Concernant l’affaire Clearstream, la presse d’aujourd’hui retiendra probablement que Jean-Louis Gergorin a enfin avoué qu’il avait envoyé la première lettre anonyme de cette affaire, comme l’avait annoncé “le Canard” il y a quinze jours.
Mais ce que l’on entendra probablement moins, c’est que d’après les propos de Gergorin, il y a entre 5000 et 10000 particuliers qui ont ouvert un compte Clearstream. Quand on sait que le “ticket d’entrée” dans cette société financière est de 20 millions de dollars, on peut se rendre compte que les pauvres ont encore, comme on dit en jargon sportif, “une bonne marge de progression”. Voilà donc de quoi redonner le moral à tous les exclus de la Terre !
Tous des laches, des faux-cul,menteurs, ils se tirent dans les pattes!!
Eh!oui les éléctions approchent….
La véritable “affaire Clearstream”, selon moi (et vraisemblablement tous les lecteurs des ouvrages de Denis Robert) est avant tout la simple “révélation” (c’est d’ailleurs le titre de son premier livre sur la question en 2001) de l’existence de cet organisme luxembourgeois discret, qui est bien plus une “chambre de compensation” qu’une “banque” (son activité de simple banque n’est qu’une façade).
Des “chambres de compensation”, en gros, au niveau international il y en a deux (Clearstream et Euroclear) et leur rôle est d’enregistrer les transactions entre organismes financiers de tous ordres. Pour faire simple, plus aucun billet ne circule réellement de nos jours malgré les milliards qui changent de main chaque minute. Dans ce système Clearstream est une sorte d’huissier, reconnu par tous, qui enregistre les transactions entre ses clients et “compense” (établit le solde entre ce qui est vendu et acheté) instantanément.
Rien de bien transcendant, me direz-vous… sauf que Denis Robert (aidé par un ex de la boutique, repenti, Ernest Backes) a montré que Clearstream possédait deux listes de clients : la liste des comptes publiés (officielle, transparente, politiquement correcte) et la fameuse liste des comptes non publiés (qui permet en toute discrétion toutes les magouilles).
Ce qui est “explosif” dans cette “révélation”, c’est qu’existe donc là (à portée de perquisition judiciaire ou… citoyenne) le moyen simple et imparable de traquer toute transaction illégale, toute mafia, toute criminalité actuelle ou passée.
Quand on se souvient que les sommes estimées de l’économie frauduleuse sont véritablement colossales (certains en sont même à dire que tout le système capitalisme ne tient plus que par son économie sousterraine), on peut dès lors se demander si les médias n’auraient pas mieux à faire que se demander si Sarkozy a ou non un compte dans cette prétendue “banque”… ou qui est son corbeau !
Et si tout cela n’était qu’une stratégie de détournement (plus ou moins consciente) ? Le pire, c’est que ça marche… Tout le monde lit les journaux et se régale du pseudo-duel Sarkozy- De Villepin… et personne (ou presque) ne lit ne serait-ce qu’un livre de Denis Robert. Quant à ceux qui seront prêts à en tirer les conséquences…