« La vierge froide et autres racontars »

J’ai relu hier La vierge froide et autres racontars de Jorn Riel. Il s’agit d’une suite de petite anecdotes qui mettent en scène des personnages vivants dans l’extrême nord.

Que dire sur ce livre afin de lancer une éventuelle discussion ?

Il y a eux et il y a les autres. Eux, ce sont les membres d’une petite communauté de trappeurs vivant dans des conditions matérielles très difficiles. Il sont là comme s’ils l’avaient toujours été et font partie du paysage. Les autres, ce sont les nouveaux, ceux que la Compagnie envoie chaque année pour relever de leur fonction ceux arrivés l’année précédente.

Les hommes qui vivent là vivent par deux dans des cabanes misérables. L’ancien est le maître des lieux. Le nouveau qu’on lui envoie doit s’adapter à ce monde étrange fait de glace, de nuit et de solitude. Chaque petit groupe de deux vit dans l’isolement et le dénuement. Chacun des groupes vit éloigné des autres, souvent à plusieurs journées de traineaux. Mais il s’agit là, malgré l’éloignement, d’une véritable communauté. La communauté possède ses propres règles, ses codes, son histoire, sa vie sociale … Elle semble immuable, centrée sur elle-même, et rien ne semble avoir prise sur elle.

De drôles de personnages, avec de drôles d’idées, font irruption dans ce petit monde clos. Chaque année, au mois de novembre, le bateau Vesle Mari amène un ou deux nouveaux qui semblent égarés sur ce monde polaire : Joenson le tatoueur qui débarque du bateau, une cafetière émaillée à la main ; le lieutenant Hansen, militaire zélé, qui veut créer une milice ; Laurits qui a l’idée saugrenue de construire des WC, les premiers WC du Groenland.

Pour moi, il s’agit là d’un livre non frelaté avec des mots authentiques. Les personnages sont vrais, hauts en couleur, pitoyables parfois mais profondément humains. Mais qui sont-ils vraiment, tous ces personnages décalés qui ont choisi de vivre en marge du monde civilisé ? Des solitaires. Des gens blessés (on sent chez beaucoup d’entre eux des blessures enfouies qui ne se sont jamais refermées). Des gens qui ont le sentiment de faire partie d’un monde qui n’a plus cours. Des gens ivres de silence.

C’est un monde très masculin dans lequel la femme est rarement évoquée et pèse par son absence. Alors on invente Emma, la femme idéale. « Emma, tiens, c’est comme elle était faite rien qu’avec des beignets aux pommes. Les fesses, les seins, les joues et tout et tout. Rien que des beignets, mon garçon. Et au milieu de toute cette pâtisserie, deux yeux bleu ciel et une moue rouge ».

viergefroide1(merci à Oetincelleo pour cette magnifique photo de la vierge froide)

Un monde de pudeur et de tendresse. Mais de dureté aussi. La solitude est de mise. La nuit aussi. La nuit polaire recouvre l’âme d’une couche sombre.

Après l’intériorisation forcée vient l’urgence d’aller se vider auprès des amis. Les amis, ça peut être un coq ou même un cochon. L’important est de trouver quelqu’un à qui se confier. Et quand un ami décède, il faut tout mettre en oeuvre pour que la mort devienne fête. Attacher un mort sur un traineau, lui mettre sa pipe entre les dents, et aller une dernière fois faire la tournée des copains, voilà l’une des scènes les plus inattendues de cet ouvrage. Bien sûr, quand le mort fléchit et vacille à table, on le sort vite pour qu’il se redurcisse dans le froid polaire avant de le ramener à table. Et la table est pleine de cadavres de bouteilles d’eau de vie. Car lorsque vient la mort, la fête doit être complète.

Pourquoi ce livre marque-t-il autant ? Sans doute parce qu’il est marqué du sceau de l’authentique et des vérités vraies… Il n’y a rien d’artificiel dans ce monde là.

« Il y aura de la place pour nous tous parce que dans ce temps-là, Lasselille, ce sera fini avec l’Histoire là-bas en bas. Ils seront tous tellement pareils qu’ils pourront tenir sur la même ligne dans une parenthèse. Ils seront sans Histoire. Prends bien note de ce que j’dis, c’est le chemin que ça prend. Ils vont découvrir que l’Histoire qu’ils ont écrite jusqu’à présent n’est que du remplissage et du bavardage d’un bout à l’autre et pas du tout quelque chose qui peut  nous en apprendre. A ce moment-là, ils seront bien obligés de tourner leur regard vers le Nord ».

216 réflexions au sujet de “« La vierge froide et autres racontars »”

  1. La vierge froide est le livre que j’ai le plus souvent offert et tous ceux à qui je l’ai offert ont été conquis, qu’ils vivent dans ce Grand Nord ou pas, qu’ils soient amoureux du froid et de la glace ou pas.
    On peut dire que c’est une valeur sûre, en tant que cadeau !

  2. J’ai un milliard de choses à dire au sujet du livre et je suis super impatient de vous lire et de réagir. Mais… plus de temps avant jeudi ou vendredi…
    Question que je me pose depuis longtemps: comment fait-on pour continuer des discussions commencées quelques jours auparavant, sans devoir ré-ouvrir 36 pages? Ça me turlupine en particulier pour les échanges à propos d’un livre.

  3. J’ai beaucoup aimé ce livre, je connaissais d’autres livres de Riels, mais pas celui-là. Merci de me l’avoir fait lire.
    J’ai beaucoup ri à la scène de l’enterrement. Je trouve que c’est rare de rire, vraiment, dans un livre, et cet enterrement est absolument succulent. Il y a une telle simplicité dans l’écriture, qui va si bien avec cette simplicité de ce qui doit être fait : dans le grand nord, les choses sont basiques, un mort est un mort, et une fête est une fête, et chacun doit être là.
    J’ai également particulièrement aimé l’histoire de la femme imaginaire, vendue et revendue, j’ai trouvé cette idée extraordinaire ! Se « refiler » comme ça, un rêve, un fantasme, incroyable, ça marche vraiment, ils le font, ils y croient, ils le vivent, et cette femme qui n’existe pas fait un bien immense à ces hommes !
    C’est un livre que j’ai trouvé très puissant, outre le plaisir pendant la lecture, il m’est resté dans la tête pendant longtemps.
    Je me rends compte qu’il est vraiment difficile de parler d’un livre, en tout cas de celui-là, il y a tant de niveaux de réflexions possibles…
    Difficile aussi parce que dire qu’on a aimé, c’est parler de soi, de ce qui nous touche, de ce que l’on est, et je ne vous cache pas que par moments, j’admire ceux d’entre vous qui se font voler dans les plumes, en laissant des commentaires avec toute la difficulté de la communication sur un blog !
    En tout cas, merci encore pour la lecture de ce livre.

  4. De drôles de similitudes sociales et culturels avec les marins que j’ai côtoyé lors de mon adolescence , des hommes bourrus d’apparence au coeur plein de tendresse , parfois hâbleurs ou mutiques, souvent facétieux mais sages , qui rient et crachent sur la mort comme pour mieux l’éloigner . Ces bougres cocasses qui meublent la solitude de la nuit polaire en buvant leur satané tord-boyaux , ces nuits où ils rêvent souvent de l’être qui manque le plus sur cette terre de glace hostile ; la femme . Entre légende et réalité où est la ligne , je ne sais et je m’en fous , je me plonge dans ces racontars pour y retrouver une ambiance du passé , de mon passé où l’hostile n’était pas la glace et le froid , mais la mer , la roche et le sel , où les hommes étaient les mêmes que ceux dépeint dans ce bouquin , cette époque où le goéland était mon seul ami lors des longues journées à rechercher le maquereau .

     » Un racontar est une histoire vraie qui pourrait passer pour un mensonge à moins que ce ne soit l’inverse? Qui sait ? Certainement pas moi !  »
    Jorn Riel

  5. Au fait la femme imaginaire décrite dans le livre, c’est moi qui ai fini par la récupérer … Mais cette fois-ci je ne le revends pas, je la garde …

  6. Tu as raison Yves, c’est un livre fait pour ceux qui se sont frottés un jour aux éléments naturels : la mer, la roche, le sel, la tempête, la glace, la canicule … et qui ont été obligés de composer avec cela. Ce sont des éléments qui peuvent apporter la mort mais qui portent en eux de puissantes leçons de vie.

  7. Sur un blog, on peut se faire passer pour ce que l’on est pas et cacher ce que l’on est.
    Lorsqu’on est confronté aux éléments naturels, dans des situations difficiles, on se révèle dans toute sa vérité.
    Il n’est déjà pas facile de vivre la promiscuité dans un environnement facile mais lorsque l’environnement devient hostile ou tout au moins difficile (cordée d’alpinistes, compagnons d’expéditions dans le grand nord ou le désert, …), les tempéraments et caractères apparaissent au grand jour..
    Que de sagesse chez ces trappeurs dont nous parle Jorn Riel, malgré leur apparence rude et bourrue pour parvenir à supporter un compagnon pendant ces hivernages parce que contrairement à ce qu’on croit souvent, il est parfois plus facile d’être seul.
    Ces hommes qui pourraient paraître plutôt naïfs, pas très cultivés, assez rustres sont en fait plein de sagesse. C’est ce qu’il me semble.

  8. Et quels personnages !
    Ce qui est très original dans ces racontars, c’est l’absence de héros, dans les autres bouquins, des personnages secondaires nouent le cœur des histoires et ceux qui semblaient au premier plan s’effacent, au gré des distances et des phénomènes naturels.
    Le plus ignare et alcoolique d’entre-eux apporte à la communauté et pas comme simple faire-valoir. Il est intégré dans les envolées les plus philosophiques.

    L’attente de la nouveauté, la curiosité et l’ouverture d’esprit proposée dans les textes de Jorn Riel, je la trouve remarquable. Qu’il s’agisse du Vesle Mari, de l’arrivée d’un « nouveau » ou de situations plus ou moins rocambolesques, les réactions sont à coup sûr très imprévisibles, d’une profondeur riche d’enseignements.

    Je suis bien désolé de rester dans les généralités mais je n’ai pu remettre la main sur ce tome là ! Alors merci de m’avoir remis en mémoire ces magnifiques nouvelles : celle de l’enterrement, où le mort est vraiment le personnage central et cette extraordinaire sorte de jalousie ou de possessivité sublimée avec une femme qui n’existe pas.
    C’est tellement agréable et pas si fréquent de rire en lisant !

  9. Etrangement ce bouquin m’a fait penser à Brokeback Mountain, ce film où deux cow-boys isolés sur leur montagne vivent une passion amoureuse. Isolement des personnages, nature grandiose, frugalité de l’existence, promiscuité entre hommes et totale absence de femmes.
    Sauf que dans le froid nordique les femmes et l’amour en général ne semblent pas avoir du tout cours. Sauf pour cette formidable Emma dont on s’échange, contre matière sonnante et trébuchante, la propriété de l’image.
    Une métaphore terrible de l’impossible amour quand la misère des âmes ne lui permet pas de prendre corps ? Nanou a bien mis en évidence cette figure centrale qui continue, en son absence, d’être en arrière fond des autres racontars. Par contre, je ne sais pas, Nanou, si cette image fait à ces hommes un bien immense… J’ai l’impression qu’ils n’attendent plus rien de rien et que l’évocation de ce phantasme de la femme révèle plus profondément l’état de délaissement où ils sont.
    Au delà du caractère folklorique et cocasse des personnages, c’est le pathétique destin de l’homme qui, me semble-t-il, affleure sous l’apparente farce.
    Tragi-comique, à notre image donc.

  10. Pour vous mettre dans l’ambiance …

    Du 8 au 11 mars se tiendra à Paris le festivel international du film polaire.
    Le programme:
    http://www.gngl.com/fr/Nuits_polaires/NP2009/ProgFestival.html
    Plusieurs films du programme sont tournés au Groenland.
    Ce n’est pas courant mais pour une fois, j’aimerais bien pouvoir monter à Paris !
    Toutes les infos sont sur le site de la librairie agence de voyage Grand Nord Grand Large (www.gngl.com).

    Sinon, je recommande tout spécialement l’excellent et exceptionnel film Atanarjuat de Zacharias Kunuk.

  11. J’ai oublié de préciser que le film Atanarjuat, (2002) existe en DVD

  12. Robert dit que dans le froid nordique, les femmes et l’amour en général ne semblent pas avoir cours.
    Rien n’est plus faux …
    Certes, dans la communauté de trappeurs danois dont nous parle Riel, c’est vrai mais il ne faudrait pas réduire les habitants du Grand Nord à cette communauté, qui est en fin de compte une intruse.
    Les indigènes, eux, qu’ils soient inuits, lapons, évènes, etc … ont des femmes et font l’amour comme tout le monde, avec autant de chaleur et de passion.

  13. Et bien moi, j’ai senti que dans le livre la femme était bien présente au tréfonds de chacun. Il y a, tout au long des pages, la pesanteur de son absence et cela finit par faire, au final, comme une présence. Enfin, c’est une sensation difficile à expliquer …

  14. Oui, parce qu’une présence, même si elle n’est qu’imaginaire, est une présence tout de même.
    Et cette présence imaginaire a le gros avantage d’agir selon vos souhaits.
    C’est bien ce qu’on appelle un phantasme, non ?

  15. Luc de Belgique, est-ce que si je faisais apparaître les 10 derniers articles en haut à droite au lieu des 5 derniers, ça faciliterait l’accès à des articles déjà anciens ?

  16. Pendant que j’y pense un autre document exceptionnel à visionner :
    http://www.abc-lefrance.com/fiches/nanouk.pdf

    Au sujet des femmes dans l’œuvre de Jorn Riel, je crois qu’il s’agit d’un parti-pris de l’auteur. Son sujet est cette communauté d’hommes.
    Il examine cette communauté mais aussi et surtout l’isolement, la solitude, la vie choisie en retrait des chimères.
    De tels énergumènes devraient être frustres au possible, eh bien ils révèlent au contraire une grande culture et accèdent bien plus directement qu’un urbain plongé dans sa vie trépidante à des considérations aussi simples que profondes, mêlées tout de même d’une misanthropie plus ou moins masquée, agréable cependant car agrémentée d’une grande dérision.

    Quant à la sexualité, elle est effectivement rarement abordée directement, mais elle n’est pas occultée : elle constitue même plutôt une menace pour l’ami cher qui risquerait de perdre à nouveau des plumes, comme une faiblesse face à un renoncement presque ecclésiastique. Même l’homosexualité est abordée de façon encore une fois très ouverte et originale (une nouvelle avec une merveilleuse histoire de chiottes dans je ne sais plus quel tome !).

    Bref, les racontars, c’est vraiment pas pour les bonnes femmes car elles pourraient bien y découvrir ce que les hommes cachent !

    Enfin pour savoir ce qu’est la sexualité dans la communauté Inuit, bien différente de celle des trappeurs, il faut absolument lire les derniers rois de Thulé (Jean Malaurie). On y découvre par exemple que l’échangisme existe (pour favoriser le brassage génétique)… ou existait : l’arrivée des occidentaux et les ravages de l’alcool, comme d’habitude, Malaurie en parle.
    Riel n’élude pas non plus ce sujet : c’est souvent la gnôle qui réunit les personnages, autant que la mort, le renoncement, les vieilles souffrances.

  17. C’est la scène de l’enterrement qui met le plus en relief ce sens de la communauté.
    Dans le village où j’habite, il en est de même.

  18. Je confirme que le film dont parle Christophe, Nanouk l’esquimau de Robert Flaherty (1922) est bien un document exceptionnel qui complète par l’image la lecture du livre de Malaurie (Les derniers rois de Thulé).
    J’ai vu ce film tardivement (il existe en DVD) après avoir passé pas mal d’années à m’intéresser à la vie dans le Grand-nord.
    Alors, bêtement, l’image qui m’en est restée n’est pas celle de la chasse ou des moments forts de la vie d’un inuit, dont j’avais déjà lu des relations dans mes lectures, mais une petite séquence assez insignifiante :
    la réalisation d’une fenêtre dans un igloo … il suffit de faire un trou dans le mur de l’igloo et d’insérer dans ce trou une « feuille » de glace. Cette « vitre » ne permet pas de voir à l’extérieur mais laisse un peu entrer la lumière du jour. Jusque là, je n’avais jamais vu de fenêtre dans un igloo.
    Bon, ma soirée de ce soir est toute trouvée, je vais revisonné Nanouk l’esquimau. Chouette, chouette !

  19. Euh, je me suis mal expliqué dans mon dernier commentaire. Je ne voulais pas dire que chez moi on attache les morts à une charrette avant de faire la tournée des popottes. Il fallait juste comprendre que dans le village où j’habite, les enterrements sont une réelle occasion pour la petite communauté villageoise de se reconstituer et de vivre ensemble un événement.

  20. Etincelle, ce que tu disais à 8h40 m’a surpris. Me situant dans le cadre strict du bouquin mis en discussion, je ne pensais évidemment qu’à nos trappeurs. J’espère bien que les populations autochtones ont d’autres pratiques amoureuses ! Mais il en est absolument aucunement question dans le livre, pas vrai ?
    Une question : nos trappeurs danois cohabitent-ils avec des populations autochtones ? Commenr se fait-il que celles-ci soient aussi absentes de cette oeuvre ? Habitent-elles d’autres contrées ?

  21. La conclusion, ce serait donc qu’on pourrait vivre sans la femme mais pas sans la gnôle … ?
    Mais non, Oetincelleo, c’est juste pour rire et provoquer ta réaction. Qui ne va pas manquer d’arriver, j’en suis sûr … :wink:

  22. Tiens, effectivement Robert, bonne question que je ne me suis jamais posée. Où sont les autochtones ? A part baiser dans leurs igloos comme le dit Oetincelleo, il doivent bien sortir de temps en temps, non ?

  23. Bernard, cette nuit à 0h44, j’écrivais à propos d’Emma : « Cette figure centrale qui continue, en son absence, d’être en arrière fond des autres racontars ».
    Très proche de ce que tu décris plus longuement toi même ce matin : « Et bien moi, j’ai senti que dans le livre la femme était bien présente au tréfonds de chacun. Il y a, tout au long des pages, la pesanteur de son absence et cela finit par faire, au final, comme une présence. Enfin, c’est une sensation difficile à expliquer. »
    Enfin, on peut quand même préférer une femme réelle à un phantasme pour accompagner ses jours, non ? (Mais cela nous entraîne au-delà du bouquin)
    :wub:

  24. Préférer une femme réelle à un phantasme , pas pour ces hommes qui luttent tous les jours pour survivre dans des conditions extrêmes et qui n’ont pas beaucoup de place pour les sentiments .
    Pour ce qui est des autochtones , je suppose que les trappeurs évitaient de chasser et piéger sur leur territoire , assez vaste pour qu’il y ait de la place pour tous les êtres qui voulaient bien s’y aventurer .

  25. Dans le bouquin, Yves, DANS LE BOUQUIN : où sont passés les autochtones ? Soit ils vivent plus loin, soit l’auteur n’en parle pas parce que les trappeurs ne partagent rien avec eux… Je n’en sais rien.
    Peut être qu’Etincelle qui semble connaître pas mal le pays pourrait nous renseigner.
    Moi, j’ai une autre hypothèse à émettre. Au Canada, quand on parle des indiens (les Micmacs du Nouveau-Brunswig en l’occurrence), c’est parce qu’ils ont, le jour d’avant, chassé, péché ou coupé du bois en dehors des lois édictées par le pouvoir blanc. Le reste du temps on n’en parle jamais. Exactement comme s’ils n’existaient pas. Ce sont des « sauvages » et il vivent comme ils peuvent (plutôt mal) dans leur réserves et les blancs du coin n’en ont strictement rien à cirer.
    En est-il de même pour nos danois ? Je n’en sais rien et, comme tu le fais,
    Yves, on peut certes supposer plein de choses.
    Mais le mieux ne serait-il pas d’en savoir un peu plus ?
    Parce que ces types échoués là sur un bout de bout du monde, en dehors du pittoresque, j’aimerais drôlement en savoir à peine plus sur ce qui les a conduits là.
    Parce que je ne me suis jamais plu à me distraire de la misère des hommes et que, dès qu’on sort du territoire privilégié des pays dits développés, nous voilà confrontés dans les livres, à la télé ou sur le terrain à des réalités vis à vis desquelles le moins que l’on puisse faire est d’en comprendre quelque chose et sûrement pas de s’en repaître les yeux ou le sexe.
    Au secours, Etincelle, éclaires-nous, si tu le peux !

  26. Je reviens, Yves, sur le rapport aux femmes : phantasme et réalité. Depuis le voyage d’Ulysse, on sait que la réalité (Pénélope) nourrit le phantasme et pas l’inverse. Si le mec revient à Ithaque, après avoir vécu des aventures extrêmes, c’est parce qu’il a envie de retrouver sa copine. Par chance, elle l’a attendu.
    Ces mecs des racontars, ils ne sont pas seulement au bout du monde, il sont au bout d’eux mêmes. Pathétique, non ?
    Voilà, c’est comme cette histoire où un aveugle (ou un vieux, ou autre…) qui n’a pas pu échapper à un obstacle s’étale au milieu de la riue : tu trouveras des gens pour se marrer de la scène…
    J’avoue que j’ai du mal à me marrer avec eux. C’est un peu ce que je ressens vis à vis de nos trappeurs.
    Tu vois, ni con-descendant ni con-montant, je me pose des questions, plein de questions pour lesquelles je n’attends pas forcément de réponse vade-mecum.
    (CNRTL. Vade-mecum : Recueil contenant des renseignements sur les règles d’un art ou d’une technique à observer ou sur une conduite à suivre et qu’on garde sur soi ou à portée de main pour le consulter).

  27. En quoi les lecteurs rigolent-ils de la misère de ces trappeurs ? Et d’ailleurs, en quoi ces types-là sont-ils misérables ? N’y a-t-il pas là aussi des leçons d’humanité à recevoir de leur part ?

  28. Sans doute, Bernard. Je dis seulement l’impression qui est la mienne, les réflexions que cela m’inspire, d’autres sont évidemment possibles.
    Tiens, je serais très heureux de connaître les tiennes qui seront probablement différente et c’est très bien.
    Il ne s’agit pas, donnant notre avis sur un livre, de chercher à avoir raison contre une opinion différente, mais plutôt de nous enrichir d’approches différentes.
    Je suis clair, j’espère.

  29. Il n’y a même plus le droit de supposer sur ce blog d’avoir un avis sans que l’on veuille toujours prouver le contraire de vos dires !!!!!! :angry:

    Parce qu’Etincelle était dans le BOUQUIN elle !!!! J’ai dû louper un passage .

  30. Ah, je n’ai pas complètement répondu à ta question. Je crois que certains passages de ces racontars sont de nature à nous faire rire. Tant mieux. Après coup, la question se pose de la signification de ce rire. A chacun, je crois, d’y répondre (si ça lui dit de le faire, évidemment).
    Il serait plus juste de dire que ces gars sont dans la misère plutôt que misérables. Une misère matérielle, c’est sûr et une situation psychologique et morale assez limite, non ?
    Bien sûr qu’il y a dans leur vie un message humain, parmi d’autres. Et la gamme de ces messages-là est d’une telle amplitude que la question est posée de savoir, pour chacun de nous, où il prend ses modèles.
    Pour ma part, j’aime assez que les grandes figures d’humanité aient une portée morale. Les exemples abondent de Jean Valjean à Mère Térésa, etc, etc.

  31. Yves, je ne comprends pas ce que tu dis.
    Peux-tu t’expliquer, s’il te plaît ? Merci.

  32. Quand j’ai posé la question de la misère sexuelle de nos trappeurs, Etincelle m’a répondu que les autochtones avaient sur ce plan-là une vie tout à fait complète. C’est pourquoi j’ai demande où étaient donc ces autochtones dans le bouquin. Tu comprends ?
    Bernard m’a très bien compris, je crois.

    NB. Discuter pour moi c’est s’interroger ensemble et non se congratuler en permanence quant à notre accord entier et définitif sur tout. De la diversité de nos approches peut jaillir une lueur de vérité. OK, Yves ?

  33. Oh que non, la situation psychologique et morale n’est pas limite.
    Vivre dans de telles conditions matérielles (plutôt misérables il faut bien le dire) et offrir à un mort un enterrement de si grande classe est un acte de très grande humanité.
    Et la portée morale de tout ça ? Désacraliser la mort à ce point, c’est quand même pas rien, non ?

  34. Absolument, c’est même de tels moments qui font tout l’intérêt de ce bouquin.
    D’autres questions me titillent cependant : comment dans un pays tel que le Danmark, des mecs peuvent échouer ainsi sur de tels rivages ? Qu’ont-ils vécu auparavant qui les a amenés là ? Pourquoi aucune femme ne les a suivi, voire précédés sur ces territoires ?

  35. A propos de l’auteur :

    « Jørn Riel est un écrivain danois, né en 1931.
    Jørn Riel s’est engagé en 1950 dans une expédition scientifique pour le nord-est du Groenland, où il passera seize années, notamment sur une base d’étude de l’île d’Ella.
    De ce séjour, il tirera le versant Arctique de son œuvre littéraire, dont la dizaine de volumes des Racontars arctiques, ou la trilogie Le Chant pour celui qui désire vivre. Dans ces romans, dédiés à son ami Paul-Émile Victor, Jørn Riel s’attache à raconter la vie des populations du Groenland. »

    (source Wikipedia)

  36. Quelques précisions, Robert, qui peuvent répondre en partie à ta question (mais la vraie réponse, je crois que c’est Yves qui vient de la donner).
    Le Groenland est un territoire autonome danois, de plus en plus autonome d’ailleurs par rapport au Danemark (cf. referendum de 1978 et de 2008). Il n’y a que 56 000 habitants pour une île qui fait 4 fois la superficie de la France. 80% de la population est d’origine groenlandaise, 14% d’origine danoise.

  37. On ne vient pas s’échouer au Groenland, on y vit (et on y travaille) comme dans un autre pays, différemment certes, mais on y vit quand même …

  38. Oui, j’avais lu en son temps cet article de wikipédia sur notre auteur. Je viens d’aller le relire et retrouvé cette dernière ligne, anodine certes :
    « Jørn Riel vit aujourd’hui (2008) en Malaisie ».
    Le gars, il en avait marre du froid, il est parti pour un climat plus clément !
    La Malaisie, un pays dont on parle peu.
    J’ai trouvé un intéressant rapport de Reporters sans frontières, où l’on apprend que la publication des caricatures de Mohamed dans la presse danoise n’a pas été sans conséquence dans ce lointain pays. Pourvu que Riel n’ait pas morflé…
    http://www.rsf.org/une_pays-30.php3?id_mot=170

  39. Déjà que j’ai du mal en Haute-Saône avec le froid, je ne me vois pas là-bas, putain non ! Quant aux femmes, les nôtres répondent parfaitement à mon attente. Le fait de savoir comment des mecs parviennent à vivre sans femmes est pour moi un insondable mystère ! Mais le type moyennement constitué, tu le mets dans une telle situation mais (pardonnez-moi l’expression), il devient pédé comme un phoque !
    Alors, je veux bien que le gars il soit marin ou cosmonaute, mais trappeur, sans nana… ?
    Alors là, sincèrement ça me dépasse.

    Bon, maintenant je passer à table avec ma Françoise…

  40. Pas besoin d’aller dans le grand nord pour comprendre la vie de ces trappeurs Robert ,
    j’ai fait le nord Irlande je peux te dire que dans notre coquille de noix fasse à l’Océan nous n’étions pas mieux loti que ces trappeurs danois , 3 semaines à se taper un gros con qu’on ne supporte même plus en photo et pourtant il fallait faire avec car c’est peut-être celui-là qui allait sauver votre peau en cas de coup dur !! Et dans ces moment là il faut mieux ne pas être amoureux d’une femme à terre , le jour ou cela t’arrive tu ne veux plus partir , et dans ton paquetage tu emmènes cette tristesse de laisser ton amour à terre .. A quoi sert l’amour si c’est pour être triste , juste à écrire de belles chansons à pleurer comme les gwers de chez nous !!
    Et arrête s’il te plait avec cette histoire de congratulation permanente de ma part , alors que tu passes ton temps à le faire vis à vis de Bernard !!!

  41. C’est quoi ces paroles homophobes , bien sur qu’il y a aussi des pédés dans la marine ou chez les trappeurs … Et alors ?? C’est ça la misère sexuelle dont tu parles … Et bien bravo !!!

  42. Désolée d’avoir tant tardé pour répondre aux questions de Robert.
    Il faut bien que je travaille de temps en temps moi aussi !

    Alors …
    Jorn Riel à écrit pas mal de livres :
    La série des racontars arctiques sur les trappeurs danois.
    Tous ses autres livres parlent des esquimaux.
    Sauf un seul dont le cadre est l’île des pays chauds ou il vit maintenant (c’est le seul aussi auquel je n’ai pas trop accroché).
    Donc …
    D’une manière générale, on ne peut pas dire que Jorn Riel ne parle pas des esquimaux, bien au contraire.
    Dans les racontars, il n’y a pas d’esquimaux parce que les trappeurs vivaient sur la côte est relativement au nord et que les communautés inuits sont installées sur la côte ouest et le sud du Groenland.
    Cependant, les esquimaux font quelques apparitions de temps en temps comme par exemple lorsque un trappeur n’y tenant plus fait le déplacement (en traîneau à chiens pendant plusieurs jours) jusqu’au sud pour trouver une femme (Les femmes inuits ne sont pas trop farouches ).

    Au sujet des hommes qui partent vivre dans ces conditions, sans doute que certains ont eu un problème au pays mais beaucoup aiment simplement ce genre de vie, je crois. Des sauvages, des solitaires, des ours, comme on les appellent. J’en connais plusieurs et même si c’est difficile à vivre, ils sont prêts à vivre sans femme et sans confort pour cette vie dans le grand-nord. En ce qui concerne les trappeurs du livre, je serais plutôt du même avis qu’Yves. Ils sont là pour le travail. Ce ne sont pas des trappeurs en free-lance comme souvent au Canada. Ils appartiennent à la Compagnie (Je ne sais plus son nom). Je pense qu’ils sont salariés (mais je n’en suis pas sûre).

    Personnellement, je ne les trouve pas misérables du tout.
    Certes, ils n’ont pas tout le confort mais tant qu’on a l’essentiel.
    Certes, ils manquent de femmes mais ne sont pas sans contact humains.
    Ce qui m’impressionne le plus en eux, c’est cette tolérance pour l’autre car comme je l’ai déjà dit, et Yves aussi (Le con sur le bateau), la promiscuité est très dure à vivre (en tout cas pour moi).

    Pour finir, pour ceux qui veulent lire un autre livre de Jorn Riel, qui parle cette fois des esquimaux, je recommande tout particulièrement Le jour avant le lendemain, dont le thème est le même que celui de Qui se souvient des Hommes (livre du prochain mois).
    Une merveille ce livre !

  43. Je pense que si Jorn Riel a passé 16 ans au Groenland, c’est bien parce qu’il a trouvé une grande richesse de vie chez ses habitants. Et pas des cas d’étude psychiatrique … ! Les gens qu’il décrit, qu’ont-ils finalement à nous envier ?

  44. Je pense effectivement que « le jour avant le lendemain », du même auteur, est un complément indispensable à cet ouvrage. Vous pouvez l’acheter mais si vous voulez avoir une aussi belle dédicace que celle que j’ai eue, faudra vraiment être dans les petits papiers d’Oetincelleo … ! :smile:

  45. Il y a eu du métissage entre Danois et inuits , Knud Rasmussen en était la preuve .
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Knud_Rasmussen

    Je me suis posé la question de savoir si les inuits et les esquimaux étaient un même peuple .
    J’ai peut être une réponse ici :
    « un « Inuk » désigne « une personne ». Au pluriel, ce terme devient « Inuit » et il pourrait se traduire par « les êtres humains, le peuple ». Par le passé, ce peuple était souvent connu sous le nom d’« Esquimau », ce qui signifie « ceux qui parlent une langue étrangère ». De nos jours, le mot « Inuit » rassemble, par-delà les frontières des pays arctiques, des hommes et des femmes qui reconnaissent avoir en commun une histoire, une langue, des pratiques et des représentations du monde. »

  46. Jamais entendu parler de ce Rasmussen …
    Finalement, il est pas si mal que ça ce blog, j’y apprends des choses. :tongue:

  47. Merci Oetincelleo pour tous les détails que tu as donnés. Je ne savais pas qu’Inuits et trappeurs se partageaient l’espace de cette façon.
    Je crois aussi que le mode de vie choisi par les trappeurs relève du libre choix. Tu as bien résumé en parlant d’ours. Il y a un peu (ou beaucoup) de l’ours dans chacun d’entre eux.
    Dans le livre, plusieurs trappeurs ne viennent que l’espace d’une année. Ils repartent ensuite à leur vie. Qui, parmi nous, n’a pas rêvé de faire de genre de break, l’espace d’une ou deux années pour vivre ainsi au contact d’une nature un peu fruste ? J’ai encore ce rêve … Alors, si tu me dis en plus que les femmes inuits ne sont pas trop farouches, je prépare vite mes bagages … :wub:

  48. S’il te plaît, Yves, j’aimerais bien que tu te calmes un peu.
    Ou bien cherches-tu à te rendre tellement insupportable que je sois amené à me mettre véritablement en colère ?
    En général, mes colères je les cuve seul dans un coin, comme une maladie et je ne les partage pas.
    Tu comprends ?

  49. Etincelle, merci pour le travail que tu as accompli. Cela est très éclairant. Demain, à tête reposée, c’est certain, je reprendrai ton commentaire.

  50. Cette nuit, comme souvent pour moi, a été courte.
    Deux choses m’ont particulièrement intéressé dans ton propos d’hier, Etincelle.

    D’abord, ces trappeurs, si j’ai bien compris, ne vivent/chassent pas sur les mêmes territoires que les inuits. Et donc, ils ne les rencontrent que très occasionnellement…
    Ensuite, ce ne sont pas des travailleurs indépendants. Ils bossent pour une compagnie.
    Il semblerait que leur statut se rapproche de celui des trappeurs de l’Amérique française des 17 et 18ème siècle dont j’ai lu quelques chroniques. La Compagnie recevait un privilège exclusif (un droit d’exploitation en quelque sorte) du Roi sur un territoire. Cette Compagnie confiait une concession sur une fraction de ce territoire à des hommes qui chassaient et traitaient les peaux de animaux tués. Périodiquement la Compagnie récupérait les peaux et leur apportait les produits de base nécessaires à leur entretien (sel, farine, poudre, outillage, armement, etc).
    Les « coureurs de bois » (c’est le nom qu’on leur donne encore aujourd’hui là-bas) d’origine française vivaient en symbiose avec les autochtones. La plupart d’entre eux avaient pour épouse une indienne et de nombreux enfants sont nés de ces unions mixtes. De ce fait, à partir de la colonisation initiale par des gens venus de France, la trappe devint progressivement l’affaire de franco-indiens commerçant d’ailleurs avec les tribus avoisinantes. Sans doute l’extrême éloignement de la métropole explique-t-il cela…? Mais les missions religieuses catholiques ont joué là aussi un grand rôle. Les indiens furent assez facilement convertis, ce qui facilita un rapprochement relatif entre européens et autochtones.
    Il serait bougrement intéressant de savoir comment les choses se sont passées dans le nord danois et si la situation de nos trappeurs résulte d’un telle histoire. Différente peut être de leurs homologues d’Amérique.

    J’aime beaucoup qu’un bouquin ouvre ainsi grande la fenêtre de notre questionnement sur le monde. Il y a un mois ou deux, Brind’Paille nous avait signalé un bouquin que je me suis empressé de lire : « Etre Hiéronymus Bosch », d’Anatoli Koroliov. Depuis, je continue de vivre en partie sur la planète de ce livre. Un bouquin et deux études sur Bosch m’ont remis le nez dans l’histoire de la peinture et j’ai relu, 35 ans après ma première lecture, ‘l’Archipel du Goulag, d’Alexandre Soljenitsyne.
    Bien sûr, je ne remercierai jamais assez Brind’Paille pour ce cadeau qu’elle m’a fait pour ce long hiver et naturellement pour l’intense « travail » que cela entraine.

    Oui, travail au sens d’engagement total de l’être (et non au seul sens de gagne-pain salarié). Parce que la grandeur des personnages décrits par Riel tient peut être avant tout dans leur choix de vie. Une vie difficile, mais sans concession. Une vie à la fois tragique et comique. Pleine de mésaventures et de poésie en actes. Une vraie vie, quoi.

  51. Yves, Robert l’a dit : « phoque ça cesse ! » :silly:
    Trève de plaisanterie. A propos du livre de Koroliov que Robert a lu, il nous dit « Depuis, je continue de vivre en partie sur la planète de ce livre ». Et bien moi, c’est un peu pareil avec la vierge froide de Riel. Je ne sais plus trop quand je l’ai lu (c’était peut-être il y a une dizaine de mois) et depuis, j’y pense (presque) chaque jour, tellement il m’a marqué.

  52. Si les racontars arctiques sont si attachants, c’est, je crois, parce que à aucun moment, on ne ressent de la condescendance, de la pitié, de la moquerie ou du mépris de la part de l’auteur pour ses personnages.
    Jorn Riel aime ses personnages. On a même l’impression qu’il éprouve de la tendresse pour eux. Et le lecteur avec lui.
    On rit à cette lecture parce que les situations décrites sont cocasses mais jamais au dépens des hommes.

    Jorn Riel aurait pu (comme l’auraient fait sans doute la plupart des écrivains) nous raconter les trappes pendant lesquelles les anecdotes rigolotes ne doivent pas manquer (rien qu’avec les chiens de traineaux ! (J’en sais quelque chose)).
    Non, l’auteur, lui, s’intéresse aux coeurs et aux âmes.

  53. Pour faire suite au commentaire de Robert, je ne pense pas que la situation du nord danois et du Canada puissent être comparées.
    Parce qu’il n’y a ni indiens, ni inuit au Danemark.
    Mais peut-être que Robert ne pensait qu’au Groenland en parlant du nord danois. Je ne crois pas que de grandes communautés de blancs se soient installées au Groenland comme au Québec. C’étaient des missionnaires, des trappeurs …
    Le métissage n’a jamais atteint une grande ampleur, contrairement avec ce qui s’est passé au Canada.
    Maintenant, les trappeurs canadiens sont devenus très rares (il parait que c’est une espèce en voie de disparition) et bien souvent le trappeur est blanc et va à la ville voisine (à plusieurs jours de cheval ou de traîneau à chiens quand même) vendre ses peaux à un indien ! Le monde à l’envers ?

  54. Le dernier livre paru des racontars est « La circulaire et autres racontars ».
    Malheureusement, j’ai bien l’impression que ce sera le dernier, mais comme on dit, il ne faut pas abuser des bonnes choses.
    Ce tome là est peut-être encore meilleurs que les autres.
    Dans ce livre, le télégraphiste Mortensen reçoit le message comme quoi toutes les stations vont être fermées à l’automne et les chasseurs rapatriés au Danemark.
    Sa première réaction: « Dous Jésus, ça va être pire que l’enfer ».
    Et Doc dit: « Ca frôle le génocide ce que les politiques nous infligent là. »
    L’idée pour ces hommes de devoir retourner dans un monde « normal » est atroce.
    On ne peut douter qu’ils sont heureux de leur sort, là-bas, dans le froid et l’isolement.

  55. Désolée d’abuser des commentaires mais je ne pourrai plus revenir sur le blog avant ce soir alors « je me gave » maintenant.

    Dans la longue nuit d’hiver,
    Voilà le vertigo.
    Le trappeur se terre
    Et devient un peu dingo.

    Etonnant que personne n’ait encore parlé du vertigo !

  56. Je vais te dire quelque chose et très sincèrement, Etincelle : c’est un vrai plaisir de te lire quand tu prends comme tu le fais présentement le temps de développer ton propos. Mais, vas y, multiplie tes commentaires, ce n’est pas moi qui m’en plaindrai et tu sais que je ne flatte pas ton égo et que, en toute amitié, dès que je ne serai pas d’accord avec toi, je ne manquerai pas de te le faite savoir.
    C’est à ce prix-là que l’échange est intéressant, non ?

  57. Il vient de m’arriver un truc extra : Alors que je quittais le blog, je suis allé me régaler d’un madrigal du Claudio sur Deezer et, tandis que j’écoutais, les trappeurs de Riel se sont invités à la fête. J’ai eu l’impression que c’est l’un des leurs qui chantait cette voix de basse… Etrange, non ?
    Essayez, si cela vous chante aussi, la 7ème plage :
    http://www.deezer.com/#music/result/all/monteverdi%20madrigali

  58. Merci beaucoup pour ta proposition du 4 mars 9h48 Bernard, mai figure toi que je n’avais jamais tenu compte de la colonne de droite pour naviguer dans le blog… La solution était sous mes yeux…

  59. J’ai modifié la colonne de droite pour qu’il y ait les 10 derniers articles qui apparaissent et non 5 seulement. Je pense que cela nous permettra de revenir plus facilement sur des articles anciens.

  60. Effectivement, le vertigo est une particularité de la vie de ceux qui s’approchent du cercle polaire… même les Danois en souffrent. Les Inuits en souffrent aussi terriblement, Malaurie en parle.
    Est-ce bien dans une des nouvelles du livre que vous venez de lire qu’un des personnages observe un Bruant des neiges à ses côtés, annonce du printemps ?
    Il me semble que c’est cette nouvelle qui parle du vertigo…
    http://images.google.com/imgres?imgurl=http://www.passionphotonature.net/portfolio/main.php%3Fg2_view%3Dcore.DownloadItem%26g2_itemId%3D2187%26g2_serialNumber%3D2&imgrefurl=http://www.passionphotonature.net/site/%3Fpage_id%3D47%26g2_itemId%3D2187&usg=__AQgTZI_pRDZjB88R1tbn3ErVsAo=&h=500&w=750&sz=172&hl=fr&start=9&sig2=o16uUbj5DP1R5NQiiy7RSw&um=1&tbnid=5qeFpMTuNwiR5M:&tbnh=94&tbnw=141&ei=Aq-vSabROYKu0AW8irCrAg&prev=/images%3Fq%3DBruant%2Bdes%2Bneiges%26hl%3Dfr%26client%3Dsafari%26rls%3Dfr%26sa%3DN%26um%3D1

  61. Ta question de 9h50, Bernard.
    . Je n’ai nullement l’intention de me confronter à la « nuit polaire ». Pour sûr, je n’y survivrais pas et je lui préfère de loin le « jour tempéré ».
    . « …vaincre la terreur de sa propre mort », écris tu.
    Belle ambition, mais je crains que celle-ci soit dès le départ vouée à l’échec. La mort, au mieux on se l’aménage dans un coin de sa tête et on s’habitue doucement à vivre avec, comme une vieille compagne avec laquelle il conviendra à un moment donné de partir faire un tour sans retour. Personnellement d’ailleurs je ne trouve rien de terrifiant à cela.
    Eh, quoi, on n’est pas des dieux quand même !
    :angel:

  62. Dans un autre livre, « les chroniques de Krondor », que je suis juste en train de lire, il a une forte tempête en mer. Après cela, les hommes qui l’ont vécue ne sont plus les mêmes, justement parce qu’ils ont côtoyé la mort pendant plusieurs jours d’affilée. Leur regard sur la mort n’est plus le même. Je pense qu’il y a une forte similitude entre la vie de marin confronté aux éléments déchaînés et celle des trappeurs confrontés aussi aux forces naturelles. Ce sont les commentaires de Yves qui ont mis le doigt sur cette similitude. D’où ma réflexion sur la mort. Mais je ne pense pas être à côté de la plaque, j’ai l’intime sentiment que le rapport de ces trappeurs à la mort est bien plus sain que celui que nous avons dans nos sociétés occidentales.

  63. Sans doute la mort.
    Mais avant cette ultime étape, n’est-ce pas avec la notion de risque que nous (occidentaux disons), avons du mal ?
    Il n’y a qu’à voir où notre argent va : assurances, capitalisation… et surtout constater à quel point la vieillesse, la déchéance et même la mort ont été rayées du quotidien visible.

  64. La question des nuits et de l’obscurité est la chose qui m’a le plus perturbé en entamant la lecture de Riel. Je dis bien Riel et pas « vierge froide », car je ne peux peux plus décrocher, j’en suis au quatrième volume. Qui peux m’éclairer :silly: ? Sur une année, à telle latitude, combien de nuits, combien de jours? Je suppose qu’il y a bien des nuits (phases d’obscurité) de durée intermédiaire…
    La deuxième chose qui pour moi fut difficile à visualiser, c’est la présence ou pas de la glace, de la neige, à telle ou telle endroit, à telle ou telle période.
    Troisième problème de mise en place de décor, les Fjords. Très souvent, on voit arriver les chasseurs à l’embouchure des Fjords. Or quand je regarde la carte des lieux, il me semble qu’il n’y a que des embouchures de fjord partout!
    Jusqu’à présent, vous avez tous parler des hommes. Normal, ils sont l’âme de l’œuvre de Riel. Mais pour bien comprendre cette âme, il me semble important de maîtriser un tant soit peu l’environnement physique dans lequel ils vivent. Et sur cette question, j’ai parfois eu l’impression de débarquer sur une planète inconnue, bien plus loin que Mars et Vénus. Alors, souvent je me contente dans ma lecture, de regarder vivre ces hommes, de les écouter, en silence, caché derrière mes pages. Surtout de ne pas chercher à les comprendre, mais juste de m’enrichir de leur différence… Quel bonheur!

  65. Et je comprends enfin tout à fait ce que Christophe me disait il y a un mois: « quelle chance tu as Luc, de n’avoir encore rien lu de Riel ».

  66. Un roman de Rachilde, « la Tour d’Amour » , sonne comme une similitude entre la vie de deux gars dans un phare , le fameux phare d’Ar men , et nos trappeurs de Jorn Riel. Ce sentiment de toujours fleerter avec la mort , l’environnement hostile , la solitude qui peut vous changer un homme , et une approche de la sexualité très imagée et même monstrueuse , je n’en dit pas plus là dessus , si quelqu’un veut le lire un jour .

    Rachilde place donc dans ce cadre deux hommes : Mathurin Barnabas, le vieux gardien qui n’a pas rejoint la terre depuis des années et Jean Maleux, nouvellement nommé dans « une propriété de l’Etat » qui vient le seconder avant de devenir à son tour gardien-chef. Maleux n’imagine pas ce qui l’attend …

    Extrait :
    Une tempête parmi d’autres …
    La mer délirante bavait, crachait, se roulait devant le phare, en se montrant toute nue jusqu’aux entrailles.
    La gueuse s’enflait d’abord comme un ventre, puis se creusait, s’aplatissait, s’ouvrait, écartant ses cuisses vertes ; et, à la lueur de la lanterne, on apercevait des choses qui donnaient l’envie de détourner les yeux. Mais elle recommençait, s’échevelant, toute en convulsion d’amour ou de folie. Elle savait bien que ceux qui la regardaient lui appartenaient. On demeurait en famille, n’est-ce pas ?
    Des clameurs pitoyables s’entendaient du côté de la Baleine, plaintes qu’on aurait dites humaines et qui, pourtant, ne contenaient que du vent. Ce n’était pas encore l’heure de mourir.
    L’horizon demeurait noir, d’un noir intense de bitume fondu. Les nuages courraient se déchirer à la pointe du phare et on devinait qu’ils coifferaient bientôt la lumière de leur satané capuchon de velours.
    Ce serait le moment pénible pour nous, car les pauvres navires filent de ce temps-là, sans s’occuper des éclipses prédites. Il nous arrivait des montagnes d’eau du bout de la Baleine, des vagues s’irritant, se cabrant sur le rocher, l’escaladaient, prenaient des proportions géantes et se couronnaient des formes blanches de leur écume qui, les nuits d’orage, semblent éclairer. Une jolie clarté, ma foi, celle du drap jeté sur le défunt quand il est entre ses quatre cierges.
    Nous avions toutes les difficultés du monde à nous tenir debout.
    Le vieux gronda et se mit à marcher sur ses mains pour plus de sûreté. Il avait l’aspect d’un crabe énorme. Son dos bombait, ses jambes raclaient la pierre, et les pinces de ses doigts palpaient les endroits glissants. Moi, je longeais les crampons, gardant mon filin dans mes mâchoires serrées.
    Nous étions des bêtes.
    De surnaturelles bêtes, plus que des hommes : nous luttions contre le ciel et moins que des esprits, car nous ne possédions plus la conscience de notre besogne.
    Nous sortions de notre coquille pour flairer la mort et tâcher d’en garantir les autres. Mais nous n’avions pas d’orgueil. C’était bien fini de penser quoi que ce soit de noble, nous étions trop abrutis. Et nous rampions devant la mer qui crevait de rire à nos barbes ….

    Le reste de l’histoire est assez horrible , même insoutenable !!

    Liens vers Marguerite Eymery dite Rachilde :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Rachilde

  67. Miam, très bon article, bien mieux que le mien sur le sujet.

    Et vi, Riel, c’est du bon très bon. Ce qui est amusant, c’est que j’ai commencé la saga du grand nord de Riel avec ce volume. Et je me suis procuré fissa les deux autres. j’attends avec impatience le dernier qui devrait sortir. Et je resterai éternellement déçu de ne pas pouvoir lire celui qui n’est plus édité. Mais qui sait, avec un peu de chance, un jour, je le verrai.

    Juste pour info, mon article sur Riel se trouve là : http://puceau.corti.over-blog.com/article-23635865.html (n’ayez pas peur de l’url, elle ne contient rien d’illicite :) )
    Même si je n’en suis pas satisfait, plus on parle de cet auteur, mieux c’est !

  68. C’est bien vrai Yves, la description de la tempête sur la mer me rappelle certaines tempêtes en montagne ou dans le Grand Nord. C’est tout à fait vrai que parfois, on ne peut se tenir debout sous peine de s’envoler et de plonger dans le vide (ou la mer).

    Luc a eu la curiosité il me semble de regarder la carte de la côte est du Groenland. Effectivement, il y a des fjords partout. Les stations (rien à voir avec nos stations de ski) étaient installées au fond des fjords pour être le plus possible abritées mais quand même en bord de mer, d’une part justement pour être près de la mer, d’autre part parce que tout de suite après il y a les montagnes qui conduisent à l’inlandsis (la calotte glaciaire (qui si elle fond, fera monter les eaux)).
    Les trappeurs arrivent toujours par les fjords parce que quand la côte est très découpée, comme ici, on va plus vite en passant par la mer.
    Encore que …
    La mer gelée est rarement plane. Tous les explorateurs qui sont allés au pôle nord ont été confrontés à des banquises horribles avec des blocs de glace de plusieurs mètres dans tous les sens.
    Pour se déplacer sur le pack (c’est comme ça qu’on l’appelle), ce n’est pas une mince affaire.
    La banquise à l’est du Groenland est peut-être plus sympa, je ne sais pas, en tout cas, nos trappeurs l’utilisaient pour leurs déplacements hivernaux.

    La nuit polaire: Les infos demandées par Luc doivent pouvoir se trouver en cherchant un peu. Tout ce que je peux dire, c’est que pendant plusieurs mois (1, 2, 3 suivant la lattitude), on ne voit pas du tout le soleil. Le retour du soleil, qui dure disons, quelques secondes le premier jour, doit être un moment très fort pour les populations vivant dans ces conditions.
    En mars, en Laponie par exemple, la journée et la nuit durent à peu près le même temps. Les populations souffrent de dépression pendant l’hiver (En Sibérie, en Islande, au Groenland, …).
    Le soleil doit vraiment être important pour l’espèce humaine puisque au fil des générations et des milliers d’années d’évolution (il fallait bien en parler, c’est le bicentenaire de la naissance de Darwin), l’homme n’a pas réussi à s’adapter à sa disparition temporaire.

    Le métissage (sujet abordé par Robert): J’ai pensé après coup …
    Le métissage entre les blancs et les indiens a été plus important qu’avec les inuit tout simplement (à mon avis) parce que là où vivent (ou vivaient) les indiens, l’homme blanc pouvait s’adapter relativement facilement. Par contre, le pays inuit … Aucun arbre par exemple, donc pas de feu, seulement une lampe à huile, enfin plutôt à graisse de phoque .

    En ce qui concerne la mort (dis-donc, Bernard, tu me sembles particulièrement intéressé par la mort !), je crois que tout simplement la civilisation occidentale a un problème avec ça.
    Ce n’est donc pas surprenant que nos trappeurs semblent avoir un rapport à la mort plus sain que le nôtre, comme beaucoup de peuples plus « primitifs » que nous.
    Bon, je vais faire comme Robert …
    AVERTISSEMENT : Primitif pour moi n’a pas une connotation négative, bien au contraire.

  69. Corti, le livre qui est épuisé d’après ce que tu dis (il n’a pas été édité en format de poche?) est « Le voyage à Nanga, un racontar exceptionnellemt long », (et non pas le voyage de Nanga comme tu l’as écrit dans ton blog).
    Les éditions Gaïa sont assez pénibles de ne pas rééditer. Combien de fois ne les ai-je pas appelés car j’avais bêtement (mais avec grand plaisir) offert mon exemplaire de la vierge froide et autres racontars puis, j’ai eu la mauvaise surprise de ne plus le trouver. J’ai du me rabattre sur l’édition de poche qui a beaucoup moins de charme. Pour ceux qui ne connaissent pas les éditions Gaïa, cet éditeur est spécialisé dans la littérature nordique (et aussi de l’Europe de l’est) et les livres sont d’un format original et le papier est rouge (Pas rouge vermeil quand même!).
    Finalement, un jour, j’ai retouvé une édition originale sur Amazon, ce qui m’a mise de bonne humeur pour au moins …

  70. Ben alors ça ! Merci Oetincello pour ma culture ( ;-), je ne connaissais pas les éditions Gaïa, moi qui suis en partie né à la lecture dans le grand nord. Mais je fais partie de ceux qui accordent peu d’importance à l’objet livre.

    Je trouve Corti dur avec lui même sur son article car je l’ai trouvé vrai et bien écrit.

    Bon… cela dit… avec toutes les pistes de lectures données (ethnologiques, bretonnes ou autres), va falloir supprimer le temps Internet pour assumer ! :blink:
    Merci !

  71. Luc de Belgique, quelques précisions sur la durée du jour et de la nuit. Tous les pays du monde reçoivent exactement la même quantité de jour et de la nuit : 12 h de jour et 12 h de nuit. Simplement, la répartition est différente selon l’endroit où l’on se trouve. A l’équateur, il y a 12 h de jour et 12 h de nuit toute l’année. Aux pôles, il y a 24H de nuit en hiver et 24 H de jour en été, soit une moyenne de 12H nuit et 12 H jour sur l’année. Entre l’équateur et le pôle, la répartition entre le jour et la nuit se fait de manière progressive selon un gradient. Ainsi, en France et en Belgique, on doit avoir environ 16H de nuit et 8 H de jour en hiver et l’inverse en été. Mais la moyenne annuelle reste, comme partout ailleurs sur la planète, de 12H de jour et 12H de nuit.
    Il y a deux dates importantes, ce sont l’équinoxe d’hiver et l’équinoxe d’automne. En effet, les 21 mars et 21 septembre, il fait 12 H de jour et 12 H de nuit partout, quelque soit l’endroit où l’on se trouve sur la planète.

  72. Petite question à Oetincelleo, notre spécialiste du grand nord : il existe plusieurs livres de racontars. A priori, si j’ai bien compris, on peut les lire dans n’importe quel ordre, sauf le dernier qu’il faut vraiment lire à la fin. Mais j’ai vu sur le blog de Corti (son article est vraiment à lire) qu’il y avait des liens vers deux autres racontars et je m’aperçois qu’on y retrouve certains des personnages de la Vierge froide. Alors, je me dis que tu pourrais peut-être nous conseiller quand même un ordre de lecture … Parce qu’évidemment, je vais vite me procurer ceux que je n’ai pas !

  73. Déjà 83 commentaires sur cet article. Avec tous ceux qui sont venus sur cette vierge froide, je me demande cette vierge l’est toujours … ! :biggrin:

  74. Bernard, je viens de lire après la vierge folle et dans cet ordre: « la maison des célibataires », « le canon de Lasselile »et « les ballades de Haldur ». Ce qui est très gais, ce sont les allusions d’un livre à l’autre faites à des anecdotes passées. Ces allusions nous rendent véritablement complices des trappeurs, qui restent plus ou moins les mêmes dans les différents recueils. Mais même sans savoir de quoi il retourne, la complicité s’installe. Par exemple, dans les ballades de Haldure, on apprend que Lasselile a tout fait sauter avec son canon… et on est mort de rire, si on a lu au paravent « le canon de Lasselile ». Mais je ne sais toujours pas comment Lasselile a fait son coup, ni si l’histoire a été écrite. Génial, non? (J’ai tout trouvé en 10/18, édition qui fait une promo actuellement et offre un livre à l’achat de deux autres). :smile:

    Étincelle, t’est vraiment trop… Lumineuse!!!!!

    incroyable, il me dit que 17 n’est pas la bonne réponse! Qu’est ce que je fais? 9+8 ça fait combien?

  75. Merci Bernard pour l’efficacité de ton commentaire sur le jour et la nuit.

  76. Sur wikipédia, il est dit que la durée de la nuit polaire dure 1 jour au niveau du cercle polaire et 6 mois au niveau du pôle.
    D’ailleurs, si mes souvenirs de ce que j’ai appris à l’école sont bons, la définition du cercle polaire est basée là-dessus.
    Mais il ne faut pas s’imaginer que la nuit polaire est noire. La plupart du temps, on voit une lueur à l’horizon et la neige reflète la moindre luminosité, même celle des étoile.
    Et puis, il y a les magiques aurores boréales.
    Par contre, de jour ou de nuit, on ne voit rien pendant la tempête. Si vous devez sortir et faire quelques mètres à l’extérieur de votre tente, il faut impérativement vous attacher car sinon le risque est grand de ne jamais retrouver la tente et alors, la mort est assurée.
    L’orientation est complètement perturbée par le jour blanc (brouillard+neige) mais aussi par le vent violent.
    Savez-vous que si vous marchez dans le brouillard, sans aucun point de repère, au bout d’un moment, vous reviendrez à votre point de départ, en ayant l’impression dêtre allé en ligne droite.
    J’ai fait l’expérience un jour pour vérifier.
    Sur un lac gelé, sans brouillard, j’ai marché droit en fermant les yeux. Le lac était trop petit (il aurait fallu des kilomètres) pour que je revienne à mon point de départ mais ma trace dans la neige était courbe et non pas rectiligne.
    D’ou l’utilité de la boussole.

    Quelques prénoms inuits, des fois que vous manquiez d’inspiration pour votre enfant à naître :
    Takornaoq : la Misanthrope
    Talerortalik : Le Coureur
    Uvtukitsoq : L’Etroit Giron
    Qasitsoq : Le Soprano
    Nagsuk : La corne
    et le plus rigolo pour la fin,
    Inernerrunassuaq : Le Trop Hâtivement Fabriqué.

    Et pour finir, les paroles d’un petit chant esquimau que j’aime beaucoup :

    « Ayaiya … aya … yaiya
    Les alentours de ma demeure sont embellis
    Le jour où je vois des visages que je n’avais jamais vus.
    Tout est plus beau et la vie devient un grand merci.
    Mes hôtes embellissent ma maison …
    Ayaiya … aya … yaiya. »

    Les paroles de ce chant ont été recueillies par Knut Rasmussen pendant son voyage du Groenland à l’Alaska.
    Yves a déjà parlé de lui (4 mars à 21h54), l’homme qui a découvert le fameux passage du nord-ouest.

  77. Un grand merci pour le lien que tu as laissé Yves.
    Il est génial !
    Là, je n’ai pas le temps mais la semaine prochaine, je vais me lancer dans son exploration complète.
    Je l’ai évidemment mis dans mes favoris.
    Les pays nordiques, et c’est lié à la nuit polaire en partie, sont confrontés à des problèmes d’alcoolisme.
    Ce qui conduit à ces viols mais aussi à des suicides. Il y a beaucoup de suicides chez les inuits.
    Il me semble qu’il y aura un film là-dessus au Festival International du Film Polaire (Ce week-end à Paris).
    Au fait, quand on tape la vierge froide et autres racontars dans google, notre blogadupdup préféré arrive en quatrième position.
    Allez, encore un effort et ce sera le podium !

  78. Bernard demande dans quel ordre lire les racontars.
    On peut les lire sans problème dans n’importe quel ordre mais c’est mieux quand même de les lire dans l’ordre car parfois, il y a une référence aux livres précédents.

    Pour entendre Jorn Riel parler de lui (récité par Dominique Pinon) :
    http://www.gaia-editions.com/
    puis cliquer sur la flèche au-dessous de Jorn Riel par lui-même.

  79. Merci pour ce lien. je viens d’écouter le texte. Jorn Riel dit qu’il ira bientôt habiter en France, le seul pays où il ait envie d’aller. Le texte date de 1994. Est-il venu dans notre pays ou habite-t-il toujours en Malaisie ?

  80. L’article se termine par « A ce moment-là, ils seront bien obligés de tourner leur regard vers le Nord”. On n’a pas discuté de cette phrase.
    Il me semble qu’il s’agit-la d’une vraie question, je la comprends de la manière suivante : Dans un monde occidental ayant perdu tout lien avec la terre et les éléments naturels, est-ce que les peuples primitifs, et par extension ceux qui vivent de manière primitive, tels les trappeurs, peuvent enrichir l’Homme moderne ? Pouvons-nous nous appuyer sur eux pour redonner du sens à notre monde ?

  81. Intéressante question.
    Oui, Bernard, cela peut nous y inciter à le faire, mais ne nous y trompons pas, nous appuyant trop sur les rares épaules, nos trappeurs seraient sans doute très emmerdés d’avoir à se taper nos difficultés en plus des leurs. C’est SUR NOUS-MEMES qu’il faut nous appuyer pour redonner du sens au monde.
    L’occident n’a que trop tendance à aller chercher des références en Inde ou ailleurs au lieu de mettre en oeuvre celles qui sont là à portée de sa main dans notre propre culture. Je crois même que la quête éxotique a souvent servi de « supplément d’âme » au conservatisme.
    Ce qui n’empêche absolument pas bien évidemment de s’inspirer des apports des autres et y compris au Nord, mais également de ce qui se passe actuellement aux Antilles, par exemple.

  82. D’autant plus qu’on aurait du mal à trouver des épaules de trappeurs pour s’appuyer.
    Comme je l’ai déjà dit, c’est une « espèce » en voie de disparition.
    A ce sujet, voir le très beau film du très médiatique Nicolas Vannier : Le dernier trappeur.
    Les images sont belles à couper le souffle.

  83. Oui, j’ai vu le film (ce qui est rare, moi qui suis très peu cinéphile), j’ai beaucoup aimé, malgré une ou deux incohérences que j’avais relevées.

  84. Tiens, tiens !
    Voilà qui est intéressant.
    Dis nous en plus sur ces incohérences relevées dans Le dernier trappeur SVP.
    (Les incohérences sont très fréquentes dans les films).

  85. Je me rappelle d’une incohérence dans le film : En revenant de la chasse, les chiens en arrivant devant la cabane ont enterré ce qu’ils avaient dans la gueule (des lagopèdes peut-être). Or le sol était gelé et il était impossible de creuser …

  86. Je me rappelle, oui. Je crois bien que c’était des lagopèdes. Quand au sol gelé, je ne me rappelle pas.
    Les chiens ne peuvent certes pas creuser la glace mais peuvent creuser la neige.
    Alors glace ou neige, je ne sais plus. Mais promis, lorsque je regarderai de nouveau le film, j’y ferai attention.

  87. Juste pour rire, et puisqu’on a parlé de la mort, ci-dessus, une petite histoire drôle qu’on vient de nous envoyer à l’instant :

    Un très vieil homme était étendu mourant dans son lit. Soudain, il sentit l’odeur de ses biscuits aux pépites de chocolat favoris. Il prit le peu de force qui lui restait pour se lever du lit.
    Se tenant au mur, il se dirigea hors de la chambre à coucher. Et avec un plus grand effort, il descendit l’escalier en tenant la rampe avec ses deux mains.
    En respirant péniblement, il se tint dans le cadre de porte regardant vers la cuisine. S’il n’avait pas été à l’agonie, il se serait cru déjà rendu au ciel. Là, dans la cuisine, sur la nappe, il y avait des centaines de ses biscuits favoris.
    Était-ce le ciel ?
    Était-ce un acte héroïque de sa femme dévouée désirant qu’il quitte ce monde en homme heureux ?
    Dans un ultime effort, il rampa vers la table. Se soulevant péniblement avec ses mains tremblantes, il tenta de prendre un biscuit.
    Soudainement, il reçut un coup de spatule que lui donna sa femme.
    « Touche pas » dit-elle « c’est pour l’enterrement».

  88. J’abandonne le blogadupdup.
    Je pars pour deux jours dans le Grand Nord …
    Sur le plateau du Vercors qui croule de nouveau sous la neige.
    Qui sait si je ne vais pas voir le loup ?
    Peu de chance, il est discret l’animal !
    Quel hiver mes amis !
    Un régal !

    Mais avant de partir, une petite friandise pour vous mettre en appétit :
    « – La viande est cuite ! La viande est cuite !
    Et avec l’appétit de tous ceux qui ont longtemps souffert de la faim, tous les hommes coururent vers la tente d’Igjugarjuk.
    Les femmes ne devaient entrer qu’après le repas des hommes.
    Deux rennes gisaient sur le sol, divisés en morceaux énormes, sur des plateaux de bois, et comme l’hôte avait sagement supposé que nos habitudes n’étaient pas conformes aux leurs, il avait fait poser nos rations sur un plateau particulier qu’il nous tendit. Tous se jetèrent comme des bêtes goulues sur le festin. Il s’agissait de s’assurer les meilleurs morceaux, et bien que j’eusse assisté à bien des repas barbares chez les esquimaux, je n’ai jamais vu pareil manque de civilité. Seuls les vieux se servaient des couteaux; les jeunes arrachaient la viande des os comme des chiens. En plus des deux rennes, il y avait aussi une certaine quantité de têtes, mais on nous permit de les manger plus tard, dans nos tentes car on avait l’intelligence de comprendre que nous n’étions pas en état d’en absorber plus que ce qui nous avait été offert. Il nous fallut cependant promettre qu’aucun de nos restes ne serait rongé par les femmes, ni par les chiens. Le museau, en particulier, est considéré comme un plat sacré qu’il ne faut pas dédaigner.
    Puis vint le dessert. Il consistait en larves de taons du renne crues qui avaient été extirpées de la peau de bêtes fraîchement abattues. Elles grouillaient dans un grand plateau à viande, comme des asticots géants, et elles pétaient sous la dent »
    Extrait du livre « En traîneau du Groenland à l’Alaska » de Knut Rasmussen.

  89. ça m’a l’air bien bon !!! Garçon une autre bière pour digérer ce dessert …. Ahhh vous n’avez que de l’urine de renne , bon ben j’ai un traineau à prendre moi!!! A plus tard :sick:
    Comme quoi pas évident de se retrouver plongé dans cet univers même pour les habitués des lieux comme Knut Rasmussen .
    Bon voyage dans ton grand nord oétincelleo . Attention au loup au coin du bois :wink:

  90. Le loup, ils l’ont tué hier ou avant-hier, c’est bien ça ? Je viens de recevoir un message me l’annonçant, ça va être tendu dans les semaines qui viennent …

  91. Et bien oui , le loup avait tué un chevreuil , les chasseurs étaient rouges de colère , la bave à la bouche , vous vous rendez compte une telle occasion de se faire un loup et devenir le héros du bistrot de la place , fabuleux destin non !!!

  92. Voila une partie du message que j’ai reçu sur cette affaire :

    « Le braconnage du loup au Petit-Bornand a mis le feu aux poudres et la situation est grave. Le coup était bien préparé et nous avons été surpris par la violence et l’efficacité de l’attaque. Nous devons absolument inverser le rapport de force et MOBILISER TOUTES NOS ENERGIES pour ne pas laisser ceux qui poussent les citoyens à se haïr les uns les autres et usent de la désinformation comme une arme de propagande. Nous ne pouvons laisser violer la loi sans réagir car, au delà du loup, c’est tout le lien social que nous accepterions de voir détruire par ceux qui ne savent utiliser que la violence et la force. »

  93. Eh oui.
    Le sort de la nature n’est pas encore réglé.
    Un vidéo fort instructive grâce à Anne sur cet aspect des choses : le développement et le sous-développement.
    http://www.dessillons.net/v2/index.php?post/2009/02/18/la-science%2C-la-societe%2C-la-croissance…-par-Lehmann

    Pour ce qui est du menu des lions du nord, c’est quand même troublant cette tendance à la domination masculine.

    Dire qu’une louve fonda indirectement Rome ! Mais le dieu de la guerre, Mars, était le père de Rémus et Romulus… l’aurait mieux fait de conclure avec Vénus.

  94. On parle dans ce livre d’ hommes bourrus d’apparence aux yeux pleins de tendresse …. j’en ai vu un hier au soir à la télévision . J’étais entrain de faire autre chose et là , j’ai monté le son et je suis resté scotcher devant l’écran 10 minutes , c’était vraiment trop court tellement c’était bon !!!
    http://www.canalplus.fr/c-musique/c-album-de-la-semaine/cid216688-album-de-la-semaine-seasick-steve.html
    « Tout va bien », c’est la devise de Seasick Steve. Une devise étonnante quand on sait qu’il a passé la moitié de sa vie dans le caniveau. Mais à 60 ans bien sonnés, il semble qu’effectivement tout aille bien pour lui.

  95. Je reviens sur un début de discussion avec Robert à propos des mélanges musicaux. Pour un bon panorama de ce qu’on appelle actuellement les musiques du monde, rendez-vous sur:
    http://mondomix.com/fr/search_video.php

    Il y a vraiment à boire et à manger, à chacun de se faire une idée. Je vous envoie direct sur la page vidéo; c’est très gai et assez complet.

  96. Je viens de regarder quelques vidéos sur le site que tu nous proposes. Effectivement, il y a boire et à manger. Encore vingt ans et toute la world music sera une musique de supermarché (ou d’ascenseur ou d’aéroport). En fin de compte, j’aime bien m’écouter un vieux truc classique très traditionnel, genre un raga indien, Chavela Vargas ou Atahualpa Yupanqui.

  97. J’aime les musiques métissées. Simplement, je n’aime pas quand la musique se transforme en variété. Je n’aimais pas il y a quarante ans, je j’aime pas plus maintenant. Je n’ai pas vraiment l’impression d’avoir changé à ce niveau-là.
    Nostalgique ? non. Le problème, c’est que ce qui se fait aujourd’hui en matière de musique n’a rien de nouveau. Donc parfois, je me dis « autant écouter des vieux trucs ». Je désespère de voir émerger un langage musical nouveau.

  98. Je le trouve dans le jazz, ayant la chance de n’avoir jamais écouté de jazz avant il y a 16 mois exactement. Je te raconterai un jour. En attendant, je te propose, si tu ne le connais déjà, la découverte d’un blog étonnant, qui peux répondre en partie à ces aspirations à de nouvelles musiques. A fouiller:
    http://unavisenpassant.blogspot.com/

  99. Il est clair que c’est dans le jazz que se trouvent aujourd’hui les plus grandes avancées musicales. Il y a toujours eu un public pour cette musique mais il reste confidentiel, aujourd’hui comme il y a trente ans.
    Merci pour ton lien, j’irai voir ce soir.

  100. Toi, tu parlais de langage nouveau. C’est je pense, l’attente la plus désespérante qui soit, à moins de le créer soit même. (C’est le peintre qui parle) En musique, ce qui pour moi est nouveau, c’est simplement ce que je peux encore découvrir…

  101. si tu veux, je te fais parvenir des photos de ce que je commets et tu comprendras…

  102. Hola, hola! Être peintre, ce n’est ni un statu ni une reconnaissance. Je peins, c’est une grande partie de ma vie, ça a aussi surtout été une souffrance. J’aimerais un jour, que ce que je crée devienne une communication et ne reste plus un acte quasi thérapeutique et en tout cas très confidentiel. Ceci dit, si tu passes à Purnode, bienvenue, et je te montre tout ce que je fais. En attendant, via des blogs ou des adresse E-Mail, pourquoi pas?

  103. Plein, plein de bonnes choses sur ce blog Yves, merci.
    Je rejoins la curiosité des compères blogueurs pour ta peinture… bon, je ne voudrais pas être gênant, mais apercevoir une ou des reproductions de ton travail serait agréable : ce que j’ai pu lire de toi jusque-là me rassure sur la quasi-thérapie !
    On ne te demande pas ta photo, mais pire !
    Et pour ne pas rassurer : je ne pense pas les lecteurs de ce blog capables de maudire un peintre plus que d’autres voire lui même ne l’auraient fait.

  104. Mais, oui, Luc, si tu peins et que tu nous apprens que tu peins, comment veux-tu que, comme un seul homme, nous ne souhaitions pas les voir tes tableaux ? Bon d’accord, on peut se rendre à Purnode pour ça… Je vois d’ici l’expédition des Francs-Comtois…
    « Bière et peinture, initiations originales par L. de Belgique. »

    Oh, Chris de Chris en tabernac ! (diraient nos québécois) j’ai relu la dernière phrase de ton commentaire, et plus je la lis, moins je comprends…
    Alors, compère, essaye de te demander un peu plus souvent si ce que tu dis sera entendu par le reste des francophones habitant la planète…
    et si un de nos collègues accourt avant toi pour me dire que lui a pigé, je l’invite à me donner l’explication en prime afin que je le croie en me convainquant de mon propre manque d’entendement.
    :blink:

  105. Concernant ma dernière phrase, Robert, c’est simple: j’exprime mon incapacité technique à faire voir mes peintures et fais appel à l’équipe. Quand à mon style semi lisible, j’y tiens beaucoup. C’est très important pour moi de ne pas être tout à fait compris…?…?…?…?…?…?Tuuuuut…?

  106. J’adore certains malentendus !
    Mais Luc, ce n’est pas à toi que je pensais, j’ai parfaitement compris ton propos.
    Non, c’est à Christophe que le pensais (chris de chris…) : son commentaire de 23h27. Et très exactement à ces mots : « Et pour ne pas rassurer : je ne pense pas les lecteurs de ce blog capables de maudire un peintre plus que d’autres voire lui même ne l’auraient fait. »

  107. Incapacité technique… écriture semi-lisible… peinture invisible… voilà qui éveille fortement la curiosité !
    Le premier qui a les horaires Besançon-Purnode… :tongue:

    Et toutes mes excuses pour avoir remercié Yves à ta place dans mon commentaire précédent.

  108. Revenons à nos moutons … euh à nos loups !
    Donc, ce week-end, dans mon Grand-Nord de Vercors, je n’ai pas vu le loup mais j’ai vu des traces de son passage.
    Un chevreuil à demi dévoré. Evidemment, je n’ai pas la preuve qu’il ne s’agit pas d’un chien.
    Mais j’imagine mal un chien, nourri quotidiennement aller courser un chevreuil dans un mètre de neige poudreuse.
    En tout cas, j’ai pris des photos du chevreuil et des crottes de l’animal.
    Peut-être que quelqu’un (garde de parc, … ) pourra dire ce qu’il en est.
    Il y a de plus en plus de loups et ils descendent de plus en plus bas, même dans la plaine de la vallée du Rhône.
    L’un d’eux à été tué accidentellement par une voiture en décembre, tout près de Valence, en pleine zone artisanale.
    Un autre a été tué par balle sur les crêtes du Vercors Nord à l’automne.
    Il y a des personnes que cela commence à inquiéter. Par exemple, aujourd’hui, j’ai dit à un couple de connaissances belges qui arrivaient sur le Vercors pour une semaine de vacances de faire attention au loup.
    Evidemment, je plaisantais, non pas par qu’il n’y a pas de loup (il y en a réellement et tout près des villages en cet hiver rigoureux) mais parce qu’il n’y a pas grand chose à craindre.
    Eh bien, j’aurais mieux fait de me taire parce qu’un vent de panique a soufflé dans l’esprit de la dame.
    Le « grand public » a encore la terreur du loup mangeur de bébés et même d’hommes.
    On dit que le loup n’attaque jamais l’homme.
    Je ne suis pas sûre qu’au moyen-âge, alors qu’on se déplaçait lentement à pied en traversant les forêts, des meutes de loups n’aient pas attaqué des hommes.(Quelqu’un a lu La saison des loups de Bernard Clavel ?).
    D’ailleurs, les légendes ont souvent un petit fond de vérité.
    Mais de nos jours, qui se retrouve isolé dans une forêt « infestée » de loups ?
    Quand je pense que je vais très souvent seule en forêt !

  109. Ouaouff ! Etincelle, je suis très impressionnable, tu sais, et là tu m’as vraiment foutu les boules.
    Je t’ai vue au fond de la forêt, cernée par une meute de loups, te débattant dans la neige, tandis que les bêtes se rapprochent d’instant en instant…
    Tu cries au secours et une bande de louphiles (qui aiment les loups) qui se trouve à une centaine de mètres, faisant la chasse aux chasseurs, entend ton appel :
    – 1er louphile : « Vous entendez ces cris ? »
    – 2ème louphile : « Oui, encore une touriste belge qui vient faire chier les loups !
    – 3ème louphile : « Attendons qu’ils la bouffent, on ira enterrer les restes après ».
    – 4ème louphile : « Ben, dame, oui ! Autrement les chasseurs ils seraient foutus de tirer partie de la dépouille ».

    Là, je suis revenu à la réalité.
    Ouf ! Tu as échappé à la meute !
    Ce dimanche, mais… que se passera-t-il la semaine prochaine ?
    A suivre…

  110. J’oubliais de te dire, Etincelle, bien sûr que j’ai lu (2 fois) LES COLONNES DU CIEL, de Bernard Clavel, dont « La saison des loups » constitue le premier des six tomes. Comme tu le sais, cette histoire se déroule en Franche-Comté au moment de la conquête française (1668-1678).
    La plupart des villages sont dévastés, les populations massacrées, les cadavres ne sont plus enterrés, la peste s’est installée… Alors, les loups pullulent et, affamés, s’attaquent aux hommes.
    En fait, les agressions des loups étaient le plus souvent le fait d’animaux atteints par la rage. Pour preuve, les premières vaccinations opérées par Louis Pasteur concernent toutes des personnes mordues par des loups ou des chiens enragés.
    6 juillet Louis 1885 Pasteur vaccine pour la première fois contre la rage un petit berger alsacien de 9 ans nommé Joseph Meister. La vaccination est une réussite, l’enfant est sauvé. Fort de son succès, le biologiste réalisera plus de 350 inoculations en un an. Il profitera de sa renommée pour lancer une souscription qui permettra de créer l’institut qui porte son nom. Avec ses collaborateurs, Calmette, Roux et Chamberlan, il avait commencé ses recherches en 1880 et était parvenu, par la suite, à isoler les germes responsables de la rage

  111. J’ai également vu un chevreuil à demi-dévoré par des loups, c’était en 1991 dans la chaîne des Carpathes en Roumanie. Mais je n’ai pas vu l’ombre d’un loup alors que nous avions fait ce voyage en plein hiver à cette intention.

  112. Il me revient cette phrase, ou en tout cas son contenu, je ne me souviens pas exactement des termes : « l’homme a besoin de terres encore vierges pour parler à son âme » (Une phrase à propos des déserts, je ne sais plus dans quel contexte).

    Et si le Grand Nord, avec son climat si rude, la solitudes des hommes, l’absence totale de confort,représentait cette terre vierge?
    Je m’explique : la terre vierge, dans ce cas, pourrait être la capacité ou non à relever un défi, celui de vivre dans cet univers « invivable ». Une terre à défricher, celle capable de nous révéler notre âme?

  113. Oui, c’est bien ça. J’avais d’ailleurs déjà abordé cette question plus haut. Ces univers « invivables », ces univers extrêmes, comme le Grand Nord, le Grand Sud, la Mer, la Montagne, le Désert, lorsque nous sommes confrontés à eux, nous révèlent notre âme, nous aident à découvrir ce qui est au plus profond de nous. Plutôt que « invivables », je dirais plutôt hostiles parce que l’homme a une capacité d’adaptation inouïe et peut survivre dans les conditions les plus difficiles qui soient.
    Certains ont paru ne pas croire qu’on pouvait aimer les rigueurs du froid et l’hiver arctique. Voici donc encore un extrait du livre En traîneau du Groenland à l’Alaska de Knut Rasmussen (1948).
    « L’automne arctique n’a rien d’affreux, contrairement à ce que s’imaginent beaucoup de personnes. On glisse insensiblement hors de la vie grouillante de l’été dans le froid figé de l’hiver, sans penser à l’obscurité au-devant de laquelle on va, ni aux tempêtes qu’il faudra essuyer. Tout au contraire, vous viennent à l’esprit les promesses contenues dans la première neige et la première glace; car l’hiver ne se présente pas comme un ennemi; c’est le grand auxiliaire qui jette des ponts sur les bras de mer, recouvre les rochers des montagnes, égalise les accidents de terrain, comble les crevasses. Dès que les déplacements en traîneaux deviennent possibles, la fièvre du voyage vous saisit. De nouveaux projets s’échafaudent et l’on attend avec impatience que le froid augmente. »
    On attend avec impatience que le froid augmente !
    Je rajouterai que l’hiver arctique est finalement plus agréable à vivre que l’été arctique car alors il est impossible de se débarrasser des moustiques qui pullulent.
    Bon, si vous en avez marre des extraits de ce livre, il suffit de me le dire. Je suis tellement intarissable sur le sujet que je ne me rends pas bien compte si cela intéresse les autres.

  114. Non non ! Continue, je ne dis pas grand chose de plus car j’aime le froid.
    Je souffre comme tout un chacun de la fin de l’hiver, du manque de lumière (mon petit vertigo) mais tous ces périples dans les conditions extrêmes ont toujours éveillé mon intérêt.
    J’aime me confronter à cette solitude glacée, ma prochaine expédition dans le Haut-Jura sera pour tenter d’y voir le lynx : marche d’approche dans la neige, on se campe au pied d’un arbre dans le sac de couchage et on redescend à la nuit.
    Je penserai à Rasmussen pendant cette petite randonnée !

  115. Ben dis donc, Christophe, le prochain week-end avec les grues au Lac … (Je ne me souviens plus du nom), puis ensuite avec le lynx dans le Jura !
    Je passerais volontiers mes fins de semaines avec toi (en tout bien tout honneur bien sûr).
    Un de mes amis qui habite en limite sud du Jura a vu la semaine dernière un chat sauvage. Il parait qu’il était magnifique avec sa belle queue annelée.
    Quand à moi, j’ai vu un jour un bobcat qui est un superbe animal intermédiaire entre un lynx et un chat sauvage.
    (http://oetincelleo.skyrock.com/1756086826-Quelle-chance.html.)
    Le long échange de regard entre nous été fascinant.
    Un de ces rares moments uniques, magiques, qu’on oublie pas.

  116. J’ai lu ce soir dans le Monde que Michel Rocard allait être nommé ambassadeur. Je trouve qu’à 78 ans, il y a mieux à faire que ça. Mais bon, ça le regarde et là n’est ma propos.
    Ce que dit l’article du Monde a par contre un rapport avec nos propos sur la vierge froide et autres racontars car il semblerait que Rocard soit devenu, depuis qu’il a disparu de la politique, un spécialiste des contrées froides. Voici un extrait de l’article du Monde :

    « Michel Rocard, 78 ans, est un spécialiste de la protection de l’Arctique, où il s’est encore rendu en février en compagnie des responsables de l’ONG Le Cercle polaire (voir la vidéo sur le site du Nouvel Observateur). Depuis plusieurs mois, M. Rocard plaide pour l’ouverture d’une négociation internationale à ce sujet. Fin 2008, il avait expliqué qu’un traité serait nécessaire pour l’Arctique afin d’assurer la sécurité de la navigation et préserver l’équilibre thermique de la calotte glaciaire.

    Dans un entretien à l’hebdomadaire Le Nouvel Observateur, publié cette semaine, Michel Rocard souligne qu’il y a « urgence » à se préoccuper de l’Arctique. « Depuis peu, l’Arctique est passé de la stabilité multimillénaire à un cumul d’inquiétudes », affirme-t-il. Il cite notamment la libération « de deux routes navigables autour du pôle Nord du fait de la fonte des glaces », par lesquelles « toutes les marines du monde vont vouloir passer », avec des risques de marées noires et la nécessité de construire des ports, et « la menace de forages à tout-va » avec un sous-sol très convoité qui « recèlerait un quart des réserves d’hydrocarbures mondiales ».

  117. La dernière phrase de l’article écrit par Bernard est « A ce moment là, ils seront bien obligés de tourner leur regard vers le Nord ».

    Et c’est exactement ce qui arrive …

    En ce moment sont réunis en Norvège, les cinq pays ( Etats-Unis, Russie, Canada, Norvège et Danemark (Groenland)) dans lesquels vit l’ours blanc, pour adapter l’accord de conservation de ce mammifère, vieux de 40 ans, à la situation actuelle découlant du réchauffement climatique.
    L’ours blanc a besoin de la banquise pour vivre et celle-ci se réduit d’année en année.
    En effet, la banquise est un terrain de chasse indispensable pour l’ours. Il y traque le phoque, emmagasinant les graisses qui lui permettront de passer l’hiver.
    Au sortir de l’hibernation, les ours se font surprendre par le recul prématuré des glaces et doivent choisir entre regagner la banquise à la nage sur des distances infranchissables pour leurs oursons ou rester échoués à terre, avec leurs petits, face à une mort quasi-certaine, faute de nourriture.
    En sens inverse, à l’automne, les femelles enceintes sont contraintes de nager sur des distances croissantes pour regagner la terre ferme, perdant au passage des forces précieuses.

    A cette occasion, je ne peux résister au plaisir de citer encore une fois un passage du livre de Knut Rasmussen :
    « Aua avait vu de ses propres yeux un ours se glisser vers un troupeau de phoques endormis. Il portait un énorme bloc de glace dans ses pattes de devant et se cachait derrière les blocs de sérac de façon à ce que sa fourrure jaunâtre ne fut jamais aperçue par les phoques. Si l’un d’eux faisait un mouvement, il s’immobilisait, se confondant avec les glaçons environnants ; mais dès qu’ils ne bougeaient plus, il se remettait à avancer, debout sur ses pattes de derrière. Il choisit enfin un des jeunes phoques et lança sur lui son bloc de glace, avec une telle force que l’animal resta assommé sur place, tandis que les autres se hâtaient de plonger. »
    Ce petit récit a été récolté par l’auteur, auprès de Aua, chaman esquimau de la Baie d’Hudson

  118. Elle est incroyable cette technique de chasse des phoques par l’ours. Je n’imaginais pas qu’une telle méthode puisse exister dans le monde animal.

  119. Oui, je ne sais pas si d’autres animaux lancent ainsi quelque chose pour atteindre une proie.
    D’ailleurs, je ne suis pas sûre que tous les ours blancs procèdent ainsi.
    Peut-être était-ce un spécimen particulièrement malin.

    D’autre animaux utilisent des « outils ».

    La loutre de mer utilise un morceau de roche pour briser les coquillages ou crustacés qu’elle a pêchés.
    Elle utilise la roche comme un marteau ou comme une enclume. Dans ce dernier cas, elle nage sur le dos, la roche posée sur son ventre faisant office d’enclume sur laquelle, elle brise sa proie.
    Alors, tu vois bien Bernard qu’une enclume peut flotter ! Hihihi !

    Les chimpanzés de Goualongo, en République du Congo, ont mis au point un outil pour attraper les termites : ils prennent la tige d’une plante et effrangent le bout afin d’en faire une sorte de brosse. Ils enfoncent ensuite cette tige dans le nid des termites. Les petites bêtes sont alors « scotchées » sur l’espèce de brosse pleine de salive et ramenées à la surface.

    Certains primates utilisent un bâton pour mesurer la profondeur d’une mare et décider ensuite s’ils vont la traverser ou bien pour se stabiliser dans les zones marécageuses.

    Avec des brindilles et des feuilles barbelées, le corbeau calédonien fabrique des crochets et des harpons à l’aide de son bec et de ses pattes, pour attraper des larves.

    Au Japon, on a observé des corneilles qui se placaient le long d’un trottoir et attendaient que le feu passe au rouge. Elles allaient alors sur la route poser des noix et retournaient ensuite sur le trottoir. Au feu vert, les voitures passaient sur les noix et les écrasaient. Au feu rouge suivant, les corneilles récupéraient les noix.

    Finalement, l’homme n’a pas l’exclusivité de l’ingéniosité.

  120. Avec de l’entrainement … Pourquoi pas !!! :wink:
    Et après tu pourras tuer les mouches au plafond ….. :silly:

  121. Yves, je viens de regarder la vidéo que tu as proposée.
    C’est impressionnant l’habilité de ce poisson. Je suis beaucoup moins précis … :sad:

  122. Pour compléter ce que raconte Oetincelleo à propos des corneilles :
    J’ai vu à plusieurs reprises la corneille faire tomber des noix sur la route afin de les casser et aller ensuite les consommer au sol. Je me rappelle aussi avoir vu une corneille récupérer en vol la noix qu’elle venait de laisser tomber parce qu’une voiture arrivait à ce moment-la.

  123. C’est vrai que c’est impressionnant, cette technique de l’ours blanc.
    Pour ma part, je considère que la conception de l’humain opposé à l’animal, sur le plan de l’intelligence et de la sensibilité, jusqu’au rire, est erronée.
    Nous avons tant méprisé et tant affirmé notre suprématie que l’essentiel nous a sans doute échappé… enfin disons aux plus outranciers des scientifiques ou des penseurs, qu’ils soient imprégnés ou non d’un dogme qui place l’humain bien au-dessus du vivant.
    Notre part animale, comme la part sensible des espèces qui composent encore notre biosphère, devront évoluer.
    Quant à mon côté « jaculator », je reste sans voix ! :blink:

  124. Christophe, j’aime même parler de l’intelligence des arbres… Non seulement ils ne font de mal à personne, mais en plus, jamais un mot plus haut que l’autre!
    Non, non, je ne rigole pas.

  125. Tu as sans doute raison. Il m’est arrivé de me réchauffer à un chêne… tard dans la nuit. C’est extraordinaire, alors pour leur conversation je n’ai plus vraiment de doute même s’il me manque leur alphabet.
    Et j’ai encore du mal à rigoler avec les moustiques : je les trouve pompants.

  126. Une fois les blaireaux partis à leurs occupations nocturnes, il m’est arrivé de rester tard dans la nuit devant les terriers, la tête appuyée contre un tronc. Et il y a à ce moment là une vraie sensation de vie. Est-ce le fait de la sève de l’arbre qui coule contre la joue ? Est-ce peut-être, comme le dit Luc de Belgique, une certaine intelligence de l’arbre que l’on ressent à ce moment particulier ?

  127. Je ne sais pas vous, mais moi, je me sens bien dans la forêt au milieu d’une foule d’arbres (pas un mot plus haut que l’autre, comme dit Luc) alors que je ne me sens pas bien du tout en ville au milieu d’une foule d’êtres humains.
    Il y a quand même une situation où l’arbre n’est plus du tout protecteur, c’est dans l’orage. Mieux vaut ne pas lui faire confiance à ce moment là.

  128. L’ours blanc n’est pas la seule victime de la disparition de la banquise …
    Les manchots empereurs, eux aussi inféodés à la glace de mer (banquise), mais dans l’hémisphère sud, contrairement à l’ours blanc, devraient voir leur population fortement diminuer.
    Une équipe du CNRS, à partir de projections climatiques, a conclu que en Terre Adélie, les effectifs de couples reproducteurs devraient passer de 6000 à 400 d’ici l’an 2100.
    Est-ce pour cela que l’ours blanc et le manchot e14mpereur ont tant de succès actuellement ? … Des symboles ?

  129. Je n’ai pas pris le temps de relire tous les commentaires précédents. Il me semble pourtant me souvenir que dans l’un d’eux, Luc de Belgique demandait des informations sur le longueur du jour dans les pays nordiques.
    J’ai trouvé ces précisions sur la Norvège:
    A Bode (67°3 de latitude), la nuit polaire dure du 15/12 au 28/12
    A Svolvaer (68°2), du 04/12 au 07/01
    A Tromse (69°7), du 25/11 au 16/01
    A Vardo (70°4), du 21/11 au 20/01
    Au Cap nord (71°2), du 18/11 au 24/01
    Au Svalbard (78°0), du 25/10 au 16/02.
    De quoi faire un gros dodo !

  130. Oetincelleo, est-ce que tu sais où on peut trouver des infos sur la durée du jour dans les différentes villes de France. Lorsque je dis à des amis de Marseille qu’en été la longueur du jour est plus importante en Franche-Comté que dans le Midi, ils rigolent … Alors, si jamais tu as l’adresse d’un site …

  131. Marseille : 43°14’59 » N
    Lever du soleil : 6h49
    Coucher du soleil : 20h26

    Besançon : 47°14’35 » N
    Lever du soleil : 6h40
    Coucher du soleil : 20h30

    Ces horaires sont ceux d’aujourd’hui, dimanche 19 avril 2009.

    J’ai trouvé ces informations sur :
    http://ptaff.ca/soleil/wizard/?l2ville=Besan%C3%A7on&lang=fr_CA&year=2009&month=04&day=19&secondcity=1&l1ville=Marseille&l1etat=Bouches-du-rh%C3%B4ne&l1pays=France&l1cityname=Marseille%2C+Bouches-du-rh%C3%B4ne%2C+France&l1ltd=43&l1ltm=17&l1lts=59&l1ltx=N&l1lgd=5&l1lgm=25&l1lgs=0&l1lgx=E&l1tz=1.0&l1dst=EU&l2pays=France&l2etat=Doubs&go=Go

  132. Attends, Yves, je ne comprends pas trop.
    Est-ce que c’est un oiseau migrateur ?
    Les migrations ne sont pas orientée sud-nord habituellement ?
    D’ailleurs, cela doit faire plusieurs mois qu’il est chez nous parce que je n’imagine pas un oiseau passer l’hiver dans l’île d’Ellesmere.
    Là-bas, l’hiver, c’est le grand désert blanc.
    Et en ce moment, cela doit tout juste commencer à fondre.
    C’est peut-être un oiseau pas comme les autres, qui aime voyager pour le plaisir.
    N’empêche, traverser ainsi toute cette partie du grand nord, c’est impressionnant.
    S’il est allé directement de l’île d’Ellesmère à la Bretagne, il a commencé par traverser le Groenland du nord-ouest au sud-est, c’est à dire toute la calotte glaciaire dans sa plus grande longueur, puis un peu d’océan, puis l’Islande, puis un grand bout d’océan puis l’Irlande, puis enfin La Manche.
    A cette occasion, je me rends compte que je ne sais pas où se situe la limite entre l’Océan Glacial Arctique et l’Océan Atlantique. Quelqu’un sait-il ? Au niveau du cercle polaire ?

  133. C’que vous êtes compliqués dans vos explications ou vous tentatives d’explications ! C’est juste un tournepierre qui a lu mon article sur la vierge froide et qui est allé essayer de la retrouver dans ces contrées perdues (pour lui offrir son collier peut-être) ! :wink:

  134. Je m’en tiendrai donc à l’explication de Bernard que j’aime beaucoup (qu’elle soit vraie ou pas, quelle importance, après tout ).

  135. Une autre explication peut-être (mais j’aime mieux l’autre, plus poétique) : Le chanteur Québécois Robert Charlebois étant propriétaire d’une brasserie (celle qui fabrique la bière du démon), on ne sera donc pas surpris de voir le tournebière à collier de mousse quitter la Bretagne pour aller au Canada ! :silly:

  136. Il existe des oiseaux qui nichent dans l’hémisphère sud et qui hivernent au nord, comme par exemple le puffin majeur et le pétrel de Wilson qui, hivernent dans l’Atlantique Nord.
    Le tournepierre à collier est un grand migrateur qui niche du Cercle arctique à l’extrême nord des îles Britanniques. Il arrive à la fin de mai ou au début de juin sur les sites de reproduction .
    On rencontre aussi sur nos plages beaucoup de Bécasseaux sanderling bagués dans l’extrème-nord du Canada (îles de la Reine-Elisabeth, territoires du Nord-Ouest), nord et nord-est du Groenland, Sibérie (Taïmir, delta de la Léna, Nouvelle-Sibérie). Et que l’on retrouve de passage sur le littoral atlantique, plus rarement au bord de la Méditerranée et à l’intérieur des terres.Cette espèce hiverne principalement sur les côtes bretonnes (80 % de l’effectif national).

  137. Tiens, il semblerait, si j’en crois le Télérama de cette semaine (et à priori, ils ne racontent pas que des conneries parisiennes), que la vierge froide et autres racontars vient d’être adaptée pour la BD. Quelqu’un connaît ?

  138. Non, pas encore mais effectivement, c’est adapté en BD .
    Il y a déjà trois livres de Jorn Riel qui sont sortis en BD. En fait ce sont plutôt trois tomes d’un même livre (qui est lui-même en 3 tomes):
    Le garçon qui voulait devenir un être humain.

  139. Après avoir lu « la vierge froide », je poursuis avec les autres racontars de Jorn Riel.
    Il y a quinze jours, j’ai lu « un gros bobard et autres racontars ». Très bien mais un peu moins puissant.
    Ce soir, j’attaque le reste de la série avec « un safari arctique ».

  140. La vierge froide et autres racontars en BD, que je suis en train de lire, est une vraie réussite. On y retrouve l’atmosphère des livres de Jorn Riel. Attention, les trois tomes de Le garçon qui voulait devenir un être humain, ne sont pas des BD mais des Albums illustrés.
    C’était juste pour info !

  141. Je les ai les trois Tom … Enfin moi je les ai en disque pas en BD !!!
    Tom WAITS
    Tom PETTY
    Tom FORGETY … Que j’adore !!
    :wink:

  142. Tiens, la tome des Pyrénées, je ne connaissais pas.

    Mais au fait, saviez vous que l’on vient de découvrir au CERN un 118ème élément à rajouter à la classification périodique de Mendeléiev ?

    En hommage à sa région d’accueil, le découvreur l’a nommé Savoy (dans les publications internationales, l’orthographe anglaise passe mieux).

    Quel bonheur, nous avons donc maintenant l’atome de Savoy !

  143. Ah, ça y ai, j’ai trouvé
    Fondement… correct Tom…
    Non, c’est pas du Bobby Lapointe, c’est du Dupdup !
    :biggrin:

  144. J’ai acheté la Vesle Mari il y a quelques semaines.

    Etincelle, toi qui connais bien ces racontars et qui est une spécialiste de la question (enfin, sur ce blog …), est-ce que tu peux nous dire dans quel ordre il est préférable de les lire ?

  145. Ca n’a pas tellement d’importance mais c’est quand même mieux de les lire dans l’ordre car, même si c’est rare, il y a parfois une référence à un précédent racontar dans un des livres.
    En tout cas, je pense qu’il ne faut peut-être pas lire le dernier (Le naufrage de la Vesle Mari) avant d’avoir lu l’avant dernier (La circulaire), dans lequel, nos amis de là-haut apprennent qu’ils vont devoir retourner au pays et quitter leur vie groenlandaise.

    Voici la liste dans l’ordre :
    La vierge froide et autres racontars
    Un safari arctique et autres racontars
    La passion secrète de Fjordur et autres racontars
    Un curé d’enfer et autres racontars
    Le voyage à Nanga, un racontar exceptionnellement long
    Un gros bobard et autres racontars
    Le canon de Lasselille et autres racontars
    Les ballades de Haldur et autres racontars
    Le roi Oscar, quatre racontars arctiques
    Une épopée littéraire, quatre racontars arctiques
    La circulaire et autres racontars
    Le naufrage de la Vesle Mari et autres racontars.

    Et je me rends ainsi compte que le dernier est le treizième, contrairement à ce que j’ai dit dans le commentaire précédent.
    Je n’avais pas vu deux de ces racontars qui étaient rangés un peu plus loin, sur l’étagère, avec d’autres livres de … Jorn Riel ! :wub:

  146. Un grand merci pour ces infos.

    Je les ai quasiment tous et peux donc les prêter aux blogueurs qui habitent pas loin de chez moi et qui peuvent passer à la maison à l’occasion.

  147. Par ce temps là, il fait si froid que les vierges cherchent à tout prix quelqu’un pour les réchauffer et il est certain que les vierges froides ne restent pas longtemps froides … et vierges ! :wink:

  148. Surtout si elles sont en plus attirées par un (une?) platchynta ! :wink:
    Pour ceux qui ne comprennent pas, aller lire les commentaires de l’article Codine.

  149. Impossible de résister à l’envie de vous faire partager ce magnifique passage du dernier racontar (Le naufrage de la Vesle Mari) de Jorn Riel …
    Désolée, c’est un peu long mais ce sera toujours moins long à lire que de le taper, ce qui m’a pris un certain temps ! :smile:

    « Quand j’étais gosse, dit Mortensen doucement, j’étais fou de bonbons J’avais jamais ma dose de ces cochonneries, je piquais des ronds dans le porte-monnaie de mon père ou dans la commode, pour satisfaire ce besoin. J’étais évidemment le gros de la classe, mais personne ne se moquait vraiment, vu que je pouvais tabasser même les plus grands. J’étais insatiable, Doc, j’avalais tout ce que je pouvais trouver de sucré. » Il tendit la main devant lui. « Mais ça, Doc, c’est une sucrerie de l’âme. On s’en lasse jamais, on peut y goûter encore et encore. »
    Doc regarda alors ce que Mortensen contemplait: cette longue sucrerie de neige bleue acier qui descendait le long de la montagne, les crevasses noires et leurs petits ponts de neige. En dessous, le magnifique paysage montagneux avec ses parois brunes tachetées de neige, et ses pieds enfoncés dans le fjord vert bronze, presque noir. Tout en bas, au loin, Doc apercevait le toit de la toute petite station de Cap Rumpel, et son antenne radio scalpée, qui ne semblait pas plus grande qu’une déjection de renard dressée et gelée.
    « C’est si beau, murmura-t-il, qu’on pourrait presque en faire un petit poème. »
    Mortensen le regarda, l’air soudain angoissé.
    « Pour l’amour de Dieu, fais pas ça, Doc. Ecoute plutôt la poésie de la nature. »
    Doc écouta. Il entendit le sang qui coulait dans ses veines, sa respiration enrouée, et un étrange son bouillonnant, comme s’il avait l’oreille contre un coquillage. La mélodie de la paix elle-même, se dit-il, jusqu’à ce qu’il se rende compte que ça venait de la pipe de Mortensen.
    Ils restèrent assis longtemps, contemplant le changement de luminosité. Derrière eux, le soleil était bas sur l’inslandis, et lançait des fagots de lumière orange et lilas. Des diamants dorés et scintillants tombaient sur la glace, la terre et loin dans le fjord, où la brise du soir irisait doucement la surface de l’eau. Un iceberg prenait la tangente en direction du large. Il s’éloignait lentement de l’ombre de Cap Rumpel pour rejoindre la mer dorée. Tel un château, avec ses tours et ses créneaux, vestige d’un âge depuis longtemps oublié.
    Mortensen abandonna sa pipe et posa ses mains sur son ventre. Il sourit à Doc, et fit un signe de la tête en direction du fjord.
    « En tant que marin, j’ai vu pas mal d’endroits, dit-il, j’en ai vu des choses, et j’en ai vécu aussi. De l’Orient et ses foules jusqu’à la jungle torride de l’Afrique. C’était beau et captivant, Doc, Mais corneguidouille, c’était rien comparé à ce spectacle grandiose. On est comme entraînés dans une mélodie en … euh … mi majeur, je crois. »
    Doc ferma mes yeux et écouta son moi profond. Ce n’était pas un mi majeur qu’il entendait, mais mineur, oui, absolument mineur. C’est ce qu’il signifia à Mortensen.
    « J’entends du mineur. Ca vous empoigne le cœur, c’est d’une beauté infinie. Ce doit être en mineur, Mortensen. »
    Le télégraphiste pencha la tête en arrière et plongea son regard dans le ciel clair.
    « J’arrive pas à entendre du mineur, confessa-t-il, tu veux pas m’en jouer un petit bout ? ».
    Doc se leva. Il dégagea la fine scie du vélo, passa de la colophane sur l’archet et s’installa. Après quelques légers effleurements, pour vérifier que l’instrument n’était pas trop engourdi par le froid, il coinça la scie entre les genoux et commença à jouer.
    Le concerto de Vivaldi pour flûte à bec commença à irradier depuis l’inslandis sur le flanc de la montagne et loin au-dessus du fjord, où les tonalités se firent léger murmure caressant les petites vagues dorées. La maestria qui s’emparait de Doc transformait ses gestes en délicats glissements de l’archet et en torsion précise de la lame. C’étaient des sons puissants, pleins de mélancolie, qui se déposaient autour des deux silhouettes solitaires sur la glace, parce que Doc jouait ce qu’il voyait, et que cela s’harmonisait avec Vivaldi.
    Quatre petites minutes plus tard, silence.
    Quatre minutes d’éternité dans un monde infini. Mortensen secoua la tête, après la pause de rigueur.
    « Puissant, marmonna-t-il. Doux Jésus … Vraiment puissant, Doc. Et pas de doute, c’est bien du mineur. »

  150. Quel beau texte!
    J’en suis ravie pour la journée qui vient …
    Merci beaucoup, Etincelle.
    C’est assez juste, le rapprochement entre « la beauté infinie qui vous empoigne le cœur » et le mode mineur de la musique.
    Le mode majeur paraîtrait trop franc, trop assuré, trop délimité peut-être.

  151. Je suis sur le point de partir à l’école. Jamais facile de s’arracher le dimanche à la quiétude familiale. Vite, un petit truc à lire… Et là, je tombe sur un oublié: « un gros bobard et d’autres racontars ». Quelle chance de faire la nuit du dimanche!!! :smile:

  152. Jørn Riel recevra pour l’ensemble de son œuvre le Grand Prix de l’Académie Danoise, la plus haute distinction littéraire du pays, le 26 novembre prochain à Copenhague.

  153. Je n’aime pas trop ce genre de nouvelle. Quand on annonce qu’un tel vient de recevoir de tels honneurs, c’est qu’il a déjà un pied dans la tombe. :angry:

  154. Bon y a de quoi lire!!! je vais revenir et lire à tête reposée, Le texte me dit quelque chose……

  155. En lisant ce texte, je ne peux m’empêcher de penser à notre société qui dans les grandes lignes n’est guère différente. Un pays, une entreprise, une association etc… tout ce qui regroupe plusieurs personnes y est confronté… D’un coté, le groupe existant, qui a ses habitudes de vie, ses lois , ses règles, sa religion, sa culture et j’en passe.
    Et de l’autre des nouveaux venus qui doivent s’habituer à la vie sociale existante, essayant de s’intégrer bon grès mal grès, changeant leurs habitudes en fonction du plus grand nombre pour ne pas être rejetés.
    Puis il y a les marginaux qui balayent les habitudes de chacun, des révolutionnaires qui imposent leurs façons de voir les choses, et qui n’est pas au gout du plus grand nombre!!
    Je pense que ces derniers sont authentique et vrai. Toutes sociétés à besoin de ces perturbateurs d’ordre établi, pour bousculer et faire évoluer les façons de vivre.
    Les habitudes nous enferment dans la solitude, et le fait d’accueillir l’inconnu, nous permet de bousculer notre petite vie, mais aussi de devenir RÉEL, VRAI, AUTHENTIQUE……..
    Merci Étincelle de m’avoir conduite à ce texte je ne manquerai pas de lire ce livre.

  156. Je partage aussi cette idée que notre société a grand besoin de gens qui bousculent l’ordre établi. Mais chacun à son niveau peut aussi intervenir pour faire évoluer les choses. C’est plus lent, c’est un travail de fourmi, mais si chacun s’y met …

  157. Tout à fait Bernard, même si cela n’est pas toujours facile, je pense que c’est à ce prix que notre société peut évoluer…Il n’y a que 50ans aujourd’hui que le premier spoutnik à voyagé autour de la terre et en 50ans nous avons fait des pas de géant dans l’évolution technologique!! Mais moralement, spirituellement, humainement, je n’en suis pas aussi certaine!!!

  158. 50 ans, déjà, c’est vrai. A cette occasion, mon père avait baptisé notre chat blanc « Spoutnik ».
    C’était hier …

  159. Je ne sais plus trop qui a écrit cette phrase : « les bons auteurs scandinaves, on peut les compter suédois d’une main » :smile:

  160. Vous êtes-vous déjà posé la question de savoir si des vestiges des cabanes de nos amis des racontars arctiques existent encore ?
    Moi, en tout cas, je me la suis posée et ai toujours eu envie d’aller faire un tour sur la côte est du Groenland pour essayer de les retrouver.
    Ce que je n’ai pas fait évidemment, mais qui sait, un jour peut-être.
    Toujoues est-il qu’aujourd’hui, j’ai eu un élément de réponse à la question, complètement par hasard.
    J’ai rencontré quelqu’un qui revient tout juste de trois semaines passées dans un massif de l’est du Groenland, en autonomie totale (y’a pas bien le choix là-bas !).
    Il m’a raconté qu’un jour, il a trouvé une de ces cabanes. D’ailleurs, il espérait s’abriter à l’intérieur mais la porte était enfoncée et la cabane remplie de neige. Il a du planter la tente. Trouver une cabane perdue dans les neiges du Groenland, c’est déjà pas rien mais la trouver quand on a lu les Racontars arctiques, cela doit être sacrément émouvant.
    La personne en question avait bien sûr lu les Racontars arctiques de Jorn Riel.

  161. « les bons auteurs scandinaves, ce sont tous des danoiseaux » :sleeping:

  162. Je lis de temps en temps un livre de racontars de Jorn Riel. Je les ai presque tous lus (je suis en train de lire « les ballades de Haldur »). Globalement, je trouve que s’ils sont tous bons, ils sont toutefois tous de qualité inférieure à « la vierge froide ». Donc, si vous n’en lisez qu’un, il faut absolument que ce soit celui-là.

  163. Esr-ce que tu as lu La circulaire ?
    Je l’ai trouvé excellent. Peut-être le meilleur ?
    Evidemment, sans une vierge froide, dont les joues ressemblent à des beignets aux pommes, à se mettre sous la dent, il te plaira sans doute moins que le premier. :biggrin:
    De toute façon, tu es un grand veinard car même quand tu auras terminé les racontars, tu auras encore tous les autres livres de Riel à découvrir.
    A part un (La faille dont l’histoire se passe en polynésie) que je n’ai pas vraiment aimé, tous les autres sont à lire. Tous parlent du Groenland, des trappeurs danois dans les racontars et des inuits dans les autres.
    Vous l’aurez compris, je suis une grande fan de cet auteur danois qui est un de mes préférés (le préféré ?).
    :wub:

  164. Sans doute aussi qu’une fois la première lecture d’un très bon livre achevée, les autres paraissent plus fade, l’effet découverte étant passé.
    Je n’ai pas commencé par « la vierge froide et autres racontars », mais le premier livre que j’ai lu m’a conduit à la même démarche : lire les autres !

  165. Je suis en train de lire un livre d’Arto Paasilinna que j’aime beaucoup et qui s’appelle « le cantique de l’apocalypse joyeuse ». Il me fait penser, à bien des égards à « la vierge froide et autres racontars ». L’action se passe en Finlande. Il y a plein d’humour dans ce livre. Un extrait :
    « Si Dieu avait voulu que l’homme convoite sans fin la richesse financière, il l’aurait doté, en le créant, d’un sac spécial pour y ranger l’argent et les marchandises, à l’instar de la poche ventrale des kangourous ».

  166. Je pense avoir lu tous les livres de Paasilinna (ceux traduits en français), et je recommande notamment « La cavale du géomètre » et « Le meunier hurlant »…
    C’est une lecture réjouissante, mais l’œuvre est inégale. :smile:

  167. Je lis à l’instant que Paasilinna a dit que la fuite était l’une des constantes de ses romans (il en a écrit 35 dont la moitié traduits en français).
    « il y a quelque chose de positif dans la fuite … ».
    Et, chose étonnante, le dernier article que je mettrai en ligne ce vendredi avant la pause hivernale de ce blog et que j’ai écrit avant de connaître le roman de Paasilinna que je viens de lire, parlera justement de la fuite comme étant quelque chose de salutaire. Drôle de coïncidence pour moi !

  168. 35 romans mais a priori il a plein d’autres projets d’écritures car il a dit, avec un très bon sens de l’humour : « Les Finlandais ne sont pas pires que les autres, mais suffisamment mauvais pour que j’aie de quoi écrire jusqu’à la fin de mes jours ».

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