ici, sur ce blog, nous ne sommes pas aussi nombreux que les andouilles agglomérées devant les émissions de télé réalité, ou devant fesse-bouc ! :wink:
    Non? J’ai peut-être dit une bêtise… :cwy:

  10. !!!
    Pourquoi pas ?
    Mais j’en doute vraiment. Je ne dispose d’aucune vérité scientifique à ce sujet.
    Mais il est probable que ces petits groupes soient des groupes familiaux. L’espèce niche dans des milieux extrêmement étendus, essentiellement nordiques. Il doit donc y avoir des populations isolées et d’autres qui constituent des noyaux plus importants. Comme pour chaque espèce, la nécessité du brassage génétique, de la lutte pour un territoire doit être variable. Au fil de la migration, les regroupements sont plus ou moins importants. Il arrive donc au Der des groupes déjà importants car provenant des zones de concentration bien connus, d’autres suivent des voies différentes, et conservent sans doute des habitudes plus claniques…
    Ce n’est qu’une impression, mais je crois que la migration prénuptiale, très impressionnante, plus riche encore sur le plan sonore, et agrémentée des kolis spectacles de parades, montre des groupes plus importants, habitudes sociales acquises au cours de l’hivernage.
    La toundra et la taïga occupent des surfaces immenses, et de tels regroupements doivent obliger les oiseaux à des réponses individuelles ou collectives. Et puis les aléas de l’alimentation, le passage en des lieux où l’humain exerce une pression forte doivent bien avoir un effet sur leur comportement : même au Der, les oiseaux ne sont pas forcément le bienvenus ! Ils sont effarouchés comme les oies sur Texel et ce ne sont pas les compensations financières qui répondent à tous les soucis.
    Il y a sûrement des choses à découvrir sur ces nombreux cris qui doivent avoir un but social de reconnaissance, mais je n’y connais rien. Chez les manchots, ces contacts sonores au sein d’énormes colonies permettent à une mère d’y retrouver leur rejeton… Pourquoi pas des similitudes chez les grues ?
    Ah ces mères ! Et si l’on imagine un étalement de la nidification selon les zones géographiques ou les conditions climatiques, il me semble probable que les jeunes oiseaux ne se trouvent pas au même stade d’émancipation lorsqu’ils arrivent au Der.
    Les groupes les plus petits que tu as observés pourraient donc concerner les reproducteurs les plus tardifs, et éventuellement les oiseaux les moins expérimentés : ceux qui ne connaissent pas encore l’intérêt de la collectivité, ou doivent gagner leurs galons d’adulte expérimenté…
    Pures conjectures !

  11. « Pures conjectures ! »
    Certes, Christophe, mais néanmoins merci et chapeau bas pour l’éclairage ornithologique que tu nous apporte régulièrement.

  12. Je n’ai pas vu beaucoup de grues isolées volant au-dessus de moi. Mais à deux reprises, j’ai remarqué qu’il s’agissait de jeunes de l’année (reconnaissables à leur cri). Les jeunes seraient-ils un peu vagabonds, passant d’un groupe à l’autre ? Ce serait étonnant car la littérature ornitho insiste beaucoup sur le caractère uni des familles de grues.

  13. Oh la raison est très simple : il y avait un dupdup dans les parages (ce genre d’infos se sait vite chez les oiseaux) et ce sont les jeunes, qui sont par nature plus curieux que les adultes, qui sont venus voir, ils ne voulaient rien rater d’un tel spectacle ! :whistle:

  14. Je n’ai pas beaucoup de temps en ce moment, ce qui fait que je ne lis pas tout de vos intéressants commentaires et quand je lis, c’est en diagonale. :blush:
    Alors, j’espère que la question que je vais poser n’a pas déjà eu sa réponse plus haut …
    Je suppose que le lac de Der est seulement une étape de la migration (?).
    Ou les grues vont-elles durant l’hiver ?
    En Afrique sans doute.
    Dans un endroit particulier ?
    Dans toute l’Afrique ?
    J’ai lu ce matin (il ne s’agit pas de grues mais tant pis, il s’agit quand même de migration) que la sterne arctique détient le record de la migration animale : 80000 km aller-retour de l’Arctique à l’Antarctique.
    En automne, après avoir quitter l’Arctique, elle reste 1 mois à pêcher au milieu de l’océan Atlantique nord, avant de s’élancer vers le sud en longeant les côtes, soit du continent africain soit du continent sud-américain.
    Au retour, au contraire, elle vole en plein milieu de l’océan sans jamais s’approcher des côtes et d’une seule traite.
    Etonnant, non ?
    Quoique …
    Des doués en ornitho comme vous tous saviez peut-être déjà tout ça !
    Il n’empêche, parcourir de telles distances alors qu’on ne pèse que 125 grammes, chapeau !

  15. Record pour les grues au Der ce 14 novembre 2010, bien vu Luc : http://champagne-ardenne.lpo.fr/grues/point_sur_la_migration.htm
    Mais pour la distance, et bien que la Sterne arctique soit l’espèce qui parcourt régulièrement le plus de kilomètres, l’espèce a été récemment supplantée dans sa performance par la Barge rousse (j’en connais au moins un qui doit être heureux en lisant ce doux nom !).
    Mais sa joie va être de courte durée… C’est une femelle qui détient ce record : 11650 km (presque ?) d’une seule traite, depuis l’Alaska jusqu’à la Nouvelle-Zélande.
    http://blagueur1562.blog.24heures.ch/archive/2010/01/18/que-de-noms-d-oiseaux-pour-un-record.html
    Quant à la migration des grues, le Der n’est effectivement qu’une étape… vers l’Espagne, en Estramadure ! Mais de nombreux oiseaux hivernent désormais en France, et notamment en Aquitaine. Une bonne synthèse : http://www.oiseaux.net/dossiers/gilbert.blaising/le.defile.des.grues.cendrees.html
    Au sujet de ce passage exceptionnel, et après le Pic noir au jardin, Dupdup nous montre une fois de plus qu’il serait sage de suivre ses déplacements aussi, voire de lui coller une balise Argos ; mais ce serait oublier cette Barge rousse qui niche si loin de chez lui, et qui a choisi les antipodes pour hiverner encore plus loin !
    Celle-là, vous ne l’aurez pas à la mangeoire.
    :devil:

  16. Au passage (pas migrateur), le blog du blagueur sur lequel Christophe a fait un lien, est vraiment pas mal du tout…

  17. Lorsque ce lundi matin mes collègues m’ont demandé des nouvelles de mon w-e,je leur ai répondu que j’avais passé un extraordinaire moment gastronomicornithologique…Ils sont restés dubitatifs , je n’ai pu leur transmettre davantage tant chacun de mes sens était encore tout imprégné de lumière ,d’images , de sons , de senteurs , de relations ô combien ressourçantes , de partages …Merci à vous Bernard Joelle Dom Dan Luc et Jo…et je me réjouis de rencontrer une certaine cathédrale….!

  18. Moi aussi, je suis revenu dans la capitale (la Franche-Comté) imprégné de tous ces beaux moments magiques autour du lac avec encore dans la tête le son de vos voix, la brume engendrée par la Rochefort de Luc et le punch réunionnais de Dan et Dom. Belle expérience à renouveler, même s’il m’est très difficile de quitter les abords de ma cathédrale ! :wink:

  19. ça devait être un beau spectacle sous la neige !!
    Chez nous la bernache cravant est bien de retour , près de 400 oiseaux dans la seul anse de Penfoulic à Fouesnant . Parmi elles, une dizaine de hrota (Bernaches cravant à ventre clair) et environ 10% de juvéniles ( ce qui est un chiffre normal ) . les zostères qui ont bien poussé , devraient leur fournir suffisamment de nourriture jusqu’au printemps…

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