Les prisons : la grande honte de notre pays

Triste record que celui qui va être battu cette année ! En effet, le nombre de suicidés dans les prisons va atteindre des limites jamais atteintes jusqu’ici. 90 suicides depuis le début de l’année, soit presque un tous les deux jours.

MAM vient de demander un rapport d’urgence.
Mais de qui se fout-elle ?
Des rapports, il y en a des tonnes et tous vont dans le même sens.

Le dernier rapport est tout récent, il date d’avril. Son auteur, le psychiatre Louis Albrand, est très en colère suite aux propos de la ministre de l’intérieur, comme l’a rappelé le dernier numéro du Canard Enchaîné : « La cause essentielle des suicides est la surpopulation ! Quand vous êtes à 8 dans une cellule de 2, que vous déféquez devant les autres, que l’odeur envahit l’espace tandis que vous mangez, que vous ne pouvez dormir car les autres mettent la musique, que toute intimité vous est refusée, vous ne pensez pas qu’il y a de quoi être poussé au désespoir et à la dépression ? »

prison(image en provenance de ce site)

Alors, quand on écoute ce conseiller de MAM expliquer d’un ton mielleux « Avec la modestie de ceux qui arrivent, nous voulons comprendre pourquoi ces détenus ont voulu se tuer et comment ils ont réussi », on a juste envie de leur faire bouffer, à lui et à sa ministre, tous les rapports qui ont été écrits sur le sujet.

Cette entrée a été publiée dans Coups de gueule. Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

14 réponses à Les prisons : la grande honte de notre pays

  1. Crousti dit :

    Je partage entièrement ta révolte. L’être humain n’est plus respecté. L’emprisonnement est déjà une épreuve terrible à assurer, alors toutes ces conditions que tu cites sont innomables… Je n’en dirai pas plus sur l’attitude du gouvernement et de ses rapports… Et nous, nous savons et ne faisons rien…, le peuple se désengage de tout, actuellement.

  2. Bernard dit :

    Oui, plus tard, ceux qui nous suivront diront, une fois de plus, et à propos de pas mal de problèmes : « ils savaient et ils n’ont rien fait ».
    Je crois que s’il fallait qualifier notre époque, de manière objective, avec juste quelques mots, le mot « désengagement » dont tu parles ferait forcément partie de ces mots.
    Concernant les prisons, il doit exister ça et là de par le monde, des conditions sans doute similaires à nos prisons (et sans doute pires encore) mais le pire est que cela se passe aujourd’hui dans un pays qui s’est voulu champion des droits de l’Homme et qui a souvent tendance à donner des leçons au reste de la planète entière.

  3. Christophe dit :

    Terrible situation… un lien fort utile pour en savoir un peu plus, celui de l’observatoire des prisons. J’apprends en cherchant le lien que Florence Aubenas devient présidente de cette structure au niveau international. Sacré nana et bonne nouvelle dans un contexte aussi morose.
    http://www.oip.org/
    Il faut encore savoir (Des prisons sans peine, des peines sans prison, voir le lien), que nos prisons regorgent de cas psychiatriques plus ou moins lourds.

    La situation dramatique des prisons est aussi la conséquence d’une situation psychiatrique catastrophique : recrutement déficitaire de médecins-psychiatres pendant 20 ans, il faudra des années pour remonter la pente et les premiers sortants (cette année je crois) ont un choix hallucinant. En tout cas, dans l’établissement où je travaille, plus de psychiatre à partir de cette année, le précédent vient de prendre sa retraite… à plus de 70 ans.

    Honte sur nous.

  4. jenofa dit :

    Pourquoi veux-tu des psychiatres?
    Prisonnier, c’est comme pédophile ou torero, c’est dans les gènes! :devil:

  5. Bernard dit :

    C’est terrible ce que tu nous dis là, Christophe, à savoir que des gens qui sont malades sont mis en prison, non pas en raison d’un délit quelconque, mais pour la simple et bonne raison qu’ils sont psychiquement malades. Hou la la, dans quel pays vit-on ? Vous êtes sûrs qu’on est en France là ?

  6. oetincelleo dit :

    Oui, on est bien en France, où on a simplement le résultat des différentes politiques menées depuis une quarantaine d’années.
    Au sujet des suicides des détenus, ce qui est incompréhensible est qu’une partie des détenus qui se suicident le font peu de temps avant leur libération.
    Au sujet des psychiatres, ce que dit Christophe est tout à fait vrai (comme dans pleins d’autres spécialités d’ailleurs). J’en connais une qui me racontait que dans une structure où elle travaillait, il n’y a plus qu’une psychiatre, et qui en plus ne parle pas le français.
    Pas évident pour soigner quelqu’un sans connaître la langue !

  7. Bernard dit :

    J’en reviens à ce que disais Crousti sur le désengagement.
    Pourtant, quand on y regarde bien, c’est un sujet qui dépasse le cadre de la politique et qui devrait rassembler l’ensemble des citoyens. Il s’agit bien plus à mon avis de dignité humaine que de politique (au sens politicien du terme). D’ailleurs, si la droite a, d’une certaine manière, contribuer à peupler les prisons ces dernières années (ce qui est aisément vérifiable), on est tout en mesure de reprocher à la gauche de ne pas les avoir vidées plus. Elle a même dû sans doute contribué à les remplir.
    En tous les cas, une chose est sûre, c’est que les gros délinquants (ceux qui ont joué malhonnêtement avec notre argent) ne sont pas en prison ceux-là. Et si certains d’entre eux s’y trouvaient, ça m’étonnerait fort qu’ils soient soumis aux mêmes traitements.

  8. Christophe dit :

    Les personnes atteintes de troubles psychiatriques ont bien commis des délits. Le problème est qu’ils ont été jugés sur ce seul constat. Les mères qui tuent leurs enfants se voient immédiatement examinées par un psychiatre : pas besoin d’un diplôme pour évaluer leur détresse… dommage qu’on ne puisse faire preuve de plus de finesse dans les palais de justice. On imagine l’ambiance dans les prisons quand ces personnes qui sont en souffrance avant, ajoutent à leur pathologie toutes les angoisses de l’enfermement, la confrontation avec las criminels et une promiscuité obligatoire.

  9. Etincelle dit :

    Savez-vous qu’une circulaire du Ministère de la Justice précise que, durant l’accouchement, les femmes ne doivent pas être menottées …
    Et que cette circulaire date de 2004 !!!
    Ce n’est pas vieux !
    En France, tous les ans, environ 50 enfants naissent en prison.

  10. Bernard dit :

    Et les enfants qui naissent en prison, on leur passe les menottes illico ?

  11. Etincelle dit :

    Pour avoir un aperçu de la vie dans une prison française, cette semaine est sorti sur les écrans le dernier film de Jacques Audiard : Un prophète (Grand prix du dernier festival de Cannes).
    Ce ne sont que trafics et magouilles et comme de partout, ceux qui ont de l’argent ont la vie plus ou moins facilitée, tandis que ceux qui n’en ont pas font le larbin des premiers.
    Pour les prisons dans le monde, on peut revoir :
    Red Corner de Jon Avnet (1997) pour la Chine.
    Américan History X de Tony Kaye et Alan Smithee (1999) pour les USA.
    Buenos-Aires 1977 de Israël Abrian Caetano (2007) pour l’Argentine.
    La dernière marche de Tim Robbins (1995) pour les USA.
    Leonera de Pablo Trapero (2008), encore en Argentine sur la maternité en prison, film que je n’ai malheureusement pas pu voir (dans mon trou paumé!).
    Et le plus connu de tous, je crois, Midnight Express de Alan Parker (1978) pour la Turquie.
    Evidemment, la liste n’est pas exhaustive, c’est tout ce qui me vient à l’esprit pour l’instant.
    Quelqu’un connaît-il d’autres films sur la prison ?

  12. Etincelle dit :

    Ah, je vais quand même en citer un autre dont le sujet principal n’est pas la prison, bien qu’une partie du film s’y passe (en prison).
    Mais la musique du film étant, entre autres, la chanson de Dylan, ça devrait plaire à Bernard.
    Il s’agit bien sûr du film Hurricane Carter de Norman Jewison

  13. Bernard dit :

    Sans oublier, bien sûr, « la vache et le prisonnier » :tongue:

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

:alien: :angel: :angry: :blink: :blush: :cheerful: :cool: :cwy: :devil: :dizzy: :ermm: :face: :getlost: :biggrin: :happy: :heart: :kissing: :lol: :ninja: :pinch: :pouty: :sad: :shocked: :sick: :sideways: :silly: :sleeping: :smile: :tongue: :unsure: :w00t: :wassat: :whistle: :wink: :wub: