Bob Dylan, le premier album

DISCOGRAPHIE DE BOB DYLAN (1)
Me voilà donc parti dans une aventure qui va durer quelques années, au rythme d’un article tous les mois. Merci à Anne et Vincent qui vont me suivre dans ce truc un peu fou. Merci aussi à mon ami Jean-Louis qui écrit « à tours de bras », et avec beaucoup de talent, des traductions des textes de Dylan. Les lecteurs de mon blog pourront en profiter dès le prochain article au début juin.

Dylan.jpg

Avant de parler du premier album, qui s’intitule tout simplement Bob Dylan, parlons un peu de Dylan en cette année 1961. Dans les derniers jours de décembre 1960, le jeune Robert Zimmermann, qui n’a pas encore vingt ans, venait d’arriver à New York avec sa guitare et son harmonica, et dans la tête la musique des joueurs de country, de rock ‘n roll et de blues qui avaient nourri son adolescence. Il venait de quitter subitement l’université, sans un regard en arrière, s’inventant même un passé (il racontait qu’il n’avait pas connu ses parents, était un vagabond, avait été forain …) et quittant son nom pour prendre celui de Bob Dylan (en référence au poète Dylan Thomas).

Dès son arrivée à New York, Dylan fit plusieurs rencontres décisives avec son idole, le grand musicien Woody Guthrie, alors mourant sur son lit d’hôpital. Pendant ses premiers mois au Greenwitch Village, Dylan rencontre des gens qui vivent en marge de la société : poètes, musiciens, activistes politiques … La vie au Village y est intense, la musique folk est en train de s’y imposer, comblant le vide laissé par la quasi-disparition du rock ‘n roll.

Le soir, dans les cabarets, le jeune Dylan a l’occasion de monter sur scène (par exemple en première partie de John Lee Hooker) et d’y jouer la musique qu’il aime. C’est là que deux hommes reconnaissent aussitôt le génie qui est en lui : Robert Shelton, journaliste au New York Times, et surtout John Hammond, « découvreur de talents » (c’est lui qui a découvert Billie Holliday, Benny Goodman et Count Basie). En très peu de temps, l’histoire de Dylan s’emballe, il obtiendra un contrat d’enregistrement de cinq ans et entrera dans les studios de Colombia dès octobre pour y enregistrer son premier disque, bouclé en quelques jours seulement.

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Nous voici donc à ce premier opus (on peut cliquer ici pour écouter des extraits de 30 secondes de chacune des chansons de l’album). Le premier disque de Dylan contient avant tout des reprises d’autres musiciens, à part deux compositions personnelles. Dylan y égrène tour à tour des blues, des chansons country, du gospel avec une maîtrise sans égale. On sent que Dylan s’est nourri de toutes ces musiques, qu’il en est l’héritier direct. C’est une véritable éponge qui a emmagasiné tout ce qu’il a entendu au cours de son adolescence (Hank Williams, Little Richard, Big Joe Williams … l’ont profondément marqué) mais aussi depuis qu’il a commencé de cotoyer les musiciens de Greenwitch Village. Les blues que chantent Dylan sont de vrais blues que les meilleurs bluesmen ne renieraient pas, les spirituals qu’il chante sont de vrais spirituals (et d’ailleurs Josh White qui est l’auteur de In my time of dyin’ figurant sur cet album a reconnu que la version de Dylan était supérieure à la sienne).

Mais ce qui me plait le plus dans ce premier disque, c’est l’énergie qui se dégage de l’ensemble et la hargne avec laquelle Dylan attaque la plupart des chansons. Il chante les textes avec beaucoup de foi, avec la même conviction qu’un bluesman noir (la maison de disque Vanguard Records avait d’ailleurs refusé d’enregistrer Dylan, jugeant que sa musique était trop « viscérale », ce que l’on comprend aisément à l’écoute de ce disque). Le rythme de la plupart des chansons est très rapide, le dialogue guitare/harmonica donnant à l’ensemble un côté parfois endiablé. Il me semble qu’on ne retrouvera dans aucun des disques ultérieurs de Dylan cette symbiose entre guitare, voix et harmonica (symbiose qui apparaît à de nombreuses reprises sur le disque, notamment dans la chanson Baby, let me follow you down). Du haut de ses vingt ans, armé d’une fougue de jeune cheval, Dylan donne l’impression de partir à l’assaut du monde avec une foi inébranlable. Ce disque est habité par un sentiment d’urgence, c’est pour moi l’impression la plus forte de ce disque.

Notons que la chanson House of the rising sun qui figure sur ce disque fut reprise par les Animals qui en feront le tube que l’on connaît (en France, Johnny Halliday la reprendra sous le titre les portes du pénitencier). La chanson est une complainte qui raconte l’histoire d’une femme que l’on mène à la prostitution. Contrairement à l’usage qui voulait que lorsqu’un homme reprenait une chanson de femme, il devait changer le genre du texte, Dylan a laissé les paroles au féminin.

Ce disque ne contient que deux compositions originales de Dylan. La première Talking New York est ce qu’on appelle un Talking-blues, une forme ancienne de blues née à la fin des années 20, dans laquelle le discours est presque parlé sur un accompagnement très simple à la guitare. Le texte est déjà du Dylan classique, il y développe un humour sarcastique à l’égard des métiers de la musique :
Or, comme je chemine en ce monde
Je vois un tas de drôles de gens
Les uns vous volent avec un six-coups
Les autres avec un stylo-plume…

La deuxième composition originale de Dylan, Song to Woody est née de la rencontre entre Dylan et Woody Guthrie, alors sur son lit de mort. Dylan a écrit cette chanson au bar d’un hôtel (habitude qu’il prendra par la suite, beaucoup de grands textes de Dylan ont été griffonés dans des cafés). Beaucoup d’émotion se dégage de cette chanson.

Dans ce premier disque, Dylan a mis toute sa foi pour nous faire découvrir les chansons traditionnelles de blues, gospels et country qui l’ont marqué. Mais il nous livre aussi ses deux premières compositions qui sont déjà du « vrai Dylan » et qui préfigurent les disques qui allaient suivre. Robert Shelton a d’ailleurs écrit : « le premier album était le testament d’un Dylan et le signe avant-coureur d’un nouveau Dylan ». Effectivement, lorsque le disque paraîtra en mars 62 (cinq mois après les séances d’enregistrement qui datent de novembre 61), Dylan regarda ce premier disque comme quelque chose faisant partie du passé, sorti d’un vieux tiroir. Il était déjà passé à une autre étape de sa vie.

Le disque se vendit mal (5 000 exemplaires seulement). Le producteur John Hammond s’était-il trompé de cheval ? Dans Greenwitch Village, Dylan fut surnommé avec dédain « la lubie de Hammond ». Mais Dylan préparait déjà ce qui allait être son premier « coup de maître », le disque mythique « Freewheelin’ Bob Dylan » dont je parlerai dans le prochain article qui paraîtra au début juin.

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21 réponses à Bob Dylan, le premier album

  1. Bernard dit :

    Deux petits compléments à mon article :
    1) Il paraît que la réédition récente et remastérisée de cet album est de très grande qualité, rien à voir avec la première édition (celle que j’ai). A acheter donc les yeux fermés (surtout que le prix est de 11,70 euros).
    2) Si quelqu’un trouve un site sur lequel on peut écouter l’intégralité des morceaux de ce disque ou des extraits de plus de 30 secondes, merci de me communiquer l’adresse, je modifierai mon article en y insérant le lien du site.

  2. Steph dit :

    « Si quelqu’un trouve un site sur lequel on peut écouter l’intégralité des morceaux de ce disque ou des extraits de plus de 30 secondes, merci de me communiquer l’adresse, je modifierai mon article en y insérant le lien du site »

    Ce serait complètement illégal !

  3. Anne dit :

    Je viens de réécouter ce premier album. Je l’avais déjà écouté deux fois juste après que tu aies annoncé ton article…Quand je dis que je te suis, je te suis.
    Je ne connais rien à la musique, techniquement parlant. Tout juste si je sais lire les notes en clef de sol. Mais je sais quand j’aime et quand je n’aime pas. Et cela fait longtemps que je me demande pourquoi j’aime (énormément) Dylan. Sa voix ne rentre pas vraiment dans mes préférences esthétiques (j’aime les voix très graves, la sienne ne l’est pas et en plus elle est vraiment nazillarde).
    Dylan me touche. C’est l’émotion qu’il dégage qui est exceptionnelle. Je me demande vraiment ce que ce type a pu vivre pour être d’une telle sensibilité (est-ce qu’on raconte qu’on n’a pas connu ses parents uniquement pour se rendre intêressant ?). Dylan m’intrigue, au delà de l’ambiguïté autour de son (non) engagement politique.
    Le long documentaire que lui a consacré Scorsese n’a fait qu’ajouter du contraste aux zones d’ombres du personnage.
    Dans ce premier album, mes préférences vont à The house of the rising sun, Song to Woody et See that my grave is kept clean (les morceaux les plus gais de l’album !).
    Je viens de lire, sur wikipedia, l’histoire présumée de The house of the rising sun dont on n’est pas sûr de la paternité, comme beaucoup de chansons de ce répertoire. Et j’ai appris qu’il y avait 138 chanteurs ou groupes qui l’avaient interprétée (il n’y a apparemment pas qu’à moi qu’elle plaît).

  4. Roland dit :

    On dit que « The House of the rising sun » fait partie du « folklore américain » ; ceci explique donc cela…
    Bravo Bernard pour cette belle entrée dans le monde de Dylan et bon courage pour arriver à tenir le rythme que tu t’es fixé.

  5. Bernard dit :

    Dans le film de Scorsese, il y a une anecdote assez marrante sur cette chanson The house of the rising sun. Un ami de Dylan la chantait tous les soirs sur scène dans Greenwitch Village et connaissait un certain succès avec cette chanson. Dylan est entré en studio, s’est approprié la chanson, et le copain à Dylan a été surpris de la voir plus tard sur le disque, alors que Dylan n’avait même pas eu la délicatesse de lui en parler. Mais quelques temps plus tard, ce sont Eric Burdon et les Animals qui s’accapareront cette chanson qui venait d’être réhabilitée sur disque par Dylan et en feront un tube énorme. L’appropriation de cette chanson par Dylan n’aura donc été que de courte durée. Voilà, c’était, sous une forme nouvelle, l’histoire de l’arroseur arrosé. De toutes façons, comme le disent Anne et Roland, on n’est pas sûr de la paternité de la chanson, elle fait partie de la tradition et personne ne peut se l’approprier.

  6. Vincent dit :

    Arfff ! Les obstacles s’accumulent : je n’ai pas le disque, je ne l’ai pas non plus trouvé à la médiathèque (j’ai cependant emprunté et écouté « The Freewheelin' ») et… je n’ai même pas pu écouter les 30 premières secondes sur le lien car il me manque apparemment des « codecs » (je ne dois pas avoir la « côte-côte » !!!). En plus avec les mouchards de la SACEM et autres « légalistes » qui surveillent le site, ça ne va pas être simple.

    (A ce propos, vous êtes au courant, on va bientôt ne même plus avoir le droit de faire écouter chez nous un disque à quelqu’un qui ne l’a pas lui-même acheté… et on sera également verbalisé si on chantonne dans la rue un air qui n’est pas de notre composition… Ah oui, droit de propriété intellectuelle et artistique oblige, pas le droit non plus d’utiliser des instruments qui ressemblent à quelque chose de connu… ni même, bien sûr, des notes de musique déjà entendues chez d’autres ! Non mais !!!)

    Bon, j’en reviens à Dylan (mais au fait, il a le droit lui d’utiliser le nom d’un autre, lui ?)…

    Autre souci pour moi, contrairement à Anne (même si comme elle je ne connais pas grand chose à la musique), je n’accroche pas trop musicalement parlant. Certaines mélodies sont certes envoutantes, mais l’harmonica me saoûle vite et… disons surtout que, ne comprenant pas l’anglais chanté (surtout avec le nez !), j’ai la facheuse sensation de passer à côté de ce qui pourrait être l’essentiel, ou du moins le noyau autour duquel tout s’agence. Comme d’écouter Brassens en serbo-croate !

    J’ai donc hâte que tu nous donnes connaissance des traductions évoquées.
    Je reste en effet curieux du bonhomme (plus que de sa musique à proprement parlé)… de ce qu’il a été, a représenté, a transformé.

    Je vais déjà faire décanter toute la somme que tu nous as aimablement apportée… et revenir ensuite, si tu le permets, avec deux trois questions sur les points qui pourront encore éventuellement m’intriguer. Ok ?

  7. Vincent dit :

    J’ai fait 2-3 recherches sur ce Dylan Thomas qui lui a servi, au moins dans sa jeunesse, de modèle. Je n’ai malheureusement pas de textes de lui dans ma bibliothèque, mais des commentaires (assez fiables, je pense, entre autres celui de Kenneth White dans « Une apocalypse tranquille ») qui permettent de cerner un peu le personnage. A vous de voir si ça éclaire quelque chose sur celui qui s’est « patronymiquement » présenté de comme son successeur !

    Dylan Thomas se définissait ainsi : « Un : je suis Gallois ; deux : je suis ivrogne ; trois : je suis amoureux de la race humaine, et surtout des femmes. » Un peu cabotin, donc, pour commencer.

    Sa poésie, ensuite, se caratériserait avant tout par une sorte d’excès de style, ou disons plutôt d’exubérance verbale exercée parfois au dépens du sens (du moins d’un sens immédiatement clair et précis). Dylan Thomas serait ainsi avant tout une façon de parler, une puissance vocale, un ton. On pourrait dire qu’il résonne plus qu’il ne raisonne. Mais sa « technique du cri » est cependant hautement élaborée : chaque phrase est en effet longuement travaillée avant de trouver sa formulation définitive.

    Il présente ainsi sa méthode : « Je laisse une image se faire émotionnellement en moi, puis j’y applique ce qu’il y a en moi de puissance intellectuelle et critique afin qu’elle en engendre une autre, que cette image-là contrarie la première, puis dans la troisième image issue des deux autres conjuguées je fais une quatrième image contradictoire, et pour finir je crée un conflit entre toutes ces images dans le contexte formel que je me suis imposé. »

    Répondant, en 1934, à une enquête sur l’influence de Freud, il écrivit : « Freud a éclairé une partie des obscurités qu’il a dénoncées. Bénéficiant de cette lumière et de la connaissance de cette nudité cachée, la poésie doit exposer à la crudité de la lumière plus encore de causes cachées que Freud n’a pu le faire. »

    Dans ses souvenirs (« Un reste de vie à tuer »), sa femme Caitlin précise : « Lorsqu’on essayait d’interpréter quelques vers obscurs de sa poésie, Dylan se jetait à terre, s’entortillait dans le tapis, se griffait comme une hyène piquée par les mouches. Cela finissait toujours par un sommeil bruyant. »

    Il habita quelque temps à Laugharne, en Pays de Galles. D’après John Davenport, « il y était comme le Roi d’Ys, dans cet endroit merveilleux et perdu, plein d’oiseaux et de coquillages… Parmi les hérons, les cormorans pêcheurs, les courlis et les battements d’ailes de chouettes, il était véritablement lui-même. »

    Mais il se fit avant tout connaître en tant que cabotin des pubs et des salles de conférence où il joua à merveille le rôle d’ Enfant-Poète, de Génie Inculte et d’Ultra-Bohémien. Il mourut d’une « intoxication alcoolique ayant atteint directement les cellules du cerveau » au cours d’une réception à New York. Il était en train d’écrire, pour Stravinsky, un livret d’opéra dont le sujet devait être une nouvelle génèse : deux adolescents, seuls survivants d’une guerre atomique, faisant l’apprentissage de la vie.

  8. Bernard dit :

    Ben dis donc Vincent, bravo pour tes recherches qui donnent une image assez incroyable de ce poète Dylan Thomas. Je ne sais pas s’il y a beaucoup de rapport entre les deux personnages mais il y a une phrase qui m’a interpelé, qui est de Dylan Thomas : “Je laisse une image se faire émotionnellement en moi, puis j’y applique ce qu’il y a en moi de puissance intellectuelle et critique afin qu’elle en engendre une autre, que cette image-là contrarie la première, puis dans la troisième image issue des deux autres conjuguées je fais une quatrième image contradictoire, et pour finir je crée un conflit entre toutes ces images dans le contexte formel que je me suis imposé.” Cette phrase est dite par un personnage éminemment complexe au caractère très ambivalent (plein de choses contradictoires et contraires en lui). Ces deux traits de caractères, complexité et ambivalence, peuvent aussi s’appliquer à Bob Dylan car ce sont là deux mots qui reviennent régulièrement dans les écrits consacrés à la vie du musicien.

  9. Bernard dit :

    Je me sens très proche de ce qu’écrit Anne. Moi aussi, je n’ai pas d’attirance particulière pour ce genre de voix. Par ailleurs, la musique de Dylan ne m’inspire pas plus que ça ! Quant aux textes, ma connaissance fragmentaire de l’anglais (Magalie, je t’entends rire d’ici !) ne me laisse entrevoir qu’une partie de leur richesse. C’est donc, comme pour Anne, la charge émotive qui se dégage de la voix et de ses nuances, qui agit profondément sur moi. Il y a quelque chose d’incroyable dans cette voix que je ne suis jamais arrivé à trouver ailleurs. Alors, allez donc savoir pourquoi « textes peu compréhensibles » + « qualité musicale moyenne » + « voix erraillée, nasillarde et même pas belle » = autant d’émotion. A l’évidence, nous sommes là dans le domaine de l’alchimie.

    Petites remarques pour Vincent :
    1) l’harmonica te saôule vite, dis-tu, mais, mis à part sur ce premier disque, Dylan n’en fait un usage que très limité et il l’utilisera de moins en moins, ce qui me semble dommage.
    2) Tu parles de Brassens en serbo-croate, ça m’a fait beaucoup rire mais ça m’a rappelé que, aussi bizarre que ça paraisse, j’ai accroché à Brassens d’abord par la musique et ce n’est que plus tard que les textes sont entrés en moi. Je reviendrai d’ailleurs un jour, dans un article, sur la richesse musicale des chansons de Brassens, on la sous-estime souvent et à tort. Je crois qu’à l’époque donc où j’ai découvert Brassens (ce devait être en 69), j’aurais aimé, même en serbo-croate.

  10. Jean-Louis dit :

    Je viens de parcourir ce premier article et ses commentaires. Je crois que l’aventure va être passionnante ! Je confirme mon partenariat dans ce projet. D’ailleurs, j’ai déjà travaillé cinq ou six textes, histoire d’avoir la paix pendant les vacances d’été ! Bernard, tu en disposeras à ton rythme !

    Quelques indications sur ma démarche. Je vous avouerai d’abord que mon premier Dylan, j’en ai écouté trois morceaux à l’âge de 16 ans puis, je l’ai oublié pendant deux années sur le toit d’une armoire ! Ca m’a paru inaudible ! Encore aujourd’hui, je n’aime pas tout et je dois parfois écouter en boucle pour finir par apprécier ! Bizare ou maso ?

    Contrairement à ce que vous promet l’ami Bernard, je ne considère pas réaliser des traductions mais des interprétations (normal pour un éco-interprète !) En effet, je pars généralement de la traduction officielle (site bobdylan.com) pas forcément mauvaise, disons de qualité inégale. Je trouve que le mot-à-mot casse la poésie ou la qualité de la langue américaine d’origine.
    Je retravaille donc ce texte à ma sauce pour essayer d’en faire du français agréable voire poétique (C’est peut-être prétentieux !)
    Dans cette démarche, je me donne naturellement des libertés. Je suis notamment influencé par des émotions ou mon histoire personnelles.

    Enfin vous verrez bien ! De toute façon, je ne fais cela que pour m’amuser. J’espère quand même vous faire apprécier d’autres facettes du monstre sacré !

  11. Bernard dit :

    Quelques compléments d’informations trouvés dans le dictionnaire du rock de Michka Assayas :
    – Dylan a enregistré ce premier album pour la somme de 400 dollars.
    – Dylan : « J’étais plein d’une émotion rageuse, violente, alors. J’ai joué de la guitare, j’ai joué de l’harmonica et j’ai chanté mes chansons, c’est tout. »
    – « Seul à New York, sans logis, Dylan dort dans les cafés, parfois dans le métro, se fait héberger par des femmes qui aiment à le materner. Il fait l’effet à tous ceux qui l’approchent d’un être malingre, crasseux, négligé, d’un freak (« monstre ») pitoyable ».
    – A la suite du faible succès du disque, Dylan a failli être mis à la porte de chez Columbia mais il a obtenu le soutien inconditionnel de John Hammond, mais aussi de Johnny Cash qui voyait en lui « un géant ».

  12. viel dit :

    Hello,

    Votre blog tombe à pic, vraiment un cadeau tombé du ciel, puisque depuis quelques mois je me suis dit : « Sacha, ça fait plus de dix ans que t’as « The Times »…et « Blonde on Blonde » mais il serait temps de :
    1. acheter les 6-7 premiers albums
    2. les écouter de manière active avec les traductions et explications…

    Donc après avoir lu « Chroniques vol 1 », voilà, je suis « paré » et je me suis lancé lundi…Tout d’abord un super site de traduction des paroles, peut etre le connaissez vous :
    http://www.bobdylan-fr.com/index.html
    Ensuite, votre blog, un formidable complément…

    Merci et bon courage pour la suite, je suis tout ça de près…

  13. MORÉ dit :

    J’ai parcouru les blogs et suis heureusement surpris par cet intérêt, cette curiosité ou cet engouement, de lire toutes ces considérations et informations concernant Dylan. Bravo que cela existe dans cet esprit, tranquille, ouvert.

    J’aime beaucoup Dylan et j’ai pas mal de disques (tous il me semble) plus des documents.Voila, je suis donc un amateur.Par contre je ne sais pas si je connais bien Dylan ou si je le comprends, je n’en suis pas sûr. D’ailleurs c’est ce qui fait son charme, le mystère poétique qui baigne ses chansons.
    Et puis il y a la barrière de la langue ; d’autant que malgré mes notions scolaires de bon élève en anglais, je ne suis pas du tout initié à cet américain parlé rempli d’argot ou d’expressions qui nous échappent.
    Et puis il y a cette autre culture avec ses valeurs, comme on dit aujourd’hui, ses repères, ses lieux communs, ses façons de voir, de penser…La façon aussi – on en parlait- de vivre le patrimoine musical comme un bien commun, à disposition, à
    ré-interpréter ou à transformer.
    Justement, tant qu’a faire, je m’interroge depuis pas mal de temps, sur le lien très particulier qu’a la France et les Français avec Dylan malgré toutes ces barrières et ces différences.Ça au moins c’est à ma portée.
    Pour être dans du réel, je me suis penché sur l’impact de Dylan sur la chanson française.Impact permanent depuis 1965 et de multiples formes.Je ne suis pas le seul ni le premier bien sûr (çi joint un lien avec une étude à ce sujet).Dans les blogueurs ici d’autres ont du s’y intéresser aussi et on pourra échanger.
    Voila, donc j’essaie de répertorier toutes les adaptations, reconnues et énoncées comme telles .Et il y en a! A commencer par les disques entiers: les trois d’Hugues
    Auffray, Serge Kerval, et dernierement Cabrel.
    Puis il y a les chansons qui parlent de Dylan, nombreuses aussi.
    Les reprises en anglais, dans le texte.
    Et puis la cohorte des « à la maniere de » qui sont à regarder de prés pour voir justement en quoi est l’emprun, et la transformation plus ou moins personnelle.
    Jugement subjectif et discutable bien sur.
    Tout cela pour illustrer une réflexion sur : pourquoi une telle greffe a-t-elle si bien pris
    et quel est ce Dylan (imaginaire?) que les français -dont moi- aiment tant?
    Voir le topo d’un prof américain sur la question et notamment sur les eceuils de la

  14. MORÉ dit :

    (suite) et notamment sur les écueils de la traduction de Dylan en français.
    Peut être que jean louis qui faisait des traductions (en 2006) avec pas mal de bonheur connait-il ce texte ?
    Il est en anglais mais on peut saisir l’essentiel…avec un bon dictionnaire.
    L’auteur en est Nicolas FROELIGER, Université Paris 7 Denis Diderot UFR EILA
    Site:
    froeliger@wanadoo.fr

  15. MORÉ dit :

    oups,je me trompe c’est son Email.
    Le site etait :
    In a crowded room full of covered mirors: french cover versions of Bob Dylan songs
    Nicolas Froeliger, Université Paris 7
    mais aujourd’hui il faut passer par :
    Selection d’articles de Nicolas Froeliger (UFP EILA)
    et chercher: 2007 N°2
    Je l’ai retrouvé re-écrit(mis à jour?) dans:
    Old tradition 22/1(2007):175-196
    Nothing’s been changed except the words: some faithful attempts at covering Bob Dylan Songs in french

    Sur le premier, il y avait des interviews,des émissions de radio (citées), une bibliographie et une discographie françaises d’importance.

  16. MORÉ dit :

    concernant « Song to Woody » la pochette nous dit ( sous la plume de Stacey Williams )
    that it was « written much in the musical language of his idol » ,c’est à dire ,à peu prés,
    « vraiment écrite dans le langage musical de son idole ».
    Que veut-il nous dire par là ?
    Sans doute ceci : 1913 massacre
    http://www.youtube.com/watch,v=oz7ogugulZE

  17. Bernard dit :

    Moré, je pense que le langage musical de Woody Guthrie est souvent du « talking blues », mi-parlé mi-chanté et que la diction du texte écrit par Dylan est proche de ce style. Une sorte d’hommage donc.

    En tous les cas, Dylan fait parler de lui en ce moment dans l’actualité française.
    http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/05/12/bob-dylan-une-legion-d-honneur-controversee_3175878_3246.html

  18. MORÉ dit :

    Quelle histoire !Mais ici on est en France comme a chanté le regretté Caradec en pensant à Dylan….
    Moi, j’avais bien aimé l’échange entre Dylan et Obama pour je ne sais quelle remise de distinction,(on voit la photo dans tes documents)
    sans manieres, tranquilles .
    Et quand on voit, une autre fois, Obama chanter « Sweet home Chicago » (juste et bien) avec Buddy Guy, on se dit ,d’accord c’est vraiment pas la France.
    Allez donnons la à Barbelivien, cette légion napoléonniene pour « Michelle »si bien chantée par Gerard le Normand, restons au chaud entre nous et mangeons un bout de cantal avec notre Laguiole (sa ville de naissance, pour les ignorants).Il porte le chapeau lui aussi, comme Daniel Gerard et comme le gars du disque Desire, aux USA,
    (il est pas chauvin), il lui doit au moins ça.
    Pour en revenir à la chanson « 1913 massacre » le fiston ,Arlo, la chante à sa façon lui aussi ; bon si je réussi le lien cette fois c’est:

  19. MORÉ dit :

    pour le chapeau de Daniel Gerard, c’est Coluche qui avait cafté le premier.
    Moi je me moque pas.

  20. frusquin dit :

    Comment Gainsbourg nous charme en parlant de son emprunt à Dylan pour sa
    « ballade du forçat » pour le télé film Vidocq. Une interview qui vaut le déplacement !
    Toute une philosophie de « l’influence » , du Gainsbourg grande cuvée (1967)…
    Inteview avec Denise Glaser (c’est pas un pseudonyme de Barbara) 16 avrli 1967:
    http://www.ina.fr/video/I05063718

  21. frusquin dit :

    Pour rester dans le sujet, il y a eu une contre-façon bien concoctée de Dylan avec
    les « Masked Marauders », une pseudo super session de pop stars, sous l’anonymat
    d’un groupe (un peu Traveling Wilburies avant l’heure) où Dylan est sensé chanter
    la très bonne chanson de Donovan (un comble!) « Season of the Witch ». De bons musiciens,de bons chanteurs, de la bonne musique, un faux Dylan adorable,-on s’y croirait- et j’ai été le premier à y croire; je garde ce vrai faux disque avec tendresse et
    respect.
    Al Kooper et Mike Boomfield (des fidèles de Dylan mais aussi en lien avec plein de monde) ont joué ensemble ce morceau dans leur très officielle « Super Session », ce qui
    marque au moins leur intérêt pour le dit morceau: une piste pour le canular ? A priori
    il semblerait que non……
    The Masked Marauders : « Season of the Witch » (Donovan)
    http://www.youtube.com/watch?v=r9npFxUfbgY

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