Le Bécasseau Sanderling (1)

OISEAUX DE TEXEL (26)
Ah les amours de vacances … ! Je ne serai pas le premier à être tombé amoureux pendant mes congés …
Mais là, c’est d’un oiseau qu’il s’agit : le bécasseau sanderling.

J’ai été fasciné par ce petit oiseau que je connaissais pourtant bien car je le retrouve chaque année au bord de la mer du Nord. Mais cette fois-ci, sur l’île Texel, il y en avait des milliers, avançant le long des plages, volant au ras de l’eau, jouant avec le reflux des vagues.

La distance de fuite de cet oiseau est très faible (Paul Géroudet dans son livre parle d’une distance moyenne de 7 mètres en Mer du Nord). Mais les promeneurs amoureux des plages le remarquent-ils seulement ?

Et ces promeneurs voient-ils ces vols nombreux qui passent près du rivage, tantôt rasant les flots, tantôt s’élevant à quelques mètres ?

 Sur la côte Ouest de l’île Texel, la mer qui se retire laisse apparaître de très nombreuses digues, espacées chacune de quelques centaines de mètres (375 mètres exactement entre chaque digue).

C’est là qu’à marée basse les bécasseaux sanderlings viennent se reposer. La semaine dernière il y en avait souvent plusieurs centaines sur chacune des digues (et il y a 24 digues au total).

Ces digues sont faites de blocs de rochers et sont recouverts d’algues. Les bécasseaux y trouvent un peu de nourriture mais viennent là surtout pour roupiller.

L’approche de ces bécasseaux fut assez facile. Il suffisait juste d’approcher à pas lents et sans gestes brusques.

Cette fascination pour cette espèce n’étant pas qu’un « amour passager de vacances », il devrait y avoir d’autres articles dans les temps qui viennent …

50 réflexions au sujet de “Le Bécasseau Sanderling (1)”

  1. C’est vrai qu’il est fascinant cet oiseau !!
    Peu farouche , ce n’est rien de le dire … Quand il est en action à picorer le sable , on peut presque le toucher !! J’ai une anecdote où j’étais assis sans bouger sur un caillou au milieu de la plage et les bécasseaux me passaient sur les bottes … Ils étaient des centaines autour de moi .
    Mais , il en est de même avec le violet et le variable . Je dirais même que le bécasseau violet me parait moins farouche que le sanderling . Par contre , avec le maubèche , c’est une autre histoire …
    Bravo pour les images magnifiques .

  2. Belles, belles images. :wub:
    Bernard,pour info, quelles focales utilises-tu le plus souvent ? Il me semble que tu parlais d’un 300. En 24×36, cela correspond à quoi ?

  3. J’utilise un 300 mm Pentax. Chez Pentax, il faut multiplier, je crois, par 1,5. L’équivalent d’un 450 mm donc.

  4. Petite précision pour les habitués du blog : j’ai réorganisé mes articles ce soir et créé une rubrique consacrée uniquement aux oiseaux de Texel. On peut donc avoir accès à tous les articles en allant dans la colonne à droite de la page.
    J’ai également rajouté en début de chaque article: « OISEAUX DE TEXEL (1) », « OISEAUX DE TEXEL (2) … pour qu’on s’y retrouve un peu plus.

  5. Yves, pour aller dans le sens de ce que tu dis, Paul Géroudet raconte (dans son livre sur les limicoles) qu’au bord du lac de Genève, un bécasseau sanderling lui est passé entre les jambes alors qu’il était assis au bord du lac.

  6. Merci pour la réponse Bernard. (Il me semble que j’avais déjà posé cette question mais je voulais vérifier).
    Deuxième question:
    Pour toi, un 450 mm c’est une longue, une très longue ou moyenne focale ? :blink:
    Troisième question: penses-tu qu’avec un un 400 ou un 500mm, tu pourrais faire un meilleur travail photographique, ou esy-ce totalement superflu ?

  7. Non, je pense au contraire qu’il faut utiliser des focales plus faibles, j’ai tendance à avoir des plans trop serrés et j’essaie de corriger cet énorme défaut. D’ailleurs, j’ai réalisé pour la première fois depuis que je vais à Texel, de nombreuses photos avec un 100 mm. Il y en aura dans les articles qui vont suivre.

  8. Belles images, et j’ai flashé sur la même espèce pour les quelques photos rapportées (surtout des observations aux jumelles et à la longue-vue cette fois).
    On voit quelques individus en plumage nuptial sur tes images mais je dois dire qu’en tous plumages, il est toujours très beau. Le Bécasseau violet est le seul qui me paraît plus chouette en plumage hivernal.
    Pour donner une idée, la liste des limicoles observées avec Anne et Guy (ce qui ne donne aucune idée du nombre impressionnant pour certaines espèces, dont le sanderling) :
    Huitrier pie
    Avocette élégante
    Petit Gravelot
    Grand gravelot
    Gravelot à collier interrompu
    Pluvier argenté
    Pluvier guignard
    Pluvier doré
    Vanneau huppé
    Bécasseau maubèche
    Bécasseau sanderling
    Bécasseau violet
    Tournepierre à collier
    Bécasseau variable
    Bécasseau de Temminck
    Bécasseau minute
    Chevalier culblanc
    Chevalier guignette
    Chevalier gambette
    Chevalier arlequin
    Chevalier aboyeur
    Barge à queue noire
    Barge rousse
    Courlis cendré
    Courlis corlieu
    Phalarope à bec étroit
    Combattant varié

    Le jour de notre retour, un Chevalier à pattes jaunes a été observé… Faudra qu’j’y r’tourne !

  9. Eh bien, entre les chevaliers, les combattants (j’avais toujours cru que les chevaliers étaient des combattants (défendant la veuve et l’orphelin)), les bécasseaux, les barges, vous ne vous êtes pas ennuyés !
    Quelle population dans cette fameuse îles Texel !
    Décidément, le bécasseau sanderling est irrésistible.
    Moi aussi, j’en suis tombée amoureuse dès que je l’ai vu. :wub: avec Yves en Bretagne.
    Ce n’est pas pour ça que j’ai reluqué et photographié ses dessous comme un certain Dupdup :whistle: (très belle photo soit dit en passant).
    Bernard, puisque tu sembles t’en être fait une spécialité, de ces dessous d’oiseaux (et qui sait peut-être aussi des demoiselles mais là, tu ne nous le fait pas partager :sad: ), tu devrais faire un article avec toutes tes photos des « dessous ». :w00t:

  10. Bernard, je te remercie vraiment pour ce très joli article qui m’a fait découvrir une espèce que je ne connais pas et qui m’a fait déconnecté le temps de la lecture… je me suis pris des petites vacances dépaysantes à Texel en lisant ton article, ça fait un bien fou !
    Les photos sont splendides j’adore !
    Bravo, voilà une journée qui commence bien ! :wub:

  11. Bien sûr Émilie , lors de ses haltes migratoires , il est bien présent sur les plages du Finistère ( et de bien d’autres départements ) … Si tu as l’occasion de passer dans le coin , un passage du côté de la pointe de Mousterlin sur la commune de Fouesnant est obligatoire pour observer aisément ces oiseaux .
    Au petit matin ou en soirée , comme sur cette photo que j’ai pris à Trévignon ( Trégunc Finistère ) … Je m’assois sur le sable et j’observe le ballet des bécasseaux Sanderling qui jouent avec le ressac . On dit que le bonheur est difficile à atteindre mais dans ces moments-là , on en est pas loin .
    :wub:
    http://i81.servimg.com/u/f81/11/81/94/65/bacass10.jpg
    Il y a aussi celui-ci , qui fait de l’apnée dans une flaque pour épater les copains .
    :biggrin:
    http://i61.servimg.com/u/f61/11/81/94/65/bacass15.jpg

  12. Un site groenlandais :wub: direction « Mes favoris »
    L’instinct maternel … Plus fort que tout !
    Est-ce qu’on avait pas déjà vu sur le blogadupdup une vidéo de ce genre dans laquelle un oiseau venait rejoindre son petit dans les mains d’un bagueur ?
    Cela me dit vaguement quelque chose.

  13. N’oublions pas non plus que le bécasseau sanderling est susceptible d’être vu aussi à l’intérieur des terres (j’ai parlé ci-dessus de l’observation qu’a faite Géroudet à Genève), même si cela reste exceptionnel.

  14. Le sanderling a déjà été vu au moins cinq fois sur le massif du Jura, généralement entre août et octobre, à Pontarlier, Frasne et au lac de Remoray (source : livre sur les oiseaux de la Montagne Jurassienne qui date de 2002, je n’ai pas de données plus récentes).

  15. Depuis, l’espèce a été vue pas loin d’une trentaine de fois en Franche-Comté.
    Mais il faut bien dire que ce n’est pas dans cette région qu’Emilie a le plus de chance de rencontrer le sanderling !
    Les limicoles sont très souvent de grands migrateurs, certains étant des recordmans en parcourant la planète du pôle nord au pôle sud et inversement au printemps.
    Beaucoup d’entre-eux, observés à l’intérieur des terres peuvent être qualifiés d’accidentels. Cela est dû en partie au fait qu’ils peuvent lors de leurs migrations ils peuvent voler à des altitudes élevées et être déportés par des forts, différents de ceux qui concernent les espèces terrestres. En outre, leurs grandes aptitudes au déplacement peuvent les inciter à couper au plus court pour rejoindre les zones de reproductions, les aléas les forçant parfois à faire étape en des lieux inattendus.
    Des espèces américaines ou asiatiques sont ainsi fréquemment observées sur notre continent, pour le plus grand plaisir des amateurs d’espèces rares.
    La liste des oiseaux de Franche-Comté comportait 364 espèces en 2009 (quelques ajouts depuis dont le Bécasseau falcinelle, un limicole plutôt asiatique) et sur ce total, beaucoup d’espèces sont accidentelles.
    Pour mémoire, le record de migration, stupéfiant, de la Barge rousse, un oiseau qui a déjà fait couler de l’encre sur ce blog.
    La Barge rousse est désormais célèbre pour détenir le record du monde du plus long vol direct sans aucune halte : un oiseau muni d’émetteur satellite à partir du printemps 2007 a effectué un vol ininterrompu entre la Nouvelle-Zélande et l’Alaska, de 10 200 km (en 9 jours) lors de la migration prénuptiale, et de 11 500 km (en 8 jours) lors de la migration postnuptiale suivante. Durant de tels déplacements, l’individu concerné a perdu la moitié de son poids initial !
    Le principal site de halte des populations européennes et sibérienne est la mer des Wadden, aux Pays-Bas : les oiseaux sibériens en route pour l’Afrique y séjournent en moyenne 1 mois au printemps comme à l’automne, mais il semble qu’à l’automne les haltes soient souvent plus courtes (Scheiffarth 2003).

    La mer des Wadden… Texel s’y trouve !

  16. Moi aussi j’ai eu un coup de coeur au Chili pour le « playero blanco », qui n’est autre que « notre » bécasseau sanderling…

  17. Je n’en reviens pas qu’il y ait eu récemment une trentaine d’observations de sanderling en Franche-Comté. J’imagine que cette augmentation du nombre d’observations est plus lié à l’augmentation du nombre d’observateurs qu’à une réelle augmentation de migrateurs transitant par la région.

  18. J’ai fait une petite synthèse qui concerne ces observations, elles se rapportent vraisemblablement à moins d’individus (escale de plusieurs jours, observations par plusieurs personnes, sites proches, etc.).
    Il y aurait tout de même une vingtaine d’observations distinctes.

    OSSELLE
    1 du vendredi 7 au dimanche 9 juin 2002

    FRASNE
    1 le mercredi 24 août 1977

    GRANGES-NARBOZ
    1 le dimanche 1 octobre 2000

    LES GRANGETTES
    1 le vendredi 7 mai 2010

    LOMBARD
    2 le lundi 28 avril 2003

    DESNES
    1 le samedi 2 mai 2009
    7 le samedi 14 mai 2005
    1 le vendredi 27 septembre 2002
    1 le dimanche 15 septembre 2002
    2 le samedi 14 septembre 2002
    1 samedi 16 mai 2002
    1 le vendredi 18 et le samedi 19 mai 2001
    1 le samedi 30 septembre 2000
    1 le mardi 16 et le mercredi 17 mai 2000

    PETIT-NOIR
    1 le vendredi 28 avril 2006

    LAC DE VAIVRE
    1 le lundi 1 septembre 2003
    1 du jeudi 28 au dimanche 31 août 2003
    1 le samedi 30 septembre 2000

    MERSUAY
    1 le jeudi 22 mai 2003

    On repère bien les deux passages migratoires, les données de printemps permettant parfois l’observation d’oiseaux nuptiaux et les données automnales recensant aussi de jeunes oiseaux.
    Les sites sont souvent des gravières bien suivies par les observateurs, remarque pertinente en ce qui concerne la pression d’observation, Bernard.
    Il faut aussi penser que bien des oiseaux passent sûrement inaperçus, le sanderling reste donc un migrateur rare, mais régulier, dans la région.
    7 oiseaux ensemble… c’est tout de même sympa !

  19. PS : toute ces données sont extraites de la base de données LPO Franche-Comté, merci à tous les observateurs !

  20. Frasne est un lieu qui revient souvent dans les listes d’observations d’oiseaux en Franche-Comté !!
    Passage obligatoire pour les migrateurs ?
    Ça doit être ça car j’y suis moi même passé !!
    :wink:

  21. Une halte migratoire réputée en effet, dans le bassin du Drugeon, un petit paradis de rivière, marais prairies et tourbières.

  22. Je découvre votre site. Tout ce qu’il y a d’écrit sur le sanderling m’a beaucoup plu. Je souffre d’une addiction particulière pour cet oiseau! En France, la Pointe de Mousterlin (Fouesnant 29) est effectivement un des meilleurs spots. Curieusement cette année en mai, les oiseaux se sont déportés plus à l’Ouest, en Pays bigouden. Je me suis attaché à repérer des oiseaux bagués couleur par Jeroen Reneerkens dont vous citez la vidéo avec la femelle qui vient recouvrir son petit qu’il tient dans la main. Ainsi j’ai pointé et photographié une femelle de retour du Ghana, une autre habituée des haltes islandaises et une troisième marquée aux Pays Bas. Comment mettre ces clichés sur votre site?
    Dans cet esprit, j’ai invité Jeroen R. à passer quelques jours en septembre prochain à Loctudy (29). Avec les amis ornitho de là-bas, on a monté un colloque dont Jeroen R. sera la vedette. Il est ouvert à tous les passionnés d’oiseaux, débutants ou confirmés. Le webmaster du site « European color-ring birding » Dirk RAES sera présent ainsi qu’un bagueur du CRBPO, Jacques BESNAULT qui a fait un film sur le baguage des oiseaux. Une soirée (gratuite) à ne pas manquer, même si c’est au bout du monde! Le Paris-Quimper fonctionne bien! PV du Mans.
    :biggrin:

  23. Pour me contacter sur les spots en Pays bigouden, les sanderlings bagués ou le colloque de Loctudy pvloctudy gmail com
    Listes ornitho Obsmaine, Obsbzh, obsbague et cr-birding.
    PV

  24. Merci Pierre-Victor pour toutes ces précisions.
    La Bretagne, c’est loin mais j’ai la chance d’y aller de temps en temps.
    Et en plus, Yves n’habite pas très loin de la pointe de Mousterlin. Donc en plus du sanderling (que j’ai d’ailleurs vu avec lui à la point de Trévignon je crois), je suis assuré de boire une ou deux bières … ! :wink:

  25. OK. Sur la photo 17 apparaît une bague plastique blanche au tarse gauche d’un oiseau. Il y en afort probablement d’autres en dessous (trois maxi par patte). Ces combinaisons de bagues de couleurs et de drapeaux permettent d’identifier avec précision cahque individu. Puisque vous aimez,jepense que vous serez très attentif lors de votre prochain passage là-bas!
    Sur le site de Jacques Le Baill Penfoulic.com vous avez des exemples de sanderlings repérés avec leurs origines. C’est assez impressionnant de penser que ce petit volatile effectue une migration de 8000 km! L’hiver au Ghana température? La reproduction au Groenland ou en Sibérie où il gèle la nuit…et souvent le jour!

  26. Pierre-Victor. Je me suis permis de mettre ton commentaire sur l’article et non sur la photo 17 comme tu l’avais fait car en mettant un commentaire sur une photo, le commentaire reste inaccessible aux lecteurs du blog et de plus il n’apparaît pas dans les commentaires récent dans la colonne droite du blog.

  27. Je ne me suis jamais penché sur l’origine des bagues des oiseaux à Texel mais c’est vrai que je rencontre très souvent des oiseaux bagués. Il faudra que je fasse plus attention (l’an prochain quand j’y retournerai).

  28. …. J’ai oublié de dire , que B-95 a parcouru plus de 580 000 km en vol après 20 ans d’existence !!!
    Ce qui doit faire à peu-près 14 fois le tour de la terre … pas mal pour un oiseau de 23-25 cm !

  29. Un bécasseau sanderling qui passe sur les côtes belges sans s’arrêter pour boire une chimay, sur les côtes bretonnes sans boire une britt, etc … a sans doute une espérance de vie bien plus importante que la moyenne des autres bécasseaux … :whistle:

  30. Superbe !
    Je vais le montrer à mes petites filles.
    Je n’arrive pas a récupérer le lien.
    Comment on fait ?
    Ou alors, tu peux me l’envoyer sur mon adresse mail, Bernard stp ?

  31. non, ça ne marche pas et d’ailleurs, on ne peut plus le voir non plus sur le blogadupdup ! :sad:

  32. En fait, ce n’est pas un extrait, c’est le film complet. Il s’agit d’un court-métrage de 6 mn sorti au printemps dernier.

  33. Je relis les commentaires et découvre l’existence de B95: impressionnant !
    Mes respects à ce vieillard aussi rubicond que grisonnant.

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