Jardin à orvets
J’aime la biodiversité. Qu’elle soit sauvage ou cultivée. J’éprouve une joie infinie à être entouré d’une diversité de formes de vie. Et comme je déteste les pelouses uniformes, j’essaie d’entretenir la mienne en fauchant le plus rarement possible afin que les différentes plantes qui la composent aient largement le temps de produire leurs graines. Ainsi, celle qui est derrière la maison n’est fauchée que deux fois dans l’année, ce qui lui permet d’avoir le temps de fleurir au printemps.
Les insectes viennent y butiner nombreux mais je m’aperçois que malgré mes efforts, ils régressent au fil des années. Mais le problème est beaucoup plus général. Avez-vous remarqué aussi leur diminution progressive au fil des années ?
J’ai l’habitude de cultiver des massifs de fleurs au milieu de la pelouse et de laisser s’installer le fouillis au pied des fleurs. Cela procure une zone où de nombreux animaux, escargots et autres, peuvent trouver refuge. Le pied de ces massifs garde toujours une certaine fraîcheur et une certaine humidité, même en plein été, et j’y vois régulièrement la couleuvre à collier.
Mais ma plus grande satisfaction est d’y rencontrer souvent l’orvet. J’avais rarement eu l’occasion de l’admirer jusque là, mais depuis que j’habite dans cette maison (il y a maintenant sept ans), les observations de l’orvet se comptent par dizaines. Actuellement je vois ce reptile presque toutes les semaines. Quand je sais que je vais avoir du monde à la maison, j’en capture un, l’installe au fond d’un seau, puis le relâche à l’endroit exact où il a été capturé dès que mes amis l’ont vu de près. Le but de l’opération : faire aimer ce monde méconnu des reptiles et faire en sorte que la crainte injustifiée de ces animaux disparaisse. Mais je sens que ce n’est pas facile. Joëlle n’a pas trop envie de toucher ces petites bêtes. Et vous ?




8 juillet 2008 à 20:53
J’ai publié un article sur mon blog pour donner des conseils afin de se débarrasser des limaces mais pas des hérissons, crapauds, orvets, etc.
Résultat : depuis, chaque jour, il y a des gens qui arrivent chez moi en tapant “se débarrasser des orvets”, ou des capauds, hérissons, etc.
Grrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr!
Une autre fois, j’avais publié quelque chse sur le maire qui mettait du répulsif à SDF. Comme j’avais un autre article qui parlait d’un Hibou Grand-Duc, il y a des recherches “répulsif à hiboux” qui arrivent aussi chez moi.
Et re grrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr!
8 juillet 2008 à 21:11
J’ai remarqué ça avec les papillons qui sont de plus en plus rares dans mon jardin et pourtant je n’utilise aucun insecticide chez moi , tandis qu’à côté ils ont un beau jardin , bien tracé , bien taillé , bien aspergé de désherbants et d’insecticides !!! Ces voisins qui me font les yeux noirs lorsqu’ils me voient prendre en photo ces insectes qui mangent leurs fleurs et légumes , ces oiseaux qui les réveillent tôt le matin et ces petits rongeurs qui mangent leurs récoltes !!! Je me suis fait engueuler par un voisin à cause du pinson qui chantait tous les matins du haut de mon cerisier et qui le réveillait à 5h00 du matin …. Bon Bernard m’a dit de chanter plus fort que cet oiseau pour qu’il déménage (lol) , mais moi il ne me dérange pas , si je suis venu vivre à la campagne avec ma petite famille ce n’est pas pour tuer tous ce qui m’entoure ( faune et flore je l’entends bien , je ne parle pas du voisin !! mdr ) pour être tranquille au calme!!
Les orvets , alors là , lorsque j’en vois un je te fais signe , introuvable dans le coin !!! La peur de ces petits lézards sans pattes et tout à fait inoffensifs vient certainement de leur aspect de serpent , mais pourquoi la plupart des gens ont peur des serpents , alors là c’est comme des araignées , ça doit venir de l’enfance où on vous a dit que ces bêtes étaient monstrueuses et méchantes !!!
8 juillet 2008 à 22:54
Ça doit effectivement venir de l’enfance.
J’espère qu’ils sont jeunes, les amis à qui tu montres les orvets, Bernard, parce que je crois que ça marche mieux avec les mômes.
Il y a quelques années, j’habitais une grande maison à la campagne partagée en plusieurs logements. Mes enfants et ceux de mes amis voisins jouaient à se faire caresser les mains et les bras par les orvets dont ils adoraient le contact.
Joëlle, je serais curieuse de savoir si tu sais d’où vient ta réticence à toucher ces animaux ?
8 juillet 2008 à 23:31
Lorsque j’étais jeune garçon puis durant l’adolescence, j’ai passé des heures à rechercher, observer et attraper les serpents. J’étais attiré par tout ce que la nature comptais de sauvage et je pense que depuis bien plus longtemps, j’ai trouvé là une source d’émerveillement et d’apaisement. Cela ne m’a pas quitté et les mêmes observations m’apportent les mêmes bienfaits.
Je me souviens notamment de la capture d’une grande couleuvre d’Esculape (un reptile que j’affectionne pour sa grâce et l’emblème qu’il représente). Ma grand-mère paternelle qui se trouvait là, épouvantée comme mon père, m’avait dit une fois la bête relâchée : “Va te laver les mains et puis lave le savon.”
J’ai ensuite passé de longues heures auprès des vipères sans jamais de soucis, je prenais un malin plaisir à les approcher à pas de loup, ayant remarqué leur extrême sensibilité aux vibrations.
Mais après avoir tenu lézards ou orvets qui perdaient leurs queues, j’ai abandonné mes captures, il m’arrive même rarement de cueillir des fleurs, sauf quelques bouquets sauvages de mai.
Dire que la couleuvre d’Esculape ou la chouette chevêche étaient les emblèmes de dieux antiques signifie à mon avis bien la perte du lien avec la nature. Ceux qui observent connaissent leurs véritables ennemis : même avec du savon, ce que les limaces laissent sur ma peau ne s’en va pas ! Voilà un des rares animaux que je n’apprécie pas du tout lorsqu’il fréquente le potager.
10 juillet 2008 à 21:16
J’aime l’araignée et j’aime l’ortie,
Parce qu’on les hait ;
Et que rien n’exauce et que tout châtie
Leur morne souhait ;
Parce qu’elles sont maudites, chétives,
Noirs êtres rampants ;
Parce qu’elles sont les tristes captives
De leur guet-apens ;
Parce qu’elles sont prises dans leur oeuvre ;
Ô sort ! fatals noeuds !
Parce que l’ortie est une couleuvre,
L’araignée un gueux;
Parce qu’elles ont l’ombre des abîmes,
Parce qu’on les fuit,
Parce qu’elles sont toutes deux victimes
De la sombre nuit…
Passants, faites grâce à la plante obscure,
Au pauvre animal.
Plaignez la laideur, plaignez la piqûre,
Oh ! plaignez le mal !
Il n’est rien qui n’ait sa mélancolie ;
Tout veut un baiser.
Dans leur fauve horreur, pour peu qu’on oublie
De les écraser,
Pour peu qu’on leur jette un oeil moins superbe,
Tout bas, loin du jour,
La vilaine bête et la mauvaise herbe
Murmurent : AMOUR!
Victor Hugo
12 juillet 2008 à 22:39
Je ne peux m’empêcher de frissonner à chaque fois que je lis ou entends ce poème.
15 juillet 2008 à 11:55
Merci Yves, je ne connaissais pas ce poème …
21 juillet 2008 à 12:35
J’ai le souvenir bien net d’un orvet que mon père avait attrapé pour le montrer aux enfants de sa classe. J’ai passé des heures à le faire passer d’une main à l’autre… le pauvre!! Mais il n’avait pas perdu sa queue, sinon mon souvenir serait tout autre je suppose!!!
L’orvet est un animal très discret et j’évie de le toucher maintenant, pour lui!!! Ce n’est pas l’envie qui me manque, mais je ne tiens pas à ce qu’il prenne peur et se mutile. On a fait des abris à orvets un peu partout mais on ne le voit rarement.
On a pu par contre observer il y a 2 ans une magnifique couleuvre d’Esculape qui cherchait un abri pour l’hiver et que l’on a gentiment reconduit chez nous quand elle essayait de traverser la route. Elle est montée par le rosier aux fenêtres du 2ème étage!, puis est redescendue et s’est finalement logée sous la pierre du perron… bon sommeil!! Les filles ont pu l’observer à loisirs et se rendre compte de son absence d’agressivité!!
L’an dernier, en grattant dans le compost fin août, j’ai trouvé 5 “bouchons” ovoïdes blancs de consistance bizarre : élastique et fermes à la fois et j’ai deviné qu’il s’agissait des oeufs de la bête, ce qu’un guide a confirmé. Normalement, ils auraient dû éclore plus tôt… mais avec le temps qu’on avait eu… Je les ai remis dans le bas du tas de compost voisin et je ne sais pas ce qu’ils sont devenus…
Je croise souvent des serpents lors de mes pérégrinations sur le terrain… et les voit rarement en fait, c’est Michel qui me dit “tu as vu ce que tu as enjambé?” Bon, pas de quoi faire un infarctus! J’ai eu peur des serpents, comme tous les gens qui n’en ont jamais vu dirais-je, jusqu’au jour où j’ai pu en observer et on se rend bien compte alors que ce sont eux qui ont peur!!!
Par contre je refuse catégoriquement que Michel s’amuse à en attraper!! Il ne faut pas tenter le diable tout de même.
Savez-vous que les couleuvre se défendent souvent, une fois en mains, en aspergeant le fauteur de trouble du contenu nauséabond de leur cloaque? Bien fait!!!
Et je ne suis dégôutée par aucune bestiole ou presque (les tiques font exception à la règle!), je n’aime pas les limaces pour ce qu’elle font de mon travail, mais je ne les trouve pas laides…
Enfant, j’ai passé des heures à laisser glisser sur ma main les escargots de bourgogne ou les petis rayés des haies et des jardins que je continue d’aimer particulièrement!
Pauvres gens que ceux qui se croient d’une espèce supérieure… Pour ma part, je me considère comme faisant partie d’une espèce animale comme les autres, plutôt plus moche vu ce qu’elle fait, bien qu’elle puisse être capable de grandes choses…
J’apprends à mes filles à respecter toute forme de vie…
21 juillet 2008 à 12:37
Bon, faudra quand-même que je montre à Narnard ce que c’est que du fouilli!