Proposé par Humeur triste :
« Je n’ai pas choisi cette vie, c’est elle qui m’a choisie »
(Benazir Bhutto)
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c’est un peu vrai; elle se destinait à une carrière de diplomate ou de journaliste, après des études de philosophie, et a été précipitée dans la politique à la mort de son père, pendu.
Mon Dieu qu’elle était belle !
Femme, belle, et progressiste dans un pays musulman, gangréné d’islamistes, et pourtant, deux fois premier ministre !!! chapeau !
Elle était courageuse. Toutes les femmes qui se lancent dans la politique sont très courageuses. Et pas seulement aux pays du voile. En occident aussi.
Je suis très attristée par cette disparition.
Quelle abnégation ! Donner sa vie pour tenter de sauver son pays de l’obscurantisme.
La paix civile sera très difficile à trouver au Pakistan. Depuis plusieurs années, les observateurs internationaux pensent que c’est dans cette partie du monde qu’éclatera le prochain conflit majeur. Comment l’assassinat de Benazir Bhutto va-t-il influer sur la destinée du pays ? Tout porte à croire maintenant que ce pourrait vite être le chaos. Mais l’assassinat de Benazir Bhutto peut aussi galvaniser la foule de ses partisans et orienter le rapport de force, dans un extrême sursaut, en faveur des défenseurs de la démocratie. Car, comme l’a dit Dom, c’est bien d’obscurantisme dont il s’agit en face et cette force du mal est à conbattre à tous prix. Aïe, aïe, aïe, « obscurantisme », « forces du mal », … on en vient à utiliser malgré nous les mêmes mots que Bush …
Belles : avenir bu tôt.
Très mauvaise tournée du père Noël en effet.
Je suis aussi sidéré de la vitesse avec laquelle on a organisé ses funérailles, tout comme de la réaction politique éclair des USA qui les premiers orientent l’avenir : faites les élections. Ça fait un peu précipité et cynique tout ça.
Et si j’ai bien compris les enjeux économiques et politiques locaux, sur fond de gaz, de pétrole, d’Afghanistan et de Russie aussi… les ripoux de cette planète n’ont pas fini de nous faire suer !
Pour en revenir à la citation : la vie aura choisi Benazir Bhutto jusque dans la mort.
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-994431,0.html
« Cette femme qui est revenue en disant ‘je sais ce que je risque’, cette femme dont le père a été exécuté dont les frères ont été assassinés, c’est quand même extraordinaire cette convergence de malheur et de bravoure et d’obstination pour la démocratie »
Pour une fois que Kouchner dit quelque chose de censé (ça faisit des lustres que ce n’était pas arrivé), il fallait que je le cite !
LE VORTEX DU MONDE
Que l’assassinat d’une dirigeante d’un parti d’opposition d’un pays du Sud ait secoué gravement tous les marchés financiers d’Asie, et avec eux ceux du monde entier, révèle l’extrême fragilité du monde.
Certes, le Pakistan n’est pas un pays comme les autres : puissance nucléaire, point de passage quasi-obligé de l’essentiel du gaz du monde, en première ligne dans le combat contre l’islamisme tout en étant un des repaires du terrorisme international, sa déstabilisation peut conduire à une catastrophe.
Mais, bien au-delà de ce pays, c’est le monde tout entier qui semble se diriger vers le précipice. Comme si se préparait la collision de trains lancés à vive allure. Comme si, comme dans un vortex, (ce tourbillon creux qui se produit dans un liquide en écoulement au fond d’une baignoire), s’annonçait pour bientôt la convergence de cinq dangers :
• Un système financier mondial en faillite : au-delà des subprimes, bien d’autres dettes circulent, sans que nul ne sache comment les banques les honoreront : celles des hedges funds, des sociétés de rehaussement de crédit, des fonds de LBO, et des détenteurs de cartes de crédit forment une pyramide dont le montant est très supérieur à celui des fonds propres des banques, qui seraient depuis longtemps fermées si les banques centrales ne les finançaient à guichets ouverts.
• Un système politique américain à l’abandon pour un an, en raison des élections, et qui ne fera rien pour réduire ses déficits, ou pour stabiliser sa monnaie.
• Une Union européenne en déshérence, avec une Italie financièrement à la dérive, au point que l’existence même de l’euro pourrait être remise en cause par les spéculateurs attaquant la trésorerie de Rome.
• Un Moyen Orient sans espoir, où les Palestiniens et les Israéliens continuent d’attendre que l’autre veuille bien disparaitre de la surface de la terre pour le reconnaitre.
• Une pauvreté qui ne fait qu’augmenter, partout, déclenchant des vagues de désespoir et des mouvements de population de plus en plus énormes.
Dans un monde de plus en plus interdépendant, tous ces dangers peuvent entrer en résonnance : La crise financière américaine peut entrainer le retrait de la puissance américaine, faire exploser l’Euro, et transformer le Moyen Orient en un champ de bataille où se rejoindront toutes les misères.
Et pourtant, la croissance mondiale est là, si puissante, qu’elle peut encore tout résoudre. Comme une baignoire qui se remplirait encore, pendant que d’autres tentent de la vider.
j@attali.com
Et quand on ne croit même plus (comme quelques-uns, ici, je crois) à la toute puissance de la croissance, M’sieur Attali, il reste quoi ?
Ben dis donc, Benazir, Khadafi fait plus recette que toi sur ce blog …
On a peut-être juste un peu plus de scrupules à risquer de se chamailler (même virtuellement) en période de deuil.