John Mayall, figure de légende (1)

Le blues a imprégné de manière durable toute la musique occidentale et influence encore de nombreux groupes rock d’aujourd’hui. Cette musique est née dans les années 20 aux Etats-Unis mais y est restée plus ou moins confidentielle, concurrencée fortement pas le jazz. Ainsi, la plupart des bluesmen pionniers de cette époque ont vite sombré dans l’oubli. Au début des années 60, la jeunesse blanche américaine redécouvrait certains de ces authentiques musiciens (c’est par exemple le cas de Skip James dont traite le film de Win Wenders : the Soul of a man, que je vous conseille) mais la plupart des musiciens créateurs du blues étaient morts à cette époque, certains n’ayant même pas été enregistrés par les producteurs. Probablement que l’impact considérable du rock ‘n roll, joué surtout par des musiciens blancs (Elvis Presley, Eddy Cochran, Gene Vincent …), musiciens qui avaient finalement repris le cadre musical du blues (avec ses trois accords de Mi7, La7 et Si7) a conduit la jeunesse américaine à se replonger dans les racines du rock et à découvrir cette filiation directe avec le blues.

Rejetés ou incompris dans leur pays d’origine, certains bluesmen authentiques n’ayant pas trouvé le succès aux Etats-Unis sont venus s’installer en France dans les années 60 et ont contribué à faire connaître cette musique dans notre pays. C’est notamment le cas du guitariste Big Bill Broonzy et du pianiste Memphis Slim (dont il existe un somptueux enregistrement live de l’époque, au caveau des Trois Mailletz à Paris en 1962).

Mais ce sont surtout les musiciens blancs qui ont contribué à faire connaître le blues en Europe. Les Rolling Stones étaient de vrais amoureux du blues (ils étaient en particulier fans de Muddy Waters) et leurs cinq premiers disques témoignent de leur profond attachement à cette musique … l’énergie rock en plus ! Plus tard, les Stones deviendront cette immense institution que l’on connaît aujourd’hui.

John Mayall fut celui qui contribua le plus à perpétuer cette musique en Europe. Après avoir fait ses armes musicales avec des groupes divers dès 1956, il fonde en 1963 le légendaire « Bluesbreakers » qui eut une influence considérable sur la musique de cette époque. Les musiciens des années 60 qui passèrent à l’école « Mayall » connurent des destins prestigieux : d’abord Eric Clapton (aujourd’hui infiniment plus connu que le maître), Jack Bruce (qui fonda avec Clapton le groupe Cream) et Mick Taylor qui alla ensuite rejoindre les Stones (dont il fait encore partie aujourd’hui) après la mort de Brian Jones. L’année 1969, avec la sortie du célèbre disque « Turning Point » marque la fin des Bluesbreakers (que Mayall reformera de manière épisodique dans les années 80) et le départ du bluesman pour les Etats-Unis qu’il ne quittera plus. John Mayall est un musicien « accompli » qui joue aussi bien de l’harmonica, de la guitare que du piano. Aujourd’hui, John Mayall a plus d’une cinquantaine de disques à son actif et je pense d’ailleurs parler prochainement dans mon blog d’une petite sélection de ses disques incontournables (il me faudra aussi parler des deux autres grands musiciens de blues blancs : Rory Gallagher et Johnny Winter).

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En 2003, John Mayall a fêté ses 70 ans, entouré d’Eric Clapton et de Mick Taylor, lors d’un concert mémorable à Liverpool.Cet article dans mon blog n’a qu’un but, certains l’avaient peut-être déjà compris : vous dire que le vieux bluesman qui vient se produire le 23 mars prochain à Besançon n’est pas n’importe qui !

Un beau livre à s’offrir

Les ornithos de l’Est de la France se souviendront longtemps de l’hiver 2004-2005. Beaucoup d’entre eux (et j’en fais partie) voyaient pour la première fois cet oiseau extraordinaire venu des forêts de la taïga : le jaseur boréal.

De tous temps, l’arrivée de cet oiseau a marqué les esprits, tant son irruption pouvait prendre des allures d’invasions spectaculaires, que l’on retrouve chroniquées dans la littérature (ainsi en 1413, 1519, 1682, 1779… et plus récemment en 1965 et 1988). Ces oiseaux ont d’autant frappé l’imaginaire collectif que la croyance populaire les associait à l’arrivée imminente de malheurs, tels que la guerre, la famine ou la peste (les Hollandais l’appellent d’ailleurs « pestvogel »).

L’invasion de l’hiver dernier a été particulièrement remarquée en Suisse, avec la présence de plus de 10 000 individus. C’est donc tout naturellement que deux photographes suisses ont réalisé un superbe ouvrage consacré à cet oiseau. Les deux auteurs s’appellent Jean-Lou Zimmermann et Blaise Mulhauser. Ce magnifique ouvrage de 100 pages contient 45 superbes photographies, une vingtaine de dessins au crayon et raconte la vie du jaseur, le mystère de sa migration et la richesse de son comportement.

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On peut commander cet ouvrage à la Maison de la Réserve – 28 avenue de la gare – 25160 LABERGEMENT SAINTE MARIE au prix de 30 euros + 5 euros de frais de port. Bonne lecture !

Faut-il des riches, faut-il des pauvres ? (1)

Si l’on se fie aux vieux adages, « il faut de tout pour faire un monde », on peut alors admettre que nos sociétés vivent avec des gros et des maigres, des beaux et des laids, des gens cons et des gens qui le sont un peu moins (par exemple des gens qui regardent TF1 et les autres), des écolos et des chasseurs, des gens de gauche et des gens de droite, des hétérosexuels et des homosexuels, etc …Jusque là je suis évidemment d’accord. Mais des riches et des pauvres ? Oui, mais jusqu’à quel point ? Par exemple, gagner dix fois plus ? Comme je suis intimement persuadé que les choses les plus importantes de la vie ne peuvent pas s’acquérir avec de l’argent (l’amour, les amis, la santé, la culture…) ça ne me gêne pas plus que ça si certaines personnes gagnent dix fois plus que d’autres et, si ces personnes ont axé l’essentiel de leur vie sur l’acquisition de biens matériels, pourquoi pas, c’est avant tout leur problème ! Mais gagner cent fois plus ? Là, ça commence à poser question. Et mille fois plus ? J’entends déjà les lecteurs de mon blog qui sont persuadés que je vais parler des grands dirigeants d’entreprises dont les salaires et les stocks-options ont fait la Une des journaux au cours des dernières années et qui gagnent infiniment plus que nous, pauvres miséreux que nous sommes. Et bien même pas ! Je veux parler de ceux qui gagnent, non pas mille fois plus que d’autres, ni dix mille, ni cent mille, ni même un million mais DIX MILLIONS DE FOIS PLUS.

Vous allez me dire : « ce que tu nous dis là, Dupdup, c’est pas possible ! » Et bien « Si » : si les pouvoirs publics et les journalistes nous bassinent à longueur de journée avec le problème de la grippe aviaire, c’est peut-être pour qu’on ferme les yeux sur la triste réalité de ce monde, sur des problèmes infiniment plus importants et dont on ne veut surtout pas nous parler, à savoir que les écarts entre riches et pauvres n’ont jamais été aussi importants. Je vous donne l’information parue dans Télérama (n° 2923 de janvier dernier) : « la fortune des 225 personnes les plus riches est égale au revenu des 2,3 milliards les plus pauvres ». Oui, vous avez bien lu, mettez une deuxième paire de lunettes (si vous faites évidemment partie des riches de la planète qui ont les moyens d’avoir des lunettes), c’est bien un rapport de 1 à 10 millions qui existe entre les gens. Un chiffre à faire vomir.

Que vous inspire ce chiffre ? Les riches deviennent de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres (y compris dans nos sociétés occidentales) mais n’a-t-on pas dépassé depuis longtemps le seuil de l’insupportable ? Vous et moi ne faisons pas partie des très riches de la planète mais encore moins des plus pauvres. Il faut bien l’admettre, nous dénonçons cet écart qui s’agrandit entre riches et pauvres, mais comme nous faisons partie, d’une certaine manière, des nantis de la planète, nous ne le disons pas trop fort … ! Jusqu’à quand celà peut-il durer ?

La culture du « risque zéro »

Yohann devait partir ces jours-ci avec les enfants de sa classe observer les oiseaux au bord du lac du Der en Champagne. L’éducation Nationale lui a interdit de partir, pour raison de grippe aviaire. Quand on connaît le lac du Der et le fait qu’aucun oiseau ne peut y être observé à moins de trois cent mètres (l’eau est très loin des zones d’observation), on reste sceptique quant au risque réel que représentent ces oiseaux. Mais bon, on est en pleine période de psychose collective et ceci explique sûrement cela !Cette anecdote soulève le problème plus général de la sécurité et du risque. Depuis de nombreuses années, notre société est obnubilée par le « tout sécuritaire » et nous voyons apparaître, dans tous les domaines, des normes et des réglementations de tous genres dont on peut douter de l’efficacité à long terme. Quand j’étais enfant, c’est en se brûlant au moins une fois que l’on apprenait que le feu est dangereux et c’était là une expérience – douloureuse certes – mais très formatrice et riche d’enseignements. Aujourd’hui, tout est devenu dangereux : le feu, l’eau, le moindre outil, la moindre aspérité, la moindre marche d’escalier … La peur s’installe partout et l’apparition de la grippe aviaire cristallise toutes ces peurs, de manière irrationnelle.

J’ai gardé précieusement un texte relevé dans le courrier des lecteurs de Télérama (en date du 25 octobre 2003), écrit par un enseignant de Lyon, qui soulève ce problème du risque avec beaucoup d’ironie et des mots très forts. 

Voici ce texte : “RISQUE ZERO : Parents, soyez tranquilles ! Je suis un des rares instits de France qui veillent encore sur la sécurité de vos enfants. Il paraît que le risque zéro n’existe pas. Foutaises. Ce n’est qu’une question de volonté. Il y a belle lurette que je me suis débarrassé des sorties et autres vétilles qui mettent en péril vos chérubins. Plus de gymnase à l’extérieur de l’école, plus de spectacles ou d’animations à la médiathèque. La rue est trop dangereuse. Les classes vertes et autres excursions de fin d’année ne font plus partie de mon vocabulaire. Faute d’ascenseur, je me suis battu pour ne plus avoir ma classe à l’étage. Malheureusement, quelques marches d’escalier attendent encore traîtreusement vos enfants trop pressés. Haro donc sur les déplacements inutiles et les distractions. Les salles de sciences, d’informatique, d’arts plastiques, de musique ne sont plus fréquentées. Les récréations durent dix minutes montre en main. Ils n’ont plus le temps de jouer, donc de se blesser. On a enlevé tout ce qui pouvait fâcheusement blesser vos enfants : cages, paniers de basket, jeux extérieurs. Les arbres ont été rasés, les ballons sont en mousse, les colles sont bio, les ciseaux en plastiques (et tant pis, si ça ne coupe pas), les compas interdits. Les fenêtres sont toujours fermées même avec 34°. J’évite d’envoyer les élèves au tableau. Un jour un élève a trébuché contre un pupitre et s’est cassé une côte contre le dossier d’une chaise qui n’était pas aux normes. Et puis zut ! Tant qu’à faire, gardez vos enfants chez vous … Ils auront vingt fois plus de chances d’être accidentés, mais moi au moins, je serai irréprochable et vous n’aurez pas à monnayer votre deuil devant un tribunal.” 

Y’en a qui doutent de rien !

Je viens de découvrir par hasard un journal intitulé « Ecologie responsable » que je ne vous recommande absolument pas.

Dès les premières pages, on se rend compte que les articles concernant les problèmes d’environnement sont traités de manière plutôt ambigüe, par exemple en ce qui concerne les OGM (les opposants aux OGM y sont même traités « d’opposants au progrès ») et le nucléaire. Ainsi, concernant justement le nucléaire, nous trouvons dans le journal ce titre édifiant « fusion nucléaire : mettre le soleil en bouteille ». Ah, c’est beau le nucléaire, remettez-moi-z’en un carton de 12 bouteilles, s’il vous plait !

Et puis, le comble du comble est l’article consacré à la convention Ecologie de l’UMP (vous aviez peut-être déjà deviné de quels « écologistes responsables » il pouvait s’agir). Je cite un passage du texte en question, ça vaut son pesant de cacahuètes (cacahuètes OGM, naturellement) : « Dans la perspective de 2007, M. Sarkozy a proposé d’engager en cinq ans les actions nécessaires pour que tous les problèmes écologiques de la France soient résolus d’ici une génération » ou « deux pour le climat » a t’il concédé ». Y’en a qui doutent de rien !

Enfin, voilà, vous pouvez être rassurés : l’Union pour une Merveilleuse Planète veille sur nous et nos enfants. Vous pouvez dormir tranquille !

Et dire que je m’étais promis de ne pas faire allusion à la politique dans ce blog ! Enfin, j’aurai quand même tenu 31 articles, un exploit !

Découvrons les « courges d’hiver » asiatiques.

LE COIN DU JARDINIER (2)
Quand j’ai mis en ligne mon blog, il y a plus d’un mois, c’était aussi avec la ferme intention d’écrire régulièrement des articles sur le thème du jardin, qui est l’un de mes loisirs préférés. Mais au bout de cinq semaines, le bilan est plutôt maigre : ma rubrique « coups de pioche » ne fait état que d’un seul article sur ce thème. Il va donc falloir y remédier, d’autant que le printemps approche à grands pas. Vous allez me dire que le froid est bien installé (la neige devrait encore tomber cette nuit) et que rien ne presse, c’est vrai, mais tout peut aller très vite d’ici une semaine ou deux. Mais bon, ne nous pressons pas, les jardiniers sont toujours trop impatients (et je fais malheureusement partie de ceux-là) !

En attendant que l’hiver finisse et que l’on puisse faire les premiers semis au jardin, le jardinier dispose encore d’un peu de temps pour feuilleter les catalogues de graines et faire des commandes. Pour certains légumes se semant tardivement, il reste même encore beaucoup de temps pour se pencher sur les variétés à semer. C’est notamment le cas des courges et potirons. C’est l’un de mes légumes préférés, tant par la diversité des formes, des couleurs, des goûts et des possibilités culinaires (je profite de l’audience que me donne mon blog pour essayer de faire croire que c’est moi qui fait la cuisine !). 

Certains catalogues en présentent des dizaines de variétés, parfois même une centaine comme les graines Baumaux (oui, certains vont me reprocher de faire de la pub pour Baumaux qui vient d’attaquer en justice l’association Kokopelli, je sais, c’est regrettable, et je vais d’ailleurs faire prochainement un petit article sur ce problème épineux). Il est difficile de s’y retrouver, tant la gamme des cucurbitacées (non, non, c’est pas une insulte !) est étendue. 

Au cours des dernières années, j’ai essayé des tas de variétés différentes mais je reviens souvent aux mêmes : Muscade de Provence (la meilleure pour la soupe), Jack Be Little (ou Little Be Jack) et Sweet Dumpling (ces deux dernières variétés peuvent être utilisées de manière très originale, plantez-les sans hésiter, je donnerai des recettes à l’automne prochain) et surtout les « courges d’hiver » que presque personne ne connaît, et qui sont d’un goût très délicat. Vous allez me dire : « et les potimarrons ! ». C’est vrai que les potimarrons jouissent d’une réputation excellente et que leur parfum (de chataîgne) et leur chair dense en font le potiron idéal pour les gratins. Oui, mais désolé de vous décevoir, il me semble que les potimarrons d’aujourd’hui ne sont plus aussi savoureux que ceux d’il y a vingt ans (dégénérescence génétique ? Manque de rigueur dans la sélection des graines ?). Et puis sourtout, tout ça est remis en cause par l’apparition récente des courges d’hiver !

Ces courges d’hiver, que l’on appelle « winter squash » sont originaires d’Asie. Les fruits sont de petite taille, de 1 à 3 kg seulement, ce qui est un avantage considérable car cela évite d’avoir à garder des grosses courges entamées qui finissent par moisir. Le moelleux de leur chair et leur goût délicat en font des légumes d’exception, bien supérieurs aux potirons classiques et un peu meilleurs que les potimarrons. Et en plus, ils se conservent mieux ! Si vous êtes un gastronome, doublé d’un curieux, nul doute que ces courges d’hiver doivent trouver une place dans votre jardin. Il y avait une super variété nommée « Tasty delite » qui était extraordinaire d’un point du vue gustatif mais d’une apparence très moyenne (couleur marron) qui a disparu des catalogues (je paye un grand nombre de bières à celui qui m’en trouvera quelques graines !), il en subsite quatre autres dans le catalogue Baumaux (eh oui, encore lui !) : deux variétés excellentes que j’ai testées l’an passé (Snow Delite et Iron Cap) et deux autres variétés que je vais m’empresser d’essayer cette année (Amazonka et Golden Debut).

Dans un prochain article il me faudra parler d’autres légumes méconnus qui viennent du même continent : les radis asiatiques !

Des oiseaux, en veux-tu, en voilà ! (6)

Deux choses extraordinaires viennent de m’arriver dans mon poste d’observation.

Première chose : hier matin, alors que j’étais en train de nourrir des oiseaux, il y avait alors trois tarins sur ma main, les oiseaux se sont mis à pousser de très gros cris d’alarmes, tout le monde s’est envolé. Il y a eu du bruit sur la toile de mon abri et une femelle d’épervier s’est alors perchée devant moi, sur une branche de thuya, juste sous la toile de mon affût. Elle n’avait attrapé aucun oiseau. Elle est restée une quinzaine de secondes puis s’est envolée tranquillement. C’est la première fois qu’un tel oiseau rentre dans mon affût pendant que j’y suis. La scène s’est passée à un mètre cinquante de mes yeux.

Deuxième chose : ce matin, un pic épeiche est venu sur ma main, comme à son habitude, a pris une noix mais l’a laissée tombée dans le fouillis des branchages où il n’a pas pu la retrouver. Il est revenu aussitôt sur ma main, or il n’y avait plus du tout de noix. Il s’est alors mis à prendre une graine de tournesol, est allé la décortiquer dans la fente d’un piquet à un mètre de mes yeux, est revenu à nouveau et ainsi de suite. Cela a duré longtemps. Au seizième voyage, il s’est mis à taper fort sur le bout de mes doigts gauches (mais ne m’a pas fait trop mal, j’ai de la corne sur ces doigts-là en raison de la pratique de la guitare), puis s’est mis à cogner sur mon avant-bras (prenait-il déjà mon bras un peu ridé pour un vieux tronc noueux ?). Trouvant probablement la bête un peu dure (ou indigeste ?), il est parti sur mon autre main et s’est mis à taper avec force sur le bout d’un doigt, ça a commencé à faire mal. Je ne savais pas trop comment arrêter la scène, alors quand j’ai vu qu’il y avait une petite goutte de sang sur le doigt, j’ai simplement dit « hé … ». Effarouché par le son de ma voix, il s’est envolé en poussant un cri. Quand j’ai retiré mes mains, il y avait aussi une petite tache de sang sur mon avant-bras gauche.

A propos de la grippe aviaire (3)

Voilà encore un journal que j’aime beaucoup : le Canard Enchaîné.

Le journal daté de ce jour rappelle qu’il n’est pas prouvé que les oiseaux sauvages soient responsables des foyers d’infection constatés au Nigéria et en Egypte. Le groupe de chercheurs Promed, spécialisé dans les maladies émergentes, affirme même au contraire que les contaminations proviendraient de traffics de volailles venant de pays infectés, comme la Turquie et la Chine. A suivre.

D’après le Canard, le Préfet de Haute-Normandie a envoyé une note à tous les maires du département pour qu’ils recensent les disponibilités et capacités de leurs cimetières, “dans l’hypothèse où une forte transmission inter-humaine du virus H5N1 de la grippe aviaire serait atteinte”. Le préfet ne fait-il que suivre les directives nationales ? Ou alors ne fait-il que de l’excès de z’ailes ?

A signaler deux jeux de mots du Canard Enchaîné, en titres : “Grippe aviaire : Villepingouin veut confiner Sarcoq” et “L’Europe sous la menace de la grippe aviaire : Mais que fait Interpoule ?”. Je rajouterais (mais c’est facile) : “Si ça continue ainsi, Interpoule va se faire rentrer dans les plumes”. 

Enfin, moi qui trouvais scandaleux qu’il puisse y avoir 10 poules par mètres carrés dans les élevages intensifs, voilà que je me trompais lourdement. Le Canard Enchaîné nous apprend que les députés européens réclament que les poules soient élevées dans des conditions plus décentes, c’est à dire que leur nombre soit limité à 20 seulement par mètre carré (au lieu de 23 actuellement) et que la température des poulaillers ne dépasse pas 33°C. Ces nouvelles mesures devraient permettre, d’après les députés européens, que « les considérations économiques et sociales ne priment pas sur le bien-être et la santé des animaux ». Ah bon, 20 par mètres carrés, c’est du bien-être ? Et si l’on mettait 20 eurodéputés par mètres carrés (pour raison de rentabilité économique par exemple), parleraient-ils aussi de bien-être ?

Tout ça pour dire qu’il ne faut jamais rater un numéro du Canard !

Des oiseaux, en veux-tu, en voilà ! (5)

Michel et Pascale sont venus avec leurs deux filles pour observer les oiseaux de très près.

L’attente n’a pas été très longue, la première mésange bleue est venue sur la main de Sarah, suivie rapidement des autres mésanges.

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Idem pour Manon dont la petite main (elle n’a que 8 ans) a accueilli la sittelle torchepot.

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Puis ce fut au tour de Pascale qui eu la chance d’observer le tarin.

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Dans la foulée, Joëlle (ma Joëlle à moi) a fait l’essai, pour la première fois, de tendre sa main pleine de tournesol et de noisettes, c’est un pic épeiche qui s’est agrippé à son bras (y’a pas que son mari !) et a pris délicatement une noisette dans sa main.

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Michel était dans un affût juste à côté, avec un appareil photo pour immortaliser toutes ces scènes.
Pour ceux qui pensaient jusqu’à présent que j’avais un don particulier, voire un certain fluide pour attirer les oiseaux, cette petite expérience leur prouve que non. Il ne suffit que de patience !

A propos de la grippe aviaire (2)

Le journal Le Monde titre ce soir : ‘l’Europe guette le retour des migrateurs ». Avec six milliards d’oiseaux qui transitent entre l’Afrique et l’Eurasie, je souhaite bien du courage à l’Europe, des bons yeux et surtout un nombre incalculable de paires de jumelles !

A l’époque de l’année où nous sommes, il y a bien déjà plusieurs centaines de milliers de migrateurs qui sont déjà revenus sur notre continent. Alors, quand le Monde nous apprend aujourd’hui que « des canards pilets, qui passent l’hiver en Afrique, viennent d’être observés en baie de Somme », je veux évidemment bien les croire, mais bon, c’est pas un scoop. Et dire que pour un journaliste parisien, il aura fallu tout un travail d’investigation pour en arriver aux observations que vous et moi faisons quotidiennement.

Pourquoi les migrateurs sont-ils ainsi montrés du doigt ? Et si c’était au contraire les volailles domestiques qui transmettent le virus aux oiseaux sauvages, et non l’inverse ? Je m’explique : il me semble que les conditions concentrationnaires qui existent dans les élevages sont des conditions idéales pour la multiplication des virus, voire même propices à l’apparition de mutations chez ces virus. Les conditions d’hygiène sont bien meilleures dans la nature. Bien sûr les médias nous diront qu’il y a des normes d’hygiène dans les élevages. OK, mais dix poules par mètre carré qui chient en permanence, normes d’hygiène ou pas normes d’hygiène, ça reste quand même dix poules qui chient en permanence (surtout qu’on les fait bouffer infiniment plus que si elles vivaient dans la nature) !

Les poulaillers attirent énormément les oiseaux du ciel. J’en citerai simplement deux : le moineau domestique et la tourterelle turque. Il est très difficile d’empêcher les moineaux de venir becqueter dans les poulaillers. Et j’imagine que c’est la même chose dans les élevages intensifs : les moineaux doivent s’y infiltrer partout (il suffit de voir comment les moineaux arrivent à entrer même dans les grandes surfaces – à Carrefour Valentin par exemple – pour imaginer que c’est encore plus facile d’entrer dans un poulailler). Lorsqu’il y a un virus dans un poulailler, il doit passer très facilement à la population de moineaux, puis par contacts successsifs, à une partie de la faune aviaire sauvage.

Le schéma que je décris n’est qu’une hypothèse mais celle-ci me semble bien plus plausible que d’imaginer un canard qui fiente au-dessus d’un poulailler. Oui, effectivement, un canard au vol peut faire ses besoins en passant au-dessus d’un poulailler mais il y faut beaucoup de hasard, alors que le nombre de moineaux européens s’infiltrant dans des poulaillers (amateurs ou industriels) est probablement de plusieurs millions.

Autre réflexion : et si c’était le pigeon domestique, qui vit dans nos villes, qui présentait le plus grand risque de transmission du virus ?

Encore une info : l’OMS a déclaré aujourd’hui que le risque de transmission du virus à l’homme n’était pas avéré. Mais bizarrement, cette info n’est pas relayée par nos médias … Elle a été affichée sur leMonde.fr, mais a été retirée au bout de quelques heures seulement, alors que d’habitude les infos restent consultables plusieurs jours. Bizarre, bizarre !

Et vive la Pologne !

Vendredi matin à la radio, un homme politique disait que la nouvelle directive Bolkenstein était une avancée pour notre pays, non seulement parce que le plombier polonais ne viendrait plus concurrencer notre plombier français mais aussi parce que le plombier français pourrait, lui aussi s’il est au chômage, aller travailler en Pologne.

Ce point de vue est choquant. D’abord parce qu’il laisse entendre que notre société se résume à un système économique dans lequel les gens n’ont qu’une valeur marchande et peuvent être déplacés comme des pions en fonction des besoins du marché. Mais aussi et surtout parce qu’il fait abstraction de la valeur humaine de la personne et des conséquences, sociales et familiales, qu’aurait la délocalisation de ce plombier au chômage. Qui, parmi les lecteurs de ce blog, accepterait de renoncer à sa vie familiale, à ses amis, à son quartier, à son village, pour aller travailler à plusieurs milliers de kilomètres ? Je n’en connais pas.

Mais allons jusqu’au bout du raisonnement de ce brave homme. Et si on appliquait la même méthode aux politiques ? Par exemple à tous ceux qui se retrouvent sans mandat parce que le peuple n’a pas voulu d’eux lors d’un scrutin ! Vous imaginer un organisme de type « Assedic » mais réservé aux hommes politiques, qui dirait à ces messieurs : « Monsieur, vous étiez sénateur, vous n’êtes plus rien, vous êtes sans travail politique. Si, dans les six mois, vous n’avez retrouvé aucun mandat, ne serait-ce que comme simple conseiller municipal dans un trou perdu en Haute-Saône (j’ai pris cet exemple au hasard, excusez-moi), nous vous proposerons une circonscription vacante en Pologne, où il vous faudra passer le stade de l’entretien d’embauche (les urnes). Vous avez évidemment le droit de refuser, mais deux fois seulement, sinon vous êtes rayé des Assedic (c’est-à-dire de la vie politique, à jamais)».

Et vive la Pologne où l’on pourrait envoyer tous ces beaux messieurs ! Je suis sûr que vous et moi aurions des tas de noms à proposer.

On a le droit de rêver, non !

Et vive la Belgique !

Dans mon avant dernier article sur la grippe aviaire, Roland a donné une info de tout premier ordre sur la possibilité de vacciner l’homme. Il écrit notamment « Et la vaccination des humains ? C’est envisageable d’autant plus qu’un labo belge a mis au point un vaccin universel contre toutes les variantes du H5, mais les grands groupes pharmaceutiques freinent des 4 fers car tout un pan de leurs juteux profits disparaîtrait ». Voilà encore une information qui apporte un éclairage nouveau sur la manière dont nos responsables politiques gèrent la crise.

Mais mon propos dans cet article n’est pas de parler de la grippe aviaire, mais de la Belgique. Roland nous a dit que le vaccin avait été mis au point par des chercheurs belges. Il y a une autre info qui est passée inaperçue ces jours-ci (les journaux étant accaparés par la grippe aviaire et les jeux olympiques), elle vient aussi de chez nos amis belges. En effet, la Belgique vient de devenir le premier Etat au monde à interdire la fabrication, le stockage, l’utilisation et le commerce de bombes à fragmentation.

Comme j’ai pris cette info dans lemonde.fr, voici des extraits de l’article que je viens de lire : « Réputées plus dangereuses que les mines, les bombes à fragmentation – ou bombes à sous-munitions – tuent plusieurs milliers de civils chaque année. Elles se présentent généralement sous la forme d’un cylindre métallique, sorte de miniconteneur, largué par un avion ou un engin d’artillerie. Lorsque la bombe explose, elle libère de nombreuses munitions plus petites. Entre 5 % et 30 % des engins n’explosent pas immédiatement, tuant et mutilant les civils qui les touchent longtemps parfois après les conflits.
Les Etats-Unis sont le plus gros producteur de ces armes, fabriquées dans 34 pays, sous plus de 200 formes. Selon Handicap International, les sous-munitions représentent une menace constante pour la vie quotidienne dans une vingtaine de pays. Elles auraient tué des milliers de personnes en Irak, au Kosovo et dans le Golfe, notamment. Deux millions de sous-munitions auraient été disséminées sur le champ de bataille irakien depuis 2003, affirme Human Rights Watch. »

L’article du Monde rappelle aussi que la Belgique avait déjà été la première, il y a quelques années, à bannir les mines antipersonnel, qui ont ensuite fait l’objet d’un traité international d’interdiction.

Il y aurait beaucoup à dire sur la Belgique, pas seulement sur les bières qui sont, sans conteste possible, les meilleures du monde mais aussi par exemple sur les socialistes de ce pays, à côté desquels les nôtres font vraiment très pâle figure. Il pourrait y avoir un article sur mon blog sur ce sujet dans les semaines qui viennent.

L’étau se resserre !

Lorsque j’ai commencé à raconter sur mon blog mes histoires d’oiseaux qui viennent manger sur ma main, mes amis ont commencé à s’inquiéter de ma santé et m’ont demandé si je n’allais pas servir de terrain au virus H5N1. J’avais répondu que j’aurais plutôt tendance à être atteint de la grippe à bière. Je croyais que ma réponse n’était qu’une boutade mais en buvant ce soir une bière de Munich, je m’aperçois qu’elle provient de B’aviaire ! Aïe, aïe, aïe, l’étau se resserre ! Et si mes amis avaient raison ?

A propos de la grippe aviaire (1)

Décidément, la grippe aviaire est à l’honneur ces jours-ci. De trop ? Pas assez au regard des risques encourus ? Je n’en sais trop rien et je n’ai pas d’avis tranché sur la question. Toujours est-il que l’observation des oiseaux (qu’ils soient sédentaires ou migrateurs) est une activité qui me passionne et que, dans cette affaire, les oiseaux sauvages sont en première ligne et sont montrés du doigt. Cette histoire m’amène donc à quelques réflexions.

A priori, tous les oiseaux peuvent être atteints par le virus. Pourquoi alors ne parler que d’oiseaux migrateurs ? Surtout qu’il n’existe que très peu d’espèces strictement sédentaires, beaucoup d’espèces sont erratiques et se baladent de l’automne au printemps. Et puis, les populations migratrices sont largement en contact avec les populations sédentaires, et le virus, à partir du moment où il est présent quelque part, doit s’y répandre à la vitesse grand V et dans l’ensemble de la population d’oiseaux. Donc, première remarque : il n’y a pas à prendre des mesures différentes selon qu’il s’agisse de migrateurs, d’erratiques ou de sédentaires.

Examinons par ailleurs quelques chiffres dont on ne parle pas. Il faut savoir que le flot de migrateurs qui transitent entre l’Eurasie et l’Afrique est estimé annuellement à 6 milliards d’oiseaux. Ce flux migratoire est très accentué sur l’Europe occidentale et on peut estimer à peut-être un milliard le nombre d’oiseaux qui transitent par la France. C’est beaucoup à priori, mais réparti sur un territoire aussi vaste que la France … Sachant que tous ces oiseaux, pour la plupart petits, ne vivent que très peu (à mon avis, ça n’excède pas mille jours en moyenne toutes espèces confondues), ça voudrait dire, avec un calcul très rapide et plus qu’approximatif, que le nombre d’oiseaux qui meurent chaque jour en France est peut-être de l’ordre du million. Impressionnant, non ? Ces chiffres nous apportent un éclairage nouveau sur le problème de la grippe aviaire et sur l’impuissance de l’homme a pouvoir juguler une quelconque dispersion du virus, car il ne s’agit pas seulement de quelques oiseaux dont il faudrait se prémunir mais plutôt de l’ordre du milliard à l’échelle de notre seul pays. C’était la deuxième remarque.

Il y a surtout un autre aspect qui m’intrigue beaucoup, c’est le constat que les oiseaux retrouvés morts sont essentiellement des cygnes. Cela s’explique d’ailleurs très facilement, si l’on y réfléchit bien, car lorsqu’un cygne meurt, ça ne passe pas inaperçu et il est retrouvé dans quasiment 100% des cas (c’est le plus gros des oiseaux d’Europe et sa couleur d’un blanc pur, qui est rare dans la nature, ne passe pas inaperçue). Par contre, lorsqu’il s’agit d’un petit oiseau, le cadavre de celui-ci n’est quasiment jamais retrouvé, il disparaît toujours incognito. D’un point de vue statistique, si l’on part de ce constat mais aussi de l’hypothèse que tous les oiseaux, petits ou gros, peuvent être atteints par la maladie, on peut en déduire une conclusion intéressante. Car cela voudrait dire que pour un cygne retrouvé mort porteur du virus, il existe des milliers, voire des dizaines de milliers d’autres petits oiseaux qui meurent aussi de la maladie mais sans qu’on puisse jamais retrouver (et en plus, les petits oiseaux erratiques et grégaires du genre verdiers ou chardonnerets me semblent avoir infiniment plus de contact entre eux que n’en ont les cygnes). Fort de ce constat, le nombre de cygnes retrouvés morts pour cause de virus étant déjà actuellement de plus d’une centaine (135 simplement pour l’Iran), on peut extrapoler et imaginer que le nombre de petits passereaux morts pour la même raison est infiniment supérieur. Ce qui voudrait dire que la grippe aviaire est déjà largement répandue, au moins dans les pays où les cygnes ont été découverts. C’était la troisième remarque.

Voilà, les chiffres énumérés ci-dessus peuvent nous donner un peu le vertige et nous foutre la frousse car on imagine l’ampleur que peut prendre très rapidement le phénomène. Mais, les mêmes chiffres peuvent au contraire nous rassurer car s’il existe déjà une centaine de cygnes morts de la grippe aviaire, et donc à fortiori au moins des dizaines de milliers de petits oiseaux décimés par le même virus (peut-être même déjà autour de nous), il y a peut-être aussi matière à être optimiste car nous ne sommes toujours pas atteints.

Tout cela me parait très complexe. En tous les cas, les mesures draconiennes qui sont prises actuellement par la plupart des pays occidentaux me semblent être décidées en haut lieu sans tenir compte de la réalité de terrain (nombre réel d’oiseaux, dynamiques de population, différents types de migrations, mouvements saisonniers, …). Comment par exemple peut-on ignorer le risque dû aux chats qui prélèvent chaque année en France cinq millions d’oiseaux, dont une partie aux postes de nourrissage hivernal où viennent se nourrir des migrateurs venant des pays plus au nord ?

Enfin, que dire du comportement des pouvoirs publics qui me semble très incohérent : avez-vous remarqué que nous n’avons plus du tout entendu parler de la grippe aviaire en décembre ? Il fallait bien vendre les volailles en période de fête, non ! Et pourquoi avoir prolongé de quinze jours la chasse aux grives et aux merles dans certaines régions françaises alors qu’on nous raconte que les manipulations d’oiseaux morts présentent un risque susceptible d’engendrer ni plus ni moins qu’une pandémie au niveau de toute la planète ? Légèreté d’un côté, moyens lourds et disproportionnés de l’autre ?

J’avoue que je suis un peu perdu mais garde un certain scepticisme quant aux infos qui sont distillées dans les médias. Alors, si vous avez des avis sur la question … !

Vladimir Vissotski, l’écorché vif

Il y a un chanteur dont il me faut absolument parler, tant il occupe une place particulière et marginale dans la chanson, et tant il a marqué son pays natal, la Russie, par son passage éclair, tel un météore.

Mort à 42 ans en 1980 d’une crise cardiaque, après de nombreux excès dus à l’alcool et au tabac, Vladimir Vissotski a été découvert par hasard : après avoir composé des chansons plutôt confidentielles, un ami décide de l’enregistrer. La cassette est alors copiée et colportée, de main en main, « sous le manteau » dans toute la Russie. C’est à ce moment que débute sa courte mais extraordinaire carrière de chanteur (il a été écouté par des millions de russes), boostée par le fait que toutes ses chansons, trop politiques, ont été officiellement interdites et, par réaction, se sont mises à circuler partout, tant elles reflètaient le triste sort et le quotidien de la population russe, alors sous emprise communiste.

C’est au début des années 80 que j’ai découvert Vladimir Vissotski. Il y a plus de vingt ans, Joëlle est tombée sur une émission de Bernard Pivot au cours de laquelle était invitée la veuve de Vladimir, l’actrice française Marina Vlady (qui avait été mariée avant à Robert Hossein et qui épousera après la mort de Vladimir, Léon Schwartzenberg). Dans cette émission, un reportage étonnant montrait Vladimir hurlant sur sa guitare.

Le mot « écorché vif » est celui qui sied le mieux à ce poète. Il m’est impossible de décrire l’impression que me laisse à chaque fois l’écoute de Vladimir Vissotski. C’est pourquoi je préfère citer Marina Vlady : « Cette voix que l’on ne peut confondre avec aucun autre. Poète violent et rare, les consonances des mots s’entrechoquent et donnent encore plus de force au cri… Il peut hurler comme un loup blessé, puis chanter l’amour avec douceur et tendresse, crier son indignation, sa colère, son désespoir en s’arrachant la glotte ou passer du ton gouailleur des faubourgs au lyrisme le plus pur. Ceux qui l’ont entendu chanter, qui l’ont vu jouer, ne peuvent oublier l’émotion ressentie. ».

Le disque « le vol arrêté » paru aux éditions du Chant du monde, est le plus beau témoignage discographique de l’œuvre de Vladimir Vissotski. Les textes sont en russe mais le livret est magnifique, il présente une très belle traduction et on arrive à peu près à suivre les paroles. Mais attention, l’écoute n’est pas facile, on n’en ressort pas indemne car la voix est dure, rauque, rapeuse (accentuée par le caractère un peu guttural de la langue russe), on ne peut rester indifférent à une telle manière de chanter. Les textes sont souvent d’une noirceur absolue (il suffit d’ailleurs de lire la traduction des titres pour se faire une idée : « les cabans noirs », « à l’hôpital », « le vol arrêté », « l’écho fusillé », « la poursuite », « la demeure étrangère », « la voile déchiré », « l’ornière », « la chasse aux loups », « l’homme fini »).

Ceux qui aiment les choses lisses, un peu aseptiques, passeront leur chemin. Quant à ceux qui aiment les émotions fortes, ce disque est pour vous … !

Des oiseaux, en veux-tu, en voilà ! (4)

Il y a trois jours, j’avais annoncé un scoop, en disant qu’une quatorzième espèce était venue sur ma main. Je n’avais pas dit le nom mais fait saliver quelques-uns en disant simplement que c’était encore plus invraisemblable que le geai, le pic épeiche ou l’écureuil. Voilà donc l’histoire, telle qu’elle s’est déroulée.

En même temps que je nourris des oiseaux avec du tournesol, des noix ou des noisettes, je mets un peu de déchets de viande sur le terrain derrière la maison et j’ai l’habitude d’avoir comme hôte principal la buse variable, accompagnée parfois de la pie bavarde et de la corneille. Cette année, les buses ont beaucoup plus faim que d’habitude (les centres de soins pour rapaces de Lons-le-Saunier ou de Lyon regorgent cet hiver de buses maigres et épuisées) et j’ai eu la surprise de voir, jeudi de la semaine dernière, onze buses en même temps sur les déchets de viande. Je n’avais jamais attiré autant de buses depuis l’hiver froid de 1986.

Dans la journée, une idée un peu saugrenue m’est venue : et si je mettais de la viande sur ma main, est-ce que l’une d’entre elles oserait venir ? J’ai appelé Michel (avec qui j’avais déjà prévu de faire des photos de petits passereaux le lendemain) en lui disant que j’allais peut-être tenté d’attirer la buse sur ma main. Je suis allé m’acheter une paire de gants (j’aurais bien essayé mains nues, mais Joëlle s’y est formellement opposée !).

Le lendemain matin, Michel s’est installé dans son petit affût, à quelques mètres du mien (je rappelle que je suis planqué dans un abri en toile, que je laisse dépasser mes mains pleines de nourriture et que j’ai fait une ouverture dans la toile pour voir les oiseaux à 30 cm de mes yeux). Au bout d’une heure environ, une première buse est arrivée et a mangé un peu de nourriture que j’avais mise au sol. Et puis la pression a augmenté, d’autres buses ont commencé à tourner. L’une d’elles est enfin venue sur la mangeoire à un mètre de moi. Quand elle a eu fini de dévorer le petit morceau de viande que j’avais mis, elle est venue d’un seul coup sur ma main. Séquence émotion ! La buse est peut-être restée deux ou trois minutes sur ma main. Je ne me rappelle pas vraiment des détails, j’étais un peu dans un rêve. Je n’ai pas gardé l’impression d’un oiseau lourd, je ne me rappelle pas non plus avoir senti ses serres.

Michel a fait trois photos. On avait prévu un cadrage beaucoup trop serré, il aurait fallu un 135 mm plutôt qu’un 200. Michel devait donc attendre que la buse se baisse de temps en temps pour avoir dans le viseur, à la fois la main et l’oiseau. Petit problème d’exposition ou d’accus qui avaient du mal à recharger par le froid, les trois photos sont plutôt très sombres. En voici donc une, à titre de document !

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Mon histoire d’oiseaux sur la main est sur le point de s’achever, au moins au niveau du récit, car je continuerai cette activité qui m’a passionné tout un hiver. Il y aura peut-être encore une ou deux nouvelles espèces d’ici la fin de l’hiver (j’espère que le gros-bec viendra ce week-end) mais avec un rapace aussi spectaculaire que la buse, je crois que la limite est atteinte. Mais bon, il y aura encore au moins un petit « article-bilan » en fin d’hiver !

Le chevreuil et la fourmi

Mon article intitulé « la retraite offensive du météorologue » et la réaction à cet article de Roland, avaient permis d’aborder un problème plus général, celui de la responsabilité des scientifiques dans les informations mises (ou non mises) à disposition du public.

Aujourd’hui, des tas de rumeurs circulent, sans réel fondement scientifique, et arrivent à s’installer parfois durablement dans le public. Ainsi, on entend parfois dire (il n’y a encore pas si longtemps à la radio) que des espèces disparaissent de la planète mais qu’il en a toujours été ainsi. Il doit y avoir probablement des milieux scientifiques autorisés (comme dirait Coluche) qui cautionnent ce genre d’affirmation. Effectivement, vu sous cet angle, l’affirmation est vraie. Simplement, il y a aujourd’hui une espèce animale qui disparaît toute les vingt minutes de la surface du globe, ce rythme n’a donc aucune mesure avec ce qui se passait pendant les périodes géologiques passées car on considère qu’il est aujourd’hui, au minimum, cent fois plus rapide. On est dans la même erreur de raisonnement que pour les changements climatiques, à propos desquels certains disent encore très facilement qu’il y a toujours eu des excès climatiques – ce qui est vrai – mais oublient de préciser que c’est la fréquence de ces excès qui augmente à la vitesse grand V.

Mais revenons à nos espèces, qu’elles soient animales ou végétales et dont la survie est aujourd’hui – au moins pour certaines – très compromise. D’une manière générale, l’homme est peu attentif à ce qui l’entoure et, à moins que ne disparaissent de grosses espèces comme le cerf ou le sanglier, ne se rendrait pas compte des disparitions de toutes petites bestioles qui font partie intégrante de son environnement. Les habitants de nos villages se sentiraient probablement concernés par l’éradication complète du chevreuil mais seraient complètement insensibles à la disparition d’une espèce de fourmi.

Or, il n’y a pas d’échelle de valeur à appliquer au monde vivant. Au regard de la vie même, aucune espèce n’est supérieure à une autre (même si l’homme croit pouvoir s’affranchir des lois de la nature). Il faut aujourd’hui considérer que la disparition de n’importe quelle espèce, qu’elle soit animale ou végétale, ou qu’il s’agisse même d’un hybride naturel comme la fougère d’Albert, est un drame irréparable. Une espèce qui disparaît, c’est une espèce disparue à jamais ! Une espèce qui est rayée de la carte toutes les vingt minutes, c’est un coup de poignard que nous recevons en pleine panse toutes les vingt minutes. Certains trouveront dommageables que certaines espèces disparaissent en raison de la place qu’elles occupaient dans l’écosystème et les équilibres naturels. Ce n’est pas là l’essentiel. Les êtres vivants n’ont pas à justifier leur existence par une quelconque utilité. Ils existent tout simplement.

Le miracle de la vie est la seule idée forte qui devrait nous guider en ces temps troublés. Regardons donc l’insignifiante fourmi avec le même regard que celui porté sur le chevreuil qui galope dans le pré.

Des oiseaux, en veux-tu, en voilà ! (3)

Résumé des épisodes précédents : dans un premier article intitulé «des oiseaux en veux-tu, en voilà», j’ai relaté comment, en l’espace d’un week-end, quatre espèces d’oiseaux sont venues manger sur ma main, alors que je les observais, à bout portant, les yeux collés à la vitre (sittelle, mésanges charbonnière, bleue et nonnette). Les 5 et 6 novembre marquaient donc le début d’une véritable aventure et, dans l’article suivant (épisode n°2), j’ai parlé des belles surprises qui m’attendaient (je dis bien « surprise » car comment imaginer que des oiseaux aussi farouche que le geai et le pic épeiche + un mammifère : l’écureuil) deviennent aussi familiers et viennent eux aussi manger dans la main.

Mésange

Dans l’article d’aujourd’hui, il n’y rien d’extraordinaire à dire, si ce n’est que la liste s’allonge progressivement au fil des semaines. Six nouvelles espèces de passereaux sont venus picorer des graines au creux de ma main : l’accenteur mouchet (qui n’est venu qu’une seule fois), le verdier (9 fois), le pinson du nord (deux fois seulement), la mésange boréale (qui vient en permanence, déjà plus de mille cinq cent fois) et puis les deux petits derniers, arrivés tout récemment : le tarin des aulnes (voir photo ci-dessous) et le chardonneret.

Tarin

Tout ça nous amène à treize espèces au total. Enfin quatorze exactement, car la dernière est de taille mais je ne me résous pas encore à en parler aujourd’hui. Je suis encore sous le coup de l’émotion et il me faut un article complet pour décrire ce qui est arrivé vendredi dernier. Alors, patience, vous saurez tout dans un ou deux jours car je dois dire que j’attends le développement de la pellicule diapos pour demain ou après-demain. Eh oui, on a les moyens qu’on se donne, et je me suis attitré les services d’un photographe de choc en la personne de mon ami Michel G (qui avait déjà photographié le pic épeiche dans le précédent article de la série et qui est également l’auteur des deux photos de cet article). Il était là, camouflé dans son affût, lors de la scène de vendredi dernier et a pu prendre trois clichés. Je n’en dis pas plus, mais imaginer l’oiseau dont je parle sur ma main, c’est encore plus incroyable qu’imaginer le geai, le pic épeiche ou l’écureuil !

A très bientôt donc pour la suite de cette série.

Le chêne de Noirefontaine, digue digue dondaine !

Depuis le début de l’hiver, j’ai vu circuler des tas de mails concernant le projet d’abattage d’arbres sur la commune de Noirefontaine, dans le secteur de Montbéliard (de St Hippolyte plus exactement). Ce projet d’abattage visait en particulier un très vieux chêne remarquable, qui borde un chemin et gêne le passage de gros engins (contrairement au « vieux chêne » de Brassens qui « vivait à l’écart des chemins forestiers, ce n’était nullement un arbre de métier … »). Le maire du village, peut-être tout simplement parce qu’il ne comprend pas vraiment qu’un vieil arbre plusieurs fois centenaire fait aussi partie du patrimoine communal, au même titre que le serait une vieille fontaine ou un monument, a longtemps maintenu son projet. Je n’ai pas signé la pétition qui a circulé (qu’aurait valu une signature de plus ?) mais j’avais envie d’apporter une contribution minime, et surtout différente, à la lutte contre le projet. Un soir, j’ai pris ma plume, enfin plutôt le clavier, et tapé un petit texte consacré à ce vieux chêne. Et puis les semaines ont passé…

J’ai appris récemment que le vieux chêne, contrairement aux autres arbres visés par le projet, serait épargné (ça reste au subjonctif, est-ce si certain que ça ?). Finalement, même si mon texte est très imparfait, je préfère le publier sur mon blog plutôt que de le laisser dormir au fond de mon ordi. Car d’autres arbres de bords de route sont menacés en Franche-Comté et le combat demeure.

Ce texte est écrit un peu comme une chanson, avec un refrain, mais je n’ai pas les capacités d’écrire une petite musique et laisse à la municipalité de Noirefontaine le soin de le faire. En scie majeure ou en scie mineure ?

Aux arbres, citoyens !

Dans le secteur de Montbé
Des arbres vont tomber,
Décision malheureuse !
Parmi eux, un vieux chêne
Va passer sous la chaine
D’une gross’ tronçonneuse.

Aux arbres citoyens !
Le chêne, ce doyen
Va-t-il donc rendre l’âme ?
Ce vieil arbre débonnaire
Plusieurs fois centenaire,
Va périr sous la lame.

Le chên’ de Noir’fontaine
Digue digue dondaine
Est-c’ que nous le gardons ?
Digue digue dondon

« Faut élargir la route,
Vaill’ que vaill’, coût’ que coût’
Mais l’arbre nous fait chier ! »
Alors, pour le trafic
Des camions et leur clique,
Il faut le sacrifier !

Aux arbres citoyens !
N’y a-t-il pas moyen
D’empêcher ce carnage ?
Pour la terre, notre mère
Opposons-nous au maire,
Evitons l’abattage !

Le mair’ de Noir’fontaine
Digue digue dondaine
Est-c’ que nous le vidons ?
Digue digue dondon

Ce chêne est un vieil homme
Aux racines difformes,
Il a l’air d’un vieux sage.
Le maire est un autr’ homme,
Son cœur n’a pas de forme :
Triste sir’ d’un autr’ âge !

Aux arbres, citoyens
Ce chêne, c’est notre bien.
Il va être sanglant,
Mais ses fruits resteront,
Car toujours nous serons
Gouvernés par des glands !

Moralité : (s’il y en a une !)
Les gens de Noir’fontaine
Digue digue dondaine
Sont pris pour des dindons
Digue digue dondon.

Brassens, bluesman ?

En ce moment, comme j’ai la gorge un peu enrouée depuis plusieurs semaines, je ne peux pas m’exercer sur les chansons de Brassens (et en plus, Stéphane m’a emprunté ma seule guitare … pour le concert de la Nef des Fous qui a lieu ce soir). Plusieurs semaines sans être accompagné des chansons de Georges, c’est un peu dur, moi qui en ai fait mon quotidien ! Alors, j’en profite pour réécouter les disques du maître, chose qui ne m’arrive pas très souvent. A leur écoute, plusieurs commentaires me viennent et ça me donne envie d’écrire quelques articles à ce propos. Il pourrait donc y avoir plusieurs articles sur Brassens dans les semaines qui viennent. Oui, je sais, je m’étais promis de parler de plein de gens peu connus (Louki, Caussimon, Haillant, Jonas, Bertin…) avant d’évoquer Brassens. Mais je suis désolé, j’y reviens toujours et inlassablement. Et puis, j’ai encore du temps pour parler des autres (d’autant plus que vous avez été plusieurs à souhaiter longue vie à mon blog).

Brassens n’a jamais écrit de chansons vraiment tristes, l’humour finit toujours par l’emporter, même – et surtout – lorsqu’il parle de la mort, qui est son thème de prédilection (« les funérailles d’antan », « la ballade des cimetières » , par exemple, regorgent de traits humoristiques). Même dans la chanson « le testament » qui est un sujet grave et qui compte quelques passages très noirs (« je serai triste comme un saule », « est-il encore debout le chêne ou le sapin de mon cercueil ? », « me v’la dans la fosse commune, la fosse commune du temps »), Brassens ne peut s’empêcher de prendre les choses un peu à la rigolade, comme s’il faisait la nique à la mort, en émaillant son texte de mots d’esprit et de propos ironiques. Si l’on excepte « Pensées des morts » que Brassens a mis en musique tardivement (mais dont le texte superbe est de Lamartine), les très rares chansons foncièrement tristes qu’il a écrites lui-même datent toutes de ses débuts de chanteur.

Parmi ces rares chansons, il y en a une qui retient particulièrement mon attention, il s’agit du « fossoyeur » qui figure sur son tout premier disque. La chanson est bouleversante, c’est une véritable complainte, complainte de celui qui refuse la mort et ne peut se résoudre à faire ce triste travail qui est d’accompagner à la fosse ses « clients ».

Mais au-delà des paroles, c’est aussi la musique qui me frappe. Elle colle si bien au texte, elle est si évocatrice, avec son rythme lancinant, qu’on imagine même le décor de la chanson : au bord d’une tombe, un pauvre fossoyeur égrène quelques notes et paroles tristes. A chaque écoute, la chanson me fait immanquablement penser à un blues. D’abord par sa noirceur et sa tristesse sans fond, par la sobriété de la ligne mélodique et par un très bel accord de La7M qui souligne ce sentiment de tristesse. Cette impression est peut-être renforcée par le fait qu’on y trouve les trois accords classiques du blues (Mi7, La7 et Si7).

Mais c’est surtout par l’ambiance générale de la chanson, son côté plaintif et résigné (on a l’impression que tout le poids du monde pèse sur les épaules de ce fossoyeur), que cette chanson s’apparente vraiment à un blues, peut-être pas d’un strict point de vue musical, mais en tout cas par l’esprit. Bien sûr, le blues ne peut pas se restreindre à ce côté plaintif et résigné. C’est vrai. Mais je fais surtout référence à la première période du blues, celle qui a vu naître les génies de Robert Johnson, Blind Willie McTell ou Skip James (oui je sais, vous n’étiez pas nés … moi non plus) dans les années 20 ou 30 et non du blues tel qu’on l’entend aujourd’hui, avec ses longs solos de guitare électrique, mis à la sauce du public blanc par des gens de talent que sont John Mayall (qui a formé Eric Clapton. Au fait, le saviez-vous, Mayall passe à Besançon le 23 mars) et par les Stones.

Mais revenons à la chanson. Ce fossoyeur, on l’imagine aussi très solitaire (même si Brassens parle des copains qui « s’amusent de moi, y’m’disent mon vieux par moment, t’as une figure d’enterrement ») ! Là aussi, il y a encore un autre point commun car le blues aussi est une musique de solitaire (contrairement au jazz, et encore plus au gospel, également nés en Amérique, qui sont avant tout des musiques communautaires et collectives).

Alors Brassens, bluesman ? Ce concept vous choque-t-il ? Mon ami Vincent va-t-il encore dire que j’ai fumé la moquette ? Quelqu’un a-t-il un avis sur la question ?