Frida

Un article proposé par Luc
« Je rêvais d’un autre monde où la terre serait ronde où la lune serait blonde (…) d’une terre moins terre à terre… » Jean-Louis Aubert.

La Belgique, comme certaines régions de France est soumise par sa densité de population à une pression à la limite du soutenable pour tout ceux qui comme moi, déplorent la direction que prend le monde actuel. Une direction dans laquelle le laid domine : économie oblige. Le béton, le goudron, la ferraille, le préfabriqué, les clôtures, les parkings, les zonings commerciaux, industriels, résidentiels, les panneaux publicitaires, les pelouses et les thuyas, le maïs et le colza, les piscines, les terrains de golf et les tennis…

Insoutenable pour les abeilles aussi, les hannetons, les sauterelles et les criquets. Les grillons, n’en parlons pas. Les crapauds, les grenouilles, les lézards et les tritons. Les salamandres, n’en parlons pas. Les bruants, les rouges gorges, les rouges queues. Les gorges-bleues, n’en parlons pas. Les lièvres et les perdrix, n’en parlons pas. Les hérissons, n’en parlons plus.

Et puis, comme disait Jacques Brel, et puis y a Frida, qui est belle comme un soleil… Et l’été passé, lors d’une escapade à quelque kilomètres de la maison, j’ai rencontré Frida.

Vous avez vu ? Pas une construction, pas une antenne, pas un pylône.

Dés mon arrivée sur les lieux, j’ai senti quelque chose de différent. Je me sentais particulièrement bien là, sans pouvoir réellement expliquer le pourquoi de ce bien être qui m’envahissait. Et puis, progressivement, j’ai cherché à objectiver les choses. Et voilà ce que j’ai réalisé : dans ce petit espace, les limites sont incertaines…

… les cultures confidentielles…

… les blés côtoient la forêt et les « mauvaises » herbes sont inexistantes…

…les espaces ouverts sont compensés par la variété des cultures.

Bref, je ne sais encore ni comment ni pourquoi, mais là, très exactement là, il se trouve des hommes qui ont DECIDE de cultiver en respectant la nature… et ça semble possible. Ce n’est pas une bonne nouvelle ça ?

65 réflexions au sujet de “Frida”

  1. Des paysages de campagne sauvage comme on aimerait les voir plus souvent, que l’on verra de moins en moins sans doute. Beaucoup de poésie, Luc ! :wub:

  2. Ces paysages me rappellent ceux de mon enfance. Beaucoup d’entre eux ont disparu mais de tels coins existent encore ça et là autour de chez moi.

  3. Comme je te comprends, Luc! Moi qui arpente les territoires, j’ai souvent une overdose de toute cette laideur envahissante, je m’acharne malgré tout à traquer les belles choses qui résistent, je les montre, j’essaie d’expliquer pourquoi il est important (à mon sens) de les conserver …
    Je rencontre parfois des échos positifs, mais que faire contre les publicitaires (quoique, voir cette association : http://www.paysagesdefrance.org), les fabricants de « boîtes à chaussures » (les magasins de zone commerciales), les vendeurs de maisons standardisées, les chambres d’agriculture qui appliquent consciencieusement les directives initiées par les grands groupes industriels?
    Ce qu’on retrouve dans ces paysages, c’est la paix, le temps de vivre, le temps de contempler, l’harmonie, les odeurs et les bruits de la nature …
    C’est aussi notre histoire, notre patrimoine culturel et paysager.
    C’est drôle, que ton article soit venu là, je pensais ces derniers jours que j’aimerais bien faire un article dans ce genre (mais … le foutu temps …).
    Ca s’appelle « une transmission de pensée », non? (ce qui ne me dédouane pas de faire cet article, j’essaierai pendant les vacances de Noël, promis!).

  4. Club de rencontres hier, transmission de pensées transfrontalières aujourd’hui ! Décidément voila ce blog confirmé dans son rôle d’entremetteur … ! :wink:

  5. Oui, on a un peu ça ici à l’intérieur du Pays-Basque. A une différence prés, c’est que l’intérieur du Pays-Basque a été très peuplé et est très peuplé si on compare avec ce que l’on voir sur la photo. Mais vous avez plus de mérite que nous, car chez vous, c’est plat. Donc plus facile à araser et décaniller. Chez nous, je pense qu’ils n’ont pas trop détruit aussi parce que c’est de la moyenne montagne, plus difficile à exploiter, surtout dans l’idée d’une agriculture intensive.
    La vallée d’Aspe toute propre est encore plus préservée car encore plus accidenté.

  6. Et ben voilà, Bernard, tu t’es fait à l’idée du club de rencontres ! Cela va en réjouir plus d’un je suppose !

    De toute façon, sur ce blog, on fait toujours de belles rencontres !! :wub:

  7. Ce qui me réjouit particulièrement dans ce nouvel espace de balade champêtre, c’est qu’au contraire de ce dont je parle dans « les vieux témoins », il ne s’agit pas de tradition ni d’oubli, mais manifestement de réajustement de pratiques agricoles. Sur la troisième photo, on voit bien qu’il y a autant d’herbes vertes que de céréales mures dans la parcelle. C’est au minimum du bio. Il n’y a nulle trace d’herbicide. (entre autre sous les clôtures). C’est peut-être un espace expérimental de permaculture. Je vais y retourner ce WE voir si la terre est à nu ou pas…

  8. Brind’paille, je ne sais pas pourquoi, je n’ai pas accès au site que tu proposes.
    Oui, oui, oui, fais un article du genre. (ou un autre) c’est tellement bon de partager le bon!
    Lurbeltz, pourquoi crois-tu que tant de belges (entre autre) cavalent chaque année dans les montagnes, veinard! Mais voilà encore un sujet périlleux, les migrations de vacanciers qui par leurs déplacements massifs mettent en danger ce pour quoi il se déplacent… :sad:
    Pour ce qui est de la densité de population, dans l’arrondissement concerné, elle reste tout de même de 55 habitants au km2. L’habitat se cache derrière la première ligne d’arbres de la deuxième photo.

  9. Luc, pourriez vous nous parler précisément de la permaculture, sujet qui m’intéresse au plus au point !
    Désolée, cela risque de vous prendre beaucoup de temps. Tout le monde parle de la permaculture, mais jusqu’ici, personne n’a été capable ou suffisamment compétent pour m’initier !
    Et, pour une fois, Luc, vous avez droit aux
    :wub: :wub: :wub:

  10. Depuis quelques semaines, le blog est passé à une fréquentation record (en moyenne 550 personnes par jour) et je me demande si ce n’est pas à cause du nombre de bisous et de petits coeurs que distribue Francisca :wub:

  11. Les belges cavalent tous les ans en montagne pour leurs vacances …
    Luc est un belge encore plus malin que les autres car s’il cavale en montagne, ce n’est pas n’importe où …
    La moyenne montagne, et en particulier le sud du Vercors est encore plutôt sauvage …
    La Drôme est un des départements le plus préservé de ce point de vue.
    Alors quand on combine la Drôme et le Vercors, en passant ses vacances dans un petit hameau du Diois, on a tout juste …
    Bravo Luc !
    Et bravo aussi pour l’article.

  12. Et le Diois a tant de richesses !!!!!!!!!!!
    Hier soir, j’ai terminé la bouteille de « clos de Beylière » qui vient de Chatillon-en-Diois et que nous avions entamée au lac du Der ce week-end avec Luc & Co … un vrai régal !
    Et dire qu’Etincelle ne nous a jamais parlé des vins de sa région ! Elle les garde pour elle ? :wink:

  13. Exact pour le site de paysages de France, je viens d’essayer sans succès.
    D’ici à ce qu’ils soient interdits de site …

  14. Bernard, 550 personnes en visite sur ton blog pour venir chercher quelques bisous, écoute, cela me convient très bien, pourquoi pas. Par contre, ce que j’apprécierais c’est qu’elles se posent un instant avec nous, pour nous parler jardinage, nature et musique. Ce serait un tel enrichissement tous ces partages !
    Alors, chers visiteurs, vous voulez d’autres bisous, et bien posez vous, peut-être que vous en aurez vous aussi ! En attendant, celui-ci est pour vous :wub:

  15. Ce qui rejoint ce que je disais l’autre jour (à Bernard, par mail) …
    J’avais vu un bouquin à la Fnac dont le titre était « Les 100 plus beaux sites du monde qu’il faut avoir visité » ou quelque chose du même genre.
    Ma réflexion était que justement, ce sont ces sites là qui me font fuir.
    Tant pis de faire partie des « pauvres gens » qui n’ont pas vu les sites qu’il faut absolument avoir vus mais quel bonheur de faire partie des gens qui voient ce qui ne fait pas partie de ces sites qu’il faut absolument avoir vus, comme ce petit coin préservé que nous montre Luc.
    Euh ! Trop tordue comme phrase ? :wassat:

  16. Il n’empêche, Dame Etincelle, que vous avez esquivez la délicate question de faire goûter à tous les membres de ce blog, les vins de la Drôme !!!!!!!!!!!! :wink:

  17. Au fait, Bernard, t’es drôlement gonflé et ingrat … :shocked:
    Il me semble bien t’avoir apporté un jour une bouteille de Clairette de Die (et pas n’importe laquelle, une « pur muscat » en plus) ! :wink:

  18. Certes, Etincelle, mais je suis sûre que les autres membres du blog aimeraient pouvoir se faire une opinion personnelle sur cette fameuse Clairette de Die (pur muscat) !
    Alors, à vos tonneaux ! :wink:

  19. Luc, l’épaule gauche de la jolie dame qui est sur la première photo va provoquer une ruée massive vers ces paysages que tu voudrais préservés … ! Tu n’as pas peur ? :biggrin:

  20. « Ingrat », Bernard, non, certainement pas !!
    « Gonflé », oui, ça certainement, comme tous les mecs ! :whistle:

  21. Je suis très sensible à ce qu’a écrit Luc, car je mène depuis longtemps, dans le cadre de mon travail, des actions de sensibilisation sur le thème de la « nature ordinaire ». Car c’est bien de cela qu’il s’agit, non ? (même si, il faut l’admettre, ce type de nature, si courant encore il y a peu, est en train de disparaître).
    La nature patrimoniale (dite aussi « remarquable ») est en voie de disparition depuis longtemps. Mais la nature qui était la plus commune (et qui n’intéressait pas beaucoup les naturalistes jusqu’à présent) – je pense en disant cela aux herbes folles des talus, aux massifs d’orties, aux ronciers, aux vieux arbres morts, … – est elle aussi bien menacée. mais cela se fait de manière très insidieuse : chaque année, il y en a un peu moins.

  22. Fransisca, en semant le mot permaculture dans mon commentaire, j’espérais justement en récolter quelques infos. Ce que j’en sais du Net, (Ecopedia e.a.) ne correspond pas tout à fait à la perception que j’en ai, même si ce que j’appelle permaculture rentre dans une définition plus globale de type « approche pour concevoir des habitats humains et des systèmes agricoles qui imitent les relations présentes dans l’écologie naturelle ».
    Ce que j’en ai perçu, c’est surtout le concept de culture permanente (jamais de terre nue), d’abandon sur place des déchets organiques et de grandes diversité sur des espaces réduits…

  23. Permaculture ! Mot mystérieux à la mode ! dont on ne perce réellement la signification. J’en ai un peu la même perception que vous, mais je crois que cela doit aller bien au-delà, mais au-delà de quoi ! J’ai été, il y a quelques mois, obsédée par ce terme, j’ai beaucoup interrogé autour de moi, et je n’ai jamais reçu de réponse pertinente et assise. Peut-on prétendre, lorsque l’on pratique les cultures tournantes, sans additifs ni traitements chimiques, avec le compost de notre fabrication sans adjonction de matières venant de l’extérieur, que l’on pratique la permaculture, je ne sais, mais il y a quand même un peu de ça dans la pratique de la permaculture ! Arrosages à l’eau de pluie exclusivement, …… je ne sais … Utilisation des cendres, coquilles d’oeufs, arêtes de poissons, que sais-je encore .J’aimerais bien, une fois pour toute que quelqu’un de compétent nous explique ce qu’est réellement la permaculture car j’ai l’impression que viennent s’adjoindre pas mal de contraintes qui sont bien plus pointues que nos principes de précautions actuels !

    Si un spécialiste de la pratique de la permaculture veut bien nous en expliquer les méthodes qu’il applique lui même dans son jardin, ce serait vraiment éclairer nos lanternes ! :wink:

  24. Je ne sais pas ce qu’est vraiment ce concept de permaculture, mais il est certain que l’idée d’avoir une couverture permanente sur le sol et d’y étaler tous ses déchets végétaux, qu’il s’agisse de feuilles mortes, d’épluchures, d’herbes, de fruits abîmés, … est une excellente idée qui permet l’aération du sol, le maintien de la vie biologique et l’enrichissement permanent en éléments nutritifs.
    Là où j’ai des doutes cependant, c’est que ce principe ne favorise pas le réchauffement du sol en début de saison, notamment dans les régions au printemps froid et tardif, comme dans l’Est de la France. C’est l’une des difficultés que j’ai rencontrées ce printemps sur une parcelle-test.

  25. La première fois que j’ai entendu parlé de ce mot  » permaculture  » c’est en lisant Rob Hopkins le fondateur du mouvement de Transition .

  26. Bernard,

    Je ne vois pas trop l’intérêt d’épandre ainsi les déchets végétaux frais, c’est bien ce dont tu parles, alors qu’il serait beaucoup plus simple de les composter et de les épandre ensuite! De surcroît, bonjour le visuel ! Tu peux très bien avoir deux silos de compostage, l’un mûr, l’autre en état de mûrissement, le premier tu l’épands après les cultures, sans enfouir, tu as ainsi le même effet bénéfique, et la maturité est plus homogène, enfin, ce que j’en dis c’est juste une opinion personnelle, je ne demande qu’à être convaincue ! Je crois que la permaculture englobe bien d’autres choses encore, un art de vivre notamment ! :wink:

  27. Pour le visuel, tu sais, c’est très culturel et c’est une question d’appréciation personnelle. Il y a des gens qui trouvent qu’un gazon c’est beau alors que pour moi c’est l’une des choses les plus détestables qui soient. J’aime les grandes herbes bordéliques … !

  28. Je découvre l’existence de la permaculture !
    Merci Luc pour ce regard si juste sur le paysage, ton article réveille en moi de persistantes et anciennes passions, liées à mon expérience propre de l’agriculture et de l’écologie (la science hein, pas le reste).
    J’apprends en fouinant sur le net que l’association française de permaculture s’appelle Brin de Paille !
    http://asso.permaculture.fr/
    Je constate qu’il s’agit d’un mouvement récent, donc postérieur à bien d’autres pratiques qui ont donc sans doute été plus ou moins digérées par la permaculture, et que l’idée de design, une évolution récente, vient faire évoluer l’idée originelle.
    Convaincu que de bonnes idées portent cette nouvelle culture, je ne peux m’empêcher de penser que trouver une stabilité dans la culture impose d’une part des pratiques raisonnables et maîtrisées (agro-écologie et biodynamie entre autres, et bien sûr l’héritage ancestral) mais que d’autres part cette affaire de design et d’aspect du paysage concerne des paramètres hétérogènes : les transitions végétales naturelles (notion d’écotone en écologie), le triste pavage géométrique du parcellaire au gré des remembrements, la difficulté à gérer cette frontière entre le monde cultivé (avec donc le souci de l’efficacité ou du rendement) et le monde sauvage.
    Une explication de l’écotone : http://fr.wikipedia.org/wiki/Écotone
    L’idée d’une stabilité de la nature orchestrée par la culture est donc une belle utopie (l’homme souhaitant créer la nature), et ça me plaît bien car il devrait donc bien s’agir de respecter le vivant plutôt que de le dresser à tout prix. Cette utopie est effectivement le souci de ceux qui veulent véritablement respecter la nature, mais point de salut sans respect des équilibres qui régissent les écosystèmes, qu’ils soient pastoraux ou naturels, et sans une bonne connaissance ou une bonne intuition.
    Deux difficultés de taille : connaître les notions de base qui régissent la stabilité des écosystèmes, ouvrir l’œil au sujet des pratiques du désastre chimique, mécanique ou économique.
    Un doute : la capacité des permaculteurs à enrayer les dynamiques productivistes…
    Vive le potager à grande échelle !
    Finalement, les permaculteurs ne sont-ils pas comme les poètes ? Les uns feraient de la permaculture comme les autres de la prose : sans le savoir !

  29. Je reviens de balade dans mon nouveau petit coin de paradis. Après lecture des différentes infos concernant la permaculture et mes nouvelles observations, il me semble avoir découvert un espace simplement « bio ». Les espaces de cultures sont trop grands, certaines parcelles ont été travaillées de manière traditionnelle mais dans les terres labourées, voir déjà hersées, il reste encore de nombreuses traces d’herbes enfuies. La chose est certaine, il n’y a aucune trace de pesticide sur quelque km2. Et le résultat « nature » est manifeste. Des bandes de plusieurs dizaines de bruants jaunes, des linottes à ne plus savoir qu’en faire, des chardonnerets, des bouvreuils, plusieurs buses posées, un busard des roseau et même deux ouettes d’Égypte! Comme quoi, il suffit parfois de pas grand chose. :smile:

  30. Ce paisible petit coin de paradis est-il recouvert par la neige ce matin ?
    Dans la Drôme, les flocons tombent !
    C’est trop cool !!!!!!!!!!!!!!
    L’hiver est là, et bien là …
    Enfin fini d’avoir trop chaud !
    Bien sûr, ce n’est peut-être pas la meilleure saison pour les passionnés de jardinage où de botanique mais c’est la meilleure saison pout tant d’autres choses.

  31. Si si, c’est une bonne saison pour les vrais jardiniers : ils s’occupent de leurs graines en hiver … ! :wub:
    Et puis il faut dire qu’ils méritent bien plus leur repos hivernal que les autres ! :tongue:

  32. Cette semaine, j’ai regardé la télé… Un film commençait (Marie Besnard, l’empoisonneuse) et dès les premières images, j’ai été happé. Pas par le sujet puisque je ne savais pas de quoi il était question, pas par Muriel Robin (remarquable pourtant), mais bien par tout ce qui tournait autour des personnages. 1947. La cour d’entrée de la maison, la cuisine de Marie, le mobilier, la vaisselle. Et plus le film avançait, plus j’étais captivé. Les vieux habits, souvent usés, parfois troués, les herbes sur les trottoirs, presque pas de voitures dans les rues. Tout était usé mais fonctionnel, tout sentait l’utile, tout était beau! (même les bagnoles)
    Pour moi, maintenant c’est plus clair. La beauté est liée à la nature et à l’utile. Et le lien direct entre la nature et l’utilité des choses se trouve dans le temps pris pour faire ces choses.
    C’est à mon sens pour cela que j’éprouve tant de mal à m’adapter à la modernité. Le tout pour l’argent, ne laisse plus au temps le temps d’agir et tout devient laid…
    J’imagine que le sens même de l’utilité est très différent d’une personne à l’autre. Dans ma tête, elle fait justement référence à la nature, dans laquelle rien n’est laissé au hasard. Tout ce que la nature sélectionne est utile. (Je me répète?)

  33. Ça me touche énormément ce que tu as écrit là, et je pense que ça exprime clairement ce que beaucoup de gens de notre génération vivent (la perte des choses vraies et simples), et explique aussi la difficulté des générations plus « fraîches » à trouver un sens (le chômage n’explique pas tout !) voire à pouvoir comprendre le monde.
    Après tout l’argent, les objets technologiques sont rarement si beaux et si utiles que ça, malgré les apparences qu’il faut parfois du temps à démasquer.
    Je me demande, sans ironie, comment tu penses l’art dans cet univers naturel et utile…

  34. Sans ironie non plus, moi aussi je me le demande.
    ça fait 4 ans que je n’ai plus touché un pinceau…
    Je rêve d’écrire un article sur ce sujet, en partant de la présentation de mon travail, mais je coince complétement. Je pense être en plein processus de mutation…

  35. On est toujours en pleine mutation, non ?
    « Celui qui n’est pas occupé à naître est occupé à mourir » (Bob Dylan)

  36.  » La beauté est liée à la nature et à l’utile  »
    La beauté, cher Luc est une notion subjective qui, à mon avis dépasse le critère de l’utilité. Je peux trouver des choses belles (beaucoup) , et qui ne servent fondamentalement à rien. Sinon, à me faire plaisir, à ravir mon regard, à attiser ma curiosité ou autre , mais qui ne sont pas à proprement parler utiles. Quant à l’utilité elle-même, j’ai du mal aussi à définir les choses qui sont véritablement utiles. A se demander même si vivre sert à quelque chose. (Non, je ne suis pas dépressif, j’essaie de présenter un raisonnement avec lequel on peut ne pas être d’accord).
    Et je suis comme les générations nouvelles, incapable de comprendre le monde qui est beaucoup trop intelligent pour moi ( l’univers, pas la société, encore que…). Par contre, je crois que dans ces nouvelles générations, les individus sont incapables d’apprécier des valeurs qu’on ne leur enseigne pas, intoxiqués par des fausses valeurs (biens matériels, argent, gloire…), ignorants pour beaucoup, car traversés par une foule d’informations qu’ils oublient aussitôt avec cette sensation de savoir, blasés par le confort, des objets qu’ils n’ont même pas eu à désirer, incapables de prendre une responsabilité, avides de choses aussi indispensables que savoir si Johnny reprendra sa tournée, ou le score d’OM-PSG. Bref, des consommateurs décérébrés aptes à acheter tous les derniers objets hi-tech (dont l’utilité est définie par le tapage publicitaire matraqué dans les médias (vu à la télé, quelle référence)), se faire empoisonner par la nourriture du supermarché sans sourciller ( à voir mardi soir sur Arte le dernier docu de M.M. Robin auteur du déprimant « Le monde selon Monsanto »), voter pour des laquais du gros capital sans se poser de questions, j’en passe et des meilleures, et tout de même arriver à s’étonner que le monde ne tourne pas rond. :cwy:
    Bon j’arrête là ! Je vais finir par déprimer… :biggrin:

  37. Tiens en parlant de l’art et de la nature , hier j’ai regardé Séraphine un film de Martin Provost … Fort , très fort !!!

  38. Ffitoucourt : achète un Ipad ! Cède enfin à l’aliénation libératrice ! :tongue:
    Je crois tout de même utile de démêler clairement les concepts de beauté et d’esthétisme. Quant à l’art, mais c’est une question ouverte plus qu’une affirmation, ne s’agit-il pas d’un dépassement, d’une transfiguration (il y a un autre mot que je ne retrouve pas), d’une expression utile de l’émotion ?
    J’attends avec impatience un coup de pinceau… :wink:

  39. Fifitoucourt, c’est quoi des vraies ou des fausse valeurs? N’y a-t-il pas plutôt des valeurs auxquelles on adhère ou pas?
    Peux-tu me dire ton âge? Moi, j’ai 52 ans.
    Allez zouuuu. Il fait super beau, ici. Je cours voir ma maitresse! Frida, bien sûr!!!!

  40. Luc, tu n’es qu’un gamin. Je suis de trois ans ton aîné. :w00t:
    Fais ce que tu veux de ce que je dis. Je suis trop paresseux pour poursuivre aujourd’hui, mais je vaux bien y revenir. Grosse bise à Frida.
    Merci du conseil Christophe, je cours de ce pas à l’Apple Store (éducation, cela tombe sous le sens). :tongue:
    Bon week-end à tous…

  41. Et bien moi, pour une fois, je suis d’accord avec tout le monde …
    Avec Luc parce que j’aime énormément les objets confectionnés avec art pour être utiles (l’artisannat, quoi !) comme un panier en osier avec l’osier qu’on est allé récolter soi-même ou un bâton de marche sculpté dans une branche ….
    Je suis d’accord avec Fititoutcourt. Il y a plein de choses que je trouve belles sans pour autant qu’elles soient « utiles » (mais que veut dire utile ? Si cela sert à me régaler les yeux, c’est déjà une sorte d’utilité).
    Et je suis d’accord avec Yves pour le film Séraphine que j’ai beaucoup aimé. Ces tableaux ! Des merveilles.
    Ah oui, je suis aussi d’accord avec Bernard, toujours en mutation.
    :smile:

  42. Je suis passé voir Frida la semaine dernière. Elle est toujours plus belle!
    J’y ai rencontré un cultivateur avec lequel nous avons taillé une bavette intéressante. Son cousin qui travaille lui aussi sur ces parcelles, cultive effectivement bio… Mais aussi, entretien avec la Région Wallonne des rapports fructifiants. En effet, celle-ci subsidie un certain nombre de pratiques agricoles. Non pas l’agriculture biologique en soi, mais: la création de nouvelles haies d’espèces indigènes, et la mise en place de tourières, c’est à dire un tour de champ semé d’herbes, large de plusieurs mètres et non entretenu. De plus la législation wallonne est très strict sur la question d’arrachage de haies ainsi que de bosquets. C’est pratiquement impossible.
    Je suis donc rassuré quand à l’avenir de Frida, elle est en bonnes mains.
    De plus, le monsieur que j’ai rencontré, m’a donné l’adresse du cousin en me certifiant qu’il répondrait volontiers à toute mes questions. :smile: « Dés qu’on commence sur le sujet, y a plus moyens de l’arrêter »… Je ne vais pas me priver! :wink:

  43. Deux vidéos bien intéressantes qui causent de permaculture.
    En tapant « économie automisante » sur DailyMotion, on trouve une foule de liens étonnants, dont ces deux ci.

  44. Encore une petite pour la route… Une aventure qui me séduit bien, je crois que je vais m’y frotter assez vite.

  45. Pas jolie cette appellation, mais les quelques vidéos que j’ai pu voir sont pleines d’idées.
    A voir absolument dans une des vidéos la collection de graines du couple belge : ce n’est plus une boîte à graines mais une cabane à graines ! :blink:

  46. En réponse à Humeur Contrepètante :
    « Je serais prêt à lâcher quelques fleurs pour jouir de l’appellation divine ! »

  47. Presque 9ans plus tard, je retombe (pas par hazard) sur cet article dont les commentaires surtout sont intéressants. Je pense surtout à Michel avec qui on a pas mal bavardé de permaculture. Nous du blog, on était encore très loin… et maintenant? Je pense que quand nous abordons le sujet, nous avons vraiment à gagner de bien préciser notre pratique personnelle de la permaculture! :wink: :smile:

Laisser un commentaire

:alien: :angel: :angry: :blink: :blush: :cheerful: :cool: :cwy: :devil: :dizzy: :ermm: :face: :getlost: :biggrin: :happy: :heart: :kissing: :lol: :ninja: :pinch: :pouty: :sad: :shocked: :sick: :sideways: :silly: :sleeping: :smile: :tongue: :unsure: :w00t: :wassat: :whistle: :wink: :wub: