Quand il s’agit de faucher les grandes herbes, l’usage d’une simple faux me semble infiniment préférable à celui d’une débroussailleuse à fil : agréable à pratiquer, moins fatigant, moins polluant et moins bruyant !
Ce matin, j’ai de nouveau pris cet outil pour faucher un petit coin d’herbes folles.
Mais aïe, aïe, aïe ! Joëlle est venue faire une photo.

Ce cliché, qui prouve de manière indubitable que je me livre à cette drôle de pratique d’un autre âge, ne va-t-elle pas me faire condamner devant les tribunaux pour faux et usage de faux ?
Les nouveaux outils (débroussailleuses à fil ou autres…) produisent de nouveaux “gestes”… et c’est, à mon goût, toujours plaisant de s’y confronter. De participer à leur “incorporation”. Mais j’avoue qu’il y a un plaisir d’un autre ordre - sans doute plus profond - lorsqu’on opte plutôt pour un outil ancestral… et que l’on se glisse alors dans une gestuelle qui nous relie avec nos lointains ancêtres (dont il reste toujours quelques traces au fond de nous et qui ne demandent qu’à être réveillés).
Redresse-toi, Bernard, le dos droit… Le fauchage ne se fait pas “en force”… Un simple balancement des bras…
Tu es sans doute remonté trop loin en toi… C’est au Néolithique, tu sais, pas au Paléolithique, qu’est née la faux !
Si je suis condamné à mort pour faux et usage de faux, peut-être vais-je alors rencontrer “la faucheuse” !
A propos de “faucheuse”, cette petite histoire que j’adore.
C’est Nasr’Eddin (le “Toto” musulman, on va dire) qui se balade au marché quand tout à coup il aperçoit la Mort sur un toit qui le regarde avec un drôle d’air. Pris de panique et pour lui échapper il s’éclipse alors dicrètement, prend son âne et s’enfuit vers la grande ville de Samarcande où il compte bien se faire oublier quelque temps en se perdant au milieu de la foule.
Quelqu’un qui a vu la scène, interroge la “faucheuse” :
- Mais que se passe-t-il, la Mort, tu as l’air toute surprise ?
- Ben oui, répond-elle, je ne comprends pas, je viens d’apercevoir Nasr’Eddin ici, au marché, alors que j’ai rendez-vous ce soir avec lui à Samarcande !!!
C’est vraiment toi Bernard sur la photo ? non, parceque ce ne te reconnais pas … Tu t’es rasé les cheveux ?
Elle date bien de ce dimanche matin cette photo, comme tu le précises sur l’article ?
T’étais pas à la messe ? ! hé ben … c’est du beau !
Ben oui, les cheveux, ça tient chaud !
Ben non, j’étais pas la messe. Cela dit, la religion, c’est un peu pareil : faux et histoire de faux !
Oui, Vincent, tu as raison. Je pourrais me tenir plus droit. Sauf que les manches que l’on achète aujourd’hui ont une taille standard qui est trop courte ! Voilà l’explication.
Y’a aussi une autre explication : l’âge. Non pas l’âge de l’outil mais l’âge du bonhomme, évidemment (ça me fait d’ailleurs penser à une petite phrase plutôt rigolote : “il vaut mieux avoir l’âge de ses artères que l’âge de César Franck !”).
Evidemment Bernard, tu t’es procuré un manche de faux dans le commerce.
Mais il faut (ah ah) l’oublier de suite et filer te trouver un manche adapté à ta stature que tu découperas dans un arbre près de chez toi.
Un frêne me paraît bien indiqué pour remplir ce rôle, mais d’autres essences peuvent également faire l’affaire.
Comme on dit : ça ne manche pas de pain.
Ben oui, j’ai tout faux ! Les dieux ne sont pas avec moi ! J’aurais même pu me couper ! Peut-être parce que c’était dix manches, le jour du saigneur !
Bien vu ! Chapeau le jeu de mot ! (mdr)
mdr, ça veut dire “manche de râteau” ?
Non mdr ça veux dire “Monsieur Dupdup Rigolo” (par son humour et ses jeux de mots).
ou alors, “Marre De Raser” (l’herbe folle…)