Le nœud du problème

C’est quoi un prêtre ? Un homme de chair ou un homme de marbre ?

Dans « La faute de l’abbé Mouret » de Zola que je viens de relire, je suis tombé sur une description étonnante d’un prêtre. Je vous donne quelques extraits :

« Longtemps, aux heures de recueillement, lorsque la méditation le prosternait, il avait rêvé un désert d’ermite, quelque trou dans une montagne, où rien de la vie, ni être, ni plante, ni eau, ne le viendrait distraire de la contemplation de Dieu. C’était un élan d’amour pur, une horreur de la sensation physique… Et que les biens de la terre lui semblaient méprisables !… Il fermait la porte de ses sens, cherchait à s’affranchir des nécessités du corps, n’était plus qu’une âme ravie par la contemplation. … Il n’envisageait que les biens célestes, ne pouvant comprendre qu’on mît en balance une éternité de félicité avec quelques heures d’une joie périssable… Il était parfait, dès le premier agenouillement, sans lutte, sans secousse, comme foudroyé par la grâce, dans l’oubli absolu de sa chair… Il se souvenait d’avoir entendu parler de la tentation comme d’une torture abominable qui éprouve les plus saints. Lui, souriait… On avait tué l’homme en lui, il le sentait, il était heureux de se savoir à part, créature châtrée, déviée, marquée de la tonsure ainsi qu’une brebis du seigneur ».

Evidemment la suite de ce roman célèbre sera celle que l’on connaît : la chair sera plus forte que la raison et le prêtre connaîtra les joies de l’amour terrestre et deviendra même le père d’un enfant. Pouvait-il en être autrement ?

Dans un discours très ambigu du 24 février dernier (mais plutôt bien médiatisé), le Pape a déclaré « Derrière la pédophilie, il y a Satan ». Ouais, bof !
En tous les cas, c’est ce que la Presse a retenu et il semble qu’effectivement il n’a pas dit grand chose d’autre.
Parmi les sujets éludés par le Pape, il y a notamment le refus obstiné de l’Église d’autoriser ses prêtres à mener une vie sexuelle normale.
« Le » problème !
Refuser la normalité incite forcément à l’anormalité. Par définition me semble-t-il.
Que dire des prêtres tiraillés par plein d’envies légitimes et desquels on exige qu’ils se fassent un nœud en permanence, non pas une heure, un jour, des semaines, des mois … mais des dizaines d’années ? N’importe qui, normalement constitué, deviendrait dingue au bout de quelques … (jours ? semaines ? mois ? années ? … Je vous laisse le choix de la durée !). Ou finirait alors par chercher des chemins de traverse. Et certains enfants ne le savent malheureusement que trop !
Evidemment, il est assez logique que l’Eglise en reste à sa position dogmatique officielle. Il faudrait vraiment être naïf pour penser que ce Pape-là aurait pu avoir une action différente de celle de ses prédécesseurs, il n’est bien évidemment que le représentant d’une institution à jamais figée. Les débats qui traversent la société civile aujourd’hui ne peuvent avoir prise sur des règles datant de près d’un millénaire.
Mais si je suis scandalisé, ce n’est pas par cette position de l’Église, mais par le fait qu’aucun grand journal de notre pays n’ait saisit cette occasion de scandales sexuels dans l’Église pour aborder enfin ce sujet tabou : LE CÉLIBAT DES PRÊTRES.
C’est quand même le principal élément du problème, non ?

Et vous, qu’en pensez-vous ?

14 réflexions au sujet de “Le nœud du problème”

  1. Ca me paraît évident, même si je pense qu’il est possible de sublimer sa sexualité, entre autre pour servir des causes spirituelles.

  2. Je ne sais pas ce que le Vatican attend effectivement pour lever le célibat des prêtre et pour nommer des femmes prêtres. Pour moi ce refus est incompréhensible.
    Je suis révolté par l’attitude et la démarche du cardinal Barbarin qui par ses propos insulte les victimes de ce prêtre(et sans doute d’autres…) dont il connaissait les agissements. :angry: :angry: :angry:

  3. C’est d’autant plus incompréhensible que, pour cette raison de célibat, le nombre de prêtres diminue de manière drastique. En terme de stratégie, l’Eglise a tout faux !

  4. Surtout qu’avant le concile de Latran 12éme siècle les prêtres pouvaient se marier, l’interdiction n’était que pour les moines. Peut-être une histoire de gros sous… à qui va l’héritage d’un prêtre marié avec enfants? Pas à l’église…. mais ça c’est mon interprétation.

  5. Cath, je pense que tu as raison, ce concile de Latran, en 1123, était sans doute une histoire de gros sous et d’héritage, il a permis à l’Eglise de devenir riche.

  6. J’y comprends plus rien, c’est le nœud du problème ou le problème du nœud ?
    :wink:
    Ben fallait bien un neuneu pour la faire hein Dupdup ?
    Ya un problème ?
    :angel:

  7. Rhâââaaa ! Aléluia !
    Grâce soit rendue à ceux qui respectent les lois, qu’elles soient pénétrables ou impénétrables.
    :ninja:

  8. Bah dans un siècle ça sera de l’histoire ancienne les religions actuelles…. Y’a qu’à voir la fréquentation des églises.

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