Au cours d’un stage que j’ai fait il y a quelques années sur “la gestion du temps”, Anne, formatrice, nous avait expliqué la règle des 20%-80%. Ainsi, les choses importantes ne prennent que 20% de notre temps alors que nous en consacrons 80% à d’autres qui nous parasitent. Il semblerait bien que cette régle soit universelle et puisse être appliquée à des tas d’autres domaines. Ainsi, ne dit-on pas souvent que 20% des terriens s’accaparent 80% des richesses.
20%-80%, ça donne un rapport de 1 à 4, croyez-vous ! Eh bien non !
Lors de sa conférence, Pierre Rabhi nous a illustré ce rapport de manière plus crue. Cinq hommes autour de la table, cinq oranges sur la table. Le premier homme prend 80% des fruits, soit 4 oranges, il n’en reste qu’une seule à se partager entre 4, c’est à dire un quart d’orange par personne (dans la mesure où ces personnes se partageraient le fruit de manière équitable, ce qui n’est pas gagné !). On voit déjà bien dans cet exemple que la réalité est bien plus terrible qu’au premier abord. Le rapport n’est plus de 1 à 4 mais de 1 à 16.
Les propos de Pierre Rabhi me reviennent alors que je viens de lire ce matin un article sur une étude publiée par l’ONU qui s’inquiète de l’écart sans cesse croissant entre riches et pauvres. Les chiffres sont éloquants : 2 % de l’humanité concentre 50 % du patrimoine de la planète, alors que la moitié de la population mondiale n’en détient que 1 %.
Je vous laisse faire le calcul. Le vrai, cette fois-ci ! Celui qui nous montre le rapport exact entre le gâteau et la miette !
Ah, le capitalisme est bien le plus beau des systèmes que l’on ait inventé jusqu’à présent !
Et pourquoi pas imaginer la nationalisation des sociétés de “clearing” (pour un contrôle de l’Etat) - ou sa “transnationalisation” (pour un contrôle de l’Union Européenne) - comme les Suédois suggèrent de nationaliser les profits pétroliers ?
Bonjour permanents du blog à dupdup…
Disposant de quelque loisir parce qu’en grêve pour défendre une certaine idée du service public auquel je suis viscéralement attachée (et pas seulement depuis que j’en fait partie ce qui est relativement récent) et de la “réelle” égalité des chances (et pas seulement comme on cherche à le faire croire dans les médias grand public pour défendre “nos petits intérêts corporatistes” mais de ça nous avons l’habitude…) bref, ayant du temps de “rab” devant moi, j’ai lu l’intégralité des commentaires succédant à l’article de Bernard concernant la répartition des richesses…
Le premier comentaire que j’ai envie de faire après cette lecture (je laisse de côté les querelles d’intentions qui ne m’intéresse guère) est qu’ il n’y a pour moi, aucune contradiction à défendre un certain nombre de nos acquis tout en désirant, revendiquant même une meilleure répartition des richesses (d’autant qu’à vue de nez… l’ensemble des richesses permettrait sans doute à l’ensemble des hommes de vivre bien, et qu’il conviendrait sans doute là aussi de s’interroger sur le fait de savoir si notre mode de vie et de développement est le modèle à suivre…)
Ne faudrait-il pas pour prendre pour étalon lde référence le plus que le moins? Il y a quelques années, le patron du Medef, Ernest Antoine Seillières, trouvait que le smic en France était trop élevé… On voit là que le rêve éveillé de nos chers grands patrons (vous savez, ceux du CAC40 qui ont fait des bénéfices mirobolants l’an passé alors qu’ils licenciaient et délocalisaient à tour de bras au nom de la productivité…) se réaliserait: je veux dire, si par solidarité pour les pauvres de la planète nous renoncions à nous battre pour nos acquis et, par la même, cessions de revendiquez AUSSI pour que les autres profitent de ces acquis, ils aplaudiraient de toutes leurs forces…
Autre commentaire (désabusé) sur l’affaire Clearstream: ça me dégoûte bien sûr, j’ai même du mal dans mon immense naïveté à croire qu’il puisse en être autrement… mais, (il a toujours un mais!) sans vouloir être pédante, pour avoir un peu étudié l’histoire des hommes, force est de constater que la corruption et le détournement des richesses ont toujours existé, les Grecs inventèrent le dédommagement des élus du peuple pour à la fois permettre aux plus pauvres des citoyens de se consacrer à la politique et pour éviter aux plus riches de les corrompre ,et l’histoire de l’empire romain, dans sa dernière période surtout, est riche de scandales de cet ordre (détournement des biens publics notamment)…
Faut-il pour autant s’en accommoder? Certes non! Mais en même temps cela me semble de plus en plus être un combat don quichottesque (c’est étrange d’ailleurs car j’ai entendu ce matin qu’en ce moment il y a un collectif qui se bat pour les sans logis dont les membres dorment dehors avec les SDF et qui s’appelle “les Don Quichotte”…étrange si l’on songe que l’assimilation d’un combat à celui de Quichotte est synonyme de combat perdu d’avance…) Je suis devenue relativement pessimiste en ce qui concerne l’âme humaine…
Mais il y a un combat qui me semble plus urgent dans l’immédiat. Et là encore je désespère un peu de l’homme qui me semble, avec le temps, trop souvent oublier les leçons de l’histoire (et pas les miennes ça va de soi…) il y a celle récente de 2002. Je revois encore les mines consternées de mes collègues au lendemain du premier tour car tous avaient voté pour ce que les médias appellent “les petits candidats” Il se trouve qu’alertée par les derniers sondages j’avais, quant à moi décidé à la dernière minute de vôter Jospin au premier tour (j’aime d’ordinaire moi aussi me faire plaisir au premier tour) et j’ai aussi, comme la majorité d’entre nous ,vôté, la mort dans l’âme et la rage au ventre, pour Chirac au deuxième tour.
Or, à quoi assistons nous actuellement? A un remack de 2002? Et bien moi, j’ai bien PEUR que oui! Dans un dernier sondage des intentions de vôte Lepen faisant aux alentours de 19%… et dans un autre sondage (des 6 et 7 décembre) sur ce que les Français pensent des idées de Lepen, ceux qui les jugent “excessives”(47%, plus 11% en 9 ans) augmentent au détriment de ceux qui les jugent “inacceptables”( 34 %moins 14% en 9 ans…) vous saississez le nuance j’espère…Et puis la situation que nous vivons en ce moment m’en rappelle une autre: celle de l’Allemagne de la République de Weimar où les communistes s’en prenaient davantage à ceux qu’ils nommaient les “social-fascistes” qu’à Hitler lui même…avec le résultat que l’on sait… tout ça pour dire que certes, Ségolène n’est pas la panacée, mais que devant le danger d’avoir à choisir entre Lepen ou Sarkosy (AU SECOURS!) j’ai envie de dire qu’il n’y a aucune hésitation à avoir… quelques “petits candidats” de 2002 l’ont d’ailleurs compris (Taubira, Chevèment…)
Pour finir j’ai envie de faire aussi quelques commentaires sur l’héritage de 68: CAMARADES! qu’est ce c’était l’esprit de Mai? lutter contre la société de consommation… le droit à la culture pour tous… le dialogue entre les générations (avec le droit de dire non à ses gosses, nom de nom, mais en leur EXPLIQUANT pourquoi…)
En fait non: NO COMMENT! comme disait Serge (tu vois lequel Bernard?)
Sur ce, à tous :SALUT ET FRATERNITE et bonnes fêtes (paiennes?) de fin d’année.
Sous le tir groupé du “bataillon féminin” (figure bolchévique emblématique de la Révolution d’Octobre) le SR (socialite-révolutionnaire) Robernikov avait piteusement battu en retraite dans les ruelles de Pétrograd.
Il avait trouvé refuge dans une masure d’ObinianskaÏ. Il y attendrait le lundi son contact qui devait s’exprimer sur la situation après avor lui même repris ses esprits… Revenons au réel.
Bernard, je fais mon autocrique quant à la forme de mes propos : excessifs, agressifs, violents… c’est un fait. ils ont desservi le fond de ce que je disais. Ils ont empêché d’entendre ce que je disais.
Et c’est pourquoi, étant vérifié que je demeure incapable de me contenir devant la provocation et la manipulation, je me suis convaincu qu’il valait mieux cesser d’écrire dans le blog. Mais, alors, qu’est-ce que je fais là ?
Comme tu avais dit samedi que tu prenais le week-end pour réfléchir à ce qui s’était passé, j’ai pris connaissance ce lundi de ce que tu as écrit dimanche.
Je veux bien reconnaitre mes conneries, mais je ne saurais accepter que tu en rajoutes dans les contre-vérités. Je serai bref :
. Je ne me suis jamais, depuis, comme aujourd’hui, refusé à faire le bilan de Mai 68 et je ne me vois pas refuser à quiconque de le faire aussi. Au contraire, la éflexion sur l’histoire est, pour moi, un facteur fondamental de son positionnement dans le pésent. Mais je continuerai de m’opposer à celui qui dira que notre situation présente est la conséquence de 68. Que la personne qui tient un tel propos ait été un militant de gauche ou de droite, n’y change rien. Et je continuerai à affirmer, contre vents et marées, et que c’est là une position d’extrême droite. Même au risque de ton amitié. Ni plus, ni moins.
. Sachant que Mouloudji a été par ses origines, sa vie et son oeuvre l’absolu contraire de Le Pen, ce dernier, con comme il est, peut l’aimer sans que Marcel en soit en quoi que ce soit compromis.
Si Le Pen aime la saucisse, la saucisse n’est pas lepéniste pour autant.
Et qu’on ne me fasse pas dire que je compare Mouloudji à une saucisse ou j’émigre sur la lune.
Tu me fais tenir, Bernard, sur un sujet grave, des propos que je n’ai pas tenus et là ce n’est plus de violence verbale qu’il s’agit, mais de diffamation sur le fond.
J’espère que tu consentiras à reconnaître que tout le monde peut dire des conneries et parfois sans le vouloir. Moi compris. Toi compris.
Bernard a été le premier sur ce blog, je crois, à douter d’un deuxième tour Sarkosy/Royal. Mais lui pressent, il me semble, davantage un duel Royal/LePen qu’un Sarkozy/LePen. Le pense-t-il encore ? A-t-il raison ? Qui peut savoir ?
Il y a, en tout cas, face à cela (ce risque ?) deux attitudes qui sont parfois (et bizarrement) difficilement compatibles : lutter contre et/ou essayer de comprendre (y a-t-il vraiment 20% de fachos en France ?). C’est un sujet hyper casse-gueule, car il suscite des passions plus que violentes.
Je fais partie de ceux, par exemple, qui pensent que la “montée” de Le Pen est en grande partie liée à sa “diabolisation”… mais bon… d’autres me paraissent penser exactement le contraire… et relancer dès lors le débat sur ce thème risque de rejeter de l’huile sur un drôle de feu.
Peut-être est-ce “le” sujet qu’il faut éviter ? Une sorte de “tabou” qui - à la manière de l’inceste pour nos sociétés, selon Freud - serait le ciment qui créerait, sur ce blog, notre communauté ?
Je ne sais pas.
(PS : mêmes positions - quoique défendues avec plus de délicatesse - même références, même façon de mettre un circonflexe sur le “o” de vote… c’est dingue, tu me fais penser à quelqu’un d’autre !)
Glargl… encore une fois c’est au moment où j’envoie mon commentaire que je me rends compte qu’un autre m’a précédé sans que je puisse le lire. Désolé pour le décalage que cela peut provoquer (mon PS, notamment, devient ridicule !)
Cher camarade Vincentov, je suis sur le quai, au départ du train. J’avais fait savoir samedi à nos amis que je partais en relégation pour la Sibérie ; le temps d’obtenir un bon de transport et d’adresser une ou deux missives et je ne serai plus là.
Cette nuit, j’ai fait un cauchemar terrible : tu me poursuivais par tes sarcasmes jusqu’à la fin des temps et lorsque je m’approchais enfin du Père, tu étais là toujours à me déchirer les mollets. Je ne m’explique pas ce rêve stupide. Peut être que le médecin viennois auquel tu te réfères souvent pourrait, lui, apporter quelque lumière à cette énigme. Mais je ne connaîtrai pas de sitôt son interprétation. La date de mon retour n’est pas fixée et le climat politique n’étant pas, semble-t-il, à la clémence…
Bon courage à toi, Vincentov.
Cher Anton,
Je ne sais pas si mon interprétation vaut celle qu’aurait proposée tonton Sigmund (je ne suis pas docteur) mais il me semble que tes démons se sont amusés à prendre mon image comme masque pour te harceler. Pourquoi m’ont-ils choisi ? Sans doute parce qu’ils doivent être familiers avec les miens.
Mais comment dès lors t’assurer que ce n’était vraiment pas moi qui portait l’arme pointé naguère sur toi (et que même si ça avait été par je ne sais quel concours de circonstance le cas, je n’aurais pas eu besoin de la foule pour m’empêcher de tirer) et surtout… que mes préférences me guident plutôt vers les mollets non poilus ?
En tout cas, si je peux me permettre un conseil : ne monte pas dans ce fichu train (personne ne te force à y monter et tu vas te faire royalement chier là-bas) ou alors reviens vite. Le mieux serait peut-être que tu demandes à “Françoise” ce qu’elle en pense, tu ne crois pas ?
Vincent, tu écrits : “mon PS, notamment, devient ridicule !”. Te connaissant, tu parles bien du Parti Socialiste, n’est-ce pas ?
Oui, je pressens depuis longtemps un duel Royal-Le Pen. Pour quelles raisons ? Sarko n’a plus qu’un espace politique réduit. Il est pris en tenaille entre l’extrême-droite et la gauche socialo. D’abord l’extrême-droite : Le Pen cherche à se “respectabiliser” et, de ce fait, prend des voix sur la droite plus modérée, c’est à dire sur Sarko. Ensuite la gauche socialo : Royal a pris position sur des thèmes qui étaient plutôt réservés à la droite (la délinquance, la famille … et je trouve ça très bien, je ne vois pas au nom de quoi ce serait le monopole de la droite), elle grignote donc un peu, elle aussi, l’espace politique de Sarko.
Et puis, il y a un autre phénomène qui a un effet pervers, c’est celui de l’omniprésence de Sarko. On le voit partout, tous les jours à la télé (pas moi, je ne la regarde pas, je n’y ai même jamais vu Sarko et je connais à peine le son de sa voix, je ne fréquente que la presse écrite etr surtout les infos sur internet). Je pense que cette omniprésence (mais n’est pas Dieu qui veut !) va le desservir. On frise d’abord l’indigestion et puis après on vomit !
Françoise, OK sur ce que tu dis de Taubira. Mais pas sur Chevénement. Il n’a plus personne autour de lui, il n’avait plus un centime dans la caisse pour faire campagne. Jamais le PS n’aurait dû négocier avec lui. Ce n’est pas à l’honneur du PS, ces arrangements pré-électoraux !
Je ne trouve pas que Le Pen cherche à se “respectabiliser” tant que ça.
Sa stratégie est plus subtile : il ne fait rien et se contente de suivre la voie royale que lui ouvre à grand fracas les autres.
Et ce n’est en plus, je crois, pas à droite qu’il prend le plus de voix…
Au royaume des aveugles, on le sait bien, ce sont les borgnes qui sont rois !
(Bernard ? T’es sûr qu’il faut lancer le débat ????)
On étaient habitués, au moins depuis 1981, à des duels entre vieux briscards de la Présidentielle : Mitterrand, Chirac, quoiqu’on en dise, ils avaient une “stature” de Président ne serait-ce que parce qu’à force de briguer le mandat ils lui étaient dans notre esprit associés.
Aujourd’hui, la situation est inédite. A part Le Pen (et peut-être Laguiller), il n’y a que des novices… ou presque. Je ne sais pas vous, mais moi, je n’en vois aucun “crédible” dans les habits actuels de Président. Comme s’ils y seraient trop petits, ou comme déguisés.
Sarkozy, qui me semble avoir senti le coup à l’avance, essaie de compenser cet handicap en en rajoutant sur sa volonté. “Je n’ai peut-être pas l’ancienneté, ni l’allure et la carrure, mais c’est contrebalancé par l’intensité de mon désir d’y arriver, nan ?”. Une stratégie de “drague” souvent efficace : on ne compte plus les “belles” qui avouent avoir été séduite par celui qui avait peut-être au départ le moins de chance mais qui à force d’y croire à réussi à s’imposer.
Face à Strauss-Kahn (ou Jospin ou Fabius), sûr que ça aurait marché !
Le coup de génie du PS (prémédité… ou qui les a eux-mêmes dépassés ?), est d’avoir misé sur Royal. Car elle annule toute sa stratégie en ne jouant pas sur le même registre que lui. Au lieu de mimer de façon bien artificielle l’ancienne “posture présidentielle” elle vise et construit la suivante. Et là, pour le coup, il est bien en retard… et mal barré !
Royal incarne en effet, de façon hyper forte, la “tendance”, ne serait-ce que par sa seule féminité. Depuis de nombreuses années déjà (héritage 68 ?) la figure de l’autorité paternelle (que tente d’incarner Sarkozy), faite de volonté, rigueur, virilité cède la place à quelque chose de plus englobant, de moins frontal, bref de plus maternel. Quoiqu’elle fasse ou dise, en quelque sorte, elle paraîtra toujours (au moins dans l’inconscient collectif) comme plus en phase avec son temps… donc finalement apte à construire ce nouveau Président encore bien flou (les habits de l’ancien n’allant plus à personne). Elle ne s’en prive pas et surjoue ce côté “faisons de la politique autrement” en captant tout ce qui est dans l’air du temps (écologie, démocratie participative, etc. etc.) tout en compensant savamment par deux-trois archaïsmes finalement plus rassurants que maladroits.
Bref, pour moi, c’est quasiment imparable qu’elle passe.
Après, allez savoir pourquoi (peut-être justement parce qu’elle n’est que l’expression de l’air du temps qui ne m’inspire pas que de la confiance), je n’arrive pas à m’en réjouir ! Mais ça, après tout, ça n’est que mon problème (rien ne m’oblige à devenir déjà un “vieux con” ! )
Si elle se retrouve au 2e tour face à Le Pen, je la vois pour ma part évidemment gagner… mais davantage avec un petit 60/40 qu’un beau 80/20.
(Et on en pense quoi, fait quoi, après, de ces 40% ?)
Vincent, nous a annoncé que tu n’iras pas voter. Mais ce qui est étonnant, c’est de te voir t’intéresser à ce point à l’élection présidentielle. Comment tu fais, pour gérer ce paradoxe, ou tout du moins ces deux positions qui semblent si contradictoires ?
Hé Vincent, il n’était pas si beau que ça ce 80/20 ! Ce n’était pas très glorieux, non ?
Je suis touché, Bernard, que tu soupçonnes en moi des paradoxes, car je pense, comme Hegel, que seules les “grandes âmes” sont capables de supporter la tension intérieure que provoque la présence de grandes contradictions (celles que je qualifierais volontiers de “belles” préférant se libérer du conflit, notamment en prenant parti).
Mais bon… Pour le coup, je n’en suis pas encore là. (Dommage !)
L’élection présidentielle m’intéresse, en effet, mais avant tout en tant que phénomène, symptôme révélant l’époque et son évolution. Je la suis donc (de toutes façons comment faire autrement sans se couper de tout ?) mais de loin (autant que possible), un peu comme un spectacle, un divertissement, un match de rugby, une “Star Elys’Academy” (est-il seulement encore possible aujourd’hui de la considérer autrement qu’ainsi ?)
Quant au fait de ne pas aller voter, je ne sais plus trop comment j’avais formulé la chose en l’exprimant ici, mais c’est pour moi davantage de l’ordre du souhait que de la certitude. Je défends l’idée, mais je ne suis pas encore certain d’avoir le courage de l’appliquer ! C’est dur de se “déprogrammer”, tu sais, de se “désaliéner”.
Il y en a qui ont parlé (se sont vantés même) de leur honte d’avoir voté Chirac aux dernières Présidentielles. Chez moi, depuis plusieurs élections déjà, la honte vient du seul fait d’aller voter. Et c’est cet étrange phénomène (qui n’est pas intellectuel au départ, juste un ressenti désagréable) que j’essaye depuis d’analyser (sans prétendre être encore parvenu à le cerner complètement).
C’est grave, docteur ? Et j’vous dois combien ?
Pour revenir sur l’éventualité d’un second tour Royal/Le Pen, j’ai peut-être négligé un détail… Si Chirac a pu faire l’impasse du duel télévisé, je ne pense pas que cette esquive soit possible une seconde fois. Or, quand mêmes les cadors les plus talentueux ont fait au mieux match nul face à lui, j’ai bien peur qu’elle se fasse tailler en pièce. Non pas qu’elle soit nulle (je l’imagine bien tenir la dragée haute à l’autre spécialiste du genre qu’est Sarkozy), mais elle va faire exactement ce qu’il ne faut pas !
D’après le dernier sondage CSA, il semblerait qu’il y ait encore 51% d’indécis. 51%, c’est énorme ! Et encore, ils n’ont pas comptabilisé Vincent !
Tiens, au fait, puisque tu parles de Duel Vincent, ne pourrait-il pas y avoir, au risque pour moi de choquer certains lecteurs de ce blog, un duel télévisé à trois ou quatre, avec notamment Bayrou et Le Pen ? Pourquoi se limiter à deux personnes ? Le fait d’écarter Le Pen ne me semble pas être une attitude démocratrique. Je le dis d’autant plus que je suis anti FN. Je dis simplement que le fait de ne pas l’inviter et de le diaboliser une fois de plus (je suis entièrement d’accord avec toi sur ce point là, Vincent) est encore un acte qui contribue à le hisser au rang de martyr. Et Dieu sait s’il est fort pour jouer là-dessus !
Entièrement d’accord avec Vincent et Bernard sur le fait qu’il ne faille pas écarter Le Pen du débat. Le danger évident, c’est le « talent » d’orateur de Le Pen qui a le don de simplifier à outrance pour toucher un public à qui on s’adresse rarement, et qui, par ce biais, se sent enfin compris. C’est le nivellement par le bas. Le très bas.
Je trouve l’idée de Bernard de faire un débat à plus nombreux que deux plutôt pertinente. Cela peut permettre d’apporter beaucoup plus de nuances et d’éviter les caricatures.
Mais difficile dans ce cas de ne pas faire débattre l’ensemble des candidats. Au nom de quoi en choisirait-on quatre ?
Remarquez, un débat à deux seulement, ça peut être super intéressant. Imaginez Sarko / Le Pen… !
Un débat à plusieurs ? L’idée n’a rien de “choquant”, Bernard. Il me semble qu’ils le font déjà, dans certaines émissions avant les élections… ou le soir des résultats. Mais il ne s’y passe généralement pas grand chose. L’idée “nouvelle” serait peut-être de les laisser débattre entre eux sans journaliste qui pose les questions, donne la parole, bref contrôle tout. Tiens, allons au bout : puisque la Présidentielle ressemble de plus en plus à la “Star Ac”, faisons un débat façon “Loft Story” (on met tous les candidats ensemble dans une maison fermée, pendant une semaine avec des caméras partout : on en élimine un chaque semaine, le dernier est élu Président). Ca ne vous tente pas ?
En excluant Le Pen du système politique (sous prétexte qu’il serait… pour l’exclusion des autres) on ne peut que le rendre sympathique pour tous ceux qui se sentent eux-mêmes “exclus” (et à qui on fait aussi croire que c’est de leur faute !). On en fait du coup le seul “politique” (ou un des seuls) à ne pas pouvoir être soupçonné de complicité avec un système auquel de moins en moins de personnes adhèrent. Il finit même par prendre une figure “gaullienne” (gauloise ?) de résistance (figure tutéraire que l’UMP commence à se rendre compte qu’elle n’aurait peut-être pas dû abandonner si vite au profit d’un libéralisme anglo-saxophile qui ne mobilise personne).
Ce n’est pas qu’à droite qu’il prend des voix, mais - et ce n’est pas négligeable dans une démocratie - dans le “petit peuple” (ouvriers, petits commerçants, artisans…). La gauche s’intéresse-t-elle encore seulement à ces gens-là ?
Royal va devoir choisir à qui elle s’adresse.
Un bon exemple : le coup des 35h des profs au collège. Si les bo-bos et autres fonctionnaires s’insurgent et crient au scandale, je suis certain que “plus bas” c’est entendu. Va-t-elle oser le dire “face caméra” ou préférer caresser dans le sens du poil son soit-disant électorat ?
Bonne idée. Ou alors, on les ferait jouer au jeu des chaises musicales.
Depuis douze ans qu’on nous fait jouer à Jacques a dit… je me lasse un peu.
Je passerais volontiers à 1, 2, 3 soleil.
Certains ont voulu un temps arrêter le “Jacques a dit…” pour une “Balle au prisonnier”, mais je crois que les surveillants de la cour y z’ont pas voulu !
Oui, pourquoi pas un Loft mais avec une caméra grand angle qui cadre suffisamment bas pour qu’on y voit Sarko et les coups bas qu’il est capable de faire. Mais il ne doit pas être le seul.
Non non, Vincent, il n’y a jamais de débat entre les candidats le soir des élections. Ils se contentent de faire généralement une simple déclaration, laissant leurs seconds couteaux sur les plateaux télé. J’adore ces débats en général, c’est très drôle de les voir tous satisfaits de leur score, aucun n’acceptant la défaite.
Vu sa taille, je ne suis pas sûr que Sarkozy soit capable de faire autre chose que des “coups bas”… Mais comme on m’a appris à ne jamais me moquer “du physique, du nom et de la famille” (le code d’honneur du bon “vanneur” !), je ne me moquerais pas ! D’ailleurs, je n’ai rien dit, n’est-ce pas ?
La réconciliation Le Pen / Maigret, après huit années de séparation, n’aura pas les mêmes conséquences à court et à moyen terme. A court terme, tout est bénéf’ pour Le Pen qui se voit certain maintenant d’avoir les 500 signatures. Mais à moyen terme, le fait de se réconcilier avec la branche la plus facho de l’extrême-droite, alors que la stratégie de Le Pen était au contraire de se respectabiliser, risque de se retourner finalement contre Le Pen car les gens, qui commençaient à le trouver rassurant (eh oui, y’en a !) vont peut-être aller voir ailleurs.
Besancenot a décrété qu’il ne voterait pas le pacte de Nicolas Hulot, parce ce pacte n’est pas assez radical et qu’il faut aller encore plus loin. Probablement que Besancenot a raison, il faut aller encore plus loin. Mais bon, ça me fait doucement marrer, la LCR qui, d’un seul coup, se la joue écolo, “plus écolo que moi, tu meurs”. Si même l’extrême gauche va sur ce registre de la surenchère et de la démagogie, où va-ton ? Grosse déception. Autant donc voter Royal dès le premier tour !
Sarko a reçu aujourd’hui le soutien de Raffarin. Et ça ne l’inquiète pas ?
Mais revenons un peu à notre sujet premier : “Faut-il des riches, faut-il des pauvres ?”.
Le canard Enchaîné d’hier dit “Sarkozy est préoccupé par la France qui souffre … Halliday est sans domicile fisc”.
Autre titre du Canard : “Sarko promet zéro sans-abri, mais les SDF sont toujours dans la tente”.