Où va l’agriculture ? (2)

Lors de mon précédent article, on a dressé une esquisse peu réjouissante de l’évolution du monde agricole, victime du libre-échange généralisé au niveau de la planète. D’un point de vue économique, c’est la descente aux enfers : on est passé de 6,3 millions d’agriculteurs en 1955 (27% de la population active) à moins de 900 000 aujourd’hui (3,5 % de la population active) et la plupart vivent (ou plutôt survivent) dans la précarité avec des retraites minables. Le taux de suicide (trois fois plus élevé que dans le reste de la population) montre le mal-être de cette profession. Concernant l’évolution de l’agriculture d’un point de vue environnemental, je n’en rajouterai pas une couche, on en a déjà beaucoup parlé sur ce blog.

Mais dans le marasme actuel il y a pourtant une embellie. Il faut chercher cette embellie du côté du développement du bio.

Si le nombre de fermes qui sont en agriculture conventionnelle diminue chaque jour, il y a par contre 21 fermes bio nouvelles chaque jour. Oui, 21, vous avez bien lu. La croissance du bio est très rapide, de l’ordre de 15-20% par an et on compte aujourd’hui plus de 32 000 fermes bio en France, soit plus de 300 par département. Il n’y en avait quasiment pas il y a 20 ans, on imagine le chemin parcouru depuis.

Et ce développement est parti pour durer longtemps car la production bio reste très inférieure à la demande des consommateurs. Le nombre de magasins bio ne cesse d’augmenter (par exemple, la biocoop a déjà ouvert plus de 400 magasins), même si la grande distribution s’est emparée de ce marché (ce qui est inévitable). Et puis il y a  tous les petits circuits courts qui existent ça et là. La production bio a généré plus de 15 000 entreprises de transformation et de distribution sur le territoire.

Ce qui me semble particulièrement intéressant, c’est que certains circuits de distribution, au lieu de chercher à étrangler les paysans, les considèrent comme de véritables partenaires, s’engagent à leur payer le prix juste, soutiennent des projets collectifs, accompagnent des initiatives régionales, garantissent la transparence des échanges, construisent des partenariats dans la durée. Donc acheter bio, ce n’est pas seulement acheter des aliments sains, c’est avant tout soutenir une démarche respectueuse du monde agricole et qui permet à l’agriculteur de gagner correctement sa vie. Le grand public qui achète sa nourriture dans un circuit court, voire directement chez le producteur, est très sensibilisé à cela. Ceux qui vont dans les magasins spécifiquement bio également. Ainsi, dans le magasin où je vais, chacun à la possibilité en arrivant à la caisse de demander à ce que son ticket de caisse soit arrondi à l’euro supérieur, la différence servant à l’installation de nouveaux paysans. Et je me suis rendu compte que beaucoup de gens font la démarche de payer à chaque fois ces quelques dizaines de centimes supplémentaires.

Un agriculteur qui travaille seul dans sa ferme a du mal à vivre de ses 70 vaches, alors qu’il y a des exemples de fermes bio dont les 70 vaches permettent de faire vivre jusqu’à 10 personnes. On peut se demander comment cela est possible et cela m’a interpellé.

En essayant de comprendre, je me suis rendu compte que le lait est actuellement payé 32 cts aux agriculteurs de mon secteur mais 48 cts lorsqu’il est bio, soit exactement 50% de plus. Un agriculteur a du mal à produire son lait en-dessous de 30 cts, ce qui fait que l’agriculteur conventionnel n’arrive à dégager qu’une marge d’un ou deux centimes par litre de lait produit (quand il arrive à dégager cette marge). Si un agriculteur bio arrive à produire au même prix (on en reparlera plus bas), en vendant son lait à 48 cts, il dégage une marge de 18 cts, près de 10 fois supérieure à la marge dégagée par l’agriculteur conventionnel. On voit bien qu’il est plus facile d’avoir un bon revenu en produisant bio.  Certains objecteront que la quantité de lait produite par l’agriculteur bio sera bien inférieure à celle produite par l’agriculteur conventionnel. Certes, mais le coût de production d’un litre de lait en conventionnel est sans doute supérieur à celui d’un litre bio (car derrière l’agriculture conventionnelle il y a des coûts de production énormes : gros tracteurs, tonnes d’engrais, produits phytosanitaires, antibiotiques pour le bétail, prestations vétérinaires …) et ceci doit bien compenser cela (au moins en partie). Les chiffres que j’ai donnés ci-dessus méritent sans doute d’être affinés mais donnent une explication sur le fait que les agriculteurs bio sont ceux qui actuellement s’en sortent le mieux et qui arrivent à vivre décemment.

Mais je vois quand même deux belles ombres au tableau.

D’abord, je ne suis pas sûr que le développement du bio va permettre aux agriculteurs conventionnels actuels de passer en bio. L’agriculture de demain sera à mon avis essentiellement menée par d’autres agriculteurs, car on a affaire à deux métiers complètement différents. Un agriculteur bio peut parler pendant une heure de la vie biologique du sol alors qu’un agriculteur conventionnel a oublié que le sol est vivant et qu’il n’est pas qu’un simple substrat qu’on enrichit en azote, acide phosphorique et potasse. Et puis, l’état d’esprit n’a rien à voir. Je ne crois pas que l’agriculteur qui a passé son temps à mettre des produits chimiques sur tout, à acheter l’alimentation pour son bétail, à détruire des haies, à chercher à avoir la plus grosse vache, le plus gros rendement en maïs, le plus gros tracteur … puisse bifurquer dans une voie complètement opposée.

La deuxième chose, c’est que le cahier des charges de l’agriculture biologique est très exigeant (avec raison) et que les lobbies de toutes sortes essaient constamment de faire changer la réglementation européenne en vue de l’assouplir.  Le bio restera t-il longtemps bio ?

En conclusion, il me semble évident que dans 10 ans le bio sera dans la plupart des assiettes. Mais encore faudra t-il d’ici-là défendre fermement le cahier des charges de l’ensemble de la filière bio ? Et il est évident qu’il faudra recentrer au maximum la production au niveau local, encore plus qu’aujourd’hui.

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35 réponses à Où va l’agriculture ? (2)

  1. Maïvon dit :

    Je ne savais pas qu’il y avait autant de fermiers bio qui s’installaient. C’est plutôt encourageant. Pour que la tendance se poursuive il faut aussi que les consommateurs soient plus conscients de toute la chaîne de production et des contraintes qu’elle comprend pour produire dans un respect de l’environnement et de l’humain afin qu’ils acceptent de payer le vrai prix. Cela demande aussi un changement des mentalités qui a déjà commencé mais qui concernent encore qu’une certaine frange de la population.
    Et comme tu dis dans ton article , Bernard, il ne faut pas que les lobbies de la chimie arrivent à leurs fins.

  2. Frusquin dit :

    Ce qui laisse un peu perplexe où inquiet, c’est la concurrence déjà présente du
    bio de l’étranger; Par ex l’huile d’olive bio de Tunisie vaut 2 fois moins cher que la locale et moins cher que les grandes marques nationales (style Emile Noêl). Il y aussi des produits intitulés  » U.E. ». Que savoir de leurs cahiers des charges ? Qui emploient-ils ?
    A quand l’arrivée du Bio made in China cassant tous les prix et à la vérification impossible ?

  3. Papilio macaron dit :

    Effectivement cet article est très réjouissant. Toutefois, il faudra encore du temps…

    Pour que le bio soit accessible à tous, au niveau financier. Les couches de populations les moins aisées n’y ont pas accès car chaque centime compte pour leur caddie.

    Pour que l’information et l’éducation autour du bio se fasse au niveau de la population. Cela passera par des éducateurs, tant sur les modes de production que sur l’équilibre alimentaire, l’antigaspi et tout simplement la cuisine… Et non la désinformation matraquée chaque dimanche soir sur 66 minutes ou Capital (magasines de gogo à la con).

    Pour établir un cahier des charges mondial (bio français n’est pas le bio européen n’est pas le bio mondial). Manger du Quinoa argentin qui a fait 35000 km, bof bof autant bouffer du pétrole.

    Pour atteindre les 20 % obligatoire dans les cantines (l’enjeu de l’éducation au goût chez les plus jeunes est LE véritable enjeu) qui était initialement prévu pour 2014 par le Grenelle 2 (fortement épuré).

    Pour lutter contre le lobbying de la grande distribution qui taxera et imposera les même marges au bio qu’au conventionnel (c’est prévu).

    Pour etc etc …

    Bref effectivement ton article est réjouissant et je mesure le formidable progrès, mais je reste dubitatif pour l’avenir… Manque de confiance face aux perspectives du libéralisme, manque de confiance dans les dirigeants. Tout comme l’environnement et la nature, je pense sincèrement que le bio reste encore le privilège de bobos ou d’une certaine « élite » intellectuelle ou éducative.

    Amicalement,

    Guillaume

    Ps: sans dec dupdup tu vas quand même nous balancer de temps en temps quelques articles jardinage ou piaf sinon tu vas me niquer ma revue de presse café du lundi matin. Bise à la famille
    :w00t:

  4. Frusquin dit :

    Malheureusement, le prix des produits de l’agriculture conventionnelle c’est un peu comme le prix de l’électricité, on croit le voir quand on l’achète mais on ne voit pas tout ce qu’on paye à coté par nos impôts (pour les imposables): 1 milliard / an pour la dépollution de l’eau, subventions européennes aux grosses exploitations (ce n’est pas le résultat d’une quête parmi les députés), dépenses de santé etc….
    Mais pour ceux qui achètent bio c’est double peine, puisque on paye ça aussi, alors qu’on y est pour rien, en plus du surcoût du bio . C’est plutôt rigolo , non ?

  5. Christophe dit :

    Il me semble que l’alimentation bio devient de plus en plus accessible : prix, réseaux de distribution… Et puis le choix crucial du poison est déterminant : qui VEUT manger du pesticide ?!
    Sans doute que le lien pathologies/hygiène alimentaire n’est pas encore assez lisible, en dépit de l’information qui parvient à percer le bouclier des lobbies, des marchands de molécules.
    Et puis il y a en plus différents niveaux de qualité dans le bio, depuis la production industrielle dénoncée par Papilio macaron, jusqu’aux différents niveaux de certification ou de labellisation. Rien à voir entre la grande surface et Demeter, par exemple.
    Et puis le local (moins de pétrole, le soutien à celui qui est dans notre paysage).
    Et puis il y a l’humain : le soutien à celui que l’on a si mal conseillé, à ceux qui n’en peuvent plus et sont ostracisés. Ils ont répondu à ceux qui ne sont ni bobos, ni éduqués, mais sensibles à leur capacité de consommation en choses moins indispensables que la santé et le respect du vivant.
    Pas d’autre issue que de tourner le dos à ce qui nous tue à petit feu, sans hiérarchie des origines socioculturelles : les perturbateurs endocriniens, les métaux lourds, les néonicotinoïdes, les nuages de particules, les phtalates, les antibiotiques… c’est tournée générale ! Ceux qui n’ont pas le choix et veulent bien ouvrir les yeux plutôt que de s’abreuver à la propagande, qui souhaitent rester en bonne santé sans aucune couverture maladie (beaucoup d’Etasuniens), font le choix du bio et souvent du végétarien, pour des raisons pécunio-salubres.
    Je rebondis sur le message de Papilio pour souligner qu’effectivement, tout cela mériterait une éducation, une sensibilisation, loin d’intérêts financiers mortifères, il y a du chemin, certains le prennent.

    Nous devrions effectivement être tous scandalisés par le contenu des assiettes de nos enfants, dans les cantines qu’ils fréquentent en général… maîtriser notre consommation, nos déchets… enfin bref, je vois que beaucoup autour de moi font ces efforts, agissent en ce sens, prennent conscience, changent leurs habitudes, diffusent les bonnes informations, bâtissent leurs projets : c’est à la fois remarquable et enthousiasmant, car comme toute les belles (r)évolutions, cela vient du peuple, et pas d’une quelconque directive inapplicable.

    Donc presque d’accord intégralement avec ton commentaire cher papillon (demande finale comprise :wink: ) mais pas avec ton pessimisme : ça bouge !

    Je sors du boulot, excusez mes approximations…

  6. Bernard dit :

    Plutôt d’accord sur ce que dit Christophe sur l’évolution des prix, ça se démocratise, même si le bio restera toujours plus cher que le reste, ce qui est logique car on ne peut pas comparer les produits entre eux. Mais, comme le dit Frusquin, si l’on compte le coût des conséquences de l’agriculture conventionnelle pour la société (en matière de santé, pollution de l’eau, chute de la biodiversité, mise au chômage des agriculteurs …), le bio restera toujours – et de très loin – moins cher.

  7. Bernard dit :

    Lorsque j’allais dans un magasin bio il y a 10 ou 20 ans, je détestais l’ambiance et bien souvent j’attendais Joëlle devant le magasin. On sentait que les clients étaient préoccupés par leur petite santé, très centrés sur eux, et je trouvais que ce genre de magasin « respirait la mort ». Aujourd’hui, je vais à la biocoop pour acheter les choses que je ne produis pas (farine, riz, céréales, légumineuses, agrumes, sucre, sel …) et j’y trouve une mentalité toute différente. Peut-être est-ce dû au fait que le magasin lui-même est dans une démarche militante et que cela attire un public différent. En tous les cas, il me semble évident que les clients de ce magasin sont dans une toute autre démarche que le simple problème de leur santé et qu’ils ont intégré le fait qu’en achetant dans ce genre de magasin, il y a derrière une filière cohérente (respect des agriculteurs, maintien d’une agriculture paysanne, production la plus locale possible, juste prix payé aux agriculteurs). En tous les cas, j’y rencontre des clients très sympas (presque chaque fois il y a quelqu’un que je connais) et l’ambiance dans ce magasin est vraiment très chouette. :smile:
    Mais il y a évidemment d’autres réseaux, je parle juste de la biocoop parce que je connais bien.

  8. Frusquin dit :

    Ah oui, La Vie Claire ou Nature et Progrès, c’était pas folichon, plutôt pharmacie…
    Mais ils changent eux aussi, les gèrants sont nouvelle génération parfois.
    Biocoop est la bonne référence d’esprit et de fournitures,je pense comme toi. Il y a aussi des petits bio sympa locaux, « Ma Terre », « Le Sarment » par ex….Par contre Bio C’ bon, qui fleurit partout est plutôt calibré, formaté; les gérants n’ont aucune maîtrise de l’approvisionnement, c’est uniforme dans toutes les villes, souvent venu de loin…
    Question coût, le budget alimentation bien pensé bio, n’est pas plus élevé que le budget des ménages classiques, je crois, impression au pif et en observant les caddies et en voyant les demandes en boucherie par ex, tous ces endroits où je mets aussi les pieds…

  9. Bernard dit :

    Au niveau du coût, je crois aussi que les personnes qui sont dans la démarche de manger bio sont aussi dans la démarche de manger moins de viande, pas de plats achetés cuisinés… et en plus ils se mettent progressivement à consommer plus de légumineuses et de céréales, dont le coût reste très faible dans un budget. C’est aussi pour cela que ceux qui mangent bio mangent souvent pour moins cher alors que les aliments bio restent plus chers que les conventionnels, simplement ils ne mangent plus la même chose …

  10. Bernard dit :

    On oublie de dire aussi que plein de personnes qui vivent à la campagne mangent bio, tout simplement parce qu’ils cultivent leur jardin de manière naturelle.

  11. Papilio macaron dit :

    Le jardinage au naturel avec des poules y a que ça de vrai !!!
    Tu as démarré tes semis de tomates? Moi c’est parti. Comme l’an passé je me suis lancé en semis précoce au 15 janvier et j’espère la même réussite !!!

  12. Bernard dit :

    oui, j’ai semé quelques variétés, et si jamais tu passes sur le secteur je te donnerai 4 plants (en plus d’une petite bière naturellement) :wink:

    Je vais réfléchir à alimenter de temps en temps ta rubrique presse café du lundi matin … :wink:

  13. Bernard dit :

    D’un point de vue environnemental, consommer des légumes bio qui viennent d’ailleurs n’a pas vraiment de sens. Encore faut-il que les consommateurs se rendent compte de l’ineptie qu’il y a de consommer des légumes qui viennent de loin.
    Les dernières statistiques à cet égard sont très parlantes. Non seulement on consomme de plus en plus bio (7 fois plus qu’il y a 15 ans) mais surtout 71% de cette consommation bio est produite en France, preuve qu’il y a une belle prise de conscience qui s’opère dans la tête des gens.

  14. Yves dit :

    Il est vrai que l’on consomme de plus en plus d’aliments estampillés « BIO » … Mais cultivés ou élevés en conformité avec le « BIO » , beaucoup moins qu’on le pense .

  15. Bernard dit :

    D’accord avec toi. On vient de me citer le cas d’un agriculteur qui était en bio, certification AB. Quand il s’est rendu compte que dans le réseau AB le fumier qui contient des antibiotiques est considéré bio dès lors qu’il a passé 6 mois de compostage, il a rejoint le réseau Démeter bien plus drastique du point de vue du cahier des charges. Je pense que tous les réseaux ne se valent pas.
    Cela dit, le cahier des charges minimal qui s’applique à chacun reste draconien, notamment en France où des textes réglementaires sont venus compléter les textes européens. Le bio est plus bio en France qu’ailleurs. Par ailleurs, il faut savoir que la législation contraint les agriculteurs bio à des contrôles permanents (je crois qu’ils payent de 300 à 600 € par an pour cela).
    http://www.fnab.org/nos-actions/reglementation/13-la-reglementation-de-la-bio-bref-resume

  16. Bernard dit :

    Je ne suis pas spécialement macroniste, il est même à l’exact l’opposé de mes convictions, mais l’annonce que la France votera contre l’utilisation du glyphosate (Roundup) en Europe va dans le bon sens. Faut bien le reconnaître (merci Hulot !). Même si, tant que ce n’est pas officiel et que le vote n’a pas eu lieu, on peut encore se méfier …

  17. Bernard dit :

    Intéressant : une info à laquelle on n’a pas eu accès en France mais dont nous informent nos amis Belges :
    http://www.lesoir.be/116568/article/2017-09-28/les-employes-de-monsanto-ne-pourront-plus-acceder-au-parlement-europeen

  18. Bernard dit :

    Dans un magasin tout près de chez moi, le filet de 25 kg de pommes de terre est à 2,99€, soit 12 cts le kg. On imagine comment l’agriculteur qui a cultivé ces pommes de terre est pressurisé pour que ça arrive au consommateur à un prix aussi bas. :angry:

  19. jacqueline dit :

    Bernard, c’est une honte ce prix si bas. As-tu vu la provenance de ces pdt. Il faudrait faire la grève de l’achat à prix si bas et aller (pour les personnes qui n’ont pas de jardins) acheter directement chez les producteurs uniquement français.

  20. Bernard dit :

    Oui, tu as raison, mais pour beaucoup de personnes très modestes, ces pommes de terre sont une aubaine. Une partie de plus en plus importante de la population n’a pas les moyens d’acheter une nourriture de qualité.

  21. Fifitoutcourt dit :

    L’exploitation (indirecte) des esclaves de la terre par les pauvres … Où plus exactement l’exploitation des esclaves de la terre par des bandits qui en font « profiter » les pauvres : alibi parfait pour une système mafieux qui garde l’apparence d’une certaine philanthropie… Tu ne voudrais quand même pas empêcher les pauvres de se nourrir en augmentant les prix tout de même? :devil:
    D’autant qu’avec un peu de chance, ce sont peut-être des pdt OGM de chez Bayer, Monsanto ou autre semencier sauveur de l’humanité… :sick:
    Nous vivons une époque formidable, non ? :cwy:

  22. Yves dit :

    As-tu noté l’origine de ces pommes de terre ?

  23. Yves dit :

    Sur ce site vous avez les prix du marché de la pomme de terre .
    https://www.rnm.franceagrimer.fr/prix?POMME-DE-TERRE#

  24. Bernard dit :

    à Yves : non je n’ai pas noté l’origine des pommes de terre. J’étais pressé, j’avais invité mes voisins à déjeuner au dernier moment et je n’avais que peu de temps devant moi pour faire les courses. Mais cette semaine j’y retourne et je note ….

  25. jacqueline dit :

    Bonjour les amateurs de pommes de terre. Samedi, dans un restaurant près de Morteau nous avons mangé une écrasée de pdt.violettes. Le chef nous a dit que c’était la violette d’Artois. Un délice, avec un petit goût de châtaigne, mais aussi crème et beurre.Un peu trop riche m’a dit mon estomac tout l’après-midi.
    Malheureusement nous n’avons pas trouvé de petits magasins vendant ces pdt..
    Je vais acheter des pdt violettes en Suisse, on verra pour le goût.
    Je sais qu’il y a plusieurs variétés de violettes (non, non Bernard, je ne parle pas des fleurs) et je vais faire quelques recherches avant d’aller dans un commerce.
    Bon après-midi.

  26. Bernard dit :

    Je connais mal ces pommes de terre violettes (même si j’en ai mis 25 plants en terre cette année, je ne vais les récolter que cette semaine) mais plusieurs témoignages concordants disent que les pommes de terre bleues sont excellentes mais qu’elles ne sont très bonnes que si elles sont cultivées sur leur terroir d’origine.

  27. Bernard dit :

    Encore une erreur photographique du Monde. Mettre comme image un tracteur tirant une charrue pour illustrer le problème du glyphosate est presque un contresens car ce sont justement les agriculteurs qui ne passent plus la charrue et qui font du « semis direct » (quelques jours après avoir tout brûlé au roundup) qui font le plus l’usage du glyphosate.
    http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/10/24/glyphosate-le-parlement-europeen-demande-une-interdiction-d-ici-a-cinq-ans_5205293_3244.html

  28. cath dit :

    En parlant de PdT j’ai tenté la patate douce cette année. Bon c’était dans 2 gros pots ce qui fait qu’elles ne sont pas grosses et toutes tordues, mais j’en ai récolté une 20taine. Je verrais pour l’an prochain en pleine terre.

  29. Bernard dit :

    A priori, les tubercules de patate douce ne grossissent réellement qu’en jours courts, il faut donc les récolter le plus tard possible, novembre est mieux qu’octobre pour cela. Je n’ai pas encore récolté les miennes.

  30. cath dit :

    Oui mais elles étaient vraiment coincées (10 par contenant de 40 cm) et de plus comme il pleut pas mal, l’eau avait du mal à s’évacuer du pot. J’ai aussi essayer les christophines en pleine terre mais n’en ai récolté qu’une de 500gr. Comme c’est une vivace je laisse le pied en place et je verrais l’an prochain si je suis encore là

  31. Christophe dit :

    Pour revenir au sujet de cet article que j’ai relu avec intérêt (ce qui se passe dans le monde agricole – pas seulement bio – me concerne et me préoccupe au plus haut point).
    Il se trouve que j’ai rencontré il y a peu un exploitant agricole qui est en GAEC avec son frère. Pour faire court : 27 vaches, filière comté, non bio. Ces deux personnes vivent mieux que tous les GAEC que je connais autour de moi, y compris en bio et en filière + ou – courte. Je connaissais en fait de longue date l’un des frangins mais on s’était perdus de vue (pas bio le gars mais préoccupations environnement !). Alors j’ai creusé un peu et je lui ai dit que je n’y croyais pas, ayant vu le modèle général à l’œuvre.
    Ben j’en ai appris, et simplement sur le fait que certains sont plus malins que les autres : des choix stratégiques font la différence. En plus, ils ont du temps puisqu’on joue au volley ensemble…
    Je confirme : le bio, le local, le partage, ça explose dans le milieu rural. Et sur un modèle bien différent du repli sur soi que j’ai pu constater dans les communautés post-soixante-huitardes, vouées à l’échec.
    Ça fait plaisir à voir et puis… comme je l’ai dit à mon ami volleyeur : je vais t’acheter une vache.
    Une vache à lait bien sûr. :wink:

  32. jacqueline dit :

    bravo pour la décision.
    Ainsi le beurre reviendra. :wink:
    ah les futures bonnes tartines pour le dimanche matin en famille, avec le miel de Christophe.
    bonne journée les amis, grand ciel bleu en Suisse.

  33. Bernard dit :

    Temps gris ici. Je suis allé plusieurs fois en Suisse les temps derniers et, globalement, le temps était meilleur qu’ici alors qu’on est tout près.

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