La glaréole à collier

Décidément, l’ornitho franc-comtois a de quoi se régaler. Au rythme où les surprises s’accumulent, on est en droit de se demander si la faune de notre région n’est pas en train de se modifier progressivement et si les espèces rarissimes qui y sont observées ne sont pas les prémisses de modifications lentes et beaucoup plus profondes. Les faucon kobez sont à peine partis que nous arrive un oiseau du sud. Et pas n’importe lequel : la glaréole à collier.

Je me souviens qu’il y a vingt ans, les ornithos qui voulaient observer cet oiseau se rendaient sur l’unique site français de Méjanes en Camargue. Sinon, l’observateur devait aller dans le sud de l’Espagne ou dans des contrées plus ou moins dispersées sur le pourtour du bassin méditerranéen. C’est en Camargue qu’à l’époque j’ai admiré à deux uniques reprises la glaréole.

Aussi, quand Anne a appelé dimanche après-midi pour signaler qu’elle avait la glaréole dans la ligne de mire de sa longue-vue, je n’en croyais pas mes oreilles. Il semble qu’il s’agisse là de la troisième observation connue de glaréole en Franche-Comté. C’est à Guy Pascal que revient le mérite d’avoir su la détecter. Guy est devenu notre nouveau “découvreur de glaréole”.

J’ai retrouvé Anne sur le terrain, il y avait aussi Dominique, Annie, Sam, Françoise et bien entendu Christophe qui est l’auteur des magnifiques clichés de cet article et que je publie avec son autorisation (photos toutes réalisées ce dimanche en digiscopie à plusieurs dizaines de mètres de l’oiseau, je suis stupéfié par le résultat, d’autant plus que les conditions de lumière n’étaient pas très bonnes).

La glaréole est un drôle d’oiseau, très atypique dans la grande famille des limicoles (bécassines, chevaliers, gravelots, avocettes, courlis…). Elle se nourrit d’insectes qu’elle capture en plein vol (un peu à la manière d’une guifette) et vit dans les paysages arides et dénudés.

Une observation dans un champ labouré de la vallée de l’Ognon a vraiment de quoi surprendre.

Quelle sera la prochaine surprise ?

8 commentaires pour “La glaréole à collier”

  1. oetincelleo dit :

    En effet, les photos de Christophe sont réussies.
    La deuxième est particulièrement intéressante car elle permet de voir le dessous du cou de l’oiseau, ce que la première ne dévoile pas, bien qu’elle présente une vue très avantageuse de la Glaréole à collier .
    Je ne connaissais pas cet oiseau, et je suis ravie d’avoir fait sa connaissance ce matin grâce à Anne, Christophe et toi.
    Tant de bonnes volontés réunies pour le plaisir des blogueurs … Merci.
    Mais dis-moi, Bernard, je n’avais pas imaginé ton coin de paradis comme une région de paysages arides et dénudés.
    Tu ne crois pas qu’un jour, toi aussi tu devras émigrer vers le nord pour continuer à profiter de tes vaches montbéliardes préférées ruminant l’herbe verte et grasse des prairies de Franche-Comté ?

  2. Anne dit :

    Qu’est-ce qui permet de ranger cet oiseau parmi les limicoles s’il se nourrit essentiellement d’insectes et qu’il n’a pas de longues pattes ?

  3. Anne dit :

    Nous avons vraiment eu de la chance de pouvoir la voir, même signalée par Guy qui m’avait dit qu’elle était très discrète et qu’on avait aucune chance de la trouver si elle n’était pas en vol. Il m’avait bien expliqué dans quel champ il l’avait vue la veille.
    Quand je suis arrivée à proximité du lieu, Annie était au bord de la route et avant que je n’arrête le moteur, elle m’a dit « Elle est là ! ».
    Pas du tout dans le coin que m’avait indiqué Guy.
    En fait, la veille au soir, Christophe avait déposé des photos sur un site d’observations naturalistes de Franche-Comté. Seul le nom du village était précisé.
    Annie ayant vu sur ces photos, que la glaréole était posée dans un champ labouré, elle s’est arrêtée aux premiers labours rencontrés et, en observant des vanneaux huppés, est tombée sur la glaréole par hasard…
    Quelques coups de fil plus tard… mais vous connaissez la suite de l’histoire.

  4. Christophe dit :

    Pas sûr que la Glaréole indique un changement climatique, elle est coutumière des grands périples et vue très loin de ses quartiers de reproduction assez souvent lors des migrations. Avec sa propension à se tenir au sol et ses aptitudes à voler vite et loin, elle peut passer inaperçue.
    J’ai eu la chance de la voir marcher et c’est là qu’on retrouve des caractéristiques d’autres limicoles : elle court comme un gravelot pu un bécasseau. Pour le reste, son régime insectivore et son mode de chasse la font ressembler en vol à une sterne. Posée, son bec et sa silhouette évoquent un peu le faucon ou le martinet… des convergences morphologiques consécutives d’une adaptation sans doute.
    Les images ont été réalisée la veille de l’observation de Bernard, la lumière était meilleure.
    Une bien belle bestiole, effectivement très rare en Franche-Comté. La première fois que je l’ai vue c’était au Portugal et il m’a fallu du temps pour l’identifier tant elle passait vite et disparaissait. C’est en regardant de plus près mon guide d’identification, et par élimination, que j’avais découvert son identité.

  5. Ourko dit :

    Joli rouge à lèvres, ma foi, mais faut peut-être lui signaler qu’elle a le rimmel qui coule !

  6. Christophe dit :

    J’ai oublié de préciser que comme la plupart des limicoles (les petits échassiers comme on disait autrefois), des oiseaux s’égarent fréquemment.
    Des espèces américaines viennent en France, des asiatiques aussi. Et ces continents qui entourent la France dresse le même constat !
    Les limicoles migrent souvent à haute altitude et se trouve alors parfois déportés par les violents des couches hautes de l’atmosphère. C’est un des grands plaisirs des ornithologues que de découvrir “un américain” ou “un asiatique”.

    Tiens donc, je viens de me rendre compte que le terme migration n’est pas lourd mais léger pour un oiseau… être déporté ne doit tout de même pas être si drôle, mais les hommes n’en sont pas responsables cette fois.
    Il faudrait pousser bien plus loin pour accuser notre espèce d’agir sur le climat, les vents, les températures : on ne fait pas la pluie et le beau temps tout de même !

  7. Yves dit :

    L’oiseau qui fréquente les taureaux de Camargue parmi les vaches Franc-comtoise !!
    Un oiseau très rare ou difficile à voir ???
    Il faudrait d’autres témoignages pour savoir si c’est bien un accident ou un changement de comportement de cette espèce .

  8. Bernard dit :

    Non non Oetincelleo et toutes les filles qui viennent sur ce blog, la glaréole à collier … c’est pas un collier de diamants !

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