L’Ouette d’Egypte

C’est en me promenant la semaine dernière le long de l’Ognon à Bussières que je suis tombé nez à nez avec un couple d’Ouettes d’Egypte qui se baladait sur la rivière avec 7 poussins.

IMGP3609On connait l’histoire de cette espèce invasive. L’Ouette d’Egypte habite naturellement l’Afrique au Sud du Sahara, la vallée du Nil et la Palestine. Elle a été introduite au 19ème siècle dans des parcs zoologique dans le Sud-Est de l’Angleterre. Quelques ouettes échappées de captivité se sont reproduites dans la nature, ont gagné les Pays-Bas et c’est de là qu’est partie la colonisation en direction de la France. La Franche-Comté a été l’une des premières régions de France a accueillir cette espèce dont plusieurs couples nicheurs ont été notés dans la Vallée de l’Ognon (à Venise et à Chenevrey notamment). Je m’attendais à ce qu’elle se reproduise à Bussières car depuis l’an passé un couple vient presque tous les jours dans la pâture de mon frère et celui-ci a vu la parade nuptiale et l’accouplement ce printemps, tout près de sa maison.

IMGP3613Quelle attitude adopter vis-à-vis de cette espèce ? Bienvenue ou indésirable ? Vous en pensez quoi ?

22 réflexions au sujet de “L’Ouette d’Egypte”

  1. Hello,

    on la rencontre aussi partout en belgique, mais beaucoup moins que les bernaches du canada.

    Indésirable? prend-elle la place d’espèces indigènes en voie de disparition ou détruit-elle le milieu naturel? et les chasseurs, ils en pensent quoi? :devil:

  2. Bienvenue les ouettes, les bernaches, les coccinelles asiatiques, les frelons, les plantes américaines, les travailleurs africains, etc… que voulez-vous que la bonne y fasse? Le mouvement est en route depuis la nuit des temps, dès lors que l’homme (mais d’autres espèces aussi) a commencé à migrer et transformé son environnement de manière à l’imposer à d’autres. C’est toujours la même chose: rien n’embête personne sauf quand c’est dans ses petites habitudes qu’on est dérangé. Personnellement donc, je m’en fiche des espèces invasives. Cela fait déjà trop longtemps que le monde à pris des directions avec lesquelles je ne suis pas d’accord, qui me dérangent et personne ne pourra jamais rien y faire. Fatalisme? Je n’écouterai que celui qui en son âme et conscience, par volonté de ralentir le mouvement, a choisi de ne plus voyager! :devil: :wink: :smile:

  3. J’ai photographié les petites ouettes il y a 11 jours exactement. Je viens de retourner à l’instant sur le site, les 7 poussins sont encore là et ont un peu grandi.
    Je me suis fait la réflexion que les ouettes avaient de bonnes capacités d’adaptation et de défense car la nichée est encore complète. Il serait par exemple impossible de voir une cane colvert avec 7 poussins et de revoir ces 7 poussins-là 11 jours plus tard, il arrive bien souvent chez les canards qu’il ne reste que deux ou trois poussins sur une nichée de 10.

  4. le meme problème sur le ruisseau qui passe de chez nous une cane a eut la mauvaise idée de promener sa nichée dessus et en trois jours elle n’avait plus de petits.pouvez vous me dire ce qu’il se passe avec la caméra des balbuzards il n’y a plus moyen de recevoir d’image du nid numéro deux, merci

  5. Oui, pour la caméra des balbuzards c’est un problème technique (un problème de cable) et l’équipe ne pourra remédier au problème que lorsque les poussins seront suffisamment grands pour supporter le dérangement (sinon, risque de prédation). Normalement, le délai annoncé est de deux semaines. Patientons !

  6. Léa, en quoi cette espèce est invasive ?
    Elle est invasive par définition. Car c’est une espèce qui se retrouve d’un seul coup, par le biais de l’intervention de l’Homme, en dehors de son aire de répartition normale et en dehors même de son aire de répartition potentielle (quelle pourrait conquérir dans des conditions normales).
    Sans doute que ta question est « en quoi cette espèce est-elle gênante » ?

  7. Je vais envoyer un mail à Jean-Pierre H., spécialiste de ces questions (pas seulement pour les poissons) (et qui a été mon prof de fac il y a bien longtemps). J’espère qu’il participera à la discussion.

  8. Merci!
    Dans les articles que j’ai lus, ce qui ressort, apparemment, c’est qu’elles sont agressives en période de nidification. Et qu’elles chassent ainsi d’autres espèces endémiques. Par exemple, les poules d’eau. J’ai même lu qu’elles pouvaient détruire les nids de ces espèces endémiques.

  9. J’ai l’impression que dans pas mal de cas, il finit par s’établir un équilibre.
    Jean-Pierre, s’il interviendra sur ce blog, pourrait donner l’exemple des poissons. Je me rappelle que lors de l’une de ses conférences, il avait dit que sur 42 espèces présentes dans l’Ognon, 14 (soit exactement un tiers) avait été introduites volontairement par l’Homme. Il y a 20 ou 30 ans, les pêcheurs parlaient en mal du sandre (pourtant l’un des meilleurs poissons), disant qu’il allait tout détruire. Quelques dizaines d’années plus tard, il me semble qu’il n’y a plus de véritable problème et que le sandre occupe dans notre rivière une « place acceptable ». Mais ce n’est évidemment pas la même chose pour toutes les espèces. Arriverons-nous à un équilibre avec les silures ? Rien n’est moins sûr.
    Les espèces invasives sont à mon avis un sujet éminemment complexe qu’il faut appréhender en laissant nos peurs de côté.

  10. La question que tu poses agite beaucoup d’esprits !

    Entre les tenants de la race pure jusqu’à des bricolages génétiques plus ou moins maîtrisés ou juteux, où « placer le curseur » ?
    Posé ainsi c’est un problème insoluble ; nos valeurs, nos connaissances et surtout notre respect du vivant (quel vivant ? ) sont bien relatifs.
    Luc rappelle très justement l’action humaine, j’ai songé aux ravages des maladies européennes apportées par les colons, et à des misères plus récentes.

    Alors une Ouette d’Egypte en plus, L’Erismature rousse chassée pour préserver celle à tête blanche, l’Ibis sacré qui est mal vu ici… et toutes les plantes ou autres organismes propagés grâce à nos déplacements ou à nos modes puis devenus incontrôlables, peut-on encore cesser nos âneries en conscience ? :cwy:

    Ben je dois dire que comme pour d’autres problèmes, je souhaite ne m’occuper que du pas de ma porte, et que même à ce simple niveau, je ne suis pas sûr de prendre la bonne option.
    Au-delà de l’ouette (dont la nocivité me paraît douteuse, surtout qu’elle a l’air porteuse de magrets conséquents ;-), d’autres vacheries (avec tout mon respect pour les ruminants) sont autrement plus inquiétantes.

    La Pyrale du buis, par exemple, pourrait bien ravager le paysage franc-comtois entre autres, et personne n’y pourra rien.http://www.dna.fr/edition-de-saint-louis-altkirch/2013/08/31/la-celebre-foret-de-buis-de-tagolsheim-devoree
    L’homme est peut-être finalement en train de créer un écosystème à sa mesure : peuplé de ravageurs !

    Mais là, je pousse peut-être le curseur un peu loin. :smile:

  11. J’ai vu il y a quelques temps un reportage sur la chenille processionnaire qui dévore les forêt de pins et à qui ont crée des autoroutes bordées de pins pour qu’elle puissent envahir toutes les régions … Incroyables et insouciants humains ….

  12. Bernard,
    Pour en revenir au terme « invasive », si je te comprends bien, cette définition décrit le fait qu’une espèce s’acclimate là où elle n’est pas censée être. Ce qui est encore différend de « destructrice/et ou pertubatrice » du milieu dans lequel elle s’adapte?
    Les deux ne sont donc pas obligatoirement liés, alors?

  13. Oui, c’est çà, les deux ne sont pas liés.
    Le liseron, le chien-dent et toutes les « mauvaises herbes » de nos jardins ne sont pas des plantes invasives ou envahissantes, ce sont juste des plantes emmerdantes (ce qui est déjà beaucoup !).

  14. hello,
    grâce aux articles de Léa, on a l’opinion des chasseurs: faut les tirer, comme de par hazard :biggrin:

    il y a ausi les espèces indigènes qui font des booms démographique, je sais pas chez vous, mais chez moi, j’ai des nuées de choucas qui tournent autours de la maison, alors que il y a 10 ans il fallait chercher pour en voir en belgique. c’est pareil chez vous?

  15. chez nous il y a beaucoup de choucas en ville et ça c’est récent car comme chez vous il y en avait très peu avant par contre une bonne nouvelle pour la seconde année un bébé phoque est ne sur notre plage d’habitude ils naissent en baie de somme et viennent rejoindre la colonie de berck nous sommes très contents les pecheurs un peu moins

  16. Et par rapport à la prédation de ces espèces invasives, est-ce que certaines espèces locales, par exemple des rapaces, ou des renards, qui seraient susceptibles de les chasser, sont capables d’adapter leur régime alimentaire rapidement, ou est-ce que ça prend du temps?

  17. Oh non, je pense qu’un renard par exemple s’adapte aussitôt car c’est un opportuniste qui fait feu de tout bois. Cela dit, dans le cas de l’ouette, sa taille relativement importante (plus grosse que celle du colvert) limite le nombre de prédateurs.

  18. Peu de prédateurs ?
    Elle peut donc rester tranquillement sous la c’ouette ! :wink:

  19. Allez voir DAISIE http://www.europe-aliens.org/ site de la Commission européenne dont la base de données estime a environ 12000 espèces « aliens » installée en Europe.
    Pas toutes invasives, heureusement ! Une espèce dite invasive est allochtone et entraîne des effets perturbateurs sur les écosystèmes et/ou les biocénoses d’une région, voir des effets néfastes sur la santé végétale, animale et humaine.
    Ces espèces ont voyagé avec les moyens modernes que l’homme met à leur disposition, ou mieux ont été aidées volontairement par introduction comme faisaient les Sociétés d’acclimatations du début du siècle dernier.
    Nombreuses sont celles qui viennent de l’extrême orient : palourde asiatique et frelon du même nom, crabe chinois, renouée du Japon et balsamine de l’Hymalaya………
    d’autres des Amériques : tortue de Floride, écrevisse de Louisiane, poisson chat, ragondin……
    ……… elles occupent des milieux qui, dans l’immédiat, permettent leur prolifération souvent sans obstacle ni prédateur. Puis l’intégration se fait ou échoue. En cas de réussite faut-il parler d’augmentation de la biodiversité ? C’est une vision anthropocentrique de l’homme qui veut tout réguler mais qui n’y arrive pas, et ça le fait tousser comme l’ambroisie qui devient incontrôlable malgré les programmes d’éradication.
    Alors pour l’ouette voyons venir…..

  20. A l’Ouette je te plumerai…
    Je te plumerai les ailes…

    Alumette je te louperai…

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